Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 37 minutes
Des agriculteurs du Modef et de la Coordination paysanne, en lien avec la CGT cheminots, ont effectué une distribution de denrées alimentaires en soutien aux salariés en grève.

Matthieu Bolle-Reddat en a la gorge nouée. « C’est émouvant de voir tous ces dons et la fraternité des gens », confie le secrétaire général de la CGT des cheminots de Versailles. Il est vrai que la scène qui se joue sur la place de la gare de Versailles-Chantiers sort de l’ordinaire. En partenariat avec la CGT-cheminots de Versailles, les paysans du MODEF et de la Confédération Paysanne viennent distribuer des denrées alimentaires à une soixantaine de salariés en grève reconductible.

Énergéticiens, ouvriers, cheminots… reçoivent les victuailles les uns après les autres. Ce geste de solidarité marquant en cette huitième journée nationale de mobilisations contre la réforme des retraites est née d’une rencontre. « Quand le syndicat CGT des cheminots de Versailles nous a contactés pour nous proposer d’organiser une opération solidaire entre les salariés en grève et les paysans du MODEF, nous n’avons pas hésité, amorce Raymond Girardi, vice-président du Mouvement de défense des exploitants familiaux. C’est par la convergence des luttes que nous pouvons porter un coup à la réforme des retraites ». Accompagnés d’autres cultivateurs, l’agriculteur du Lot et Garonne a parcouru 700 kilomètres dans la nuit de mardi à mercredi pour concrétiser ce rapprochement.

Devant la gare de Versailles Chantier, les drapeaux flottent dans l’air. Rouges de la CGT, jaunes de la Confédération paysanne. Le lieu est symbolique. « Nous sommes ici à Versailles où les derniers Communards ont été suppliciés, rappelle Matthieu Bolle-Reddat.  »C’est aussi ici que les paysans sont venus en 1789 brûler les demeures aristocrates« , ajoute-t-il. L’humeur est festive. Le soleil s’ajoute à la bonhommie des gens présents. Pour autant, l’ambiance demeure combattive.  »Aujourd’hui, il y a un projet de contre-réforme et de recul social qui veut nous imposer de travailler plus longtemps« , cingle Sébastien Pigache, membre du bureau de la Confédération paysanne du Gers.

Témoins de cette convergence, Fabien Roussel, député PCF, résume:  »C’est la plus belle union qui se produit ici, celle des paysans et des salariés, celle de l’union de la terre et du travail des industries. C’est la faucille et le marteau.«  Venu aussi en soutien, Éric Coquerel, député LFI et président de la Commission des finances, souligne que  tous les mouvements de lutte qui se sont déroulés jusqu’à maintenant sont positifs car ils ont montré que le syndicalisme dans ce pays est capable d’organiser une résistance majoritaire. »

Après la distribution des denrées, les manifestants et grévistes se dirigent dans les rues de Versailles. Des chants résonnent. « Paysans, unité, salariés », lancent Matthieu Roll-Beddat depuis le cortège de tête. « On reprend notre outil de travail », se réjouit l’un de ses collègues cheminots. L’étonnant cortège surgit

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:13Au départ, c'était un petit travail, des petites quantités, etc., pour l'AG de Versailles, tu vois.
00:18Et puis, on a été dépassé par les quantités. Au bout de quelques jours, c'était une tonne.
00:24Après, on est arrivé à deux tonnes. Et là, on a dit, il faut qu'on l'étende.
00:28Donc, on a appelé les électriciens et gaziers. On a appelé les camarades de l'usine PSA.
00:32On a appelé les camarades de toutes les assemblées générales, de cheminots, de tout le sud de Paris, en disant,
00:37venez, on va partager pour nourrir les grévistes.
00:42Ces gens nourrissent le monde. Et aujourd'hui, ils se dépouillent de leurs propres revenus pour nourrir les grévistes.
00:48Il y a aujourd'hui une unité populaire contre cette réforme qui va bien au-delà des travailleurs salariés,
00:53qui touche le monde paysan, les petits propriétaires, les petits exploitants.
00:58Et c'est le mur de la France qui travaille aujourd'hui, qui s'oppose à la réforme de Macron.
01:03Ça va bien au-delà des secteurs traditionnellement syndiqués, etc.
01:07C'est une lame de fond aujourd'hui.
01:10Alors, ils peuvent faire tout leur galimacia au Parlement, 49-3, pas 49-3.
01:15Ils n'arrêteront pas cette lame de fond. On peut cracher dans un torrent, ça aura le même effet.
01:21Et c'est ça qu'aujourd'hui les gens sont venus dire. Partagez ensemble et on tiendra jusqu'au bout,
01:26on s'organisera pour tenir jusqu'au bout.
01:28On a des maraîchers qui ont donné jusqu'à 100 ou 150 kg de légumes.
01:32On a des tout petits producteurs qui ont donné une dizaine de pots de miel.
01:37On a des confitures, des fromages, de la viande, des pâtés. Il y a à peu près de tout.
01:44On a préparé hier soir, à la moitié de la nuit, des paniers avec tout ça.
01:49Et on va distribuer ces paniers aux cheminots qui sont en grève et qui ont perdu beaucoup de salaire pour
01:54mener le mouvement,
01:55pour être la locomotive du mouvement dont on doit être les wagons.
01:58En l'espace d'une semaine, on a collecté tout ça dans les fermes.
02:02Alors c'était à base de coups de fil, de messages.
02:05Il a fallu aussi trouver des camions, des véhicules, s'organiser pour sortir de nos fermes, trouver du temps pour
02:12venir ici.
02:13Donc tout ça, c'était un défi qu'on a voulu relever.
02:17Et puis être ici ensemble avec les ouvriers en grève, avec les salariés en lutte, ça nous renforce collectivement.
02:26Il faut qu'effectivement, les petits et moyens paysans de France, avec tous les salariés du pays,
02:32continuent la lutte jusqu'à ce qu'effectivement, on fasse reculer le gouvernement.
02:36Et ce projet accélérera, il faut le dire aujourd'hui, et qui est une anomalie sociale en ce moment.
02:43Donc la lutte continue et il faut développer, je crois, les solidarités comme cette initiative ici devant la gare de
02:50Versailles.
02:53C'est la mise en oeuvre des principes historiques de la solidarité entre ouvriers et paysans,
02:58qui se matérialisent aujourd'hui par cette action-là,
03:00et par la poursuite de la lutte et le soutien mutuel à nos branches respectives.
03:04Donc à tous ceux qui veulent essayer de diviser le monde du travail, je dis bien le monde du travail,
03:08parce qu'il englobe à fleuve ceux qui sont salariés et ceux qui travaillent la terre.
03:12On a les mêmes intérêts, on les défend ensemble, et on se soutient les uns les autres dans nos galères,
03:15et aussi surtout dans nos luttes, qu'on mènera ensemble et qu'on gagnera ensemble.
03:20Même que la réforme passe, on n'aura pas droit au milieu de 5 euros.
03:24Parce que nous, on est trop riches, et on a beaucoup d'agriculteurs qui sont très pauvres,
03:30parce qu'ils sont endettés par les banques, et les banques, elles sont là pour...
03:36Dès qu'on a des difficultés financières, ils nous mettent des pénalités supplémentaires.
03:41Et je pense qu'on devrait s'unir encore plus pour arriver plus fort à ce qu'on a besoin.
03:48C'est un rassemblement à haute valeur symbolique, d'abord parce qu'on se trouve à Versailles,
03:52lieu où la monarchie a été abolie, là où la République a commencé à se construire,
03:57et se retrouver ici, sur ce pavé, où se réunissent des paysans avec des ouvriers de la métallurgie,
04:05de DF, des cheminots, unis pour dire non à la retraite à 64 ans, oui au progrès social,
04:11c'est le plus beau des combats.
04:13Il y a ici des agriculteurs du Puy-de-Dôme, avec du Gers, des éleveurs de canards,
04:21des producteurs de légumes, des ouvriers de Poissy, Stellantis, Peugeot-Poissy,
04:29des cheminots, EDF, enfin c'est la plus belle des Frances.
04:32Et à leur côté, des élus de la République, les élus de gauche, écologistes, socialistes,
04:39insoumis, communistes, ensemble, unis, pour dire non à cette réforme de retraite,
04:44et oui au progrès social.
04:46Rendre la terre aux paysans, rendre l'outil de travail aux salariés,
04:49et faire en sorte que les richesses que nous produisons,
04:52nous les mettions au service du développement humain,
04:55du progrès pour tous, du dérèglement climatique,
04:58c'est notre combat, et c'est ça qui nous unit.
05:08Les manifestants, on prend le temps.

Recommandations