- il y a 16 heures
Pour l’émission spéciale réunissant Ça ira ! et Backseat, samedi 13 septembre en direct de la Fête de l’Humanité le député de l’Après Alexis Corbière a répondu aux questions de Jean Massiet, Mejdaline Mhiri, Usul, Lumi et Emilio Meslet.
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NewsTranscription
00:00On va désormais accueillir notre invité politique, Alexis Corbière, député de la 7e circonscription de Seine-Saint-Denis,
00:07ancien membre des Insoumis et fondateur de l'Association pour la République écologique et sociale.
00:13Après, bonsoir Alexis Corbière.
00:16Bonsoir Alexis Corbière.
00:18Alors, juste d'entrer, on va se mettre d'accord sur le fait, parce que j'ai écouté beaucoup de
00:24débats depuis le début de la fête de l'Humanité.
00:27Évidemment, on est là pour échanger, pour discuter, on n'est pas d'accord avec tout, mais par contre on
00:31se respecte, on n'est absolument pas comme les fascistes, évidemment.
00:35Donc on ne se censure pas, évidemment, les uns les autres, on s'écoute, et quand on est d'accord,
00:41on crie, c'est très bien.
00:44Voilà, mais je vous propose que le débat se déroule de la meilleure des manières possibles.
00:48Donc bonsoir Alexis Corbière.
00:50Bonsoir, ça va.
00:51Ça va, et vous, comment ça va ?
00:53Impeccable, impeccable.
00:54Très bien, vous avez circulé un petit peu dans les allées de la fête ?
00:56C'est une énorme fête.
00:58Je sais que les communistes disent tout le temps que la fête de l'Humanité, il y avait plus de
01:02monde que l'année dernière, mais je crois que c'est vraiment exact cette année.
01:06Il y a énormément de monde partout, et comme un couillon, je me suis fait une entorse il y a
01:10dix jours, et la fête de l'Humanité, quand on a une entorse, c'est douloureux, parce que les chemins
01:14sont capoteux.
01:15Mais c'est super, j'espère que tout le monde passe une belle fête.
01:18Alors, Alexis Corbière, on va tout de suite vous questionner, mais on ne va pas y passer trop trop de
01:22temps, parce qu'on en a déjà parlé avant, longuement dans l'émission.
01:27L'arrivée de Sébastien Lecornu à Matignon, comment est-ce que vous, en quelques mots, vous jugez son arrivée ?
01:35Il parle de rupture, et pas uniquement sur la forme. Qu'est-ce que ça dit de la stratégie de
01:40Macron, cette nomination ?
01:42Le mot a été dit par plein d'autres. Il y a un côté provocation. Moi, j'avais dit qu
01:47'il était ministre de la Défense, il reste désormais Premier ministre de la Défense, mais du macronisme.
01:52Il est là pour ça. Dans un moment, il faut comprendre la séquence dans sa globalité. Il y a eu
01:5833 millions d'électeurs qui sont venus à l'occasion des élections législatives.
02:01Il faut remonter 40 ans en arrière, 1986, pour avoir une élection législative où il y a une telle participation.
02:08Donc il y a un haut niveau de participation et donc d'une certaine représentativité.
02:12On nous dit souvent que personne n'a vraiment gagné. On peut en discuter, mais il y a une force
02:15qui a réellement perdu, c'est Emmanuel Macron.
02:17Il tombe à 6 millions d'électeurs, indiscutablement. Ils ont pris une reince à ces élections et ils venaient de
02:22la prendre deux mois avant ou un mois avant à l'occasion des élections européennes.
02:26Et depuis, il y a un entêtement de la part d'Emmanuel Macron, qui ne le fait pas seulement par
02:31caractère, même si le personnage a l'air d'être assez entêté.
02:35Il défend une politique et il veut la défendre coûte que coûte. Alors on a eu Barnier, on a Bérou,
02:39et la singularité, c'est que le cornu, c'est la continuité de ça.
02:43Alors je vous annonce qu'il va y avoir une différence de style. C'est un gros malin, il va
02:47vouloir dire qu'il discute, qu'il faut changer, qu'il est à l'écoute.
02:50Mais bon, globalement, il va de soi qu'il est là pour que le macronisme continue alors que le macronisme
02:55est défait.
02:56Alors comment je le prends ? Moi je me suis bagarré, vous m'avez invité, moi je suis un unitaire
03:00aujourd'hui.
03:01La force que nous avons réalisé, et je m'adresse aux plus jeunes qui sont dans la salle, qui est
03:06un exploit politique.
03:07La capacité qu'on avait déjà fait à la NUPES en 2022, de refaire le nouveau Fonds populaire en 2024.
03:13C'est-à-dire que toute la gauche, dans sa globalité, de Philippe Poutou jusqu'à qui vous voulez, et
03:18même Hollande, tout le monde s'est réuni pour faire des candidatures communes.
03:22Non mais, pourquoi on a fait ça ? Parce que nous sommes aussi en train de vivre un moment très
03:30particulier de l'histoire de notre pays.
03:32Pour la première fois depuis 1945, l'extrême droite peut l'emporter par les urnes.
03:37C'est un moment particulier de l'histoire du pays, c'est un moment particulier de l'histoire de la
03:41classe ouvrière.
03:42On ne peut pas, par rapport à ça, avoir une réponse stratégique qui est la même que ce qu'on
03:47a eu précédemment.
03:48Donc je suis favorable à ce qu'on maintienne ça, et ce que je voulais te dire, c'est qu
03:52'il va de soi.
03:53Que je pense que dans la mesure où cette coalition, cette coalition magnifique du nouveau Fonds populaire est arrivée en
03:59tête,
04:00Emmanuel Macron aurait dû nommer l'un d'entre nous à Matignon, pour que nous puissions mettre en place un
04:05gouvernement.
04:06Et je vais le dire clairement, quand moi je dis l'un d'entre nous, c'est quelle que soit
04:11la formation politique dont il fait partie.
04:14Il aurait choisi un PS, un PC, un écolo ou un insoumis, je réapplaudis.
04:18L'un d'entre nous, c'est tout le monde.
04:20Gouvernement, nouveau Fonds populaire, pour essayer d'avancer.
04:24Parce que les nôtres, ils attendent qu'on mette en place une politique conforme à leurs besoins.
04:29Augmenter les salaires, abroger la réforme des retraites, etc.
04:32Monsieur Corbeil, est-ce que, en réalité, je comprends que vous ne pouvez pas dire autre chose depuis 2024,
04:37mais est-ce qu'en réalité, ce n'est pas un peu du théâtre, tout ça ?
04:40Est-ce que vous voulez vraiment gouverner, aujourd'hui, au vu de l'état, un, du rapport de force institutionnel,
04:46et, deux, l'état de la gauche, il suffit de parler quelques minutes micro-éteint avec un responsable politique de
04:52tous ceux qui disent
04:52« on veut le pouvoir » pour qu'ils disent « en réalité, s'ils nous nomment, on est dans
04:56la merde ».
04:56Non, non, non. Attends, deux choses.
04:58Premièrement, ce qui est du théâtre, et je le dis avec verve ici,
05:02c'est de surjouer à l'heure actuelle des grands désaccords au sein du nouveau Fonds populaire.
05:08J'indique vraiment, et croyez-moi, en vérité, jamais la gauche, même le PS, n'a été...
05:14Non, mais entre le NPA et...
05:16Oui, mais même, on n'a jamais été aussi proches programmatiquement.
05:19Jamais été aussi proches programmatiquement.
05:22Donc, je n'accepte pas, quand l'extrême droite fait, aujourd'hui, quasiment, on a vu plus de 10 millions
05:28de voix législatives,
05:29quand Marine Le Pen est au second tour de l'élection présidentielle,
05:31qu'on surjoue le fait qu'on ne peut plus désormais être unis.
05:35Ça, c'est du théâtre.
05:36Et un théâtre qui... Pardon ?
05:38Et sur la question de gouverner ?
05:39Alors, et la question de gouverner, il va de soi que, si nous avions été à responsabilité,
05:43le gouvernement, je pense, n'aurait pas tenu longtemps.
05:46Mais on aurait pu, selon moi, pendant les quelques semaines ou les quelques mois, on était en responsabilité,
05:52montrer à des millions de gens comment, quand le NFP est en responsabilité, il ouvre un chemin.
05:57Qu'est-ce qu'on aurait fait, selon moi ?
05:59D'entrer, commencer, par décret, augmenter le SMIC.
06:01D'entrer, 1 600 euros.
06:03D'entrer, par décret, abroger la réforme des retraites.
06:06Il y aurait eu un rapport de force dans le pays.
06:09Mais qu'est-ce qu'on aurait fait ?
06:10Et je le dis en respectant les organisations syndicales.
06:13Les autres se seraient mobilisés contre nous, et on aurait appelé la mobilisation à dire
06:16« Mobilisez-vous pour se défendre ce gouvernement qui va mettre en place cette politique ».
06:20Je pense que ça aurait terminé par une dissolution.
06:23Mais on aurait créé les conditions...
06:24Non, mais soyons clairs.
06:26Mais on aurait...
06:27Ce que je veux dire, c'est qu'on est dans un moment où il n'existe aucune solution stable.
06:32Rien ne durera.
06:33Nous sommes devant quelque chose qui va se dénouer très fortement.
06:37La question, c'est comment nous arrivons à créer un rapport de force
06:40qui fait que la force électorale et sociale qu'on a constituée l'année dernière,
06:469 millions de voix du NFP, ne se disloquent pas.
06:48Et deuxièmement, comment nous amenons à nous des millions d'autres personnes
06:52si on veut gagner la prochaine élection présidentielle.
06:55Et je pense que c'est le seul objectif acceptable à se fixer.
06:58Je dis bien, non pas de faire un bon score,
07:00non pas d'être en tête de la gauche,
07:02mais l'emporter à l'occasion de la prochaine élection présidentielle.
07:05Parce que si ce n'est pas nous, ça risque d'être l'extrême droite.
07:08Nous devons rassembler 17 à 18 millions de voix.
07:11Donc nous devons nous adresser à des millions de gens
07:14qui, pour l'instant, n'ont pas voté pour nous.
07:16Et nous ne pouvons le faire qu'en mettant en application quelque chose
07:19où les gens se disent « avec eux, ça va changer ».
07:22C'est pourquoi, si on avait été en responsabilité,
07:24même pendant quelques semaines ou quelques mois,
07:27on aurait pu créer ce rapport de force
07:28où les gens se disaient « il faut les aider ».
07:30Parce qu'avec eux, ça change vraiment.
07:32Ça aurait été un gouvernement de combat,
07:34un gouvernement tremplin,
07:36mais qui aurait permis qu'on ne soit pas dans la posture
07:38« non, non, surtout pas, ne faisons rien,
07:40tout va se régler à la prochaine élection présidentielle ».
07:43Ce qui me semble un peu sec par rapport à la période.
07:45Alexis, tu dis toi-même qu'aucune solution n'est stable,
07:49notamment quand on regarde la tronche de l'Assemblée nationale.
07:51Est-ce que le NFP a les moyens de gouverner ?
07:54Je le répète, on est aujourd'hui 192.
07:57On aurait pu, sans aucun doute, commencer en mettant en place,
08:00selon moi, des dossiers sur lesquels on est majoritaire.
08:03Sur la question de l'abrogation de la réforme des retraites,
08:06même dans cette Assemblée, on est majoritaire.
08:08Vous avez suivi ?
08:09Avec le RN.
08:10Oui, mais je le dis à ce micro, avec le RN.
08:13Et alors, j'ai un RN à foutre.
08:15Moi, j'abrogerai la réforme des retraites avec le diable s'il le faut.
08:18J'abrogerai cette réforme.
08:19On ne peut pas...
08:20Non, mais que les choses soient claires.
08:22Je ne vais pas dire que je n'abroge pas la réforme des retraites
08:24parce que c'est avec le RN.
08:25Ce dont on parle, c'est de la vie de 33 millions de salariés.
08:29Donc, oui, on l'aurait fait.
08:30Et sur les autres sujets, alors ?
08:31Pardon ?
08:32Sur les autres sujets, comment tu fais une majorité ?
08:33La taxe Supman, grâce notamment à Clémentine Autain et Eva Sass,
08:37on l'a fait adopter dans cette Assemblée.
08:39On aurait pu...
08:41Je ne vous vends pas des choses.
08:42Je ne raconte pas que ce gouvernement aurait été long.
08:46J'essaie de l'expliquer.
08:47Mais on aurait pu, sur certains points, démontrer
08:49que c'est autour de nos propositions
08:52qu'on peut faire avancer.
08:53Pourquoi ?
08:54Parce qu'en vérité, on est majoritaire dans le pays sur ces questions-là.
08:58Sur ces questions-là, on est majoritaire dans le pays.
09:0170% des gens veulent en finir avec la réforme des retraites.
09:04Regardez ce qui est intéressant d'un point de vue idéologique
09:07sur la question de la fiscalité.
09:08Taxe Supman, nous sommes ultra-majoritaires.
09:11De la même façon, sur les salaires.
09:12Je ne veux pas faire trop long, mais je répète, je ne me la raconte pas.
09:16Le gouvernement qui aurait fait ça aurait été nécessairement
09:18un gouvernement de combat, comprenant que nous allons vers des événements
09:22importants et aurait pu...
09:24Parce que si on n'avait pas fait ça et qu'on avait voulu faire
09:26un gouvernement à la papa, le pire, en essayant y compris
09:29d'avoir des ministres macronistes avec nous, échec assuré.
09:32Et je n'aurais évidemment surtout pas soutenu cette solution.
09:35Oui, il y a un élément important dans cette discussion et ce rapport de force.
09:39Et là, je vais m'adresser à Alexis Corbière, le prof.
09:43Il y a eu Front Républicain, mine de rien, surprise, aux dernières législatives.
09:48On nous disait que c'était fini.
09:50Et mine de rien, il s'est reconstitué.
09:52Il y a quelque chose qui a sédimenté quand même dans le corps social
09:55qui fait que ça s'est remanifesté.
09:57Alors même que parfois, les chefferies n'y croyaient pas tellement.
10:00Mais ça s'est refait.
10:02Et aujourd'hui, on nous dit d'ailleurs que ça ne se refera pas une fois de plus.
10:06Alors même qu'on nous disait que ça ne se ferait pas la dernière fois.
10:08Mais quand je dis « on », c'est justement les élites médiatiques
10:11plus ou moins trempées dans déjà la fascisation ambiante.
10:15Comment tu analyses le fait que ça s'est reformé la dernière fois ?
10:19Qu'est-ce qui fait que ça se reforme ?
10:21Et est-ce que tu penses que ça se reformera ?
10:24Et pourquoi ?
10:26Qu'est-ce qu'il y a de spécial dans ce pays qui fait que ça marche encore ?
10:29Je vais essayer de te répondre.
10:30Ce que je pense, ce qui est encore en acquis,
10:32dans un pays, il y a des grandes hégémonies culturelles.
10:35Parmi les grandes hégémonies culturelles de ce pays,
10:38c'est le fait que quand l'extrême droite était en responsabilité
10:40sur le gouvernement de Vichy, ça a tué la République.
10:43Et donc il y a, ça a été le cas pendant des années,
10:45un refus de l'extrême droite,
10:47qui était quelque chose de partagé, on va dire, du communisme au gaullisme.
10:50Et ça, ça existe encore.
10:54C'est en train de s'affaiblir.
10:56Quand, par exemple, Jordan Bardella et Marion Maréchal Le Pen
11:00sont invités en Israël pour aller à Yad Vashem,
11:02c'est quelque chose qui est terrible
11:04parce que ça produit l'affaiblissement de cet anticorps.
11:07Vous comprenez ?
11:08Parce que la grande honte de l'extrême...
11:20ça participe au fait que demain, ça annonce l'union des droites.
11:23Parce que s'ils ne sont plus antisémites,
11:25et de surcroît, si en plus l'infamie d'antisémitisme
11:28est montrée du côté de la gauche et des insoumis,
11:31c'est un bouleversement du champ idéologique.
11:33On a compris la manœuvre.
11:34Donc ça, c'est un danger très fort.
11:36Très fort.
11:37Et il faut le comprendre.
11:39Mais on était déjà dans cette pente-là en 2024.
11:42Oui, mais voilà.
11:43Moi, je pense qu'il faut comprendre ça
11:45et avoir l'habileté de ne pas tomber dans les pièges qu'on nous tend.
11:48Bon. Alors, je pense encore, là c'est mon analyse,
11:52qu'il y a encore dans le pays le refus de l'extrême droite.
11:54Mais c'est de plus en plus fragile.
11:57Nous, on ne doit pas, on doit créer les conditions,
11:59il y a la bagarre de premier tour,
12:01mais qu'aussi au second tour,
12:02si l'un d'entre nous était au second tour,
12:04moi, je n'ai pas de honte à dire qu'il faudra aussi qu'il entraîne
12:08des gens qui votaient Macron, j'en sais rien.
12:10Vous comprenez ce que je veux dire ?
12:11Donc on doit créer les conditions d'une bagarre sur des principes,
12:14mais qui agrègent à lui toute une série de gens
12:17sur le fait que l'extrême droite, c'est ce qu'il y a de pire.
12:19Et concrètement, ça veut dire quoi ?
12:20Ça veut dire quoi, agréger ?
12:21C'est-à-dire comment on permet,
12:24une fois que le premier tour est passé,
12:25de gagner le deuxième,
12:27d'agréger les gens dont vous parlez ?
12:28Et puis là, pour le coup, c'est un point commun
12:30avec les Mélenchonis,
12:32c'est que vous, comme eux,
12:33vous êtes obsédés par les présidentielles
12:35et que tout doit se régler là, quoi.
12:37Non, non, c'est pas...
12:38Là, t'es méchant, tu m'arriques à qui ?
12:39Là, on parle d'un second tour,
12:41de je sais pas quoi...
12:41Non, mais ceci dit, en Ve République,
12:43l'élection présidentielle et l'élection clé de voûte
12:45et rater l'élection présidentielle
12:47est quand même un problème.
12:48Mais à l'inverse,
12:50il ne s'agit pas non plus
12:50de faire rentrer toute l'idéologie mortifère
12:54de la Ve République dans la gauche.
12:56Je me fais comprendre.
12:57Je veux dire,
12:58c'est le débat au sein du Parti communiste,
12:59c'est difficile pour une force
13:01de ne pas avoir de candidat.
13:02A l'inverse,
13:03une force qui considère
13:04que toute sa stratégie
13:05n'est bâtie uniquement
13:06sur l'élection présidentielle,
13:07ça pose aussi un problème.
13:09Parce que derrière l'élection présidentielle,
13:10il y a aussi la personnalisation.
13:12Mais sur la question,
13:13comment convaincre les gens
13:14qui ne votaient pas là
13:15de s'embarquer avec la gauche
13:16et de partir avec les fachos ?
13:17Déjà sur une chose fondamentale,
13:19qui était un acquis,
13:20mais il faut que ça reste.
13:21Les libertés publiques,
13:22c'est la gauche qui les défend.
13:24Les libertés publiques,
13:25c'est la gauche qui les défend.
13:26La démocratie,
13:27c'est la gauche qui les défend.
13:30Nous ne sommes pas des démocrates
13:31parce que nous sommes
13:32des petits bourgeois.
13:33Nous pensons que la démocratie
13:35est quand même le cadre
13:35de régulation des désaccords
13:37et que toute forme
13:38de solution autoritaire,
13:39même en nom des intérêts
13:42du prolétariat,
13:43ce n'est pas bien.
13:44Donc la démocratie,
13:45nous la défendons.
13:46Et je pense qu'on doit garder
13:47cette ligne de crête
13:48à tout moment
13:49pour qu'y compris des gens
13:51qui ne sont peut-être pas d'accord
13:51avec le programme,
13:53pensent que c'est nous,
13:54si nous étions au second tour,
13:55pour lequel il faut voter
13:56alors que l'extrême droite,
13:58c'est elle qui menace les libertés.
13:59On peut commencer par là.
14:00On peut aussi le prendre
14:01sur la question sociale.
14:03Je l'ai dit tout à l'heure,
14:04je pense qu'au second tour,
14:06si nous mobilisons des affects
14:07sur les questions sociales
14:08et populaires,
14:09des tas de gens vont se dire
14:10« Moi, je ne suis pas de gauche,
14:12mais ils ont quand même raison
14:13de dire que faire travailler
14:15jusqu'à 64 ans,
14:16qui produit le fait
14:17que l'abaissement
14:17du système des retraites,
14:19ça ne va pas.
14:20Le fait de défendre
14:21l'hôpital public, ça ne va pas. »
14:22Je veux dire,
14:22il y a ces affects à mobiliser,
14:24ces affects populaires
14:25qu'il faut mobiliser,
14:26qu'il faut incarner.
14:30une chose par exemple,
14:31je suis en train de digresser
14:32mais un petit peu,
14:33on a souvent des faits divers
14:34à la télévision
14:35quand il y a des crimes odieux
14:36et des morts odieux
14:37qui ont lieu.
14:38Mais savez-vous,
14:39comme vous êtes à la fête de l'Imoire,
14:40vous le savez,
14:41que chaque jour,
14:41il y a deux morts,
14:42chaque jour,
14:43de quoi ?
14:44D'accidents du travail.
14:46Chaque jour,
14:47deux morts.
14:48On n'en parle jamais.
14:51Jamais.
14:52750 travailleurs,
14:53chaque jour,
14:54chaque année,
14:54meurent.
14:55Nous, on doit,
14:56par exemple,
14:57mobiliser sur cette affaire
14:58parce que derrière la mort du travail,
14:59il y a quoi ?
15:00La suppression des CHSCT,
15:01l'absence d'inspecteur du travail,
15:03etc.
15:04La mort au travail
15:05est même rentrée l'année dernière,
15:07ça m'a choqué,
15:08par des jeunes de 15 ans
15:09qui sont morts sur des chantiers.
15:10On a 38 gamins l'année dernière
15:12à l'occasion de stages,
15:13notamment,
15:14qui sont morts
15:14sur un lieu de travail.
15:16Saisissons-nous de cette affaire-là
15:17parce qu'elle concerne
15:18des millions de gens.
15:19Chaque année,
15:20il y a 560 000 personnes,
15:21un demi-million de gens
15:22qui sont blessés au travail,
15:24dont 38 000
15:25qui sont vraiment très abîmés.
15:27Parlons de cette question
15:28qui est une question sociale
15:30qui touche des millions de gens.
15:32Elle nous rassemble.
15:33Au question du programme
15:34et par rapport à l'union,
15:35etc.,
15:35moi, je voulais vous interroger aussi
15:37sur le but de l'après.
15:38Parce que vous dites
15:39que l'après,
15:39je suis allée regarder,
15:40etc.,
15:41et de ce qu'on comprend,
15:41on n'arrive pas trop à savoir
15:42si c'est une association,
15:43un parti,
15:44ça dépend de lequel d'entre vous
15:45en parle,
15:46est-ce que justement
15:46il va y avoir une candidature
15:47ou pas ?
15:48Ça, c'est toute une autre question.
15:49Mais effectivement,
15:49sur la question du programme,
15:51quel est finalement
15:52le but de l'après ?
15:53Parce que vous venez de dire
15:53que c'est l'union du NPA
15:54jusqu'à Hollande.
15:55C'est des projets
15:56qui sont complètement différents.
15:58Donc comment on fait ?
16:01On y est arrivé.
16:03Je ne suis pas en train de rêver.
16:06Je ne suis pas en train de planer.
16:07J'évoque seulement qu'il y a un an,
16:09on y est arrivé.
16:10Alors on peut me dire
16:11qu'il y avait des arrières-pensées.
16:12Sans concession sur le programme ?
16:13Attends,
16:13mais des arrières-pensées,
16:14il y en aura toujours dans la vie.
16:16N'empêche qu'on y est arrivé.
16:17C'est un programme défensif aussi,
16:18Alexis Corbière.
16:19Pardon ?
16:19C'est un programme défensif.
16:21Au moment où vous savez
16:22très bien où il est conclu,
16:23personne ne pense réellement
16:24que la gauche peut gagner.
16:27Les camarades,
16:28écoutez-moi,
16:28en 1936,
16:30le programme du Front populaire,
16:31il n'y avait même pas
16:32les congés payés dans le programme.
16:34D'accord ?
16:34Il y a eu une victoire électorale
16:36et c'est la mobilisation sociale
16:37qui l'a imposée.
16:39Et cher ami,
16:40même un programme défensif...
16:40On ne peut pas demander plus, justement ?
16:42Pardon ?
16:42On ne peut pas demander plus, justement ?
16:44Peut-être,
16:45mais on peut discuter.
16:47Mais il ne faut pas détruire ça
16:48au nom qu'il faut demander plus.
16:51Non, mais tu dis...
16:51Non, mais attends, attends.
16:52Cette affaire est sérieuse.
16:53Je vous le répète, les amis.
16:56Moi, j'ai changé de stratégie.
16:58Notamment quand j'ai constaté
17:00que ça faisait deux fois de suite
17:02que la candidate d'extra-droite
17:03était au second tour.
17:04Je n'ai pas toujours été un unitaire.
17:06J'ai notamment souvent défendu
17:08le fait que nous devions
17:10nous tenir à distance
17:11de la gauche traditionnelle.
17:12en particulier quand c'était Hollande
17:16qui était la responsabilité.
17:17Voilà.
17:17Ça, c'était la stratégie...
17:18Ça, ça a à prendre en compte.
17:19Oui, mais moi, je pense,
17:20quand on est un révolutionnaire,
17:21la stratégie,
17:22ce n'est pas un catéchisme
17:23qu'on répète tout le temps pareil.
17:24La stratégie s'adapte à la période.
17:26La période est caractérisée
17:28par la menace
17:28de la victoire de l'extrême-droite
17:29qui, elle, progresse
17:31et de la porosité
17:32entre la droite et l'extrême-droite.
17:33Alors, si on croit à ça,
17:35on n'a pas la même stratégie
17:37qu'éventuellement en 2016 ou 2017.
17:39On a une stratégie
17:40qui correspond au moment politique
17:42dans lequel on est.
17:43Tu dis « on » depuis tout à l'heure,
17:44tu dis « on » depuis tout à l'heure,
17:45mais quand tu dis
17:45« on a réussi à le faire,
17:46c'était l'année dernière »,
17:47est-ce que c'est encore faisable
17:48cette année, le NFP ?
17:49Quand j'entends,
17:50y compris ici à la fête,
17:52le Parti Socialiste
17:53et les Insoumis
17:54parler de l'un et de l'autre,
17:56ça me paraît extrêmement difficile.
17:58Alors, la question,
17:59à quoi sert l'après ?
18:00L'après, au point de départ,
18:02moi, je n'ai pas voulu créer l'après.
18:04D'accord ?
18:04J'ai voulu mener un débat
18:05au sein de la formation
18:06dans laquelle j'étais.
18:07Vous en faites partie ?
18:08Non, non, j'en ai été exclu,
18:09tu me permets.
18:10Je ne suis pas parti,
18:10ce n'est pas exactement la même chose.
18:12Quand je dis « vous en faites partie »,
18:13vous êtes dans l'après.
18:14Oui, depuis, j'ai formé un groupe,
18:17mais qui vaut ce qui vaut.
18:18Moi, je ne suis pas un constructeur
18:19de petites boutiques,
18:20ce n'est pas intéressant,
18:21mais qui essaie d'agréger.
18:21Mais qu'est-ce que c'est, justement ?
18:23Mais d'abord, moi,
18:24de produit programmatique,
18:26chacun peut aller sur notre site
18:27voir ce qu'on raconte.
18:28Mais est-ce que c'est un parti politique ?
18:30Oui, c'est un parti politique, oui.
18:31Mais du coup,
18:32quel est le sens de réclamer l'union
18:33quand on crée soi-même un parti ?
18:35Comment est-ce que les gens
18:37peuvent s'y retrouver ?
18:39Non, mais...
18:40Mais c'est la bonne question !
18:42Non, mais Alexis Corbier,
18:43attendez, laissez-moi juste
18:44finir ma phrase.
18:44Comment est-ce que dans cette période
18:46où il y a effectivement
18:47beaucoup besoin d'union,
18:48comment est-ce que quand on part
18:49d'un parti où on dit
18:52et franchement,
18:52de manière très personnelle,
18:54je comprends tout à fait la critique
18:56d'un parti qui dit
18:57il faut une nouvelle constitution,
18:59mais en même temps,
19:00il y a un homme omnipotent
19:01qui décide de tout,
19:01je la comprends totalement,
19:02la critique,
19:03mais en même temps,
19:04quelqu'un qui, du coup,
19:04va créer un autre petit parti à côté
19:07avec deux, trois autres personnalités
19:09extrêmement reconnues,
19:10mais où il n'y a pas
19:10une base militante très solide.
19:12Comment est-ce que votre message
19:15sur l'union peut être audible ?
19:17Parce que vous me tachinez,
19:19mais il doit lui faire une étape,
19:20que je ne suis pas allé créer
19:21une petite boutique.
19:23Tout ça naît de quelque chose
19:25que je regrette,
19:26d'une exclusion de la formation
19:28dont je faisais partie.
19:29Alors, de deux choses l'une,
19:30soit j'arrête de militer...
19:31S'il vous plaît,
19:32s'il vous plaît,
19:33je vous le laisse.
19:33Non, mais s'il y a des camarades
19:34qui m'écoutent,
19:35honnêtement,
19:36des brevets en méhanchionisme,
19:38en insoumission,
19:38j'en ai 50 à la maison,
19:40il n'y a rien à prouvé.
19:42Mon parti, c'était la France insoumise.
19:44Je l'ai fondé,
19:44le sigle, le fig,
19:45vous avez sur les drapeaux,
19:47c'est moi qui l'ai inventé.
19:48Donc, c'est ma maison
19:50et ma famille politique.
19:51Mais, en raison de circonstances,
19:53je ne vais pas y revenir,
19:55je n'ai été exclu.
19:56Pour autant,
19:57moi j'étais enfant de cœur
19:58quand j'étais petit,
19:58je pratique le pardon des offenses.
20:00Je ne vais pas passer mon temps
20:01à polémiquer avec des camarades,
20:02je continue à penser
20:03que c'est la stratégie de l'union
20:05qui doit perdurer.
20:05Alors, j'ai fait un petit groupe
20:07avec d'autres
20:08pour continuer à porter
20:09sa stratégie d'union.
20:10On a fait à Bagneux,
20:12le 2 juillet,
20:12autour de Lucie Casté,
20:14la volonté de continuer
20:15à ce que nous préparions
20:16les échéances électorales
20:18qui sont devant nous,
20:18ensemble.
20:19C'est Front Populaire 2027.
20:21Quelle est l'idée ?
20:22L'idée qu'on continue à discuter.
20:25Et bien sûr qu'il y a des différences
20:26pour faire en sorte
20:27que s'il y a des échéances électorales
20:29qui viennent,
20:29notamment à l'élection présidentielle,
20:31que nous présentions
20:32un candidat commun et unique
20:34dès le premier tour
20:35des élections présidentielles.
20:37Parce que ça nous semble
20:38être la meilleure façon
20:39de s'assurer qu'on est un camarade,
20:41quel qu'il soit,
20:42on en discute,
20:43qu'il soit au second tour
20:44de l'élection présidentielle.
20:45J'en suis là.
20:46La question, c'est aussi
20:46sur quel programme ?
20:47Parce que vous agitez
20:48le livret du nouveau Front Populaire.
20:50C'est celui qui a réuni
20:51plus de 9 millions de voix
20:52en 2024.
20:53Mais avec un parti,
20:54aussi la France Insoumise,
20:55qui refuse de rejoindre
20:56la dynamique unitaire que vous êtes.
20:58Donc aujourd'hui,
20:58vous êtes dans des négociations
20:59programmatiques
21:00parce qu'il n'y a pas
21:00que la candidature unique
21:01à travers une potentielle primaire.
21:03Il y a aussi la question
21:03du programme et des discussions
21:04sur qu'est-ce que vous porterez
21:05ensemble plus tard.
21:06Aujourd'hui, le plus gros morceau,
21:08le plus gros parti
21:09de cette coalition,
21:11c'est le Parti Socialiste.
21:12Est-ce que vous craignez pas
21:13qu'ils tirent quand même
21:15ce programme
21:15beaucoup plus sur le réformisme
21:17que sur la radicalité ?
21:19Mais c'est tout à fait vrai.
21:21C'est pourquoi j'ai envie de dire
21:22les Insoumis,
21:23venez pour que la discussion
21:24soit en quelque sorte équilibrée.
21:26Si vous voulez.
21:27Moi, je ne veux pas
21:27que le paysage
21:28de la prochaine élection présidentielle
21:30soit au premier tour
21:31l'affrontement entre Glucksmann
21:32et Mélenchon.
21:33Si c'est ça, on va perdre.
21:34Il nous faut...
21:35Tu comprends ce que je veux dire ?
21:37Ça va être l'affrontement
21:38entre Mélenchon, Glucksmann
21:39et les unionistes au milieu.
21:41Si c'est ça, c'est un échec.
21:42Mais ça risque,
21:43on va vers ça un peu.
21:44Alors moi, je voudrais rebondir
21:45sur ce qu'a dit Emileau
21:46et sur ce que tu as dit tout à l'heure.
21:47En politique,
21:48il n'y a rien
21:49qui n'est jamais écrit d'avance.
21:50Non, bien sûr.
21:50On a tous vécu
21:51dans la salle
21:51les élections européennes.
21:53Elle était terrible.
21:54Certains se traitaient
21:55de génocidaires,
21:56d'autres d'antisémites
21:57et tout le monde s'est dit
21:57c'est fini,
21:58il n'y aura plus d'union.
21:59Et vous avez vu,
22:00quand Macron a dissous
22:01devant la menace
22:02d'extrême droite,
22:03nous avons refait l'union.
22:04Toute l'histoire de la gauche.
22:06Mais alors, justement...
22:07Chaque fois,
22:07c'est selon les circonstances
22:08qu'on fait l'union.
22:09Ce n'est pas une histoire d'amour.
22:10On peut détester machin,
22:11on s'en fout.
22:12C'est les circonstances.
22:14Nous sommes face
22:14à notre ennemi mortel.
22:15L'extrême droite
22:16peut prendre le pouvoir.
22:17Putain, ce n'est pas rien.
22:18Ce n'est pas rien.
22:19Justement, je voudrais en dire là-dessus.
22:21Dans ce moment-là,
22:22on a sans doute des désaccords
22:23avec les socialistes,
22:24avec les écologistes,
22:25avec les insoumis.
22:27Mais il n'y a rien
22:27qui doit nous empêcher
22:30de briser ce front d'unité.
22:32Vous savez,
22:33le rêve de Macron,
22:34c'est quoi ?
22:35Qu'est-ce que c'est
22:35qui va l'amener
22:36peut-être à dissoudre ou pas ?
22:37C'est si nous sommes divisés.
22:39Voilà.
22:39Donc j'ai envie de dire
22:40aujourd'hui,
22:41comme en 68,
22:41mais ce n'était pas exactement pareil,
22:43division, piège à con.
22:45Division, piège à con.
22:46Tous ceux qui vous disent
22:47plus jamais je voterai socialiste,
22:49plus jamais je voterai insoumis,
22:51sont des irresponsables
22:52dans la période.
22:53Mais du coup...
22:54Alors voilà,
22:54il faut discuter.
22:55Et oui, la politique,
22:56comme on dit,
22:56c'est des rapports de force.
22:57Mais c'est la stratégie
22:58qui doit nous guider.
22:59C'est très bien.
22:59Moi, sur l'extrême droite,
23:00tu me mets l'extrême droite,
23:02je vote pour Michel-Edouard Leclerc
23:03ou Mathieu Pigasse en face,
23:05en fait.
23:05Je vote pour ce qu'il y aura en face.
23:07C'est-à-dire qu'on est tous
23:08d'accord là-dessus à gauche.
23:09En effet, j'ai même envie de dire
23:10que c'est le plus petit
23:11dénominateur commun.
23:12Mais pourquoi tu racontes ça ?
23:19L'unité à tout prix,
23:20même sur un timbre poste,
23:22ce programme,
23:23il est dans haut niveau d'exigence.
23:26Non mais...
23:26Michel-Edouard Leclerc...
23:27Certains, ils n'en veulent plus
23:28de ce programme, Alexis.
23:29Mais c'est la lutte.
23:30L'union est un combat.
23:31C'est un communiste
23:32qui a dit ça dans les années 70
23:34et il avait raison.
23:35L'union est un combat.
23:36Ça a toujours été un combat.
23:38En 1936,
23:39entre 34 et 36,
23:41il y a eu une bataille.
23:42Avant 1934,
23:43les communistes et les socialistes
23:44se tapaient dessus
23:45à coups de barre de fer.
23:46Et l'union a eu lieu.
23:47Les années 70,
23:48faire l'union avec le PS
23:50et avec Mitterrand
23:51qui avait été ministre de l'Intérieur
23:52durant la guerre d'Algérie.
23:53Ce n'était pas simple
23:54pour les communistes.
23:55Et pourtant,
23:55l'union a eu lieu
23:56et le programme commun.
23:57Et ça a permis la victoire de 1981.
23:59C'est toujours une bataille.
24:00Découvrez pas l'eau chaude,
24:01les amis.
24:02Si demain,
24:02vous perdez le rapport de force
24:04dans ces négociations
24:05et que c'est le Parti Socialiste
24:06qui arrive à tirer vers lui ce programme,
24:08vous continuez à en être ?
24:10Mais je me bats
24:11pour que le scénario
24:15défaitiste que tu présentes
24:16n'ait pas lieu.
24:17Je suis dans ce moment-là.
24:18Et j'aimerais qu'il y ait des camarades
24:20qui m'entendent
24:21et qui sont,
24:21vous comprenez,
24:22des différentes sensibilités politiques.
24:24Nous devons discuter.
24:26Comment nous réunir ?
24:27Sur quel programme ?
24:28Moi, je ne veux pas l'esprit zappeur.
24:30C'est une base politique.
24:32Comment on arrive
24:32à trouver un candidat
24:33ou une candidate commune ?
24:36Nous souffrons d'un mal.
24:37C'est le piège du présidentialisme.
24:39Le poison du présidentialisme.
24:41Le poison du bonapartisme.
24:43L'idée qu'une formation politique
24:44viendrait en disant
24:46« C'est mon candidat
24:47parce qu'il est le meilleur
24:48quoi qu'il arrive ».
24:49Voilà.
24:50Et quand je dis ça,
24:51par exemple,
24:51je vise Glucksmann,
24:52le mec qui débarque
24:53et lui veut être candidat
24:54quoi qu'il arrive.
24:55Bon.
24:55Ça n'a pas de sens.
24:56Et j'en connais d'autres aussi
24:58qui ont de meilleurs atouts
24:59d'ailleurs que Glucksmann
25:00qui disent
25:00« C'est nécessairement moi le candidat ».
25:02Je dis qu'en fonction
25:03de la situation politique,
25:05tout ça doit être débattu.
25:06Mais Alexis Corbière...
25:07Si nous sommes divisés,
25:09l'enjeu,
25:09ce n'est pas de savoir
25:10qui c'est qui aura
25:11la plus belle tombe
25:12du cimetière de la gauche.
25:14L'enjeu,
25:15c'est de gagner.
25:16C'est ça qui m'interesse.
25:16Alexis Corbière,
25:17dans les médias
25:19et vous l'avez dit
25:20tout à l'heure,
25:21les macronistes
25:22et puis peut-être
25:23les socialistes aussi
25:24appuient beaucoup
25:25sur l'anti-mélenchonisme.
25:26Vraiment,
25:27c'est vraiment quelque chose
25:28qu'il faut monter.
25:29Comment est-ce que vous,
25:30avec l'après,
25:30vous vous situez sur ce sujet
25:32alors même que vous avez
25:33créé le mouvement
25:34en réaction au comportement
25:35de Jean-Luc Mélenchon ?
25:37Non, mais ça fait trois fois
25:38que tu me présentes
25:39des choses comme ça.
25:41Non, je n'ai pas créé
25:42un mouvement en réaction.
25:43Je cherchais à mener
25:44une bataille stratégique
25:45au sein de la formation.
25:46J'ai perdu cette bataille
25:47et comme je suis un militant,
25:49je continue à agir
25:50et j'ai fabriqué un outil
25:51pour continuer à agir.
25:52Oui, mais ce que je veux dire,
25:53c'est que l'anti-mélenchonisme
25:54pour mettre deux extrêmes
25:57dos à dos,
25:58c'est là-dessus
25:59que je voulais vous faire réagir.
26:00Oui, oui, mais je...
26:01On est mieux reçus
26:02dans les médias déjà.
26:03Non, mais je ne peux pas
26:05dire d'autre.
26:07Je ne peux pas dire autre chose
26:08que je suis pour l'unité
26:10de LFI jusqu'au PS.
26:12Voilà.
26:13Je ne suis pas d'accord
26:14quand le Parti Socialiste dit
26:16quand le Parti Socialiste dit
26:17sans LFI,
26:18je ne suis pas d'accord.
26:20Et je ne suis pas d'accord non plus
26:21quand je ne comprends pas
26:23pourquoi Jean-Luc est passé
26:23au journal de France 2
26:24il y a quelques jours
26:25pour dire avant que le cornu
26:26soit nommé,
26:27surtout ne nommez pas
26:29un socialiste à Matignon.
26:30Non, je ne suis pas d'accord.
26:31Ça ne rime à rien, tout ça.
26:33Ça ne rime à rien.
26:34Unité.
26:35Voilà ce que j'ai à dire.
26:37Ben oui, mais...
26:40Ce qu'il y a de bien
26:44à la fête de l'humain,
26:45c'est qu'on peut discuter.
26:46Je comprends que ce que je vous dis
26:47vous semble être un chemin difficile,
26:49voire pas crédible.
26:50Mais j'ai la conviction profonde
26:51et on verra.
26:53Mais que nous sommes dans un moment,
26:55je vous assure,
26:55toutes les digues
26:56qui ont structuré la vie politique
26:58depuis 1945 ont rompu.
27:01Retailleau, chef de la droite,
27:02c'est un signe politique très fort
27:03que l'union des droites
27:05va avoir lieu.
27:05Et vous savez bien
27:06que ce qu'on appelle l'union des droites,
27:07c'est l'alliance électorale
27:08entre l'extrême droite et la droite.
27:10Ils sont en dynamique,
27:11ils ont des outils extrêmement importants,
27:13puissants des chaînes de télévision.
27:14Mais le PS serait adapté au macronisme aussi.
27:16Pardon ?
27:16Le PS aurait pu s'adapter au macronisme aussi,
27:18à conduire les mêmes politiques, etc.
27:20Mais bien sûr, mais qu'est-ce que...
27:22En fait, il y a une vraie vraie crainte
27:23de la social-démocratie.
27:25C'est quand même...
27:26Mais on est d'accord,
27:27mais vous voulez qu'on fasse
27:29l'histoire des trahisions du PS,
27:30il n'y a pas de problème.
27:31Il y en a plein.
27:32Pas de problème.
27:36Il y a des armes à l'Espagne.
27:37Dans les années 60,
27:39Mitterrand est celui
27:39qui a fait guillotiner
27:41Fernand Yveton, militant communiste.
27:43Tu veux que...
27:43Dans les années 80...
27:44Bon, une fois qu'on a dit ça,
27:46et ce qui est vrai,
27:47une fois qu'on a dit ça...
27:48On ne t'entend pas, on ne t'entend pas.
27:49Et on peut aussi discuter
27:51de la manière dont le mouvement communiste
27:53à travers l'histoire,
27:54et notamment l'Union soviétique,
27:55a dégénéré dans quelque chose
27:56qui est le contraire même de notre idéal.
27:59Donc tout ça, on peut en discuter,
28:00mais en 2025, malgré tout,
28:02les gens qui votent PS
28:03sont des gens de gauche.
28:04Les gens qui votent...
28:05Oui, oui, oui.
28:06Oui, oui, oui.
28:08Que vous le vouliez ou non.
28:09Même si...
28:10S'il vous plaît, laissez-le terminer une phrase.
28:13Et surtout, je le répète,
28:15vous allez me trouver très défenseur
28:17d'Olivier Faure,
28:18mais aujourd'hui, je vous assure
28:20que le Parti Socialiste,
28:21par rapport au parti que j'ai connu
28:22dans les années 90,
28:24qui était ultra pro, européen, etc.,
28:26est plus à gauche
28:27que ce qu'il était il y a quelque temps.
28:29Je vous assure.
28:30Oui, oui, oui, c'est la vérité.
28:32C'est la vérité.
28:34Même si c'est quelque part.
28:35L'aile droite du NFP,
28:37le Parti Socialiste.
28:38Mais c'est une composante
28:39de ce que nous avons à rassembler.
28:40Mais Alexis Corbière...
28:41Toute notre histoire est là, camarades.
28:43Le problème n'est pas de cultiver la radicalité.
28:46Le problème n'est pas de créer une avant-garde.
28:48Le problème, et que nous avons à régler,
28:50c'est de créer une grande majorité populaire,
28:52écologique et sociale,
28:53qui l'emporte.
28:54C'est ça, l'enjeu.
28:56C'est pas d'être le chef de l'extrême-gauche.
28:58C'est pas de se dire qu'on est les plus radicaux.
29:00C'est comment on sauve ce pays,
29:02ce grand pays,
29:03qui peut basculer dans l'extrême-droite.
29:05Tout le reste, pardon de le dire vulgairement,
29:08c'est du gauchisme.
29:09Du gauchisme.
29:10Et moi, je ne suis pas d'accord.
29:12Oui, ce que j'appelle gauchiste,
29:13c'est l'incapacité à comprendre les rapports de force.
29:16Les camarades qui sont syndicalistes le savent.
29:18Dans une boîte, quand on mène une lutte,
29:20on en est, on remporte une victoire,
29:21et il y a un moment où il faut savoir apprécier
29:23les rapports de force.
29:24Et quand on engrange des victoires,
29:25c'est utile pour la lutte.
29:27Et il y a parfois des copains plus radicaux
29:28qui veulent toujours continuer,
29:30même quand ils sont isolés.
29:32Et nous, quand on dirige la lutte,
29:34on doit créer des conditions
29:35pour qu'on avance tous ensemble.
29:36C'est une vieille histoire.
29:38C'est même l'histoire de la Révolution française.
29:40L'aile la pure, les enragés, les mal...
29:42Bon, mais nous, on doit faire avancer tout le monde.
29:45Je vous assure, si on ne fait pas ça,
29:48on va dans le mur.
29:48Toute l'histoire des mouvements ouvriers
29:50du XXe siècle, on l'apprend.
29:52Toute l'histoire.
29:54Relisez, relisez.
29:56Les années 30 en Allemagne,
29:57les nazis progressaient,
29:59et les socialistes et les communistes
30:01se tapaient dessus à coups de barre de fer,
30:03se traitaient de social traite,
30:04se traitaient...
30:05Bon, et les nazis ont brisé
30:07la résistance ouvrière
30:09d'un des pays où elle était le plus puissant.
30:11Donc, ne rions pas avec ça.
30:13C'est sérieux.
30:14C'est sérieux, vraiment.
30:15La question d'autant plus sérieuse,
30:17parce que je sais qu'on pense ça très au sérieux,
30:21la question médiatique et la question de...
30:22Si la gauche arrivait au pouvoir,
30:24elle aurait en face d'elle un mur,
30:26elle aurait en face d'elle un feu nourri,
30:29un feu roulant dans les grands médias, etc.
30:32Ça, en plus, une question qui s'est posée aussi en 81,
30:36qui s'est bien réglée,
30:37mais est-ce que la police va obéir ?
30:39Et comment on réforme les médias d'extrême droite,
30:42la police,
30:43alors même qu'on se retrouve au pouvoir,
30:45comment ça ne nous fragilise pas directement
30:47et comment on prend la question ?
30:49Pas par décret,
30:50les décrets, là, ça ne suffit pas.
30:53Comment on prend la question ?
30:54Comment on prend l'opinion ?
30:55Comment on la prend politiquement ?
30:56Est-ce qu'on suscite, je ne sais pas,
30:58des assemblées citoyennes ?
31:00Tu vois ce que je veux dire ?
31:02Ça va être coton.
31:04Ah, mais...
31:04Ça va être coton.
31:05Je voulais, moi, que les choses soient claires.
31:08Nous sommes dans un moment
31:09où il n'existe aucune solution stable.
31:12Aucune.
31:13Tous les copains qui veulent participer
31:15à une solution de bricolage et de stabilité,
31:17là, je vais m'adresser aux socialistes,
31:19ne composons pas dans la période,
31:21ça ne marchera pas.
31:22Toute solution, nécessairement,
31:23se place dans un moment de dynamique politique.
31:26Et tu as pointé ce que je crois être une des clés.
31:29Nous avons besoin d'avoir une société mobilisée pour avancer.
31:32Ce que j'appelle une société mobilisée,
31:34c'est une société qui, par moment,
31:37est mobilisée par, pourquoi pas,
31:39des assemblées populaires dans toutes les villes,
31:41qui manifeste pour créer un rapport de force sociale
31:43pour appuyer un éventuel gouvernement NFP.
31:46Tu veux dire que l'extrême droite
31:47a plus progressé dans les médias et dans la police
31:49que ses idées n'ont progressé dans la population ?
31:51Donc il faut jouer la population contre ce...
31:55Voilà.
31:55L'extrême droite a progressé dans la société,
31:57mais je continue à penser.
31:59Il y a aujourd'hui, combien ?
32:0149 millions d'électeurs.
32:02Il y en a 33 millions qui se sont mobilisés
32:04lors des dernières législatives.
32:05Et l'extrême droite a rassemblé, on va dire,
32:08si j'ajoute Zemmour, 11 millions d'électeurs.
32:10Donc il y a encore une majorité, si je puis dire,
32:12qui ne vote pas pour elle.
32:14Mais on voit bien qu'elle est en dynamique.
32:16Mais nous avons, c'est ce que je disais tout à l'heure,
32:19il y a les 9 millions qui sont déjà cette puissance.
32:23Mais on doit convaincre au-delà.
32:25Moi, par exemple, je regrette que le NFP,
32:27je parle beaucoup de ça, mais depuis un an,
32:28n'est pas fabriquer des affiches pour populariser des parties
32:34de notre programme.
32:35Ce que nous disons là-dedans, sur l'école, l'hôpital, etc.
32:38On n'a pas fait ce travail.
32:39On aurait dû regarder dans les circonscriptions
32:41où l'extrême droite est très haute et dire,
32:42là, on va travailler dans ces endroits,
32:44on va créer des réunions, des mobilisations,
32:47sur nos réponses.
32:48Pourquoi elle ne l'a pas fait ?
32:49Elle ne l'a pas fait parce que rapidement,
32:51les logiques d'appareil sont revenues
32:52et que je pense que beaucoup de camarades
32:54ont considéré que l'existence du NFP,
32:58qui est obligé, en quelque sorte, qu'on discute,
33:01ne plaisait pas à certains
33:02qui voulaient reprendre le contrôle, si je puis dire,
33:06du fait que leur appareil était la seule boussole
33:10pour la période qui vient.
33:11Voilà.
33:12Et la responsabilité est très partagée là-dessus.
33:15Il n'y a pas qu'une seule force politique.
33:16Tu parles de rapport de force sociale.
33:18Quel est le regard que tu portes
33:19sur la mobilisation du 10 septembre ?
33:20Est-ce que pour toi, c'est un début ?
33:22Est-ce que c'est un succès ?
33:23Comment tu vois les choses ?
33:24Moi, je vais vous dire un truc.
33:25Et je vais me faire huer.
33:27Je pensais que le 10 septembre allait être un échec.
33:31Vraiment.
33:32Parce que les copains qui étaient là-dedans
33:35me disaient que c'était vraiment dans les réseaux,
33:37il n'y avait pas de parcours et tout.
33:38Donc je trouve qu'il y a eu, le 10 septembre,
33:39quelque chose qui a été très intéressant
33:42et très significatif.
33:44Très significatif.
33:45250 000 personnes qui manifestent dans toute la France
33:48uniquement à l'appel de réseaux de trucs,
33:51c'est significatif.
33:52Et ça montre une disponibilité pour l'action.
33:54Donc je trouve que cette journée que je craignais,
33:56je pensais que le Retailleau allait multiplier les provocations,
34:00qu'on allait avoir des images de casse, de violence,
34:02de bagnole qui crame,
34:03un truc qui démoralise complètement,
34:05ce n'est pas ça qui a eu lieu.
34:06Et je trouve que le 10 septembre est utile
34:08et a montré une grande disponibilité.
34:10Mais le 10 septembre doit venir enrichir la grande journée du 18 septembre.
34:16Et donc on doit trouver,
34:18les directions syndicales doivent comprendre qu'aujourd'hui,
34:21il y a des secteurs qui ne se mobilisent plus
34:23à l'appel des directions syndicales.
34:25Et de la même façon,
34:26les copains qui étaient très présents sur les réseaux
34:28doivent comprendre qu'on a besoin du mouvement ouvrier,
34:30organiser des syndicats pour être puissant.
34:32Donc tout doit se compléter.
34:33C'est une manière de te répondre.
34:35Le 10 septembre c'est bien,
34:36mais il faut être plus fort,
34:37et on ne pourra pas être plus fort sans aussi l'unité du mouvement syndical.
34:42Donc tous présents le 18 septembre,
34:44on continue,
34:45parce que dans beaucoup de boîtes se mettre en grève,
34:47il faut que le syndicat...
34:49Donc ça monte, ça monte, ça monte.
34:51Et là aussi,
34:53comprenons les rythmes de la mobilisation,
34:55il faut nourrir le mouvement,
34:57pas lui fixer des objectifs inatteignables.
35:00Les choses avancent,
35:01et je crois que c'est une bonne nouvelle.
35:02Mais est-ce que...
35:04Est-ce que parmi les nombreux mots d'ordre qu'il y a dans ces mobilisations,
35:07bloquons-tout que la mobilisation syndicale,
35:09est-ce que vous rajoutez un mot d'ordre
35:11qui est celui de Macron destitution,
35:12parce que vous avez signé la motion de destitution
35:14du président de la République ?
35:16Mais moi, je suis pour que Macron s'en aille.
35:19Là aussi,
35:20pourquoi j'ai signé Macron destitution ?
35:22Parce que je suis pour son départ.
35:23Maintenant, on va se parler aussi clairement.
35:26Il faut les deux tiers du Sénat
35:28pour que Macron soit destitué.
35:29En l'heure actuelle,
35:31en fonction de nos institutions,
35:33c'est un bon ordre d'agitation politique qui me va,
35:35mais ne faisons pas croire
35:37que dans le Sénat et l'Assemblée nationale,
35:39on va l'obtenir.
35:40Il y a quasiment plus de possibilités
35:42que Macron démissionne,
35:44ce qui est possible.
35:45Je rappelle que le fondateur de la Vème République,
35:47le général de Gaulle,
35:49avec une Assemblée qui lui était très favorable,
35:51après 68,
35:52a démissionné en 1969.
35:55Donc on peut avoir un moment politique
35:56où Macron, en raison des mobilisations sociales,
35:59ne peut plus rien faire d'autre
36:00que de démissionner.
36:02Bon,
36:03donc,
36:03c'est une manière de te répondre.
36:05Oui,
36:05j'ai signé Macron destitution,
36:07mais
36:08c'est que le mouvement social
36:10qui pourra l'obtenir.
36:11Ce n'est pas un jeu parlementaire
36:12dans le cadre du Sénat et de l'Assemblée nationale.
36:14Ça, ce n'est pas vrai.
36:15Ça, on le sait.
36:16Ce n'est pas vrai.
36:17Donc voilà,
36:17c'est utile pour se mobiliser.
36:19Alexis Corbière,
36:20en parlant de l'union de la gauche,
36:22Raphaël Glucksmann n'a pas appelé
36:24au mouvement du 10 septembre.
36:26Et effectivement,
36:27on se doute que si le mouvement grossit encore,
36:30c'est une façon de dépasser
36:31le parti socialiste sur la gauche.
36:34Juste,
36:35puisqu'il y a quand même
36:36les élections municipales qui se profilent,
36:39comment se situe l'après par rapport à ça ?
36:41Est-ce que vous allez présenter des candidats ?
36:43Comment est-ce que vous allez réussir
36:45à la maintenir cette union ?
36:46Ça va être quoi votre ligne de conduite
36:47par rapport à ce moment-là ?
36:50Bon, déjà, un mot sur Glucksmann.
36:51Je ne comprends pas que cet homme
36:52est silencieux pendant des semaines
36:55et il prend la parole pour dire
36:56qu'il ne faut pas manifester le 10 septembre.
36:58Alors que franchement,
37:01il reprend la parole
37:03quand nous, on cherche à mettre en place
37:04une primaire ou un candidat commun
37:06pour dire que jamais il n'ira là-dedans.
37:08Enfin, il est complètement à contre-temps.
37:10Et bon, voilà,
37:11c'est un des problèmes de la période
37:14et je pense que le Parti Socialiste
37:16devrait s'émanciper de cette affaire
37:18et c'est pourquoi quand moi je travaille à l'unité...
37:19Absurd de la porte,
37:20mais qu'est-ce que vous voulez dire
37:22par s'émanciper de cette affaire ?
37:24Comme pendant le NFP...
37:26Que par ailleurs,
37:27un homme comme Raphaël Glucksmann
37:28qui ne représente pas grand-chose,
37:30même la manière dont il parle du PS,
37:31c'est même pas respectueux pour le PS.
37:33Je veux dire, sans le PS,
37:34Raphaël Glucksmann ne sera pas candidat.
37:35Donc, il y a un truc quand même
37:38qui est un peu...
37:39Comment dirais-je ?
37:41Vous voulez qu'il soit exclu,
37:42Raphaël Glucksmann ?
37:43Non, mais ce n'est pas une question d'exclusion.
37:45C'est une question de dynamique politique.
37:47Voilà.
37:47Je pense que des millions de gens
37:50cherchent un candidat,
37:51une candidate,
37:52cherchent un espoir
37:53pour pouvoir ne pas subir
37:54la défaite qui vient.
37:56Voilà.
37:56Et je pense,
37:57mais je ne veux pas avoir une polémique
37:58à ce micro entre vous,
37:59que dans Glucksmann,
38:00il y avait beaucoup aussi
38:01une déception,
38:02notamment par rapport
38:03à la formation dont je viens,
38:04et beaucoup de gens votaient Glucksmann
38:05pour ne pas voter,
38:06notamment Mélenchon.
38:07Bon.
38:08Mais ça ne tiendra pas à la distance.
38:10Ça ne tiendra pas à la distance.
38:12Et après, j'ai oublié...
38:13Par rapport aux municipales.
38:14Oui, alors, les municipales,
38:15la chose suivante.
38:17Moi, je pense que...
38:19Une municipale,
38:20c'est plein d'élections.
38:21Mais je vais essayer
38:22de dégager une règle.
38:23Je pense que notre règle,
38:24et après, il y aura les exceptions,
38:26c'est l'union.
38:27L'union.
38:28Moi, je suis plutôt sur une ligne
38:30qui est plus...
38:31Je vais le dire
38:31de manière un peu vulgaire.
38:32Partout où il y a des mérites gauches,
38:34on les soutient.
38:35Reconduction,
38:36vous voyez ce que je veux dire.
38:37Voilà.
38:37Pour que ce soit globalement la règle.
38:39Et partout où il y a des conquêtes
38:40à faire,
38:41on se partage pour y aller en union
38:43pour reprendre des villes
38:44à la droite et à l'extrême droite.
38:45Alors, je sais que,
38:46sur le principe général,
38:47il y a des villes
38:47où c'est quasi impossible.
38:48Parce qu'il y a des villes,
38:49il y a notamment...
38:52Je prends l'exemple à Montpellier,
38:54de la fosse,
38:55qui s'est fait connaître
38:55comme étant contre l'union.
38:57Il ne peut pas s'étonner
38:58qu'au premier tour,
38:58il n'y ait pas d'union
38:59vu qu'il a passé son temps
39:00à insulter tous les gens
39:01qui voulaient l'union.
39:02Mais il y a des endroits.
39:04Arrêtons de surjouer les désaccords.
39:06Et pourquoi je pense
39:07que c'est utile de faire ça ?
39:08Parce que,
39:09si on est dans une confrontation
39:12gauche-gauche
39:12dans beaucoup de villes,
39:13on va mobiliser
39:14des centaines de milliers
39:15de militants
39:16dans des confrontations internes,
39:18alors qu'il serait bon
39:18qu'on puisse déployer
39:19des militants
39:20dans les villes de conquête.
39:22Entendez ça.
39:23Moi, ça me semble
39:24plus intéressant
39:24qu'on discute tous ensemble,
39:26de dire,
39:27on garde les villes de gauche,
39:28mais quelle ville
39:29que la droite a prise,
39:30voire même
39:31que l'extrême droite a prise.
39:32Comment on y va ?
39:33On pourrait mobiliser,
39:34faire des trains,
39:35des cars,
39:35comment on l'a fait
39:36aux législatives ?
39:37Pour aider les copains
39:37de Perpignan
39:38à reprendre la ville
39:39à Louis-Aliot.
39:40Moi, je viens de Béziers
39:40dans le sud.
39:41On va aider
39:42à combattre l'extrême droite.
39:43On essaie de faire...
39:44Vous voyez,
39:45ça, on peut le faire.
39:46On peut le faire
39:47si on n'est pas scotché
39:49dans beaucoup d'endroits
39:50par des combats fratricides.
39:52Moi, je l'ai vu
39:52lors des législatives,
39:53c'est terrible.
39:54Vous avez des gens qui...
39:55Vous étiez battu
39:56pour Montreuil
39:56et toute la gauche
39:57défilait à Montreuil
39:58avec beaucoup de force
39:59engagée dans cette bataille-là.
40:01Toute la gauche ?
40:02Non, mais il y a...
40:03Mes anciens amis
40:04ont mis beaucoup d'énergie
40:05à faire en sorte
40:06que je sois battu.
40:07Et moi, je ne comprends pas,
40:08par exemple,
40:09pourquoi il y a
40:1013 députés insoumis
40:11qui sont venus
40:12faire campagne contre moi
40:13alors que quasiment aucun
40:14est allé aider Rachel Kéké
40:15dans le Val-de-Marne.
40:16Ça aurait été plus utile
40:18de défendre Rachel
40:19que de venir m'emmerder.
40:20Voilà.
40:21Ça, ça montre
40:22la stupidité de la division,
40:24le poison du sectarisme.
40:25Et c'est un peu
40:26ma ligne aux municipales.
40:28Je dis ça
40:29de manière générale.
40:29Il y a des villes
40:30où c'est compliqué.
40:30L'union,
40:31on doit démontrer.
40:33Et les municipales
40:34sont utiles déjà
40:35parce que des villes de gauche,
40:36c'est des points de résistance.
40:37Et moi, je suis pour
40:38que ça s'inscrive
40:39dans quelque chose
40:39qui est cohérent
40:40par rapport à l'échéance
40:42législative et présidentielle
40:43qui vient.
40:44En gros, pour le dérevulgairement,
40:45si on se met sur la gueule
40:47comme des chiens
40:47dans les élections municipales,
40:48ce sera difficile
40:50et abstrait
40:50de faire l'union
40:51à l'élection présidentielle.
40:52Les gens sont pas...
40:53Vous êtes tous des gens sérieux.
40:55Si on passe son temps
40:56au municipal de dire
40:57tel communiste,
40:59tel socialiste,
40:59c'est un enfoiré,
41:00ça donne pas envie
41:01après de faire l'union
41:02aux législatives.
41:03Donc ça veut dire
41:03que l'après ne présentera personne
41:05en face d'un candidat de gauche
41:06ou d'une candidate de gauche
41:07qui a toujours été pour l'union ?
41:09Ça, oui.
41:10On peut le dire comme ça
41:10et on va aider à ça.
41:12Je vais pas raconter...
41:13On est un petit mouvement
41:14mais on va essayer
41:16partout de plaider ça
41:17pour que l'union se fasse,
41:18pour qu'on ne perde aucune ville
41:20et qu'on puisse en gagner de nouvelles.
41:21Voilà notre ligne.
41:31Peut-être une dernière question,
41:32Alexis Corbière,
41:33je sais pas où est-ce qu'on en est
41:34dans le...
41:34On a encore du temps,
41:35il faut qu'on parle de l'extrême droite.
41:37Donc tu veux que j'accueille...
41:38Justement,
41:39sur l'extrême droite,
41:40mais ne serait-ce qu'au niveau français.
41:41On voit aujourd'hui
41:42que c'est l'extrême droite
41:43qui dicte son tempo
41:45avec l'aide et le concours
41:46de Bruno Retailleau
41:47et de quelques ministres macronistes.
41:49La gauche,
41:50elle est sur la défensive
41:51la plupart du temps,
41:52sauf avec quelques points
41:53comme l'attaque Juckman
41:54mais qui sont en réalité
41:55quand même peanuts
41:55par rapport à la masse d'argent
41:57qu'il faudrait récupérer.
41:58Comment la gauche,
41:59elle peut redonner envie ?
42:00Comment elle peut enfin...
42:02Oui, c'est ça,
42:03donner envie
42:03et essayer de proposer des mesures
42:05pour aller de l'avant
42:06et arrêter d'être en permanence
42:07sur la défensive comme ça.
42:08C'est pas qu'une question de récit,
42:09c'est une question de proposition aussi.
42:11Mais vous allez trouver
42:12que je radote.
42:14Déjà,
42:14une des premières conditions,
42:15c'est de comprendre
42:16qu'aujourd'hui,
42:17aucune force de gauche
42:18n'ait de la capacité
42:19toute seule de l'emporter.
42:20Ne nous racontons pas d'histoire.
42:22Donc,
42:22la question de l'union,
42:23c'est pas que...
42:25C'est aussi une dynamique
42:26et quelque chose
42:27qui permet
42:28d'avoir un seuil
42:30de crédibilité
42:31pour les gens
42:31qui se posent des questions.
42:33Deuxièmement...
42:33C'est un contenant,
42:34pas un contenu.
42:34Dans le contenu.
42:35Oui, alors,
42:35sur le contenu,
42:37il y a...
42:38Moi,
42:39il y a des moments...
42:40Je veux bien qu'on dise
42:41parfois à la gauche,
42:41vous n'avez rien à dire,
42:42mais écoutez-la,
42:43c'est pas vrai.
42:44Quand nous posons la question
42:46de la taxe Zuckmann,
42:47de dire dans ce pays,
42:48il y a une accumulation
42:49de richesses
42:49et nous proposons
42:50une réponse fiscale
42:52qui fait en sorte
42:52que ceux qui ont accumulé
42:53des fortunes,
42:54vous connaissez les chiffres,
42:559% du PIB,
42:57les 500 premières fortunes
42:58en 1996,
42:59aujourd'hui,
43:00sont 41% du PIB.
43:01Justement,
43:01c'est pour ça qu'on demande
43:02si on ne pourrait pas
43:03aller chercher encore plus loin.
43:04Moi, je trouve que
43:04la taxe Zuckmann,
43:07aujourd'hui,
43:07même ma vieille maman
43:08m'en a parlé l'autre jour,
43:09c'est quoi cette taxe
43:10qui a la 90 piges
43:11et les gens commencent
43:12à discuter de ça.
43:14Deuxièmement,
43:15le débat sur celui
43:16de l'héritage doré,
43:17par exemple.
43:18Je trouve que c'est un débat
43:19qui est intéressant.
43:20Dans ce pays,
43:22il y a de plus en plus
43:23les principales fortunes
43:24sont en fait des fortunes
43:25d'héritiers
43:26plus que vraiment
43:26des gens qui...
43:27Qui ont travaillé.
43:28Voilà.
43:29Donc là, il y a un sujet
43:29que je trouve
43:30qui commence à se populariser
43:31sur le fait
43:32qu'on puisse avoir
43:33sur l'héritage
43:35une modification des choses
43:37qui permet que cet argent
43:39puisse être utile
43:40à la collectivité,
43:41notamment en faisant en sorte
43:42que des héritages
43:43supérieurs à 300 000
43:44ou 500 000 euros,
43:45ce qui concerne uniquement
43:465% des héritages.
43:47Parce que 95%
43:48de ce qu'on puisse avoir
43:49une redistribution
43:51plus importante.
43:52Moi, je trouve que
43:53Bayrou, il a voulu
43:55poser la discussion
43:56depuis fin août
43:58sur la question fiscale.
44:00Et l'impression que j'ai
44:01dans les discussions,
44:02c'est que vous,
44:03tous, tout le monde,
44:04on s'est intéressé
44:05à ces questions-là.
44:06Et il y a des idées
44:07qui avancent dans la société.
44:08L'idée que le capitalisme
44:11est injuste...
44:12Justement,
44:12ce ne sont que des petits chiffres.
44:14Est-ce qu'on ne pourrait pas
44:15essayer d'aller chercher
44:16encore plus d'autres
44:17puisque ces petits chiffres,
44:18ils sont refusés.
44:19On disait,
44:19la taxe du Gouman,
44:20ça nous a été refusé.
44:2121 milliards,
44:22ce n'est pas un petit chiffre.
44:23Est-ce qu'il ne faut pas
44:24négocier beaucoup plus gros
44:26pour arriver à obtenir
44:27quelque chose ?
44:27Et pour mener
44:28la bataille culturelle.
44:29C'est aussi ça,
44:30en posant des...
44:30Voilà.
44:31La question,
44:32après,
44:32c'est un rapport de...
44:33C'est une discussion stratégique
44:34et je suis prêt
44:35par la discussion.
44:36Mais ne sous-estimez pas.
44:37Vous savez,
44:38le débat entre réformisme
44:39et révolution,
44:39on va le faire comme ça,
44:40c'est un vieux débat.
44:42Aujourd'hui,
44:43il est en train
44:43de se populariser
44:44dans le pays
44:45le fait que si on taxe
44:46à 2%
44:47les 1 500 qui ont
44:48des fortunes
44:49supérieures à 100 millions,
44:50on peut faire rentrer
44:51dans les caisses
44:5121 milliards.
44:52C'est une idée incroyable.
44:54Et on popularise l'idée
44:55qu'en fait,
44:56contrairement au baratin
44:57qu'on nous raconte tous les jours,
44:58les principales fortunes
44:59de ce pays
44:59payent moins d'impôts
45:00que toi,
45:00que nous,
45:01que nous tous.
45:02On avance là-dessus.
45:03Si on arrive à faire,
45:05ce serait une victoire considérable.
45:07Pourquoi rentrer
45:08dans la discussion
45:08et dire
45:08non,
45:09mais il faut avoir plus ?
45:10Essayons déjà
45:11de remporter cette victoire.
45:12Je trouve qu'on a avancé.
45:13Regardez les études d'opinion,
45:15je voyais,
45:15c'est l'IFOP,
45:16les Français sont
45:17très majoritairement
45:18favorables à ça.
45:19Donc,
45:19il y a une dialectique
45:21du mot d'ordre
45:22qui est importante
45:23dans la période.
45:25Je vais te dire,
45:27le SMIG à 1 600 euros,
45:29on peut dire
45:29ouais,
45:30ce n'est pas grand-chose,
45:31mais ça peut être
45:31une mesure extrêmement radicale.
45:33Ce que disait mon camarade,
45:34c'est que c'est votre coup
45:35sur la défense.
45:36Les vraies mesures révolutionnaires,
45:37c'est les victoires
45:38que nous emportons.
45:39Le camarade Lénine disait
45:40un pas en avant
45:41vaut mieux
45:42que mille programmes.
45:43Remportons des victoires.
45:44Des victoires,
45:46même si,
45:46et chaque victoire
45:48nous créera
45:49le rapport de force
45:50pour en remporter
45:51de suivantes.
45:52Et ça,
45:52ça me semble
45:53être quelque chose
45:54sur lequel,
45:55en termes d'hégémonie culturelle,
45:57le fait que les services publics
45:58sont indispensables.
46:00Le fait que le travail
46:00ne paye pas assez,
46:02le fait qu'il y a des injustices
46:04progresse dans la société.
46:05Et nous,
46:05on doit essayer
46:06de capter ça
46:06et le traduire
46:07dans des propositions.
46:08Ce que tout de même,
46:10nous faisons.
46:10Il y a aussi un sujet historique
46:12à gauche,
46:13c'est l'émancipation,
46:14l'émancipation des peuples
46:15par l'anticolonialisme.
46:17Aujourd'hui,
46:17l'extrême droite,
46:18on la voit en Israël
46:21colonisée de manière violente,
46:23de manière génocidaire.
46:24Est-ce que tu penses
46:25que le sujet de Gaza
46:25qui mobilise la jeunesse
46:26en France,
46:27on le voit,
46:28est-ce que tu penses
46:28que c'est un sujet
46:29qui peut faire
46:29un point de bascule
46:31pour une génération ?
46:33Indiscutablement.
46:36Il semble que dans les années 70,
46:37la guerre du Vietnam
46:38a été un formidable
46:39lecteur de mobilisation.
46:40On voit les images
46:42Woodstock,
46:43toute la jeunesse,
46:44notamment le rock américain
46:45était très mobilisé
46:46sur cette guerre.
46:47Il y a eu des guerres
46:48comme ça
46:48qui ont marqué une jeunesse.
46:50La guerre d'Algérie
46:51en France a été
46:52un élément de mobilisation
46:53de la jeunesse étudiante.
46:55On sait que le syndicalisme
46:55était là-dessus.
46:57Et ça me semble une évidence
46:58que la jeunesse
46:59extrêmement mobilisée
47:00pour la défense
47:01du peuple palestinien
47:02sera marquée à vie
47:03par cette mobilisation.
47:04C'est indiscutable.
47:05Et c'est magnifique
47:06que la jeunesse se mobilise.
47:07C'est quelque chose
47:08qui est un acquis
47:09précieux.
47:10Et après,
47:11on a sous les yeux
47:11quelque chose de tragique.
47:13C'est que le gouvernement
47:14israélien aujourd'hui
47:15est un gouvernement
47:15d'extrême droite
47:16qui développe un discours
47:17d'une xénophobie totale.
47:20Et moi,
47:21je pense qu'il faut
47:22être du côté
47:23de nos amis,
47:23évidemment,
47:24du peuple palestinien.
47:25Mais ne pas hésiter.
47:27Vous le faites à l'humain.
47:28Aussi,
47:28la société israélienne,
47:30je pense notamment
47:30à l'organisation
47:31Standing Together,
47:32qui se mobilise.
47:33Vous avez des manifestations
47:34de centaines de milliers
47:35d'Israéliens
47:36qui portent des sacs
47:37de nourriture sur le dos
47:38pour les amener à Gaza.
47:39Et il faut qu'on crée,
47:41pour rester internationaliste
47:43dans la période,
47:44c'est-à-dire la solidarité
47:45entre les peuples.
47:46Et moi,
47:46je continue à penser
47:47que le peuple palestinien,
47:49évidemment,
47:49les camarades,
47:50doivent faire la jonction
47:51avec ceux qui,
47:52en Israël,
47:53refusent ce gouvernement
47:54d'extrême droite.
47:55À tout moment,
47:56essayer d'éviter
47:56la confrontation.
47:58Et la question,
47:59c'était,
47:59ben oui,
48:00il y a une génération Gaza
48:01indiscutablement,
48:02indiscutablement,
48:03parce qu'on a vu
48:03sous nos yeux
48:04un massacre terrible.
48:07Les différentes instances
48:08internationales
48:09qui disent,
48:09attention,
48:09il y a risque génocidaire.
48:11On a vu
48:11le droit international,
48:13après avoir dit ça,
48:14l'inaction des gouvernements.
48:16Il y a une pédagogie
48:18sombre dans tout ça,
48:19mais qui restera
48:20une expérience politique
48:22qui aura marqué
48:23toute une jeunesse.
48:23Justement,
48:24Alexis Corbière,
48:25dernière question.
48:27Pour participer
48:28à la résolution
48:29de la guerre à Gaza
48:30et enfin que le peuple palestinien
48:32puisse vivre dignement,
48:35à quel point est-ce que
48:36l'Europe peut jouer un jeu ?
48:37Mais surtout,
48:37si demain,
48:38il y avait un gouvernement
48:38de gauche
48:39qui arrivait en France,
48:42est-ce qu'on a des alliés ?
48:43Est-ce qu'il y a moyen
48:45de faire bouger
48:45cette Union européenne
48:47ou pas ?
48:48Ça,
48:48ce sera difficile
48:49mais on a vu
48:49qu'il y a des gouvernements
48:51espagnols et d'autres
48:51qui ont pris des mesures.
48:52Moi,
48:52ma ligne,
48:53c'est celle du boycott,
48:55des ruptures
48:55de traités internationaux.
48:56Il faut mettre la pression
48:57sur le gouvernement actuel.
48:58Ça me semble une évidence.
49:00Mais tiens,
49:01là-dessus,
49:01je reviens à ma marotte.
49:03Vous savez,
49:04contrairement à ce que
49:04certains ont dit,
49:05j'ai trouvé que,
49:05y compris sur la question
49:07de la défense
49:07du peuple palestinien,
49:09le NFP,
49:10toutes formations confondues,
49:11quand on y regarde de près,
49:13a dit la même chose en vérité
49:14ou aujourd'hui,
49:15dit la même chose.
49:16Sur les génocides,
49:17c'est quand même moins vrai.
49:19Mais,
49:20je veux dire,
49:21à qui tu penses ?
49:22Même Olivier Faure,
49:23il parle de génocide aujourd'hui.
49:24Oui,
49:25aujourd'hui.
49:25Oui,
49:26le Parti socialiste,
49:26au début,
49:27n'avait pas la ligne
49:27de tous les autres exactement.
49:29Les amis,
49:31la question,
49:31ce n'est pas de savoir
49:32qui est le premier
49:33qui a dit quoi.
49:34Mais oui,
49:35la question,
49:36c'est est-ce qu'aujourd'hui,
49:37on dit tous la même chose ?
49:38Non mais,
49:39après,
49:40pourquoi vous sifflez ?
49:41Que après,
49:42à titre personnel,
49:43vous vous reconnaissiez plus
49:44dans telle ou telle organisation
49:45qui a été le premier à le dire.
49:46Vous avez parfaitement raison.
49:48Mais qu'on continue
49:49à cultiver un désaccord
49:50en permanence
49:51pour en quelque sorte
49:52empêcher qu'on puisse
49:53agir tous ensemble,
49:54ça,
49:54c'est instrumentaliser quelque chose
49:56d'un point de vue électoral.
49:58Et ce n'est pas bien.
49:59Nous,
49:59il y a des soutiens
50:00qui ont été criminalisés.
50:02Pardon ?
50:03On va s'arrêter.
50:04On va s'arrêter là.
50:04Nous,
50:04ce qu'on veut,
50:05c'est que la totalité
50:06de la population française
50:08soit du côté du peuple palestinien.
50:10Ceux qui ont été mobilisés
50:11dès le début
50:11ou ceux qui sont les derniers
50:13à rentrer dans la solidarité,
50:14moi,
50:14je m'en fous.
50:15Il faut être le plus nombreux possible.
50:17Parce que c'est ça
50:18dont a besoin
50:18le peuple palestinien.
50:19Merci beaucoup Alexis Corbière
50:21d'être venu
50:22sur le plateau de Brexit
50:23et de Saïra.
50:25Merci d'avoir été notre invité.