00:00Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche, à l'affiche qu'on colle au mur, du
00:06lendemain, ma France.
00:10Vous en voulez la Entregue ?
00:12Oui, oui, oui, exactement.
00:14Ça veut dire que la ville met à chez l'aime, les poissons ?
00:17Non, c'était le bois en plein, petitement, il y a 60 ans.
00:24Alors c'était le petit village avec une école laïque, surtout, garçon, d'un côté, fille de l'autre, et
00:33la mairie au milieu.
00:35Ça doit toujours y être, en bas en plein, ça.
00:38Après, j'ai fait mes études jusqu'à 12-13 ans.
00:44Ce ne sont pas des études, on apprenait à lire.
00:49Vous savez, c'est une question d'amour.
00:51J'ai connu une fille qui habitait ici, elle était fonctionnaire au PTT, à Lyon.
01:00Et comme j'étais à Lyon, vous savez, des coincidences, on s'en rend compte, on vient proche une lutte
01:05à Véity, à Converse, à la centrale.
01:08À la centrale.
01:08À la centrale.
01:09Donc, tu étais à l'EDI.
01:10J'étais CCRS, c'est les offres sociales.
01:14La centrale, la centrale d'activité, c'est ça, c'est les offres sociales d'EDF, c'est-à-dire
01:19la colonie, tout ce qui en clove, les vacances, les séjours, tu vois.
01:25Et puis après, c'est la retraite, et puis voilà, puis ça a changé, c'est un sympa.
01:32Moi, j'ai connu ça, j'étais à Lyon, là-bas, à EDF, à Lyon.
01:37Et là, il y avait quand même l'ambiance, il y avait quand même encore de la vieille ambiance, que
01:43maintenant, vu qu'on supprime les postes, on fait courir les gens un peu plus, un peu plus, un peu
01:50beaucoup plus, quoi.
01:52Et puis, puis l'ambiance change automatiquement, hein.
01:56Mais ici, en montagne, les électriciens, tout ça, justement, c'est un métier dur, quand même.
02:01Ah, ben là, c'est comme l'hiver, quand il y a la neige, il y a tout, ils ont
02:07du mérite, hein.
02:08Vous savez, il ne faut pas leur jeter le caillou, hein.
02:10Et l'île humain encore, ici, en traigues ?
02:13Mais parce que je suis au courant, je suis au courant, il n'y en a pas rien, ici, si
02:19tu restes là, sans bouger, tu es un bricot, hein, sorti.
02:24Tiens, t'as pas compris, t'as rien compris, parce qu'il y a ça, il y a la télé,
02:28oui.
02:29Dauphine est libérée, mais quand t'as lu les conneries, les histoires de DSK, pendant quinze jours, on a eu
02:39le droit, puis...
02:41Et puis, après, la justice, ça fait son chemin, là.
02:44Non, tout a besoin d'une autre information.
02:47Oui, voilà, on n'a pas d'autre que là, sur le masque, tu l'as, tu l'as.
02:52Elle n'est pas tranquille, parce que si on dit des conneries, il nous tombe ce dos, ça, on n
02:58'y échappe pas, on tricque, hein.
03:01Ils nous en mettent déjà, sans qu'on fasse des choses à ne pas faire, on ne fait que des
03:06choses qu'on doit faire, c'est pour ça.
03:10Et c'est là que, là, j'aime bien dire, moi, j'attends facteur, comme les petits vieux sous-trottoirs
03:17qui attendent que le magasin s'ouvre à six heures et demie du matin.
03:22J'ai pleuré comme un gamin.
03:25C'est pas quelque chose qui n'a pas passé inaperçu, hein.
03:28Puis c'était des potes, pour moi c'était des potes, je les connais pas.
03:32Mais c'était des potes, hein, parce que je sais pas ce qu'ils font, ce qu'ils sont capables
03:37de faire, hein.
03:39Toujours dans le droit chemin.
03:41Voilà, c'est tout.
03:43Donc, c'est mon petit bonheur.
03:45Mais ça a été dur.
03:47C'était dur, hein, c'est pas des larmes de crocodile, hein, je veux dire, parce qu'on arrive à
03:52un âge où on tremble pas trop.
03:55La sensibilité, on la perd un peu, mais là, quand même, ça m'avait traumatisé, pas traumatisé, mais perturbé.
04:01Voilà.
04:02Oui, oui, oui.
04:03J'en ai, j'en ai du bouquet de Charles, Thierry, encore un de Charles, là.
04:07Ah, oui.
04:08T'as vu ?
04:10C'est mon Charlie Hebdo, figure-toi qu'il...
04:13Ici, on n'en trouvait pas.
04:15Alors, j'avais dit, ma frangine à Lyon, tu m'emmènes, c'est une moto Charlie Hebdo.
04:20Bon, ben, j'en ai fini par le trouver, il me l'a envoyé, puis après dans l'autre, il
04:24m'a encore envoyé un Charlie Hebdo.
04:25Ah, on écoute, on en a deux.
04:27J'en ai deux, j'en ai deux.
04:28Je vais m'en débarrasser, parce que demain, il sort l'autre.
04:31Et tu vas aller chercher ?
04:33Oui, oui, oui.
04:34Non, ben, je vais y aller, oui, parce que ça doit être quand même...
04:36C'est encore frais, il faut que je...
04:38Je l'achetais pas, Charlie Hebdo, hein.
04:42Mais bon, là, ça m'a censé l'illusion un peu, même pas mal.
04:45Donc, je vais l'acheter.
04:46D'accord.
04:47Pour voir.
04:48Et le lire.
04:49Et le lire, oui.
04:50Et puis, tu sais, en rouge, hein.
04:52Une belle couleur.
04:53Et donc, tu sais que dans la caméra, t'as une moustache à la genfrirante ?
04:57Non, non, non, mais tu...
04:59Laisse...
05:00Non, non.
05:00Elles sont mes essentiels que moi.
05:03Je suis né avec.
05:06Non, ben, je déconne, non.
05:07Serge, est-ce que tu chantes ?
05:09Quand je suis pas en rue, ça m'arrive de chanter seul.
05:12Pas en public, parce que je...
05:16J'aime pas les tomates.
05:18Ouais, c'était à la guerre d'Algérie en...
05:21Je suis rentré en 59.
05:23Donc, c'était en plein milieu.
05:25Je suis sorti en 62.
05:27Donc, c'était l'armitisme en 62.
05:31Mais entre 59 et 62, il y avait quand même toute cette armée qui partait,
05:39qu'on embarquait à la Joliette ou qu'on réceptionnait à la Joliette,
05:45les blessés, les fins d'armée.
05:48Il y avait des bateaux qui arrivaient complets, hein.
05:50Comme des chiens, comme des bêtes.
05:52Il y en a qui avaient des ânes.
05:54Il y en a qui avaient des...
05:55Des lézards du désert, là.
05:57Ces lézards, là.
05:58Ils se foutaient ça dans la chemise.
06:00Il y en a qui avaient la botte de foin pour le bricot.
06:03Plein de vomi.
06:05Ils avaient vomi, c'était...
06:06Dans les calmes, tu vois, c'était...
06:09Oh, putain, c'est...
06:09Ça, c'est les soldats qui rentraient.
06:11C'est les soldats qui rentraient, oui.
06:13Ou qui venaient de perdre.
06:14Parce que, quand ils prenaient les vues rafiaux,
06:16ils y mettaient deux jours.
06:19Dans les calmes, là, ils se...
06:20Ils étaient balades comme des chiens, là.
06:23Parce que...
06:24Et puis, nous, on était là.
06:26Toi, tu étais à la Joliette, en fait.
06:28Hein ?
06:28Qu'est-ce que tu faisais, toi ?
06:30Tu étais sous les drapeaux, là.
06:31Oui, oui, oui.
06:32Ah oui, j'étais là.
06:33Oui, bien sûr.
06:34Oui.
06:34Mais je n'ai pas fait l'Algérie, par contre.
06:36J'avais mon frère qui était.
06:38Donc, on n'en envoyait qu'un, tu vois.
06:40C'est mon frère qui a dérouillé, de plus.
06:43Moi, j'ai fait une armée de...
06:45de planquets.
06:46On avait quand même des petites idées, quand même.
06:48Un petit peu un art, probablement, sur les bords.
06:51À 20 ans, j'étais un peu un art, quand même, hein.
06:53Parce qu'encore maintenant, ça me reviendrait un peu, ça, dans la tête, hein.
06:58Ça y...
06:59Et raconte-moi l'histoire du tract, alors.
07:01Ouais, ben, on avait décidé à propos de toutes ces embarcations, là.
07:06Tout ce trafic d'hommes, parce que c'était ça, on ne l'était que deux.
07:12Donc, que deux, ça veut dire que t'es plus fort.
07:15Parce que si on tient tous les deux, c'est bon.
07:17Mais si t'es plus...
07:19Si y'en a un qui lâche un...
07:21Soit disant un petit morceau...
07:23Après, ils ont envie de faire le tour de la maison, hein.
07:25Donc, que deux, on avait tenu.
07:28On a été en mété.
07:29Ils venaient nous voir, on discutait.
07:31Ils parlaient.
07:32Bon, ils ne pouvaient pas nous accuser.
07:34Nous, on a toujours nier, et puis voilà.
07:36Avec Guillaume, il est tellement belier, ce Guillaume.
07:39C'est Isès, le Guillaume.
07:43Des petites lunettes rondes, comme un modèle de sécurité sociale, tu vois, il y a des ressorts.
07:49Une tranche à faire rouler, n'importe qui.
07:52C'est peut-être ça qui nous a sauvés.
07:54Et toi, t'étais pas du genre triste ?
07:56Oh, j'étais pas triste. Non, non.
07:58Non, j'étais pas triste.
08:00Non, pas du tout, même.
08:02Mais c'est peut-être ça qui nous a sauvés,
08:04parce qu'on l'a pris à la rigolade.
08:08Parce qu'on savait très bien que s'il nous coincait,
08:11on savait très bien où on allait.
08:12Alors, t'avais les beaux maîtres.
08:15Après, t'avais Tim Douf,
08:17ou Tim Fouchy en Algérie,
08:19ou Chambéry en France.
08:21Base disciplinaire.
08:23Alors, Tim Douf, le régime,
08:25et Tim Fouchy, on le savait,
08:27le régime,
08:28en télédansable jusqu'au cou,
08:30avec un verre d'eau que tu ne puisses pas attraper.
08:31Donc, nous, on était aux effectifs.
08:34Donc, on marquait,
08:36on marquait sur les carnets,
08:38sur les vrais militaires,
08:40les congés,
08:42tout ça.
08:43Et nous, quand on venait,
08:44c'était un appelé.
08:46qu'on s'en demandait,
08:47vous êtes engagé ou appelé.
08:50Alors, appelé.
08:51Alors, disons qu'avec Guillaume,
08:55entre milliers d'eux,
08:56on n'allait pas manger.
08:57On restait dans le bureau.
09:00On disait aux juteux,
09:02on va faire du ménage entre milliers d'eux,
09:05pendant qu'il n'y a personne,
09:06parce que ça nous...
09:07et on disait aux gars,
09:09de venir nous voir entre milliers d'eux.
09:11C'est-à-dire qu'auval,
09:13et la Marianne, rectificatif,
09:15tu lui mettais un coup de tampon,
09:17encre rouge, tu rayais tout ce qu'il y avait.
09:20Rectificatif, c'était fait dans les réseaux.
09:22Alors, la Marianne part de suite.
09:24C'est-à-dire qu'il repartait avec toutes ses permes.
09:27Tu comprends ?
09:28L'enfant passait 15 jours de permes.
09:32Et après, il ne s'en a plus.
09:34Alors, il repartait avec tout son...
09:37son paquet de permes,
09:39la totalité,
09:40parce que c'était pour rayer.
09:41On rayait tout.
09:44Encore où je n'en ai plus.
09:45Je me rappelle toujours.
09:47Mais là, si on le fait prendre aussi...
09:49Mais là, c'est un bien, c'est jamais...
09:50Mais c'est de la résistance, ça, Serge ?
09:52Hein ?
09:53C'est de la résistance ?
09:55Si on peut appeler ça,
09:56moi, je ne pensais pas ça.
09:57Je pensais faire plaisir à ces gars-là.
10:00Tu vois ?
10:01Ils étaient contents.
10:02Ils nous ont embrassés, moi.
10:04Qu'est-ce que tu veux faire ?
10:07Tac !
10:09Tac !
10:12Tac !
10:13Tac !
10:14Ça, ça reste !
10:16Carbone d'un côté, là,
10:17alors, c'était le bordel bon.
10:20Maintenant, Yéhou.
10:22Yéhou, lise et l'humain.
10:27C'est un couple d'évoles.
10:28Yéhou, lise et l'humain.
10:28Don't y'a mais à l'humain.
10:28T'as joué.