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  • il y a 13 heures
Au lendemain d'une mobilisation massive dans les rues, l'attitude des jeunes mobilisés sera scrutée de près mercredi, journée test pour le gouvernement qui tente de ramener le mouvement dans les établissements et d'apaiser une crise qui s'étire. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et candidat à l'élection présidentielle, était en direct sur BFMTV.

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Transcription
00:00Et nous allons en parler avec un candidat à la présidentielle. Bonsoir Fabien Roussel.
00:04Bonsoir Sonia Marrou.
00:05Merci de votre présence ce soir. Candidat communiste à la présidentielle, secrétaire national du PCF.
00:11Le Premier ministre fait face, et la France également, à de multiples crises, M. Roussel.
00:16Colère lycéenne, crise du pouvoir d'achat, mur de la dette.
00:19Est-ce que sa réponse ce soir est à la hauteur de tels enjeux, de telles souffrances et de telles
00:24colères au pluriel ?
00:27Non, franchement. On sent que ça bouge un petit peu sous la pression du mouvement lycéen.
00:32Mais comme l'a dit en un mot un jeune parmi ceux que j'ai rencontrés juste avant de rentrer
00:38sur votre plateau,
00:38parce que vous avez une émission avec eux après, je leur ai demandé, alors c'est quoi ?
00:42Qu'est-ce que vous en pensez des annonces du Premier ministre ? C'est bidon. Voilà, c'est bidon.
00:47Vous le reprenez à votre compte également ?
00:49Oui, je le reprends parce que j'avais, c'est bien résumé, c'est ce sentiment-là que j'ai,
00:53parce qu'ils manifestent maintenant depuis un moment, c'est parti du Val-de-Marne, du Créteil à la mi
00:59-septembre,
01:00ça fait qu'un jour que ça dure, et ils ont des revendications concrètes.
01:04Ils ont même mis des chiffres, ils parlent de 10 milliards d'euros,
01:08dedans il y a la rénovation des établissements,
01:10et c'est quand même la moindre des choses qu'ils puissent apprendre dans des conditions dignes.
01:15Et le Premier ministre renvoie au budget, au débat budgétaire,
01:22mais sans même dire qu'il a l'intention d'inscrire dans les budgets de l'éducation nationale
01:29les moyens qu'il faut, ni d'augmenter les budgets des collectivités, notamment les régions,
01:35pour pouvoir faire ce plan de rénovation du bâti, ce que nous demandons.
01:39Donc, c'est dur, parce que le gouvernement, le Premier ministre, j'ai le sentiment qu'il a quand même
01:44entendu,
01:45puisqu'il a retenu les 5 priorités, Parcoursup, il a bien compris que c'était rejeté,
01:51le bâti, les bâtiments qu'il faut refaire, il l'a entendu,
01:54mettre des profs dans chaque classe quand il n'y en a pas, c'est quand même le minimum.
01:59Et donc, les points sont identifiés, les aménagements du temps scolaire,
02:03et les actes.
02:04Mais derrière, le problème c'est qu'il n'y a rien derrière.
02:08Et donc, ces jeunes, ils manifestent depuis des semaines,
02:11ils sont mobilisés en masse, nombreux, s'il n'y a rien derrière.
02:14C'est terrible.
02:15Mais comment peut-on répondre à des revendications légitimes, bien sûr,
02:19mais avec un État, au pied du mur de la dette, des caisses vides,
02:22un pays qui va finir lanterne rouge en Europe et les poches trouées ?
02:28Mais, je ne sais pas, moi, mais enfin, quand...
02:30Non, mais...
02:31C'est la vraie situation.
02:33Non, mais si, je sais.
02:34Non, je sais que vous avez des propositions, mais vous reconnaissez que le diagnostic est réel ?
02:37Oui, mais si nous considérons que nos enfants, la jeunesse, est une priorité nationale,
02:45si nous considérons que c'est l'avenir de la France,
02:48si nous sommes tous d'accord pour dire qu'apprendre dans des bâtiments qui fuient,
02:53ou avec des ramorts, qu'apprendre sans prof devant nous, c'est impossible.
02:59Mais on ne tortille pas, on ne se dit pas qu'il n'y a pas d'argent, on ne
03:04se dit pas comment on va faire.
03:05On fait, on trouve des solutions.
03:07Et c'est pour ça que je lance cet appel, j'ai lancé cet appel à un pacte pour notre
03:13jeunesse,
03:14un pacte qui doit rassembler toute la nation.
03:16On doit tous se dire que nous allons trouver des solutions, car ce sont nos enfants, c'est notre avenir.
03:22Et c'est avec eux qu'on va reconstruire la France.
03:24Un pacte pour la jeunesse, un pacte pour les paysans, un pacte pour les services publics.
03:28Car pardonnez-moi, il faut bien faire les hiérarchies, mais ça fait mal de faire les hiérarchies.
03:32Quand les paysans souffrent, pourquoi alors ne pas débloquer la même enveloppe ?
03:35Vous avez raison.
03:35Quand les services publics sont à l'os, pourquoi ne pas débloquer la même enveloppe ?
03:38Je vais aller les voir demain au sommet de l'élevage, justement, les paysans,
03:43pour discuter avec eux des problèmes qu'ils rencontrent.
03:46Suite à la canicule, il n'y a pas de foin pour nourrir les bêtes.
03:50Ils sont eux aussi dans l'extrême difficulté.
03:54Et puis, au début de l'année scolaire, c'était les policiers qui manifestaient.
03:59Et combien de milliards pour eux ?
03:59Et les pompiers, M. Roussel ?
04:03C'est un plan Marshall qu'il faut, en fait.
04:06Pour tous, pour tout le monde.
04:07Mais il faut qu'on fasse nos priorités.
04:10Et c'est nous, nous disons que nous avons des priorités, des choix à faire.
04:13Et par exemple, moi, je ne suis pas d'accord pour qu'on augmente de 6 milliards d'euros le
04:18budget des armées.
04:20Et je préfère que l'on augmente le budget.
04:22Je ne suis pas d'accord que l'on...
04:23C'est une vraie question.
04:24C'est-à-dire dans une situation de conflit, de tension géopolitique, vous dites...
04:28Nous faisons des choix.
04:28Je dis que le budget des armées, il est déjà conséquent.
04:33Je préfère que l'on augmente le budget consacré à nos enfants, à notre souveraineté alimentaire, à notre alimentation,
04:40plutôt que produire plus de bonnes, plutôt que le budget des armées.
04:44Vous avez trouvé la question directe.
04:45Mais à quoi servirait de protéger notre jeunesse et nos paysans si demain on est attaqué avec un budget militaire
04:50à l'os ?
04:50Je ne dis pas qu'il faut supprimer le budget des armées.
04:55Je ne dis pas que nous n'avons pas besoin d'armées, de défense nationale.
04:59Je suis au contraire soucieux de notre défense nationale et des conflits qu'il y a dans le monde.
05:04Comme nos jeunes.
05:05Et nous le disent ailleurs.
05:06Ils sont eux-mêmes très inquiets de ce qui se passe dans le monde.
05:08Et ils demandent qu'on écoute aussi ce qu'ils disent.
05:10Il n'y a pas que des problèmes de bâtiment.
05:12Il n'y a pas que des problèmes d'enseignement.
05:14Il y a un problème d'autorité ?
05:16Non, non.
05:16Ils veulent aussi qu'on les entende.
05:18Il n'y a pas de problème d'autorité à l'école.
05:19Non, laissez-moi finir.
05:21Ils veulent qu'on entende leur inquiétude par rapport à l'état du monde,
05:25par rapport à l'état de guerre permanent,
05:27par rapport aux conflits qui se développent,
05:28que ce soit au Moyen-Orient, en Palestine.
05:31Ils ont été heurtés que la France n'ait pas agi dans ce domaine.
05:35Il y a tout.
05:36Attendez, pardonnez-moi.
05:36Il y a les classes chauffées, les classes qui sont trop froides.
05:38Mais bien sûr, il y a tout ça.
05:39La cause palestinienne, attendez-moi, pardonnez-moi.
05:41Une question quand même.
05:42Elle est légitime, évidemment.
05:44Ces jeunes ont le droit à porter tout leur combat.
05:47Mais vous avez vu ce qui s'est passé à Carpentras ?
05:49Quand il y a quand même des propos,
05:53en tout cas des actes à caractère antisémite,
05:54la ville a porté plainte.
05:55Mais quand il y a des propos à caractère antisémite,
05:59on porte plainte.
05:59Il n'y a pas d'état d'âme.
06:00C'est comme quand il y a des violences à l'encontre des personnes,
06:03des policiers, des enseignants, etc.
06:05On condamne.
06:06Mais quel rapport entre la cause palestinienne qui est légitime
06:08et les revendications lycéennes ?
06:10C'est que les jeunes, il faut les écouter dans tout ce qu'ils ont à dire.
06:15Ils ont des revendications légitimes concernant leurs conditions d'enseignement,
06:21d'accès aux connaissances.
06:22Et c'est la priorité des priorités.
06:25Mettons-nous d'accord pour créer le budget qu'il faut.
06:27D'ailleurs, je fais notre proposition.
06:30Je l'ai formulée hier dans la conférence de presse
06:32où j'ai présenté mes propositions pour la jeunesse.
06:35Pour restaurer le bâti, notamment,
06:38permettant aux départements et aux régions qui gèrent les collèges et les lycées,
06:42et je vais même dire aux communes qui gèrent les écoles primaires,
06:46il faut nous permettre de pouvoir emprunter à taux zéro, voire négatif,
06:50pour pouvoir faire ces investissements sur cinq ans.
06:53Tout ça, ça se planifie.
06:54Et la deuxième chose, ils ont aussi des préoccupations
06:57concernant le climat et l'international.
07:00Comment on ne peut pas résoudre d'un coup de baguette magique
07:02ce qui se passe avec M. Poutine ou M. Trump ?
07:04Je ne dis pas qu'ils demandent à ce que ce soit résolu d'un coup de baguette magique.
07:08Oui, tout le monde voudrait un monde de paix.
07:09Mais il faut l'entendre.
07:11Mais il faut l'entendre, parce que justement,
07:13quand on fait le choix d'investir dans l'armée, dans les bombes et dans la guerre,
07:17eux, ils disent arrêtez, commencez par investir dans l'école.
07:20Vous parlez du bâti.
07:22Commençons par investir dans l'école.
07:23Vous parlez du bâti.
07:24Oui, expliquez-moi.
07:25Quand on dénonce la vétusté des établissements, pourquoi on les brûle ?
07:30Ah, mais enfin, Sonia Mabrouk.
07:32Il y a eu quelques cas, quelques exemples, quelques incidents.
07:36Ça vaut pas mal au cœur de voir des bâtiments neufs, des établissements neufs brûlés.
07:40Mais nous avons tous...
07:41Les mêmes qui demandent plus de moyens ?
07:42Je n'ai entendu aucun élu, aucun responsable politique soutenir,
07:47soutenir des dégradations, des lycées qui ont été brûlés.
07:52Personne ne soutient ça.
07:53Ce sont des bâtiments publics.
07:55C'est là-dedans que nos enfants apprennent.
07:56Et vous le condamnez sans réserve.
07:58Mais bien sûr.
07:59Mais tout le monde l'a condamné.
08:01Et d'ailleurs, on est bien passé à autre chose aujourd'hui.
08:03Aujourd'hui, il n'y a personne qui légitime cette violence.
08:06Nous la condamnons.
08:09Personne qui...
08:09Monsieur Roussel.
08:10Écoutez, moi je vais parler pour moi.
08:13Je ne légitime aucune violence.
08:15C'est vous que j'interroge ce soir.
08:16Je ne légitime aucune violence.
08:18Et aujourd'hui, ce qui est bien, c'est qu'après la manifestation d'hier,
08:22nous avons vu que ces lycéens, ces lycéennes manifestent pacifiquement
08:27avec des mots d'ordre, qu'ils l'expriment.
08:30Et qu'il y a derrière des organisations de jeunesse
08:32qu'il faut écouter, qu'ils les représentent.
08:35J'invite les jeunes à rejoindre ces organisations de jeunesse
08:38parce qu'on a besoin de représentants.
08:39C'est comme dans les entreprises, on a besoin de syndicats.
08:41Comme dans le pays, on a besoin d'être parti.
08:43Et il faut reconnaître, quand il y a des syndicats,
08:45quand il y a des parents, ça se passe bien.
08:47Mais il faut aussi parler, on va parler des revendications
08:50et on l'a fait, quand ça se passe mal,
08:52parce qu'on a aussi des policiers qui sont fatigués,
08:54pour certains, exténués.
08:56Je sais que vous faites la part des choses
08:57quand il y a une violence dont la cible est un lycée,
09:01vous le dénoncez.
09:01Et quand il y a une violence dont la cible est un policier,
09:03vous le dénoncez aussi.
09:05Nous sommes d'accord.
09:05Mais bien sûr.
09:06Mais alors pourquoi dans ce pays,
09:07tout le monde n'arrive pas à le faire, monsieur ?
09:09Donc interrogez-les, les autres.
09:11Mais vous ne trouvez pas que ça dit beaucoup de choses
09:13dans notre société ?
09:13La société, de toute façon, est malade.
09:18Malade notamment d'une violence
09:21qui s'installe partout.
09:23Elle s'installe partout.
09:24Parce que l'individualisme grandit.
09:27Parce que le chacun pour soi grandit.
09:28mais aussi parce qu'on a une société qui est violente
09:33et des responsables...
09:34Enfin, un État qui est violent.
09:36Et je le dis...
09:37Un État violent ?
09:38Oui, je le dis aussi.
09:39Quelle est la violence d'État aujourd'hui ?
09:40Je le dis quand...
09:42Je ne parle même pas de la politique de maintien de l'ordre
09:44qui devrait être remise en cause.
09:46Et le ministre de l'Intérieur, aujourd'hui,
09:49parle de proportionnalité.
09:49Il devrait remettre en cause
09:51la politique de maintien de l'ordre dans notre pays
09:53qui, même comparée par rapport à d'autres pays européens,
09:57est beaucoup plus violente.
09:59Elle provoque beaucoup plus de blessés.
10:01Et donc, ça, il devrait le revoir.
10:04Mais je parle de la violence de l'État.
10:05On suspend les grenades assourdissantes.
10:07Après, on fait quoi ?
10:08On enlève le LBD ?
10:09On enlève le CAQ ?
10:10On enlève le gilet pare-balles ?
10:11Je vous parle d'une violence de l'État
10:13quand des travailleurs s'usent au boulot
10:17et qu'ils ne peuvent pas vivre de leur salaire.
10:19Je vous parle d'une violence de l'État
10:21quand des mères de famille sont abandonnées
10:24et vivent dans le plus grand dénuement.
10:26Quand il n'y a pas de médecin pour se soigner.
10:30Quand on n'a pas accès au minimum vital
10:33pour élever ses enfants.
10:35La violence, elle est là dans notre société.
10:37Vous ne pouvez pas mesurer
10:38ce que ça peut produire comme colère.
10:40Et c'est de la même manière
10:42quand l'essence augmente à des prix
10:45qui fait que les gens se saignent aujourd'hui.
10:47Ou que des agriculteurs...
10:49Vous parlez d'une société égocentrique, individualiste.
10:51Il y a un mot que j'ai prononcé
10:53et que vous ne reprenez pas.
10:53Donc je veux savoir.
10:54Est-ce que vous pensez
10:55qu'il y a un manque d'autorité, d'encadrement ?
10:58Quand vous voyez malgré tout
10:59des policiers aussi
11:00qui sont attaqués,
11:01des pompiers et des professeurs,
11:03on voit bien que c'est un uniforme
11:04des représentants de l'État.
11:05Pour moi, c'est un manque de repères.
11:07C'est des repères qui manquent dans notre société.
11:09Si ce n'est l'autorité du professeur,
11:12l'autorité des parents...
11:13Mais c'est un ensemble.
11:14Les repères, c'est des droits et des devoirs.
11:16C'est une république qui respecte tout le monde
11:18et qui écoute.
11:19Mais bien sûr.
11:20Mais c'est pour ça que je ne veux pas parler
11:21que d'autorité.
11:22Bien sûr que l'autorité est nécessaire,
11:24tout comme les règles sont nécessaires.
11:25C'est ce qui nous permet de vivre en société.
11:28C'est ce qui permet d'appréhender
11:30ceux qui ne les respectent pas
11:32et de nous faire vivre ensemble.
11:34Mais c'est un ensemble de choses.
11:35Et c'est pour ça que je vous parle
11:37de repères et de valeurs.
11:39Et que je vous parle de république
11:40qui doit nous permettre de vivre ensemble.
11:42Et la république.
11:43La république, elle est là pour protéger.
11:45Vous pouvez me parler d'autorité.
11:46Je vais vous parler de protection.
11:48Nos enfants...
11:49C'est vous qui avez parlé de droits et de devoirs.
11:51Mais nos enfants ont besoin
11:52d'être protégés aujourd'hui.
11:53Ils ont besoin d'être...
11:54De qui ? Quel est l'ennemi ?
11:55Mais de protéger...
11:57Qui est l'ennemi dans la rue ?
11:58Mais quand ils sont dans des établissements
12:00qui ne leur garantissent pas
12:03d'avoir accès aux connaissances décemment.
12:05Quand ils n'ont pas de professeurs.
12:06Quand ils sont livrés à eux-mêmes
12:08dans la nature
12:09pour passer leurs épreuves.
12:11Comment il faut ?
12:11Pour moi, ils ne sont pas protégés.
12:13La nation ne les protège pas.
12:15Et quand ils sortent de leur lycée
12:17pour manifester,
12:18pour exprimer...
12:19Ils ont des parents, M. Roussel, ou pas ?
12:21Mais ils se font charger par la police.
12:24Il n'y a pas de responsabilité.
12:25Depuis tout à l'heure,
12:26on a l'impression que vous parlez
12:27d'enfants sans parents.
12:28Nous sommes d'accord qu'ils ont des parents.
12:30Oui, bien sûr.
12:32Il y a une responsabilité ou pas des parents ?
12:33On vous dit droit et devoir.
12:35Quel est le devoir d'un parent aujourd'hui
12:37quand son enfant est mineur ?
12:39Il y a une grande responsabilité des parents
12:41sur leurs enfants.
12:43Mais parlons de la grande inquiétude des parents
12:45sur l'avenir de leurs enfants.
12:47Parlons-en.
12:48Il y a aujourd'hui un sondage
12:50qui rappelait que 80% des parents,
12:53un sondage qui date de l'année dernière,
12:5580% des parents sont inquiets
12:57pour l'avenir de leurs enfants.
13:00inquiets déjà sur la manière
13:01dont ça se passe à l'école,
13:02du plus jeune âge,
13:03mais inquiets pour leurs études,
13:05inquiets à la place de leurs enfants
13:06sur Parcoursup,
13:07qui est l'algorithme
13:08qui tue beaucoup d'espoir.
13:10De l'injustice.
13:11Parlons de l'inquiétude des parents
13:12par rapport à leurs enfants.
13:14Et c'est d'abord ça,
13:15aujourd'hui,
13:16qui étreint tout le monde.
13:17Combien de parents
13:18se saignent les veines
13:19pour payer des études
13:21à leurs enfants
13:21quand ils doivent avoir
13:23un logement
13:23à 500-600 kilomètres
13:25de chez eux ?
13:25Est-ce que vous mesurez
13:26cette violence-là,
13:28justement,
13:28que des parents,
13:29aujourd'hui,
13:29n'aient pas la possibilité
13:31de payer les études
13:32de leurs enfants ?
13:32Est-ce que vous mesurez
13:33que ces parents-là
13:34ne vont pas voir leurs enfants
13:35retourner à l'école
13:36parce que d'autres parents
13:37ont laissé d'autres enfants
13:39violentés,
13:40cassés ou brûlés ?
13:41Est-ce que ces parents-là
13:42doivent payer
13:42pour les actes
13:43par des marques ?
13:44Je fais bien la différence,
13:46M. Roussel.
13:47Vous pouvez toujours
13:48me ramener à ça,
13:49mais ce n'est pas
13:49parce que des individus isolés...
13:51La plupart des Français,
13:52dans un sondage,
13:53sont pour le principe
13:54du casseur payeur par vous ?
13:55Mais c'est inscrit
13:56dans la loi
13:57et c'est déjà possible.
13:58Le code civil,
14:00aujourd'hui,
14:00je ne l'ai plus en tête,
14:01je l'ai dit dimanche,
14:02ici, sur votre plateau,
14:04article 1242
14:05du code civil,
14:07les parents
14:08peuvent être tenus responsables
14:09et payer
14:11pour des enfants mineurs
14:12en cas de dégradation.
14:13C'est possible,
14:14la loi le prévoit.
14:15Donc,
14:16on peut toujours regarder
14:17les individus,
14:18les cas isolés.
14:20Cette jeune policière
14:21qui a été mise à terre
14:22par quatre hommes
14:24et battue,
14:24c'est honteux.
14:25Et d'ailleurs,
14:26je réagis en féministe
14:27en disant ça.
14:28C'est honteux,
14:28c'est barbare.
14:29Voilà.
14:29Quatre hommes,
14:30c'est lâche.
14:30Qui tombent sur une femme
14:31policière,
14:32c'est lâche.
14:32Donc, vous voyez,
14:34j'ai les mots qu'il faut
14:35pour dénoncer ça.
14:36Mais si on ne regarde
14:38que ça,
14:38on regarde par le petit bout
14:40de la lorniette,
14:40excusez-moi.
14:41Donc ça,
14:41c'est pour le dire
14:41aux responsables,
14:42au gouvernement également.
14:44Mais bien sûr,
14:44le malaise,
14:45il est profond.
14:46Moi,
14:46c'est ça que je veux
14:47exprimer
14:50comme colère.
14:51C'est que le malaise,
14:52il est profond.
14:52On a un devoir
14:54de responsabilité,
14:55vous,
14:56comme moi,
14:57de comprendre
14:58ce qui se passe
14:59et d'apporter des réponses.
15:00Et moi,
15:00en tant que responsable politique
15:02et même candidat
15:03à l'élection présidentielle,
15:04j'ai aussi le devoir
15:06et la responsabilité
15:07d'apporter des réponses.
15:08Si on n'apporte pas
15:09de réponses
15:10à cette jeunesse,
15:11c'est ça qui m'inquiète.
15:12Quelles conséquences ?
15:12Si on n'apporte pas
15:13de réponses à cette jeunesse...
15:14Ce soir, vous vous dites
15:14qu'il n'y a pas eu
15:15de réponses politiques.
15:16Vous vous posez la question
15:17quelles conséquences ?
15:17On les envoie où ?
15:19Dans le mur ?
15:21Qu'est-ce qu'il leur reste
15:23demain
15:24comme moyen
15:25pour s'exprimer
15:26et se faire entendre ?
15:27Je pose tout simplement
15:29la question.
15:29Alors parlons
15:29de responsabilité politique.
15:31C'est pour ça
15:31que nous devons,
15:32nous leur devons,
15:34nous leur devons
15:35de trouver des réponses.
15:37Nous avons l'obligation
15:38de trouver des réponses.
15:39Et en ce moment,
15:40c'est un gouvernement
15:41qui est au pouvoir.
15:42Vous estimez que ce soir,
15:43c'est bidon
15:43pour reprendre
15:44ce que vous a dit
15:45l'un des jeunes
15:46qui participera tout à l'heure
15:47à notre émission spéciale.
15:49Est-ce que vous rendez responsable
15:52tous les ministres de l'éducation ?
15:53Vous avez entendu le dire.
15:54Ils se sont succédés,
15:56qui ont pour beaucoup réformé.
15:58Est-ce que vous dites
15:59messieurs, dames,
16:00vous êtes responsable
16:01de cette déshérence ?
16:03Oui, bien sûr.
16:03Les huit ministres de l'éducation,
16:05huit ministres en neuf ans,
16:06huit ministres en neuf ans,
16:08ils ont une longue responsabilité
16:10parce que pas un n'a pris
16:12l'ampleur,
16:13la mesure de la crise
16:15et donc,
16:16ils ont même fait des réformes
16:18à contre-courant
16:19telles que Parcoursup,
16:20ils ont continué de supprimer
16:21des profs
16:21alors qu'il fallait en embaucher.
16:23Vous savez ce que ça représente ?
16:2415 millions d'heures
16:25de cours sans prof.
16:2715 millions d'heures
16:29sans prof.
16:30C'est 24 000 embauches
16:33d'enseignants
16:33qu'il faut faire.
16:34Donc, il ne faut pas en supprimer.
16:35Il faut en embaucher.
16:37Il faut en embaucher,
16:37déjà rien que pour ça,
16:3924 000 enseignants.
16:41Ils font en trouver
16:41qui aillent partout,
16:42y compris dans des quartiers
16:44qu'ils jugent difficiles eux-mêmes.
16:46Tout à fait.
16:47Vous me dites,
16:48le gouvernement
16:49ne prend pas
16:50l'ampleur de la mesure.
16:51C'est vrai.
16:52Il nous renvoie au budget.
16:53C'est vrai.
16:54Eh bien, je demande
16:55à ce que l'ensemble
16:57des forces politiques
16:58dans ce budget,
17:00mettent les moyens
17:01qu'il faut
17:02pour que, demain,
17:03il y ait des travaux
17:04dans les établissements,
17:05il y ait des profs embauchés
17:06et qu'on remette en cause
17:08Parcoursup
17:10et qu'il y ait des places
17:11dans nos facultés.
17:1124 000 professeurs.
17:13Il faut les trouver.
17:13Il faut pouvoir les répartir
17:14là où il y a les besoins.
17:16Vous savez bien
17:16que ce n'est pas un claquement de doigts,
17:17mais vous le savez.
17:18Donc, il n'y a pas besoin
17:18de le préciser.
17:19Mais ça se planifie.
17:20Alors, justement.
17:21Mais ça se planifie.
17:21Parlons d'anticipation.
17:22Ça s'écrit.
17:24Ça se planifie.
17:25Ça s'organise.
17:25Mais le dire.
17:27Dire aujourd'hui,
17:28nous allons embaucher
17:29suffisamment de profs
17:31pour qu'il n'y ait plus
17:32d'élèves sans profs.
17:33Voilà.
17:34Le dire.
17:34Et on va le planifier.
17:35Donc, on va les former,
17:37les embaucher.
17:38Répondre à l'absentéisme.
17:39Répondre à ceux qui,
17:40pour des questions
17:41parfois évidentes,
17:42ne vont pas dans certains quartiers
17:43et certaines classes
17:44parce qu'ils ne le supportent pas
17:45et qu'ils sont en burn-out.
17:46Et tous ces profs
17:47qui sont envoyés en formation
17:49sans arrêt,
17:50à droite, à gauche
17:50et qu'on ne remplace pas.
17:51Mais moi,
17:52j'ai reçu les élèves
17:53de chez moi,
17:54de ma ville.
17:54Ils m'ont raconté
17:56depuis le début de l'année.
17:58Il y en a qui sont
17:58sans prof de maths.
18:00Et ils ont le bac.
18:02Comment ils font ?
18:03Comment ils font ?
18:04Enfin, on entend ça.
18:06Comment peuvent-ils passer
18:07des diplômes
18:08s'ils n'ont pas de prof
18:10pendant 2, 3, 4 mois ?
18:12Vous estimez que c'est...
18:14Vous faites attention au mot.
18:16Vous pouvez dire
18:17que c'est l'absentéisme des profs.
18:18C'est de la responsabilité
18:19du ministre de l'Éducation nationale.
18:21On dirait que c'est criminel
18:22ce qui a été fait,
18:22entre guillemets.
18:23Ah, mais pour moi, oui.
18:25Criminel ?
18:26Oui, on est en train
18:27de tuer notre jeunesse.
18:28Vous avez parlé
18:29de tribunal populaire.
18:30Oui, on est en train de...
18:32Mais parce que je...
18:33Parce que certains vous diraient
18:34les procès de Moscou,
18:35c'est pas loin, monsieur.
18:36Non, mais j'y suis allé fort.
18:38Mais parce que j'ai trouvé honteux
18:40que l'on mette au tribunal
18:44les enfants et les parents
18:46comme s'ils étaient responsables
18:49de tout.
18:51On ne mesure pas,
18:52vraiment, j'ai l'impression
18:53que dans ce pays,
18:53on ne mesure pas la crise
18:54qui existe avec nos enfants
18:57et la douleur
18:58qu'ils expriment.
18:59Ce n'est pas un mouvement social,
19:02un mouvement de jeunesse
19:03contre une réforme.
19:05c'est un mouvement de jeunes
19:06qui veulent justement
19:08des moyens supplémentaires.
19:09Ils ne s'opposent pas
19:10à une mesure.
19:11Ils demandent
19:12à ce qu'on s'occupe d'eux
19:13et à ce qu'on les écoute.
19:14Et si on ne le fait pas,
19:16eh bien, on risque
19:18de faire encore plus de mal
19:20à cette jeunesse
19:21qui ne demande qu'une chose,
19:22c'est apprendre.
19:23Apprendre et participer
19:25à la vie de notre pays.
19:26Je rappelle que
19:26le Premier ministre a dit
19:28qu'il n'y avait pas
19:29d'instruction d'affronter
19:31les lycéens,
19:32que le ministre de l'Intérieur,
19:33là je reviens sur l'aspect sécuritaire
19:35à un moment,
19:36affirme qu'il y a
19:36une proportionnalité,
19:37que les grenades
19:38à surdescendre
19:39ont été suspendues
19:40en tous les cas
19:40le temps de ce mouvement.
19:41Il faut faire davantage
19:43pour vous ?
19:44Oui.
19:45Oui, il faut interdire
19:46les grenades
19:46contre nos enfants.
19:48Il faut interdire le LBD.
19:50On ne tire pas de LBD
19:52contre nos enfants.
19:52Alors, on pose action.
19:53Qu'est-ce qui doit rester
19:54un policier pour qu'il...
19:55On ne tire pas de LBD
19:56contre nos enfants.
19:57On ne tire pas de grenades
19:59contre nos enfants.
20:00Qu'est-ce qui doit rester
20:01un policier
20:01pour qu'il se défende
20:02si on reçoit ?
20:03On met en œuvre
20:03une politique
20:04de maintien de l'ordre.
20:05On met en œuvre
20:06une politique
20:07de maintien de l'ordre
20:08qui protège
20:09les manifestants.
20:10Pas d'intervention.
20:11Qui protège
20:12les manifestants
20:12qui veulent manifester,
20:14qui les isolent
20:15de ceux
20:16qui sont là
20:16pour casser.
20:17On appréhende
20:18ceux qui cassent,
20:19mais on a...
20:20Ça a l'air très facile
20:21sur le papier,
20:21M. Roussel.
20:22C'est-à-dire,
20:22vous voulez une police
20:23en partie désarmée
20:24qui ne va pas au contact,
20:26qui arrête les mauvais ?
20:27Je n'ai pas siégé
20:28à l'Assemblée nationale
20:29dans la commission
20:30qui traitait de ces questions-là.
20:31J'ai lu les rapports,
20:32en revanche,
20:32qui ont été faits.
20:33Pourquoi dans d'autres
20:34pays d'Union européenne,
20:35ça marche ?
20:35Pourquoi il y a des pays
20:36de l'Union européenne
20:37qui interdisent les LBD ?
20:39Voilà.
20:40Et nous,
20:40on fait partie
20:41de ceux minoritaires
20:42qui les utilisent.
20:42Pourquoi il y a des pays
20:44qui, justement,
20:45utilisent très rarement
20:46les grenades
20:47et nous,
20:47nous sommes le pays
20:48qui les utilisons le plus ?
20:50Pourquoi ?
20:50Eh bien,
20:50parce qu'il y a une politique
20:51de maintien de l'ordre
20:52dans notre pays
20:53qui est très répressive.
20:54Une violence aussi
20:55de l'autre côté ?
20:56Ou pas du tout ?
20:56Regardez les mouvements sociaux
20:59dans tous les pays.
21:00Vous n'avez jamais vu
21:01dans tous les pays,
21:02là, d'Europe,
21:03justement,
21:04face à l'inflation,
21:05face à la pauvreté
21:06qui augmente,
21:07la colère qui s'exprime
21:08partout parce que
21:08ça commence à bouillir,
21:11justement,
21:11des politiques de maintien
21:12de l'ordre
21:13qui sont différentes.
21:13Donc,
21:14inspirons-nous...
21:14Pas de grenade,
21:15pas de LBD ?
21:17Quel outil
21:17a la disposition
21:18d'un policier ?
21:18Je demande
21:19à ce que notre politique
21:20de maintien de l'ordre
21:21soit revue.
21:22Maintenant,
21:22je vous ai dit
21:22que je n'étais pas
21:23un spécialiste de la question,
21:24mais je sais qu'ailleurs,
21:25ça se fait autrement
21:26et je demande
21:27qu'elle soit réinterrogée.
21:28Et la politique
21:29de maintien de l'ordre,
21:32elle doit garantir
21:33le droit de manifester,
21:35la protection des biens
21:35des personnes
21:36et puis,
21:37bien sûr,
21:37la protection des premiers
21:39à garantir l'ordre,
21:40c'est les policiers.
21:41Fabien Roussel,
21:41le Premier ministre
21:42s'est exprimé également
21:43sur la crise énergétique
21:44et on va l'écouter
21:46avec cette annonce.
21:49Nous mettrons donc
21:5110 millions de barils de gazole
21:52issus de nos stocks
21:54à la disposition
21:55des distributeurs
21:56en France.
21:57Je signerai prochainement
21:59le décret permettant
22:00cette opération
22:01prévue pour durer
22:03trois mois.
22:03Nous allons les utiliser
22:05de manière nouvelle
22:06pour agir sur les prix.
22:07Le gazole concerné
22:09a été acheté
22:10avant la flambée
22:11des cours.
22:12Il sera mis à disposition
22:13au prix de revient
22:15de ces stocks,
22:15ce qui permet mécaniquement
22:16de baisser les prix
22:17à la pompe
22:18dans un ordre
22:19de grandeur évalué
22:20entre 12 et 18 centimes
22:22par litre de gazole.
22:24Vous l'aurez compris
22:25sur la crise énergétique,
22:26c'est l'action diplomatique
22:27qui est louée
22:28et puis ces 10 millions
22:29de barils
22:30qui entraîneraient
22:31mécaniquement
22:32une baisse
22:32de 12 à 18 centimes.
22:34On parle du gazole.
22:36Marine Le Pen
22:36s'est réjouie,
22:37affirmant qu'en partie
22:38on écoute
22:39sa proposition
22:40et vous-même ce soir ?
22:41En partie,
22:42le Premier ministre
22:43écoute cette proposition
22:45que j'avais faite également.
22:46Bien sûr qu'il faut réduire,
22:48enfin qu'il faut pouvoir
22:49taper dans nos réserves.
22:51Je l'avais exprimé
22:51lors de la première crise
22:53au début de la guerre du Golfe,
22:55la guerre du Golfe,
22:56la guerre en Iran.
22:57En Iran.
22:59Puisqu'on a des réserves stratégiques
23:00dans lesquelles il est possible
23:01de puiser un peu,
23:02ça reste des réserves stratégiques.
23:03Je dis même
23:04que pour l'avenir,
23:06nous devrions envisager
23:07d'augmenter nos réserves stratégiques,
23:09non pas en cas de guerre,
23:11mais en cas d'inflation
23:13sur le prix du pétrole
23:16qui permettrait
23:16de pouvoir injecter
23:18de l'essence ou du carburant.
23:21En ayant des dépôts pétroliers
23:23plus nombreux dans notre pays
23:24et en en achetant
23:25dès que les cours sont bas.
23:26Auprès de quel pays ?
23:29D'abord,
23:30quand je l'écoute,
23:32Monsieur Lecornu,
23:33déjà je regrette
23:34une chose terrible,
23:36c'est que dans les années
23:362010-2015,
23:38on est laissé fermer
23:39des raffineries,
23:40on a laissé Total
23:40fermer ces raffineries,
23:41ce qui fait qu'aujourd'hui
23:42on dépend des pays
23:43à l'étranger,
23:44on raffine beaucoup moins
23:46en France
23:47et donc pour le diesel,
23:48on dépend notamment
23:49de la Russie
23:50mais qui,
23:51comme ces raffineries
23:52sont attaquées,
23:53a décidé de ne plus exporter,
23:54on dépend des Etats-Unis
23:55mais les Etats-Unis,
23:57Trump avec ses élections,
23:59il va fermer lui aussi
24:00les robinets.
24:01On va être,
24:02c'est pour ça que sa proposition,
24:04ça peut faire baisser
24:05les tarifs
24:05de 12 à 18 centimes,
24:07mais ma crainte,
24:08c'est que le diesel,
24:10le gazole,
24:11augmente d'autant
24:12dans les semaines qui viennent
24:13et qu'il y ait
24:14un risque de pénurie.
24:15Or,
24:16c'est là où on a
24:17une vraie difficulté stratégique
24:19parce que le diesel,
24:20on ne peut pas le remplacer
24:21dans les tracteurs,
24:22dans les camions
24:23et donc on va
24:24en avoir besoin.
24:25Je regrette
24:26que le gouvernement
24:27ait une aussi courte vue
24:29sur ce qui se passe,
24:31qu'il n'est pas
24:32plus anticipé.
24:33Quand ils nous ont réunis
24:34tout au début
24:35pour nous parler du conflit
24:36en Iran,
24:36ne vous inquiétez pas,
24:37ça va durer quelques semaines,
24:38en 20 jours,
24:40ce sera réglé
24:41et aujourd'hui...
24:42C'est ce qui vous a été dit ?
24:43Oui, bien sûr,
24:44puisque quand ils ont libéré
24:45des stocks
24:46à cette époque,
24:48ça va nous faire tenir
24:4920 jours
24:50et dans 20 jours,
24:50ce sera réglé.
24:52c'est un peu plus compliqué
24:53que ça,
24:54ce qui se passe,
24:55c'est extrêmement grave.
24:56C'est pour ça
24:57que j'appelle une nouvelle fois
24:58à ce que notre pays
25:00s'engage beaucoup plus offensivement
25:02dans une politique diplomatique,
25:04dans la diplomatie,
25:05dans la diplomatie
25:06qui nous permet
25:06de résoudre les conflits
25:07et qui ne soit plus alignée
25:09derrière les Etats-Unis
25:11qui, eux,
25:12vont jouer complètement
25:14leurs cartes
25:14et quand ils vont décider
25:16de ne plus exporter...
25:17Vous voulez vous aligner sur qui ?
25:18Quand ils ne vont plus...
25:19Mais la France a eu
25:20une politique désalignée.
25:21Elle était libre
25:22et indépendante
25:23et ça lui permettait
25:24justement d'avoir
25:25une voix beaucoup plus forte.
25:26C'était celle de De Gaulle
25:28et à l'époque,
25:29on était respecté.
25:30Nous sommes aujourd'hui
25:30le 7 octobre,
25:31Fabien Roussel,
25:32trois ans après la barbarie
25:33du Hamas,
25:34trois ans aussi
25:37avec des répercussions
25:38en France,
25:39avec un antisémitisme
25:41qualifié de décomplexé,
25:43des Français juifs
25:44qui retirent leur nom
25:45de boîte aux lettres,
25:45qui n'osent plus dire
25:46parfois leur nom également.
25:47Quel est le terreau
25:48de cet antisémitisme
25:49selon vous ?
25:50D'abord,
25:50aujourd'hui,
25:51c'est le 7 octobre.
25:52Donc,
25:52nous devons avoir
25:53une pensée
25:54pour les plus de 1200 victimes
25:58tués dans un acte
25:59de terrorisme barbare,
26:01un des pires de ce siècle.
26:04Un des pires,
26:04pas le pire,
26:05mais un des pires.
26:07Et d'abord,
26:09nous devons nous rappeler ça
26:10et dire que le terrorisme
26:14qui s'attaque à des victimes,
26:16des hommes,
26:16des femmes,
26:17des enfants,
26:17doit être condamné
26:19sans aucun état d'âme.
26:20Jamais ce sera un moyen
26:22pour faire entendre sa voix.
26:24Jamais.
26:25De l'autre côté,
26:26j'en profite pour dire
26:27que depuis,
26:28il y a un autre terrorisme
26:30qui sévit,
26:31c'est le terrorisme d'État
26:32d'un gouvernement
26:33d'extrême droite israélien,
26:34celui de M. Netanyahou.
26:36Je le dis vraiment,
26:37c'est un terrorisme d'État.
26:38Parce que quand,
26:41ce n'est pas justice
26:42qu'il a faite sur Gaza.
26:44C'est une forme,
26:45c'était de la vengeance au départ,
26:47on s'est dit,
26:48mais c'est pire que ça,
26:49c'est un génocide.
26:49Il a décidé de tirer
26:51d'un trait de plume
26:51le peuple palestinien
26:54et son droit d'exister,
26:55de vivre libre.
26:56Et là,
26:56ça va plus loin
26:57puisque dans les territoires
26:59occupés en Cisjordanie,
27:00son ministre de la Défense
27:02délivre des armes
27:04à des civils israéliens
27:06pour qu'ils aillent
27:07eux-mêmes
27:08faire la loi,
27:10tuer,
27:10tuer des Palestiniens
27:11qui vivent sur leur terre.
27:12C'est du terrorisme d'État.
27:14Oui, oui, oui.
27:15L'État d'Israël.
27:16Oui, le gouvernement,
27:18je qualifie
27:19le gouvernement israélien,
27:20je qualifie sa politique.
27:22Gouvernement élu démocratiquement.
27:23Je qualifie ce gouvernement
27:24de pratiquer...
27:25que c'est un gouvernement
27:26élu démocratiquement,
27:27M. Netanyahou ?
27:27Oui.
27:28Donc c'est le choix
27:29du peuple israélien.
27:29Je suis d'accord.
27:30Je qualifie ce gouvernement
27:31de pratiquer
27:34du terrorisme d'État.
27:34Mais c'est un peuple
27:35qui a choisi son Premier ministre.
27:37Donc il est responsable,
27:39selon vous,
27:39d'un terrorisme d'État ?
27:41Sonia Mabrou,
27:43depuis qu'il fait ça,
27:45il n'y a pas eu d'élection,
27:45il ne veut pas.
27:46M. Netanyahou,
27:47qu'il y ait d'élection.
27:48Est-ce qu'on est encore
27:49en démocratie là-bas ?
27:50Il ne veut pas d'élection.
27:52Israël n'est plus
27:52une démocratie ?
27:53Non, mais...
27:54Alors quel pays autour
27:55est démocratique,
27:56M. Rossel ?
27:57Mais vous êtes d'accord
27:58avec moi ?
27:58Ah, moi je vous pose
27:59des questions ce soir.
28:00Ah bah oui,
28:00mais c'est trop facile.
28:01Non mais vous êtes d'accord
28:02avec moi qu'il n'y a pas
28:02d'élection.
28:03Vous êtes d'accord avec moi
28:04Je ne m'engagerais pas
28:05en politique,
28:05mais dans ce cas-là
28:06pour vous retourner
28:06les questions.
28:07Aujourd'hui,
28:07je m'interroge,
28:08c'est encore le peuple.
28:09Puisqu'ils refusent
28:10qu'il y ait des élections.
28:12D'accord ?
28:12Alors, maintenant,
28:13depuis,
28:15ils ont bien délivré
28:17des armes
28:17dans les territoires
28:18occupés,
28:19en Cisjordanie,
28:20à des civils israéliens
28:22qu'ils font leur loi.
28:23C'est du terrorisme d'État
28:25et c'est extrêmement grave.
28:27Vous mettez en parallèle
28:28le terrorisme d'État israélien
28:30et le terrorisme du Hamas ?
28:32Je mets en parallèle
28:33le gouvernement israélien
28:34de M. Netanyahou
28:36et le groupe terroriste du Hamas.
28:38Oui.
28:38Ils sont en miroir
28:40en train d'abîmer leur peuple
28:41et de créer les conditions
28:43qu'il n'y ait pas de paix
28:44dans cette région du monde.
28:46Et justement,
28:46les voix de la paix israélienne,
28:48les voix de la paix israélienne
28:50des députés israéliens
28:51et les voix de la paix
28:53palestiniennes
28:53ne sont pas entendues
28:54parce qu'il y a en face,
28:56en miroir,
28:57des forces extrémistes
28:59qui s'affrontent
29:00et qui sèment la haine.
29:02Et les voix de la paix
29:02en France ?
29:03Lorsque la députée européenne
29:05Rima Hassan
29:06jette à terre,
29:07aurait jeté
29:08mais jette à terre
29:09puisque même son équipe
29:09confirme,
29:10un drapeau israélien
29:11dans le cadre d'une exposition
29:12en mémoire du 7 octobre,
29:13comment vous qualifiez cet acte ?
29:16J'en ai parlé,
29:17j'ai déjà répondu à ça.
29:19Moi, je fais la différence
29:21en ce jour-là.
29:22Je fais la différence
29:24avec les drapeaux
29:26qui représentent une nation.
29:29Quels que soient
29:31les gouvernements
29:31et les actes
29:34produits par ces gouvernements,
29:35un drapeau,
29:36c'est une nation.
29:39Vous condamnez ou pas,
29:40monsieur Roussaint ?
29:41On doit le respecter.
29:43On dirait que vous le dites
29:44du bout des lèvres.
29:45Oui, parce que...
29:47On jette à terre un drapeau,
29:48quel qu'il soit ?
29:49Je vais vous dire,
29:49parce que vous,
29:50vous m'interrogez là-dessus,
29:52mais est-ce que vous trouvez
29:52normal que la Commission européenne
29:55n'ait jamais pris
29:56une seule sanction
29:57contre le gouvernement israélien ?
29:58Est-ce qu'on jette un drapeau à terre ?
30:00Moi, je interroge
30:00un candidat à la présidentielle.
30:01Est-ce que c'est normal
30:02qu'on prenne des sanctions
30:02contre la Russie
30:04parce qu'elle envahit l'Ukraine
30:05et qu'on ne prenne pas
30:06de sanctions
30:06contre le gouvernement israélien
30:08parce qu'il rase Gaza ?
30:09Monsieur Roussaint,
30:09est-ce que vous ne trouvez pas
30:11qu'il y a du deux poids,
30:12deux mesures ?
30:13Est-ce que c'est normal
30:14qu'une eurodéputée jette
30:15un drapeau à terre ?
30:16Mais je vous ai dit
30:16que moi,
30:17je ne ferai pas ça.
30:18Mais de l'autre côté,
30:19quelque part,
30:20je comprends la colère
30:21qu'il peut y avoir
30:22contre l'institution européenne.
30:24Elle est légitime,
30:25la colère ?
30:25Contre l'institution européenne
30:27parce que cette institution européenne
30:29pratique le deux poids,
30:30deux mesures
30:30en matière de droit international
30:31et ça,
30:33excusez-moi,
30:33mais c'est incompréhensible.
30:35Et des jeunes lycéens,
30:36puisque je reviens dessus,
30:38le disent aussi.
30:39Ils s'intéressent à tout ça,
30:41nos jeunes.
30:41Et justement,
30:42ils ne se retrouvent pas
30:43dans un pays
30:44et une institution européenne
30:46qui ne fait pas respecter
30:47le droit international
30:48quand il s'agit du droit
30:50du peuple palestinien.
30:51Merci Fabien Roussel.
30:52Merci à vous.
30:52Candida à la présidentielle,
30:54merci d'avoir été notre invité
30:55ce soir.

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