00:00— Paul Schemeteuf, bonjour. — Bonjour.
00:03— Alors on vient vous voir parce qu'on a découvert, on le savait déjà, que vous étiez un fervent
00:08lecteur de l'Humanité.
00:09On voudrait savoir depuis quand vous lisez ce journal. Je crois d'ailleurs que vous lisez. Vous avez lu avant
00:14un autre journal.
00:15Vous y avez même travaillé. Vous avez travaillé à Clarté, qui était le journal des étudiants communistes.
00:20— C'est exact. — Et quelle est la nature de votre attachement à ce journal qu'est l'Humanité
00:24?
00:25— Fervent, certainement pas, parce que je ne suis pas religieux. Un lecteur attentif et constant, j'ai commencé à
00:36lire l'Humanité
00:37à partir du moment où elle est reparue au lendemain de la guerre, de la libération. Et je suis resté
00:46constant dans ma lecture.
00:49— Je me suis même abonné récemment, mais pour d'autres raisons, parce que je pense que la presse va
00:55mal en général.
00:57Et comme je suis un grand lecteur de presse, je lis au moins, je parcours plus exactement au moins trois
01:06quotidiens par jour.
01:08C'est-à-dire le monde, la croix à l'Humanité, qui me paraissent, dans leur genre, les journaux les
01:13plus représentatifs
01:14de groupes d'opinion, de tendances d'opinion. Pourquoi je suis tombé dans l'Humanité ? Parce que pour ma
01:22génération,
01:25celle qui a grandi pendant la guerre, les problèmes étaient assez clairs. Il y avait... Je dirais si il y
01:31a une émission récente
01:33à la télévision sur, justement, les collabos, les résistants. Et c'est vrai, mes parents étaient plutôt du bon côté,
01:42puisqu'ils étaient du côté de la résistance. Mais c'est vrai que ça a été une... la rencontre de
01:52ces gens,
01:52enfin, des gens qui, quelquefois, venaient chez mes parents et qui disparaissaient tragiquement.
01:59Tout ça, pour un jeune homme, c'est assez... Bon, il y a une espèce d'héroïsme de tout ça.
02:05On est très impressionné par ses destins.
02:07Et on pense que le monde est de ce côté-là plus que d'un autre. Donc, depuis, la suite
02:14de l'Histoire m'a montré que
02:17les choses étaient plus complexes. Bien que... Enfin, il y a eu des rencontres ratées. Il y a eu des...
02:24quand même des erreurs historiques. Je parle même pas de la répression...
02:32russe-stalinienne qui nous est arrivée dessus comme un...
02:38Ferrar passer sur la tête, mais...
02:40même de...
02:42des interventions en Tchécoslovaquie,
02:45en Afghanistan,
02:47qui ont détruit
02:48l'eurocommunisme et même
02:51la confiance
02:52que l'on pouvait avoir
02:54sur le rôle
02:56international de ce que fut l'Urs,
02:58et qui, dans sa chute,
03:00a entraîné beaucoup de...
03:02beaucoup de...
03:03dans l'échec du gorbatchevisme,
03:06et la situation actuelle a...
03:08disons, il faut avoir une...
03:10une conscience historique
03:12de très longue échelle
03:14pour rester attentif
03:17à ce que portait
03:18la culture communiste,
03:20à ce qu'elle dit,
03:22à l'espoir qu'elle avait fait lever,
03:24et qu'elle est loin d'avoir épuisée,
03:26mais pas, certainement pas,
03:28sous ses formes anciennes,
03:29sous ses formes passées.