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  • il y a 4 heures
Avec :
- Jean-Baptiste Comby, sociologue,
- Léna Lazare, activiste écologiste,
- Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue,
- Fabienne Rouchy, responsable de la CGT.
- Emilio Meslet, grand reporter à l'Humanité,
- Jessica Stéphan, journaliste à l'Humanité.

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Transcription
00:00:00de perdre du terrain alors que cette préoccupation montait ces dernières années
00:00:04dans les actions militantes, dans les consciences.
00:00:07La préoccupation écologique perd-elle du terrain ?
00:00:10C'est un débat que nous allons mener avec Jean-Baptiste Combi qui est sociologue,
00:00:14Léna Lazare, activiste écologiste, Valérie Masson-Delmotte qui est paléoclimatologue
00:00:19et Fabienne Rouchy, responsable à la CGT.
00:00:23Un débat animé par Emilio Mellet, grand reporter à l'Humanité
00:00:27et Jessica Stéphan.
00:00:38Alors bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour ce dernier débat de l'Agora de la fête de l
00:00:44'Humanité
00:00:44et en direct sur le site de l'Humanité.
00:00:47Vous le savez, notre journal l'Humanité fête ses 120 ans
00:00:51et pour conclure nos riches échanges du week-end, nous avons décidé de regarder vers les 120
00:00:56les 120 prochaines années et donc vers le défi du siècle, le défi climatique
00:01:01avec une table ronde intitulée « La préoccupation écologique perd-elle du terrain ? »
00:01:06Lors des élections européennes puis législatives, l'écologie a quasiment disparu du débat public.
00:01:13Entre 3 et 5% du temps médiatique a été consacré à ces sujets lors de ces campagnes
00:01:17et lorsqu'il en a été question, ce fut parfois avec un cadrage scandaleux
00:01:22du type « écologie, stop ou encore ».
00:01:25Alors comment remettre l'écologie au centre ?
00:01:28Quels sont les obstacles à une vraie prise en compte des enjeux environnementaux ?
00:01:33Est-ce une question de bataille idéologique et culturelle
00:01:36ou de rapport de force à accentuer ?
00:01:38C'est tout l'objet de cette discussion ?
00:01:40Et avec nous pour en discuter sur cette scène de l'Agora,
00:01:44Fabienne Rouchy, responsable des questions écologiques à la CGT
00:01:48et membre du Conseil économique, social et environnemental.
00:01:58Le sociologue Jean-Baptiste Combi, auteur de l'essai « Écolo mais pas trop,
00:02:02les classes sociales face à l'enjeu environnemental »,
00:02:04livre qu'il dédicacera à l'issue de ce débat.
00:02:12Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue,
00:02:15directrice de recherche au commissariat à l'énergie atomique
00:02:18et aux énergies alternatives.
00:02:20Et vous êtes aussi ancienne coprésidente du groupe numéro 1 du GIEC.
00:02:29Et enfin, Léna Lazare, porte-parole des soulèvements de la Terre.
00:02:35Merci en tous les cas à tous les quatre de vous être joints à la fête de l'humanité
00:02:40et d'être avec nous aujourd'hui.
00:02:43Alors Valérie Masson-Delmotte, notre première question s'adresse à vous.
00:02:47Où en est-on aujourd'hui ? Comment va le monde ?
00:02:52Donc j'ai trois minutes.
00:02:54Et ce que je veux commencer par dire, c'est à quel point c'est plaisant d'être ici
00:02:58dans un contexte festif, populaire et engagé.
00:03:03Pourquoi est-ce que c'est important ?
00:03:06Pourquoi est-ce que c'est important ?
00:03:07Donc d'abord, le climat à l'échelle planétaire, où est-ce qu'on en est ?
00:03:10C'est mon angle en fait, sur l'état du monde.
00:03:13Donc le réchauffement planétaire, il se poursuit.
00:03:16Il se poursuit du fait des émissions de gaz à effet de serre à un rythme élevé.
00:03:20Et comme en plus, on a eu un événement El Nino 2023-2024,
00:03:24on a encore battu des records de températures.
00:03:27On vit partout avec les conséquences de ce climat qui change,
00:03:30avec le fait qu'il dope les événements extrêmes,
00:03:34les extrêmes chauds, 30 degrés en Méditerranée cet été,
00:03:37la vie marine, elle, aux premières loges.
00:03:40On vit aussi avec le fait qu'il dope les sécheresses les plus intenses,
00:03:45donc un cycle de l'eau plus intense, plus variable.
00:03:47Vous vous souvenez, 2022, les sécheresses très difficiles à gérer en France.
00:03:52Et cet été, cette année, des difficultés graves liées aux précipitations,
00:03:59liées aux inondations.
00:04:00Le monde agricole en première ligne.
00:04:02Et en France, des rendements d'une production de céréales touchées de plein fouet.
00:04:08Des hivers plus doux qui favorisent des vecteurs de maladies qui se déplacent.
00:04:12Ça concerne la santé humaine, avec la dengue, le West Nile, en France,
00:04:16mais aussi dans d'autres régions du monde.
00:04:18Ça concerne aussi les vecteurs de maladies qui touchent l'élevage.
00:04:22Donc on est dans le dur, en fait.
00:04:23On est dans le dur sur des questions d'habitabilité,
00:04:26on est dans le dur sur des questions de gestion de risque, de solidarité.
00:04:31Souvent l'impression d'être pas prêt,
00:04:33parce qu'il y a un décalage entre ce qu'on pourrait faire pour mieux se préparer,
00:04:37les actions d'adaptation pour les infrastructures,
00:04:40pour anticiper ces risques,
00:04:42et ce qui est réellement mis en oeuvre.
00:04:44Et c'est d'autant plus le cas dans les régions, bien sûr,
00:04:47les plus vulnérables, les plus pauvres,
00:04:50et pour les communautés les plus vulnérables, les plus pauvres, partout.
00:04:54Si on regarde les émissions de gaz à effet de serre dans le monde,
00:04:57ce que l'on voit, c'est que pour beaucoup de gaz à effet de serre,
00:05:00elles continuent à augmenter.
00:05:02Celui qui pèse le plus,
00:05:03c'est le dioxyde de carbone lié aux énergies fossiles.
00:05:06Et là, il y a des choses encourageantes,
00:05:08c'est-à-dire la hausse se ralentit,
00:05:11mais on n'est pas encore à un pic
00:05:12avec une baisse nette au niveau mondial.
00:05:16Pour la France, en 2023,
00:05:20on a atteint un rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre,
00:05:24même en tenant compte des effets de l'inflation,
00:05:27qui permettraient de tenir les engagements à horizon 2030 et pour la suite.
00:05:32Mais à condition de maintenir l'effort dans la durée,
00:05:35de mettre en priorité les investissements
00:05:38pour construire une économie décarbonée.
00:05:40Et là, qu'est-ce qui se passe depuis le début de l'année 2024 ?
00:05:45Tous les documents stratégiques de la France sont à l'arrêt.
00:05:49On devrait avoir une programmation,
00:05:51une planification énergie et climat à l'arrêt.
00:05:54On devrait avoir la réactualisation du plan national
00:05:57d'adaptation au changement climatique à l'arrêt.
00:06:00C'est au moment où on voit qu'on commence à atteindre
00:06:02le rythme de croisière qu'on devrait maintenir,
00:06:05que les efforts se ralentissent.
00:06:08Et donc, moi, ce que j'ai envie de dire par rapport à l'état du monde,
00:06:11c'est qu'il y a des choses qui ont avancé.
00:06:13Elles ont avancé parce qu'il y a eu une pression collective, citoyenne,
00:06:18une pression dans l'ensemble de la société.
00:06:21Si on regarde la partie énergétique, il y a eu des avancées à la COP28 à Dubaï.
00:06:27Et vous avez peut-être noté que les négociations internationales pour le climat,
00:06:30en ce moment, c'est la succession d'États pétrolières qui les hébergent.
00:06:35Les Émirats arabes unis, l'Azerbaïdjan cette année,
00:06:38et le Brésil, un rendez-vous très important l'année prochaine.
00:06:42Le Brésil fait partie de l'OPEP+, maintenant, producteur de pétrole.
00:06:45Mais au moins, dans le cadre des négociations internationales,
00:06:49les points clés de ce qu'est une transition énergétique ont été inscrits.
00:06:53Efficacité, montée en puissance des renouvelables,
00:06:56toutes les énergies bas carbone dont on a besoin pour permettre de vivre décemment,
00:07:00la feuille de route est là, mais elle n'est pas traduite de manière concrète
00:07:04avec les investissements à hauteur des enjeux.
00:07:06Et il y a un gros absent, et vous l'avez certainement observé,
00:07:10le système alimentaire dans le monde, il est fragile.
00:07:13Il est vulnérable aux conséquences d'un changement climatique.
00:07:15Il est injuste pour les exploitants agricoles qui sont en première ligne.
00:07:20On a une partie de la population mondiale croissante
00:07:23qui n'arrive pas à manger à sa faim.
00:07:25Et on a également beaucoup de personnes qui souffrent de surpoids,
00:07:29d'obésité par une alimentation déséquilibrée.
00:07:32Ils contribuent à un tiers des émissions de gaz à effet de serre.
00:07:35Et les transformations pour un système agricole résilient,
00:07:39plus juste, décarboné, elles ne sont pas là.
00:07:43Et elles ne sont même pas reflétées au niveau des COP du premier bilan mondial
00:07:48de l'accord de Paris sur le climat.
00:07:50Et la crise agricole a aussi fait faire en Europe un retour grave.
00:07:55Voilà.
00:07:55Donc l'état du monde, des choses qui ont avancé,
00:07:58des choses qu'on pourrait faire mieux, plus vite.
00:08:00Mais il faut une pression citoyenne pour que le cap soit tenu
00:08:04et qu'il soit fait de manière juste.
00:08:09Alors merci Valérie Masson-Delmotte d'avoir décrit cette montagne
00:08:12qui se trouve face à nous.
00:08:14Maintenant, on a décidé aussi de mettre directement les pieds dans le plat.
00:08:18L'écologie, en tout cas au sein de la gauche, au sein du mouvement écologiste,
00:08:23les questions se posent sur comment parler d'écologie,
00:08:25comment faire en sorte que l'écologie progresse, continue d'avancer,
00:08:30voire et surtout ne régresse pas.
00:08:32Alors, on a une question assez binaire,
00:08:38mais qui vaut le coup d'être posée.
00:08:40L'écologie peut-elle être consensuelle ?
00:08:42Ou faut-il assumer qu'il s'agit d'un sujet de clivage,
00:08:44un sujet de lutte des classes ?
00:08:46Je précise que cette question s'adresse à vous tous
00:08:50et que nous allons commencer par vous, Fabienne Roucher.
00:08:53Merci.
00:08:56De toute façon, nous, ce qu'on observe,
00:08:59c'est que les problèmes sociaux et les problèmes environnementaux,
00:09:02ils sont intimement liés à la CGT
00:09:04et les travailleuses et les travailleurs sont d'accord pour le dire.
00:09:08Ils sont quand même les premières victimes
00:09:10lorsque des processus de production dégradent l'environnement,
00:09:15provoquent des pollutions,
00:09:17ils en sont les premières victimes.
00:09:18Donc, évidemment qu'on essaye de travailler avec eux
00:09:22et on a des camarades qui ont porté des projets alternatifs
00:09:26pour modifier, pour transformer l'appareil productif
00:09:29qui ont parfois réussi, souvent après de longues luttes,
00:09:34après des interventions multiples
00:09:38qu'on a soutenues largement, collectivement,
00:09:41auprès des ministères
00:09:43pour essayer d'être entendus
00:09:44sur des projets crédibles
00:09:45qui ont fini, pour certains, par aboutir.
00:09:47Mais vraiment, c'était une lutte extrêmement dure.
00:09:51Donc, les pouvoirs publics,
00:09:52ils ont un rôle extrêmement important à jouer là-dedans
00:09:55et on est tout à fait d'accord
00:09:58avec ce que vient de dire Valérie,
00:10:00c'est qu'on n'est quand même pas dans une phase
00:10:02où ils ont décidé de le faire.
00:10:05Quand on voit les budgets d'austérité
00:10:07qu'on nous propose,
00:10:08on voit bien, le premier ministre qui a été nommé,
00:10:13c'est un commissaire européen,
00:10:15un ancien commissaire européen
00:10:16qui va s'appuyer sur les décisions
00:10:18de la Commission européenne
00:10:19avec une procédure pour déficit excessif
00:10:23vis-à-vis de la France,
00:10:25bon, on se dit qu'effectivement,
00:10:27il y a quand même un tas de ministères
00:10:28qui ont des budgets
00:10:30qui vont être complètement sabrés,
00:10:33diminués,
00:10:33dont celui de la transition écologique.
00:10:35D'ailleurs, Christophe Béchut s'en est lui-même ému
00:10:38en disant,
00:10:39vous m'avez déjà sabré 2 milliards en février 2024,
00:10:42là, je vais encore avoir une réduction
00:10:44de mon budget d'un milliard supplémentaire,
00:10:46qu'est-ce que vous voulez que je fasse avec ça ?
00:10:48Jamais la France ne pourra tenir,
00:10:49avec des budgets de ce type,
00:10:51ces engagements climatiques.
00:10:54Alors, nous, on travaille aussi sur
00:10:58les aides aux entreprises.
00:10:59Là, on a 200 milliards annuels,
00:11:01à peu près, d'aides publiques aux entreprises
00:11:03qui sont quand même
00:11:06attribuées sans conditionnalité.
00:11:09Ce qu'on se dit, c'est que
00:11:10le minimum, ce serait de les conditionner
00:11:13à des critères sociaux et environnementaux.
00:11:16Et même la Cour des comptes,
00:11:17ils ne sont pas tous à la CGT, pourtant,
00:11:20les membres de la Cour des comptes
00:11:21se sont émus du fait que
00:11:23ces aides-là, on n'en évaluait jamais
00:11:26la pertinence ni l'efficacité
00:11:29et qu'elles étaient très peu contrôlées.
00:11:31Il n'y a pas de dispositif aujourd'hui
00:11:32en France qui le permette.
00:11:33Donc, on essaie aussi d'agir
00:11:36pour que tout cela soit pris en compte.
00:11:40Mais, bien sûr, c'est un sujet de lutte des classes.
00:11:42Et d'ailleurs, quand on arrive
00:11:44à transformer l'appareil productif,
00:11:46à remettre dans le débat public
00:11:49toutes ces problématiques-là,
00:11:51qui sont très concrètes
00:11:52pour les travailleuses et les travailleurs,
00:11:53au quotidien, on le fait par la lutte.
00:11:56Et on est entendu quand on lutte.
00:12:05Léna Lazare, alors l'écologie,
00:12:06peut-elle être consensuelle
00:12:07ou c'est un sujet de lutte des classes pour vous ?
00:12:11Je pense que c'est un sujet de lutte des classes.
00:12:13Ce que j'ai toujours trouvé inquiétant
00:12:15en tant qu'activiste écologiste,
00:12:17c'est de voir aussi à quel point
00:12:21notamment des partis politiques de droite,
00:12:23d'extrême droite,
00:12:25s'accaparaient de plus en plus
00:12:26cette notion d'écologie,
00:12:28qu'on voyait qu'on pouvait mettre
00:12:30toutes sortes de choses derrière ce mot-là
00:12:32et que le greenwashing, en fait,
00:12:33il avançait de plus en plus.
00:12:35Si ce n'est pas clair pour tout le monde
00:12:37quand on parle d'écologie,
00:12:38justement, qu'on veut une écologie conséquente
00:12:40qui suit les consensus scientifiques
00:12:42et donc qui rime avec justice sociale,
00:12:44ça va être très compliqué
00:12:45d'avancer dans le bon sens
00:12:47et justement de faire croire aux gens
00:12:50que les choses sont sous son contrôle
00:12:52et qu'on va pouvoir avancer tranquillement
00:12:54alors qu'on voit qu'on a vraiment besoin
00:12:55d'une révolution
00:12:57et de changer tout un tas de choses.
00:13:02C'est sûr que ça ne va pas permettre
00:13:05de nourrir des mobilisations
00:13:06qui sont hyper importantes,
00:13:07qui sont vitales actuellement.
00:13:11Je sais que, par exemple,
00:13:13on nous reprochait beaucoup
00:13:14au début du sport climat
00:13:15qu'on affiche qu'on était anticapitaliste
00:13:18alors qu'on sait très bien
00:13:19que dans une planète aux ressources finies,
00:13:25on ne peut pas avoir une croissance infinie
00:13:26et que, du coup,
00:13:27toutes ces choses-là
00:13:28qui devraient être assez basiques,
00:13:29que ce ne soit pas encore évident
00:13:31pour tout le monde.
00:13:32Oui, je trouve que c'est inquiétant
00:13:34et qu'il faut qu'on continue
00:13:36à se mobiliser
00:13:38pour que les choses changent réellement
00:13:40et qu'on reste sur une planète habitable.
00:13:45Jean-Baptiste Combi, même question.
00:13:47Normalement, vous avez...
00:13:56C'est la même question.
00:13:58Oui, pour répondre à cette question,
00:14:00j'avais envie de revenir sur la question
00:14:02du débat, en fait.
00:14:04Est-ce que la préoccupation environnementale
00:14:06perd du terrain ?
00:14:08Parce que moi, ce que j'ai observé
00:14:09dans les enquêtes que j'ai menées,
00:14:10c'est que la préoccupation environnementale,
00:14:12quel que soit l'endroit où on se situe
00:14:13dans le monde social,
00:14:14elle ne perd pas du terrain.
00:14:15Par contre, l'adhésion aux politiques écologiques,
00:14:18qui sont des politiques écologiques
00:14:20sur lesquelles les bourgeoisies
00:14:22ont mis la main,
00:14:23ça, oui, ça perd du terrain.
00:14:26Donc l'écologie bourgeoise
00:14:28perd du terrain,
00:14:29et quelque part, tant mieux,
00:14:30parce que c'est une écologie
00:14:31qui se présente comme consensuelle,
00:14:32j'en arrive à la question,
00:14:33alors qu'elle ne l'est pas.
00:14:35Mais par contre,
00:14:36la préoccupation environnementale,
00:14:37y compris chez des gens
00:14:38qui peuvent avoir
00:14:40des orientations politiques
00:14:41opposées à celles des nôtres,
00:14:42je peux vous promettre
00:14:43que quand on prend le temps
00:14:44de parler avec ces gens-là,
00:14:45quand on prend le temps
00:14:46de les écouter,
00:14:47ils manifestent une réelle inquiétude
00:14:49pour la dégradation
00:14:49des milieux naturels
00:14:51et des milieux de vie
00:14:51dans lesquels ils évoluent.
00:14:53Donc,
00:14:56l'écologie,
00:14:57elle est nécessairement inscrite
00:14:59et elle doit être pensée
00:15:00au prisme de la lutte des classes,
00:15:02parce que l'écologie,
00:15:03elle vient accentuer
00:15:05des inégalités sociales
00:15:05qui sont déjà là.
00:15:06Et les inégalités sociales,
00:15:08elles ne tombent pas du ciel.
00:15:10Les inégalités sociales,
00:15:10c'est le produit
00:15:11de rapports de domination.
00:15:13Et si on veut combattre
00:15:13les inégalités sociales
00:15:14face à l'enjeu environnemental,
00:15:15alors il faut combattre
00:15:17ces rapports de domination,
00:15:19il faut transformer en profondeur
00:15:20les cadres sociaux
00:15:21de la vie commune
00:15:22qui sont inlassablement
00:15:26et malheureusement profondément
00:15:27mis en place
00:15:28par une classe possédante,
00:15:29une classe dominante
00:15:30qui n'a que le pouvoir,
00:15:31qui a le pouvoir sur tout
00:15:32et surtout le pouvoir
00:15:33de détruire la vie sur Terre.
00:15:40Et on termine avec vous,
00:15:41Valérie Masson-Delmotte,
00:15:43l'écologie peut-elle être consensuelle
00:15:44ou alors est-ce qu'il faut assumer
00:15:45que c'est un sujet de clivage ?
00:15:48Alors la première chose,
00:15:49moi je suis scientifique,
00:15:50je suis attachée à des délibérations
00:15:53qui sont éclairées
00:15:54par des éléments objectifs,
00:15:55des faits.
00:15:56Et ce que j'espère vraiment,
00:15:58c'est qu'on sera capable
00:15:59d'avoir une base commune,
00:16:01objective, de faits,
00:16:03sur lesquels on puisse délibérer.
00:16:04Donc c'est vraiment ce qu'on fait
00:16:06notamment à travers les rapports du GIEC
00:16:08ou ce que fait le Haut Conseil
00:16:09pour le climat,
00:16:10c'est fournir en fait
00:16:11cette base factuelle.
00:16:13On a encore du déni,
00:16:14c'est-à-dire pour certains,
00:16:16dans certains groupes politiques,
00:16:17dans certains groupes,
00:16:18dans toutes les sociétés,
00:16:19il y a encore ce déni,
00:16:21il se réduit.
00:16:22Et ensuite,
00:16:23je pense qu'on est sur un enjeu
00:16:24aussi de délibération démocratique.
00:16:27Quelles sont les visions
00:16:28qui sont proposées ?
00:16:29Quelles sont les trajectoires
00:16:31qui sont construites,
00:16:32qui sont proposées,
00:16:33qui sont débattues ?
00:16:34Et l'impression que j'ai eue
00:16:36à travers les différentes élections récentes,
00:16:39notamment en France,
00:16:40mais aussi dans d'autres pays,
00:16:42c'est aussi le cas aux Etats-Unis
00:16:43en ce moment,
00:16:44on n'arrive pas à avoir
00:16:45de délibération
00:16:46sur la base de faits objectifs
00:16:48pour confronter les programmes,
00:16:51les visions,
00:16:51à l'angle des transitions,
00:16:53des transformations
00:16:53qui sont nécessaires.
00:16:55Donc il y a quelque part
00:16:56une captation du débat démocratique
00:16:59avec l'idée de passer sous silence
00:17:01ces enjeux-là.
00:17:02Et pour rebondir sur ce qui était dit
00:17:04tout à l'heure,
00:17:05pour moi,
00:17:05c'est des enjeux profondément de justice,
00:17:08pas seulement de lutte des classes,
00:17:09de justice.
00:17:10De justice entre les régions du monde,
00:17:13celles qui sont les plus vulnérables,
00:17:15celles qui sont les plus responsables.
00:17:17Et, comment dire,
00:17:18la tragédie à l'angle de la justice,
00:17:21elle est particulièrement visible
00:17:22quand on regarde les montants alloués
00:17:23aux nouveaux fonds,
00:17:24pertes et dommages
00:17:25dans le cadre des négociations internationales
00:17:27sur le climat,
00:17:28où en fait,
00:17:28on fait semblant
00:17:29de mettre sur la table
00:17:30quelques centaines de millions de dollars
00:17:33l'équivalent des salaires
00:17:34des trois footballeurs
00:17:35les mieux payés au monde
00:17:36pour aider les communautés
00:17:38les plus fragiles,
00:17:39juste à reconstruire post-catastrophe.
00:17:41Et c'est largement insuffisant
00:17:42et même difficile d'accès
00:17:43dans les contextes
00:17:44les plus vulnérables.
00:17:45C'est un enjeu de justice
00:17:47par rapport aux pertes et dommages,
00:17:49aux impacts,
00:17:49entre territoires,
00:17:51à l'intérieur de chaque communauté,
00:17:53de chaque lieu de vie.
00:17:54C'est un enjeu aussi,
00:17:55bien sûr,
00:17:56entre générations.
00:17:56C'est un enjeu de justice
00:17:58par rapport aux espèces vivantes
00:18:00qui n'ont rien demandé,
00:18:01on n'en a pas parlé jusqu'à présent
00:18:02et qui prennent de plein fouet
00:18:04les conséquences de ce climat
00:18:05qui change.
00:18:06Et juste une manière de le voir,
00:18:09à quel point on est mauvais
00:18:11sur la préservation du vivant,
00:18:13c'est l'état des forêts en Europe,
00:18:15la dégradation en fait
00:18:16de l'état des forêts françaises.
00:18:18On a perdu la moitié
00:18:20de leur capacité à stocker du carbone
00:18:21sans parler du reste.
00:18:22Il n'y a plus de puits de carbone
00:18:24des forêts en Finlande,
00:18:25en République tchèque.
00:18:26Et c'est juste une manière
00:18:28un peu comptable,
00:18:29juste à l'enclimat,
00:18:30de voir à quel point
00:18:32cette question de justice aussi
00:18:33par rapport aux écosystèmes,
00:18:35aux autres formes de vie,
00:18:36est importante.
00:18:38L'eau, c'est le vecteur
00:18:39de l'injustice climatique.
00:18:40C'est comme ça que ça touche
00:18:41de plein fouet.
00:18:43Et je vais juste témoigner
00:18:44des auditions, moi,
00:18:46qui m'ont frappée
00:18:46dans le cadre du comité
00:18:48national consultatif d'éthique.
00:18:50On travaille sur les enjeux croisés,
00:18:51santé, climat.
00:18:53Les deux auditions
00:18:54qui m'ont le plus marqué,
00:18:55c'est la présidente
00:18:56de la Croix-Rouge
00:18:57du Pas-de-Calais
00:18:58qui a géré
00:18:59les dizaines de milliers
00:19:00de déplacés
00:19:01qui ont été
00:19:02dans des habitats précaires,
00:19:03des difficultés
00:19:04de relogement
00:19:05et le témoignage
00:19:07qu'elle a fait,
00:19:07notamment par rapport
00:19:08aux enfants.
00:19:09Et le deuxième témoignage
00:19:11qui m'a marqué,
00:19:12c'est celui du directeur
00:19:13de l'Agence régionale
00:19:14de santé à Mayotte
00:19:15où il y a eu
00:19:16une crise de l'eau
00:19:17extrêmement profonde
00:19:18avec de multiples vecteurs
00:19:20de tensions,
00:19:21de fragilité sociale
00:19:23dans le territoire
00:19:24mais l'absence
00:19:24d'eau potable,
00:19:26à quel point
00:19:26ça détruit en fait
00:19:27toute possibilité
00:19:29de vie digne,
00:19:31de vie décente.
00:19:32On voit à quel point
00:19:33c'est frappant.
00:19:33Je prends ces deux exemples-là
00:19:35pour illustrer
00:19:36que ce n'est pas simplement
00:19:37une lutte des classes
00:19:38mais c'est aussi en fait
00:19:39des enjeux
00:19:40sur certains secteurs
00:19:42particulièrement vulnérables,
00:19:43particulièrement exposés
00:19:44où on voit bien
00:19:45qu'on gère crise après crise
00:19:46et qu'on a du mal
00:19:48à aborder
00:19:48ne serait-ce qu'un minimum
00:19:50d'anticipation
00:19:51des défis
00:19:52qui vont continuer
00:19:53à se poser.
00:19:54Et puis la chose
00:19:55qui me frappe
00:19:55c'est que pour moi
00:19:56on n'est plus dans le déni
00:19:57mais on est dans le dur
00:19:59du rapport de force.
00:20:00Le dur du rapport de force
00:20:02au sens où
00:20:03changer d'échelle
00:20:04notamment pour décarboner,
00:20:06pour anticiper,
00:20:08c'est des choix
00:20:08sur les financements,
00:20:10les priorités de financement
00:20:11dans un contexte
00:20:12d'inflation,
00:20:13dans un contexte
00:20:14d'érosion
00:20:14du pouvoir d'achat,
00:20:16comment créer
00:20:17l'adhésion
00:20:18des classes moyennes,
00:20:19comment créer
00:20:19l'adhésion
00:20:20des classes populaires,
00:20:21comment faire en sorte
00:20:22que les entreprises
00:20:23n'alimentent pas
00:20:24le backlash environnemental,
00:20:26c'est vraiment
00:20:27une question de fond
00:20:28et c'est une question
00:20:29de transition juste,
00:20:30pensée comme juste,
00:20:32avec un juste partage
00:20:33de l'effort
00:20:33notamment sur la fiscalité
00:20:35et les financements
00:20:36et on voit que c'est ça
00:20:37un des points clés
00:20:38qui bloquent
00:20:39en ce moment.
00:20:47Fabienne Rouchy,
00:20:48vous évoquiez tout à l'heure
00:20:49la lutte,
00:20:50on le sait,
00:20:51la crise écologique
00:20:52a tout à voir
00:20:52avec un système économique
00:20:54de prédation des ressources,
00:20:55l'entreprise est donc
00:20:57centrale
00:20:58pour régler le problème,
00:20:59comment mobiliser
00:21:00les salariés
00:21:01et comment est-ce qu'ils peuvent
00:21:02accentuer
00:21:03le rapport de force ?
00:21:04Alors les salariés,
00:21:06ils se mobilisent,
00:21:08bon,
00:21:09je le disais tout à l'heure,
00:21:10ce sont les premières victimes
00:21:13des processus
00:21:14de production
00:21:15qui sont polluants
00:21:16et qui détruisent
00:21:17l'environnement,
00:21:18eux et leurs familles
00:21:19évidemment.
00:21:20Nous,
00:21:21ce qu'on essaye de faire,
00:21:22c'est de mettre
00:21:22des outils à leur disposition,
00:21:24on a ce qu'on appelle
00:21:25le radar travail-environnement
00:21:27qui permet à la fois
00:21:29d'aller dans l'entreprise
00:21:31au débat avec les salariés,
00:21:32qui permet de mettre
00:21:34en place un certain
00:21:36nombre de choses,
00:21:36des enquêtes,
00:21:37etc.,
00:21:37et de sortir avec
00:21:38des projets alternatifs,
00:21:40de pouvoir les travailler
00:21:42et essayer d'arriver
00:21:43à les mettre en oeuvre,
00:21:44mais on a du mal quand même
00:21:45si on ne se mobilise pas
00:21:46et très souvent,
00:21:48il faut faire grève,
00:21:50enfin bon,
00:21:51je pense aux camarades
00:21:53des centrales à charbon,
00:21:55par exemple de Gardanne,
00:21:56de Corde-Mais,
00:21:57qui ont porté des projets
00:21:58qui étaient extrêmement
00:22:01concrets
00:22:02et tout à fait pertinents,
00:22:04de transformation
00:22:06de leur appareil productif
00:22:07en travaillant
00:22:10pour transformer
00:22:12leur centrale
00:22:12en centrale appelée
00:22:14qui, du coup,
00:22:16utilise du bois,
00:22:18de vieux meubles,
00:22:20ça a été extrêmement difficile
00:22:22pour eux
00:22:23de se faire entendre
00:22:24par les pouvoirs publics,
00:22:26tous confondus,
00:22:29de la région
00:22:30jusqu'au ministère,
00:22:33ils ont quand même réussi,
00:22:34mais il y a eu
00:22:35des jours de grève,
00:22:36beaucoup de jours de grève,
00:22:37enfin,
00:22:38Corde-Mais,
00:22:39ça doit être 70 jours de grève,
00:22:41enfin,
00:22:41bon,
00:22:42et ça,
00:22:42plusieurs reprises.
00:22:44Donc,
00:22:44on voit bien
00:22:45que si on n'insiste pas
00:22:46collectivement
00:22:47et si on n'arrive pas
00:22:48à imposer des choses,
00:22:49parce qu'aujourd'hui,
00:22:49on en est là,
00:22:51avec nos élus politiques,
00:22:54il n'y a pas grand-chose
00:22:55qui se passera.
00:22:57Je voulais rebondir
00:22:58sur ce qu'a dit Valérie
00:22:59par rapport
00:22:59à la transition juste.
00:23:01Nous,
00:23:01on travaille aussi
00:23:02à mener des débats
00:23:03avec d'autres syndicats,
00:23:06d'autres pays
00:23:07pour essayer
00:23:07de confronter
00:23:08nos points de vue,
00:23:09confronter nos pratiques,
00:23:10qu'est-ce qu'on réussit,
00:23:11qu'est-ce qui a réussi
00:23:13dans un pays,
00:23:14qu'est-ce qui a réussi ailleurs,
00:23:15comment,
00:23:16collectivement,
00:23:16on peut faire monter
00:23:18un petit peu la pression
00:23:19pour aboutir.
00:23:21Et ça,
00:23:22c'est aussi quelque chose
00:23:23de très important
00:23:24qu'on essaye vraiment
00:23:26de continuer.
00:23:27Puis,
00:23:28sur les politiques,
00:23:29il faut se souvenir
00:23:30quand même de...
00:23:32Enfin,
00:23:32il faut vraiment voir
00:23:33la crise démocratique
00:23:34dans laquelle nous a plongé
00:23:35Emmanuel Macron aujourd'hui.
00:23:37Il faut voir
00:23:38le niveau
00:23:38du Rassemblement national
00:23:40en France.
00:23:41À la CGT,
00:23:42on est fiers
00:23:43de s'être positionnés
00:23:44et d'avoir vraiment milité
00:23:45pendant les élections législatives
00:23:48pour que les salariés,
00:23:50les citoyens votent
00:23:52pour le programme
00:23:52du nouveau Front populaire.
00:23:54On est très fiers,
00:23:55je pense qu'on y a contribué
00:23:56quand même
00:23:56à ce qu'il y ait
00:23:58davantage d'élus
00:24:00du nouveau Front populaire.
00:24:02N'empêche que,
00:24:04tous ces réacs
00:24:05du Rassemblement national,
00:24:07ils nous amènent
00:24:07quand même dans le mur.
00:24:08Et il faut vraiment
00:24:09qu'on continue
00:24:10à mener le débat
00:24:11dans les entreprises
00:24:12pour faire comprendre
00:24:13que si on a
00:24:14un sentiment
00:24:15de déclassement,
00:24:16s'il y a
00:24:16toutes ces inégalités
00:24:18dont on souffre
00:24:19au quotidien,
00:24:21les solutions mensongères
00:24:24proposées par le Rassemblement national
00:24:27ne sont pas les bonnes.
00:24:28Donc ça,
00:24:28c'est vraiment
00:24:29des débats
00:24:29qu'il faut mener.
00:24:30Et en intersyndical,
00:24:31on va très prochainement
00:24:33développer
00:24:34dans toutes les entreprises
00:24:36une campagne
00:24:37contre le racisme,
00:24:38contre l'antisémitisme.
00:24:39Ce sera aussi l'occasion
00:24:41de débattre
00:24:41de tout ce que
00:24:42le Rassemblement national
00:24:44nous promet
00:24:45et de façon
00:24:47tout à fait
00:24:48manipulatrice.
00:24:49Et juste deux mots
00:24:50sur
00:24:52ce qu'on a besoin
00:24:53de mettre en place
00:24:54dans ce pays
00:24:56pour arriver
00:24:56à ce qu'effectivement
00:24:58il y ait un accompagnement
00:24:59des citoyens,
00:25:00des salariés
00:25:01pour réussir
00:25:02la transition.
00:25:03Quand on voit
00:25:04par exemple
00:25:04l'achat d'une voiture électrique,
00:25:06d'une pompe à chaleur
00:25:07aujourd'hui,
00:25:07même avec
00:25:08les aides de l'Etat
00:25:10qui de surcroît
00:25:10vont diminuer,
00:25:11c'est parfois
00:25:12un an,
00:25:13deux ans de salaire.
00:25:14Comment on fait
00:25:15pour se payer ça ?
00:25:15Il faut vraiment
00:25:16des accompagnements
00:25:17ciblés.
00:25:18Ça c'est quelque chose
00:25:19qu'on a aussi
00:25:19beaucoup revendiqué.
00:25:20Alors comme je suis
00:25:21conseillère
00:25:22au Conseil économique,
00:25:24social et environnemental,
00:25:26je promeux aussi
00:25:27un petit peu
00:25:28les avis du CESE.
00:25:29Vous savez qu'au CESE
00:25:30il y a tout,
00:25:31c'est la troisième chambre
00:25:33de la République,
00:25:34c'est celle
00:25:34de la société civile organisée.
00:25:35Donc on travaille
00:25:36avec des organisations
00:25:38de salariés,
00:25:39avec des organisations patronales,
00:25:41avec des associations,
00:25:42des ONG.
00:25:45et quand on publie un avis
00:25:47et qu'en plus
00:25:48il est voté
00:25:48à l'unanimité,
00:25:49ça veut quand même
00:25:50dire des choses.
00:25:50Et on a voté
00:25:51à l'unanimité
00:25:52un avis sur le financement
00:25:53de la transition
00:25:54avec ce que je disais
00:25:55tout à l'heure,
00:25:56la conditionnalité
00:25:57des aides publiques
00:25:58aux entreprises
00:25:58qui aujourd'hui
00:25:59sont captées
00:26:00pour leur majeure partie
00:26:01par les grands groupes.
00:26:02Ce n'est pas eux
00:26:03qui en ont le plus besoin
00:26:04bien évidemment.
00:26:05Puis aussi,
00:26:06on insiste beaucoup
00:26:08sur un accompagnement ciblé
00:26:10avec des aides
00:26:11qui doivent être
00:26:12et c'est tout à fait possible
00:26:14à destination
00:26:16des salariés,
00:26:17des citoyens
00:26:18en fonction
00:26:18de leur revenu.
00:26:20Donc on a
00:26:21un certain nombre
00:26:22de propositions
00:26:22comme ça
00:26:23qui sont unanimes.
00:26:24Et puis,
00:26:24juste un petit mot
00:26:25sur les services publics.
00:26:26La transition écologique,
00:26:28elle ne se fera pas
00:26:29sans des services publics forts.
00:26:30ça n'est pas possible.
00:26:32Parce que ce sentiment
00:26:33de déclassement,
00:26:34ce sentiment d'abandon
00:26:35qui fait que beaucoup
00:26:36de citoyens en France
00:26:39ont voté
00:26:39pour le Rassemblement national,
00:26:41il est dû
00:26:41pour une grande partie
00:26:43par la dégradation
00:26:44constante
00:26:45des services publics
00:26:46depuis des années.
00:26:47Et ça,
00:26:48ce n'est pas possible.
00:26:48Il faut vraiment
00:26:49qu'on milite tous
00:26:49et c'est ce qu'on essaie
00:26:50de faire
00:26:51pour obtenir
00:26:52des services publics
00:26:53forts et efficaces.
00:26:57Et plus qu'on parle
00:26:58de transition,
00:26:59Jean-Baptiste Combi,
00:27:00quand on s'est eu au téléphone
00:27:01pour préparer cet échange,
00:27:02vous m'avez dit
00:27:02que vous n'aimiez pas trop
00:27:04la façon dont on parlait
00:27:05de la transition écologique
00:27:06aujourd'hui,
00:27:06qu'il fallait que cette transition
00:27:07fasse sa transition.
00:27:08Qu'est-ce que vous voulez dire
00:27:09par là ?
00:27:13Bon, au cours des années 2010,
00:27:16l'idée selon laquelle
00:27:16l'écologie est une question sociale
00:27:18est une idée
00:27:19qui a progressé
00:27:20et qui est aujourd'hui
00:27:21indiscutée.
00:27:22Il faut avoir en tête
00:27:23que, moi,
00:27:24ça fait 20 ans
00:27:24que j'étudie ces questions-là,
00:27:26à la fin des années 2000,
00:27:27l'écologie,
00:27:28c'était d'abord
00:27:28une question morale.
00:27:30Bon, à la fin des années 2010,
00:27:31ça devient une question sociale.
00:27:32Très bien.
00:27:33Je pense que maintenant,
00:27:34il faut passer
00:27:34l'étape d'après.
00:27:35et c'est aussi
00:27:36un des résultats
00:27:36des enquêtes
00:27:37que j'ai posé dans mon livre,
00:27:38c'est que l'écologie
00:27:39doit devenir
00:27:40une question de pouvoir.
00:27:43C'est-à-dire que
00:27:43la transition juste,
00:27:45aussi juste soit-elle,
00:27:47à mon avis,
00:27:47ne suffira pas
00:27:48à faire advenir
00:27:50la société écologique
00:27:50dont nous avons besoin
00:27:51parce que
00:27:52ce qu'il faut transformer,
00:27:55c'est bien plus
00:27:56que la répartition
00:27:57de l'effort environnemental.
00:27:59C'est le système
00:28:00des relations
00:28:00dans lesquelles on vit
00:28:01parce qu'aujourd'hui,
00:28:02les modalités d'intégration,
00:28:04les modalités
00:28:05de reconnaissance
00:28:06dans la société
00:28:07et dans le monde social
00:28:08nous éloignent
00:28:09de l'écologie
00:28:10ou en tout cas
00:28:11rendent très difficile,
00:28:12très complexe
00:28:13l'adoption
00:28:14de modes de vie
00:28:15et de visions
00:28:16radicalement écologiques.
00:28:18Ce n'est pas impossible.
00:28:19Il y a des personnes
00:28:20qui y arrivent,
00:28:21il y a des groupes,
00:28:22des collectifs
00:28:22qui se montent
00:28:23et qui font l'expérience
00:28:24de cet éloignement
00:28:26justement des modalités
00:28:27conventionnelles
00:28:27d'intégration sociale
00:28:28mais le prix à payer,
00:28:30c'est une certaine
00:28:30marginalisation sociale.
00:28:32Donc ces groupes-là,
00:28:33ils sont très intéressants
00:28:34à observer parce qu'ils nous montrent
00:28:35que c'est possible
00:28:36et ils nous montrent aussi
00:28:36que c'est coûteux,
00:28:37que ce n'est pas donné
00:28:38à tout le monde.
00:28:38Mais ils nous disent,
00:28:39ils nous donnent des pistes
00:28:40pour savoir comment faire.
00:28:42Donc comment faire
00:28:43pour transformer en profondeur
00:28:45ce système de relations
00:28:47dans lequel on est empêtré
00:28:48et qui nous empêche
00:28:49d'adopter,
00:28:50même si on en a envie,
00:28:51d'adopter
00:28:52les modes de vie
00:28:53profondément écologiques.
00:28:55Et donc il faut poser
00:28:56la question du pouvoir,
00:28:57ce que je disais tout à l'heure.
00:28:58Faire de l'écologie
00:28:59une question de pouvoir.
00:29:00Qui a le pouvoir
00:29:01de définir
00:29:02les modalités
00:29:03d'intégration
00:29:04dans la vie sociale ?
00:29:05Eh bien c'est les dominants
00:29:06aujourd'hui.
00:29:07Et donc c'est en ce sens
00:29:08que, eh bien,
00:29:10il faut, à mon avis,
00:29:12passer d'un raisonnement
00:29:13en termes de transition
00:29:14à un raisonnement
00:29:15en termes de transformation,
00:29:16de transformation
00:29:17des logiques sociales
00:29:18dominantes
00:29:18qui ne nous permettent pas
00:29:21collectivement
00:29:22d'élaborer
00:29:23une société écologique.
00:29:24Donc transition, oui,
00:29:26mais la transition
00:29:26sans transformer
00:29:27les hiérarchies sociales
00:29:29et les rapports de pouvoir,
00:29:30à mon avis,
00:29:31c'est vain.
00:29:32Parce qu'une transition juste,
00:29:34c'est d'abord une transition
00:29:35qui se soucie
00:29:36justement de transformer
00:29:37les rapports de pouvoir,
00:29:38de transformer
00:29:38les modes d'intégration sociale.
00:29:39Avec deux exemples concrets.
00:29:42Tout ce qui est
00:29:44épreuve d'évaluation
00:29:46ou tout ce qui est logique
00:29:47de sélection
00:29:49qui gangrène
00:29:50le monde social
00:29:50à l'école,
00:29:51sur le marché immobilier,
00:29:53sur le marché du travail,
00:29:54partout,
00:29:55les logiques dominantes
00:29:56sont des logiques
00:29:56qui évaluent
00:29:57et qui sélectionnent
00:29:59pour mettre en concurrence.
00:30:00Le premier combat de l'écologie,
00:30:02c'est le combat contre
00:30:03ces logiques-là.
00:30:04Et après,
00:30:04on pourra faire une transition
00:30:06et cette transition
00:30:07pourra être juste peut-être.
00:30:08Mais tant qu'on n'aura pas fait
00:30:09cette transformation-là,
00:30:10la transition
00:30:11continuera à être perçue
00:30:12comme punitive
00:30:13par une grande partie
00:30:13de la population.
00:30:20Valérie Masson-Delmottre,
00:30:22entre la COP21
00:30:23et les grandes marches
00:30:24pour le climat,
00:30:24l'écologie était partout,
00:30:26presque,
00:30:27enfin,
00:30:27surtout dans les discours.
00:30:29Depuis,
00:30:31elle perd un peu de terrain.
00:30:33Jean-Baptiste,
00:30:34tout à l'heure,
00:30:35nuancé un peu le propos,
00:30:35mais comment faut-il
00:30:38parler d'écologie ?
00:30:39Comment faut-il
00:30:41s'adresser aux gens
00:30:42lorsqu'on parle d'écologie
00:30:43pour la remettre
00:30:43au centre
00:30:44des questions
00:30:46du débat ?
00:30:47Oui,
00:30:48je n'ai pas la réponse
00:30:49en fait à la question.
00:30:50Et vraiment,
00:30:51c'est ce que j'attends aussi
00:30:51des échanges
00:30:52qu'on va avoir
00:30:53du débat.
00:30:55Moi,
00:30:55mon regard,
00:30:56c'est celui
00:30:56de scientifiques
00:30:58qui cherchent
00:30:59à faire monter
00:31:00en compétences,
00:31:01faire en sorte
00:31:02que les connaissances
00:31:02qu'on a,
00:31:03elles soient émancipatrices,
00:31:04que l'ensemble
00:31:05de la société
00:31:06puissent se les approprier.
00:31:07Il y a des choses
00:31:08qu'on arrive à faire avancer
00:31:09et d'autres pas.
00:31:11Et donc,
00:31:11moi,
00:31:12j'ai l'impression
00:31:12qu'il y a en fait,
00:31:13sur un certain nombre
00:31:14de questions,
00:31:14et je connais plus
00:31:15le volet climat
00:31:16que le volet biodiversité
00:31:17ou écosystème,
00:31:18donc je vais me focaliser
00:31:19là-dessus,
00:31:20mais j'ai l'impression
00:31:21qu'il y a des choses
00:31:21qui percolent,
00:31:22qui montent en puissance
00:31:23dans la société,
00:31:24qui sont invisibles.
00:31:25Il y a des gens
00:31:26qui eux-mêmes,
00:31:28voilà,
00:31:28gagnent en compétences,
00:31:29qui agissent
00:31:30dans leurs entreprises,
00:31:31qui agissent
00:31:32dans les services publics.
00:31:33Il y a eu des actions
00:31:34de formation structurante.
00:31:36Le retour d'expérience
00:31:37récent,
00:31:38il a montré,
00:31:38par exemple,
00:31:39que dans les interactions
00:31:40entre l'État,
00:31:41enfin,
00:31:41comment dire,
00:31:42le gouvernement
00:31:42des missionnaires
00:31:43et les régions,
00:31:44sur la déclinaison
00:31:46régionale
00:31:47de la planification écologique,
00:31:48mais il y a une pression
00:31:49à l'échelle des régions,
00:31:50à l'échelle des territoires,
00:31:51où on voit bien,
00:31:52en fait,
00:31:52qu'on ne peut pas
00:31:53se satisfaire du statut quo.
00:31:55Pourquoi ?
00:31:56Parce que c'est là,
00:31:57en fait,
00:31:57souvent que les questions
00:31:58d'adaptation,
00:31:59de gestion de risque
00:32:00sont présentes.
00:32:00J'étais à Cherbourg
00:32:02pour le forum
00:32:03Grand Océan vendredi.
00:32:04Les élus,
00:32:05en fait,
00:32:05du Cotentin,
00:32:06ils ne vont pas attendre
00:32:07que la mer monte,
00:32:08en fait.
00:32:08Ils ont besoin d'un cadre,
00:32:09ils ont besoin d'anticiper
00:32:11pour ne pas être passifs
00:32:12par rapport
00:32:13à cet enjeu-là.
00:32:14Et puis,
00:32:14l'autre chose,
00:32:15c'est ce qui ressort
00:32:16aussi à l'échelle des régions,
00:32:17c'est la vision
00:32:18d'une politique économique,
00:32:20d'emploi,
00:32:20d'une politique industrielle,
00:32:22où ils font un cap clair.
00:32:23Sinon,
00:32:24les entreprises,
00:32:24elles vont s'implanter ailleurs.
00:32:26Et puis,
00:32:26c'est aussi le risque
00:32:27de déclin économique,
00:32:29de perte d'attractivité
00:32:30qui est présent
00:32:30et qui est un point
00:32:31de préoccupation.
00:32:32Et donc,
00:32:33on ne le voit pas forcément.
00:32:34Et comment rendre visible
00:32:36ce mouvement de fond
00:32:37qui est là,
00:32:39qui est présent,
00:32:39et comment faire en sorte
00:32:41d'avoir une réflexion
00:32:43sur les transformations
00:32:44de fond
00:32:44pour faire face
00:32:46aux enjeux écologiques,
00:32:47sociaux,
00:32:48comment faire en sorte
00:32:49pour que ce soit
00:32:49quelque chose
00:32:50qui relie
00:32:51et pas quelque chose
00:32:52qui soit un objet
00:32:53permanent
00:32:53de clivage,
00:32:55d'approche binaire,
00:32:56pour ou contre.
00:32:57Comment faire en sorte
00:32:58d'utiliser au mieux
00:33:00les réseaux sociaux,
00:33:01notamment,
00:33:01qui favorisent en fait
00:33:03tout ce qui est clivant
00:33:04pour arriver
00:33:05à retisser du lien.
00:33:06Et je n'ai pas la réponse
00:33:07à ces questions-là,
00:33:08mais je pense qu'il y a
00:33:09beaucoup de champs
00:33:09à explorer
00:33:10pour faire en sorte
00:33:11que ce soit quelque chose
00:33:12qui relie,
00:33:13qui relie entre les générations,
00:33:16entre les différents territoires,
00:33:17entre les différentes personnes,
00:33:19davantage que quelque chose
00:33:20où on va avoir
00:33:22une approche binaire,
00:33:24caricaturale
00:33:25et qui va conduire aussi
00:33:26à du rejet.
00:33:27On voit qu'il y a
00:33:28beaucoup de forces
00:33:28en ce moment
00:33:29qui mettent du carburant
00:33:31sur tout ce qui est clivant.
00:33:33C'est très frappant
00:33:34que, par exemple,
00:33:36le climato-scepticisme
00:33:37en Europe,
00:33:38le fait de nier
00:33:39la réalité du changement climatique,
00:33:41c'est quelque chose
00:33:42qui s'est estompé
00:33:43devant la réalité des faits.
00:33:46Et aujourd'hui,
00:33:46en fait,
00:33:47on a une désinformation
00:33:49croissante
00:33:50sur chaque levier d'action
00:33:51pour créer un rejet
00:33:53de chaque possibilité
00:33:55justement
00:33:55de transformer
00:33:56nos activités,
00:33:57nos styles de vie
00:33:58de sorte
00:33:58à les décarboner.
00:34:00Je n'ai pas la réponse
00:34:01à ça,
00:34:02mais comment arriver
00:34:02à retisser du lien
00:34:04et faire en sorte
00:34:05que,
00:34:05même si on est tous différents,
00:34:07on intègre en fait cela
00:34:09dans les visions
00:34:10qu'on va construire ensemble.
00:34:14Léna Lazare,
00:34:15je vais vous poser
00:34:16presque la même question.
00:34:17On l'a vu,
00:34:18les soulèvements de la terre
00:34:19ont fait le choix
00:34:20du terrain,
00:34:21d'aller au plus près des gens,
00:34:22de se saisir des luttes locales.
00:34:23Qu'est-ce que ça change
00:34:24de parler d'écologie
00:34:25au plus près du terrain
00:34:26avec les gens
00:34:26en fait qui sont directement
00:34:27concernés par les grands projets
00:34:28que vous contestez ?
00:34:29Comment est-ce que vous abordez
00:34:30ces questions-là avec eux ?
00:34:32Ce que je trouve intéressant
00:34:33avec les luttes locales,
00:34:34je pense que c'est pour ça aussi
00:34:36que je me suis investie
00:34:36dans les soulèvements de la terre
00:34:37dès le début,
00:34:38c'est que lors des grandes marches
00:34:40pour le climat,
00:34:41bon certes avec Youth for Climate
00:34:42on avait quand même
00:34:43300 comités locaux
00:34:45au clic de la mobilisation
00:34:46donc on n'était pas présents
00:34:47que dans les grandes villes
00:34:48mais là,
00:34:50en tout cas j'ai commencé
00:34:51à militer avec un public
00:34:52que je n'avais plus l'habitude
00:34:53de voir dans les marches
00:34:55pour le climat
00:34:56parce que forcément
00:34:57en fait il y a plus de 600
00:35:00collectifs en lutte
00:35:01contre des projets polluants
00:35:02et imposés
00:35:02qui sont répertoriés
00:35:03sur le territoire français
00:35:05et souvent les personnes
00:35:06qui sont derrière ces collectifs
00:35:07c'est tout simplement
00:35:08en fait des personnes
00:35:09qui sont directement impactées
00:35:10par les projets
00:35:11qui ne sont pas posées
00:35:12la question
00:35:13d'aller s'engager
00:35:14dans une association écologiste
00:35:16c'est juste que forcément
00:35:17quand il y a de la pollution
00:35:18près de chez soi
00:35:19je ne sais pas
00:35:20une usine Habitium
00:35:21qui se construit
00:35:21et qui met en danger
00:35:23la santé de vos enfants
00:35:25à cause de tout
00:35:26ce que ça rejette
00:35:26ou que le paysage
00:35:28auquel vous êtes attachés
00:35:29voilà il va changer
00:35:32parce que
00:35:33parce qu'il y a
00:35:34des grands entrepôts
00:35:35Amazon
00:35:35qui s'implantent
00:35:36en face de chez vous
00:35:37forcément ça crée
00:35:38quelque chose
00:35:38où on comprend
00:35:40que le ravage écologique
00:35:41on le constate
00:35:43au quotidien
00:35:43partout
00:35:44et que ce n'est pas
00:35:45quelque chose
00:35:46d'abstrait
00:35:47alors que malheureusement
00:35:49c'est vrai que
00:35:49lorsqu'on entend
00:35:51parfois
00:35:52certains discours globaux
00:35:53qu'on lit
00:35:55les résumés
00:35:56du rapport du GIEC
00:35:57des fois c'est tellement
00:35:58écrasant aussi
00:35:58que je pense que
00:35:59certaines personnes
00:36:00elles sont
00:36:01soit dans le déni
00:36:02soit voilà
00:36:04je pense tellement
00:36:05apeurées
00:36:07et en colère
00:36:08en lisant
00:36:08sans qu'il y ait
00:36:09forcément peut-être
00:36:10d'autres pistes d'action
00:36:11que des pistes individuelles
00:36:12qui ont été
00:36:14beaucoup plébiscitées
00:36:14et qui malheureusement
00:36:15je pense aussi
00:36:16même si elles sont importantes
00:36:17ont fait du mal
00:36:18au mouvement écologiste
00:36:20parce que
00:36:20sans action collective
00:36:22c'est sûr qu'on n'arrivera pas
00:36:24à changer les choses
00:36:25et du coup voilà
00:36:26qu'il y ait cette écologie
00:36:27justement concrète
00:36:28sur le terrain
00:36:28qui souvent rime aussi
00:36:30avec justice sociale
00:36:33ça donne un sens
00:36:35tout nouveau
00:36:36à cette lutte là
00:36:36et ça permet d'embarquer
00:36:37beaucoup plus largement
00:36:39des gens
00:36:40donc voilà
00:36:41nous en fait
00:36:41en tant que soulèvement
00:36:42de la terre
00:36:42on a ces luttes locales
00:36:44avec nous
00:36:44forcément
00:36:45des fois ça peut créer
00:36:47des rencontres
00:36:48entre des jeunes
00:36:49pour le climat
00:36:50des jeunes d'XR
00:36:51qui justement
00:36:51n'étaient pas forcément
00:36:52dans ces luttes locales
00:36:53qui viennent de la ville
00:36:54la grande ville
00:36:55la plus proche
00:36:55je ne sais pas
00:36:56par exemple
00:36:56je pense à la 69
00:36:57entre Castres et Toulouse
00:36:58il y a pas mal
00:36:59de Toulousains
00:36:59qui y vont
00:36:59et du coup
00:37:00ça fait se rencontrer
00:37:01aussi peut-être
00:37:02des mondes
00:37:02qui ne seraient jamais rencontrés
00:37:05mais du coup
00:37:05j'ai l'impression
00:37:05qu'on apprend plus
00:37:06des habitants
00:37:07lorsque nous
00:37:08on est directement
00:37:09impliqués
00:37:11enfin voilà
00:37:11on n'est pas
00:37:12forcément dans une logique
00:37:13où justement
00:37:14en tant que militant climat
00:37:15pas ancré dans une lutte
00:37:16on vient essayer
00:37:17d'attirer les gens
00:37:19dans nos organisations
00:37:20pour avoir plus
00:37:21peut-être
00:37:22de diversité
00:37:23de profils
00:37:24et du coup
00:37:24de partir
00:37:25directement
00:37:25de la base
00:37:26des
00:37:28voilà
00:37:29des problématiques
00:37:30concrètes
00:37:31que rencontrent
00:37:32les gens
00:37:32je pense que c'est ça aussi
00:37:33qui explique
00:37:34le renouveau
00:37:35des luttes écologistes
00:37:36qu'on a constaté
00:37:37dans les soulèvements
00:37:41pour poursuivre
00:37:42sur cette question
00:37:43sur la manière
00:37:44de parler de l'écologie
00:37:45Jean-Baptiste Combi
00:37:46est-ce que selon vous
00:37:48les sciences sociales
00:37:49sont suffisamment
00:37:51mobilisées
00:37:51pour
00:37:52par les personnalités
00:37:53qui portent ces enjeux
00:37:54là dans le débat public
00:37:55et à votre avis
00:37:56en quoi elles peuvent
00:37:57aider peut-être
00:37:58à faire avancer
00:37:59ces luttes
00:38:01merci pour cette question
00:38:03pour répondre à cette question
00:38:04si vous voulez bien
00:38:05je vais avoir besoin
00:38:05de votre aide
00:38:07est-ce que vous pourriez
00:38:08me faire une montagne
00:38:09avec vos bras
00:38:09au-dessus de la tête
00:38:11merci
00:38:12le monde social
00:38:13et l'écologie
00:38:14c'est comme la montagne
00:38:15que vous faites
00:38:15magnifiquement bien
00:38:16au-dessus de vos têtes
00:38:17il y a deux versants
00:38:18il y a le versant gauche
00:38:19votre bras gauche
00:38:20c'est le versant culturel
00:38:21c'est les personnes
00:38:22qui pour rien au monde
00:38:23rateraient la fête
00:38:24de l'humain
00:38:24et qui s'intègrent
00:38:25en valorisant
00:38:26des ressources culturelles
00:38:27ce sont les personnes
00:38:28qui sont les plus disposées
00:38:29à s'empérer de l'environnement
00:38:30des questions environnementales
00:38:32et puis il y a l'autre versant
00:38:32le versant économique
00:38:34de toutes ces personnes
00:38:35de tous ces groupes sociaux
00:38:36qui pour réussir
00:38:36dans le monde social
00:38:37vont plutôt miser sur
00:38:38la réussite matérielle
00:38:40le fait d'avoir
00:38:40une belle voiture
00:38:41d'avoir une piscine
00:38:42dans son jardin
00:38:42bref
00:38:43le consumérisme
00:38:44etc
00:38:44et ce que
00:38:46ce que j'ai observé
00:38:48dans mes enquêtes
00:38:49c'est que
00:38:50les positionnements
00:38:50sur le terrain environnemental
00:38:52il fait apparaître
00:38:53très fortement
00:38:53ce double versant
00:38:54qui structure la société française
00:38:56avec ce côté montagne
00:38:57c'est à dire que
00:38:57plus on monte
00:38:58dans l'échelle sociale
00:38:59plus l'écologie
00:39:00telle qu'elle se donne
00:39:00à voir aujourd'hui
00:39:01crée de la convergence
00:39:02entre les différentes
00:39:03fractions de la bourgeoisie
00:39:04et à l'inverse
00:39:05plus on descend
00:39:05l'échelle sociale
00:39:07plus l'écologie
00:39:08va créer
00:39:08de la divergence
00:39:09de la division
00:39:11au sein
00:39:11notamment
00:39:12des classes populaires
00:39:12donc pour répondre
00:39:14à la question
00:39:15oui je pense
00:39:15que les sciences sociales
00:39:16sont fondamentales
00:39:17parce que
00:39:17ce qui est en jeu
00:39:18et ce qui est dit
00:39:18par les rapports du GIEF
00:39:19ce qui est dit
00:39:19par le rapport de l'IPBS
00:39:20c'est qu'on doit transformer
00:39:21en profondeur
00:39:22notre organisation sociale
00:39:23et les sciences sociales
00:39:24c'est quoi ?
00:39:25ce sont juste
00:39:25les connaissances scientifiques
00:39:26du monde social
00:39:27c'est des chercheurs
00:39:28des milliers de chercheurs
00:39:29qui travaillent
00:39:31qui étudient
00:39:31qui observent
00:39:33patiemment
00:39:34méthodiquement
00:39:34qui s'évaluent
00:39:35qui se relient
00:39:36qui publient
00:39:37dans des revues scientifiques
00:39:37pour essayer de comprendre
00:39:38comment tout ça fonctionne
00:39:40et dans le bouquin
00:39:41que j'ai fait
00:39:42dans les enquêtes
00:39:42que j'ai faites
00:39:43je me suis appuyé
00:39:43sur les collègues sociologues
00:39:45qui travaillent
00:39:45sur les dynamiques
00:39:46contemporaines de socialisation
00:39:47sur par exemple
00:39:48la domination accrue
00:39:50du versant économique
00:39:50des ressources économiques
00:39:52sur le versant culturel
00:39:53et oui puisqu'on a quand même
00:39:54une quarantaine d'années
00:39:55de politiques no libérales
00:39:56qui renforcent
00:39:57le versant économique
00:39:57des classes sociales
00:39:58et qui donc nous rendent
00:40:00encore plus compliqués
00:40:01l'adhésion
00:40:02aux offres écologistes
00:40:04qu'elles soient radicales
00:40:05ou modérées d'ailleurs
00:40:07donc je pense
00:40:08qu'effectivement
00:40:10un levier
00:40:11c'est aussi
00:40:12la valorisation
00:40:13la défense
00:40:13et la diffusion
00:40:14des connaissances scientifiques
00:40:15du monde social
00:40:16diffuser une culture
00:40:17de la critique sociale
00:40:18pour comprendre
00:40:19quels sont les rouages
00:40:20qui font qu'on se positionne
00:40:22de telle et telle façon
00:40:22sur l'écologie
00:40:23des rouages sociaux
00:40:24des rouages collectifs
00:40:25et c'est à cet endroit là
00:40:26qu'il faut agir
00:40:27la question écologique
00:40:28c'est la question
00:40:29de la transformation sociale
00:40:30faire l'éducation
00:40:31à l'écologie
00:40:31c'est pas seulement
00:40:34les fresques climat
00:40:35et la connaissance
00:40:35des mécanismes climatiques
00:40:36ça c'est très important
00:40:37tout ce que disait Valérie
00:40:38tout à l'heure
00:40:38sur les connaissances scientifiques
00:40:39c'est fondamental
00:40:40mais ce n'est plus que ça
00:40:41l'éducation à l'écologie
00:40:42c'est aussi
00:40:43l'éducation à castifier société
00:40:45castifier que nous vivons
00:40:46de cette façon là
00:40:47et que nous avons tant de mal
00:40:48à nous projeter
00:40:49dans d'autres manières
00:40:49de vivre
00:40:50dans des manières écologiques
00:40:50de vivre
00:40:51donc c'est l'éducation
00:40:53à l'écologie
00:40:53c'est l'éducation
00:40:54à la transformation sociale
00:40:56à la transformation
00:40:57collective du monde social
00:40:58et ça
00:41:00quand on apprend ça
00:41:01on apprend
00:41:02que le monde social
00:41:03il est traversé
00:41:04par un rapport de pouvoir
00:41:05inéluctablement
00:41:06et que c'est donc là dessus
00:41:07qu'il va falloir agir
00:41:08et pour ça
00:41:09j'y reviendrai peut-être
00:41:09tout à l'heure
00:41:10il faut aussi
00:41:11se donner des outils stratégiques
00:41:12de réfléchir
00:41:13ok la question du pouvoir
00:41:14mais comment on reprend le pouvoir
00:41:16dans la rue
00:41:17dans les urnes
00:41:17dans différents combats
00:41:18dans différentes initiatives
00:41:19à différents échelons
00:41:20et donc se poser ici
00:41:21la question des alliances de classe
00:41:22quelle alliance
00:41:24de classe
00:41:25pour l'écologie aujourd'hui
00:41:26c'est une des questions
00:41:27que j'ai posées
00:41:28en conclusion de mon livre
00:41:33Léna Lazare
00:41:34je reviens vers vous
00:41:35on l'a vu
00:41:36ces dernières années
00:41:37les soulèvements de la terre
00:41:37ont permis des actions
00:41:39via l'ordre des actions
00:41:40de terrain
00:41:41des actions dites radicales
00:41:42vous parlez de désarmement
00:41:43par exemple
00:41:44de faire parler
00:41:45d'enjeux a priori locaux
00:41:46dans le débat public national
00:41:47d'imposer à l'agenda médiatique
00:41:49certains sujets
00:41:50cela vous vaut
00:41:51d'être criminalisé
00:41:52d'être taxé
00:41:52d'éco-terroriste
00:41:53par le ministre de l'intérieur
00:41:54comment déjouer ce piège
00:41:57la manière dont on l'a déjoué
00:41:59parce qu'on a gagné
00:42:00contre la dissolution
00:42:01et comme l'année dernière
00:42:02je vous remercie
00:42:03d'avoir
00:42:07je vous remercie
00:42:08pour le soutien
00:42:10et d'avoir été si nombreux
00:42:12dès le début
00:42:14à dire que vous faisiez partie
00:42:15des soulèvements de la terre
00:42:16et qu'il fallait vous dissoudre aussi
00:42:18si le gouvernement
00:42:19voulait nous dissoudre
00:42:22ce qu'on a fait justement
00:42:23c'était de montrer
00:42:23qu'on était trop nombreux
00:42:25et que
00:42:27enfin voilà
00:42:27les soulèvements de la terre
00:42:28c'était un tel panel
00:42:30d'organisations
00:42:31de collectifs
00:42:31qui allaient justement
00:42:32des parties
00:42:33du nouveau front populaire
00:42:35à des luttes locales
00:42:37en passant par
00:42:38tout un tas d'organisations
00:42:40sociales, écologistes
00:42:41que
00:42:42ça revenait du coup
00:42:43à dissoudre
00:42:44une grande partie
00:42:47en fait
00:42:47du mouvement
00:42:48pour une justice sociale
00:42:49et écologiste
00:42:49ce qui était totalement
00:42:51imaginable
00:42:53il y a une stratégie
00:42:54qui est utilisée
00:42:54depuis longtemps
00:42:55contre les mouvements sociaux
00:42:57et contre les mouvements écologistes
00:42:58c'est justement
00:42:58d'essayer
00:42:59d'isoler
00:43:00ceux qui seraient
00:43:01les plus radicaux
00:43:04en faisant en sorte
00:43:05que justement
00:43:06les autres s'éloignent
00:43:07en disant
00:43:08oula mais en fait
00:43:08si on les soutient
00:43:09nous aussi
00:43:10on va être trop criminalisés
00:43:11on va avoir trop de problèmes
00:43:12donc en fait
00:43:13le mieux
00:43:13c'est de laisser tomber
00:43:16et de laisser
00:43:17ces groupes là
00:43:18se prendre la répression
00:43:19en premier
00:43:20heureusement
00:43:21on n'est pas tombé
00:43:21dans ce piège là
00:43:23malgré les désaccords
00:43:24qu'on veut pouvoir avoir
00:43:25je pense
00:43:26sur les modes d'action
00:43:26sur certaines manières de faire
00:43:29avec d'autres organisations
00:43:31du mouvement social
00:43:32et écologiste
00:43:33on a bien compris
00:43:34en fait
00:43:35que la répression
00:43:37enfin voilà
00:43:37elle commence toujours
00:43:38quelque part
00:43:39et qu'elle finit en fait
00:43:39par nous concerner
00:43:40tous et toutes
00:43:41bon la dissolution
00:43:42des soulèvements de la terre
00:43:43c'était notamment aussi
00:43:44parce que
00:43:45auparavant
00:43:45pendant des années
00:43:46il y a notamment
00:43:47des organisations
00:43:48dans les quartiers populaires
00:43:50qui se sont fait dissoudre
00:43:52et ça pose aussi
00:43:53la question justement
00:43:54de comment on relie nos luttes
00:43:57parce que
00:43:57moi j'étais un peu jeune
00:43:59à l'époque
00:44:00mais si
00:44:01et puis le mouvement écologiste
00:44:02était moins puissant
00:44:03mais peut-être que
00:44:04si le mouvement écolo
00:44:04s'était plus soucié
00:44:06de ces thématiques là
00:44:08en fait
00:44:08on n'aurait pas eu
00:44:09à se mobiliser
00:44:10contre notre dissolution
00:44:12donc voilà
00:44:13genre
00:44:13ne pas les laisser
00:44:15ne pas les laisser
00:44:16créer des divisions
00:44:17entre nous
00:44:17enfin pour moi
00:44:18c'est ce qu'il y a
00:44:19c'est ce qu'il y a
00:44:19de plus important
00:44:21et de voir que
00:44:22sur plein d'enjeux
00:44:23même si on n'a pas
00:44:24les mêmes modes d'action
00:44:26dans les personnes
00:44:26qui nous ont soutenus
00:44:27en effet
00:44:27il y a des partis politiques
00:44:29qui forcément
00:44:29peuvent pas
00:44:31être toujours aux côtés
00:44:32des mouvements de terrain
00:44:33et puis nous
00:44:34on a décidé
00:44:34de faire pression
00:44:35de l'extérieur
00:44:35ce qui fait que
00:44:36il y a plein de choses
00:44:38qu'on ne peut pas faire
00:44:39à côté
00:44:40enfin si on continue
00:44:41voilà
00:44:41d'être dans cette solidarité là
00:44:42moi je pense que
00:44:43ça va être compliqué
00:44:44d'amplifier la répression
00:44:46jusqu'à un certain niveau
00:44:51une petite question
00:44:52qui s'adresse
00:44:54à vous tous
00:44:55sur la bataille médiatique
00:44:57récemment
00:44:58le réalisateur
00:44:59Cyril Dion
00:45:00se posait la question
00:45:01de continuer
00:45:01d'intervenir
00:45:02dans les médias
00:45:03pour parler
00:45:03des problématiques
00:45:04environnementales
00:45:05il déclarait
00:45:06j'ai l'impression
00:45:07d'être le guignol
00:45:08d'un système
00:45:09qui continue
00:45:09de faire
00:45:10comme si
00:45:10de rien n'était
00:45:12est-ce que
00:45:12c'est une préoccupation
00:45:13que vous avez
00:45:14aussi
00:45:16Valérie Masson
00:45:17Delmotte
00:45:17je vous laisse
00:45:19commencer
00:45:22alors moi
00:45:22je pourrais dire
00:45:23en fait
00:45:23peut-être
00:45:24le sentiment
00:45:25parfois
00:45:25de faire face
00:45:27à la tragédie
00:45:27du comptable
00:45:29vous voyez
00:45:29ce que c'est
00:45:30la tragédie
00:45:30du comptable
00:45:31vous savez
00:45:31mesurer
00:45:32de mieux en mieux
00:45:32comprendre
00:45:33de mieux en mieux
00:45:33mais en fait
00:45:35vos résultats
00:45:35ne sont pas
00:45:36du tout
00:45:36utilisés
00:45:36et donc
00:45:37c'est vrai
00:45:37que souvent
00:45:38par exemple
00:45:38le point de vue
00:45:39des climatologues
00:45:40il est mobilisé
00:45:40pour aller commenter
00:45:43notamment des événements
00:45:44extrêmes à fort impact
00:45:45où maintenant
00:45:46on est capable
00:45:46de dire
00:45:47bah oui
00:45:47ça a été rendu
00:45:48x fois plus probable
00:45:49y fois plus intense
00:45:50et donc les dommages
00:45:51sont beaucoup plus importants
00:45:53parce qu'on a affecté
00:45:53le changement climatique
00:45:54mais est-ce que
00:45:55cette information-là
00:45:57même en temps réel
00:45:58quasiment
00:45:58elle est utile
00:45:59qu'est-ce qu'elle permet
00:46:00de faire évoluer
00:46:01pareil
00:46:02on va commenter
00:46:03le suivi des émissions
00:46:04de gaz à effet de serre
00:46:05de tel ou tel pays
00:46:06au niveau mondial
00:46:07l'état du climat
00:46:08mais qu'est-ce que ça permet
00:46:09de faire comme prise de conscience
00:46:11et c'est une vraie question
00:46:12j'ai l'impression
00:46:13que parfois
00:46:14on peut être utile
00:46:15quand derrière une actualité
00:46:17qui suscite
00:46:17de la curiosité
00:46:18de l'intérêt
00:46:19on arrive à prendre
00:46:20un pas de côté
00:46:21donner du recul
00:46:22montrer comment on en arrivait là
00:46:23qu'est-ce qu'on pourrait faire autrement
00:46:25et ça
00:46:25ça demande du temps
00:46:26c'est pas le traitement médiatique
00:46:28de l'immédiateté
00:46:29voire les choses
00:46:30qui peuvent être clivantes
00:46:33il y a aussi je pense
00:46:34un rôle qu'on peut avoir à jouer
00:46:35mais qui est sous-exploité
00:46:37c'est montrer
00:46:37où sont les impostures
00:46:39et j'avais pris la parole
00:46:41lors de la dernière campagne
00:46:42pour les élections législatives
00:46:45pour dénoncer par exemple
00:46:46l'imposture
00:46:47de la prise de parole
00:46:49de l'extrême droite
00:46:50sur les aspects liés
00:46:51à l'environnement
00:46:52en montrant que derrière
00:46:53un discours
00:46:54qui se veut
00:46:55de protéger les gens
00:46:56ben en fait
00:46:57le fait de ne pas avoir
00:46:58la moindre proposition
00:46:59par rapport à l'adaptation
00:47:00au changement climatique
00:47:02c'est très visible
00:47:03ou bien derrière
00:47:04un discours
00:47:05qui revendique
00:47:06la souveraineté
00:47:07le fait de ne rien préparer
00:47:09pour sortir
00:47:09des énergies fossiles
00:47:10ben c'est acter
00:47:11la dépendance
00:47:12à des états
00:47:13pétroliers et gaziers
00:47:14qui ne partagent pas
00:47:15la même vision démocratique
00:47:17la même valeur
00:47:17et je pense
00:47:19qu'on peut être utile
00:47:19aussi
00:47:20sur ces aspects là
00:47:21pour arriver à montrer
00:47:22où est-ce qu'il y a
00:47:23des impostures
00:47:25donc ce sont
00:47:26quelques exemples
00:47:27et la question
00:47:27que je m'étais posée
00:47:28il y a quelques mois
00:47:29je vais essayer
00:47:30de vous la décrire
00:47:30je m'étais projetée
00:47:32dans le front national
00:47:34le rassemblement national
00:47:35au pouvoir
00:47:36Bardella
00:47:37premier ministre
00:47:38je m'étais dit
00:47:39tiens
00:47:39Marion Maréchal
00:47:40ministre de la recherche
00:47:41qu'est-ce que ça veut dire
00:47:42pour moi
00:47:42comme scientifique
00:47:43qu'est-ce que ça veut dire
00:47:45pour moi
00:47:45comme citoyenne
00:47:46qu'est-ce que ça veut dire
00:47:47pour moi
00:47:48comme engagée
00:47:49dans mon rôle
00:47:50pour faire en sorte
00:47:51que les éléments
00:47:52des connaissances scientifiques
00:47:53soient utilisés
00:47:55émancipateurs
00:47:56pour faire avancer
00:47:57nos sociétés
00:47:59et est-ce que nous
00:48:00comme scientifiques
00:48:01on doit juste être là
00:48:02comme témoins
00:48:03quel est notre rôle
00:48:04est-ce qu'on peut être
00:48:05des chiens de garde
00:48:06aussi quelque part
00:48:07pas simplement
00:48:08des faits scientifiques
00:48:09mais de la manière
00:48:09dont ils sont utilisés
00:48:11par la société
00:48:12j'ai pas une réponse simple
00:48:14mais ça fait partie
00:48:14du questionnement
00:48:15qui m'a traversé
00:48:16parce que j'ai vu
00:48:17ce que ça a donné
00:48:18quand on a eu
00:48:19l'extrême droite au pouvoir
00:48:20que ce soit aux Etats-Unis
00:48:22avec Trump
00:48:23que ce soit en Suède
00:48:24ou bien en Italie
00:48:25ce que ça donne
00:48:26par rapport
00:48:26à la vision de la recherche
00:48:28ce que ça donne
00:48:29par rapport aussi
00:48:30à la capacité
00:48:32à faire avancer
00:48:33la transition écologique
00:48:34et je pense que ça
00:48:36c'est un moteur
00:48:36pour moi
00:48:37qui est devenu
00:48:37très fort
00:48:38d'arriver à
00:48:39voir mon rôle
00:48:41autrement
00:48:41par rapport
00:48:42à la menace
00:48:44en fait
00:48:44qui est présente
00:48:45et qui est de plus
00:48:47en plus forte
00:48:47et donc ça demande aussi
00:48:49je pense
00:48:50d'autres formes
00:48:51d'engagement
00:48:51d'autres formes
00:48:53de prise de parole
00:48:54quand les médias
00:48:55le permettent
00:48:56merci de l'invitation ici
00:48:58et c'est quelque chose
00:48:59qui traverse
00:49:00en fait
00:49:00la communauté scientifique
00:49:01comment est-ce qu'on peut
00:49:02être utile
00:49:03quel est notre rôle
00:49:05est-ce que
00:49:05nos collectifs
00:49:07nous pour décarboner
00:49:08la recherche
00:49:08ça suffit
00:49:09quelle forme
00:49:10d'engagement
00:49:11dans la société
00:49:11quelle reconnaissance
00:49:12pour ça
00:49:13voilà
00:49:14et je pense
00:49:15qu'on a besoin
00:49:15de valoriser
00:49:16cet engagement
00:49:17dans la société
00:49:26alors peut-être
00:49:27Jean-Baptiste Combi
00:49:28et Fabienne Rouchy
00:49:29ensuite
00:49:32moi pour rebondir
00:49:34sur
00:49:34ce que
00:49:35nous disent
00:49:37les médias
00:49:37aussi
00:49:38parce que
00:49:39c'est vrai
00:49:40que quand on
00:49:40quand on
00:49:41nous présente
00:49:42un petit bout
00:49:43des travaux du GIEC
00:49:44entre deux publicités
00:49:46sur des SUV
00:49:47c'est un peu perturbant
00:49:48quand même
00:49:48et on assiste
00:49:50beaucoup à ça
00:49:51parce qu'on a
00:49:52des médias dominants
00:49:53qui aujourd'hui
00:49:54appartiennent
00:49:54à quelques milliardaires
00:49:56bien le savoir
00:49:57pour beaucoup d'entre eux
00:49:59donc comment
00:50:00on essaye
00:50:01de contrer ça
00:50:02nous à notre
00:50:03modeste niveau
00:50:04à la CGT
00:50:05déjà on s'est quand même
00:50:06beaucoup appuyé
00:50:07sur les travaux
00:50:08du GIEC
00:50:09pour essayer
00:50:10de donner du matériau
00:50:12aux syndicalistes
00:50:13aux militants
00:50:14et aux travailleuses
00:50:15et aux travailleurs
00:50:15et puis
00:50:16on a notre propre
00:50:17entreprise de presse
00:50:19alors là
00:50:19c'est l'instant
00:50:20publicité CGT
00:50:21voilà
00:50:21ça s'appelle
00:50:22la vie ouvrière
00:50:23vous avez ça
00:50:23au forum social
00:50:24où on explique
00:50:25beaucoup de choses
00:50:26notamment sur
00:50:27comment
00:50:28on arrive
00:50:29dans les entreprises
00:50:31et ça donne aussi
00:50:31de l'espoir
00:50:32à lutter
00:50:33et à concrétiser
00:50:35des projets alternatifs
00:50:37et je reviens
00:50:38sur
00:50:39le poids
00:50:40du rassemblement
00:50:41national
00:50:41parce que
00:50:42et des idées
00:50:43d'extrême droite
00:50:44le danger
00:50:45que ça peut représenter
00:50:46dans la société
00:50:46aujourd'hui
00:50:47alors
00:50:48il y a longtemps
00:50:49le conseil national
00:50:50de la résistance
00:50:51il avait pris soin
00:50:52d'expliquer
00:50:52qu'il fallait absolument
00:50:55que les médias
00:50:57n'appartiennent pas
00:50:58à quelques
00:51:00personnes
00:51:01qui avaient les moyens
00:51:02de se les payer
00:51:02donc il y avait
00:51:03un contrôle de l'état
00:51:04et des règles
00:51:06claires en la matière
00:51:07aujourd'hui
00:51:08on a quand même
00:51:09Bolloré
00:51:10et ses amis
00:51:11qui détiennent
00:51:14une grande partie
00:51:15des médias
00:51:15qui sont accessibles
00:51:17à tout le monde
00:51:19c'est absolument
00:51:20hallucinant
00:51:21les idées
00:51:21qu'ils peuvent faire passer
00:51:22et si on revient
00:51:24sur le thème
00:51:25du débat
00:51:25qu'on a là
00:51:26la préoccupation
00:51:27écologique
00:51:28perd-elle du terrain
00:51:29ben
00:51:29ça aide
00:51:31à ce qu'elle en perde
00:51:32un peu quand même
00:51:33on n'en parle pas beaucoup
00:51:34et puis ce qu'on en dit
00:51:36bon
00:51:36alors ça
00:51:38ça se passe aussi
00:51:38à l'échelle de l'Europe
00:51:39et à l'échelle du monde
00:51:40quand on a vu
00:51:41Bolsonaro
00:51:42quand on a vu
00:51:43Trump
00:51:44ce sont des gens
00:51:45qui sont climato-sceptiques
00:51:46et qui arrivent
00:51:47effectivement
00:51:48à faire que
00:51:49dans la population
00:51:50ben
00:51:51on écarte un peu
00:51:52ces sujets-là
00:51:53où on dit
00:51:53non c'est pas grave
00:51:54non c'est des mensonges
00:51:55bon
00:51:55ce qui évidemment
00:51:56n'est absolument pas vrai
00:51:58donc on a un rôle
00:51:59aussi à jouer
00:52:00il me semble
00:52:01il y a beaucoup de militants
00:52:02je pense dans l'assistance
00:52:03puis on en est tous là
00:52:06à notre niveau
00:52:07à notre manière
00:52:08et avec les fonctions
00:52:10qu'on a les uns
00:52:11et les autres
00:52:11il faut vraiment
00:52:12re-expliquer les choses
00:52:14remettre dans le débat public
00:52:15le plus possible
00:52:16pour qu'on s'approprie
00:52:21ces fondamentaux-là
00:52:22qui sont absolument
00:52:25cruciaux pour l'avenir
00:52:26de la planète
00:52:27et c'est ce que tu disais
00:52:28d'ailleurs
00:52:28quand tu parlais
00:52:29du versant culturel
00:52:31du versant économique
00:52:32le versant culturel
00:52:33il y a des méthodes
00:52:35notamment
00:52:36d'éducation populaire
00:52:37qu'il faut se réapproprier
00:52:40réutiliser
00:52:42pour justement
00:52:43que ce débat
00:52:43il ait lieu
00:52:44en profondeur
00:52:45et nous
00:52:45c'est ce qu'on essaye
00:52:46de faire
00:52:46le plus possible
00:52:47dans les entreprises
00:52:47alors on a
00:52:48il n'y a pas très longtemps
00:52:50organisé un événement
00:52:51qu'on a appelé
00:52:52les états généraux
00:52:53de l'industrie
00:52:53et de l'environnement
00:52:54on a publié
00:52:56à partir de là
00:52:57on a fait pas mal de com
00:52:58pour essayer de publier
00:52:59notre plan syndical
00:53:01pour l'environnement
00:53:02l'objectif
00:53:03c'est de décliner
00:53:03tout ça
00:53:04en région
00:53:04au plus près des boîtes
00:53:06avec aussi
00:53:07en interpellant
00:53:08aussi les élus
00:53:09de façon à ce qu'on fasse
00:53:11progresser
00:53:12notre vision des choses
00:53:13pour
00:53:14au bénéfice
00:53:15à la fois
00:53:15des travailleuses
00:53:17et des travailleurs
00:53:17et puis
00:53:18de la population
00:53:26oui pour
00:53:28pour prolonger
00:53:28ce qui a été dit
00:53:31je voudrais dire
00:53:31deux choses
00:53:32la première
00:53:32c'est que
00:53:32effectivement
00:53:33il faut s'interroger
00:53:33à la manière
00:53:35dont on parle
00:53:35de l'écologie
00:53:36et notamment
00:53:37là on peut pointer
00:53:38du doigt
00:53:38que la question
00:53:39des identités
00:53:40environnementales
00:53:41même si
00:53:42elle progresse
00:53:42dans les discours
00:53:43elle reste encore
00:53:43très marginale
00:53:44quand on regarde de près
00:53:45donc
00:53:45or
00:53:46qu'est-ce qui peut parler
00:53:47en matière d'environnement
00:53:48aux classes populaires
00:53:49aux classes dominées
00:53:50aux classes les plus vulnérables
00:53:51c'est d'abord
00:53:51cette question
00:53:52d'inégalité
00:53:53d'exposition
00:53:54aux souffrances environnementales
00:53:55bon
00:53:56mais deuxième point
00:53:57c'est peut-être là-dessus
00:53:57que je voudrais insister
00:53:58c'est que
00:54:00dans la galaxie écologiste
00:54:02il y a
00:54:03une préoccupation
00:54:04très très forte
00:54:05de la prise de conscience
00:54:06du discours
00:54:07de créer des imaginaires
00:54:08désirables etc
00:54:09c'est important
00:54:10mais à mon avis
00:54:12c'est poser la question
00:54:13à l'envers
00:54:13et donc du coup
00:54:14ça me permet
00:54:14de faire un petit cas pratique
00:54:15de ce qu'on a dit tout à l'heure
00:54:16en quoi les sciences sociales
00:54:17peuvent être utiles
00:54:18au combat écologiste
00:54:19les sciences sociales
00:54:20elles nous apprennent
00:54:21que
00:54:22nos visions du monde
00:54:24la manière dont on se fabrique
00:54:25nos opinions
00:54:27donc
00:54:27nos goûts
00:54:28nos dégoûts
00:54:29nos ambitions
00:54:29nos aspirations
00:54:31nos hontes
00:54:32nos fiertés
00:54:32nos critères de ce qui compte
00:54:33dans la vie
00:54:34nos critères de ce qui est
00:54:35une vie réussie
00:54:35bref
00:54:35tout ce qui compose
00:54:36nos subjectivités
00:54:37n'est pas le fruit
00:54:39de discours
00:54:40de médiatisation
00:54:41de médiatisation
00:54:42d'information
00:54:43de communication
00:54:44de culture
00:54:45etc
00:54:45tout ce qui compose
00:54:47notre subjectivité
00:54:47est le fruit
00:54:48de ce que l'on appelle
00:54:49en sciences sociales
00:54:50des instances de socialisation
00:54:51les instances de socialisation
00:54:53ce sont les collectifs
00:54:54familiaux
00:54:55amicaux
00:54:56résidentiels
00:54:58professionnels
00:54:58politiques
00:54:59culturels
00:55:00au sein desquels
00:55:01on évolue
00:55:01et qui insensiblement
00:55:03mais profondément
00:55:04et durablement
00:55:05impriment leur marque
00:55:06sur nos manières
00:55:07d'agir et de réagir
00:55:08de sentir et de ressentir
00:55:09et donc nos manières
00:55:10de penser et d'être
00:55:11et donc c'est en ça
00:55:12que l'écologie
00:55:13est aussi
00:55:13une lutte des classes
00:55:15d'une certaine façon
00:55:15c'est qu'on est obligé
00:55:16de reprendre le pouvoir
00:55:17sur les instances
00:55:18de socialisation
00:55:18qui en fait
00:55:20nous amènent
00:55:21à ne plus adhérer
00:55:23aux discours environnementaux
00:55:24parce que nos subjectivités
00:55:26au moment elles sont heurtées
00:55:27par ces discours environnementaux
00:55:28sauf
00:55:28pour ceux qui ont des socialisations
00:55:30sur le version culturelle
00:55:31des classes sociales
00:55:33donc ce qu'on va qualifier
00:55:34de pôle culturel
00:55:36des catégories intermédiaires
00:55:37moi j'appelle ça
00:55:37la petite bourgeoisie culturelle
00:55:38la bourgeoisie culturelle
00:55:40qui elles vont adhérer
00:55:41puisque ce sont d'ailleurs
00:55:42elles qui produisent
00:55:43les discours dominants
00:55:44sur l'écologie
00:55:46donc ce que montrent
00:55:47les sciences sociales aussi
00:55:47c'est qu'elles qui se ressemblent
00:55:48s'assemblent bien souvent
00:55:49ceux qui produisent
00:55:50le discours sur l'écologie
00:55:52sont tout à fait bien reçus
00:55:53par ceux qui sont proches
00:55:55d'eux socialement
00:55:55et qui sont la plupart
00:55:56d'entre nous en fait
00:55:58donc on a l'impression
00:55:59de ça créer des effets
00:56:00mais là où on voit
00:56:01des effets
00:56:01en fait il faut surtout
00:56:02y voir une proximité sociale
00:56:03entre ceux qui font
00:56:04les discours
00:56:04Cyril Dion
00:56:06les médias indépendants
00:56:08les médias écolos
00:56:10les documentaires
00:56:11etc
00:56:11tous ces gens là
00:56:11se ressemblent socialement
00:56:12et ils appertiennent
00:56:14à des fractions de classe
00:56:15qui sont assez importantes
00:56:16et donc qui adhèrent
00:56:17à ces discours là
00:56:18mais tous ceux
00:56:19qui sont éloignés d'eux
00:56:20socialement
00:56:20ils ne se reconnaissent pas
00:56:21ni dans le langage
00:56:22ni dans les formes
00:56:23ni dans l'esthétique
00:56:24de ces discours là
00:56:25donc ils se sentent
00:56:26complètement étrangers
00:56:27à ça
00:56:27et donc on voit que
00:56:28derrière les effets
00:56:30des médias
00:56:31ou des discours
00:56:31etc
00:56:32il y a des logiques sociales
00:56:34et donc attention
00:56:35à ne pas trop mettre l'action
00:56:36sur ce que j'appelle moi
00:56:37l'idéologie de la prise de conscience
00:56:38qui voilà
00:56:38ce que j'avais appelé
00:56:39dans le bouquin de 2015
00:56:40la doxa sensibilisatrice
00:56:42les effets
00:56:42les bienfaits
00:56:43de la sensibilisation
00:56:44mais qui sont des effets
00:56:45des bienfaits
00:56:45qui sont indiscutés
00:56:46et quand on regarde de plus près
00:56:46c'est pas si nette que ça
00:56:48du tout
00:56:48et au contraire
00:56:50les gens en ont ras le bol
00:56:51donc il faut créer les conditions
00:56:53d'une adhésion plus forte
00:56:54à des messages écolos
00:56:55qui comme le disait Valérie
00:56:56doivent effectivement
00:56:57être diversifiés
00:56:58dans leur forme
00:56:59et dans le fond aussi
00:57:06Léna Lazard
00:57:07si vous voulez
00:57:08sur la bataille médiatique
00:57:09et culturelle
00:57:10du coup
00:57:10si vous voulez réagir
00:57:12est-ce que vous vous posez aussi
00:57:13la question
00:57:14de continuer d'intervenir
00:57:15dans les médias
00:57:16oui
00:57:18c'est vrai que
00:57:19en plus comme
00:57:19j'ai commencé à militer
00:57:21enfin voilà
00:57:22en 2017
00:57:24et qu'au sein
00:57:25News for Climate
00:57:26on a été très invité
00:57:27enfin j'ai vu
00:57:29le traitement médiatique
00:57:30changer petit à petit
00:57:31et là
00:57:33le niveau
00:57:34de conflictualité
00:57:35qu'il y a sur les plateaux
00:57:36lorsqu'on nous invite
00:57:37enfin c'est plus du tout
00:57:38comme en 2019
00:57:39où
00:57:40on avait quand même
00:57:41des espaces de parole
00:57:42pour parler
00:57:42de la gravité du problème
00:57:43et proposer des pistes
00:57:44de mobilisation
00:57:45là c'est directement
00:57:46on va directement
00:57:48oui sur des débats
00:57:48sur l'éco-terrorisme
00:57:50on est censé
00:57:51être criminalisé
00:57:52ou
00:57:52il y a toujours
00:57:53des éditorialistes
00:57:55ou des personnes
00:57:56en face de nous
00:57:58pour nous confronter
00:58:00confronter avec de l'agressivité
00:58:02dans les médias
00:58:03et du coup
00:58:03enfin toujours
00:58:05dans une bonne partie
00:58:06des médias
00:58:06on est invité
00:58:07c'est vrai qu'on est souvent
00:58:08invité dans les chaînes d'info
00:58:09heureusement
00:58:10il reste encore quelques émissions
00:58:12notamment dans les médias indépendants
00:58:13où on peut s'exprimer
00:58:15et du coup oui
00:58:16c'est vrai que
00:58:17nous ça nous pose la question
00:58:18parfois d'y aller
00:58:19pendant la dissolution
00:58:20on avait l'impression
00:58:21d'être un petit peu obligé
00:58:22parce que
00:58:24pas en plus
00:58:24voilà
00:58:24il y avait eu des blessés graves
00:58:25à Sainte-Soline
00:58:26il fallait contrecarrer
00:58:28les mensonges
00:58:29du gouvernement
00:58:30et c'était vraiment important
00:58:31du coup
00:58:32pour nous
00:58:32de s'adresser
00:58:33aussi aux personnes
00:58:34qui potentiellement
00:58:36je sais pas
00:58:36regardaient
00:58:37BFM etc
00:58:38nous on va pas
00:58:39dans les médias
00:58:39d'extrême droite
00:58:40ça c'est quelque chose
00:58:41qui a été
00:58:43qui a été
00:58:44défini
00:58:45dès le début
00:58:46même si
00:58:47on peut
00:58:47on peut se questionner
00:58:48vu
00:58:50que les idées
00:58:50d'extrême droite
00:58:51sont de plus en plus présentes
00:58:52dans tout un tas
00:58:53de médias
00:58:54et que les lignes éditoriales
00:58:55se fascisent aussi
00:58:56si le fait
00:58:57de ne juste plus aller
00:58:58à CNews
00:58:59ou à Sud Radio
00:59:00c'est suffisant
00:59:01maintenant
00:59:03en tout cas
00:59:04la question
00:59:04de la communication
00:59:05chez les soulèvements
00:59:06de la terre
00:59:06c'est quelque chose
00:59:06qui nous prend
00:59:08pas mal de temps
00:59:09et d'énergie
00:59:10parce que
00:59:11en effet
00:59:11maintenant
00:59:11comme on est dans
00:59:12un contexte médiatique
00:59:14totalement différent
00:59:15où en fait
00:59:16on a l'impression
00:59:17que certains médias
00:59:19vont toujours chercher
00:59:20la petite bête
00:59:21chercher l'élément clivant
00:59:23en effet
00:59:23pour essayer justement
00:59:25de créer des polarisations
00:59:28notamment
00:59:28agriculteurs
00:59:29VS écolos
00:59:30nous
00:59:31cette question là
00:59:32qu'on parle sans cesse
00:59:33de l'agribachine
00:59:34qu'on invite tout le temps
00:59:35à la FNSEA
00:59:36pour dérouler ce récit
00:59:37qui est totalement
00:59:39imaginaire
00:59:40je pense que
00:59:41déjà
00:59:41les paysans
00:59:41d'une part
00:59:42ils ont envie
00:59:43d'avoir un meilleur cadre
00:59:44de travail
00:59:45d'éviter
00:59:46d'avoir un cancer
00:59:47à cause des pesticides
00:59:48qui épandent
00:59:48et puis en fait
00:59:49nous
00:59:49en tant que militants écologistes
00:59:51et notamment
00:59:51au sein des soulèvements
00:59:52de la terre
00:59:52on n'a jamais
00:59:54visé des agriculteurs
00:59:55quelles que soient
00:59:56leurs pratiques
00:59:56nous on a
00:59:57voilà
00:59:57on a des actions ciblées
00:59:58contre des outils
00:59:59de l'agro-industrie
01:00:01mais c'est vrai
01:00:02qu'on voit bien
01:00:03que du coup
01:00:03typiquement
01:00:04ce récit sur l'agribashing
01:00:05ou d'autres récits
01:00:08notamment avec
01:00:08Dernière Rénovation
01:00:09qui bloque des routes
01:00:10où on était en mode
01:00:10regardez en fait
01:00:11ils sont contre les gens
01:00:12qui vont au travail
01:00:13etc.
01:00:14d'essayer de criminaliser
01:00:16petit à petit
01:00:16les écolos
01:00:17et justement
01:00:17de faire en sorte
01:00:18de nous montrer
01:00:19comme étant
01:00:20contre les agriculteurs
01:00:21contre
01:00:25les travailleurs
01:00:26qui se lèvent
01:00:26tôt le matin
01:00:27parce qu'il y a eu
01:00:29des blocages
01:00:29de périphériques
01:00:31mine de rien
01:00:32c'est aussi
01:00:33tout un récit
01:00:35qui nous demande
01:00:36de plus en plus
01:00:36d'énergie à contrer
01:00:37vu les moyens
01:00:38qui sont mis
01:00:39en face de nous
01:00:42nous on sait
01:00:43que notamment
01:00:43dans le monde
01:00:44agricole
01:00:44c'est pour ça
01:00:45qu'il y a eu
01:00:46le village de l'eau
01:00:46cette année
01:00:46et qu'on a fait
01:00:47une manifestation
01:00:48à la Rochelle
01:00:49bon même si
01:00:50voilà d'ailleurs
01:00:50si vous avez envie
01:00:51d'en discuter
01:00:52le stand des soulèvements
01:00:53de la terre
01:00:53est là
01:00:53je sais que
01:00:53c'était pas
01:00:54forcément simple
01:00:54pour tout le monde
01:00:55faire une manifestation
01:00:55en ville
01:00:57vu que les dispositifs
01:00:58répressifs
01:00:58ont beaucoup plus
01:00:59enfin voilà
01:01:00les forces de police
01:01:01elles ont beaucoup plus
01:01:01l'habitude en tout cas
01:01:02de contrôler nos manifestations
01:01:03dans ces cadres là
01:01:04mais on a décidé
01:01:05d'aller au port
01:01:06agro-industriel
01:01:07de la Rochelle
01:01:07parce qu'on savait
01:01:08que justement
01:01:09aussi ça allait permettre
01:01:10de déjouer
01:01:11de déjouer ce récit
01:01:12de nous
01:01:13contre les agriculteurs
01:01:14et de montrer
01:01:15que justement
01:01:15en fait c'était
01:01:16le système agro-industriel
01:01:18qu'on ciblait
01:01:18donc voilà
01:01:19mine de rien
01:01:19ça a quand même
01:01:20un impact
01:01:20assez important
01:01:23sur nos mouvements
01:01:25sur nos mouvements
01:01:26mine de rien
01:01:27et ça devient
01:01:29ouais de plus en plus
01:01:30le nerf de la guerre
01:01:31la communication
01:01:32dans les mouvements écolos
01:01:33quoi
01:01:36alors on s'approche
01:01:37de la conclusion
01:01:38de ce débat
01:01:39mais on va faire
01:01:39un dernier tour de table
01:01:40je vous demanderai
01:01:41à chacun et chacune
01:01:42d'être concis
01:01:43dans vos réponses
01:01:44mais on a dressé
01:01:45depuis environ une heure
01:01:47un tableau quand même
01:01:48relativement noir
01:01:49avec un intitulé de débat
01:01:50Valérie Masson-Delmotte
01:01:51nous le faisait remarquer
01:01:52avant d'arriver
01:01:53quand même un peu pessimiste
01:01:54donc on a quand même
01:01:55envie de conclure
01:01:56sur une
01:01:57cette fête de l'humanité
01:01:57sur une note
01:01:58potentiellement un peu positive
01:01:59en vous demandant
01:02:00à chacun et chacune
01:02:01est-ce qu'il y a quand même
01:02:03des raisons d'espérer
01:02:05Fabienne Rouchy
01:02:07ben oui
01:02:08bien sûr
01:02:09ceci dit
01:02:10le syndicalisme
01:02:12il doit être
01:02:13porteur d'espoir
01:02:14enfin à la CGT
01:02:15on essaie de porter
01:02:16l'espoir quand même
01:02:17collectivement
01:02:18avec
01:02:18et avec les salariés
01:02:21là on va avoir
01:02:22on parlait
01:02:23de l'importance
01:02:24des budgets
01:02:24qui pouvaient être
01:02:26consacrés
01:02:27à la transition écologique
01:02:28ou au financement
01:02:29de projets
01:02:29etc
01:02:31on en parlait
01:02:32tout à l'heure
01:02:33là on va avoir
01:02:33la présentation
01:02:35bientôt
01:02:35et le débat
01:02:36sur le budget
01:02:37à l'Assemblée nationale
01:02:39à partir
01:02:40de début octobre
01:02:41nous par exemple
01:02:42avec la FSU
01:02:44et avec Solidaire
01:02:45on propose
01:02:45de se mobiliser
01:02:46le 1er octobre
01:02:48de manière
01:02:48interprofessionnelle
01:02:50pour essayer
01:02:51de peser
01:02:52sur des décisions
01:02:53qui vont être prises
01:02:54alors
01:02:55les revendications
01:02:57elles sont connues
01:02:58elles sont simples
01:02:58l'abrogation
01:02:59de la réforme
01:02:59des retraites
01:03:00le financement
01:03:01des services publics
01:03:02mais aussi
01:03:03la réindustrialisation
01:03:05du pays
01:03:05parce que l'un
01:03:06ne va pas sans l'autre
01:03:07et puis bien sûr
01:03:08qu'il y a tous les enjeux
01:03:09de transition écologique
01:03:10qu'il faut pouvoir
01:03:11être en mesure
01:03:12de financer
01:03:13c'est quelque chose
01:03:14de fondamental
01:03:15donc moi je ne peux
01:03:16que vous dire
01:03:17que bien sûr
01:03:19il y a de l'espoir
01:03:20mais que rien
01:03:21ne nous sera donné
01:03:22ça c'est la leçon
01:03:24numéro 1
01:03:24du mouvement social
01:03:25et que
01:03:27le 1er octobre
01:03:28c'est une étape
01:03:29bien sûr
01:03:29et il y en aura d'autres
01:03:31mais il faut qu'on commence
01:03:32par être tous ensemble
01:03:33en grève et dans la rue
01:03:34pour rappeler
01:03:35que
01:03:37les créateurs
01:03:38des richesses
01:03:38c'est le monde du travail
01:03:40mais qu'à un moment donné
01:03:41il faut aussi
01:03:41que toute la population
01:03:44puisse en bénéficier
01:03:45voilà
01:03:46et évidemment
01:03:47l'environnement aussi
01:03:49Jean-Baptiste Combi
01:03:50en quelques mots
01:03:51pour conclure
01:03:54le bouquin
01:03:55que j'ai publié
01:03:56il est associé
01:03:56à une conférence gesticulée
01:03:57vous connaissez peut-être
01:03:58c'est un outil
01:03:59d'éducation populaire politique
01:04:00et j'ai eu le plaisir
01:04:01de monter une conférence
01:04:02gesticulée
01:04:02avec mon camarade
01:04:03Anthony Pouliquin
01:04:04et on commence
01:04:05la conférence gesticulée
01:04:06avec un jeu
01:04:07et dans le jeu
01:04:07il y a la question suivante
01:04:08perdre les élections
01:04:10c'est plutôt de gauche
01:04:11ou plutôt de droite ?
01:04:12perdre les élections
01:04:12c'est plutôt de gauche
01:04:14de gauche
01:04:15mais la bonne nouvelle
01:04:15vous l'avez vu
01:04:17c'est que depuis quelques temps
01:04:18en politique
01:04:19les perdants
01:04:19sont les gagnants
01:04:22donc
01:04:22c'est génial
01:04:23la gauche va bientôt
01:04:24se retrouver au pouvoir
01:04:25à force de perdre les élections
01:04:26continuons comme ça
01:04:27et dernier mot
01:04:29le capitalisme
01:04:30l'emprise du capitalisme
01:04:31sur nos vies
01:04:32n'est pas une fatalité
01:04:32mais pour ça
01:04:33il faut se battre
01:04:34collectivement
01:04:35politiquement
01:04:35auprès de toutes les organisations
01:04:37politiques de transformation sociale
01:04:41Léna Lazard
01:04:47je suis assez ravie
01:04:48de voir
01:04:50que les luttes écologistes
01:04:51vraiment
01:04:52j'ai l'impression
01:04:53qu'elles sont quand même
01:04:54de plus en plus puissantes
01:04:56et ok
01:04:57le mouvement
01:04:58pour le climat
01:04:582019
01:04:59qui était peut-être
01:04:59très visible
01:05:00à l'échelle nationale
01:05:02a changé
01:05:03mais je pense
01:05:04que les personnes
01:05:05qu'on voyait
01:05:05dans les manifestations
01:05:06massives
01:05:06elles sont toujours
01:05:07en train de militer
01:05:08et qu'elles sont
01:05:08de plus en plus
01:05:09à être rejointes
01:05:12et notamment
01:05:13ça je le constate
01:05:14en habitant
01:05:16enfin moi déjà
01:05:16j'habite dans une zone
01:05:18très peu peuplée
01:05:19à la campagne
01:05:20et de voir
01:05:21via les luttes locales
01:05:23mais aussi
01:05:23via plein d'initiatives
01:05:24d'habitants
01:05:25à quel point
01:05:25ça bouge
01:05:26partout en France
01:05:27et que des gens
01:05:28font des choses
01:05:28justement pertinentes
01:05:31qu'on a tous
01:05:32et toutes compris
01:05:32justement
01:05:33quelle forme
01:05:34d'écologie
01:05:35était à la hauteur
01:05:36qu'on essaie
01:05:36de faire en sorte
01:05:37d'embarquer
01:05:38le plus de personnes
01:05:40possible
01:05:40et on a beaucoup appris
01:05:41aussi je pense
01:05:42de nos erreurs
01:05:43du mouvement
01:05:45climat 2019
01:05:46qui parfois
01:05:46justement
01:05:47était peut-être
01:05:47un peu hors sol
01:05:49du coup voilà
01:05:50de voir tout ça
01:05:50et de voir la solidarité
01:05:51justement
01:05:51qu'il y a aussi
01:05:52entre toutes les composantes
01:05:53du mouvement social
01:05:55et écologiste
01:05:56bon voilà
01:05:56on l'a vu justement
01:05:57pendant la dissolution
01:05:58mais là ça continue
01:05:59on essaie de se coordonner
01:06:00d'autant plus
01:06:02et d'essayer de faire en sorte
01:06:03que nos luttes
01:06:04elles s'articulent
01:06:04du coup pour moi
01:06:05voilà
01:06:05on va dans la bonne direction
01:06:07certes en face
01:06:07il y a une répression
01:06:08qui s'accentue
01:06:09les idées d'extrême droite
01:06:11se répandent
01:06:12mais on
01:06:13voilà
01:06:14on a quand même
01:06:15des mouvements
01:06:16qui sont de plus en plus structurés
01:06:17et de plus en plus forts
01:06:19et qui se posent
01:06:20des bonnes questions
01:06:20qui évitent de rester bornés
01:06:22dans les mêmes stratégies
01:06:23à toujours
01:06:24reproduire
01:06:24voilà
01:06:25les
01:06:26enfin les
01:06:26les mêmes modes d'action
01:06:27d'être toujours dans les mêmes
01:06:28d'être dans les mêmes mécanismes
01:06:30bon voilà
01:06:30cependant
01:06:31on a toujours vraiment besoin
01:06:32que plus de personnes
01:06:34nous rejoignent
01:06:35donc c'est pas encore fait
01:06:36c'est la rentrée
01:06:37rejoigner un collectif
01:06:38pour la justice sociale
01:06:39et écologiste
01:06:40près de chez vous
01:06:40si vous êtes à la campagne
01:06:42checkez la carte
01:06:43des luttes locales
01:06:44de reporter
01:06:44et voilà
01:06:44on se verra
01:06:45à la prochaine mobilisation
01:06:50et enfin pour conclure
01:06:51Valérie Masson-Delmotte
01:06:52un peu d'espoir
01:06:55est-ce que vous êtes courageux ?
01:06:57est-ce que vous êtes déterminés ?
01:07:01au moins en ce moment
01:07:02on fait plus semblant
01:07:03sur l'action
01:07:04au niveau du gouvernement
01:07:05sur les questions écologiques
01:07:06c'est en stand-by
01:07:08c'est en stand-by
01:07:09donc on a besoin de courage
01:07:10on a besoin de détermination
01:07:12l'expérience dans d'autres pays
01:07:13montre que les moments
01:07:14comme ça d'alternance
01:07:16où ces sujets sont mis de côté
01:07:17c'est des moments
01:07:18où on a besoin de construire
01:07:19ce qui sera mis en oeuvre
01:07:22à l'avenir
01:07:23pour une action
01:07:24qui soit efficace
01:07:26et immédiate
01:07:292054
01:07:30on est dans 30 ans
01:07:322054
01:07:33ce que j'espère
01:07:34c'est qu'on pourra discerner
01:07:36la stabilisation du réchauffement
01:07:38c'est qu'on aura construit
01:07:40des économies décarbonées
01:07:41juste
01:07:42avec des emplois décents
01:07:44on aura préservé
01:07:45les écosystèmes
01:07:46ça va être compliqué
01:07:47mais on aura préservé
01:07:49les habitats
01:07:49les corridors
01:07:50les espèces
01:07:52avec davantage d'attachement
01:07:53à la nature
01:07:552054
01:07:56on gérera les conséquences
01:07:58inévitables
01:07:59là où on en sera
01:08:00au niveau du climat
01:08:01du rythme de montée
01:08:02du niveau de la mer
01:08:03on aura anticipé
01:08:04on aura transformé
01:08:06les infrastructures
01:08:06on aura créé
01:08:08de nouvelles solidarités
01:08:09avoir cette vision-là
01:08:11de là où on veut être
01:08:12c'est quelque chose
01:08:13qui donne du courage
01:08:14et de la détermination
01:08:15et je sens
01:08:16qu'on le partage
01:08:17merci
01:08:24merci beaucoup
01:08:25à tous les quatre
01:08:26d'avoir accepté
01:08:27notre invitation
01:08:29merci à vous
01:08:29d'avoir assisté
01:08:30à ce dernier débat
01:08:31de l'Agora
01:08:32bonne fin
01:08:33de fête de l'humanité
01:08:34et à l'année prochaine
01:08:36merci
01:08:38Jessica
01:08:39merci à Jean-Baptiste Combi
01:08:41Léna Lazare
01:08:42Valérie Masson-Delmotte
01:08:43et Fabienne Rouchy
01:08:44vous pouvez
01:08:45aller vous procurer
01:08:46l'ouvrage
01:08:46de Jean-Baptiste Combi
01:08:47qui je crois
01:08:48va même le dédicacer
01:08:49à Libre et de la Renaissance
01:08:50sur le côté
01:08:51ainsi se finit
01:08:53notre week-end d'Agora
01:08:54un cru absolument exceptionnel
01:08:55puisqu'on a débattu
01:08:57pendant tout le week-end
01:08:58avec les responsables
01:08:59de la gauche
01:09:00creuser des pistes
01:09:01pour les services publics
01:09:02de la santé
01:09:02et de l'éducation
01:09:03parler de mort au travail
01:09:04quand tout le monde
01:09:05fait silence
01:09:06on a aussi parlé
01:09:07de l'élaboration
01:09:08d'un front féministe

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