00:0611 octobre 2006, à Zoufgen, à quelques dizaines de mètres de la frontière luxembourgeoise,
00:13deux trains entrent en collision frontale. Un TER reliant Luxembourg à Nancy et un train de
00:18marchandises circulent alors sur la même voie, en sens inverse. Ce jour-là, une des deux voies
00:25est neutralisée pour des travaux. Les deux convois, lancés à près de 80 km heure, se
00:31retrouvent face à face. Le bilan est lourd, 6 morts, 4 français et 2 luxembourgeois, dont
00:37les deux conducteurs. 16 personnes sont blessées et des centaines de sauveteurs français et
00:43luxembourgeois sont mobilisés. 20 ans plus tard, les images sont toujours là.
00:49Le petit cabanon qu'on voit en arrière-plan révélait plus ou moins le lieu de l'accident.
00:56Il avait d'ailleurs servi aux pompiers pour dresser un certain nombre d'échelles et pour
01:01accéder au toit du TR afin de procéder aux opérations de désincarcération. Quand on
01:06revisite les lieux qu'on n'a plus vus depuis une vingtaine d'années, les souvenirs remontent
01:12à la surface. Ce 11 octobre 2006, Bernard est chez lui. Il est alerté par un collègue et
01:18se rend sur place peu après le drame.
01:20Je suis allé sur place à reculons. Je ne suis pas un grand amateur de ce style d'accident,
01:26mais j'estimais que c'était dans mon devoir d'aller voir de moi-même, de mes propres
01:30yeux, ce qui s'était passé. Quand on voit un tel spectacle, on nous ressort marqués,
01:35on nous ressort vraiment choqués. Et vingt années après, j'ai encore ce souvenir de
01:41cette houle froissée et je pense toujours aux victimes de cet accident.
01:44Deux trains imbriqués l'un dans l'autre, des secours qui s'organisent et des victimes
01:49à dégager des carcasses métalliques. Pour cet ancien cheminot, qui a lui-même travaillé
01:55dans le domaine de la sécurité ferroviaire, la scène est difficile à concevoir.
01:59La première réaction, c'est l'incrédulité. Parce que sur ce tronçon de voie, il y a des
02:04installations, qu'on dit installations de sécurité, qui concourent justement à ce
02:09qu'un tel accident soit totalement impossible.
02:12L'enquête franco-luxembourgeoise rend ses conclusions en février 2009. Elle retient comme
02:17cause directe une erreur humaine. Le conducteur du TER a été autorisé à franchir un signal
02:22fermé, sans que les vérifications réglementaires aient été effectuées au préalable.
02:26Dans un deuxième temps, l'agent du Luxembourg s'est rendu compte de son erreur. Et comble
02:32de malchance, il a essayé de prendre toutes les mesures pour arrêter les deux trains.
02:37Mais comme les deux trains se trouvaient dans la périphérie de la frontière et que les
02:41systèmes ne sont pas tout à fait les mêmes, il a essayé de déclencher ce qu'on appelle
02:45l'alerte radio pour arrêter tous les trains sur la zone. L'alerte radio n'a pas été
02:50déclenchée ou est intervenue trop tard. Il a essayé de faire couper le courant sur
02:55la zone, mais il a des problèmes pour joindre son homologue français qui pouvait couper le
03:01courant sur la zone. Il a essayé de passer des coups de fil, mais impossible de joindre
03:05le poste français suite à des lenteurs sur le réseau téléphonique. Donc on a vraiment
03:11joué de malchance. Il y a eu des concours de circonstances qui expliquent aussi cet accident.
03:1620 ans après, le souvenir de cette journée reste associé à l'une des catastrophes ferroviaires
03:22les plus meurtrières de la région.
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