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  • il y a 6 minutes
Le bâtiment Censive de l'université de Nantes a été évacué par les forces de l'ordre, ce samedi 10 octobre, a indiqué le préfet de Loire-Atlantique dans un communiqué. Depuis quatre jours, les lieux étaient illégalement occupés par des étudiants qui souhaitaient revendiquer leur soutien aux manifestations lycéennes. Une fois les locaux libérés, des dégradations importantes ont été constatées. Carine Bernault, présidente de Nantes Université fait le point. 

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Transcription
00:00Karine Berneau est en direct avec nous. Bonjour Madame la Présidente de Nantes Université.
00:04Merci d'accepter notre invitation.
00:07Votre réaction d'abord, avant qu'on en vienne à l'état des lieux précis, je dirais, des dégradations au
00:12sein de votre université,
00:13votre réaction à ce qui s'est passé après 4 jours d'occupation de locaux au sein de l'université
00:18de Nantes, ces dégradations, ces tags, etc.
00:23Bon écoutez, j'ai pas de mots à part l'écœurement, la colère aussi.
00:29Je dois le dire parce que c'est un bâtiment qui est fait pour des cours, pour des activités administratives
00:35et qui a été saccagé.
00:36Vraiment, je pense qu'il n'y a pas d'autre mot. Les images parlent d'elles-mêmes et il
00:41n'y a rien qui peut justifier ça.
00:42Je pense qu'il faut vraiment dissocier ce qui s'est passé dans ce bâtiment du mouvement de la jeunesse
00:47sur des revendications, me semble-t-il,
00:49qui peuvent être légitimes à bien des égards. Mais là, ce qu'on a vécu, c'est autre chose. Et
00:53il faut vraiment faire la part des choses, me semble-t-il.
00:55– Les dégâts, on les aperçoit derrière vous, madame la présidente de Nantes Université.
01:00Quelle est l'ampleur de ces dégâts ? On a l'impression que certains locaux, certaines salles sont littéralement saccagées.
01:07– Oui, je vous confirme, c'est le bon mot. Le bâtiment a été saccagé. Là, on a récupéré, nous,
01:13l'accès au bâtiment il y a seulement quelques heures.
01:16Donc on est en train, en fait, de faire le tour pour prendre la mesure de ce qui s'est
01:21passé dans ce bâtiment, des travaux à réaliser,
01:24du coût que ça va représenter, du temps que ça va prendre aussi. Parce qu'il faut se dire que
01:28là, pendant des semaines,
01:30probablement, il ne pourra pas y avoir d'activité dans ce bâtiment. Donc ça veut dire des milliers d'étudiants
01:35et de nombreux collègues
01:36qui vont être entravés dans leurs études, dans leur travail, à cause de ces personnes qui se sont octroyées le
01:44droit d'occuper ce bâtiment
01:46et de le saccager pour une cause, honnêtement, que je ne parviens pas à comprendre. Je ne sais pas vous
01:50dire ce qui peut justifier.
01:51Alors pour moi, c'est injustifiable ce qui s'est passé dans ce bâtiment.
01:53L'évaluation des dégâts a commencé. Pour l'instant, vous diriez que ça se chiffre à combien ?
02:01C'est très difficile à dire. Comme vous le disiez, on n'a pas le recul suffisant. Mais on est
02:05sur plusieurs centaines de milliers d'euros.
02:07À un moment où, vous le savez, les universités sont dans une grande difficulté financière.
02:12Et donc plusieurs centaines de milliers d'euros, c'est autant d'argent qu'on n'utilisera pas pour accompagner
02:16nos étudiants,
02:17pour recruter des collègues. Donc l'impact, en fait, il est directement pour la communauté universitaire.
02:23C'est catastrophique.
02:24Ce sont des étudiants de votre université qui ont saccagé, parce qu'il n'y a pas d'autre mot,
02:29ces locaux ?
02:33Non, je ne peux pas vous dire en fait qui était présent et qui vraiment a procédé à ces opérations.
02:39Moi, je n'ai pas de visibilité. Vous savez, quand le bâtiment a été occupé, on a voulu demander de
02:43mon équipe.
02:44Il y a une intrusion de personnes extérieures à l'université dans vos locaux.
02:49Mais c'est le moment qu'on est en train de vivre. C'est le moment qu'on est en
02:52train de vivre.
02:53Ce que je voulais vous dire, c'est qu'on a voulu accéder au bâtiment une fois qu'il a
02:57été occupé.
02:57Des membres de mon équipe ont voulu se rendre sur place. Le bâtiment était barricadé.
03:01Et on nous a interdit d'entrer dans le bâtiment.
03:04Alors que j'ai la responsabilité, en tant que président de l'université, d'assurer la sécurité des personnes qui
03:09sont dans nos bâtiments.
03:10Je n'étais pas en capacité de le faire. Et très vite, la situation s'est dégradée.
03:13Il faut prendre la mesure quand même de ce qui s'est passé.
03:16Il y a un étudiant, par exemple, un élu étudiant, qui a été menacé de mort avec un couteau.
03:22Il y a des comportements à risque dans ce bâtiment.
03:24Pas la nuit dernière. Parce qu'il n'était sans doute pas considéré comme étant digne d'être présent dans
03:32ces locaux.
03:32Je ne vais pas vous en douter parler à la place des personnes qui ont formulé ces menaces.
03:36Mais je fais ce constat. Pas la nuit dernière, mais la nuit précédente.
03:39On a eu des comportements à risque. Les secours ont dû venir.
03:42Des collègues ont dû venir sur les lieux pour voir ce qui se passait.
03:44Moi, j'étais extrêmement inquiète.
03:47Un bâtiment, en fait, qui est sur plusieurs étages, par sa configuration, il pouvait y avoir des chutes.
03:51Il y aurait pu y avoir des blessés. Il y aurait pu y avoir des morts, en fait.
03:55C'est extrêmement inquiétant.
03:57Et encore une fois, je veux vraiment insister.
03:59Il ne faut pas amalgamer ce qui se passe dans ce bâtiment avec le mouvement qui est en cours.
04:04Il faut vraiment faire la part des choses.
04:05On sait que quand il y a des mouvements qui peuvent être lits...
04:08C'est extrêmement inquiétant et hallucinant ce que vous nous racontez.
04:12Pardon, mais je rebondis sur vos propos.
04:14Vous êtes la présidente de l'université.
04:16Et pendant quasiment quatre jours, vous n'avez pas eu la possibilité d'accéder aux locaux qui étaient occupés.
04:22En parallèle de quoi ?
04:23Les forces de l'ordre n'avaient elles-mêmes pas la possibilité de déloger ces occupants
04:28qui, en plus de cela, procédaient à des dégradations, à des actes de vandalisme sans nous.
04:35On les voit derrière vous, encore une fois.
04:37En fait, on a voulu essayer de trouver une solution pour régler le problème.
04:43Et donc, on a proposé que dans le cadre du mouvement qui est en cours, des étudiants qui peuvent légitimement
04:50être mobilisés,
04:51c'est ça aussi l'université, et l'université c'est un lieu de débat, de contradiction, de confrontation d
04:57'idées,
04:57qu'on puisse leur attribuer un lieu pour se retrouver, discuter, ce qui est totalement légitime.
05:03Cette proposition, elle a été rejetée.
05:04En parallèle, la situation s'est dégradée, comme je vous le disais à l'instant.
05:08Et donc, moi, je vous le dis, tel que je l'ai vécu et ressenti, j'ai été contrainte de
05:13faire appel aux forces de l'ordre
05:14parce que ça ne pouvait pas durer.
05:16Vous voyez, au bout de trois jours, l'état dans lequel est ce bâtiment.
05:19Je ne sais pas ce qui se serait passé si ça avait continué.
05:20Il a donc fallu quatre jours pour que les forces de l'ordre interviennent.
05:25Pendant ces quatre jours, les dégradations se sont poursuivies.
05:27Ça, vous savez, c'est estimer la situation.
05:31Moi, je ne vais évidemment pas m'exprimer au nom des forces de l'ordre,
05:34mais voilà, il y avait à évaluer la situation, à estimer la manière dont ça se passait.
05:39Je pense que ce sont des décisions qui ne sont pas faciles à prendre.
05:41Je pense que vous pouvez le comprendre.
05:42On était en extrême grande vigilance.
05:44Moi, depuis mercredi, j'étais en cellule de crise en permanence pour suivre ce qui se passait dans ce bâtiment.
05:49Mais il faut mesurer le moment, en fait, pour que ça se passe le mieux possible.
05:54Et je dis bien pas bien, mais le mieux possible.
05:56Et le fait est que l'évacuation s'est faite dans le calme, qu'il n'y a pas eu
06:00de blessés.
06:00Je tiens aussi à le souligner parce que c'était évidemment, vous vous doutez, une inquiétude.
06:05Et il faut le dire, ça s'est passé calmement.
06:08Aujourd'hui, nous reprenons possession de ce bâtiment.
06:11Et nous allons, avec les équipes, nous mobiliser pour le rendre à nouveau à sa fonction première,
06:17qui est celle d'accueillir des étudiants et des collègues et de faire vivre une université.
06:20Il ne pourrait pas y avoir de cours ni de conférences, ni je ne sais quoi,
06:24dans ces locaux pendant quand même plusieurs jours ou semaines ?
06:29Plusieurs semaines. Plusieurs semaines, certainement.
06:32C'est très difficile aujourd'hui de vous dire exactement.
06:35Encore une fois, on vient juste de rentrer dans le bâtiment.
06:38Mais plusieurs semaines, c'est certain.
06:41Sincèrement, Madame la Présidente, vous dites qu'on vient juste de rentrer dans le bâtiment.
06:44Les premières secondes, quand vous entrez dans ce bâtiment, vous vous dites quoi ?
06:48Vous réagissez comment ? Vous ressentez quoi ?
06:52C'est un choc.
06:54Sincèrement, c'est un choc.
06:55Même si, vous vous en doutez, on s'attendait à ce qu'il y ait des dégradations.
07:00Mais quand on est dedans, c'est très différent.
07:03Surtout que ce bâtiment, moi, je le connais.
07:04Je l'ai vu vivre, je l'ai vu avec des étudiants dans le cadre de ces activités normales.
07:08Et là, le voir dans cet état, c'est un écœurement.
07:11Ça prend au trip.
07:13Vraiment, ça prend au trip de se dire qu'il y a des gens qui sont capables de faire ça
07:18dans une institution publique qui a pour mission la formation et la recherche.
07:22Quel sens ça peut avoir et quelle cohérence ça peut avoir ?
07:25Moi, je ne comprends pas.
07:26Et comme je vous le disais, c'est pour moi vraiment injustifiable et indéfendable.
07:30On me souffle qu'il y a environ un an, une situation similaire s'est déjà produite à l'université
07:35de Nantes.
07:39Pas similaire.
07:40Sincèrement, moi, je n'ai jamais connu ce qu'on est en train de vivre là d'une telle ampleur.
07:45Moi, je n'ai jamais connu ça.
07:47Il y a eu des mouvements, évidemment, à l'université.
07:50Mais encore une fois, il y a des mouvements qui sont légitimes.
07:52Il y a des mouvements qui sont légitimes.
07:54La jeunesse, elle a le droit de s'exprimer et c'est ce qu'elle revendique précisément.
07:58Mais en revanche, ce genre de choses, ça, ce n'est pas légitime.
08:03Vous avez déposé plainte, naturellement, j'imagine, je suppose, ou c'est en cours ?
08:07Bien sûr, bien sûr, bien sûr, bien sûr, évidemment.
08:12J'ai une question qui me revient en tête parce que vous nous disiez qu'à ce stade, vous n
08:17'êtes pas en mesure d'identifier les auteurs de ce saccage.
08:22Est-ce que vous imaginez néanmoins que parmi ces auteurs, il puisse y avoir des étudiants de l'université de
08:29Nantes ?
08:29Et si tel est le cas, quelle sera la réponse de l'université, la sanction plus exactement de l'université
08:34?
08:35Non mais je suis incapable de répondre. Pardon, mais je ne peux pas répondre à votre question.
08:40Je ne sais pas qui était dans ce bâtiment et qui a fait quoi.
08:42Mais si des étudiants de votre université figurent parmi les auteurs de ce saccage, qu'est-ce qui va leur
08:47arriver sur le plan universitaire ?
08:48C'est assez simple. Il y a des procédures qui sont prévues. D'abord, comme on vous l'a dit,
08:57on a porté plainte.
08:58Donc si la plainte conduisait à identifier des personnes qui ont participé à ces opérations, il y aura un volet
09:04judiciaire qui sera lié à cette plainte.
09:06Et puis nous, s'il apparaissait que des étudiants soient identifiés et pris part à ces faits, on a aussi
09:12la possibilité d'engager des poursuites disciplinaires et on le fait de manière systématique.
09:17J'ai une question, madame la présidente de Dante Université. La mobilisation lycéenne et étudiante, adjointe, se poursuit.
09:25Dans les circonstances actuelles, vu ce qui s'est passé dans certains locaux de votre université, vous maintenez quand même
09:31cette possibilité offerte aux étudiants de se rassembler,
09:35de dialoguer dans les locaux avec le risque, avec cette menace qui pèse désormais de dégradation majeure au sein de
09:40votre université ?
09:41— Ça, ça reste à voir, évidemment, au regard de ce qui va se passer dans les jours qui viennent.
09:46Mais encore une fois, moi, je veux vraiment pas faire de confusion entre...
09:51— Est-ce que si après-demain, on vous demande un prêt de locaux, je ne sais quoi, pour discuter
09:55de la suite de la mobilisation, vous allez dire « OK, allez-y, on regarde ce qui vient de se
09:59passer ».
10:00— On examine. On examine la situation. On examine la situation. Je peux pas vous faire une réponse a priori
10:06comme ça. On examine, en fait, toutes les demandes qui nous parviennent,
10:09au regard des locaux disponibles, au regard des personnes qui formulent la demande. Ce sont des étudiants de l'université.
10:15Il n'y a pas de raison, a priori, de refuser.
10:19— Question d'Antoine Oberdorf de l'Opinion, madame. — Bonjour, madame la présidente. Évidemment, on est tous médusés par
10:23la scène de désolation
10:25que vous avez derrière vous, qui est, bon, quelque part entre le squat et la ZAD. Une chose que j
10:31'aurais aimé savoir, c'est y a-t-il des compagnies de sécurité,
10:35des agents de sécurité qui, le jour et peut-être même la nuit, surveillent les établissements dans votre campus ?
10:43— Bien sûr. Nous avons un pôle sûreté. Nous avons un marché avec des prestataires pour assurer la sécurité sur
10:53les campus.
10:53Autant vous dire que ce sont des budgets qu'on n'a pas, qu'on utilise pour faire ce genre
10:57de choses, mais parce qu'on se doit de le faire.
11:00Donc oui, bien sûr. Peut-être pas assez par rapport à ce qu'il faudrait faire. Mais on fait avec
11:04les moyens qu'on a.
11:04Mais oui, oui, on a des collègues qui sont mobilisés. Et je vous assure qu'ils sont vraiment très mobilisés
11:10sur ces questions-là.
11:11Et d'ailleurs, j'en profite pour les saluer et les remercier.
11:13— Merci, Karine Berthaud, présidente de Nantes Université.
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