- il y a 23 heures
Á Point est le nouveau rendez-vous des légendes du sport présenté par Vanessa Lemoigne. Au programme : discussions, confessions et reportages.
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00:01Ah bonjour monsieur Jérémias, hop venez, bonjour ça va ?
00:05Tu veux me faire manger de la crevette ?
00:08On est un public prioritaire pour l'accès au sport, sauf qu'on est celui qui en est le plus
00:12éloigné.
00:12Toi président, qu'est-ce que tu fais ?
00:13Je suis là, parle-moi, on est exclus à ce moment-là, t'es humilié à ce moment-là.
00:17Arrêtez madame de me couper, ça me rend fou.
00:20N'entrez pas dans ce taxi, je vous demande pas d'arriver, de lui mettre votre main dans la gueule.
00:23Là je m'en occupe.
00:24Non mais, non mais, non mais Miguel !
00:28J'ai jamais l'invité à nuire.
00:29Non mais c'est pas grave, c'est pas grave, c'est pas grave.
00:32Comment vont les enfants déjà ?
00:33Moi le deuxième il a 3 ans, et depuis qu'il a plus de lit à barreaux,
00:38puisqu'il escaladait évidemment, il n'y a pas eu une nuit où il dort pas dans notre lit à
00:41nous.
00:42Donc encore la nuit dernière, je suis parti très tôt ce matin à 6h pour venir te voir,
00:47et pour le coup, le petit il est minuit dans mon lit.
00:51Et puis bizarrement il y a beaucoup de place, et il finit avec ses pieds dans ta tête,
00:55c'est trop bon le calme, mais tu dors pas.
00:57Mais t'es rentré dans le piège qu'il faut pas,
00:59c'est-à-dire que tu l'as laissé venir dormir dans ton lit à un moment donné.
01:02En fait le truc c'est que quand t'es épuisé avant...
01:03Oui oui, je sais, je connais.
01:04Je l'ai fait le truc, tu l'emmènes dans son lit,
01:06mais dans son lit tu lui tiens la main pendant une demi-heure,
01:08parce que tu veux pas qu'il réveille l'autre.
01:10Tu veux pas qu'il réveille l'autre, non plus.
01:11Quand ta femme et toi vous êtes épuisés,
01:14le plus simple c'est de le garder avec toi.
01:16Moi je ne juge pas, je ne juge.
01:18Je ne dis plus rien.
01:19J'ai toutes les leçons, mais tu sais, laisse-le pleurer.
01:21Oui, non, non, non, non, non.
01:23Ce sera triste qu'on viendra plus dans notre lit.
01:25Mais bien sûr, bien sûr.
01:26Qu'ils soient adolescents, que les chaussettes plus rondes.
01:28Mais venez mettre vos pieds dans nos têtes.
01:30Profitez, profitez.
01:31On leur dit pas trop, mais quand même c'est un kiff.
01:33Hier je regardais donc ton Instagram,
01:35ou plutôt c'est tombé dans mon Instagram,
01:38je suis tombé sur ce truc-là.
01:40Personne n'a oublié nos Jeux Olympiques Paralympiques de 2024.
01:44Oui, on n'a pas oublié.
01:45Ça c'est sûr que c'est populaire,
01:46mais j'ai l'impression quand même que vous l'avez oublié.
01:49Et ce jour, il y a deux ans,
01:51on remettait des médailles,
01:52vous vous en souvenez,
01:54en haut des Champs-Elysées,
01:55après une formidable parade,
01:56à tous nos athlètes,
01:57devant notre folle de triomphe.
01:58Oh que oui, je m'en souviens.
02:00Oh que oui, on s'en souvient.
02:00Mais dix jours plus tard,
02:01près de 40 ministres et secrétaires d'État
02:03étaient annoncés sous le gouvernement Barnier,
02:04à l'exception d'une personne,
02:06du ministre ou la ministre du handicap.
02:08Un oubli, paraît-il.
02:10Alors, faites du sport.
02:11Ne laissez pas retomber la flamme
02:12de ce qu'on a fait lors de ces Jeux Olympiques et Paralympiques.
02:15Non, nous, on n'a pas fait retomber la flamme.
02:17Et aussi, on est les politiques publiques engagées
02:19justement pour un accès à la pratique du sport pour tous.
02:21Je pense que là, t'as tout dit en fait.
02:23T'es en colère de fou.
02:25Et en fait, tu résumes tout très bien.
02:26Et moi, chez lui, du coup,
02:28c'est plus ton copain du tout,
02:29parce que vous étiez quand même...
02:30T'avais accès au président et tout.
02:32Je pense que j'ai toujours accès.
02:33On s'est vu la semaine dernière,
02:35il y a quinze jours,
02:35à la Conférence nationale du handicap,
02:37où il est venu faire son bilan de son mandat,
02:40de ce qui s'est passé depuis trois ans
02:41pour les personnes handicapées dans la société.
02:42C'est là où j'ai fait mon premier discours
02:43de rentrée politique,
02:44où j'ai eu des mots très durs,
02:46où je parlais pas de bilan, mais de honte.
02:48C'est pas le bilan du président.
02:50C'est le bilan de la société française
02:51dans lequel ce président,
02:53ses gouvernements successifs,
02:54ses premiers ministres successifs,
02:55n'ont pas réussi.
02:56Là où ont échoué avant eux
02:57des présidents de droite,
02:59des présidents de gauche,
03:00des ministres de droite,
03:00des ministres de gauche.
03:01On n'a pas aujourd'hui réglé le problème
03:03de la place des personnes handicapées
03:04dans la société,
03:05de leur liberté,
03:07de leur autonomie,
03:08de leur indépendance.
03:09Et tu sais comment moi,
03:10je le vois ça ?
03:10Parce que justement,
03:12j'ai un deuxième bébé
03:14et donc une petite fille
03:15et je m'étais déjà fait la réflexion
03:16en 2017 quand j'ai eu mon fils,
03:18c'est que quand t'es avec ta poussette,
03:20c'est la galère de fou.
03:21Mais tu vois, c'est ça le truc,
03:22c'est que les gens ne comprennent pas
03:23que notre problème,
03:24c'est aussi le vôtre.
03:25Quand on parle d'accessibilité universelle,
03:26on parle de quoi ?
03:27On parle évidemment
03:28des personnes à mobilité réduite,
03:29en priorité.
03:29Mais c'est qui ?
03:30C'est des personnes d'accord
03:31en fauteuil roulant,
03:32avec des béquilles,
03:33avec des déroulateurs,
03:34des cannes ?
03:34Ce sont des personnes malvoyantes,
03:35ce sont des personnes âgées.
03:37Il va y avoir dans 20 ans
03:39une majorité de personnes
03:39de plus de 65 ans
03:40dans notre pays vieillissant.
03:41C'est ça qu'on nous encourage beaucoup
03:43à faire plein d'enfants.
03:44C'est les parents
03:45qui ont des poussettes.
03:47Tu as vu le parcours
03:47du Quattengsay,
03:48sans parler d'un exemple classique
03:50du métro parisien par exemple,
03:52dans n'importe quel endroit.
03:53Les gares,
03:53un chemin accidenté,
03:54des écoles,
03:55des bâtiments publics
03:56avec des escaliers.
03:57Ce sont des touristes,
03:58ce sont des personnes
03:58qui font de la manutention.
03:59Donc en vrai,
04:00c'est tout le monde.
04:00Pas forcément au moment T,
04:01mais c'est tout le monde
04:02à un moment ou à un autre
04:02de notre parcours de vie.
04:04Donc le combat,
04:05c'est un combat qui concerne tout le monde.
04:06Et nous, notre sujet,
04:07c'est de fédérer évidemment
04:08toutes les personnes handicapées,
04:10malgré nos différences,
04:11parce qu'on a des pathologies
04:12et des histoires très différentes,
04:13et des pratiques très différentes,
04:14mais c'est d'embarquer tout le monde.
04:16C'est-à-dire qu'il y a
04:1612 millions et demi
04:17de personnes handicapées,
04:17il y a un peu plus de 10 millions d'aidants.
04:19Moi, ça, j'ajoute,
04:20parce que j'aime bien les appeler comme ça,
04:21les aimants.
04:22C'est-à-dire des gens
04:22qui vivent au quotidien
04:23avec un handicap
04:24sans forcément avoir besoin de t'aider.
04:25Toutes les personnes handicapées
04:26ne sont pas dépendantes
04:27ou ont besoin d'aidants.
04:28Et puis, il y a tous les gens
04:29qui simplement se disent
04:30à quel moment,
04:31moi, mon voisin,
04:32mon copain à l'école,
04:33mon collègue,
04:35ce beau gosse,
04:35cette belle gosse en soirée,
04:36mais en feteur roulant,
04:37aveugle ou handicapé,
04:38n'aurait pas accès
04:39à la citoyenneté pleine et entière,
04:40au loisir,
04:41au sport, à la culture,
04:42à l'école,
04:49qui passe à côté de leur vie, en fait.
04:51Oui, passer à côté de sa vie.
04:52Tu sais, je m'amusais avec Florence,
04:55avec qui on a écrit ce livre tous les deux,
04:58juste de se remémorer
04:59et de lire, tout simplement,
05:01tous les messages que moi,
05:02je reçois quotidiennes,
05:03d'autant plus depuis le début
05:04de la promo du bouquin,
05:05mais de personnes handicapées,
05:06d'enfants, d'adultes,
05:07de leurs parents,
05:08de ce que ça veut dire
05:08d'être handicapé,
05:09de ce que ça veut dire
05:10de ne pas pouvoir aller voir
05:11le spectacle de fin d'année
05:12de ta petite fille de 5 ans,
05:13parce qu'elle est handicapée,
05:14mais parce que toi,
05:14t'es un papa handicapé,
05:15et qu'on te dise, sans que ça choque personne,
05:17ouais, mais vous savez,
05:17c'est pas très simple,
05:18alors qu'il faudrait juste
05:19de décaler le spectacle
05:20dans une pièce à côté,
05:21ou éventuellement d'aller trouver,
05:22pour une personne en fauteuil roulant,
05:23une petite rampe amovible
05:24qu'on mettrait.
05:25C'est un jeune qui,
05:27pourtant, fait du tennis
05:27en fauteuil roulant,
05:28que moi, je connais depuis
05:29de nombreuses années,
05:30et à qui, depuis deux ans,
05:31on dit qu'il n'aura pas
05:31de notes au bac en sport,
05:33parce que l'éducation nationale
05:35n'est pas capable
05:35de s'organiser pour que lui
05:36puisse avoir une note,
05:37alors qu'il est capable
05:37de pratiquer des sports.
05:38On lui dit,
05:39ben, vous allez peut-être
05:39faire du tennis,
05:40du foot, du basket,
05:42ou de la natation.
05:43Un gamin en fauteuil.
05:44Donc, l'héritage,
05:45notamment si on parle de sport,
05:46c'est quand même d'abord là-dessus.
05:48Oui, parce que c'était
05:49le fameux héritage
05:50un peu immatériel,
05:51donc c'était aussi
05:52la prise de conscience,
05:53et si déjà,
05:54t'as pas les institutions,
05:56le gouvernement
05:56qui en prend pas conscience
05:57et qui a pas
05:59des mesures concrètes
06:00à appliquer,
06:00ben, en vrai,
06:01t'as rien.
06:02Parce qu'on peut avoir
06:03regardé les Jeux paralympiques
06:04et avoir été sensibilisés,
06:06avoir trouvé ça génial,
06:07et puis, ben,
06:08on reprend nos vies derrière.
06:09Oui, mais c'est ce qui se passe.
06:10C'est-à-dire qu'en fait,
06:11les Jeux ont créé des émotions.
06:13Le sport,
06:13les Jeux paralympiques,
06:14rien n'a envie aux Jeux olympiques.
06:15C'était un succès extraordinaire,
06:16un succès populaire.
06:17C'était fantastique.
06:18C'était génial.
06:18On a vécu des émotions dingues,
06:19ça a été une découverte
06:20pour plein de gens,
06:21plein de gens qui ont pas pu,
06:22ou pas vu,
06:22ou pas voulu être présents à Paris
06:25pour les Jeux olympiques,
06:25qui se sont venus aux paralympiques
06:26et qui se sont pris
06:27une énorme claque.
06:28Donc, c'est à ce moment-là,
06:29où tu dois embrayer.
06:30T'annonces pas une amputation
06:32de 300 millions d'euros
06:33du budget des sports
06:33qui est déjà ridicule
06:34à l'échelle de la nation.
06:36Tu sanctuarises.
06:38C'est des choix politiques.
06:39Par exemple,
06:39le département de la Moselle
06:40a décidé qu'avant les Jeux
06:41et après les Jeux,
06:42malgré les coupures budgétaires,
06:43garderaient 2 millions d'euros
06:44alloués à la pratique du sport
06:46pour tous.
06:47Donc, je veux dire,
06:47à un moment,
06:47on est capable de le faire.
06:49Alors oui,
06:49on est toujours rattrapés
06:49par des choses sur le papier
06:50qui sont plus importantes.
06:51Il y a des guerres,
06:52il y a des conflits,
06:58ce problème.
06:58C'est le sujet, par excellence,
06:59qu'on met sous le tapis.
07:00Donc, la prise de conscience,
07:01le président,
07:02il en prend conscience.
07:03Moi, j'ai eu des discussions
07:03avec lui,
07:04il m'en a dit beaucoup de choses.
07:05Mais là, par exemple,
07:06quand tu fais un truc comme ça,
07:08parce que toi,
07:08t'es un guerrier rose,
07:10en fait.
07:10Et en gros,
07:11tu viens détruire son bilan.
07:13Mais c'est pas tant son bilan,
07:14c'est qu'en fait,
07:15il faut qu'on se dise des choses.
07:16La fête du sport,
07:17c'est très bien.
07:19Réunir la société,
07:20les départements,
07:20les clubs,
07:21les fédérations
07:21pour faire du sport.
07:22Mais en gros,
07:23c'est fait du sport valide.
07:24On va ramener quelques athlètes
07:26des différentes fédérations.
07:28Non mais,
07:29lui,
07:30mais globalement,
07:31la manière dont tout le monde
07:32s'associe à ça.
07:33Donc, on va faire un peu de comme.
07:33Mais moi, quand on parle
07:34de 30 minutes de sport à l'école
07:35pour nos enfants,
07:36mais donnez déjà une minute de sport
07:38par semaine à tous les enfants
07:39en situation de handicap
07:40qui sont exemptés de sport.
07:41Parce qu'on n'est pas capable
07:42de l'organiser.
07:43Dites ça aux 80 000 enfants
07:44qui ne sont pas scolarisés
07:45chaque année parce qu'handicapés,
07:46qui, autant te dire,
07:48eux, sont à des années de lumière
07:48de faire du sport.
07:50Donc, avant de faire des grandes promesses
07:51comme ça ou des grandes cérémonies,
07:52parce que c'est ça ce qu'on fait.
07:53Nous, on fait des grandes cérémonies.
07:55On est capable d'accueillir
07:55les plus grands événements sportifs
07:56du monde, de les organiser
07:57très très bien.
07:58Mais ça ne fait pas de nous
07:59une nation de sport.
08:00La valorisation du sport,
08:01il parle dans son message,
08:02il ne parle pas de santé publique
08:03mais c'est quand même
08:04un enjeu important,
08:04mais il parle de confiance en soi,
08:07de créer du lien social,
08:09l'autonomie, tout ça.
08:10C'est vrai.
08:10Mais d'autant plus
08:11pour des populations
08:12qui sont sédentaires,
08:14pour des populations
08:14qui ont liées à leur pathologie
08:16des problèmes de confiance en soi,
08:17d'image de soi.
08:18Donc, on est un public prioritaire
08:19pour l'accès au sport.
08:21Et sauf qu'on est celui
08:21qui en est le plus éloigné.
08:23Donc, moi,
08:23quand je vois ça,
08:24je n'ai aucun compte
08:26à régler avec le président.
08:27Moi, pendant des mois,
08:28pendant que les athlètes
08:28sont tous en train de faire
08:29une dépression post-partum,
08:31si on reste dans
08:32des thématiques d'entrée,
08:33les Jeux sont terminés,
08:35ils sont tous...
08:36Bonjour madame.
08:36Pardon, pardon,
08:36je ne veux pas vous dire.
08:38Les Jeux sont terminés.
08:39Merci.
08:39Petite quiche
08:40avec un petit peu
08:41de salade fraîcheur.
08:42Merci beaucoup.
08:43À l'intérieur de cette cassolette,
08:45il y a un Omar bleu.
08:47Vous allez vous régaler.
08:48Ah bah, ça tombe bien.
08:50Donc, Omar pour madame
08:51et quiche pour moi.
08:52Oui, parce que je me suis dit
08:54que madame le moine
08:54me fait un petit peu
08:55attention à ça.
08:56Oui, mais je suis allergique.
08:57Et moi ?
08:57Moi, c'est juste parce que
08:58je mets du loose fit.
08:59Clara, je suis allergique.
09:00Omar va pas vous tuer.
09:02Un crevette, Omar, je...
09:03C'est pas exactement pareil.
09:04Non, mais en plus,
09:05vous le savez,
09:05je viens ici tous les jours,
09:07donc...
09:07Non mais crevette, Omar,
09:08je suis allergique.
09:09Tu veux voir ?
09:10Alors voilà.
09:10Tu veux me faire manger
09:11de la crevette ?
09:12Voilà.
09:13Effectivement.
09:13Moi, je veux bien.
09:14Moi, je veux bien.
09:15Effectivement.
09:16Omar a voulu vous tuer, je crois.
09:18D'accord.
09:19D'accord.
09:20On échange ça.
09:21Oui, bah oui.
09:21Du coup,
09:22moi, j'ai rien à perdre.
09:25Merci.
09:26La quiche, ça va ?
09:26Un petit peu de salaire ?
09:28Bah, en fait,
09:28je suis allergique au noix aussi.
09:31Faut jamais l'inviter.
09:32Non mais c'est pas grave.
09:33C'est pas grave.
09:33C'est pas grave.
09:35Prends du pain.
09:36Allez, casse-nous surtout.
09:37Allez, casse-nous surtout.
09:39Un petit morceau de quiche ?
09:40Non, ça va, ça va, ça va.
09:41Tout va bien.
09:41Chacun son handicap.
09:43C'est ma spécificité.
09:44C'est ça.
09:44On va dire ça plutôt comme ça.
09:47Donc, je te retrouve...
09:48En main des jeux,
09:49moi, je continue le combat.
09:50Les jeux se terminent,
09:51je décore les athlètes.
09:52Il faut juste rappeler un truc,
09:53c'est que t'as été...
09:54Et en vrai, je l'ai découvert
09:55parce que c'est vrai que je savais
09:56que tu faisais partie
09:56de la commission des athlètes
09:57et que t'étais investie,
09:59mais qu'en fait,
10:00t'as été de tous les moments,
10:02de toutes les séquences
10:04pour rappeler à chaque fois,
10:06et notamment à Tony Estanguet,
10:08qu'il fallait constamment
10:10penser aux Paralympiques
10:11parce qu'il y a ce fameux truc
10:12de, en gros,
10:14numéro 2, voir...
10:15Et ça, ça m'intéresse aussi.
10:17Numéro 3,
10:18derrière le sport féminin aussi,
10:20en vérité.
10:21En gros, moi,
10:22j'intègre la commission des athlètes
10:24du comité de candidature.
10:25Donc là, on est en 2016.
10:27C'est-à-dire qu'on est des athlètes,
10:28notamment avec Marie-Mélie Le Fur,
10:30Teddy Reiner...
10:31Rio...
10:31Voilà.
10:32Donc là, on est en train
10:33d'essayer de séduire le CIO
10:34pour gagner les Jeux
10:35qu'on avait perdus
10:36déjà trois fois par an.
10:37Moi, je vais aux Jeux Olympiques
10:38avant de participer
10:38à mes Jeux Paralympiques,
10:40mes derniers,
10:40en tant que porte-drapeau.
10:41Donc, aux côtés de Teddy,
10:43avec François Hollande.
10:44Donc, on porte cette candidature-là.
10:45Et puis ensuite,
10:46ça bascule.
10:47C'est Emmanuel Macron,
10:49c'est Lima.
10:50Entre-temps,
10:50il y a le passage aussi à Lausanne.
10:51Il y a plein d'événements.
10:52On en parle dans le livre.
10:54Plein d'événements, justement,
10:55où, en fait, on fait du lobbying.
10:56On fait du lobbying
10:56où on sait très bien
10:58que le choix se fait d'abord
10:59par rapport au dossier olympique.
11:02Mais le dossier paralympique,
11:03tant qu'à faire,
11:04ce serait pas mal
11:05qu'il ait de la gueule,
11:06qu'on montre qu'on y attache
11:07autant d'importance.
11:08Il y avait les Jeux de monde
11:09qui avaient cartonné aussi en 2012.
11:12Eux l'avaient très bien compris,
11:13l'avaient très bien marketé,
11:14l'avaient révolutionné
11:14la place des para-athlètes
11:17dans l'inconscient collectif.
11:20C'est pas une question d'envie.
11:23Tony, Etienne Taubois,
11:25les directeurs des différentes branches.
11:28Intrinsèquement,
11:28tout le monde avait envie de bien faire.
11:30Le problème,
11:31c'est que c'est un travail d'acculturation.
11:33Quand on est un athlète olympique,
11:34et notamment des athlètes de l'époque,
11:37c'est-à-dire que Tony,
11:38il a pris sa retraite avant moi,
11:39il a moins connu les athlètes paralympiques.
11:41Aujourd'hui,
11:42on parle d'une équipe de France Unie,
11:44on a des stages communs,
11:45on se retrouve dans plein d'endroits.
11:46Mais je te parle des athlètes
11:47qui ont couru il y a 20 ans, 30 ans.
11:49Ils n'ont aucune idée de ce que c'était.
11:51Donc, on ne peut pas se baser uniquement
11:52sur leur sensibilité.
11:53À un moment, ça se travaille.
11:54Il faut comprendre,
11:54c'est quoi le mouvement paralympique,
11:55d'où il vient.
11:56Nous, ce n'est pas Coubertin.
11:57Donc, à un moment,
11:58il faut connaître notre histoire,
12:00il faut savoir le raconter,
12:01il faut être à l'aise,
12:02aussi, avec ce sujet-là.
12:03De ne pas se dire que tout est formidable,
12:05que ce ne sont que des personnes inspirantes.
12:06Non, il y a des connards
12:07et des connasses
12:08dans le monde paralympique,
12:09comme partout,
12:09on est comme tout le monde.
12:10Il y a des grands champions,
12:11il y a des escrocs,
12:12il y a des gens qui ne performent pas,
12:15et on doit le dire.
12:16Tu as fait ton documentaire
12:17« Where people ? »
12:19où, justement,
12:20et ça, ça m'intéresse beaucoup
12:21parce que je n'avais jamais fait ce parallèle
12:23avec l'image que renvoie,
12:24effectivement, Pierre de Coubertin,
12:26où, au départ,
12:27on l'a sacralisé
12:28comme étant celui
12:29qui a fait les Jeux olympiques,
12:32mais en excluant les femmes.
12:33Donc, nous, qu'est-ce qu'on a fait ?
12:34On a opposé…
12:35Les femmes, les pauvres…
12:36Voilà, Alice Millard,
12:38qui est venue, justement,
12:39combattre,
12:40directement,
12:41Pierre de Coubertin.
12:42Et, en fait,
12:43toi, tu es allée
12:44aux origines du Paralympique
12:46et tu as retrouvé celui
12:48qui, finalement,
12:49est à l'initiative du mouvement
12:50et ça se passe, justement,
12:52en Angleterre.
12:53Oui.
12:53Là, c'est le professeur Guttmann,
12:55c'est un chirurgien juif
12:57qui vit en Allemagne
12:58à ce moment-là,
12:59l'Allemagne nazie.
13:00Il s'enfuit
13:01à la dernière minute,
13:02il se réfugiait en Angleterre
13:03et on lui confie
13:05l'unité de blessés médulaires,
13:06donc de patients blessés
13:07à la maladie pinière,
13:07des rescapés de la guerre,
13:09donc des soldats.
13:10Et, à cette époque-là,
13:11des gens comme moi,
13:12paraplégiques,
13:13ou tétraplégiques,
13:13en tout cas,
13:14des gens qui ont des atteintes
13:14à la maladie pinière,
13:15ont une espérance de vie
13:16de quelques semaines.
13:17Je te parle de ça,
13:18il y a moins d'un siècle.
13:19Oui, oui.
13:19Donc, l'espérance de vie
13:20de quelques semaines
13:21parce que des infections,
13:23la pénicilline,
13:23donc les antibiotiques,
13:25à cette époque-là,
13:26n'existent pas vraiment encore,
13:27et la sédentarité,
13:28le fait d'avoir des escarres
13:29et donc de mourir d'infections comme ça.
13:31Et lui, c'est quelque chose
13:32qui le révolte,
13:33et il se dit,
13:33c'est pas possible.
13:34Et donc, il va commencer
13:35à penser la rééducation
13:37autour de la réadaptation physique,
13:40de la mobilisation,
13:41que ce soit dans le lit,
13:42et précisément,
13:43il voit ses patients,
13:43en fait,
13:44commencer à faire du sport,
13:45être plus heureux,
13:45plus épanoui,
13:46vivre mieux,
13:46vivre plus longtemps.
13:47Alors, évidemment,
13:47les premiers à la médecine
13:48ont aidé,
13:49et on dit, en fait,
13:50que l'origine du moment paralympique,
13:52c'est justement
13:53les Jeux de Stockmanville,
13:54puisque c'est en Angleterre,
13:55à Stockmanville,
13:58sont à Rome en 1960.
14:01Donc, c'est quelque chose
14:02qui s'est construit.
14:03Et ensuite,
14:03le Comité international paralympique
14:05est né à la fin des années 80.
14:07Donc, les Jeux en commun
14:10datent officiellement
14:11depuis Barcelone en 92,
14:12entre Comité olympique
14:13et paralympique.
14:14Mais il y avait eu Tokyo en 88.
14:18Et puis ensuite,
14:19des fois ensemble,
14:20des fois pas ensemble,
14:21des fois des exhibitions.
14:22Donc, c'est un mouvement
14:23qui n'a rien à voir.
14:24Et d'ailleurs,
14:24dans la création du mouvement,
14:26l'idée, c'était donc
14:26de sauver des vies,
14:28de rendre des gens indépendants.
14:30Ce qui était intéressant
14:30sur le professeur Guttmann,
14:32c'est qu'il voulait
14:33que ces patients soient
14:33des taxpayers comme les autres,
14:35des contribuables
14:36comme les autres.
14:37C'est-à-dire qu'à un moment,
14:37arrêter de les traiter
14:38de cette manière-là,
14:39arrêter d'avoir une approche
14:40justement médicalisée,
14:42d'assistanat,
14:43de bienveillance
14:45surfaite,
14:46de paternalisme,
14:48de misérabilisme.
14:48ce sont des êtres humains,
14:49leur mobilité ne doit pas
14:50définir ce qu'ils sont.
14:52Et donc,
14:52c'est assez intéressant
14:53de se dire que nous,
14:54on a cette histoire-là.
14:55Et quand tu candidates
14:56pour les Jeux,
14:57t'as le dossier olympique.
14:58Moi, c'était à chaque fois
14:59de dire ça,
15:00si sur ce projet-là,
15:01le paralympique,
15:02le handicap,
15:03ce que nous,
15:03on veut défendre,
15:04vous l'avez pensé en amont
15:06et inclus,
15:07ou même travaillé autour de ça
15:08plutôt que de l'approche
15:09traditionnelle du sport
15:10divalide,
15:10c'est un plus dans tout
15:11ce qu'on va faire.
15:12Et donc, ça a été un combat,
15:14mais pas un combat,
15:14parce qu'en face de moi,
15:15j'avais des gens qui ne voulaient pas.
15:16C'était un combat
15:16pour faire de la pédagogie,
15:18pour acculturer,
15:19pour des fois,
15:19s'énerver,
15:20pour des fois,
15:21qu'on m'explique,
15:22t'as raison,
15:22mais il y a des réalités.
15:24L'argent, il ne vient pas
15:24du comité international paralympique.
15:26L'argent, il vient du monde olympique
15:27qui est beaucoup plus riche
15:28et beaucoup plus indépendant que nous.
15:30Donc, il faut composer avec tout ça.
15:31Donc, ça a été de la politique.
15:32Moi, de toute façon,
15:32je fais de la politique
15:33depuis très longtemps.
15:34Donc, je me suis retrouvé
15:34au milieu de ça,
15:35à composer avec des membres du CIO,
15:37avec des membres de l'IPC,
15:39avec évidemment le COJO,
15:40avec les deux derniers présidents
15:42de la République,
15:42entre la candidature
15:43et l'organisation des Jeux,
15:45avec des ministres,
15:46avec des patrons
15:47de grandes entreprises,
15:47avec des patrons
15:48de grands groupes médias.
15:49En fait, de toutes celles
15:50et tous ceux
15:51qui ont contribué à faire
15:53que c'était quand même
15:53des Jeux extraordinaires
15:55et selon tous les observateurs,
15:56c'était les plus grands Jeux
15:57par olympique de l'histoire,
15:58même devant Londres.
15:59Et là, je me permets de dire ça,
16:01parce que j'en ai parlé beaucoup.
16:02J'y étais,
16:03je vis là-bas maintenant
16:04avec ma femme et les enfants
16:05depuis quelques années
16:05et je l'ai mesuré aussi
16:07en parlant avec des experts
16:08qui travaillent dans les médias,
16:10notamment en Angleterre.
16:12Donc, on a cette fierté-là.
16:13Mais à quoi ça sert
16:14d'avoir fait tout ça,
16:15d'avoir passé huit ans de ta vie ?
16:17Alors, pas à plein temps,
16:17j'ai d'autres activités,
16:18mais huit ans de ta vie,
16:19et je ne te parle pas
16:20des quinze qu'on précédait,
16:21pour qu'au final,
16:22l'héritage des Jeux,
16:24paralympiques notamment,
16:24c'est quoi ?
16:25C'est d'avoir transformé
16:25quelques gares,
16:26c'est d'avoir sensibilisé
16:27un petit peu le grand public
16:28à la différence,
16:29mais comme on l'a dit tout à l'heure,
16:30on oublie aussi vite
16:31qu'on l'a acquis
16:32s'il se passerait entre temps
16:33et que fondamentalement,
16:35ça n'est pas changé du tout
16:36la place qu'on a
16:37dans la société et nos droits.
16:38Si on va le dire
16:39très concrètement,
16:40on va tous être confrontés
16:41au handicap, quoi qu'il arrive.
16:42Après ton accident,
16:43les premières personnes
16:44que tu vois,
16:45c'est le corps médical.
16:46Moi, j'ai un accident
16:47à l'âge de 18 ans.
16:48Quand tu te réveilles
16:48quatre jours plus tard
16:49après ton accident,
16:50tu te réveilles paralysé
16:51dans ton lit d'hôpital,
16:52forcément.
16:53Dieu sait que j'étais bien
16:55entouré de mes parents,
16:56de mes frères,
16:56un papa médecin
16:57et mon oncle ma tante aussi,
16:59médecin qui était là
16:59au moment de mon accident.
17:00J'ai des réponses
17:01à mes questions,
17:01mais à un moment,
17:02il faut bien qu'on t'explique
17:03ce qui vient de se passer.
17:04Donc, c'est le corps médical.
17:06Oui, on peut se tromper.
17:07Il y a des médecins,
17:08il y a des histoires de gens
17:08à qui on dit
17:09toi tu ne remarcheras jamais,
17:10tu ne verras plus,
17:11tu es condamné parce que ça,
17:12le sport n'y pensait même pas.
17:14Ça a évolué,
17:14c'est-à-dire qu'on s'est rendu compte
17:15quand même que le sport
17:16était un outil extrêmement puissant
17:18dans le parcours de reconstruction
17:19d'une personne handicapée,
17:20d'une personne accidentée.
17:21Dans la rééducation ?
17:22L'autonomie.
17:23Moi, si je suis devenu autonome,
17:24du jour au lendemain,
17:24mes bras deviennent mes jambes.
17:26L'autonomie, je l'ai eue
17:26parce que j'ai commencé
17:27à faire du sport dès le lit d'hôpital.
17:29Pas du sport pour être champion,
17:30parce que tu sais,
17:30du sport santé.
17:32Qu'est-ce qui fait qu'un jour,
17:32tu fous un short,
17:34un maillot de bain à la plage
17:35alors que tu as les mollets
17:36de la taille de ton gamin
17:36de 12 ans ?
17:37À 12 ans, je suis gentil.
17:38Il y a 10 ans,
17:39le mien est déjà
17:39un peu moins que moi.
17:40Donc, il y a un travail à faire aussi
17:41dans la façon de se réapproprier son corps,
17:43d'accepter que tu ne réponds pas
17:44forcément plus au standard
17:46de beauté classique de la société.
17:47Le sport, il sert à ça.
17:49Il sert, quand tu vas à l'école,
17:52de ne pas être celui
17:52à qui on file un sifflet
17:53et qui va être l'arbitre
17:54ou celui qui reste chez lui
17:55ou qui est lui à l'étude
17:56pendant que les autres font du sport
17:57dans lequel c'est aussi des moments
17:58où on se rapproche des autres.
17:59À l'adolescence,
18:00c'est d'une violence.
18:01Quand déjà, ça va être compliqué
18:03dans le rapport à l'eau,
18:03dans le rapport à l'intimité,
18:04à la drague et tout ça.
18:05Déjà, à la base.
18:06Déjà, c'est pour tout le monde,
18:07mais quand tu es handicapé,
18:08c'est encore plus dur.
18:09La première fois que j'ai dragué
18:10une fille en boîte de nuit
18:11avec mon petit mojito
18:12pour aller traverser la boîte
18:13et pour aller la draguer,
18:15je peux te dire,
18:16mais j'ai la trouille de ma vie.
18:18Parce que je n'ai pas peur
18:18qu'elle me dise non.
18:19Elle peut dire non.
18:20Elle peut dire non
18:20ou elle est enchantée,
18:22mais voilà.
18:23C'est que potentiellement,
18:23elle peut me dire
18:24ou elle peut ne pas avoir envie
18:25parce que je suis dans un fauteuil roulant.
18:27Donc, je veux dire,
18:28c'est la double peine.
18:34Chacun et chacune d'entre vous.
18:36Comment nous,
18:37dans nos écoles,
18:38dans nos classes,
18:39dans nos entreprises,
18:40dans nos quartiers,
18:41dans nos foyers,
18:41dans nos propres foyers,
18:43dans nos environnements
18:43personnels, professionnels,
18:44comment on se comporte
18:45avec l'autre ?
18:46Alors, c'est vrai
18:46pour toutes les minorités,
18:48j'allais dire.
18:48Et toi, tu es pessimiste
18:49par rapport à ça ?
18:50Imagine, tu as un enfant autiste
18:52qui est scolarisé
18:53en milieu ordinaire
18:54et qu'on est capable
18:55de l'accompagner
18:56parce que dans cette classe,
18:57eh bien, on a
18:58une auxiliaire scolaire,
19:00un ou une AESH
19:01qui est là
19:01et qui va l'accompagner
19:02justement pour compenser
19:05toutes les personnes handicapées,
19:06mais en tout cas,
19:06dans cet exemple précis
19:07que je te raconte,
19:08et qu'en fait,
19:08tout se passe bien,
19:09mais qu'il y a un parent
19:10qui commence à dire
19:11qu'il y a un problème
19:13dans les comportements
19:14de l'enfant,
19:15alors que c'est des comportements
19:16qui peuvent être
19:17des fois différents,
19:17surprenants,
19:18mais n'est en danger personne
19:20avec lesquels
19:21on est capable
19:21dans une société pas tordue
19:23de travailler ensemble,
19:24de comprendre,
19:24d'accompagner.
19:26Et donc, à un moment,
19:27tu as un parent,
19:27puis deux, puis trois, puis quatre,
19:28et puis tu as la lâcheté aussi.
19:30Pas du corps enseignant global
19:32ou de l'éducation sociale,
19:33mais de quelques personnes
19:33qui, au lieu de se battre
19:35contre des ignorants,
19:36contre des personnes égoïstes
19:37et parfois malveillantes,
19:39vont faire que cet enfant
19:40va se retrouver
19:40à devoir quitter l'école.
19:42C'est l'histoire
19:42de ces parents
19:43qui me montrent
19:43la photo de leur enfant.
19:44Et pas trouver
19:45d'école tout court.
19:46De montrer la photo
19:48de leur enfant
19:48dans un fauteuil électrique
19:50avec un handicap plutôt lourd
19:51où ils ont caché son fauteuil
19:53en lui mettant
19:53le panneau de CM1A
19:55jusqu'où on voit
19:56quasiment pas son visage
19:57comme ça.
19:58Ce sont ces discriminations
19:59ordinaires du quotidien.
20:00Je ne te parle pas de deux exemples.
20:02Je te parle de dizaines,
20:03centaines de milliers de personnes
20:04qui vivent ça,
20:05soit eux dans leur chair,
20:06soit tout simplement
20:07des parents
20:08qui n'ont qu'une seule envie,
20:10des mamans,
20:10je ne suis papa,
20:11que leurs enfants soient heureux
20:13et il n'y a rien de pire
20:14de renvoyer
20:15et d'exclure l'enfant
20:16qui serait handicapé
20:18et qui aurait une différence.
20:19Donc, c'est un travail collectif.
20:20Quand moi, je prends un taxi
20:21et que le taxi me refuse,
20:23un taxi adapté,
20:24ce n'est pas le fait juste
20:25qu'un taxi me refuse,
20:26qui me discrimine.
20:27C'est aussi vous toutes
20:28et vous tous
20:29qui faites la queue.
20:30Il y a 50 personnes
20:31qui voient le taxi
20:32avec une rampe adaptée
20:33pourtant,
20:34qui me disent
20:34non, ça ne m'arrange pas,
20:35je préfère les groupes.
20:36Et les gens,
20:36dans ces cas-là,
20:37je ne vous demande qu'une seule chose,
20:38n'entrez pas dans ce taxi,
20:39je ne vous demande pas d'arriver,
20:40de lui mettre votre main dans la gueule.
20:41Ça, je m'en occupe.
20:42C'est qu'est-ce que vous faites
20:43à ce moment-là ?
20:44En fait, où sont ces deux millions
20:46et demi de personnes
20:47qui ont acheté des billets
20:47pour aller voir des athlètes paralympiques ?
20:50Paralympique,
20:51ça veut dire des athlètes handicapés,
20:52des athlètes qui handicapent,
20:53d'y être allés,
20:54en famille,
20:55d'avoir applaudi,
20:56d'avoir vibré,
20:56d'avoir crié,
20:57d'avoir pleuré,
20:58d'avoir été transcendé,
20:59d'avoir parlé en rentrant,
21:01d'avoir suscité des vocations.
21:03Ça passe par raconter des histoires,
21:05du coup, on est d'accord.
21:05Ça passe par ça.
21:06Mais aujourd'hui,
21:07tu n'as plus...
21:08En tout cas,
21:08dans les médias traditionnels,
21:09il n'y a pas la place.
21:10Non.
21:11Ou alors, le choix,
21:12c'est de l'aborder encore aujourd'hui,
21:13soit d'une approche
21:15de super-héroïsation
21:16de l'athlète paralympique
21:18qui n'est pas du tout
21:20représentatif de ce qu'on est.
21:21On peut être des grands champions
21:21mais sans être des super-héros.
21:22On ne parle pas de super-héros
21:23quand on parle d'athlètes valides.
21:24Donc, ça a été
21:26la seule dommage collatérale
21:28des campagnes des Jeux de 2012
21:29quand on avait appelé
21:30les super-humains
21:31mais qui avaient servi
21:32à nous mettre dans la lumière.
21:33Ou, à l'inverse,
21:34d'avoir des reportages
21:35ou documentaires
21:36un peu misérabilistes
21:37suite à un dramatique accident.
21:39Là, pour la première du film,
21:40on m'a interviewé quand même
21:41il y a deux jours
21:41un journaliste.
21:43Pour dix premières minutes,
21:44il me pose des questions
21:44sur mon accident,
21:45sur ma pathologie,
21:46sur ce qui m'est arrivé.
21:47Vos frères étaient là tout.
21:48Je lui dis mais...
21:50On s'en fout,
21:51c'est pas l'objet du tout du livre.
21:52Et puis, si vous voulez
21:52juste faire une bio,
21:53renvoyez vers ma page Wikipédia
21:54où il y a un milliard d'infos là-dessus.
21:57Et puis, de toute façon,
21:58plus, on s'en fout.
21:59C'est pas ça qui détermine ce que je suis.
22:00Je suis handicapé.
22:01De toute façon, voilà.
22:02Et c'est pas un gros mot.
22:03de savoir à chaque fois ça.
22:04Donc, il y a quand même encore
22:05ce travail-là.
22:05Mais un truc dont on parle jamais,
22:07c'est aussi la responsabilité
22:08des fédérations.
22:09C'est-à-dire qu'historiquement,
22:10tu as la fédération française
22:11de sport adapté
22:13qui a encadré
22:14les sports handicapés.
22:15Et puis ensuite,
22:15il y a eu les fédérations
22:17qui se sont dit,
22:17nous, on veut bien.
22:19Parce qu'au début,
22:19c'est nous qui avons demandé.
22:21Et puis certaines ont dit,
22:21nous, on voudrait intégrer
22:23la partie parasport
22:24dans notre fédération.
22:25Comme c'est le cas au triathlon
22:26qui est d'ailleurs
22:26une des fédérations
22:27plutôt exemplaires.
22:27mais on a aujourd'hui au judo.
22:30Il y a des claristes,
22:30un Teddy qui sont
22:32des stars nationales
22:33et internationales.
22:34Alors, certes,
22:34par leur palmarisme,
22:35on a des champions incroyables.
22:36Je pense notamment
22:37à Elios Lechmanaya,
22:38une Sandrine Martinet.
22:39Qu'est-ce que fait
22:40la fédération française de judo
22:41pour, à un moment,
22:42ces athlètes-là,
22:43les faire monter en visibilité ?
22:44De quelle manière ?
22:45Alors, je pose la question.
22:46Ce n'est pas accusatoire
22:47d'embaucher.
22:48Non, mais tu peux utiliser
22:48la lumière de tes champions
22:52comme Teddy ou Clarisse
22:53pour mettre sur...
22:54De quelle manière,
22:55en tout cas,
22:56de quelle manière
22:57la fédération fait du lobbying
22:58auprès des médias,
22:59auprès des partenaires,
23:00puisqu'il y a des partenaires
23:01qui financent les fédérations,
23:02qui financent les compétitions.
23:03De quelle manière,
23:04on est beaucoup plus proactifs
23:05là-dessus ?
23:05De quelle manière,
23:06à un moment,
23:06on refuse que nos athlètes
23:07qu'on représente
23:08soient traités différemment ?
23:09Tu regardes,
23:10le tennis valide ?
23:12Aujourd'hui,
23:13les deux capitaines,
23:13c'est Yannick Noah
23:14et Tatiana Golovin.
23:15C'est ce que je trouve super.
23:16Tant mieux pour eux
23:16et s'ils se défoncent pour ça
23:19et que ça aide.
23:19Tant mieux,
23:20c'est pas la question.
23:21Paul-Henri Mathieu,
23:22il bosse pour la FED.
23:25Gasquet,
23:25le jour où il arrête,
23:26on dit Richard Gasquet,
23:26tac,
23:27il intègre tel pôle.
23:29Tu regardes,
23:29toutes les gloires du tennis français
23:31sont tous,
23:31de près ou de loin,
23:32à la Fédération
23:33ou dans l'environnement,
23:34en tout cas,
23:35du tennis.
23:36Nous,
23:36même dans notre activité
23:39de prédiction,
23:39donc le tennis en fauteuil,
23:40il n'y a pas de sollicitation.
23:41Alors,
23:41on peut toujours imaginer,
23:42oui,
23:42mais c'est pour des raisons politiques.
23:43Ah bah tiens,
23:44tu t'entends peut-être pas
23:44avec un tel,
23:45tiens avec Patrick,
23:46vous êtes indépendant avec toi,
23:47je m'en fous.
23:48C'est pas un problème de personne.
23:49Oui,
23:49tu parles pas de son cas particulier.
23:50J'ai une question à se poser.
23:52Nous,
23:52c'est au service du développement
23:53de ce sport.
23:54Il y a un vrai parallèle
23:55avec ce qu'on peut vivre
23:56dans le sport féminin
23:58et dans la place de la femme
23:59dans la société.
24:01On dit souvent
24:02que la parité
24:02s'arrête aux portes du pouvoir.
24:04Est-ce que pour toi,
24:05et j'ai du mal à utiliser ce mot-là,
24:06et j'aimerais bien d'ailleurs
24:07qu'on définit juste les mots
24:08parce que ça évolue sans cesse
24:10et c'est important,
24:11est-ce que l'inclusion,
24:14et je vais l'utiliser
24:15parce que du coup,
24:15inclusion,
24:16ça veut dire exclusion.
24:18Oui,
24:18mais pour le coup,
24:19c'est le cas.
24:19Est-ce que l'inclusion
24:20s'arrête aux portes du pouvoir ?
24:23Oui,
24:24de fait,
24:24aujourd'hui.
24:25Mais alors,
24:26pourquoi tu n'y vas pas ?
24:27Pourquoi tu n'y vas pas ?
24:28Pourquoi quand on te tape à la porte
24:31pour aller au ministère
24:33justement des sports
24:34et que derrière,
24:35tu te dénonces justement
24:36qu'il n'y ait pas de ministère
24:39pour le handicap,
24:40pourquoi tu n'y vas pas en fait ?
24:42Il y a plein de raisons
24:43pour lesquelles je n'y vais pas
24:44quand les Jeux viennent de se terminer.
24:45On est en 2024.
24:46Moi, je viens d'avoir
24:46un deuxième petit garçon,
24:48ce qui a été d'ailleurs
24:49mon premier refus vraiment
24:51d'aller faire de la politique
24:53de cette manière-là,
24:54c'est quand Nathalie Aneta,
24:56qui était la conseillère
24:57au sport et jeunesse
24:57de François Hollande,
24:58m'appelle avec Aspar Ganser,
25:00le conseiller en communication
25:00de François Hollande,
25:01et me dit,
25:01je vais partir à l'UFA,
25:03est-ce que tu veux prendre ma place ?
25:05Le président serait ravi
25:06de t'avoir comme conseiller.
25:08Je suis super tenté.
25:09J'ai envie d'y aller.
25:10Je me dis que c'est
25:10une opportunité extraordinaire,
25:11notamment sur mes sujets.
25:12Après la médiatisation
25:14pour la première fois
25:15des Jeux paralympiques à Rio,
25:16on avait 100 heures
25:16de direct en France,
25:17et de ce que moi,
25:17j'étais en train d'opérer
25:18comme rapprochement
25:19entre le monde olympique
25:20et paralympique.
25:21Sauf que le timing,
25:22c'était compliqué.
25:23Je venais enfin, moi,
25:24d'arrêter ma carrière,
25:25d'être jeune papa.
25:26J'avais aussi quand même
25:27en tête que la code
25:28de popularité du président
25:29était compliquée,
25:30que ça allait être
25:31les derniers mois
25:31de son mandat,
25:32et donc peu de chances
25:34de faire grand-chose
25:34à part être à côté de lui
25:35dans des grands événements,
25:36mais moi, j'avais pas envie
25:37de ça.
25:38Donc ça a été,
25:39pour le coup,
25:39je l'ai fait à reculons
25:40et je l'ai décliné,
25:41une semaine plus tard.
25:41Quand là,
25:42un conseiller,
25:43Michel Barnier,
25:44m'appelle le lendemain
25:45des décorations des athlètes
25:46sur les Champs-Elysées
25:48pour me dire
25:49que je suis ministrable
25:49et qu'en gros,
25:50le Premier ministre
25:51serait très intéressé
25:53par le fait
25:54que vous soyez
25:55ministre des Sports.
25:57On est dans une période
25:58où il n'y a pas
25:59de majorité parlementaire,
26:00une instabilité politique
26:01comme jamais.
26:02On nous a annoncé,
26:03on le sait,
26:03qu'il n'y aura pas de moyens
26:04de cette politique-là.
26:06Et puis après,
26:06il faut être aussi aligné
26:07politiquement
26:08avec les gens
26:09qui te proposent.
26:10Tu ne veux pas être utilisé.
26:12Tu veux avoir
26:12un champ d'action.
26:14Je ne suis pas naïf.
26:14Évidemment qu'on m'utilise.
26:16Évidemment.
26:17Évidemment qu'on m'utilise
26:17quand un moment
26:18je pose sur la photo,
26:19quand un moment
26:19je suis l'égérie
26:21ou l'ambassadeur
26:21de tel truc.
26:22Sauf que moi,
26:22je le fais en conscience
26:24parce que je me dis
26:25que je suis plus utile
26:25ou que ces 25 dernières années,
26:27j'étais plus utile
26:27à le faire là
26:28que ne pas le faire.
26:29C'est à un moment
26:29d'aller porter tel projet,
26:31d'aller défendre
26:32les jeux de Paris 24
26:33parce que je croyais
26:34à son utilité.
26:34Et en vrai,
26:35même s'il n'y a quasiment pas
26:36d'héritage,
26:36c'est mieux qu'on a organisé
26:37des jeux que pas.
26:39Parce que pour le coup,
26:39cette exposition
26:40d'athlètes en situation
26:42de handicap
26:43avant et pendant les jeux
26:44et de tout ce que moi
26:44et d'autres ont pu raconter
26:45sur la place des personnes
26:47handicapées dans la société,
26:48c'est tant de dizaines,
26:49centaines, presque milliers
26:50d'heures accumulées
26:51qu'on n'aurait pas eu.
26:52Donc je n'ai pas de regrets
26:52là-dessus.
26:53Mais à part la belle photo
26:55qui aurait été très belle,
26:56la photo du gouvernement Barnier
26:57après les jeux,
26:58Premier ministre de la République
27:00en fauteur roulant
27:00au premier rang comme ça,
27:04il n'y a pas d'agenda politique.
27:06Par contre, mon travail à moi,
27:07aujourd'hui.
27:08Pour la symbolique,
27:08l'inspiration et la place,
27:11tu vois, je ne sais pas,
27:12tu vois un petit garçon
27:14qui se reconnaît dans ton histoire,
27:16qui est devant sa télévision
27:17et qui va se dire
27:19c'est possible.
27:20Oui, mais le petit garçon...
27:21Peut-être que toi,
27:22tu n'auras pas réussi
27:22à ce moment-là,
27:23mais peut-être que cette génération-là.
27:25Et moi, franchement,
27:26j'en suis persuadée
27:27parce que je te dis,
27:27je vois mon fils,
27:28je vois dans sa classe
27:29comment ils sont
27:30et comment eux,
27:31ils sont sensibilisés
27:32grâce aux jeux paralympiques.
27:33Je pense que c'est possible
27:35que ce ne soit pas
27:36ta réussite
27:36mais que ce soit celle
27:37de jeunes que tu auras inspirée.
27:39Oui.
27:40Et en même temps,
27:41madame,
27:41qu'est-ce que vous servez de bon ?
27:42Alors, salade maraîchère
27:44et là,
27:44vous avez des béliers
27:46de soeurs de courgettes
27:47avec encore du homard
27:48de la crevisse.
27:49Du coup,
27:50je me suis dit,
27:50c'est parfait.
27:52C'est très bien.
27:53Mais moi,
27:53je suis un lapin,
27:54donc il n'y a pas de souci.
27:55Donc aujourd'hui,
27:56c'est ma pête.
27:56Là,
27:57je bois un café avec lui
27:58au comptoir.
27:59Non mais écoutez,
28:00il me raconte des trucs.
28:02Non.
28:02Je me marre trop.
28:03Je vous laisse déguster.
28:04Je reviens.
28:05Faites pas voir
28:06parce qu'il va être bavard.
28:07Il est très bavard.
28:08Du coup,
28:09il me raconte pas mal de trucs sur vous.
28:10Rien de...
28:12Attends,
28:13je reviens.
28:14Ben,
28:14faites très attention Ben.
28:16J'essaie de cuivre.
28:17Oui,
28:18oui,
28:18c'est la patronne du restaurant.
28:19Elle est un peu intrusive parfois.
28:21C'est ça.
28:21Elle a tous les dossiers,
28:22donc c'est pour ça que je viens de là.
28:23J'ai commencé à m'effrayer là.
28:25Ce que pourrait dire mon petit frère.
28:27Non mais,
28:28la symbolique,
28:29tu l'as quand moi
28:30et quand t'as des centaines d'athlètes par olympique
28:32qui défilent sur les champs,
28:33qui portent la flamme...
28:34Mais c'est pas la même chose
28:35que d'être au gouvernement.
28:36Oui,
28:37mais...
28:37C'est pas pareil.
28:38On n'a pas vu en France.
28:40Ou alors, on le sait pas aussi.
28:41C'est peut-être ça parce que...
28:42Dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale,
28:43et c'est pas qu'une blague,
28:44il y a des personnes handicapées.
28:46Il y a Sébastien Pétaville,
28:48qui est un député en feteur roulant,
28:48et puis il y a des...
28:50potentiellement, statistiquement,
28:5215% d'entre eux.
28:52J'ai entendu parler du truc au Sénat,
28:54où ils ont refusé de...
28:55Ils ont retoqué la proposition d'arrêter le...
28:58Le vote assis debout.
28:59Le assis debout.
29:00Ils ont retoqué ça.
29:02Mais t'imagines dans quel moment on vit.
29:03Mais en plus,
29:03on a l'air du digital,
29:05on est à l'électronique.
29:06On a l'air de ce que tu veux,
29:06c'est à partir...
29:07Parce qu'on est des gens
29:08qui sont complètement déconnectés,
29:10qui n'ont rien à foutre.
29:11Mais c'est horrible.
29:11Quand à un moment,
29:12t'as justement le député Sébastien Pétaville,
29:14qui lui est en fauteu roulant,
29:15à l'Assemblée,
29:17et qui lui raconte ça,
29:23nous, vieux sénateurs...
29:23Je ne fais pas d'anti-vieux,
29:25ce n'est pas la question,
29:25je provoque volontairement.
29:27On va quand même rester là-dessus,
29:28puis vous, on se débrouillera.
29:30Vous, en tout cas,
29:30les personnes concernées...
29:31Mais en fait, non.
29:32En fait, non.
29:33C'est comme...
29:34C'est comme le papa
29:35qui ne va pas voir le spectacle
29:36de fin d'année de sa fille.
29:37Vous, vous verrez peut-être
29:38pour l'année prochaine.
29:39Mais on passe à côté de ces années-là.
29:40On est exclus à ce moment-là.
29:41T'es humilié à ce moment-là.
29:42Encore une fois,
29:43on ne parle pas juste
29:43de petites contraintes.
29:45On parle de gens
29:46qui sont bloqués dans leur appartement
29:47pendant des mois,
29:48pendant des années,
29:48parce qu'on n'a pas voulu
29:49s'organiser dans la propriété
29:51pour réparer un ascenseur
29:52qui était vétuste.
29:54C'est toutes les histoires
29:55que je peux te raconter à l'école
29:56qui sont terrifiantes.
29:58C'est la personne des parents
29:59qui ont des enfants
30:00avec des handicaps lourds
30:01à l'adolescence
30:01qui...
30:02Parce qu'on n'est même pas capable
30:03d'avoir un débat
30:03sur les assistances sexuelles en France,
30:05alors que c'est le cas aujourd'hui
30:06au Danemark, en Suisse,
30:07aux Pays-Bas ou en Allemagne.
30:09Ils sont dans des situations
30:10horribles
30:11de devoir masturber leur enfant
30:12parce qu'en fait,
30:12ils n'en ont pas la capacité de le faire,
30:13mais ils ont des pulsions
30:14comme on a à l'adolescence.
30:15Et d'ailleurs, plus tard,
30:16ce n'est pas un cas.
30:17Ce n'est pas juste un cas
30:18pour provoquer un peu.
30:18Je te parle de situations
30:20dramatiques quotidiennes
30:21dans des milliers,
30:21dizaines, centaines de milliers
30:22de foyers en France,
30:24chaque jour.
30:25Donc, nous, à un moment,
30:26surtout quand on est privilégiés
30:27au sein de cette minorité,
30:28alors certes, je vieillis,
30:28j'ai mes problèmes à moi,
30:29mais globalement,
30:30j'ai une vie très libre.
30:31Tu vois, j'ai un travail,
30:33j'ai une femme qui m'aime,
30:34j'ai des enfants,
30:35j'ai un toit,
30:36je voyage,
30:37je suis autonome.
30:38Tu ne passes pas à côté de ta vie.
30:39Non, moi, je ne passe pas
30:40à côté de ma vie,
30:40mais c'est un combat.
30:42C'est un combat quotidien,
30:43malgré toutes les portes
30:44qui me sont ouvertes
30:45et les portes qu'on m'ouvre,
30:46de fait,
30:47dû à tout ce que j'ai pu faire
30:48et ces évolutions-là.
30:50Mais pour toutes celles
30:50et tous ceux
30:51qui, eux,
30:52ont des vies sacrifiées,
30:55en fait, on fait quoi ?
30:56Mais tu as juste envie
30:57de tout péter.
30:58Alors, en respectant
30:59les biens et les personnes,
31:00je n'appelle pas
31:01à la révolution,
31:02mais en fait,
31:03tu vas dans la rue.
31:05Toi, tu ne me laisses pas
31:06rentrer dans le taxi.
31:06Toi, tu ne me laisses pas
31:07rentrer dans ton magasin
31:07parce que j'ai un chien
31:10ou guide d'aveugle
31:11alors que c'est la loi.
31:12Mais en fait,
31:12j'ai qu'une envie,
31:13c'est de te foutre en l'air.
31:14Toi, tu ne veux pas
31:14que je travaille
31:15parce que tu as peur
31:16du regard qu'on va poser sur moi
31:17dans l'entreprise
31:17parce que je suis sourd d'une oreille
31:20ou parce que je dois
31:20une fois par mois
31:21aller faire des examens.
31:22Il y a des lois,
31:23parce que c'est le problème prioritaire.
31:25Il y a une loi,
31:25la loi de 2005.
31:26Il faut l'appliquer, quoi.
31:27Exactement.
31:27Mais pour l'appliquer,
31:28il faut se donner des moyens.
31:29Il faut donner des moyens
31:30à ceux qui font appliquer la loi.
31:31Et aujourd'hui,
31:32on ne les donne pas.
31:32Et puis, vaincre cet isolement
31:34justement des personnes
31:35qui sont en situation de handicap
31:36et qui ne savent pas
31:36quand elles sont victimes aussi
31:37de discrimination,
31:39comment réagir vers
31:40qu'ils se tournaient aussi.
31:41Mais tu sais,
31:42moi, quand je fais une vidéo
31:43pour dénoncer la personne
31:45qui m'a refusé dans le taxi
31:46où j'ai porté plainte,
31:47les messages que moi,
31:47j'ai fait oui,
31:48mais vous, vous pouvez.
31:49Oui.
31:50Quand on fait une manifestation
31:51l'année dernière
31:53avec le collectif handicap
31:54et en partenariat notamment
31:55avec APF France Handicap,
31:56on fait une manifestation
31:57le 10 février 2025,
31:59la veille des 20 ans
32:00de la loi de 2005,
32:01qui est un contre-anniversaire
32:02pour nous,
32:02on regarde la situation
32:03dans laquelle on vit
32:04et de sa non-application.
32:05On est quelques milliers,
32:07à peine,
32:072-3 mille personnes.
32:08Alors, ok, il s'est froid
32:09sous la pluie et tout,
32:10mais parce que, déjà par essence,
32:12mobiliser des personnes
32:12qui ne peuvent pas se déplacer,
32:14qui n'ont pas la liberté
32:15de se déplacer,
32:15qui n'ont pas forcément
32:16la capacité de le faire,
32:18déjà, on est vachement emmerdés.
32:20Mais c'est vrai
32:20que plus je vieillis
32:21et plus je ne vois pas
32:22la situation évoluer,
32:25plus ça me met en colère.
32:26Moi, ça fait 26 ans
32:26que je suis en fauteuil roulant.
32:28J'ai passé plus de temps
32:29en fauteuil roulant
32:29que Valide,
32:30j'ai un accident à 18 ans
32:31et je vois aujourd'hui
32:32que les personnes
32:34qu'on accompagne
32:34avec mon association,
32:35donc les bénéficiaires
32:36de l'association
32:37comme les autres,
32:37ils vivent exactement
32:39le même parcours
32:40que j'ai vécu,
32:41hors sport de niveau,
32:42dans la lourdeur administrative,
32:44dans l'exclusion,
32:45parce que tu parlais
32:45d'inclusion,
32:46moi je m'en fous
32:46de l'école inclusive,
32:48la société inclusive.
32:49On s'attaque aux origines
32:50de l'exclusion
32:51et arrêtez de parler d'inclusion.
32:52L'école est inclusive
32:53parce que l'école,
32:54l'entreprise est inclusive
32:54parce que l'entreprise.
32:56Donc l'inverse
32:58est condamnable.
32:59Ce n'est pas super
33:00quand une boîte dit
33:00nous on a nos 6%
33:02de travailleurs handicapés,
33:03on respecte notre obligation
33:04d'emploi.
33:05Merci.
33:06Je m'en bats les reins
33:07de ton respect.
33:09Par contre,
33:09si tu es à 3%,
33:10c'est beaucoup plus grave.
33:11Mais en fait,
33:12à quel moment tu n'as pas
33:13tout fait pour que n'importe qui
33:14puisse accéder
33:15à tes offres d'emploi ?
33:16Parce que c'est une responsabilité
33:18mais qui est juste humaine
33:19en fait.
33:20Pour moi,
33:21c'est repenser notre rapport
33:22à l'humanité.
33:24Moi,
33:24j'ai genre 45 ans là,
33:26j'ai quand même l'impression
33:27depuis 45 ans,
33:27disons depuis 40 ans
33:28si je me souviens
33:29de mes premières années
33:30vers 5-6 ans,
33:32qu'on vit quand même
33:33dans une société
33:33beaucoup plus isolée,
33:34beaucoup plus en colère,
33:35beaucoup plus individualiste.
33:37En tout cas,
33:37c'est moi la sensation
33:38que j'ai en France.
33:39Et en même temps,
33:40ça fait 8 ans
33:40que je vis à Londres,
33:41ma femme est anglaise,
33:42donc on a vécu 9 ans à Paris
33:43et puis à un moment,
33:44c'était mon tour d'aller là-bas.
33:45Donc, j'ai pas quitté Paris
33:46parce que j'étais pas heureux
33:47ou parce que c'était pas accessible
33:48parce que Paris,
33:49c'est l'enfer sur terre
33:50quand t'es en fait roulant.
33:51Mais il s'avère que
33:51quand je suis allé là-bas,
33:53j'ai découvert au quotidien
33:54une société où on regarde
33:55comme les autres.
33:56où le taxi est sans pour ça accessible,
33:59bien sûr.
33:59Où le métro est une solution
34:01même si toutes les lignes
34:02ne sont pas accessibles.
34:02Ou quand je vais à l'école,
34:04c'est pas un sujet.
34:05Quand il y a une réunion
34:05parent-prof là,
34:06comme la semaine dernière,
34:07et bien en fait,
34:08elle devait être au premier étage,
34:09mais ils savent que potentiellement
34:11je peux être là,
34:12elle est au rez-de-chaussée.
34:13C'est simple,
34:13quand on vient au spectacle
34:14de fin d'année,
34:15il y a deux places
34:15qui sont réservées au premier rang
34:17pour que je puisse voir
34:18le spectacle de mon enfant.
34:19Et c'est pas la discrimination positive,
34:20c'est juste de l'humanité.
34:23Et puis c'est de la prise en considération
34:25de l'autre.
34:25Et à un moment,
34:26c'est de se dire,
34:26mais moi si j'étais dans cette situation,
34:28qu'est-ce que je ferais ?
34:29Mais surtout que c'est pas à toi
34:30de t'adapter à la société,
34:31c'est à la société de t'adapter à toi.
34:32Oui.
34:33Mais j'avais rencontré un professeur
34:34à l'époque,
34:35celui qui a créé, tu sais,
34:36l'institut qu'ils ont fait justement
34:37dans les Yvelines
34:38pour le parasport.
34:39François Genet.
34:40Voilà, François Genet.
34:41Et en fait,
34:41j'ai eu une révélation ce jour-là
34:43parce qu'il m'avait expliqué
34:44qu'en fait,
34:45on est tous en situation de handicap.
34:46Oui.
34:47Et il m'avait dit,
34:48par exemple,
34:49imaginons,
34:50je suis avec toi,
34:52tu vois,
34:53on est sur une route
34:54et en fait,
34:55qui va aller plus vite ?
34:57Oui.
34:58Ben oui,
34:59évidemment,
35:00c'est toi qui va aller plus vite.
35:01En fait,
35:01c'est logique.
35:02T'es dans une boîte de nuit,
35:04il fait noir.
35:06Qui va pécho le plus vite ?
35:07Moi parce que je vais...
35:11Non mais...
35:11La personne malvoyante,
35:13elle sera beaucoup plus à l'aise.
35:14Elle sera plus à l'aise que...
35:15Bien sûr.
35:15Dans un moment où toi,
35:16tu perds tes sens.
35:16Voilà.
35:17Ou le son,
35:18elle pourra signer,
35:19moi je peux pas.
35:19Donc en fait,
35:20c'est le contexte.
35:21Le contexte,
35:22c'est l'environnement.
35:23Voilà,
35:23qui te rend en situation...
35:25Avec une petite distinction,
35:26parce qu'on parle beaucoup de personnes
35:28en situation de handicap.
35:29Là,
35:29c'est de la sémantique.
35:30Moi,
35:30je dis pas personnes en situation de handicap.
35:31Là,
35:32toi et moi,
35:32on est face à face.
35:33Tu es assis dans un siège,
35:34je suis assis dans mon fauteuil.
35:37Donc là,
35:42c'est que nous,
35:42on vit pas à ce moment-là la même chose.
35:43Oui.
35:44Pour moi,
35:44c'est moins confortable
35:45d'être assis sur un fauteuil toute la journée.
35:46J'ai mal au dos,
35:47j'ai mal aux lombaires.
35:48Alors que toi,
35:49tu vas te lever une fois qu'on aura fini.
35:51Et donc,
35:51tu vas pouvoir alléger un peu ton dos
35:52et te dégourdir les jambes.
35:53Donc,
35:54le truc,
35:54c'est que la sémantique,
35:55c'est surtout et souvent
35:56pour rassurer le valide bien portant.
35:58Moi,
35:58mon sujet,
35:58c'est de bien comprendre
35:59que ce n'est pas le problème des autres.
36:01Et François Agené dont tu parles,
36:03évidemment,
36:03on l'a bien compris.
36:04Et donc,
36:04l'accompagnement dans la rééducation,
36:06dans la réadaptation fonctionnelle,
36:07c'est évidemment
36:08en prenant en compte
36:09l'environnement.
36:10Donc,
36:10on est toujours l'handicapé de l'autre.
36:11On est toujours celui
36:12qui a besoin de l'autre.
36:13Et je trouve que cette façon
36:14d'expliquer les choses,
36:15en fait,
36:16permet de concerner tout le monde.
36:17Tu vois ?
36:18Bien sûr.
36:18Je trouve que c'est la vraie pédagogie,
36:21pour le coup.
36:24Et le nerf de la guerre,
36:25au final,
36:26ça va être quoi ?
36:26C'est l'accès au sport
36:28pour tous les enfants
36:31parce qu'on en est là,
36:32en fait.
36:32Maintenant,
36:33ce n'est pas ta génération.
36:34On est d'accord.
36:35Ce n'est pas notre génération,
36:36c'est les générations
36:37qui sont après.
36:38Toi, président.
36:39Toi, président.
36:40Qu'est-ce que c'est quoi,
36:41concrètement ?
36:42Moi, je débloque
36:43les moyens nécessaires
36:45à la mise en accessibilité
36:46universelle de la société.
36:47Donc là, c'est de l'argent.
36:48Et c'est de l'argent et du temps.
36:49Et c'est ma priorité absolue.
36:51Et une fois que j'ai fait ça,
36:53en fait,
36:55je mets l'accent,
36:56parce que je suis d'accord
36:56avec toi sur la question
36:57de dégénération,
36:59je mets le paquet
37:00sur l'éducation.
37:01Une fois que n'importe qui
37:02peut physiquement accéder,
37:03peu importe sa pathologie,
37:04peut accéder au monde de l'école.
37:06Donc, le bâti,
37:07c'est transformer
37:08et pas uniquement d'être
37:09de plein pied pour gens
37:09en foot roulant.
37:10Je parle de tout handicap,
37:11psychique, mental, cognitif,
37:13moteur, peu importe.
37:14Et bien ensuite,
37:16je mets des moyens,
37:17mais pour ça,
37:17pour mettre des moyens,
37:18c'est pas un problème d'argent.
37:20Aujourd'hui,
37:20est-ce qu'il y a un audit national
37:21de l'accessibilité des écoles
37:22de France ?
37:23Est-ce qu'on sait combien
37:23d'AESH il manque,
37:24d'AESH qualifié ?
37:26Et combien ça coûte ?
37:27Et comment on le financerait ?
37:28Récemment, j'ai vu un débat
37:29où il y a interrogé
37:31Edouard Philippe,
37:32puis le lendemain,
37:33Raphaël Glucksmann
37:33sur les enseignants.
37:35Je crois qu'Edouard Philippe
37:36annonce 20 ou 25 %
37:37d'augmentation des salaires
37:38des professeurs,
37:38donc il dit ça coûterait tant
37:39et je vais le financer comme ça.
37:40Raphaël Glucksmann,
37:41je crois,
37:41lui dit 10 % et dit...
37:43Dans la perspective
37:43de la présidentielle.
37:44Voilà.
37:45Qui nous est capable
37:46de dire aujourd'hui,
37:47quel acteur politique
37:49est capable de dire
37:50ce que ça coûte
37:51de rendre accessible
37:52tel que la loi de 2005
37:53le promettait,
37:54la société ?
37:54Parce qu'ils ont annoncé ça,
37:55ils ne l'ont pas budgété
37:58et ils ne sont pas donné
37:59le moyen justement
38:00d'aller les faire.
38:00De combien ça coûte
38:01et de comment le financer.
38:01Mais d'ailleurs,
38:02Emmanuel Macron l'a dit lui-même
38:03qu'il a un sentiment d'impuissance
38:04par rapport à ça en fait.
38:06Mais ça, c'est terrible
38:06et c'est tellement à l'image...
38:08J'imagine que tu as
38:09le président de la République
38:11qui te dit ça.
38:12Oui, j'imagine que c'est terrible.
38:13On sort de son bureau,
38:13on parle de le mobiliser,
38:14de mobiliser la société française
38:15que ce soit le premier supporter
38:17de l'équipe de France paralympique
38:19et il est à fond,
38:19il a été de tous les combats.
38:21Quand il vient juste
38:22d'être élu président,
38:23c'est lui qui vient
38:23jouer au tennis en fauteuil.
38:24C'est la première fois
38:24qu'un président fait ça.
38:26Je me débrouille
38:27une fois qu'il fait sa petite démo
38:30avec les joueurs dits valides,
38:31nos grands champions.
38:32Monsieur le président,
38:33l'échauffement est terminé.
38:34Il me regarde,
38:35il sait, il enlève sa veste,
38:36je le mets en fauteuil roulant.
38:36Je sais que c'est l'image
38:37qui va faire le tour du monde.
38:38Donc, on a joué à ce jeu-là
38:39pour justement un moment casser ça.
38:41Il a été de tous ces combats-là,
38:42il a été présent.
38:43Et moi, je ne lui reproche rien dessus.
38:44Mais quand on sort de son bureau,
38:45on n'est même pas un an avant le jeu
38:46et qu'il me dit
38:47ça va être génial,
38:48t'as vu, ça va dans le bon sens.
38:49Mais franchement,
38:50cette foutue accessibilité,
38:52on ne sait pas faire.
38:54En fait, si, tu sais faire.
38:56En fait, tu sais faire si tu...
38:58Si tu fais cet arbritage-là,
38:59si tu...
39:00Si tu contactes aussi ceux
39:02qui savent faire.
39:02Par exemple, tu parlais de Londres.
39:05Non, mais en tout cas,
39:06l'accessibilité et l'accessibilité,
39:07c'est simple aujourd'hui.
39:09Tu références tous les établissements
39:11qu'il y a qu'un du public,
39:12tu regardes ceux qui répondent
39:14aux normes d'accessibilité
39:15dite universelle.
39:17Admittons que t'en as 500 000.
39:18S'il y en a 250 000,
39:20ok, les 250 000,
39:21ça coûte un peu d'argent.
39:22Tu fais ton audit
39:23et puis ensuite,
39:24tu dis, ok,
39:25il va falloir faire des économies.
39:26Parce qu'on est quand même
39:27un État très dépensier
39:28depuis très longtemps
39:29où on a des plus grosses impositions.
39:31Et bien, va là où, justement,
39:32on gâche de l'argent
39:33ou j'ai de l'argent par la fin.
39:34Donc moi, président,
39:35je ferai ça.
39:36Je ferai des économies.
39:37De toute façon,
39:38je n'aurai pas le choix.
39:39J'irai chercher de l'argent
39:40où il y en a
39:41parce qu'il y en a.
39:42Visiblement, oui.
39:43Visiblement.
39:43Et puis, je sanctionnerai.
39:48Oui, ceux qui,
39:50de manière active, discriminent.
39:51Ceux qui refusent.
39:53Les fameux taxis.
39:55En fait,
39:55toutes les corporations,
39:56tous les établissements
39:57recevant du public.
39:58Alors,
39:58pas de la même manière,
39:59un petit commerçant
40:00qui a quatre tables
40:01dans son restaurant
40:01et qui, s'il devait mettre
40:02des toilettes handicapées,
40:03d'un coup,
40:03on n'en a plus qu'une
40:04et qu'en gros,
40:05il ferme son restaurant.
40:06Il y aura des financements
40:08pour ceux qui ne peuvent pas,
40:09des aménagements,
40:10du bon sens aussi.
40:12Il y a une petite place.
40:13Moi, j'ai habité à Paris
40:14pendant quasiment 40 ans.
40:15Il y a une petite place
40:15où il y a cinq restaurants.
40:17C'est des petits restaurants.
40:18Donc, les toilettes,
40:19ça aura des conséquences directes.
40:21Mais moi,
40:21il n'y a pas de problème.
40:22Faites-moi.
40:22Il n'y a pas la piscottière dégueulasse
40:24de la mairie de Paris
40:25au bout d'un moment.
40:25Un truc où juste,
40:27vous quatre avez la clé,
40:27vous investissez chacun
40:28quelques milles d'euros,
40:29des belles toilettes
40:30que vous mettez
40:31dans le coin de la place,
40:32validées évidemment
40:33avec la mairie et la préfecture,
40:35pour qu'on ait cette solution-là.
40:36Ou alors,
40:37faites un partenariat
40:38avec le restaurant d'à côté,
40:39dans la rue d'à côté
40:40qui, lui,
40:40est accessible en disant
40:41enfin,
40:42trouvez-nous des solutions.
40:43Rendez notre vie plus facile.
40:45Tu sais ce que je veux dire ?
40:46C'est-à-dire que ce n'est pas
40:46d'être en permanence
40:47à anticiper, à craindre.
40:48Mais là, tu dois compter
40:48sur la bienveillance des gens
40:49et sur un peu d'humanité.
40:51Et ça...
40:52Tu me nourris,
40:52si je t'ai optimiste,
40:53je veux y croire.
40:55Sinon, j'arrête tout.
40:56Sinon, j'arrête tout.
40:56Je m'enferme.
40:58Tu sais,
40:58t'as des enfants.
40:59Moi, je peux les bouffer
41:00toute la journée.
41:00Ça me rend bien plus heureux
41:01que quoi que ce soit d'autre.
41:03Mais je le fais
41:04parce que je sais la réalité,
41:05encore une fois,
41:05de ce que vivent les gens au quotidien.
41:07C'est quelque chose
41:08qui, moi, viscéralement,
41:08me met en colère,
41:09me fait mal.
41:11Et parce que j'ai envie de croire
41:12qu'on n'a pas encore
41:13utilisé toutes nos cartouches.
41:14Mais peut-être la prochaine,
41:16c'est la révolution.
41:18C'est la désobéance civile,
41:19c'est bloquer un périph,
41:21c'est d'interrompre
41:21une séance à l'Assemblée,
41:22c'est...
41:23Alors, peut-être pas
41:24ce qu'on fait dans les années 70,
41:25les Américains qui...
41:25Tu fais un appel à la révolution.
41:27Ouais, je fais...
41:28Mais je fais un appel à la révolution.
41:29Mais t'es là-dedans, vraiment ?
41:30Bah là, en tout cas,
41:31tu vois bien, dans ces derniers temps...
41:32T'es dans cette colère-là ?
41:33En fait, je laisse plus passer.
41:33J'aurais pu porter plainte
41:35des milliers de fois dans ma vie
41:35des mecs en fauteuil pour discriminer.
41:36Non, mais je pense que...
41:37Aujourd'hui, la plupart du temps,
41:40soit je me suis fait plaisir,
41:41j'ai défoncé la personne,
41:42alors, verbalement,
41:44et je me suis dit, bon,
41:45dans le karma,
41:46on est au moins égalité,
41:47ou je l'ai remis la tête dedans
41:48alors que la personne,
41:49tu vois,
41:49s'était très mal comportée.
41:51Soit, de manière très précise,
41:52ah, tu veux pas que j'entre là ?
41:53Il n'y a pas de problème.
41:54Eh ben, je portais plainte,
41:55parce que t'as pas le droit de faire ça.
41:56Ah, tu t'adresses comme ça devant moi
41:58en sortant de l'avion
41:59en me disant, monsieur,
42:00mettez votre ceinture à moi.
42:01C'est beaucoup d'énergie.
42:01Je sors de l'avion,
42:02je reviens de vacances
42:03avec ma femme et enfant,
42:04je suis dans l'avion, moi,
42:04je me mets sur mon fauteuil
42:05dans un petit bus
42:06qui emmène des personnes âgées,
42:08des personnes handicapées,
42:09et leurs accompagnants.
42:10Moi, on démarre pas
42:11tant que j'ai pas mis ma ceinture,
42:12donc le mec me met ma ceinture,
42:13comme un enfant.
42:14Et là, je lui fais, attendez,
42:14mais j'ai pas...
42:24C'est quoi l'image que vous renvoyez
42:25à mes enfants ?
42:27C'est-à-dire que moi,
42:27je suis le papa
42:30qu'on traite différemment,
42:31qu'on surprotège,
42:33à qui on laisse pas le choix.
42:34Alors, les gens ont mis leur ceinture
42:35en me regardant un peu gêné
42:36et compagnie,
42:37et le mec, en sortant,
42:37je lui fais,
42:39insurgez-vous contre ce protocole
42:40qu'on vous impose ?
42:41Cette infantilisation permanente
42:42de la personne handicapée.
42:43Et encore, il s'est adressé à moi.
42:45Nom de deux fois,
42:45on m'a pas adressé la parole à moi.
42:46T'imagines,
42:47on est tous les deux comme ça,
42:48on va se boire un verre.
42:49Il veut boire quoi ?
42:51Ta mère, il veut boire
42:52ce que tu vas lui demander
42:52qu'il boit ?
42:53Je suis là.
42:54Je suis là.
42:55Et quand bien même,
42:56t'aurais l'impression
42:56que j'ai un handicap mental,
42:58une déficience.
42:58Parle-moi.
42:59Parle-moi, au pire,
43:00la personne à côté,
43:01elle te répondra
43:02si vraiment je suis dans la capacité
43:03de faire arrêter, madame,
43:04de me couper, ça me rend fou.
43:07Mais en même temps,
43:07t'es tellement bavard, j'avoue.
43:09Je suis très bavard.
43:09Non mais je voudrais pas
43:10faire de boulettes du coup, Vanessa.
43:12Choisissez.
43:13Non, non, non, vas-y, vas-y.
43:14On partage, on partage.
43:16Oui, mais aucune allergie,
43:17c'est ça que je voulais savoir.
43:17Non, non, non, c'est bon, là.
43:18Pas d'allergie.
43:19Alors ?
43:20Moi, je veux bien la framboise.
43:21Ok.
43:22Moi, je préfère la framboise,
43:23mais c'est pas grave.
43:24D'où le partage.
43:24D'où le partage.
43:25D'où le partage.
43:25D'où le partage.
43:27C'est très bien.
43:28Allez, je reviens.
43:28Merci.
43:29Et si on aime pas le café,
43:30on boit quand même, c'est ça ?
43:32Ah, vous préférez un thé ?
43:33Un petit thé.
43:33Vous savez, je vis en Angleterre.
43:34Je vais chercher ça tout de suite.
43:37Et bien, c'est pas gagné quand même.
43:41Si toi, t'arrives à subir des discriminations comme ça,
43:43mais je me dis, c'est vrai,
43:46une personne ordinaire, entre guillemets,
43:49parce que c'est ça, en fait, l'enjeu,
43:50c'est des gens ordinaires, en fait.
43:52Et qu'est-ce qu'ils font, ces gens-là ?
43:54Il y a le phénomène d'autocensure.
43:55En fait, ils sortent pas de chez eux.
43:56Ah oui, bien sûr.
43:56En fait, ils sortent pas de chez eux.
43:57Oui.
43:58À partir du moment, on te regarde différemment.
44:00À partir du moment, on te dit,
44:01là, t'as pas le droit d'aller.
44:01Là, t'as peu de chance d'y accéder.
44:02Et là, il vaudrait mieux plutôt avoir une allocation
44:04qu'espérer un jour être autonome
44:05grâce aux fruits de ton travail.
44:07Que là, la vie intime, écoute,
44:08tu vois bien, personne équipée,
44:10c'est déjà bien que vous ayez quelques copains.
44:13Là, tiens, on a des cinémas maintenant accessibles.
44:15Par contre, c'est tout en haut, tout en bas.
44:18Soyez contents.
44:19Mais en fait, on est des objets de soins.
44:20Donc, à un moment, qu'est-ce que tu fais ?
44:21Tu veux pas prendre le risque de t'embrouiller.
44:22Tu veux pas souffrir.
44:23Donc, tu restes chez toi.
44:24Tu t'enfermes.
44:25Donc, tu passes à côté de ta vie.
44:27Il faut passer dans une société du care, du soin.
44:28Tu as raison.
44:29Donnons le pouvoir aux femmes.
44:30Par exemple, vous ferez des conneries comme les hommes aussi,
44:33au bout d'un moment.
44:34Oui, c'est le pouvoir qui monte à la tête et tout, bien sûr.
44:37C'est le pouvoir, c'est le pouvoir.
44:37Peut-être moins quand même.
44:37Peut-être moins.
44:38Mais non, mais peut-être qu'on serait dans...
44:39Après, je suis pleine de clichés quand je dis ça.
44:41Mais on serait peut-être dans une société du soin.
44:43En tout cas, il y a une bonne nouvelle
44:44dans l'héritage des Jeux olympiques et paralympiques,
44:47c'est qu'on a une présidente
44:49au Comité national olympique sportif français,
44:51Amélie Lacastera,
44:52et qu'on a une présidente du Comité paralympique
44:54et de l'Agence nationales sport,
44:55qui est Marie-Amélie Le Fur.
44:57Et ça, moi, je pense,
44:58alors pour travailler notamment avec Marie-Amélie Le Fur,
45:01mais aussi avec Amélie Oudé Lacastera,
45:02main dans la main,
45:03depuis de nombreuses années,
45:04ça, je pense que c'est une très bonne chose.
45:06Il y a ce côté-là.
45:07C'est encore très cliché de dire ça,
45:09mais peut-être que notre société a besoin
45:12de ce maternage,
45:14d'être pris par la main et d'être un peu dans...
45:16Toute, t'es la révolution.
45:17Moi, j'ai rien contre les câlins.
45:18J'aime bien qu'on me fasse des câlins,
45:19qu'on soit un garçon ou une fille.
45:20D'ailleurs, n'importe qui peut me faire des câlins,
45:22mais moi, je veux surtout qu'on nous traite comme les autres.
45:27Tu vois qu'à un moment,
45:28on arrête de nous traiter différemment,
45:30que quand on vient nous voir, on se dise...
45:31C'est pour ça que t'es très pote avec Artus, d'ailleurs.
45:33Ça, oui, c'est sûr.
45:34On a un rapport extrêmement sain par rapport à ça.
45:36Et dans l'humour,
45:38et avec Alexandre Boyon.
45:42Alexandre Boyon, avec qui t'étais au commentaire.
45:44À une différence près.
45:45C'est qu'Artus, lui,
45:47a créé son personnage de Sylvain T1.
45:50On a fait un film
45:51et fait des sketchs sur le handicap tous les jours.
45:53Alexandre Boyon,
45:55qui est un mec à mourir de race,
45:57que j'adore,
45:58avec qui j'ai commenté les jeux de Sochi,
46:00en off, faisait les blagues les plus drôles
46:02sur le handicap,
46:03sur les différentes pathologies des athlètes,
46:04où lui, on se marrait,
46:05c'était une battle permanente.
46:07Mais le seul qui le faisait à l'antenne,
46:08c'était moi.
46:09Bien sûr.
46:09De peur,
46:10de se faire défoncer.
46:11D'ailleurs, c'est ce qui s'était passé à cette époque-là.
46:13Il y avait eu Patrick Montel,
46:17Patrick Montel,
46:18qui avait fait une phase sur un athlète double amputé,
46:20sur du biathlon,
46:21où il était au bout de sa vie.
46:22Il dit,
46:23tant que ça s'arrête,
46:24ils en ont plein les bottes.
46:25C'est une expression.
46:26Sauf que les gens ont dit,
46:27il n'a pas de bottes ou de l'amputer.
46:28Donc, le soir,
46:29TPMP ou Quotidien disent,
46:32dérapage encore des commentateurs de France Télévisions.
46:34Et moi, j'avais fait une blague
46:35sur un athlète double amputé des bras,
46:36qui avait loupé une porte,
46:37et qui était comme ça,
46:38avec ses moignons un peu désespérés.
46:39Je fais, ah là là là là,
46:40il a loupé la porte,
46:41les bras lui en tombent.
46:42Moi, j'étais très fier de ma blague,
46:43mais on a le droit de blaguer là-dessus.
46:45Et donc, il y a encore, quand même,
46:46quelques humoristes.
46:47Je pense à Artus,
46:49je pense à Philippe Cavrivière,
46:50à Paul de Saint-Sermain,
46:51je pense à Nino, aussi.
46:53Donc, à Jarry,
46:55qui, eux,
46:55sont très à l'aise avec ça
46:56et en ont fait un vrai sujet
46:57pour banaliser la différence, justement.
47:00Mais t'en as encore
47:01qui s'autocensurent,
47:01qui n'assument pas.
47:02Après, c'est pas le même métier
47:03d'être journalistes,
47:04sportifs ou pas,
47:05et humoristes.
47:06Mais c'est eux qui ont raison.
47:08Artus, artiste.
47:08Je ne sais pas,
47:09c'est ce que tu demandes.
47:10C'est ce que je demande,
47:11mais tu sais, le parallèle avec Artus,
47:12c'est ce qu'il a dit récemment
47:14dans une interview,
47:15c'est le combat que j'ai fait,
47:16que j'ai eu, moi,
47:16pour les Jeux paralympiques
47:17et le non-héritage,
47:19c'est exactement ce qu'il a fait
47:20quand, lui,
47:20il a créé sa fondation
47:22au lendemain de la sortie
47:23de son film
47:24pour permettre
47:25à des personnes
47:27handicapées mentales
47:27d'accéder, justement,
47:29dans des villages de vacances
47:30et d'organiser ça.
47:31Il dit, bah,
47:31s'il avait eu même un centime
47:33par personne qui a vu mon film,
47:34on serait très riche.
47:35Les dons, ils ne suivent pas.
47:36Donc, en fait,
47:37le passage à l'action
47:37ne se fait pas.
47:39Donc, on crée de l'émotion.
47:40T'as quasiment un français sur deux
47:41ou sur trois ou quatre,
47:42qui a vu ce film-là,
47:43c'est génial.
47:44Je crois vraiment que ça a changé
47:45la place des personnes
47:45qui a paiement mal dans la société.
47:46C'est la transformation.
47:47Comment on transforme l'essai ?
47:49Et ça, vu que
47:50on ne peut pas compter
47:51sur l'État tout seul
47:51et sur les pouvoirs publics,
47:53chaque individu,
47:54toi, moi, nous tous,
47:55comment on fait ?
47:55Voilà, je vous ai trouvé un petit thé.
47:57Ah, bah, super.
47:58C'est beaucoup.
47:59Premier degré.
48:02Vanessa, je n'ose pas vous porter l'addition
48:03parce que vous n'avez tellement rien mangé.
48:05C'est pour moi.
48:05Ouais, c'est pour moi.
48:07Soyez au moderne.
48:09T'es blindé de toute façon.
48:10C'est un tennisman, qu'est-ce que tu crois ?
48:12Il faut que je vous raconte un.
48:13Je suis désolée.
48:14Oui, elle est un peu...
48:15Elle me fait peur.
48:16Il est parti ou il est encore là ?
48:18Il est encore là.
48:19Il nous attend,
48:20mais du coup, il n'a pas osé
48:21parce qu'avec ce qu'il vient de me raconter,
48:22il s'est dit,
48:22ça risque de chauffer en rentrant.
48:24En fait, vous êtes trois frères.
48:26Ouais.
48:26Et vous avez commencé à dormir tous les trois
48:29dans la même chambre.
48:30Ensuite, bon, il y a eu un peu plus de moyens.
48:32Vous êtes mis à dormir avec Benjamin, votre frère,
48:33qui a six ans,
48:34sept ans de moins que vous.
48:36Cinq ans de moins que moi.
48:37Cinq ans de moins que vous.
48:38Et ce qu'il a, Benjamin,
48:39c'est qu'il a la chance d'avoir le lit
48:41au plus près de la fenêtre.
48:42Donc, l'été, quand il fait chaud,
48:43qu'est-ce qu'il fait, Benjamin ?
48:44Il loue le lit.
48:46Ah !
48:47Mais non.
48:48Mais oui, il lui loue le lit.
48:49Et qu'est-ce qu'il fait, Michael ?
48:51Et la générosité ?
48:53C'est pour ça que je me suis dit, il va payer.
48:55Bah, moi, je loue.
48:56Vous avez loué ?
48:57Je loue.
48:58Mais non, mais c'est extraordinaire.
48:59Mais ton frère, il fait quoi, maintenant ?
49:00Mais il bosse avec moi.
49:01Bah, t'as bien fait.
49:03Il est directeur d'Andiamo,
49:05qui est une des boîtes qu'on a créé d'ailleurs
49:06avec un ami à nous et mon grand frère,
49:08qui gère la carrière de sportive de haut niveau paralympique,
49:11qui fait la sensibilisation handicap par le sport
49:14pour des entreprises et collectivités.
49:15Bon, bref.
49:16C'est très intéressant, parce que tu vois,
49:17quand tu parles de transformation...
49:18Ah bah, l'engagement, lui, il m'a connu valide jusqu'à ses 13 ans,
49:22parce que moi, je m'accident qu'il avait 18 ans.
49:23Aujourd'hui, donc, il est directeur d'Andiamo.
49:25Il est directeur du French Riviera Open.
49:27Donc, moi, je suis président fondateur,
49:28mais c'est lui qui dirige le tournoi.
49:29Il s'occupe aujourd'hui, comme mon bras droit,
49:32de tous mes enjeux un peu juridiques, administratifs et comptables.
49:37Et de l'un de côté, mon grand frère,
49:38lui, il a ses différentes entreprises,
49:41notamment dans la collecte de fonds face à face de rue pour des ONG.
49:44Et bon, il fait un certain nombre de choses.
49:45C'est un pionnier dans le monde de l'entrepreneuriat social.
49:48Mais on a créé une association comme les autres, tous les deux,
49:50que lui co-dirige.
49:52Et on a fondé Andiamo, notamment, aussi.
49:55Donc, oui, c'est parti d'un bon business où, en gros, il ne lâchait rien.
50:01Donc, moi, j'avais vraiment chaud, donc je raquais.
50:03Mais à cette époque-là, j'avais moins les moyens.
50:05Et puis, maintenant, il continue à me prendre mon truc.
50:07Mais bon, là, il bosse.
50:08Là, il le mérite.
50:09Là, il bosse très dur.
50:10Vous avez même oublié qu'il a été votre entraîneur, aussi.
50:12Et durant les déplacements, au lieu de prendre deux chambres,
50:15vous ne prenez qu'une chambre.
50:17Parce que c'est resté.
50:19C'est là où vous êtes comme les 30 ans de la main, cette famille.
50:22Mais d'ailleurs, on ne prenait même pas deux.
50:23Un seul lit !
50:24Oui, un seul lit, parce que c'est toujours mieux de dormir avec quelqu'un.
50:26Après, c'est pas que tu dors avec ton fils.
50:28C'est normal, en fait.
50:28Moi, j'ai toujours besoin de dormir avec quelqu'un.
50:30Donc, quand j'étais avec mon petit frère en tournant...
50:32C'est au Japon qu'ils font ça.
50:33Ils dorment ensemble.
50:33Bah, voilà.
50:34Moi, mon rêve, c'est d'avoir un lit de 3 mètres sur 3 mètres
50:36pour dormir avec mes deux enfants.
50:37Parce qu'après, c'est que dans un 160,
50:39avec un 3, ça dirait que moi, c'est un peu...
50:41Il aurait pu vous en vouloir un, quand même, Benjamin,
50:43parce que vous avez voulu faire son éducation cinématographique
50:46et vous lui avez collé à 7 ans Orange Mécanique.
50:49Ah, OK. J'ai peur qu'il raconte l'autre.
50:50D'accord, j'ai d'accord.
50:51Non, mais...
50:52Ouais, alors, c'était une impression.
50:54Mais effectivement, Orange Mécanique, à 7 ans,
50:55je me suis dit qu'aujourd'hui, je comprends mieux
50:58les troubles qui l'accompagnent.
51:01Le truc, c'est que Benjamin, il a deux grands frères.
51:02Donc, 5 ans de plus, moi, et 7 ans, John, le grand frère.
51:05Et ce qui est vrai, c'est qu'il a grandi trop vite
51:06parce que son accident...
51:07Mon accident, ça, c'est l'absurde révélateur,
51:10il a quand, lui, il va faire sa crise d'adolescence.
51:12J'ai 18 ans, il a 13 ans, il peut pas faire sa crise d'adolescence.
51:14Il est bien plus grave à la maison.
51:16Donc, il a été mon aidant pendant plusieurs années.
51:19Quand je déménage à 26 ans, mon petit frère
51:22vient s'installer avec moi pendant 6 mois dans mon appartement.
51:24Et quand je change d'entraîneur à cette période-là,
51:27et bien, lui, il met tout de côté.
51:29Il devient mon entraîneur pendant 5 années, en deux fois.
51:31Et d'ailleurs, ce qui est une scène qui est la plus émouvante,
51:34et il aime bien que je lui rappelle, c'est...
51:35On est à Rio.
51:36C'est mon dernier match de ma carrière.
51:38Je perds 7-6 au 3ème en double contre les Japonais,
51:41et c'est fini.
51:42Donc, ma carrière est terminée.
51:43Moi, je suis soulagé.
51:44Et puis, voilà, je sais pourquoi j'arrête ma carrière.
51:46Il y a toute ma famille qui est là.
51:48Et tout le monde est soulagé et heureux
51:50qu'on va se retrouver et tout.
51:51Et en fait, je trouve pas deux personnes.
51:52Je trouve pas Cédric,
51:53qui est un de mes meilleurs amis
51:54qui est en fait roulant lui aussi
51:55et avec qui j'ai fondé le French Open,
51:58et mon petit frère.
51:59Parce qu'eux, à ce moment-là, c'est la fin aussi
52:02de cette vie et de ce partage-là,
52:04d'avoir fait le tour du monde,
52:04d'avoir un mité triple là-dessus,
52:06de ce qui nous faisait qu'on avait une relation exclusive.
52:08C'est des années où, en fait,
52:09je vis avec mon petit frère.
52:10C'est la personne que je vois plus
52:11que n'importe quel être humain.
52:13Donc, on a vécu quelque chose de fusionnel,
52:14au-delà d'être dans le même lit.
52:16Et c'est un moment magique.
52:17Quand il vient et je le regarde,
52:18il n'y a pas de mots.
52:19Je le prends, il s'assoit sur moi,
52:20je le prends dans les bras.
52:21Moi, je cache mes larmes parce que voilà,
52:23je sais tant que je lui reprenne.
52:24Bref, on est émus.
52:25On est émus parce que c'est la fin
52:26de quelque chose d'assez unique.
52:27Alors, il y a une histoire
52:28que je n'ai pas trop compris.
52:30Qu'est-ce que vous faisiez
52:31quand vous étiez enfant
52:32sur la chanson La Bamba ?
52:35Ben oui, j'aurais été étonné que...
52:37Je peux vous montrer.
52:38Ça dépend l'heure d'écoute de votre émission.
52:41Sinon, décrivez-nous bien, peut-être.
52:43Qu'est-ce que c'est ?
52:44Attends, attends, attends, mais...
52:44Le montage d'être un garçon, Vanessa,
52:46c'est que quand tu n'as pas de guitare
52:47et que tu veux faire de la guitare...
52:49Non, mais tu ne vas pas dire ça,
52:50tu ne vas pas dire ça, tu ne vas pas dire ça.
52:52Et donc, baila baila à La Bamba
52:54avec mes frères, tout nus, face à...
52:56Avec mon ventre !
52:57Oui, avec mon ventre.
52:58Mon bas du ventre, voilà.
52:59Avec le zizi.
53:00Avec le zizi, le zizicopter, évidemment.
53:02Ben évidemment.
53:03Ah là là, mon Dieu !
53:03Mais oui, il doit être très bien.
53:04Vous savez quoi ?
53:05En fait, la note, elle est pour vous
53:07parce que ça fera de l'argent en moins à votre frère.
53:10Exactement.
53:10Tiens, chef.
53:11Moi, j'en ai, moins qu'on en a.
53:13Je suis désolée.
53:14Bon, ça va, j'ai eu très scripteur.
53:15Il y a encore plein d'autres dossiers, mais...
53:17Non, mais c'est incroyable.
53:18Elle connaît tout le monde.
53:19Elle a tout...
53:20C'est fou.
53:21Je n'ai pas de stylo.
53:22J'aurais bien aimé que tu me le dédicaces.
53:23Tu vois, regarde.
53:24Tu m'as mis plein de petites annotations.
53:26J'ai...
53:27C'est quoi ton passage préféré ?
53:29A Milo Lino et Oscar Ito.
53:32Je le dédie à mes enfants.
53:33Ah.
53:34Oh, c'est beau.
53:35Non, c'est mignon.
53:36Bonne chance, Michael Jeremias.
53:37Merci.
53:37Merci.
53:38Je vais vous dédicacer aussi.
53:41Merci.
53:41Merci.