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  • il y a 9 minutes
"C’est le livre que j’aurais voulu avoir quand j’étais malade." L’anorexie est une maladie m**telle. Justine Becattini, alias Juju Fitcats, évoque son propre vécu dans un livre coécrit avec la psychiatre Cécile Feltin, afin de sensibiliser le public et de partager les solutions existantes. "Guérir de l’anorexie, c’est possible!", publié chez Solar, se présente comme un guide accessible au plus grand nombre, destiné à aider les personnes malades et leurs proches à trouver le chemin de la guérison.

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Transcription
00:00Bonjour, bonjour, alors aujourd'hui je suis entouré de Juju Fidcats, bonjour !
00:06Enchantée, merci de me recevoir !
00:07Pour ce livre, voilà, co-écrit, co-écrit avec le docteur Cécile Feltin, aussi sur les réseaux, je vois.
00:15Oui !
00:15Voilà, psychiatre sans filtre.
00:17Psychiatrie sans filtre.
00:18Psychiatrie sans filtre, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on peut parler de choses, on peut poser
00:22toutes les questions.
00:22Santé mentale de façon assez décomplexée et déstigmatisante.
00:26Exactement, parce qu'en fait, là c'est un livre, Guérir de l'anorexie, c'est possible, qui mêle vraiment
00:32vos regards entre, voilà, Justine, ton expérience...
00:37Si on peut appeler ça une expérience, oui, c'est vrai que j'ai expérimenté l'anorexie, effectivement.
00:42Comment tu le dis ? Parce que j'allais pas dire forcément souffrance, parce qu'en même temps, dans le
00:45livre, tu racontes aussi la manière de s'en sortir.
00:47Oui, non, en fait, c'est une maladie, pour le coup, c'est le nom qu'on peut lui donner,
00:52je pense que t'es tout à fait d'accord avec moi là-dessus.
00:54Et c'est ce qu'on disait, c'est une maladie à la fois au sens propre du terme, mais
00:57en même temps, c'est une maladie hyper sociétale, très propre à notre société particulièrement.
01:03Donc oui, on peut dire qu'on en a souffert, en fait, d'anorexie, parce qu'on en souffre, quelque
01:07part, nous, autant que les proches d'air.
01:09Exactement, et guérir de l'anorexie, c'est possible. On va en parler, franchement, merci beaucoup de pouvoir évoquer ça,
01:15parce que c'est vrai que c'est une thématique
01:18qui demande encore de faire beaucoup de... voilà, de pouvoir en parler, de pouvoir analyser un peu tout ça.
01:25Parce qu'il y a une chose, moi, que je retiens dans votre livre, déjà, à toutes les deux, il
01:29y a une phrase, moi, qui m'a marqué déjà au départ,
01:32c'est cette citation, l'anorexie, c'est dans les premières lignes, la préface presque, l'anorexie détourne tout ce
01:40qui nous fait du bien.
01:41Ça, c'est quand même fort, parce qu'en fait, on se dit, mais normalement, se faire du bien, c
01:45'est oublier, justement, les difficultés du quotidien, tout ça.
01:47Et il y a cette phrase, un repas devient une menace, et c'est vrai que c'est quand même
01:51l'un des plaisirs de la vie.
01:52Et de dire que c'est finalement, quand c'est à ce moment-là, qu'il y a des fois
01:55un repas de famille, c'est là où peut finalement naître cette maladie.
02:01Exactement, en fait, les repas, pour le coup, ça devient une source d'angoisse, de calcul, d'anxiété, le sport
02:10aussi, qui est censé quelque chose qu'on fait majoritairement pour le plaisir,
02:13pour la performance aussi, pourquoi pas, et bien sûr qu'il y aura toujours des séances plus difficiles que d
02:16'autres,
02:16mais globalement, c'est un moyen de se vider la tête, de se faire du bien au corps et à
02:20la santé mentale aussi.
02:21On en parle beaucoup aujourd'hui que le sport aide pour la santé mentale.
02:25Et c'est vrai que quand on souffre d'anorexie, malheureusement, ce qui est censé nous faire du bien, ça
02:28devient une prison.
02:29Et donc le sport, notamment, devient une prison parce qu'on ne fait plus du sport, parce qu'on a
02:33envie de s'amuser et de se sentir bien et de performer.
02:36On en fait parce que c'est tout un tas de calculs, en fait, qui se font dans notre tête,
02:40à savoir qu'est-ce que j'ai mangé,
02:42qu'est-ce que je dois dépenser pour compenser ce que j'ai mangé, parce que là, j'ai craqué,
02:44j'aurais jamais dû.
02:45Donc, en fait, s'il n'y a plus une notion de plaisir, c'est plus une notion d'obligation.
02:49À des contraintes, on fait du sport parce qu'on n'a pas le choix.
02:51C'est ça, c'est complètement ça, on n'a pas le choix.
02:53On n'a pas le choix, pourquoi ? Parce que la maladie, d'une certaine façon, on a l'impression
02:56de la maîtriser à travers un outil qui est le sport.
02:59C'est ça qui fait qu'on est...
03:00Parce que la maladie, en fait, nous contraint à faire du sport, à s'épuiser dans l'activité physique, dans
03:05le contrôle alimentaire, etc.
03:08Et parce que la maladie entraîne une dénutrition, la dénutrition, elle entraîne aussi une perte des capacités cérébrales, cognitives, etc.
03:16Et donc, beaucoup moins de flexibilité.
03:18Et on n'est plus capable de ne pas faire de sport.
03:21On n'est même plus capable.
03:22Moi, j'ai des jeunes en consultation qui sont même plus capables de s'asseoir sur une chaise.
03:26On fait la consultation debout.
03:26S'asseoir sur une chaise, c'est-à-dire, ils rentrent dans votre cabinet...
03:30Et debout, et on tourne debout.
03:32Ils tournent debout pendant la consultation...
03:34Ils n'arrivent pas à s'asseoir.
03:35Sans pouvoir s'asseoir.
03:35Parce que s'asseoir, ça voudrait dire ne pas consommer.
03:39Ne pas consommer, c'est-à-dire...
03:40Ne pas consommer d'énergie.
03:41D'énergie.
03:42Ne pas consommer de calories, en fait.
03:43Et donc, le même, le fait de s'asseoir devient impossible.
03:46Chez certains jeunes.
03:47Chez certains jeunes.
03:48Et ça, c'est des cas, du coup, de consultations qui arrivent assez fréquemment.
03:52Hyper fréquemment pour moi.
03:54Et ça, c'est vrai que dans le livre, il y a cette idée qui ressort aussi de dire
03:58que c'est une maladie autour du contrôle.
04:01Complètement.
04:02Ça, Justine, justement, c'est quelque chose...
04:05Parce que c'était de tes 17 à 20 ans, à peu près, les années d'anorexie.
04:10Et en même temps, je note que tu écris que tu en es sorti vraiment seulement à 27 ans,
04:15selon toi.
04:16Oui.
04:16Parce qu'en fait, j'estime, en tout cas, dans mon expérience personnelle,
04:20il y a eu le cœur de la maladie, où c'était vraiment de plus en plus de sport,
04:25de moins en moins d'aliments que j'ingérais, de plus en plus de kilos qui s'envolaient
04:29aussi forcément avec tout ça.
04:32Et il y a eu ce moment où j'ai quand même compris que ça n'allait pas.
04:35J'ai accepté d'être aidée.
04:37J'ai souhaité mettre des choses en place pour m'en sortir.
04:39Mais en fait, on est tellement dans un contrôle permanent de tout,
04:43chaque chose qui rentre dans notre corps en termes d'alimentation.
04:46On y a réfléchi parfois de longues minutes, voire des heures, en fait,
04:50avant d'accepter de le manger.
04:52Bien sûr.
04:53Quand on estime qu'on a, à un moment donné, justement, comme je disais,
04:56parfois, c'est trop dur de cacher.
04:58Donc, on se dit, bah, allez, tant pis, cette fois-ci, je vais accepter de manger
05:01quelques bouchées de ça.
05:02Parce qu'en fait, là, je ne veux pas que telle ou telle personne remarque.
05:04Mais en fait, derrière, il faut voir à quel point on a déjà réfléchi
05:06à tout ce qu'on allait faire pour éliminer, comme tu le disais.
05:09Il y a des personnes qui ne s'assoivent plus.
05:10Il y a des gens qui font des dizaines et des dizaines de milliers de pas par jour.
05:13Ou d'autres qui trouvent des sports qui leur permettent de compenser.
05:16Donc, en fait, c'est tout un tas de choses qu'on met en place
05:18pour tout contrôler en termes de poids, finalement.
05:22Parce qu'à une finesse, c'est ça qu'on souhaite contrôler.
05:24C'est notre poids et notre apparence physique.
05:26Et donc, à la fin, quand il faut accepter de se faire soigner,
05:29c'est réussir à accepter de perdre, entre guillemets, le contrôle.
05:32Mais ça, ça ne se fait pas d'un coup.
05:34Ce n'est pas du jour au lendemain, je lâche complètement,
05:37je perds le contrôle de tout.
05:38Puis, si je ne m'entraîne pas, ce n'est pas grave.
05:40Et puis, si je mange ça, ce n'est pas grave.
05:41En fait, on accepte petit à petit de délester certaines choses
05:45et de se dire, ok, allez, ça, je vais accepter de me dire
05:49une fois dans la semaine, peut-être que je m'octroie
05:50un petit plaisir alimentaire.
05:52Peut-être qu'aujourd'hui, j'ai quand même fait 5 entraînements dans la semaine,
05:55je suis très fatiguée.
05:56Je vais peut-être accepter qu'aujourd'hui, je n'y vais pas.
05:57En fait, c'est plein de choses qui se font petit à petit.
06:00Moi, je contrôlais même les repas que je faisais chez les autres
06:03ou au restaurant, c'est-à-dire que j'avais des tupperwares
06:04où je préparais en avance quand j'ai commencé à sortir de la maladie.
06:08Pour autant, j'étais incapable de laisser quelqu'un d'autre
06:10préparer ce que j'allais manger.
06:12On t'invitait, par exemple, imaginons, je t'invite avec Thibaut à la maison.
06:16À cette époque-là, au cœur de ta maladie,
06:19tu pouvais venir avec ton tupperwares ?
06:21Complètement.
06:22Et même après le cœur de la maladie, c'est-à-dire après mes 17, pardon, 20 ans,
06:26il y a eu quelques années qu'on suivit derrière, je dirais bien jusqu'à 23, 24,
06:32où en fait, il y avait énormément d'endroits où j'allais
06:35et où si je n'avais pas choisi où j'allais manger,
06:39c'est-à-dire que ce n'est pas moi qui ai choisi le restaurant
06:40ou ce n'est pas moi qui prépare chez une amie ce qu'on va manger le soir,
06:44je préférais avoir mon tupperwares.
06:45Parce qu'au moins, j'étais sûre quand même de manger,
06:47ce qui permettait de faire déjà mieux que ce que je faisais à l'époque,
06:49parce qu'au moins, je mangeais, mais je contrôlais ce que je mangeais.
06:52Et ça, j'ai mis longtemps à m'en défaire parce qu'en fait, c'est hyper dur de,
06:56comme je disais, de tout lâcher d'un coup et de se dire,
06:58allez, c'est bon, tout va bien et en avant quoi.
07:00Le lâcher prise, effectivement, il se construit en fait.
07:03On a l'impression que le lâcher prise, c'est de laisser les choses aller,
07:05mais en fait, il se construit.
07:07Et c'est vrai que sur cette période-là délicate,
07:10tu dis être tombé jusqu'à 40 kilos.
07:13Moi, je me pose la question, ce moment-là où on touche finalement le fond,
07:17qui est le moment qui a priori le pire,
07:19mais qui est aussi le moment où on rebondit.
07:21Tu te souviens de ce moment-là ?
07:23Oui, pour le coup, moi, je m'en souviens assez précisément
07:25parce que, bon déjà, je tiens quand même à dire
07:28que 40 kilos, c'est pas ce qu'on voit de pire
07:30et je pense que tu peux en parler.
07:32Alors, moi, j'ai bossé en hospitalier, en unités spécialisées
07:35et donc sur des unités, voilà, vraiment avec des jeunes
07:38qui sont dans des états de dénutrition extrêmement sévères.
07:41Donc, c'est vrai que moi, d'un point de vue extérieur,
07:43le 40 kilos, il ne me choque pas du tout, en fait.
07:46C'est loin d'être qu'il y a de pire.
07:47Oui, il y a plein de jeunes qui sont dans des états de dénutrition,
07:50mais avec des IMC qui sont aux alentours de traite.
07:52Quand on dit IMC...
07:53Donc, c'est l'indice de masse corporelle.
07:55C'est le poids divisé par la taille au carré.
07:57C'est une mesure assez classique qu'on utilise en médecine,
07:59alors qu'elle est facile, donc qui n'est pas la plus représentative.
08:02Grossièrement, pour les gens qui nous regardent,
08:04là, si, par exemple, chacun essaye de faire son IMC comme ça...
08:07La norme, c'est entre 18 et 25.
08:10Donc, il faut imaginer, voilà, moi, en hospitalisation, régulièrement,
08:13j'avais des jeunes qui faisaient 1m70, 1m75, 30 kilos, à peu près.
08:18Mais, encore une fois, sur des services d'unités spécialisées,
08:21dans des centres hospitaliers universitaires...
08:22On a des stats qui sont hyper graves et avancées.
08:24Voilà, c'est ça.
08:25Là, c'est dans des gens qui sont hospitalisés derrière.
08:27Exactement.
08:28Moi, typiquement, en fait, j'ai eu le bon déclic,
08:33si je peux dire ça, au bon moment.
08:34C'est-à-dire que quand j'étais à cet état de 40 kilos pour 1m60,
08:38qui n'était déjà pas glorieux, mais qui, encore une fois,
08:40est aussi loin de certains cas qui sont bien plus importants,
08:45finalement, j'ai commencé, à force d'être dénutrie,
08:47de m'entraîner comme pas possible à des heures pas possibles,
08:50à avoir déjà un état de fatigue qui était hyper important.
08:54Je commençais à être dans un état un peu dépressif aussi,
08:56puisque, du coup, on n'a plus assez d'énergie
08:58pour, en fait, juste avoir les bonnes hormones qui sont créées,
09:02et donc, du coup, avoir les bonnes énergies.
09:04Et donc, en fait, j'ai commencé à être dans cet état-là,
09:07petit à petit, jusqu'au moment où j'ai commencé à avoir des pensées noires,
09:10donc, en fait, des pensées suicidaires, pour dire les choses.
09:12C'est dans le livre, c'est vrai que c'est dans le livre aussi.
09:14Voilà, c'est pas une maladie qui est, d'une certaine façon,
09:18un peu isolée.
09:20Il y a tout un tas de facteurs.
09:22Complètement.
09:22Il y a peut être aggravant et il y a peut déclencher, effectivement.
09:25Complètement.
09:25Et, en fait, quand j'ai commencé à avoir ces pensées-là,
09:29j'estimais que, dans ma vie, globalement, tout allait bien,
09:31c'est-à-dire que j'ai une famille qui est aimante,
09:33j'avais un petit copain à l'époque,
09:34je faisais des études qui me plaisaient, etc.
09:36Donc, moi, dans ma réflexion, je me disais,
09:38comment c'est possible que, moi, j'ai des pensées comme ça,
09:40alors qu'il y a des personnes qui ont des souffrances
09:42bien plus importantes que les miennes,
09:43des conditions de vie bien plus difficiles,
09:44et qui, peut-être, n'ont même pas pensé à ça une seule seconde.
09:48Et donc, c'est vrai que j'avais aussi un sentiment un peu de culpabilité,
09:50d'ailleurs, de ressentir ces pensées-là,
09:51parce que je me disais, mais pourquoi ?
09:52Ce n'est pas logique.
09:53Ça n'a pas de sens.
09:54Et donc, c'est là que je suis allée voir mon médecin traitant
09:56en lui disant, écoute, je ne comprends pas ce que je ressens.
09:59En fait, ça me fait peur.
10:00C'était au moment d'une consultation tout à fait banale.
10:02Je disais, voilà, ça me fait peur.
10:04Je pense ça.
10:05Je ne comprends pas pourquoi.
10:06Et en fait, on a commencé un peu à parler, parler, parler.
10:08Et au bout d'un moment est venue, justement,
10:09ma pratique sportive, le sujet de l'alimentation.
10:12En fait, quand j'ai commencé à lui expliquer
10:15ce que je faisais, finalement, mon quotidien,
10:17c'est là qu'elle m'a dit,
10:18mais tu te rends compte que ça n'a rien de normal.
10:21Ta façon de manger, la façon dont tu t'entraînes.
10:24Et en fait, c'est elle qui a posé le mot anorexie
10:26et qui m'a expliqué, finalement,
10:28que quelque part, les pensées que j'avais
10:29étaient, par contre, tout à fait logiques
10:31par rapport à l'état de dénutrition
10:33qui était déjà quand même un peu avancé que j'avais.
10:36Et donc, suite à ça, je me suis dit,
10:38enfin, elle m'a dit, en tout cas,
10:39pour l'instant, c'est encore un stade
10:41où on peut renverser la balance.
10:43Mais si tu continues sur le chemin
10:46sur lequel tu es, il y a un moment donné
10:47où je n'aurai pas d'autre choix
10:48que de te faire rentrer en centre hospitalier.
10:52Et en fait, moi, quand elle m'a dit ça,
10:53ça a été un déclic parce que,
10:56en dehors de l'anorexie,
10:57j'ai pas mal de soucis de santé.
10:59Je n'ai pas une santé qui est exceptionnelle,
11:01on va dire.
11:01Donc, c'est vrai que j'ai un rapport
11:02assez compliqué avec les hôpitaux
11:03parce que j'y ai passé du temps enfant,
11:05j'y ai fêté un Noël, etc.
11:07Donc, quand elle m'a dit ce mot-là,
11:09en fait, tu vas aller en centre hospitalier,
11:11là, je me suis dit,
11:12ok, en fait, ça ne peut pas continuer,
11:14il faut que je me ressaisisse
11:14parce que je ne veux pas du tout
11:16me retrouver là.
11:18Et donc, c'est ce qui m'a permis,
11:19en fait, de démarrer le suivi.
11:21Ça a été, voilà, le déclic,
11:22le moment où on fait face à sa maladie.
11:25D'ailleurs, ce moment-là,
11:25quand il faut en parler avec les adolescents
11:27qui viennent vous voir,
11:28juste le mot,
11:29parce qu'on comprend bien
11:29que dans cette dimension-là,
11:31il y a une dimension mentale.
11:32D'ailleurs, c'est écrit dans le livre.
11:33C'est l'anorexie mentale.
11:35En fait, il y a une différence
11:36entre l'anorexie tout court,
11:37ce qu'on utilise régulièrement
11:38en médecine,
11:39ce qui veut dire le fait
11:39de ne plus avoir d'appétit,
11:41et l'anorexie mentale,
11:42qui est le fait de se priver,
11:44en fait, volontairement,
11:45de nourriture,
11:46malgré, au début,
11:47la persistance de l'appétit.
11:49Et donc, c'est une maladie mentale.
11:50Et c'est la maladie mentale
11:51la plus mortelle, accessoirement.
11:53Ça, on ne le sait pas, en fait.
11:54On en parle.
11:55Nous, on le sait, évidemment,
11:57dans le milieu médical,
11:57pendant les études,
11:58on l'apprend, etc.
11:59Mais dans le grand public,
12:04on ne sait pas ça.
12:05Alors que le risque de suicide,
12:07il est multiplié par plus de 30
12:09dans l'anorexie
12:10par rapport aux témoins
12:12qui ne souffrent pas
12:12de cette maladie mentale-là.
12:14C'est ça.
12:14On n'a pas mis le doigt encore,
12:15mais finalement,
12:16tout ce qu'on se raconte
12:17depuis le début
12:17sur ses routines,
12:19ses habitudes,
12:21les choses qu'on maîtrise,
12:22en fait, c'est un carcan.
12:23Et là, j'entends qu'en fait,
12:25ça peut être une forme
12:26presque de cercueil à terme
12:27si on n'agit pas.
12:28Ah bah, complètement.
12:29Complètement.
12:30C'est une maladie
12:31où on meurt de dénutrition
12:33et où on meurt de suicide.
12:36Justement,
12:36quand il faut faire prendre conscience
12:38à un adolescent,
12:38finalement,
12:39de sa situation
12:39et dire le mot
12:41anorexie,
12:41anorexie mentale,
12:42comment on le dit ?
12:44Parce que ça peut être,
12:45Justine,
12:45tu viens de l'expliquer,
12:46un moment dur.
12:47Donc, il faut que la personne
12:48en face puisse l'entendre.
12:49Comment on fait dans ces cas-là ?
12:50Alors après,
12:51chaque professionnel est différent.
12:53Mais moi, d'expérience,
12:55j'ai eu tendance
12:55à ne pas tourner autour du pot,
12:57en fait,
12:57et à aller assez rapidement
13:00parler d'anorexie.
13:01Donc, il y a un choc un peu, quoi.
13:03Parce que le déni
13:04fait partie des symptômes
13:05de la maladie.
13:06En fait,
13:06on sait que chez plus de 80%
13:08des jeunes
13:09et des moins jeunes,
13:09d'ailleurs,
13:10parce que ça ne touche pas
13:10que les jeunes,
13:12dans la maladie,
13:13au début, en tout cas,
13:13il y a un déni,
13:14ce qu'on appelle
13:14une nanosognosie,
13:16la méconnaissance,
13:17en fait,
13:19le fait de ne pas avoir conscience
13:20de l'état de gravité
13:21dans lequel on se trouve.
13:22Et donc, en fait,
13:23je trouve que finalement,
13:24de tourner autour du pot
13:25et de ne pas dire les choses clairement,
13:27ça va aller renforcer
13:29un peu cette banalisation.
13:31Et donc, moi,
13:31je pense que, voilà,
13:32il faut être assez honnête.
13:34C'est une maladie,
13:35comme une autre, en fait,
13:36quand quelqu'un a un diabète,
13:37on ne va pas te tourner
13:38autour du pot
13:38et lui dire
13:39tu as un problème
13:40de régulation de ta glycémie
13:41et de ton insuline,
13:42on va dire
13:43tu as un diabète, quoi.
13:44Il faut dire les choses.
13:45Il faut dire les choses.
13:46Il faut dire les choses,
13:47c'est finalement
13:48en disant les choses
13:48et c'est pour ça, d'ailleurs,
13:49que le livre existe.
13:50C'est que les mots
13:52sont utilisés, voilà,
13:53sur les mots,
13:54sur cette maladie
13:55et ça peut aider
13:56à identifier
13:57et du coup,
13:57il y a aussi des solutions.
13:58Ce n'est pas juste,
13:59effectivement,
13:59il y a ton témoignage,
14:01Justine,
14:01mais il y a toutes les solutions.
14:02Vous écrivez ce livre à deux
14:04parce que c'est vrai
14:05que j'avais noté cette phrase aussi.
14:07Tu disais j'ai beaucoup raconté les faits,
14:08ce que tu viens de nous dire,
14:10mais finalement,
14:10là, dans ce livre,
14:11il y a plus,
14:12il y a autre chose.
14:13En fait, c'est vrai
14:13que ça aurait été,
14:14je trouve en tout cas,
14:17dommage de me limiter
14:18à raconter mon histoire
14:19dans un livre.
14:21Alors oui,
14:21ça aurait pu être touchant
14:22et ça aurait pu parler
14:23à tout un tas de personnes,
14:24je n'en doute pas,
14:26mais je pense que même si,
14:28enfin voilà,
14:29aussi sincère soit mon témoignage,
14:31il ne représente pas
14:32tous les cas d'anorexie.
14:34Il parle à des gens,
14:35il parle moins à d'autres.
14:36Il peut donner de l'espoir
14:37à des gens,
14:37peut-être moins à d'autres
14:38qui sont dans des situations
14:38aussi plus graves
14:40et surtout pour moi,
14:41ça aurait manqué
14:42de ce que je trouve être crucial,
14:43à savoir avoir des solutions.
14:45Et en fait,
14:45pour moi,
14:46faire ce livre,
14:46c'est aussi faire le livre
14:47que moi j'aurais aimé avoir
14:48si j'avais pu
14:50quand j'étais jeune
14:50parce que j'estime qu'aujourd'hui,
14:52il y a des jeunes
14:53qui sont atteints,
14:54touchés
14:55et qui peut-être
14:56n'ont pas du tout
14:57le courage ou l'envie
14:58d'en parler autour d'eux
14:59et donc peut-être
15:00que c'est un moyen pour eux
15:00de faire déjà un premier pas
15:02dans l'idée
15:02d'essayer de démarrer
15:03un suivi.
15:05Peut-être aussi
15:05qu'il y a des parents
15:07qui sont complètement démunis,
15:08des proches qui sont démunis,
15:09qui ne savent pas du tout
15:10comment aider,
15:11vers qui se tourner
15:12et pour qui ce livre
15:13peut être aussi un premier pas.
15:15Donc,
15:15c'est vraiment le livre
15:16que j'aurais voulu avoir,
15:17que j'aurais peut-être voulu
15:18aussi que mes proches aient
15:19et c'est pour ça
15:20qu'en fait,
15:20pour moi,
15:21c'était une évidence
15:22de le co-écrire avec Cécile
15:23parce qu'elle apporte
15:25tout un regard
15:25que moi je n'ai pas,
15:26c'est-à-dire le regard
15:27du professionnel de santé
15:29qui accompagne
15:30et qui du coup voit
15:31un panel de cas
15:32qui est énorme
15:34et donc le but
15:35avec ce bouquin
15:35c'est de pouvoir
15:36à la fois réconforter les gens
15:37parce qu'il y a mon témoignage
15:38et je pense que ça humanise
15:39et ça permet aux gens
15:40de se sentir un peu
15:41comme je disais,
15:42réconfortés,
15:43accompagnés dans la lecture
15:43et en même temps,
15:44il y a Cécile qui est là
15:45pour vraiment expliquer
15:46ce qu'est cette maladie,
15:48donner des solutions
15:48qui sont concrètes
15:49pour que à la fois
15:50les malades
15:51et surtout leurs proches
15:52parce que c'est hyper important,
15:53on ne parle pas assez d'eux,
15:54puissent vraiment avoir
15:55de vraies solutions
15:55à mettre en place.
15:57C'est ça parce que
16:00que finalement peut-être
16:01dans plein de familles
16:01on entend
16:02sans se faire attention.
16:04J'ai noté par exemple
16:05il suffit de manger,
16:07seuls les maigres
16:08sont anorexiques,
16:09il y a des petites phrases
16:10comme ça,
16:10des idées reçues finalement
16:12et que des fois même
16:13et c'est vrai que
16:13c'est dans ton témoignage
16:14tu expliques que tout a commencé
16:16avec ta maman
16:17d'une certaine façon,
16:18le regard qu'a porté sur toi
16:19sur mon corps
16:20avec tu dis en plus
16:21une situation tellement banale
16:24à propos d'une baguette de pain
16:25c'était ce moment-là
16:27c'est quoi ?
16:28C'est que tu mangeais,
16:28elle t'a fait un rône.
16:29En fait c'est
16:30pour raconter brièvement
16:31cette histoire,
16:32je rentrais du lycée
16:33comme beaucoup de lycéens
16:35j'avais très faim finalement
16:36parce que
16:36les journées de lycée
16:38sont quand même
16:39assez intenses
16:39on a des gros horaires de cours
16:41et donc
16:42les devoirs attendent
16:43et tout ça
16:43et c'est vrai que
16:44il y avait quelque chose
16:45qui était un petit peu
16:46normalisé chez nous
16:47si je puis dire
16:48c'est qu'effectivement
16:49il n'y avait pas forcément
16:49de gâteau industriel
16:51il n'y avait pas forcément
16:52de quoi faire des petits goûters
16:54un peu comme on aime faire
16:55quand on est enfant
16:55et alors effectivement
16:56au lycée on n'est plus des enfants
16:57mais moi je suis très fan de goûters
16:59et encore à mon âge
17:00aujourd'hui à 30 ans
17:01je me mange dégoûtée
17:02parce que j'adore ça
17:02et c'est vrai que
17:04voilà
17:04comme on le disait au début
17:05je pense que c'est important
17:06c'est que
17:06encore une fois
17:07l'anorexie c'est une maladie sociétale
17:08donc ma maman a
17:09je pense
17:11comment dire
17:13emmagasiné
17:13internalisé
17:14beaucoup de choses
17:16internalisé
17:16exactement beaucoup de choses
17:17de sa génération
17:19beaucoup de
17:20voilà
17:20d'attentes
17:21au sujet du corps
17:22d'une femme
17:23le poids de la société
17:24finalement au sujet
17:25du corps des femmes
17:26et en fait
17:26je pense qu'elle les a
17:27complètement projetées sur moi
17:29quand elle a eu une fille
17:30et quelque part
17:31je sais
17:32avec le recul
17:33et l'âge que j'ai aujourd'hui
17:33que c'était
17:34pour elle certainement
17:35une façon de me protéger
17:36de plein de choses
17:37et comme je dis dans le livre
17:38si elle avait pu faire autrement
17:39elle l'aurait fait
17:39mais in fine
17:41elle a retranscrit des choses
17:42sur moi
17:42qu'elle s'était
17:43peut-être un peu
17:44infligée à elle-même
17:45et donc il y avait
17:46cette histoire
17:47de effectivement
17:47pas forcément avoir
17:48tout ce qui est petits gâteaux
17:49etc à la maison
17:49parce que
17:50quand on est une fille
17:51c'est mieux de manger
17:52un yaourt
17:52et une pomme au goût
17:53et c'est plus sain
17:54et donc j'ai un peu
17:55grandi là-dedans
17:56et pour le coup
17:57à la maison
17:57on était très fan de pain
17:58mon papa
17:59je l'aime d'amour
18:00il allait chercher le pain
18:01tous les matins
18:01du pain frais
18:02c'était génial
18:02on adore
18:03donc quand j'arrivais
18:04le soir à la maison
18:04souvent il y avait
18:05la baguette fraîche
18:05du matin
18:06et moi parfois
18:07j'avais tellement
18:07enfin il y a un soir
18:08j'avoue
18:09j'ai bouffé peut-être
18:09les trois quarts
18:10de la baguette
18:11est-ce que c'était
18:12une bonne idée
18:13je ne sais pas
18:13parce qu'il n'y en avait
18:14plus pour personne
18:16mais voilà
18:16j'ai bouffé la moitié
18:17de la baguette
18:17parce que j'avais
18:18très envie de la manger
18:19et en fait
18:19je pense que
18:20ma maman est arrivée
18:21mais il faut comprendre
18:22aussi que mes parents
18:22avaient des très grosses
18:23journées de travail
18:23parce qu'ils ont fait
18:24des horaires pas possibles
18:25toute leur carrière
18:26et je pense qu'elle est
18:26rentrée d'une journée
18:28certainement très fatiguée
18:28certainement avec des sujets
18:29au boulot qui étaient compliqués
18:30et en fait il y a eu
18:32ce truc
18:32de voir la baguette de pain
18:34où il ne restait qu'un quart
18:35et où je pense que
18:36ça a été un mélange
18:37entre
18:37déjà on n'a plus de pain
18:38pour ce soir
18:38elle a tout bouffé
18:39et je pense qu'à ce moment-là
18:42ça a été
18:43le truc qui a fait
18:43un peu exploser
18:44quelque chose
18:44qui était déjà sous-jacent
18:45depuis un moment
18:46mais qui a en fait
18:47été un peu la goutte de trop
18:48autant pour elle
18:48que pour moi
18:49et donc en fait
18:50effectivement
18:51ça a été un moment
18:52très compliqué
18:52parce qu'elle a eu
18:54des mots
18:54qui n'ont pas été
18:55forcément évidents
18:56à l'égard de mon corps
18:58et qui je pense
18:58ont dépassé sa pensée
19:01et voilà
19:01et aujourd'hui
19:02on a fait le travail
19:02toutes les deux
19:03qui ont eu du poids
19:04ont dépassé sa pensée
19:05à elle
19:05mais qui ont eu
19:06beaucoup de poids
19:06pour moi
19:06et c'est vrai
19:07que ça c'est dans le livre
19:08aussi des mots
19:09finalement
19:09des phrases
19:10qui parfois
19:11viennent de proches
19:12et ça
19:13on le comprend bien
19:14dans le livre
19:15que finalement
19:15des fois ce sont
19:16les proches
19:17qui veulent protéger
19:18comme tu viens de l'expliquer
19:18qui finalement
19:19emmènent dans
19:21un enfer
19:22pavé de bonnes intentions
19:23il y a par exemple
19:24ces phrases-là
19:24que vous avez mis
19:25dans le livre
19:26tu es trop maigre
19:27regarde-toi
19:28pourquoi tu fais ça
19:29tu nous fais mal même
19:30j'ai vu ça
19:31des fois tu nous fais mal
19:32tu pourrais faire un effort
19:33quand même
19:34tout ça c'est des phrases
19:34qu'on peut entendre
19:35chacun autour d'une table
19:38un jour
19:38de manière complètement anodine
19:40et en fait
19:40ça ce sont des phrases
19:42qui sont un peu
19:43comme des coups de poignard
19:44finalement
19:44qui ont un poids
19:45et qui freinent aussi
19:46le chemin de guérison
19:47et toutes ces phrases-là
19:48qui sont assez culpabilisantes
19:50en fait dans l'idée
19:52l'idée du bouquin
19:53c'était aussi de rappeler
19:53vraiment que l'anorexie
19:54est une maladie
19:55encore une fois
19:55comparable à d'autres maladies
19:57on dirait pas
19:58à quelqu'un qui a un cancer
19:59et qui a plus d'appétit
20:00bon bah t'as qu'à faire un effort
20:01c'est pas compliqué
20:02pourtant on va le dire
20:03à quelqu'un qui souffre
20:04d'anorexie mentale
20:04qui est complètement dénutri
20:06qui a plus le cerveau
20:07qui est en capacité
20:08de fonctionner correctement
20:09on va lui dire
20:10bah t'as qu'à manger
20:10t'as qu'à faire un effort
20:11c'est simple
20:12pourquoi ?
20:12on a l'impression
20:13que c'est une maladie
20:14qui peut être facilement
20:15volontaire
20:16on a l'impression
20:17que c'est une maladie
20:17qui peut être volontaire
20:18oui
20:18c'est quelque chose
20:19que moi j'entends très régulièrement
20:21en consultation en fait
20:22comme si ce n'était
20:23que une question de volonté
20:24si c'était une question de volonté
20:25j'aurais pas de travail
20:27le fait est que j'ai deux ondes
20:29d'attente pour reprendre
20:29des nouveaux patients
20:30donc en fait
20:30c'est bien plus compliqué
20:32que juste une question de volonté
20:34et c'est cette complexité là
20:35je pense qu'on a essayé
20:36de retranscrire dans le bouquin
20:37tout en restant accessible
20:38mais pas de rentrer
20:41dans les clichés
20:41un peu qu'il peut y avoir
20:42sur l'anorexie
20:43qu'on retrouve quand même partout
20:44on voulait je pense
20:45montrer quelque chose
20:46d'un peu plus
20:47un peu plus représentatif
20:48de la réalité en fait
20:49des clichés oui
20:50j'entends
20:51c'est des choses qui sont
20:52enfin voilà
20:53des cas vraiment extrêmes
20:54alors qu'en fait là
20:55on comprend bien
20:56à travers le livre
20:56que finalement
20:57ça peut être
20:57dans des moments
20:58assez anodins
20:59de la vie quotidienne
21:02concernant des ados
21:03pourquoi d'ailleurs
21:04à cet âge là
21:05on est peut-être
21:06plus sensible
21:07même si j'ai entendu
21:07vous avez
21:08tu as dit tout à l'heure
21:10que ça ne concerne pas
21:11que les adolescents
21:12non plus
21:12non alors il y a des enfants
21:14qui sont touchés
21:15quand on dit enfant
21:16c'est 6-7 ans
21:17c'est 8-10 ans
21:188-10 ans
21:18en gros il y a une
21:19ce qu'on appelle
21:20l'anorexie pré-pubère
21:21donc avant la puberté
21:22il y a un premier petit pic
21:23vers 8-10 ans
21:24et puis après
21:25il y a deux gros pics
21:2613-14 ans
21:26et 16-17 ans
21:27en gros
21:29et il y a aussi
21:30des déclenchements
21:30alors qu'ils sont moindres
21:31mais à l'âge adulte
21:32avec des événements
21:34en vie
21:34qui viennent
21:36précipiter les choses
21:37souvent sur un terrain
21:37déjà vulnérable
21:38avec souvent
21:40un peu de perfectionniste
21:41un peu de rigidité
21:42pas mal de contrôle
21:43déjà en fait
21:44c'est une maladie du contrôle
21:45l'anorexie
21:45donc plus on a
21:46une personnalité de base
21:47qui est dans le contrôle
21:48plus on est à risque
21:50plus on est vulnérable
21:52à déclencher ça
21:53j'ai tout à fait une personnalité
21:54dans le contrôle
21:54voilà
21:54et en fait
21:55l'adolescence
21:56est une période
21:57de chamboulement extrême
21:58que ça soit
21:59au niveau
22:01physiologique
22:01biologique
22:02que ça soit au niveau
22:03psychologique
22:04que ça soit au niveau
22:05sociétal et environnemental
22:06et donc c'est
22:07toutes
22:07toutes ces raisons-là
22:09tous ces facteurs
22:10de vulnérabilité-là
22:10qui on retrouve
22:12cristallisés à l'adolescence
22:12qui explique le fait
22:13qu'il y a un gros pic
22:14de déclenchement
22:15à cet âge-là
22:15et d'ailleurs Justine
22:16l'adolescente que tu étais
22:18elle pourrait te regarder
22:19toi la candidate
22:20justement
22:21de Danse avec les stars
22:22toi la présentatrice
22:23là maintenant sur M6
22:24tu vas être un accro-hab-talent
22:25je ne dis pas
22:26oui exactement
22:27oui
22:28est-ce que tu
22:29parce que finalement
22:29il y a ça dans l'anorexie
22:30c'est la dictature
22:32du regard de l'autre
22:33on a le regard sur soi
22:35si je comprends bien
22:35bien sûr
22:36qui est faussé
22:36mais ça vient aussi
22:37du regard que peut porter
22:39l'autre sur soi
22:40oui
22:41et ça ça
22:42voilà déforme
22:43la vision qu'on peut avoir
22:44de son propre corps
22:44est-ce que toi
22:45qui maintenant
22:46passe à l'antenne
22:47quand même
22:47par exemple
22:47si je ne dis pas de bêtises
22:48la première d'ailleurs
22:49de Incroyable Talent
22:51c'est ce soir
22:51jour de l'enregistrement
22:52tout à fait
22:53exactement
22:53c'est tout à fait ce soir
22:54mais bravo
22:55c'est tout à fait ce soir
22:5621h
22:58est-ce que du coup
22:59alors là vous êtes devant votre télé
23:00ou devant votre ordinateur
23:01vous ne pouvez pas aller regarder
23:02mais est-ce que ce soir
23:03par exemple
23:03tu vas aller te regarder
23:05et voir les choses
23:06est-ce que ça y est
23:07tu as passé le cap
23:08de ne plus voir
23:09ces imperfections
23:10qui sont existantes ou pas
23:12mais qui du coup
23:13déforment la vision
23:14que tu pouvais avoir
23:14de toi
23:14c'est une bonne question
23:15bon déjà il faut savoir
23:16que je ne me regarde pas trop
23:16parce que je suis toujours
23:17très gênée
23:18quand je regarde
23:18et même au-delà
23:19ça va au-delà du physique
23:20là c'est plus une question
23:21de se re-regarder
23:22je trouve ça assez particulier
23:23donc c'est un truc
23:24avec lequel j'ai beaucoup de mal
23:25et souvent je vais plus
23:26demander à mon agent
23:27quand il faut faire des retours
23:28sur des podcasts
23:28je lui dis
23:29écoute regarde
23:30et dis-moi si vraiment
23:31il y a un truc qu'il faut enlever
23:31parce que voilà
23:32j'ai un peu du mal avec ça
23:34après si je dois être honnête
23:35on en a parlé avec Cécile
23:36et je l'ai un peu dit
23:37à la fin du bouquin
23:38c'est vrai qu'aujourd'hui
23:40j'estime moi
23:41que la partie alimentation
23:42est vraiment réglée
23:44très saine en tout cas
23:45j'ai un rapport
23:45qui est très sain
23:46avec l'alimentation
23:47je ne me prive pas
23:47je me fais plaisir
23:48je ne diabolise pas les aliments
23:49je mange suffisamment
23:51pour être en bonne santé
23:51et faire mon sport aussi
23:52parce que c'est important pour moi
23:53donc de ce côté là
23:54je pense que j'ai vraiment
23:56réglé ce qu'il y avait à régler
23:59le regard des autres
24:00sur mon corps
24:00m'importe assez peu
24:02mon regard
24:04le mien
24:05mon propre regard
24:06c'est plus compliqué
24:07si je dois être honnête
24:09et je pense que c'est bien
24:10de le reconnaître d'ailleurs
24:10parce que
24:11je pense qu'il y a une époque
24:12où j'aurais eu tendance
24:13un peu à me
24:14à me voiler la face
24:15en me disant
24:16mais non
24:16tout est réglé
24:17et puis ton regard sur toi-même
24:18ça va très bien
24:19dans la réalité des faits
24:20ce n'est pas forcément le cas
24:22c'est pour ça que je suis assez contente
24:23d'ailleurs
24:24de garder un rapport très sain
24:26avec l'alimentation à côté
24:27parce que
24:28ayant vécu tout ça
24:29forcément
24:30je reste quand même très alerte
24:32et je suis attentive
24:33à ce que je ressens
24:34aux pensées que je peux avoir parfois
24:36mon mari est très attentif
24:37à ça aussi
24:37même beaucoup plus que moi d'ailleurs
24:39c'est quelqu'un qui est très très attentif
24:41très très présent
24:41parce qu'il sait par quoi je suis passée
24:42donc
24:43il a tendance à bien vérifier
24:44là c'est tout bête
24:45mais par exemple
24:45il sait que j'enchaîne
24:46tous les rendez-vous
24:47et il m'envoie des messages
24:48pour être sûre que j'ai bien mangé
24:49t'as pas oublié ton repas
24:50enfin voilà
24:50et c'est important
24:51d'avoir des gens comme ça
24:52autour de soi
24:53surtout quand c'est son mari
24:54vraiment
24:54exactement
24:55donc c'est vrai
24:56qu'il est très attentif
24:57et
24:57tu évoques
24:58pardon je t'en prie
24:58pardon oui
24:59non j'allais juste dire
25:00pardon qu'il a un discours
25:02qui est très sensé là-dessus
25:03parce que
25:03quand par moment
25:04je peux avoir encore
25:04des paroles un peu difficiles
25:06si je dois être honnête
25:06à l'égard de moi-même
25:08et de mon corps notamment
25:09bah il va avoir tendance à
25:10d'une part
25:11me rassurer
25:12et vouloir que je me vois
25:14comme lui me voit
25:15et d'autre part
25:16il minimise pas du tout
25:17ce que je ressens
25:17et donc il est très alerte aussi
25:19sur
25:19mais attends
25:19si t'as besoin que je t'aide
25:20si t'as besoin qu'on trouve
25:21quelqu'un à nouveau
25:22pour t'aider un peu
25:23sur certains sujets
25:23je suis là
25:24on va faire les choses ensemble
25:25donc c'est hyper agréable
25:27en fait
25:27pour moi d'avoir ce double discours
25:29j'entends que t'es en résilience complète
25:31bien sûr
25:32la maladie est derrière
25:33mais il y a quand même
25:34une vigilance encore
25:35c'est ça
25:35et Thibaut t'aide
25:37d'une certaine manière
25:37complètement
25:38en fait
25:38il y a une certaine vigilance
25:40parce que
25:40parce qu'en fait
25:41je me suis rendu compte
25:42effectivement que j'avais encore
25:43par moment
25:43moi-même
25:44à l'égard de mon corps
25:46des mots
25:46ou des phrases
25:47qui étaient trop dures
25:49parfois qui sont juste dans ma tête
25:50ou parfois que je vais même
25:51exprimer verbalement
25:53potentiellement parfois
25:54je vais les exprimer verbalement
25:55à mon mari notamment
25:56et donc voilà
25:57lui est très attentif à ça
25:58parce qu'il connait
25:59tout le parcours
26:00tout le chemin
26:01il est très attentif aussi
26:03aux conversations que j'ai
26:03avec ma maman
26:04il est très alerte
26:05sur parfois
26:06ce qu'on se raconte
26:07parce qu'il veut être sûr
26:07qu'il n'y ait pas
26:08à un moment donné
26:08peut-être
26:09ma maman plus fort qu'elle
26:10qui aurait un mot
26:12qui pourrait à nouveau
26:12peut-être moi
26:13me faire un peu de mal
26:14ou quoi
26:14donc c'est vrai qu'il est très attentif
26:16à tout ça
26:17et c'est hyper chouette pour moi
26:19parce que
26:19effectivement
26:20j'ai toujours ce petit sujet là
26:21et ça peut être
26:22comme on disait tout à l'heure
26:23un très long chemin
26:24même si je trouve
26:26énorme
26:27d'avoir réglé
26:27la partie alimentaire
26:28pour moi c'est ce qu'il y a
26:28de plus précieux
26:30je pense d'ailleurs
26:30actuellement
26:31parce que
26:31c'est ce qui peut vraiment
26:33me causer de vrais problèmes
26:35d'un point de vue santé
26:37donc voilà
26:37mais effectivement
26:38le rapport au corps
26:38je pense de toute façon
26:39c'est un long chemin
26:41exactement
26:41alors je me permets
26:42d'en parler aussi
26:43parce que tu l'évoques
26:44dans le livre
26:44et Thibaut
26:45il a une initiative
26:46à un moment que tu évoques
26:46dans le livre
26:47ce shooting
26:48on va dire un peu effeuillé
26:50un peu effeuillé
26:51un shooting de nuit
26:51on peut le dire
26:53c'est incroyable
26:53cette initiative
26:55dans quelle mesure
26:56ça t'a aidé
26:57finalement
26:58en fait
26:58le jour où il a eu
26:59cette idée là
27:00il est arrivé vers moi
27:00vraiment
27:01il avait déjà tout organisé
27:03parce que c'est un homme
27:04de surprise
27:04vraiment Thibaut
27:05en fait c'est le genre
27:06de mari qui
27:07tu lui dis un truc
27:07ça je lui avais pas dit
27:08pour le coup
27:08mais tu lui dis quelque chose
27:09il le retient
27:09il trouve toujours le moment
27:11pour te l'offrir
27:11te le faire vivre ou quoi
27:12et des fois il a même
27:13des idées qu'on n'avait pas prévues
27:14comme ce shooting
27:16et en fait c'est venu
27:17parce que c'était une période
27:19où effectivement
27:20j'ai des moments
27:20où je me sens très bien
27:21dans mon corps
27:21des moments où j'ai des petites
27:22rechutes et ça va moins bien
27:23et je pense que c'était
27:24dans une période
27:24un peu comme celle-ci
27:25et il s'est dit
27:27en fait il m'a vraiment
27:28dit mot pour mot
27:29et c'est en fait
27:29c'est ce qu'il a dit
27:30autour de la table
27:30d'ailleurs parce que
27:31quand on est arrivé
27:31à ce shooting
27:32en fait il faut bien comprendre
27:33que ces photographes là
27:34c'est comme un peu
27:35de la thérapie par l'image
27:36c'est à dire qu'en fait
27:37il y a aussi un long moment
27:38avant le shooting
27:39où on prend quasiment
27:40une heure pour parler
27:41du rapport au corps
27:42de l'image qu'on a de soi
27:43donc c'est un moment
27:44qui est assez intense
27:45assez fort
27:45et cette femme qu'on a vue
27:47qui a fait le shooting
27:47elle faisait des shootings photos
27:49de femmes qui ont eu
27:50des cancers du sein
27:50et qui ont eu une ablation
27:51donc voilà vraiment
27:52des shootings pour permettre
27:53aux femmes de se réapproprier
27:54leur corps
27:55donc on fait ce temps de parole
27:57et à un moment donné
27:57elle demande à Thibaut
27:58mais oui c'est vrai Thibaut
27:59pourquoi est-ce que c'est toi
28:00qui a eu envie
28:01d'organiser ce shooting
28:02et pas Justine
28:03qui est venue vers moi
28:04qu'est-ce que c'est
28:05l'idée derrière
28:05et en fait Thibaut lui répond
28:07j'aimerais qu'un jour
28:08dans sa vie
28:08elle se voit comme moi
28:09je la vois
28:10et en fait c'est vrai
28:11que ça m'a fait pleurer
28:13on a eu tout un moment
28:14où on s'est mis devant un miroir
28:15elle et moi
28:15elle m'avait préparée
28:16maquillée, coiffée
28:17et en fait elle m'a demandé
28:18de lui dire
28:19ce que je ressentais
28:20on voyait dans le miroir
28:21c'était hyper difficile
28:22comme moment
28:22donc évidemment j'ai pleuré
28:24et en fait après
28:25ça a été un shooting
28:26où en plus c'était hyper intéressant
28:27parce que moi
28:27je pratique des sports
28:29comme la musculation
28:30le crossfit etc
28:30donc on nous apprend aussi
28:32beaucoup à poser
28:32à se mettre dans certaines postures
28:34pour mettre en avant notre corps
28:35et là c'était la première fois
28:36que je faisais un shooting
28:37où le but était d'être relâché
28:39que mon corps soit relâché
28:41tout le temps
28:42c'est à dire
28:42un vrai corps qui vit
28:43et qui n'est pas tout le temps
28:44en train d'être gainé
28:45et en fait
28:46quand j'ai reçu les photos
28:47c'était après une fois de ma vie
28:48que je trouvais mon corps beau
28:49en étant relâché
28:50en vivant quoi
28:51et pas en étant absolument
28:53dans des postures
28:53où il fallait le tenir
28:54et ça m'a fait énormément de bien
28:55peut-être qu'il faudrait
28:56je recommence d'ailleurs
28:59bon ben Thibaut
28:59pour les 10 ans de mariage
29:00un petit message
29:01finalement
29:02un petit message
29:03une organisation
29:03moi je tiens
29:04je suis marié depuis quelques années
29:05bon il faut entretenir la flamme
29:06exactement
29:07voilà
29:07là on parle d'une solution
29:09en tout cas
29:09on parle d'une solution
29:10pour appréhender
29:11parmi d'autres
29:12exactement
29:12une solution parmi d'autres
29:13il y en a plein d'autres
29:15notamment à partir de la page 154
29:17elles sont toutes là
29:18j'ai noté
29:19vous allez me dire
29:19si c'est la bonne formule
29:20pour résumer
29:21c'est la formule des petits pas
29:23faut pas hésiter
29:24à faire des petits pas
29:26exactement
29:26petit pas par petit pas
29:27on fait énormément
29:28c'est une maladie
29:30qui nécessite du temps
29:31pour guérir
29:31c'est compliqué
29:32parce que souvent
29:33ça arrive un peu
29:34les parents nous disent souvent
29:35coup de tonnerre
29:36dans un ciel serein
29:37ça arrive très très vite
29:38en quelques semaines
29:39quelques mois parfois
29:41et le chemin de guérison
29:42par contre lui
29:42il prend des années
29:44et d'ailleurs
29:45tu le racontes très bien
29:45dans ton parcours
29:46et je pense que ça
29:47c'est vraiment une norme
29:49c'est des années et des années
29:50et donc des petits pas
29:51mais alors répétés
29:52pendant des années
29:52on en fait du chemin
29:53et on arrive à avancer
29:55à trouver des solutions
29:58parfois c'est des petits pas
29:59en arrière
29:59oui
30:00c'est important de le dire aussi
30:01c'est pas toujours linéaire
30:02on a le droit d'échouer un peu
30:03on a le droit de se laisser aller
30:04on a le droit de reculer
30:05et d'avancer
30:06on revient pas au point de départ
30:08et le parcours de guérison
30:09il est comme ça
30:10il est vraiment linéaire
30:10l'important c'est
30:11d'arriver plus haut
30:12que de là où on est parti
30:13mais c'est jamais
30:14jamais tout droit
30:16c'est clair
30:17et complètement linéaire
30:18là pour essayer de résumer
30:20et surtout bien comprendre
30:20en fait parce que
30:21l'anorexie est mentale
30:23on l'a quand même dit
30:24est-ce que vous pensez
30:25que là par exemple
30:26si un parent
30:27qui se pose des questions
30:29regarde ce podcast
30:31est-ce qu'il doit aller voir
30:32un nutritionniste
30:32ou un psychologue par exemple ?
30:34alors moi j'aurais tendance
30:36à dire
30:36il va voir déjà
30:37son médecin généraliste
30:38ou son pédiatre
30:39comme premier intervenant
30:42pourquoi ?
30:43parce que c'est une maladie mentale
30:44mais c'est aussi une maladie physique
30:45c'est une maladie
30:46avec des signes de dénutrition
30:47c'est une maladie
30:48où il peut y avoir
30:49des conséquences assez graves
30:50notamment un ralentissement
30:51de la fréquence cardiaque
30:52par exemple
30:52parce que le corps
30:53se met en mode économie d'énergie
30:55et donc le coeur
30:55se met en mode économie d'énergie
30:57donc la première chose
30:58c'est une consultation
30:58avec un professionnel
31:00un médecin
31:00pour aller vérifier déjà
31:02les signes de gravité
31:03etc
31:03et après
31:04le rôle du médecin
31:06c'est d'orienter
31:06vers les bonnes personnes
31:07la prise en charge idéale
31:09elle est pluriprofessionnelle
31:11donc c'est-à-dire
31:12l'association vraiment
31:13d'un médecin
31:13d'un psychiatre
31:15et ou d'un psychologue
31:16parfois les deux ensemble
31:17et d'un diététicien
31:18ou un médecin nutritionniste
31:20mais voilà
31:21globalement
31:22ça c'est dans l'idéal
31:25la réalité
31:25elle est un peu différente
31:26parce que les délais
31:27d'adondance sont hyper longs
31:28parce qu'il n'y a peu
31:28de professionnels formés
31:29etc
31:30parce que parfois
31:31on ne sait pas aussi
31:31qu'il faut en voir plusieurs
31:32et on se dit
31:33bon déjà
31:33si j'arrive à en voir un
31:34en trouver un
31:34c'est déjà énorme
31:36et c'est déjà très bien
31:38il faut commencer quelque part
31:39de toute façon
31:39et faut-il se soigner
31:41c'est pareil
31:41j'essaie de me mettre
31:42à la place
31:42des personnes qui peuvent
31:43aujourd'hui se dire
31:45bon je dois me poser
31:46des questions aujourd'hui
31:47par rapport à l'anorexie
31:48est-ce que je peux me soigner seul
31:49ou est-ce qu'il faut essayer
31:50de se soigner collectivement
31:51en famille
31:52parce qu'on entend quand même
31:53qu'il y a ce regard
31:53ce rapport à l'autre
31:54la démarche initiale
31:56moi en tout cas
31:57dans mon cas très personnel
31:58la démarche a été aussi
31:59de faire en sorte
32:01que ma maman puisse
32:01avoir elle aussi
32:02de son côté
32:03un suivi thérapeutique
32:05puisque arrivé à un certain âge
32:07au bout d'un moment
32:07j'ai compris que tout ça
32:09n'était que des choses
32:10qui m'avaient été transposées
32:11pour beaucoup
32:12et en fait je me suis dit
32:13si on veut avoir
32:14une relation plus sereine
32:15toutes les deux
32:16parce que voilà
32:17c'est ma maman
32:18et qu'elle a tout un tas
32:18de qualités
32:19et que j'avais pas envie
32:19qu'on continue à avoir
32:20cette relation conflictuelle
32:22à ce sujet
32:23et que j'avais envie moi
32:24de pouvoir vivre dans le corps
32:25que je voulais finalement
32:26en fait à un moment donné
32:27ça a été une discussion
32:28qu'on a eue avec mon père
32:29et avec mon frère
32:30de se dire ok
32:30en fait il y a un moment donné
32:33Justine ça
32:33ça n'est plus sa responsabilité
32:35il faut que toi aussi
32:36tu aies un suivi de ton côté
32:37pour comprendre
32:38pourquoi est-ce que
32:39t'as retranscrit ça
32:40quelles sont les raisons
32:41qu'est-ce que tu pensais faire
32:43au moment où tu le faisais
32:44et en fait c'est vrai
32:45qu'elle a accepté de le faire
32:46et je pense que ça nous a
32:47énormément aidé
32:48et aujourd'hui
32:49voilà tu en es là
32:51co-autrice
32:52voilà de ce livre
32:53sur guérir de l'anorexie
32:54c'est possible
32:55et c'est possible
32:56moi en tout cas
32:57ce que j'entends aussi
32:58c'est qu'avec cette forme
32:59de lâcher prise
33:00qu'on retrouve d'ailleurs
33:01dans tes dernières vidéos
33:02là j'ai vu que tu faisais
33:02balance ton frigo
33:03t'ouvre tout
33:04on voit tout
33:05tout voilà
33:06on sait tout
33:07on sait tout
33:08et finalement ça aussi
33:09c'est une réponse
33:09acceptée telle qu'on est
33:11sans forcément
33:12effectivement
33:13avoir ce carcan
33:14qui on l'a bien vu
33:15et vous pourrez le lire
33:16dans ce livre
33:16peut amener dans une situation
33:18voilà
33:19dont il faut trouver la force
33:20pour en sortir
33:21franchement merci beaucoup
33:22merci à toi
33:23et à bientôt
33:25à bientôt
33:25merci beaucoup
33:26et Thibaut il a du travail
33:27déjà
33:28oh oui
33:28il a des idées
33:29à les creuser
33:30merci beaucoup
33:31merci

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