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  • il y a 21 heures
« Les bars, il ne faut pas qu'ils disparaissent. Dans les bars, vous avez tous types de gens. Il y a des gens qui sont tout seuls, ils ont besoin de voir d'autres personnes. »

Agnès est la patronne d'un bar-tabac-hôtel. Avec la crise de la presse, la Covid, les factures d'électricité qui explosent, les entreprises qui ferment et les gens qui sont désormais en télétravail, elle sait que son métier a changé, mais ne se fait pas à l'idée que son bar puisse fermer sans trouver de repreneur.

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Transcription
00:00Et vous savez que dans les bars, vous avez tous les gens et tout le monde se côtoie.
00:04Et ça c'est important, c'est ça. Les gens en ont besoin. Vous savez, des gens, ils sont tout
00:07seuls.
00:07Ils ont besoin de venir ici, de venir à un endroit et parler avec d'autres personnes.
00:11Les bars, il ne faut pas qu'ils disparaissent.
00:15Bonjour.
00:18Où l'un café ?
00:20Alors, deux cafés.
00:24Je m'appelle Agnès, je suis propriétaire avec mon mari du bar, tabac, hôtel, racerie Le Coupière à Giffes-sur
00:32-Evette.
00:33Bienvenue au Coupière.
00:35Vous allez me dire s'il n'est pas bon mon café. C'est le meilleur café de la région.
00:38Je suis seule le matin jusqu'à l'ouverture, après j'ai mon fils qui arrive.
00:41On met en route déjà toutes nos machines.
00:45La machine du tabac, la machine du PMU, la machine du loto.
00:49Il ne faut jamais jouer.
00:50Il ne faut jamais jouer ?
00:52Oui, parce qu'autrement, vous avalez votre commission.
00:54On ouvre à 7h30 et là, il y a du monde qui arrive et là, on les sert.
01:00Je continue parce que je suis chronométrée, il est 6h.
01:03Mon mari ne fait pas les ouvertures, lui fait les fermetures.
01:05Moi, ça fait 36 ans que je suis là, ça fait 36 ans qu'on fait hôtel.
01:08Au début, quand on a commencé, on faisait des pensions, mais on a arrêté parce que malheureusement, les pensions, ça
01:13ne marchait plus.
01:14On fait brasserie, tabac, presse, loto, PMU et la poste.
01:19Et pick-up, c'est les colis pick-up.
01:21Pick-up parce que l'activité ralentit, surtout la brasserie, même l'hôtel, ça ralentit.
01:26On avait des entreprises autour de chez nous et ils ont toutes fermées au fur et à mesure.
01:32Ça, c'est la presse qui arrive le matin.
01:34Je suis toujours aimée faire la presse.
01:35Je regarde les titres.
01:36Vous ne lisez pas l'Humanité tous les matins ?
01:38Pas du tout, pas du tout.
01:39Les gens n'achètent plus la presse.
01:41Déjà, les Parisiens, les machins, tout ça, avant, on avait toutes les personnes d'un certain âge qui venaient acheter
01:45tout ça.
01:46Tous les jeunes, maintenant, l'équipe, tout ça, ils n'achètent plus.
01:54Toutes les quatre devants, c'est toutes les équipes de Gif sur Yvette.
01:58Il n'y a pas, il y en a qui sont morts.
02:04Avant, je me débrouillais seule.
02:06Je me débrouille moins seule parce que j'ai du mal à porter.
02:09Donc, il faut toujours que j'ai un homme avec moi.
02:11Je remplace les touneaux de bière, les fûts de bière.
02:14Maintenant, je ne fais plus ça.
02:16Il y a plus d'administratif, maintenant.
02:17Ils ont dématérialisé pour se soulager tous les gens, mais pas pour nous soulager à nous.
02:22Je dois sortir toutes mes factures, je dois sortir tous mes relevés de compte,
02:26je dois sortir plein de choses qu'avant, je recevais par la poste.
02:30Je pense que tous les commerçants et les artisans sont retrouvés avec beaucoup plus de papier, de paperasse,
02:34parce que tout ça, déjà, ça prend une heure, moi, tous les jours, à faire tout ça.
02:37Alors là, je prépare des petits cafés et je prépare d'avance parce que ça, c'est des habitués qui
02:42viennent tous les jours.
02:44Donc, je sais ce qu'ils prennent.
02:45C'est des chouchous !
02:46J'ai une bonne clientèle, j'ai des gens super sympas.
02:49Que des habitués, on n'a pas de passage.
02:50Quand les gens viennent chez nous une fois, après, ils reviennent.
03:01Le Covid, il a fallu fermer.
03:03Alors, le bar et le restaurant étaient fermés pendant un certain temps.
03:06L'hôtel aussi, les gens sont repartis chez eux.
03:09On n'avait que le tabac d'ouvert.
03:10On commence à reprendre de l'hôtel que depuis huit mois.
03:14On a fait le PGE, ils nous ont fait des aides, ainsi de suite.
03:18Le problème qui se passe, c'est que maintenant, il faut rembourser le PGE.
03:22Je rembourse 3 000 euros par mois, mais malheureusement, le travail, c'est fini.
03:26Ce n'est plus comme avant.
03:27Les gens, ils ne viennent plus au café comme ils venaient avant.
03:29Ils ne viennent plus au restaurant comme ils venaient avant.
03:30Les gens sont au télétravail.
03:32On arrive à 62 ans et demi.
03:33On va peut-être passer le relais.
03:36Je ne sais pas, on ne sait pas encore.
03:37On ne va pas rester là jusqu'à 70 ans.
03:38On voudrait bien vendre parce que nous, on est la troisième génération.
03:42Mon fils ne veut pas reprendre.
03:44Ça va me manquer quand je vais arrêter.
03:46Surtout mes clients qui vont me manquer.
03:48Je vais ouvrir parce que je vais me faire engueuler.
03:52Allez-y.
03:55Merci, bonne journée.
03:57Au revoir.
03:58Non, je ne vais pas reprendre.
03:59En fait, j'ai toujours voulu reprendre, mais le problème, c'est de travailler 30 ans, 40 ans,
04:03ne pas avoir de vacances, ne pas avoir de vie.
04:05Moi, j'ai vu mes parents travailler dans ça.
04:07Ils n'ont pas profité dans leur vie.
04:09Avec tout ce qui est les augmentations de tout, ainsi de suite,
04:11les gens qui ont un pouvoir d'achat qui diminuait,
04:14nous, on s'aperçoit que les gens, ils viennent moins au restaurant,
04:18ils achètent moins de presse, ils font attention.
04:21Et nous, pour nous, c'est un gros problème aussi
04:23parce que nous, on a des augmentations d'électricité,
04:26on a des augmentations de gaz, ainsi de suite.
04:28Votre facture, elle a augmenté de combien ?
04:30Elle a augmenté, oui, au moins de 4 000, 5 000, 6 000 euros.
04:33Ça a triplé, oui.
04:35Moi, je me paye, oui.
04:36Mais mon mari n'est pas payé, non.
04:38Les bars, il ne faut pas qu'ils disparaissent.
04:39Dans les bars, vous avez tout, genre.
04:41Et tout le monde se côtoie.
04:42Et ça, c'est important, c'est ça.
04:43Les gens en ont besoin.
04:44Vous avez des gens, ils sont tout seuls.
04:46Ils ont besoin de venir ici, de venir à un endroit
04:48et parler avec d'autres personnes.
04:54Bon, je vais vous dire au revoir.
04:56Et puis, au plaisir de vous revoir dans mon commerce aux coupières.
05:00Bonne journée à vous.
05:01Au revoir.
05:01Au revoir.

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