00:017h, 9h, Europe 1 matin. Et place à votre première signature, Europe 1 du jeudi. Bonjour Jolie Bastier.
00:06Bonjour à tous.
00:07Vous revenez ce matin sur cette idée de l'ARCOM, l'autorité de régulation des médias,
00:11de lancer une concertation en vue de la présidentielle pour soumettre les podcasts à des exigences d'équité.
00:17Et oui, attention, un secteur qui marche en France égale une tentative de l'écraser sous des normes et une
00:22régulation.
00:23Le podcast, c'est vrai, cartonne dans notre pays au point qu'il est devenu en cette veille de présidentielle
00:27un passage obligé des politiques.
00:29On songe évidemment à l'incontournable podcast Legend de Guillaume Plé qui est dans le collimateur de la gauche car
00:35il laisse la place à des personnalités de droite.
00:37On peut citer aussi l'excellente émission de Vincent Trémollet sur Figaro TV, Empreinte,
00:41qui vient de consacrer d'ailleurs son premier épisode à François Hollande, ce qui montre d'ailleurs que le Figaro
00:45est pluraliste,
00:46où il se confie sur son intimité, ses admirations, sa pratique du pouvoir.
00:51Dans un monde en proie à l'immédiateté polarisée où l'agressivité domine,
00:55les podcasts permettent de prendre le temps d'une parole plus longue, parfois plus contrôlée,
01:00où les invités ont souvent droit à plus de bienveillance de la part des interlocuteurs.
01:04Même s'ils doivent faire attention à ne pas trop se relâcher,
01:06ce qui est arrivé, vous vous en souvenez, à Édouard Philippe dans le podcast de Pauline Légnot,
01:10où il avait fait cette sortie totalement absurde sur le droit au repos présidentiel après une campagne électorale.
01:15Mais voilà que l'Arcom s'en mêle.
01:17Non contente d'infliger un contrôle tatillon du temps de parole sur les télévisions et les radios,
01:22elle envisage de créer des nouvelles règles pour contrôler ses podcasts politiques.
01:27Après tout, pourquoi les formats en ligne ne seraient-ils pas soumis aux mêmes règles que les médias audiovisuels traditionnels
01:32?
01:32J'entrerai même pas dans le débat sur l'attribution des fréquences,
01:35car je trouve déjà que le rôle de l'Arcom est trop important sur les médias traditionnels.
01:40Il est normal que dans un temps de campagne présidentielle,
01:42les temps de parole des candidats officiels soient équilibrés dans la dernière ligne droite.
01:46Mais pour le reste, on devrait laisser la pleine liberté éditoriale.
01:50Alors, il y a quelque chose d'intéressant qui se passe,
01:52puisqu'en réalité, les podcasts sont déjà pluralistes.
01:55L'Institut Hexagone a montré que les quatre principaux podcasts politiques,
01:59qui ont des invités politiques,
02:01Thinkerview, Legend, Le Crayon et Chezira,
02:04donnent la parole en réalité à tout le monde,
02:06de Mathieu Pigasse à Charles Laloncle,
02:07en passant par Jean-Philippe Tanguy ou Sophia Shikirou par exemple.
02:11Ça montre que quand le marché est libre,
02:14quand il n'est pas contrôlé,
02:15finalement, la liberté éditoriale parvient à un résultat
02:18conforme aux attentes de l'électorat.
02:21Mais alors, pour revenir à l'Arcom,
02:22que révèle selon vous cette volonté de contrôle ?
02:25Tout cela trahit une vieille volonté de contrôle de la liberté d'expression
02:29de la part d'élites progressistes effrayées
02:31de perdre le monopole du récit.
02:34On peut rapprocher d'ailleurs ce ballon d'essai de l'Arcom
02:36de celui lancé par le député Renaissance Paul Midy il y a quelques mois.
02:40Rappelez-vous, il avait lancé l'improbable idée
02:42de garantir le pluralisme de pensées et d'opinions sur les réseaux sociaux.
02:45Oui, il voulait contrôler le temps de parole politique
02:47sur TikTok, Snapchat, Twitter et compagnie.
02:50Bon courage.
02:51Composition complètement stupide.
02:52Mais tout cela cache quand même une infantilisation du citoyen,
02:55de l'auditeur, du téléspectateur.
02:57On ne lui fait pas confiance pour se faire un avis,
02:59pour prendre de la distance envers ce qu'il écoute ou ce qu'il regarde.
03:02On suppose qu'il est manipulé par les grands méchants algorithmes.
03:06Rappelons d'ailleurs que l'influence en ligne
03:08ne signifie pas forcément l'influence électorale.
03:10Prenez par exemple David Lysnard.
03:12Il cartonne sur les réseaux sociaux.
03:13Il parvient à imposer son image, ses slogans.
03:15Il fait un nombre de vues incroyable
03:17sans que pour l'instant, je dis bien pour l'instant,
03:19cela se traduise dans les sondages
03:21par une véritable intention de vote.
03:23A l'inverse, Édouard Philippe,
03:24qui est le grand favori de la présidentielle après Marine Le Pen,
03:27peine à réunir à peine 70 000 vues sur Youtube
03:30pour sa vidéo où il explique sa réforme des retraites.
03:33On voit bien que la fabrique de l'opinion
03:35est une machinerie bien plus complexe
03:37que ne le pensent nos régulateurs
03:38assoiffés d'étendre leur pouvoir.
03:40Signature européenne, Eugénie Bastier.
03:42Merci beaucoup Eugénie.
03:43Dans un instant, Julia De Funès,
03:45Olivier Delagarde et Pascal Praud.
03:47A tout de suite.