00:007h, 9h, Europe 1 Matin.
00:037h11, sur Europe 1, Dimitri Pablenko, vous recevez ce matin le porte-parole des Républicains, Jonas Haddad.
00:08Bonjour Jonas Haddad.
00:09Bonjour Dimitri Pablenko.
00:10Bienvenue sur Europe 1, vous êtes aussi vice-président de la région Normandie.
00:13Vous êtes avec nous ce matin pour votre livre, c'est Nicolas qui paye, comment réparer la fracture générationnelle.
00:18Il vient de paraître aux éditions de l'Observatoire.
00:20Alors, Nicolas qui paye, on a tous entendu l'expression au moins une fois depuis un ou deux ans.
00:25Ça veut dire quoi ? Ça vient d'où ? Qui est ce Nicolas, Jonas Haddad ?
00:28Nicolas, au début c'était une blague sur les réseaux sociaux, un archétype d'un jeune actif qui en a
00:35marre de payer pour tous les autres.
00:36Il paye des impôts, il cotise, et puis il en a toujours moins pour son argent.
00:41Et il se pose la question de savoir pourquoi il paye autant.
00:44Et puis il y a un chiffre qui m'a beaucoup frappé ces dernières semaines, c'est un chiffre que
00:47vous avez peut-être vu.
00:48Un tiers des jeunes français diplômés veut quitter la France.
00:52Et je me suis dit, là il y a un problème, il y a une forme de fracture générationnelle qui
00:55est en train de s'installer.
00:56Il faut qu'on l'identifie.
00:58Un peu, vous vous souvenez, comme à l'époque Chirac qui disait qu'il y avait une fracture sociale.
01:02Je considère que la nouvelle fracture sociale, c'est celle des Nicolas qui considèrent qu'ils payent pour tous les
01:07autres.
01:08Et ils en ont marre.
01:09C'est un peu un cri d'alerte.
01:10C'est un cri d'alerte.
01:11Est-ce que vous avez une idée, justement, du coup, de notre modèle social financé par Nicolas ?
01:17Est-ce qu'on peut se faire une idée en chiffre ?
01:18Parce qu'il y a cette idée qu'on paye trop et qu'on n'en a pas pour son
01:22argent.
01:23Réellement, le jeune actif, aujourd'hui, il est l'atlas supportant le modèle social français, Jonas Haddad ?
01:28Oui, je dirais même qu'il est le tiers état.
01:30Il est le tiers état parce qu'aujourd'hui, vous avez ce chiffre de l'INSEE qui m'a vraiment
01:35profondément choqué.
01:37Le niveau de vie des actifs en France est inférieur au niveau de vie des retraités.
01:43C'est le seul pays au monde dans lequel c'est le cas.
01:45Donc, Nicolas qui paie, Jonas Haddad, il est contre les retraités ?
01:49Non, il n'est pas contre les retraités.
01:52Attention, il y en a quelques-uns qui nous écoutent.
01:53Je sais, c'est pour ça.
01:54Et vous remarquerez que le sous-titre de mon livre, c'est comment réparer la fracture générationnelle.
01:58Moi, je pense qu'il ne faut surtout pas imputer cela aux retraités.
02:02Il faut imputer cela aux politiques qui, depuis des années, ont installé un système qui est totalement obsolète.
02:06Vous savez, le fameux modèle social français dont on parle souvent, il est mort.
02:10Or, il est mort parce que la pyramide des âges n'existe plus.
02:13Vous savez, une pyramide, c'est une base large et une pointe fine.
02:17Une base, c'est-à-dire beaucoup d'actifs et une pointe fine avec quelques retraités.
02:21Or, et Dieu merci, les progrès de la technologie ont fait qu'aujourd'hui, on vit plus longtemps.
02:26Donc, comme on vit plus longtemps, il n'y a plus de pyramide des âges.
02:29Donc, il faut qu'on revoie le système économique et surtout pas incriminer des retraités qui ont juste été dans
02:36un système existant.
02:37Oui, mais en tout cas, on n'a pas accompagné l'évolution démographique de la société et on en paie
02:41le prix.
02:41Aujourd'hui, c'est ce sens que vous exprimez à propos de Nicolas Kippé.
02:46Mais qu'est-ce qu'elle regarde ? Il porterait, Nicolas, sur la mobilisation des jeunes aussi, des jeunes lycéens
02:51en ce moment,
02:51qui réclament par exemple 10 milliards d'euros pour l'éducation.
02:54Je donnais tout à l'heure le chiffre de la dépense intérieure d'éducation en France.
02:57C'est 200 milliards qu'on y consacre chaque année.
03:00Est-ce que 10 milliards de plus vont y changer quelque chose ? Qu'en pense Nicolas, d'après vous
03:03?
03:03Vous voyez, Nicolas Kippé, ça marche pour tous les sujets.
03:06Qui va payer les dégradations ? Qui va payer les lycées qui ont été cassés ?
03:12Par exemple, vous disiez que je suis élu de Normandie, c'est Nicolas qui va payer les dégradations.
03:17Donc en fait, d'un côté, Nicolas, il voit une jeunesse qui veut brûler, qui veut casser,
03:21qui est d'ailleurs alimentée par les défis.
03:23Et puis d'un autre côté, il voit sa jeunesse à lui, entre guillemets,
03:26qui va se lever le matin, qui va bosser.
03:29Un fait assez incroyable, la semaine dernière, j'inaugurais un lycée professionnel
03:32dans lequel il y avait beaucoup de gens qui ressemblaient à des Nicolas.
03:35Ils m'accueillaient en cravate alors qu'ils étaient assez jeunes.
03:37Et à quelques kilomètres, il y avait un lycée qui brûlait
03:41avec des gens qui étaient d'une autre jeunesse.
03:43Il y a deux jeunesses en France aujourd'hui.
03:44Et Nicolas regarde l'autre jeunesse et il se dit qu'il va payer pour l'autre jeunesse.
03:48Oui, sachant que la jeunesse qui manifeste et qui demande plus d'argent aujourd'hui
03:51et qui n'a pas l'air d'être celle qui met des cravates,
03:53dans quelques années, peut-être qu'elle emportera aussi des cravates, Jonas Haddad.
03:56C'est ça aussi qu'il faut se dire.
03:58Les étudiants, les lycéens d'aujourd'hui qui défilent,
04:01cotiseront les cotisants de demain.
04:03Peut-être, mais en tout cas ce que l'on voit aujourd'hui,
04:05c'est qu'il y a un certain nombre de jeunes qui n'ont pas conscience
04:07du modèle dans lequel nous sommes.
04:09Quand vous allez avoir demain l'intelligence artificielle,
04:11est-ce que vous pensez vraiment que les employeurs vont accueillir les jeunes
04:15qu'on entend dire, oh là là on travaille trop parce qu'on bosse de 8h à 15h ?
04:21Non, l'intelligence artificielle va nous mettre beaucoup en concurrence
04:24et donc les jeunes qui n'ont pas envie de bosser, malheureusement ce sera compliqué pour eux.
04:28Alors Nicolas qui paye, vous nous avez parlé de ces jeunes qui quittent le pays après leurs études.
04:33Donc c'est terrible parce que ce sont des étudiants que la France a beaucoup payé pour former
04:39parce qu'un étudiant ça coûte relativement cher.
04:41Qu'est-ce qu'il fait aussi face à cela ?
04:43Est-ce qu'il baisse les bras ? Est-ce qu'il va se révolter ?
04:46Parce qu'il y a toujours ce spectre de la révolte fiscale.
04:48On dit Nicolas, c'est le lointain descendant de Jacques et de ces fameuses jacqueries.
04:53Vous y croyez à ça vous, sincèrement ?
04:55Oui, c'est ce que j'écris dans le livre.
04:57Le mot jacquerie vient de la révolte des Jacques, c'était des paysans qu'on méprisait.
05:02Oui, j'y crois parce que je pense qu'on est arrivé à un point de bascule.
05:06Un point de bascule dans lequel les uns et les autres en ont marre.
05:08Donc soit ils votent avec les pieds, c'est-à-dire qu'ils partent,
05:10et ce n'est pas le cas que des diplômés.
05:12Vous savez que par exemple en Australie, le nombre de visas de travail pour des jeunes Français,
05:16pour des petits boulots, même pas pour des grands diplômes,
05:19pour des petits boulots à exploser parce que les gens en ont marre partent.
05:22Donc oui, il y a une révolte qui est en train de s'amorcer.
05:24Et pourquoi je veux le dire à l'occasion de l'élection présidentielle ?
05:27Parce que c'est le moment dans lequel les idées bouillonnent.
05:29C'est là où on définit les grandes lignes du pays,
05:32et je pense que c'est le moment de se révolter.
05:33Alors qui va le défendre politiquement ?
05:35Nicolas qui paye, surtout si vous nous dites qu'il en a marre de pays
05:38qui trouve qu'il paye trop cher pour les retraites.
05:40On sait où sont les gros bataillons qui font les présidents de la République,
05:44Jonas Haddad. Ils ne sont pas chez les Nicolas, ils sont plutôt chez les retraités.
05:47Peut-être, mais c'est pour ça que je dis qu'il ne faut pas opposer les deux générations.
05:50Je ne veux pas du conflit générationnel.
05:52Je pense que, regardez quand on a parlé de l'écologie.
05:55À un moment, il y a une prise de conscience écologique dans la jeune génération.
05:58Personne n'a dit que c'est de la faute des boomers.
06:00On a dit que c'est de la faute d'un système.
06:02On consomme mal, on produit mal.
06:04Moi, je dis la même chose.
06:05Regardez notre système économique, il est obsolète.
06:07Mais c'est Nicolas qui va payer in fine aussi, toujours.
06:10Parce que c'est à lui qu'on dira qu'il faudra travailler jusqu'à 65, 67 ans,
06:13avoir des pensions moins importantes, cotiser davantage, etc.
06:17Nicolas ne payera plus si on fait, par exemple, la retraite par capitalisation,
06:21que j'appelle de mes voeux à l'intérieur de ce livre.
06:23Tout le monde l'appelle de ses voeux, mais vous savez que c'est 25 à 30 ans de bascule.
06:27Ça ne se fait pas du jour au lendemain.
06:28Prenons un autre exemple.
06:30La suppression des régimes spéciaux que je propose à l'intérieur du livre,
06:33c'est quelque chose qui serait très important.
06:35Regardez, par exemple, on parle de l'éducation.
06:38Le gouvernement actuel a mis 10 milliards de plus dans l'éducation.
06:41Vous savez que sur les 10 milliards, il y en a 9 qui ont été versés aux retraites de l
06:45'éducation nationale.
06:46C'est-à-dire qu'en gros, aujourd'hui dans chaque budget,
06:48chaque budget public est pompé par le système des retraites.
06:52On y revient toujours.
06:53En fait, on y revient toujours et on arrose du sable.
06:56Ce que je dis, c'est changeons de système pour arrêter d'arroser le sable
07:00qui fait qu'aujourd'hui le système ne tient plus.
07:01Donc, vous êtes porte-parole des Républicains.
07:03L'LR sera le parti, le candidat des Nicolas qui paye, j'en ai sa date.
07:09Je pense que vous avez très bien résumé mon propos.
07:11Est-ce que vous pensez que c'est vraiment fédérateur ?
07:14Si c'est la question qu'on peut se poser, ce propos que vous avez sur cet actif qui contribue
07:20au système,
07:20qui paye beaucoup d'impôts.
07:22Est-ce que c'est vraiment fédérateur dans la mesure où on sait aussi que dans notre système,
07:26plus d'un contribuable sur deux est bénéficiaire net de la redistribution.
07:30Ça veut dire concrètement qu'il perçoit plus du système qu'il n'y contribue.
07:35Il reçoit plus d'allocations de prestations diverses et variées qu'il ne paye d'impôts.
07:38Est-ce qu'il a intérêt, celui-là, à soutenir Nicolas qui paye, j'en ai sa date ?
07:42Alors, ce que vous dites est vrai.
07:44Simplement, ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, il n'est pas normal qu'un ouvrier,
07:48entendez-moi bien, un ouvrier qui est actif, touche moins qu'un retraité qui est inactif en termes de contribution.
07:56C'est-à-dire qu'en gros, un ouvrier cotise plus que ce qu'il reçoit.
07:59Ce n'est pas normal.
08:00Les gens qui nous écoutent tôt ce matin et qui vont se lever bosser,
08:04ce n'est pas normal qu'ils reçoivent moins.
08:05Donc, je pense que ça peut transcender des clivages politiques et des classes et des catégories socioprofessionnelles différentes
08:11pour embarquer les gens dans le fait de se dire
08:13« C'est notre système qui est beaucoup trop... Il nous ponctionne trop. »
08:18Quelle que soit notre catégorie, que ce soit d'ailleurs les retraités,
08:21quand j'entends des gens dire « Il faut ponctionner les retraités. »
08:23Arrêtez de demander des efforts aux gens.
08:25Demandez qu'est-ce que l'État peut faire comme effort pour transformer son système, sinon on n'y arrivera
08:29pas.
08:30Merci Jonas Haddad, vice-président de la région Normandie, pour le Parole des Républicains.
08:33Et donc, votre livre « Nicolas qui paye ? Comment réparer la fracture générationnelle ? »
08:38Ça vient de paraître aux éditions de l'Observatoire.
08:40Merci d'être venu nous en parler. Bonne journée à vous.
08:42Merci.
08:42Il est 7h19.
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