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Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez est auditionné à l'Assemblée nationale, mercredi 7 octobre, à propos des mouvements lycéens et la question du maintien de l'ordre.
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00:00Merci beaucoup, M. le Président. Mesdames et Messieurs les députés, M. le Président, je dispose de combien de temps pour
00:06ce propos liminaire ?
00:07C'est le temps qui vous paraît juste et nécessaire. Je pense que pour la clarté du propos, il faut
00:12que ça soit synthétique pour qu'ensuite vous puissiez avoir les questions des orateurs.
00:15Très bien. Donc je vais présenter effectivement la gestion du maintien de l'ordre qui est mis en place depuis
00:22quelques jours maintenant, depuis plusieurs jours, sur la gestion du mouvement dit des lycéens.
00:27D'abord, vous dire que traditionnellement, nous avons eu et nous avons eu dans notre pays des mouvements de lycéens
00:36qui, en général, se déroulent devant les établissements scolaires et qui, de manière assez traditionnelle, se traduisent par des blocages
00:46totaux ou partiels.
00:49Et en général, le mouvement reste cantonné à l'établissement. En fonction des thématiques, on avait évidemment... Les thématiques ont
00:57pu varier pour ces mouvements de lycéens.
01:00Mais c'est quelque chose que nous avons évidemment l'habitude de gérer en lien très étroit, comme toujours, avec
01:06les responsables des communautés éducatives et notamment les responsables...
01:09D'abord, les préfets en lien très direct, évidemment, avec les directeurs des services académiques ou avec les recteurs. Et
01:15puis, au plan local, chaque responsable de police ou de gendarmerie avec les chefs d'établissement.
01:21Les choses, traditionnellement, se passent bien, que les choses soient dites. Les choses se passent bien dans la gestion des
01:26mouvements lycéens. En général, il y a des blocages.
01:29Quand le blocage est partiel, il n'y a jamais d'intervention des forces de sécurité intérieure. Il est possible
01:34que les forces se prépositionnent pour éviter des incidents.
01:37Les accès se font en général par des accès dits secondaires. Et puis, quand il y a des blocages totaux
01:42et que d'autres élèves, les enseignants, sont empêchés d'entrer dans les établissements,
01:48il peut y avoir, il peut y avoir en lien, toujours en lien avec le chef d'établissement, des interventions
01:53des forces de l'ordre pour procéder à ce qu'on appelle un déblocage,
01:56c'est-à-dire faire en sorte que l'ensemble des élèves qui souhaitent accéder au sein de l'établissement
02:01scolaire puissent y accéder.
02:04Et ça fait partie, d'ailleurs, des instructions régulières que nous adressons au préfet. Et c'est d'ailleurs les
02:09instructions qui avaient été adressées au préfet au début de notre mouvement.
02:14Traditionnellement, d'ailleurs, en milieu de matinée, ces blocages se terminent. Il arrive parfois que les élèves partent en déambulation
02:22sauvage dans le centre-ville ou sur l'espace public.
02:26En général, d'ailleurs, je tiens à le dire, les forces de sécurité intérieure les encadrent. Et quand il n
02:30'y a pas de dégradation, il n'y a pas d'intervention.
02:32Voilà. C'est comme ça que ça se passe. Il n'y a pas d'intervention dans les mouvements lycéens.
02:37Et donc, c'est la première vérité, évidemment, la première vérité à rétablir.
02:42C'est qu'il n'y a pas d'intervention des forces de sécurité intérieure face à des lycéens qui
02:46manifestent pacifiquement que les choses soient dites.
02:49Il n'y a pas d'intervention systématique. Même, il n'y en a pas quand les choses se passent
02:53pacifiquement.
02:54Et donc, je trouve qu'il est excessif de parler comme ça a pu l'être. Mais je pense que
02:58la question reviendra de répression policière d'un mouvement.
03:02Ça n'est pas le cas. Évidemment, traditionnellement, dans les mouvements lycéens, quand il y a des violences, les choses
03:09peuvent être...
03:10Il peut y avoir évidemment des interventions. Il faut entendre par violence des prises à partie des forces de l
03:13'ordre, des violences entre les élèves, etc.
03:17Dégradation contre les matériels, les biens, etc.
03:22Ça, c'est le premier point. Deuxième point. Le mouvement lycéen auquel nous sommes confrontés, il est un peu différent.
03:29Il est assez inédit, d'abord, par le nombre d'établissements qu'il touche. Je crois que le ministre de
03:33l'Éducation nationale a communiqué très régulièrement
03:35sur le nombre d'établissements qui sont concernés, par les participants aussi, qui sont plus nombreux que les mouvements que
03:42nous avons à constater d'habitude.
03:47Mais il est aussi inédit. Il est aussi inédit parce qu'il a basculé assez rapidement dans des violences qui
03:53sont graves, dans des violences graves.
03:56Je le dis à dessein. Il ne faut pas l'oublier. Il a basculé dans des violences qui sont très
04:02graves et dont je tiens d'ailleurs évidemment à disposition de la Commission
04:06la liste de l'ensemble des faits qui ont été constatés partout sur le territoire national.
04:12On a vu que le mouvement ne s'est pas cantonné seulement aux abords des établissements.
04:16ou quand il s'est cantonné aux abords des établissements, il a souvent, pas partout, mais il a souvent été
04:21accompagné de violences graves.
04:24Parmi ces violences, je voudrais en citer quelques-unes. Pardon, mais je vais quand même documenter ce que je vous
04:30dis,
04:30puisque quand avec le gouvernement et comme ministre de l'Intérieur, je vous dis que parfois on a basculé dans
04:36des scènes qui ressemblent plus à des scènes de violences urbaines
04:40que des scènes de manifestation, je pèse évidemment mes mots et je sais de quoi je parle.
04:47Donc je vais vous documenter famille par famille de débordements ce dont on parle.
04:54Il y a eu énormément de violences contre les personnels de l'éducation nationale.
04:58Énormément de violences contre les personnels de l'éducation nationale.
05:00Vous avez toutes et tous en tête les images de la Ciotat où un enseignant était aspergé d'essence,
05:05a reçu un coup de pied de la part d'un élève.
05:08Marseille, dans plusieurs lycées, enfin dans un lycée, un proviseur qui a été aspergé d'essence.
05:13Un autre victime de jet de pierre. D'ailleurs, il a été blessé au visage.
05:19Ou encore Rennes où des véhicules de personnel ont été incendiés.
05:25Je pense à Lille également. Une vidéo avait circulé.
05:28Ou un professeur également avait été agressé par des élèves à coups de pied dans le dos.
05:32Je pense à Toulouse également. Ou encore à Nice où deux personnels enseignants ont été blessés.
05:40Ça, c'est la première famille de violences qui sont assez inédites et qui sont assez inhabituelles en fait dans
05:45les mouvements lycéens.
05:47Qui sont même, je dois le dire, totalement inhabituels.
05:49La deuxième série, évidemment, de violences auxquelles on a constaté, c'est l'atteinte au symbole des institutions, symbole de
06:02l'État, symbole divers et varié.
06:05Je pense, pour vous donner un exemple, à Bordeaux, où on a tenté d'incendier la porte de l'hôtel
06:11de ville.
06:11À Marseille, où tout le monde a vu un véhicule des marins-pompiers qui a été pris à partie.
06:19Et d'ailleurs, un marin-pompier a été sérieusement blessé.
06:22Et évidemment, je tiens à votre disposition tout un tas d'autres exemples où on voit que le mouvement s
06:29'est enchaîné.
06:29Pour partie seulement. Je ne dis pas que c'est systématique.
06:32Mais pour partie seulement après une tournure qui a pu déborder sur de la violence envers les institutions, envers les
06:38bâtiments publics également.
06:39Je veux le redire. N'oublions pas qu'à Metz, un incendie s'est produit au sein d'un collège,
06:45qu'à Pessac, au sein d'un lycée, ont été dégradés des portails, des vitres.
06:51Le tramway qui passait à proximité étant un autre exemple.
06:55Donc une atteinte au bâtiment public.
06:58Je passe évidemment également sur l'incendie du lycée Nelson Mandela à Nantes.
07:03A Saint-Martin-d'Air également, où une trentaine d'individus ont saccagé une partie des installations du lycée Pablo
07:14Neruda et ont incendié la loge de la gardienne.
07:17Ou encore à Lyon, au lycée Martinière d'Hydro.
07:22Il y a eu une intrusion au sein de ce lycée.
07:25Il y a eu énormément d'exactions qui ont été commises.
07:28Et notamment, le système de sécurité incendie a été dégradé, de sorte que les élèves internes n'ont pas pu
07:33poursuivre leur cursus ou que des logements de fonction ont été dégradés.
07:39Je voudrais vous donner un autre exemple.
07:40C'est bien évidemment les victimes lycéennes également.
07:43Il s'est produit trop souvent, à de trop nombreuses reprises, des blessures de lycéens qui l'ont été dans
07:48le cadre de RICS ou de G de Mortier, qui n'étaient pas maîtrisés.
07:52Et qui ont pu blesser parfois gravement des lycéens.
07:55Ce matin encore, à Strasbourg, un élève a eu la main gravement blessée sur un G de Mortier.
08:03Ce matin encore.
08:06Encore une fois, ces exemples, je les tiens à disposition.
08:10J'ai encore à Tonon-les-Bains un élève également gravement blessé à la main.
08:16Un élève qui a, par ailleurs, à Célestat, été grièvement blessé par du matériel apporté par des manifestants de type
08:23Mortier-engin artisanal.
08:25Et puis, on a eu aussi des victimes tiers sur des manifestations, des débordements.
08:30Je pense évidemment, bien sûr, à ce nourrisson à Saint-Cyr-l'École, qui a dû être examiné suite à
08:37un tir de Mortier, eu égard aux acouphènes, dont il a fait l'objet.
08:41À Aix-en-Provence, où le jet d'une pierre par un individu qui, depuis d'ailleurs, a été interpellé,
08:46une dame a perdu un œil.
08:48Et donc, il y a eu, en marge des manifestations, énormément de victimes tiers.
08:54Il y a eu également des pillages de commerce.
08:56Énormément de pillages de commerce, ou de tentatives de pillages de commerce qui ont été heureusement empêchées.
09:04Mais, madame la députée, je vais vous donner la liste alors des pillages, puisque vous semblez en douter.
09:09On en a eu à Rennes, on en a eu à Luneville, à Pau, où un magasin de téléphonie a
09:14été pillé.
09:15On en a eu à Rezé, où il y a eu le pillage d'un magasin Lidl.
09:18On en a eu à Strasbourg, également, où des commerces ont fait l'objet de dégradations.
09:23C'était le cas du McDo à Toulouse ou d'un bar tabac à Compiègne.
09:27Et puis, on a également eu beaucoup d'atteintes aux moyens de transport, y compris d'ailleurs à Marseille, avec
09:33l'incendie d'un bus.
09:35Je passe sur le mobilier urbain dégradé.
09:38Et j'en termine, évidemment, évidemment, au titre de cette montée des violences, par les incidents qui ont concerné, les
09:46incidents graves qui ont concerné les forces de sécurité intérieure.
09:49Les forces de sécurité intérieure.
09:50Il y a évidemment l'effet de Belfort, où un commandant de police a été lynché au sol.
09:55Il y a des blessés qui ont été, des blessés notamment à Montélimar.
10:00J'ai une liste qui est évidemment très, très longue.
10:03Je pense aussi à ces deux policiers qui ont été blessés à Marseille ou cet officier stagiaire de police qui
10:08a été poursuivé dans les rues de Paris, jeté au sol et qui a fait l'objet de coups.
10:15Tout ça, et d'ailleurs, aujourd'hui encore, je veux dire aujourd'hui encore, puisque, M. le Président, vous me
10:19demandiez le bilan de la journée.
10:21Il y a un certain nombre d'événements qui se sont évidemment déroulés aujourd'hui, à Paris d'ailleurs, où
10:27certains d'entre vous étaient présents.
10:30Certains d'entre vous étaient présents, M. le député Léomond.
10:33Un seul ici, mais pour les autres, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec eux au téléphone.
10:36On est quand même un peu en contact, quand même.
10:42Aujourd'hui, à Béziers-Montpellier, on a eu des incidents extrêmement graves.
10:45Je crois que la préfète communiquera sur ces faits.
10:47À Béziers, avec des jets de cocktail Molotov, le caillassage du tram à Montpellier, et avec une implication assez importante
10:56de la mouvance d'ultra-gauche.
10:57Et je vous répondrai sur ce point, M. le Président, sur l'implication des mouvances.
11:03Encore aujourd'hui, d'ailleurs, à Fort-Bac, on a projeté dans l'enceinte d'un établissement des bouteilles d
11:08'acide chlorhydrique.
11:11À Pantocombo, tir de mortier sur un lycéen qui a été blessé.
11:13Tout ça, c'est aujourd'hui.
11:14Tout ça me fait dire, évidemment, que nous sommes dans un contexte de violence qui est assez élevé et que
11:24nous qualifions volontiers, que je qualifie volontiers, quand il y a ces débordements, mais qui sont très fréquents, de violences
11:30urbaines.
11:30Alors, évidemment, évidemment, et là, je réponds très clairement à votre question, M. le Président, sur le mot que j
11:38'ai utilisé au journal de 20 heures où j'ai parlé, il n'y a pas de retenue dans les
11:42interventions.
11:43Il faut évidemment le comprendre, mais il suffisait de m'écouter, d'écouter la suite de la phrase.
11:46Ça veut dire que chaque fois qu'il y a des violences, des dégradations, il y a nécessité d'une
11:51intervention de police.
11:53Et on ne peut pas... Je ne peux pas laisser dire comme ça a pu être dit sur certains banques,
11:58que le ministre de l'Intérieur avait demandé de ne pas intervenir.
12:01Non, c'est faux. Quand il y a des violences et des dégradations, nous intervenons. C'est la règle.
12:06C'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit qu'il n'y avait pas de retenue dans
12:08le principe d'une intervention.
12:09En revanche, quand il y a intervention, on applique la proportionnalité de l'action.
12:14Voilà. Que les choses soient claires. Que les choses soient claires, je veux le dire très clairement.
12:17Et d'ailleurs, je vous renvoie, parce que, évidemment, j'ai eu l'occasion de le dire hier au QAG,
12:21évidemment, je ne passe pas mes instructions aux forces de sécurité intérieure, que je connais quand même particulièrement bien,
12:25par des médias interposés. Je leur adresse des instructions.
12:28Je crois que le Premier ministre les a lus. Je vais, compte tenu du temps qu'il m'a imparti,
12:32vous épargner cette lecture.
12:33Mais ces instructions sont très claires. Il y a trois Télex. Il y en a un du 26 septembre, il
12:38y en a un du 30 septembre,
12:39où je rappelle à l'ensemble des forces de sécurité intérieure la nécessité d'intervenir
12:43quand il y a des violences. Et je ne veux pas qu'il soit dit que je donne des consignes
12:47de non-intervention.
12:48Et de le faire systématiquement, compte tenu du public que nous rencontrons souvent sur le terrain,
12:54sur l'espace public, qui sont le plus souvent des jeunes mineurs,
12:57de le faire avec encore plus de proportionnalité, évidemment, que d'habitude.
13:01Et ça, ce sont des consignes permanentes.
13:02Et puis, j'ai envoyé une autre instruction pour la manifestation d'hier, une instruction qui visait à encadrer
13:09les manifestations intersyndicales, celles qui ont été déclarées par des organisations syndicales,
13:14dont la CGT, d'ailleurs. Donc l'instruction que j'avais envoyée, c'était que systématiquement,
13:19on encadrait ces manifestations en ne se montrant pas. Il n'est pas nécessaire que les forces de l'ordre
13:24soient visibles.
13:24Dès lors qu'il y a un service d'ordre, les choses se passent correctement.
13:28C'est correctement. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé. Modulo quelques villes, évidemment,
13:32où l'ultra-gauche n'a pas manqué de se manifester en fin de cortège, et à essayer de les
13:36faire dégénérer.
13:38Alors, quand on est confronté à ce type de violence...
13:41Donc voilà, les telex, c'est ça. Les instructions, c'est ça.
13:44On ne peut pas ne pas intervenir quand il y a des violences, et on le fait toujours avec une
13:48grande proportionnalité.
13:49Mais c'est le cadre légal et réglementaire de l'emploi des armes.
13:53On le fait, évidemment, dans un contexte qui s'apparente à celui de violences urbaines.
13:56Alors, vous me demandez, M. le Président, si le schéma national du maintien de l'ordre s'applique.
14:00Oui, il s'applique dans les manifestations, bien sûr.
14:02Mais parfois, on bascule en violences urbaines.
14:04Et quand on est en violences urbaines, on n'est plus dans le maintien de l'ordre.
14:06Je voulais le dire, mais il existe des instructions en gendarmerie, en police, à la préfecture de police,
14:10qui visent plus spécifiquement à encadrer les troubles liés aux violences urbaines,
14:15c'est-à-dire les atteintes fortes qui sont portées aux biens, aux personnes et aux forces de sécurité intérieures.
14:21Alors, juste pour aller à l'essentiel, l'armement intermédiaire.
14:28J'en profite d'ailleurs pour compléter la réponse que j'ai faite hier à M. le député Benjamin Lucas,
14:33à M. le député Roger Vico.
14:36On parle, vous m'avez dit, ce sont l'armement intermédiaire non létal des forces de sécurité intérieure.
14:42Ce sont des armes de guerre.
14:44Vous utilisez évidemment le concept de la réglementation.
14:48Mais de manière un peu...
14:49Voilà, vous avez aussi envie de faire un petit peu peur.
14:52Arme de guerre, arme létale, arme qu'on utilise sur les théâtres de guerre.
14:56Que les choses soient claires.
14:57Je vous réponds.
14:58Je n'ai pas eu l'occasion de le faire hier, M. Vico.
15:00Je m'en excuse auprès de vous, mais en deux minutes, c'est difficile au QSG de répondre.
15:06Règlementairement, vous savez, une grenade lacrymogène, une simple grenade lacrymogène, est une arme de guerre.
15:11Ça veut dire que des particuliers ne peuvent pas en détenir.
15:13Ça veut dire que des particuliers ne peuvent pas en détenir.
15:15Et ça veut dire que quand on les commercialise, notamment à l'export, on doit demander un certain nombre d
15:19'autorisations.
15:20Mais ça ne veut pas dire, vous l'avez bien compris, M. le député, je sais bien,
15:24vous l'avez bien compris qu'on ne les utilise pas dans un contexte de guerre.
15:26Ça reste des armes intermédiaires non létales qu'on utilise, mais si, qu'on utilise dans un cadre proportionné.
15:32Voilà, je vous fais cette précision parce qu'hier, je n'avais pas pu répondre complètement.
15:38Ensuite, ces armes intermédiaires, M. le député, c'est ce que je vous disais hier,
15:41elles sont indispensables aux forces de l'ordre parce qu'elles permettent de garder à distance
15:44et d'avoir une gradation dans la réponse.
15:49M. Luc Calendi, vous aurez la parole. J'ai dit au début, M. le ministre, je me permets d'intervenir.
15:52Ce n'est pas ce que j'ai dit, M. le député. Ce n'est pas ce que j'ai
15:55dit. J'ai parlé d'un type d'arme.
15:56M. le ministre, je me permets juste d'intervenir parce qu'il y a un brouhaha qui monte dans le
15:59cadre de cette audition.
16:01Le ministre a salué votre question au gouvernement. Il ne vous a pas interpellé.
16:05Je compléterai ma réponse.
16:06Vous avez été parmi les groupes les plus pronds à me demander et à vous associer à la démarche d
16:10'une audition.
16:11Souffrez qu'on écoute le ministre et après, chacun aura sa question. M. le ministre.
16:14Je poursuis. Ces armes intermédiaires sont absolument indispensables quand les policiers et les gendarmes ont en face d'eux une
16:22violence extrême.
16:23Cela permet de maintenir à distance, de graduer évidemment la réponse. Ce sont des armes qui sont absolument indispensables.
16:31D'ailleurs, je tiens à dire, mais je l'ai dit hier aussi en répondant aux questions qui m'étaient
16:34posées,
16:35la proportionnalité de la réponse s'apprécie au contexte, bien évidemment.
16:39Ce n'est pas la conséquence de l'utilisation de l'arme qui est prise en compte, c'est le
16:42contexte qui doit être celui.
16:44Donc, de légitime défense et de la stricte et nécessaire proportionnalité.
16:50Et évidemment, toujours après sommation.
16:53Je vous dirai également, et j'en profite pour informer d'ailleurs la commission des lois,
16:58puisque à date, évidemment, ces interventions se font sous le contrôle de la hiérarchie et de l'inspection générale de
17:06la police nationale.
17:07Donc, en fait, en clair, de l'autorité judiciaire,
17:10qui, quand il y a des incidents, saisit l'inspection générale de la police nationale en judiciaire.
17:17Et nous avons actuellement, dans le cadre de ce mouvement, pour l'IGPN, 18 saisines en cours.
17:2318 saisines en cours.
17:24Et nous n'en avons aucune pour l'inspection générale de la gendarmerie nationale.
17:28Ce que je veux dire également, M. le Président, je vais abréger mon propos pour tenir dans le temps qui
17:34m'est imparti.
17:35Vous m'interrogez sur la présence d'un certain nombre d'élus sur un certain nombre de blocages, sur un
17:41certain nombre de rassemblements.
17:43Ce qui a été constaté, ce qui n'est d'ailleurs pas contesté par certains députés de la France insoumise
17:47et d'autres formations politiques.
17:49Je ne reviens pas sur les propos qui ont pu être tenus, qui semblaient légitimer la violence, puis on s
17:53'est repris.
17:54On a dit finalement non dans certaines circonstances.
17:56Mais bon, je ne reviens pas non plus sur les propos qui ont pu être tenus,
18:02invitant à s'interposer entre les forces de l'ordre et les manifestants,
18:05dont je veux rappeler que les forces de l'ordre n'interviennent que quand il y a des violences.
18:13Vous me demandez si ce qu'a dit le Premier ministre,
18:16donc notamment sur la présence d'un certain nombre de parlementaires de la France insoumise,
18:18qui ont été présents au sein des manifestants dans de nombreux endroits.
18:24On l'a documenté évidemment dans de nombreux endroits, mais les médias s'en sont fait l'écho.
18:27Et vous me demandez si on a pu assister à la présence d'autres groupuscules.
18:33Oui, très clairement, notamment en Petite Couronne Parisienne.
18:36On a pu avoir des structures qui ont pu venir inciter les lycéens à commettre des exactions.
18:43J'assume de le dire. Je pense notamment au point levé, à Révolution Permanente,
18:46à certains militants d'ultra-gauche qui ont pu être vus au sein du mouvement
18:51et qui ont incité à la commission de violence.
18:56Il n'y a pas de policier en civil qui incite à la commission de violence, M. le député.
19:00Ça n'existe pas. Ça n'existe pas. Ça n'existe pas.
19:03Le bilan. Le bilan. Hier soir, nous étions à 6 629 interpellations.
19:08Je tiens à dire également qu'il y a eu 761 policiers qui ont été blessés, policiers ou gendarmes qui
19:14ont été blessés.
19:18761. 215 élèves qui ont été blessés, 89 personnels enseignants.
19:22En vous précisant que pour les élèves, dans la très grande majorité des cas,
19:26pour les élèves, dans la très grande majorité des cas,
19:29les blessures sont des blessures qui sont accidentelles.
19:33Je veux escalader, je veux escalader un portail, je trébuche.
19:36Je veux mettre une banderole à Ville d'Anneuse, je me casse la figure au sein d'une verrière.
19:40Ou victime ou victime de jets de projectiles et de mortiers par d'autres manifestants.
19:45C'est la très grande majorité des blessures.
19:49Mais qui sont vraiment, et j'ai évidemment une pensée pour l'ensemble des blessés,
19:52sont vraiment toujours des blessures qui sont bien évidemment de trop.
19:56Je salue évidemment le travail des forces de sécurité intérieure
19:59qui, chaque fois qu'elles ont pu, ont mis un terme aux exactions.
20:01Et je veux évidemment les saluer.
20:03Vous dire également, évidemment, que quand il y a des manifestations déclarées,
20:08et je crois qu'hier, c'était un exemple de ce que peut être une bonne gestion d'un mouvement
20:12revendicatif,
20:12des intersyndicales qui ont déclaré,
20:14et des manifestations qui, partout en France, se sont bien passées,
20:18modulo des fins de manifestations.
20:20Ça, c'est assez habituel.
20:21Nous avons des groupes d'Ultra ou de Black Bloc
20:24qui viennent en perturber le bon fonctionnement.
20:27Mais globalement, elles se sont plutôt bien passées.
20:30Je remercie à nouveau les forces de sécurité intérieure,
20:34les personnels enseignants.
20:36Et puis, je voudrais dire à l'ensemble de la représentation nationale,
20:39je voudrais prendre le temps quand même d'expliquer quelque chose de très simple.
20:43C'est que les policiers qui sont engagés, les gendarmes qui sont engagés,
20:47dans le cadre de ce mouvement,
20:49ils le font d'abord pour protéger les lycéens.
20:52Que les choses soient claires.
20:53D'abord pour protéger les lycéens.
20:55Contre des violences qui peuvent être commises par des individus, par des casseurs.
20:59Et moi, chaque fois qu'un policier ou un gendarme est blessé,
21:03il se trouve que je leur adresse un message de soutien.
21:08L'un d'entre eux, qui est un brigadier-chef de la préfecture de police de Paris,
21:12de la préfecture de police,
21:13m'a envoyé un message que je me permets de vous lire très rapidement.
21:16Très rapidement sur l'honneur qu'il porte à exercer la fonction qui est la sienne
21:22et qui est celle de toute la police nationale et toute la gendarmerie.
21:25Il m'écrit, il est vrai que dans l'exercice de nos fonctions,
21:28chaque fonctionnaire de police accorde une importance particulière
21:30à certaines missions qui lui tiennent profondément à cœur.
21:33Pour ma part, la protection de la jeunesse de notre pays
21:35constitue une priorité à laquelle je suis particulièrement attaché.
21:37Ce jour, au péril de mon intégrité physique,
21:40j'ai fait le choix de me mettre en danger
21:41afin de protéger cette jeunesse
21:43qui, malgré ses revendications et certains débordements,
21:46demeure à mes yeux une priorité.
21:48C'est aussi notre rôle, en tant que policier,
21:50de protéger ces jeunes
21:51et de veiller à ce que les comportements d'une minorité d'individus malveillants et violents
21:54ne viennent pas entacher l'image de ceux qui portent des revendications légitimes
21:58et défendent des causes qu'ils considèrent importantes.
22:01Notre devoir est de rester présent,
22:02de protéger et d'agir avec conviction,
22:05y compris lorsque l'exercice de cette mission nous expose personnellement.
22:08C'est avec cette conviction que j'ai accepté ce jour
22:10de prendre des risques pour assurer la sécurité de ces jeunes
22:12et de ceux qui les entourent.
22:14Il me paraissait important de vous lire ce message
22:16qui est celui de l'état d'esprit de l'ensemble des policiers
22:18et des gendarmes de notre pays
22:19qui ne visent qu'à protéger nos concitoyens des individus violents
22:23et qui interviennent uniquement contre les individus violents.
22:26Je voudrais également avoir, évidemment, d'abord,
22:30retire M. le député Benjamin Lucas ce que j'ai dit ce matin.
22:33Ce matin, je n'ai pas annoncé que je retirerai tout l'armement intermédiaire,
22:35que les choses soient claires.
22:36Je retire un type d'armement qui est la grenade assourdissante
22:40qui a causé un dégât très grave à Lens.
22:44Je retire provisoirement, je suspends l'utilisation.
22:47Oui, c'est très grave.
22:49C'est très grave.
22:53Il y a une atteinte à l'intégrité physique qui est majeure.
22:56Je ne le conteste pas.
22:57M. le député, je ne le conteste pas.
22:58Ne jouez pas sur les mots.
22:59Je ne le conteste pas.
23:00Cher collègue, je redis ce que j'ai dit à l'instant.
23:03Je suspends l'utilisation.
23:05M. le ministre, je m'en repris un instant.
23:11Cher collègue, on va écouter le ministre.
23:12M. le député Benjamin Lucas,
23:13M. le député, ce que j'ai annoncé ce matin,
23:15ce que j'ai annoncé ce matin,
23:17c'est que je suspendais l'utilisation pour le mouvement des lycéens
23:20de ce type de grenades, qui sont des grenades assourdissantes.
23:23Donc elles sortent le temps que nous comprenions exactement ce qu'il s'est passé.
23:27Et je vous le confirme, je pèse mes mots,
23:29l'atteinte à l'intégrité physique est très grave.
23:31Et j'ai vraiment une pensée pour ce jeune homme, pour sa famille,
23:34comme pour tous les blessés, M. le député Benjamin Lucas.
23:37Moi, mon travail, c'est qu'il n'y ait pas de blessés.
23:38Mon travail, c'est qu'il n'y ait pas de blessés.
23:40Voilà.
23:41Mon travail, c'est ça.
23:42Voilà.
23:43Mon travail, c'est ça.
23:43C'est qu'il n'y ait pas de blessés, qu'il n'y ait pas de violence,
23:45et que les policiers puissent intervenir toujours avec proportionnalité.
23:49Toujours.
23:50Et donc j'ai évidemment une pensée pour l'ensemble des blessés,
23:52quels qu'ils soient.
23:53Et je terminerai également en disant,
23:56hier soir, le président de la République nous a réunis,
23:59le Premier ministre,
24:00et les trois ministres particulièrement concernés,
24:03le ministre de l'Éducation nationale,
24:05le ministre de l'Enseignement supérieur,
24:08et le ministre de l'Intérieur.
24:10Et il nous a bien rappelé le soutien qu'il a apporté aux forces de l'ordre
24:15et la nécessité de maintenir l'ordre public.
24:17Soutien appuyé du président de la République, du Premier ministre,
24:20dont je suis ici aussi le porte-voix,
24:22aux forces de sécurité intérieure,
24:23dans les missions très difficiles qu'elles accomplissent actuellement.
24:26C'est très compliqué de maintenir l'ordre sur un mouvement lycéen.
24:30C'est très compliqué.
24:31Il faut agir avec beaucoup de tact,
24:32beaucoup de proportionnalité.
24:34Et c'est ce qu'ils font.
24:34Et le président André Rappuy, il te l'a salué,
24:36tout en nous rappelant cette exigence de proportionnalité
24:39que je fais mienne,
24:40que l'ensemble des forces de sécurité intérieure,
24:42évidemment, font leur également.
24:45Et puis surtout, il nous a demandé,
24:47c'est ce que les préfets vont continuer à faire,
24:50et ce que je fais aujourd'hui devant vous,
24:52à toujours bien documenter les circonstances
24:55dans lesquelles nous sommes conduits à intervenir.
24:58À intervenir.
24:59Les interventions ne se passent pas toujours
25:01devant des établissements scolaires.
25:03elles ne se passent parfois sur l'espace public,
25:05parce qu'il y a des violences.
25:06Et donc nous allons continuer à documenter
25:09les raisons qui font que nous sommes conduits
25:11à intervenir de manière à clarifier les choses
25:14avec beaucoup de pédagogie.
25:16Voilà, monsieur le président,
25:17ce que je voulais vous dire.
25:18Merci.
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