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  • il y a 7 heures
Battu dans l'opinion publique, sur le front syndical, et même à l'Assemblée où il a été obligé de dégainer le 49.3, Emmanuel Macron garde tout de même le cap. Dans cette chronique, notre journaliste Cyprien Caddeo explique en quoi la répression policière et le mensonge à répétition sont les deux mamelles d'un pouvoir macroniste plus isolé que jamais.

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Transcription
00:00Pour expliquer les violences policières, il n'y a aucun bon argument.
00:04Ce n'est pas possible, quand il y a une violence policière, qu'il n'y ait aucune sanction dans
00:07la hiérarchie policière.
00:08Il y en a. Il y a un commissaire de police, il y a un directeur départemental de la sécurité
00:11publique, il y a un préfet, il y a un ministre.
00:14Il est bien ce jeune-là. On devrait voter pour lui.
00:31Et voilà, encore un qui s'est radicalisé. Il a dû trop jouer aux jeux vidéo.
00:51Bon, la dernière fois, vous vous en souvenez peut-être, on disait que Macron devait choisir entre sa réforme des
00:55retraites ou la démocratie.
00:57Bon, ben, il a choisi.
00:58Oui, on va continuer à avancer. À marche forcée.
01:01Et oui, non content le 22 mars de nous expliquer que pour les retraites, il ne bougera pas d'un
01:04iota.
01:05Le président de la République nous a annoncé aussi que pour les prochaines réformes, ce sera la même. Marche ou
01:10crève.
01:10Alors, pause. Sur les retraites, le président a perdu. Il a perdu la bataille de l'opinion, il a perdu
01:15dans la rue.
01:15On ne peut même pas dire que les syndicats ont échoué.
01:18Les manifs font le plein à chaque fois, y compris dans les territoires où on ne s'attendait pas à
01:21une telle foule.
01:22Il a perdu. Et au lieu de l'admettre, il cherche à changer les règles.
01:26Tout ne passe pas par la loi et on passe trop par la loi dans notre République.
01:29Oui, la loi, la loi, c'est embêtant la loi. Toutes ces consultations, tous ces votes, tous ces 49.3.
01:36Enfin non, le 49.3, ça va, ça c'est cool, mais bon.
01:38Bref, nous avons un forçonné à l'Elysée.
01:40Résultat, on l'avait vu venir, à force d'ignorer les manifestations légales, ça allait déborder de tous les côtés.
01:45Et faire basculer une partie des cortèges dans l'action plus radicale.
01:48Eh bien, c'est fait.
01:49Alors effectivement, on était donc à la place de la Bastille où pas de cortèges vraiment étaient organisés, des petits
01:56groupes par-ci, par-là.
01:57Un prétexte tout trouvé pour accentuer la violence policière et la répression.
02:01Depuis le jeudi 16 mars, jour du 49.3, on s'est donc habitué à ce genre d'image en
02:06boucle sur les réseaux sociaux.
02:12Et de fait, la mobilisation a changé de dimension depuis le 16 mars.
02:15Sur la forme, avec des manifs sauvages, en plus des journées syndicales déclarées, mais surtout sur le fond.
02:19C'est plus qu'une question de retraite à ce stade.
02:21Ça l'est toujours, on a toujours la question fondamentale du travail, de la pénibilité et de l'usure des
02:25corps.
02:25Mais s'ajoute à cela désormais des considérations plus larges sur la démocratie que nous voulons, l'autoritarisme et les
02:31violences d'État.
02:32En fait, ce gouvernement, tout ce qu'il fallait pas le faire, ils l'ont fait, quoi.
02:35Et en fait, ils ont réussi à mettre tout le monde d'accord, même les gens qui se sentaient pas
02:38concernés par la réforme de la fête.
02:39Même les étudiants à qui on avait du mal, en fait, à expliquer que, oui, eux aussi, ça les concerne,
02:43oui, eux aussi, ça les précarise.
02:44Mais en fait, le 49.3, tout le monde comprend, enfin, on nous met juste une immense carotte, quoi.
02:47C'est toute l'entreprise macroniste dont la rue fait désormais le procès.
02:50Face à cela, sans soutien de l'opinion majoritaire, ignorée, sans soutien des corps intermédiaires, méprisés,
02:56Emmanuel Macron n'a plus que la matraque comme source de légitimité.
02:59C'est une stratégie volontaire de l'escalade, du pourrissement, comme l'explique ici Sébastien Rocher.
03:04C'est vraiment des décisions politiques.
03:05Il faut pas regarder juste les gars des Bravem qui sont violents.
03:08Il y a des gens qui savent les faits de ce type d'unité et qui décident de les envoyer.
03:14C'est la première chose.
03:14Et les NAS, c'est exactement pareil.
03:16Quand on demande, et il y a pas mal d'OPJ qui ont témoigné sur les médias sociaux,
03:20quand on leur dit maintenant, vous allez faire du chiffre en termes d'arrestation,
03:23mais comment vous refusez les instructions de l'autorité hiérarchique ?
03:27Sans les policiers, le pays serait ingouvernable pour Macron.
03:30Une situation dans laquelle il s'est mis tout seul, comme un grand.
03:32Mais bon, rassurez-vous, on est toujours dans un pays libre où tout roule.
03:36D'ailleurs, Olivier Véran a un argument imparable pour vous le prouver.
03:38Si la France n'était pas un pays libre, c'est pas en France que Greta Thunberg viendrait faire des
03:42discours
03:42et qu'il y ait des actions qui seraient menées par les écolos.
03:44Ils iraient là où ça pollue le plus, en Chine, en Inde.
03:46Bizarrement, ils viennent en France.
03:47C'est peut-être qu'on est quand même encore un pays des droits de l'homme
03:49et que les gens peuvent faire à peu près ce qu'ils veulent.
03:51Ah bah oui, si Greta Thunberg peut venir faire des conférences, tout va bien.
03:54Non mais c'est sûr.
03:55En attendant, si elle était venue à Sainte-Soling, Greta, elle aurait mangé du LBD comme tout le monde.
03:58Les démocraties approfondies en Europe n'utilisent pas en maintien d'ordre ni LBD ni Gredade,
04:05ni la Finlande, ni la Norvège, ni la Suède, ni le Danemark, ni le Royaume-Uni, ni l'Allemagne.
04:12C'est-à-dire que les pays qui scorent le plus haut, en fait,
04:15ils ne veulent pas infliger des mutilations à la population.
04:19Mais ça nous donne une transition toute trouvée pour évoquer la deuxième arme du gouvernement,
04:23la fake news, pure et simple.
04:25À l'image de l'argument lunaire sur Greta Thunberg, on peut tout dire, absolument n'importe quoi,
04:29tant que ça permet soit d'euphémiser l'autoritarisme, soit de le justifier,
04:33quitte à mentir sans vergogne.
04:34Des manifestants ont été interpellés pour rien ?
04:36Bah ils avaient qu'à pas être là, répondent Armanin.
04:38Il faut savoir que être dans une manifestation non déclarée est un délit, mérite une interpellation.
04:44Perdu, le simple fait de participer à une manif sauvage ne fait pas de vous un délinquant.
04:47Il y a eu de graves violences policières à Sainte-Soligne, avec deux militants dans le coma ?
04:51Eh bien Marc Fénaum, ministre de l'Agriculture, ne connaît pas ce terme.
04:54Les violences policières n'existent pas.
04:56Non, ça n'existe pas.
04:57Gérald Darmanin, décidément champion de toute catégorie en matière de mensonges,
04:59n'a d'ailleurs pas vu de LBD à Sainte-Soligne.
05:01Non, les gendarmes n'ont pas lancé de LBD en quad.
05:05Seuls des grenades lacrymogènes ont été tirées.
05:13Enfin, en fait si, parce que deux heures plus tard, le ministre change de version.
05:16Les quads qu'on voit arriver, ils étaient utilisés pour lancer des grenades en effet lacrymogènes
05:21pour repousser les personnes.
05:23Il y a eu deux lanceurs de LBD.
05:25Après, on parle du ministre qui a vu 40 000 faux-billiers au Stade de France,
05:28donc je ne me fierai pas trop à son œil de lynx, si j'y étais vous, souvenez-vous de
05:31ça.
05:31Ce qui s'est passé, c'est qu'il y a eu entre 30 000 et 40 000 personnes de
05:35plus
05:36que ne peut accueillir le Stade de France, c'est-à-dire 80 000 personnes, sur le parvis.
05:40Et ils étaient là avec ou sans billet.
05:52Le ministre de l'Intérieur n'a pas le monopole du mensonge, évidemment.
05:54On a eu la pension à 1 200 euros avant, cette magnifique une du Parisien,
05:58regardez comme elle est belle,
05:59ou encore Elisabeth Borne de 25 mars.
06:01Nous avons fait ce que les Français attendaient de nous,
06:05construire des compromis sur des textes utiles pour nos concitoyens.
06:10Alors là, la phrase est magique.
06:12Il suffit de prononcer le mot compromis pour y croire.
06:14Mais quel compromis ? Où ça ? À quel moment ?
06:17Quels en sont les éléments tangibles ?
06:19Personne n'a été consulté si ce n'est Eric Ciotti.
06:21C'est pas un compromis, ça !
06:22Il n'y a même pas eu d'études d'impact ?
06:2390% des actifs sont contre 2 tiers des Français en général.
06:26Mais c'est ce que les Français voulaient.
06:28Ah bon, d'accord.
06:28Dans tous ces exemples, le gouvernement tente d'imposer une réalité alternative.
06:32Où la démocratie aurait fonctionné normalement,
06:34où le texte aurait été discuté,
06:36où l'État tient bon face à la violence des barbares de la rue,
06:39limite des putschistes.
06:40Quand les États-Unis d'Amérique ont vécu ce qu'ils ont vécu,
06:42au Capitole,
06:43quand le Brésil a vécu ce qu'il a vécu,
06:45quand vous avez eu l'extrême violence en Allemagne, aux Pays-Bas,
06:48ou parfois par le passé chez nous,
06:49je vous le dis très nettement,
06:51il faut dire,
06:52on respecte,
06:53on écoute,
06:54on essaie d'avancer pour le pays,
06:55et je vais y revenir parce que je veux qu'on parle du fond de cette réforme,
06:58mais on ne peut accepter
07:01ni les factieux ni les factieux.
07:02Il faut alors se poser la question,
07:03quel message envoie ces violences
07:05et les mensonges qui les recouvrent
07:06ou les sous-tendent ?
07:07L'intransigeance,
07:08l'ordre au-dessus de tout.
07:10À qui cela reste-t-il ?
07:11À qui sont destinés ces mensonges
07:12qu'on a passés en revue
07:13puisque personne ne les croit,
07:14et que les images les démentent instantanément ?
07:16Eh bien,
07:17à eux-mêmes
07:17ou à ceux qui les soutiennent encore,
07:19comme l'explique ici le journaliste
07:20Lucas Jakubowitsch.
07:21Et en réalité,
07:22je pense que ça va arranger le gouvernement.
07:24Pendant les Gilets jaunes,
07:26en décembre,
07:26je crois que c'était le mouvement le plus dur,
07:28c'était en décembre 2019,
07:31on sait très bien que le gouvernement
07:32avait laissé sciemment des casseurs
07:35cassés des magasins,
07:36par exemple,
07:36des magasins alimentaires,
07:37des magasins de scooters
07:39à côté de l'Arc de Triomphe.
07:40Qu'est-ce qui s'est passé ?
07:41À ce moment-là,
07:42Emmanuel Macron était au plus bas de sa popularité.
07:44Et finalement,
07:45après ces événements,
07:46après ces débordements,
07:48il y a eu un espèce de réflexe légitimiste
07:50de la part d'une grande partie de la population
07:52qui s'est dit
07:53« Mais finalement,
07:54mieux vaut Macron
07:55que les Gilets jaunes ».
07:57Le bloc macroniste minoritaire.
07:58Cela se fiche pas mal
07:59que Macron gouverne démocratiquement.
08:01Pourvu qu'il gouverne,
08:02qu'il gouverne pour eux
08:03et contre tous les autres,
08:04quoi qu'il en coûte.
08:05Voilà, c'est la fin de cette vidéo.
08:06Merci de l'avoir suivie.
08:06J'espère qu'elle vous a plu.
08:07N'hésitez pas à la faire tourner,
08:09à la commenter,
08:09à vous abonner à la chaîne.
08:10Nous, on se retrouve dans deux semaines
08:17et à vous abonner à la chaîne.

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