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  • il y a 1 semaine
Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp-FSU, premier syndicat des instituteurs et professeurs des écoles, réagit aux propositions de reprise de l'enseignement, ce 11 mai, présenté par Jean-Michel Blanquer.

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Transcription
00:00Bonjour Fancette Popineau.
00:02Bonjour.
00:03Vous êtes la secrétaire générale du SNU-IPP,
00:06premier syndicat des enseignants du premier degré,
00:09donc de la maternelle à la primaire.
00:11Alors, selon les pistes dévoilées par Jean-Michel Blanquer,
00:15devant la mission de la formation de l'Assemblée nationale
00:17ce mardi 21 avril,
00:19les grandes sections, les CP et les CM2
00:22pourraient être les premiers à revenir en classe
00:25à partir du 11 mai.
00:27Et pas une seule classe ne devrait avoir
00:29plus de 15 élèves.
00:30Alors, comment réagissez-vous à ce projet
00:33de reprise échelonnée ?
00:35D'abord, une analyse un petit peu globale,
00:38c'est-à-dire qu'à la fois on dit que ça va être progressif
00:40et à la fois on a quand même le sentiment
00:42que c'est précipité.
00:43Ensuite, un étonnement, pourquoi commençons-nous
00:45par les élèves de primaire,
00:47pourquoi pas par les lycéens, par exemple ?
00:49Donc, on peut se poser des questions comme ça.
00:52Ensuite, avant d'être dans des chiffres,
00:54dans des modalités,
00:56quelles sont les garanties sanitaires ?
00:58Je crois que tout le monde est en attente de cela.
01:00Quelles sont les données scientifiques
01:02qui nous autorisent à démarrer au 11 mai ?
01:04Puisque tout le monde le dit,
01:06la courbe suit une décrue très très lente.
01:10Donc, on n'est pas du tout dans quelque chose d'apaisé.
01:13Donc, pour rassurer tout le monde,
01:15il faudrait avoir connaissance des données scientifiques
01:18qui nous autorisent à reprendre.
01:19Et quelles sont les conditions sanitaires
01:22de cette reprise ?
01:23C'est ce que nous attendons de l'État.
01:25De même qu'un protocole
01:26qui permettrait de savoir
01:28quelle est l'attitude à adopter
01:29lorsque un élève, un enseignant,
01:32un adulte de l'école
01:33présente les symptômes du Covid.
01:35Qu'est-ce qu'on doit faire après ?
01:37Qui doit être confiné ?
01:39Comment ?
01:39Nous avons besoin
01:40d'avoir connaissance de tout cela.
01:43Et à partir de là,
01:44à partir de ces données scientifiques,
01:45à partir de tout ça,
01:46nous pourrons nous réunir
01:48et commencer à travailler ensemble
01:50pour savoir quelles sont
01:52les meilleures conditions
01:53pour que les apprentissages reprennent
01:56ou pour que l'école reprenne.
01:57Quelles pourraient être
01:58les conditions incontournables
02:00à cette reprise ?
02:01Donc, des conditions sanitaires incontournables,
02:04c'est-à-dire qu'évidemment,
02:05les enseignants, pour nous,
02:06doivent avoir des masques.
02:08On peut se poser la question des tests.
02:10Ce serait l'idéal de se dire
02:11qu'on ne fait entrer que des gens
02:13qui ne sont pas porteurs du Covid.
02:16Donc, on pourrait avoir ce fameux test
02:18qui permet d'orienter ensuite le confinement,
02:20comme ça peut être fait dans d'autres pays.
02:23Donc, on veut avoir évidemment
02:24la certitude qu'il y ait des sanitaires
02:27en nombre suffisant.
02:29C'est-à-dire qu'on sait très bien
02:30que dans une école,
02:31lorsqu'il y a dix lavabos
02:33pour se laver les mains,
02:34ils sont souvent mis les uns
02:36à côté des autres.
02:36Ce qui veut dire qu'on ne peut pas
02:37faire rentrer tous les enfants,
02:39sinon on n'aurait pas la distanciation,
02:40par exemple.
02:41Donc, il y a des tas de conditions comme ça.
02:43D'abord, à vérifier.
02:44Et ensuite, il faut se poser la question.
02:46Pour nous, ça demanderait
02:47qu'on ait une réunion
02:49avec les équipes municipales,
02:51les écoles et les équipes municipales,
02:53pour voir ensemble
02:55comment on peut reprendre.
02:56Parce que les hypothèses
02:58qui sont formulées là,
03:00de dire qu'il y aurait un groupe
03:01qui serait en éducation physique
03:04ou en activité culturelle,
03:07un autre groupe qui serait, etc.,
03:09cela suppose des adultes en fax
03:11et cela suppose évidemment
03:13la désinfection des locaux.
03:15Toutes choses qui nécessitent
03:17des deniers.
03:18Donc, que peuvent faire
03:20les collectivités ?
03:21Peuvent-elles assurer
03:22une désinfection des locaux
03:24deux fois par jour, par exemple ?
03:25Parce que ça, ça suppose aussi
03:26des heures supplémentaires
03:27pour des personnels.
03:28Donc, voilà.
03:29Est-ce qu'il y aura des subventions
03:31accordées à ces mêmes collectivités ?
03:33Donc, il y a des questions
03:34comme ça qui se posent.
03:35En l'état, on a quand même
03:37beaucoup de questions
03:38et peu de réponses.
03:39Il faut vraiment donner du temps
03:41aux équipes pédagogiques
03:43et aux collectivités
03:45pour se rassembler,
03:46pour voir ce qui est possible
03:48réellement, en gardant évidemment
03:50en tête toutes les garanties sanitaires.
03:53Alors, si ces fameuses conditions sanitaires
03:55n'étaient pas réunies,
03:57que proposez-vous ?
03:59Nous, on ne peut même pas imaginer
04:01que les garanties sanitaires
04:02ne soient pas réunies.
04:03Pour nous, si elles ne sont pas réunies,
04:05il n'y a pas d'école, point.
04:07Donc, on ne va pas jouer là
04:09à faire un bras de fer.
04:10Il ne s'agit pas de ça.
04:11Il s'agit de la santé.
04:12Et on ose espérer
04:14que tout le monde
04:14va bien dans le même sens.
04:16Tout le monde souhaite
04:17que les choses se fassent
04:18en maximisant au maximum
04:23la garantie de la santé de tous.
04:25Parce qu'ouvrir une école,
04:26ce n'est pas seulement
04:27la transmission élève-enseignant
04:29qui peut être discutable.
04:31c'est aussi ouvrir une école
04:34avec plein d'adultes,
04:35avec des AESH pour les enfants
04:37en situation de handicap,
04:38avec les ADSEM,
04:39avec les personnels communaux.
04:41Et puis, avec les parents
04:43qui vont venir le matin,
04:44l'après-midi,
04:45avec peut-être des grands-parents
04:46qui vont venir récupérer les enfants,
04:48les baby-sitters.
04:49Il y a donc une chaîne de transmission là
04:51qui est quand même importante.
04:53Donc, comment allons-nous organiser cela ?
04:56C'est tout cela qu'il faut voir
04:58et on n'ose pas penser
05:03que personne ne va dans ce sens-là.
05:05Nous, vous savez, les enseignants,
05:07on a la sécurité des enfants
05:08chevillés au corps.
05:10C'est pourquoi, d'ailleurs,
05:11il y a très peu de problèmes
05:12dans les cours de récréation.
05:14On est très vigilants.
05:15On anticipe le danger.
05:19Donc, on veut assurer aux parents,
05:21comme on le fait habituellement,
05:22que quand ils nous confient leur enfant,
05:24ils ne le mettent pas dans un endroit
05:26qui présente des dangers.
05:29Alors, le risque zéro n'existe pas,
05:31mais il faut quand même pouvoir garantir
05:32un maximum la sécurité des enfants
05:35et des adultes qui seront dans l'école.
05:38On ose espérer que tout le monde
05:39aille bien dans ce sens-là.
05:41C'est bien la santé qui doit nous guider,
05:43pas l'économie
05:44ou pas un grand test gigantesque
05:47d'immunisation de la population.
05:49D'autant plus que le problème
05:51de la cantine n'a eu que d'être posé.
05:54Oui, alors la cantine,
05:55c'est un sujet important
05:56parce qu'une des raisons
05:58pour lesquelles on ouvre les écoles,
05:59c'est qu'effectivement,
06:00on sait qu'il y a des enfants
06:01qui vivent mal le confinement,
06:05voire qui sont dans des situations
06:07tout à fait de grande souffrance.
06:09Et il y a des enfants aussi
06:11qui ne mangent pas complètement à leur faim
06:13parce que quand on a la chance
06:15dans ce pays de proposer
06:16une cantine à 1 euro le repas,
06:19il va de soi que pour faire ses courses,
06:21on est obligé de dépasser 1 euro,
06:24malheureusement, pour ses courses.
06:26Donc, ce serait important
06:28qu'on ait la cantine d'ouverte.
06:30Mais cela veut dire
06:31qu'il faut effectivement l'organiser
06:34de sorte que les enfants
06:35soient à au moins 1,50 m
06:37pour manger,
06:39donc avec évidemment des marquages,
06:41avec une organisation
06:42qui suppose qu'il n'y ait pas
06:44beaucoup d'élèves
06:45dans un premier temps.
06:46Il faut vraiment être très prudent
06:48sur les gestes barrières
06:49et ça ne s'improvise pas
06:51chez les enfants.
06:52Comment ça va se dérouler ?
06:54Vous avez, pour la suite,
06:56des réunions prévues
06:57avec le ministère ?
06:59Écoutez, le ministère
07:01nous cite beaucoup.
07:02Il parle beaucoup
07:03des organisations syndicales,
07:05mais nos rendez-vous
07:06sont de loin en loin.
07:07On ne peut pas dire que, voilà,
07:09on ne peut pas dire
07:10qu'on se voit beaucoup.
07:11C'est bien regrettable
07:12parce qu'effectivement,
07:14toutes les idées
07:15sont bonnes à prendre
07:16et on n'en manque pas.
07:17Bien sûr, nous,
07:18on pose les lignes rouges
07:19de cette reprise de l'école,
07:22mais c'est pour préserver
07:24la santé de tous.
07:25Ce n'est pas du tout
07:25parce que les enseignants
07:26n'ont pas le souhait
07:27de retourner à l'école,
07:28bien au contraire.
07:29Les enseignants,
07:31c'est un métier relationnel
07:33et nous, on est loin
07:34de nos élèves,
07:35on est loin de nos conditions
07:37ordinaires de travail
07:38et on se languit
07:40de nos élèves,
07:41on se languit
07:41de cette relation particulière
07:43qu'on peut avoir
07:43dans le groupe classe.
07:45Donc, les enseignants
07:46sont prêts à reprendre,
07:47mais ils savent aussi
07:49qu'ils doivent le faire
07:50dans d'excellentes conditions
07:51parce que si, toutefois,
07:54ça amenait à une reprise
07:56de l'épidémie,
07:57à un reconfinement
07:58au mois d'août,
07:59par exemple,
07:59on regarderait un petit peu
08:01l'école de travers.
08:02Donc, on a cette responsabilité-là
08:04puisqu'on est les premiers
08:05à ouvrir le feu
08:06du déconfinement.
08:08Ce n'est pas les restaurants,
08:10ce n'est pas les cinémas,
08:10c'est l'école.
08:11Donc, on a cette responsabilité
08:13de le faire
08:14en garantissant
08:15la sécurité de tous.
08:16Donc, c'est ce qu'on attend
08:17de l'État.
08:19On n'a pas d'autre attente
08:20que celle-ci.
08:21Après, on verra
08:22les groupes,
08:23la taille,
08:24tout ça,
08:24c'est des choses
08:25qui se verront localement.
08:26Avant cela,
08:27l'État doit nous garantir
08:28cette sécurité.
08:30La continuité pédagogique
08:31est annoncée
08:32comme une réussite
08:33par le ministre.
08:34Est-ce que vous avez
08:35la même appréciation
08:36que lui ?
08:37Oui, c'est ça.
08:38On était à peu près
08:39aussi prêts
08:40qu'on est là
08:40pour reprendre.
08:42Donc, non,
08:43nous n'étions pas prêts,
08:44quoi qu'en dise le ministre.
08:45Nous n'étions pas prêts.
08:47Et vraiment, là,
08:47il faut saluer
08:48le travail qui a été mené
08:49par les enseignants
08:50en un temps absolument record
08:53pour essayer
08:53de faire preuve
08:54d'inventivité,
08:55de créativité,
08:56pour garder le lien.
08:58Tant de choses
08:58ont été imaginées
09:00pour pouvoir continuer
09:01à rester en lien
09:02avec les familles,
09:03avec les élèves,
09:04d'autant ceux
09:05qui n'avaient pas
09:05le matériel informatique,
09:08mais aussi ceux
09:08pour lesquels
09:09le confinement
09:09est très difficile.
09:11Je crois que là,
09:12on ne saluera jamais assez
09:13le travail
09:14qui a été mené
09:15par la profession
09:16pour maintenir
09:17ce lien précieux
09:18entre l'école
09:19et la maison.
09:20Et ça,
09:21ça a été vraiment
09:21une réussite.
09:22Par contre,
09:23on a été
09:25vraiment perturbés
09:26par la confusion
09:28entretenue
09:28sur la continuité
09:29pédagogique,
09:30comme si on pouvait
09:31déléguer aux parents
09:32un rôle d'enseignant,
09:34comme s'il suffisait
09:35de donner une fiche
09:36et puis finalement,
09:37un parent qui sait bien lire
09:39la lit
09:39et ensuite,
09:40il peut faire des choses
09:41avec l'enfant.
09:42Ça,
09:43c'est valable
09:44vraiment
09:45sur des toutes petites choses,
09:47mais l'école,
09:48c'est on vit ensemble,
09:49on apprend ensemble
09:50et on a un accompagnement
09:51pédagogique.
09:52Ce n'est pas la maison.
09:53En plus,
09:54à la maison,
09:55l'école,
09:55c'est souvent
09:56une source de tension,
09:57de conflit
09:58dont on peut se passer.
10:00Donc,
10:00pour nous,
10:00la continuité pédagogique
10:02telle qu'elle a été faite
10:04et qu'elle devait être faite,
10:05c'est simplement
10:07continuer à mener
10:08des activités scolaires
10:09de répétition,
10:11de consolidation
10:12de ce qui a été appris
10:13entre septembre et mars.
10:15Et puis,
10:16le programme reprendra
10:18quand on se retrouvera,
10:19non pas là maintenant,
10:20mais en septembre.
10:22nous reprendrons
10:24progressivement
10:24en le repensant
10:25le programme
10:27là où il s'est arrêté.
10:28L'école s'est arrêtée
10:29le 13 mars au soir.
10:30Elle devra reprendre
10:31là où elle s'est arrêtée
10:33le 13 mars au soir.
10:34Alors,
10:35justement,
10:36vous en parliez,
10:37les inégalités
10:38se sont accentuées
10:39certainement
10:40durant cette longue période
10:41de confinement.
10:42Alors,
10:42que préconisez-vous
10:44pour la rentrée prochaine
10:45de septembre ?
10:46Alors,
10:47d'abord,
10:47ce que je veux dire,
10:48c'est que
10:48les inégalités,
10:50certains semblent
10:50les découvrir.
10:52certes,
10:53le confinement
10:54a mis en lumière
10:54les inégalités,
10:55mais malheureusement,
10:56elles étaient là
10:57depuis longtemps.
10:58Depuis longtemps,
10:58nous demandons
10:59que l'école,
11:00évidemment,
11:01ait des moyens supplémentaires
11:02pour nous aider
11:04à régler ces problèmes
11:05d'inégalités
11:05qui sont avant tout
11:06sociaux
11:07et qui se transforment
11:09malheureusement
11:10en inégalités scolaires.
11:11mais il faut régler
11:12les difficultés sociales
11:14et ça,
11:14ce n'est pas l'école
11:15qui peut seule
11:16les régler.
11:17Par contre,
11:18l'école peut aider
11:19les enfants
11:20sur le plan de la santé,
11:22sur le plan social,
11:23avec des assistantes sociales,
11:25sur le plan aussi
11:26de la solidarité
11:28qui peut s'exercer,
11:29mais l'école
11:30ne peut pas
11:31résoudre
11:31les problèmes sociaux.
11:33Donc,
11:33le déconfinement
11:34ne réglera pas
11:35le problème
11:35des inégalités.
11:36Il permettra
11:37à des enfants
11:38de manger à leur faim,
11:39de sortir du confinement,
11:40mais il ne réglera pas
11:40le problème des inégalités.
11:42Il faut donner
11:42des moyens à l'école
11:43pour qu'elle puisse
11:44régler ce problème-là.
11:47Des établissements scolaires
11:48ont également été
11:49réquisitionnés
11:50ces dernières semaines
11:51afin d'héberger
11:51des personnes
11:52en grande précarité.
11:54Quand sera-t-il
11:55à partir du 11 mai ?
11:57Oui,
11:57alors il faut préserver cela,
11:58de même qu'il faut préserver
11:59l'accueil des enfants
12:00de soignants.
12:01Ça doit être une priorité.
12:02On doit continuer
12:03à bien sûr
12:04accueillir
12:05les enfants de soignants
12:06et autres personnes,
12:08autres enfants
12:09de personnes particulièrement
12:10utiles en cette période.
12:11Il ne s'agirait pas
12:12de reculer
12:13sur tout ce qui a été mené
12:16en termes de solidarité
12:17et qui est indispensable
12:18pour que tout le monde
12:20soit au mieux.
12:21Et donc effectivement,
12:22les établissements
12:23qui ont servi
12:24de lieu d'accueil,
12:25si ces établissements
12:26devaient reprendre
12:27leur activité ordinaire,
12:28il faut impérativement
12:30trouver d'autres lieux
12:31d'accueil
12:31pour les personnes,
12:33évidemment.
12:34Cette crise sanitaire
12:35aura très certainement
12:37un coût économique
12:37lourd.
12:39Craignez-vous des conséquences
12:40sur les budgets
12:41du service public,
12:43sur les fermetures
12:44de classes notamment
12:45qui sont programmées
12:46pour la rentrée prochaine ?
12:48Ce serait le plus mauvais réflexe.
12:51On doit apprendre
12:52des choses de cette crise
12:53et on doit commencer
12:54maintenant à faire
12:55la liste des courses.
12:56Et on voit
12:57que ce qui peut sauver
12:58un pays
12:59quand il traverse
12:59une grande crise,
13:01ce sont les services
13:02publics notamment.
13:03Donc au contraire,
13:04il faudra préserver
13:05ces services publics.
13:06On a vu le rôle particulier
13:08joué évidemment
13:08par nos hôpitaux publics
13:10et on a vu aussi
13:10les défaillances
13:11de ces hôpitaux
13:12qui ont subi
13:13des politiques
13:14qui ont évidemment
13:16privé de moyens
13:18nos hôpitaux
13:19et avec,
13:20on peut même ajouter,
13:22le salaire
13:22des infirmières
13:24qui est quand même
13:24très en dessous
13:26de ce qu'on pourrait
13:27attendre
13:28d'un métier
13:28aussi haute responsabilité.
13:31On a la même chose
13:32du côté des enseignants,
13:33on voit qu'ils sont
13:34indispensables.
13:35D'ailleurs,
13:36on voit bien
13:37qu'il faut ouvrir
13:38les écoles
13:39donc on doit avoir
13:39quand même
13:40un certain intérêt
13:41dans notre pays.
13:43Donc tout ça
13:44doit nous montrer
13:44que les services publics
13:45sont essentiels
13:46à un pays.
13:47De même que les aides
13:48sont essentielles
13:49à un pays.
13:50C'est aussi pour ça
13:50si on compare
13:51évidemment
13:52avec le triste sort
13:53de nos amis américains,
13:56on voit bien
13:56la différence
13:57entre
13:57de fonctionnement politique
14:00et les incidences
14:01que ça peut avoir
14:02et les conséquences
14:02que ça peut avoir.
14:03Maintenant,
14:04on a effectivement
14:05une vraie problématique économique.
14:07On va devoir
14:07se poser les bonnes questions
14:09parce que ce ne sera pas
14:09sans incidence sociale,
14:11évidemment,
14:12mais on va devoir
14:12se poser les bonnes questions.
14:14Devons-nous continuer
14:15à vivre comme avant,
14:16à consommer comme avant,
14:18à ne pas nous soucier
14:20de la nature
14:20ou devons-nous commencer
14:22à changer,
14:23à mettre le curseur
14:23un petit peu ailleurs
14:24et à changer notre regard ?
14:26Je crois que c'est ça
14:27qu'il faut commencer
14:28à se poser comme question.
14:30Il faut penser demain,
14:32dès maintenant
14:33et ne pas le penser
14:34avec les mots d'hier.
14:35Il faut inventer,
14:37inventer quelque chose
14:38de nouveau.
14:39Il faut inventer
14:40quelque chose
14:40qui nous ouvre les bras.
14:42Et là,
14:42si on ouvre nos yeux,
14:44on voit comment la nature
14:45reprend un petit peu ses droits
14:46et ça,
14:47ça doit nous interroger,
14:48ça doit lever aussi
14:49tout le scepticisme
14:50des gens qui disent
14:51c'est trop tard.
14:52Eh bien non,
14:53la nature nous montre
14:53que ce n'est pas trop tard.
14:55On peut sauver les choses,
14:56on peut sauver aussi
14:57les services publics,
14:59on peut,
14:59voilà,
15:00il y a des choses,
15:00il y a des regards à tourner
15:02et il faut le faire,
15:03il faut le faire maintenant,
15:05il faut commencer maintenant
15:05à penser différemment
15:07et effectivement,
15:09le coût de cette crise
15:11ne doit pas retomber
15:13sur évidemment
15:14les plus faibles,
15:15c'est-à-dire
15:15c'est ceux qui nous ont aidés
15:17parce que si on regarde bien,
15:19ce n'est pas les premiers de cordée
15:20qui ont été très utiles
15:21pendant cette période.
15:22à quelques jours du 1er mai,
15:25la fête internationale
15:26des travailleurs,
15:26que propose la FSU
15:29pour donner de la force collective
15:30à cette journée ?
15:32Alors,
15:33nous sommes évidemment
15:34en réflexion
15:35sur cette question
15:36parce que les conditions
15:37ne sont pas celles habituelles
15:39du 1er mai
15:40où on se promène
15:42dans les premiers beaux jours
15:43avec le muguet,
15:45donc nous ne sommes pas
15:46dans cette configuration
15:47et nous sommes en train
15:48de réfléchir
15:49avec l'ensemble
15:50des organisations syndicales
15:51pour effectivement,
15:53symboliquement,
15:54mais en tout cas,
15:55marquer évidemment
15:57cette journée-là
15:57et dans le sens
15:58de ce que je vous disais,
16:00dans le sens
16:01d'une réflexion
16:02sur l'avenir.
16:03Que sera demain
16:05à l'aune
16:05de ce que nous vivons aujourd'hui ?
16:07Si nous ne tirons pas le son
16:08de ce qui se passe aujourd'hui,
16:10effectivement,
16:11nous revivrons
16:12des épisodes comme ceux-là
16:14et ce sera évidemment
16:15à chaque fois tragique.
16:17Donc, il faut désormais
16:19penser différemment
16:20le monde de demain
16:21et le 1er mai
16:22peut être une journée
16:23qui nous permet
16:24de nous ressourcer ensemble
16:27et de réfléchir ensemble
16:28à ce que pourra être
16:29un nouveau monde
16:31qui ne serait pas construit
16:33autour du commerce,
16:37de la finance,
16:38des intérêts individuels.
16:41On peut rêver ce monde-là
16:43et en tout cas,
16:44nous, concrètement,
16:45à la FSU
16:46et au SNU
16:47avec les enseignants,
16:49on ne fera pas que le rêver,
16:50on participera
16:51à sa construction.
16:53Merci,
16:53Français de Poupineau.
16:56À bientôt.
16:57À bientôt.
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