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  • il y a 53 minutes
Thierry Coulhon, président du directoire de l’Institut Polytechnique de Paris, est face à Thomas Hugues. Ensemble, ils s’attardent sur la révolution de l’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur, sur l’engagement des étudiants ingénieurs face aux défis climatiques, sociaux et géopolitiques et sur les énergies du futur.

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Transcription
00:04Mon invité aujourd'hui c'est Thierry Coulon, bonjour.
00:07Bonjour Thomas Hugues.
00:08Bienvenue, vous êtes le président du directoire de l'Institut Polytechnique de Paris.
00:11Alors on va démarrer par un mot de présentation évidemment.
00:14Si l'école polytechnique a été créée en 1794, l'Institut Polytechnique de Paris, il est beaucoup plus jeune, 2019.
00:21C'est ça.
00:22Il recoupe quoi ? Six grandes écoles d'ingénieurs, c'est ça ?
00:24Absolument, absolument.
00:25Six grandes écoles d'ingénieurs, dont certaines, vous l'avez dit, sont ancrées dans le XVIIIe siècle français.
00:31L'ENSTA, l'École Nationale Supérieure des Techniques Avancées, figurez-vous qu'elle a été créée en 1741.
00:37Il s'agissait à l'époque de former ceux qui seraient capables de construire les bateaux de guerre qui intéressaient
00:43le roi de France.
00:44Vous voyez qu'on a un petit peu évolué, mais après tout, on est aussi intéressé par des technologies navales.
00:53On en reparlera.
00:54C'est un peu le dépositaire, pour certaines de ces écoles, de cette histoire.
00:57Absolument.
00:58Donc l'idée, si vous voulez, c'est de prendre six écoles d'ingénieurs qui sont ancrées, effectivement, dans l
01:03'histoire française, qui sont prestigieuses,
01:05qui ont des relations entre elles, très fortes, et depuis longtemps, et d'en faire un outil internationalisé du XXIe
01:12siècle,
01:13qui soit bien en face des grands défis.
01:14C'est pourquoi, d'ailleurs, je trouve intéressant d'être invité dans une émission où vous vous adressez aux décideurs
01:19économiques.
01:20Alors moi, je suis un décideur académique, mais avec un lien extrêmement fort avec l'économie.
01:24Évidemment, un lien direct, avec des solutions sur lesquelles vous travaillez qui sont déployées depuis, évidemment, des générations et des
01:31générations.
01:32C'est six écoles, il faut que je vous dise.
01:33Alors, il faut les citer.
01:34Voilà, c'est des cités.
01:35Donc l'école polytechnique et l'ENSTA, qui sont toutes les deux, l'école nationale supérieure des techniques avancées,
01:41qui sont toutes les deux sous tutelle ministère de la Défense.
01:44Et puis, Télécom Paris, Télécom Sud Paris, l'ENSAE, qui forme les statisticiens, la statistique publique,
01:51mais aussi les gens qui vont dans la banque et dans l'économie et qui manipulent des données.
01:55Et puis l'école nationale des ponts des chaussées, qui a rejoint l'alliance récemment.
02:00Donc vous voyez qu'il y a des questions de souveraineté, qui sont une espèce de fil rouge de toutes
02:05ces écoles.
02:06Il y a des questions, évidemment, de technologie en face des grands défis.
02:09Ce sont des écoles qui enseignent depuis longtemps la haute science à un niveau scientifique très, comment dire, exigeant.
02:17Mais il se trouve que c'est intéressant dans le monde d'aujourd'hui d'avoir des gens qui maîtrisent
02:22les sciences.
02:22Et on en a encore plus besoin.
02:23Évidemment, pendant ce face-à-face, on va parler d'intelligence artificielle, on va parler de défis climatiques,
02:29on va parler d'énergie parce que ce sont des secteurs, des piliers sur lesquels vous travaillez beaucoup.
02:34Je vais donner quelques chiffres de l'Institut polytechnique de Paris.
02:403 700 étudiants, 23 laboratoires, plus de 600 chercheurs et enseignants-chercheurs permanents.
02:462 769 publications annuelles, ça doit être les derniers chiffres.
02:51C'est donc aussi ou d'abord, je ne sais pas d'ailleurs quel terme employer, un lieu de recherche
02:55?
02:56C'est d'abord, je dirais, historiquement, un lieu de formation.
02:59Mais attention, les chiffres, je crois que les chiffres que vous donnez, ça ne m'étonnerait pas qu'ils soient
03:04liés à l'école polytechnique.
03:05Ce sont ceux polytechniques uniquement, d'accord.
03:07L'Institut, et c'est intéressant d'ailleurs, parce que tout le jeu, c'est ça, c'est de passer
03:12à l'échelle.
03:13Parce qu'en réalité, maintenant, c'est 11 000 étudiants, plus de 11 000 étudiants.
03:17Avec les 6 écoles, c'est ça, les 6 écoles, c'est 2 000 enseignants-chercheurs.
03:21Et puis surtout, ce sont des recompositions scientifiques que vous pouvez faire à cette échelle-là,
03:26en croisant les disciplines qui sont extrêmement fructueuses.
03:29Donc ça valait le coup.
03:30Si vous voulez jouer avec Caltech, avec le PFL, avec le Technion, avec le MIT...
03:37Ça, ce sont des grands concourants internationaux.
03:39Voilà. Concourants ou partenaires, on en reparlera sans doute, parce que sur le...
03:43En particulier dans le champ européen, il se trouve que l'Institut polytechnique de Paris
03:49préside une alliance qui s'appelle Eurotech et qui réunit un certain nombre de grandes universités de technologie européennes.
03:55Donc voilà ce qu'il s'agissait de faire, c'était de passer à cette échelle-là.
03:58Alors, sur votre question, est-ce qu'on est d'abord un lieu de formation, un lieu de recherche ou
04:02un lieu d'innovation ?
04:03Les trois m'ont capitaine, certainement.
04:05Alors, historiquement, effectivement, la question, c'est de former les cadres techniques dont la nation a besoin au XVIIIe, XIXe
04:13siècle.
04:13Donc c'est de la formation, mais de la formation par la recherche.
04:18Donc là aussi, 23 labos au niveau de l'X, mais 42 au niveau de l'Institut polytechnique de Paris.
04:25Donc beaucoup de recherches.
04:26Et une recherche qui est à la fois fondamentale, mais aussi très tournée vers les applications.
04:32Et aujourd'hui, cette contradiction, elle se surmonte.
04:36Ce sont aussi des start-up nombreuses qui naissent au sein de l'Institut polytechnique de Paris.
04:43Alors, à la fois, il ne faut pas idéaliser la situation, c'est du travail.
04:48Il faut changer de modèle et se débrouiller pour que la start-up, ce ne soit pas seulement l'alumni
04:54très intelligent,
04:55qui, dix ans après être sorti de l'école, a une idée et puis la met en œuvre.
04:59Le vrai jeu, c'est d'arriver à ce que l'innovation sorte des laboratoires directement,
05:05c'est-à-dire sorte de la recherche fondamentale.
05:08Mais au fond, si vous voulez, le monde évolue d'une manière qui fait que nous sommes encore plus pertinents.
05:16Pourquoi ?
05:18Il y a quelques années, on disait, écoutez, vous enseignez des maths à très haut niveau et de la physique
05:23théorique.
05:24Il y a quelques années, on vous enseigne la mécanique quantique, écoutez, la mécanique quantique tout de même, ça gouverne
05:30quoi ?
05:30Aujourd'hui, on a tous compris que la mécanique quantique, il y avait intérêt à la connaître.
05:35Si vous parlez de maths, d'informatique, de statistique, etc., il se trouve que l'intelligence artificielle, c'est ça.
05:44C'est des maths de l'informatique, des stats à très haut niveau.
05:48Donc, aujourd'hui, il n'y a plus de contradiction entre la haute science, si vous voulez, et les applications.
05:53On va y venir à l'IA tout de suite, mais peut-être une question encore sur les liens que
05:57vous tissez avec le monde économique.
05:59Est-ce que certains de ces programmes de recherche sont financés, cofinancés, parrainés par de grandes entreprises ou des secteurs
06:07d'activité ?
06:09Absolument.
06:11D'abord, vous parliez de start-up tout à l'heure, il faut se donner une idée simple.
06:16On aime se dire, et c'est vrai, qu'on pèse un tiers de l'écosystème des start-up en
06:22France.
06:23On en incube une centaine par an, on a un certain nombre d'incubateurs sur plusieurs sites.
06:30Vous connaissez les noms qu'on cite sans cesse, les Arthur Mensch, les Théo Péronin, Arthur Mensch dans l'intelligence
06:36artificielle,
06:36Théo Péronin dans le quantique, et on pourrait en citer beaucoup d'autres qui sortent de chez nous.
06:40Alors maintenant, est-ce qu'on a réussi à systématiser le lien entre nos écoles et le monde économique ?
06:49D'abord, une fois de plus, ça plonge ses racines.
06:53Enfin, il y a une histoire très ancienne, évidemment.
06:55Parce qu'il se trouve qu'on a formé, alors classiquement, les grands acteurs du CAC 40 sortent souvent de
07:03chez nous.
07:03Mais aujourd'hui, un autre modèle, ce sont les étudiants qui très vite veulent fonder une start-up et qui
07:08réussissent.
07:10Alors donc, historiquement, il y a une espèce de racine parce que c'était la mission des écoles.
07:15Maintenant, aujourd'hui, la relation est multiple.
07:19C'est-à-dire, c'est évidemment former des gens qui iront dans l'économie, qui est à très haut
07:24niveau.
07:25C'est incuber des start-up.
07:27C'est faire de la recherche partenariale.
07:29C'est, comment dire, encadrer ce qu'on appelle des thèses-ciffres.
07:35Des thèses-ciffres, ce sont des thèses qui sont partiellement financées par une entreprise,
07:39où il y a une discussion entre l'académique et l'entreprise.
07:44Il y a du mécénat.
07:46Un des outils qu'on a fondés, qui est un peu plus original que les autres,
07:50ce sont des centres interdisciplinaires sur les grands défis.
07:52Sur l'intelligence artificielle, on fait ça avec HEC, ça s'appelle I-Paris.
07:56Sur la défense et la sécurité, le centre interdisciplinaire d'études sur la défense et la sécurité,
08:01sur l'ingénierie pour la santé, sur le mer et océan, etc.
08:04Sur tous les grands défis, on en a sept.
08:07Eh bien, c'est le lieu de faire atterrir des fonds publics,
08:10des fonds compétitifs, nationaux, européens, et des fonds privés.
08:13Alors évidemment, ça réclame de la déontologie, de l'équilibre.
08:19On a une stratégie scientifique.
08:21Notre mission, c'est d'aligner cette stratégie scientifique avec les grands défis.
08:25Et il se trouve que ça rencontre, évidemment, les stratégies des entreprises.
08:31Si on parle de la transition climatique, on ne la fera pas si les boîtes ne prêtent pas un virage.
08:39Et donc, quand on travaille avec Schneider Electric sur un certain nombre de questions d'IA
08:43liées avec des applications à la diffusion et l'usage de l'électricité, on est dans le sujet.
08:51– Alors, justement, sur l'IA, je vais vous citer.
08:54Alors, ça date un peu, c'était février 2025, lors des journées scientifiques.
09:11aux défis et opportunités.
09:13On est en plein dans ce débat en ce moment.
09:15On enregistre cette interview quelques jours après que des ingénieurs
09:19et peut-être les patrons des géants américains du secteur demandent d'appuyer sur le frein.
09:24Il y a notamment cette peur que les dernières générations d'IA, leur et nous, échappent.
09:29Vous vous situez où, vous, dans ce débat ?
09:31– Alors, je disais l'an dernier, au moment où on organisait ces journées scientifiques,
09:36vous vous souvenez, c'était avant le AI Action Summit, et c'était la semaine suivante.
09:41Alors, il se trouve que la présidence de la République nous avait demandé
09:44d'organiser des journées scientifiques en ouverture de ce sommet.
09:48Et déjà, ça, ça donne le vertige.
09:50C'est-à-dire que vous aviez un sommet de chef d'État, au Grand Palais un salon avec des
10:00entreprises,
10:01des grands acteurs économiques et, au fond, les citoyens, parce que ça impacte la vie quotidienne.
10:06Et vous aviez un colloque scientifique la semaine précédente.
10:09Moi, je suis un mathématicien, je fais des maths pures une grande partie de ma vie.
10:13Je n'étais pas habitué à ce qu'un colloque scientifique ait une application politique
10:20et une application sociétale, c'est-à-dire comme une espèce de court-circuit.
10:24Ça, c'est la première chose.
10:25En fait, plus, on a le vertige.
10:27Mais d'un autre côté, depuis février 2025, Dieu sait qu'il s'en est passé des choses.
10:32À l'époque, ou peu avant, un des plus grands mathématiciens vivants,
10:41qui s'appelle Terence Tao, disaient, je me sers de l'IA comme d'un étudiant de troisième année
10:47avec des aptitudes moyennes.
10:49Là, la semaine dernière ou il y a deux semaines, on a eu la résolution du problème de Navier-Stokes,
10:56qui est un des totems, si vous voulez.
11:00Donc, on a vraiment le sol qui vibre sous nos pieds et tout change à une très grande vitesse.
11:06Et donc, il faut appuyer sur le frein ou pas ?
11:08Alors, si vous voulez, ça, c'est un débat.
11:11J'allais dire, c'est un débat d'experts et c'est un débat de citoyens aussi.
11:16– Non, c'est un débat qui nous concerne, indirectement.
11:16– Je ne sais pas s'il faut appuyer sur le frein.
11:19La position qu'on tenait à l'époque, du colloque de février 2025,
11:23c'était une position assumée qui était de ne pas être dans le camp des apocalyptiques,
11:28pas être non plus dans le camp des Béas,
11:30mais d'être dans le camp de la lucidité, de l'optimisme vigilant.
11:36Il me semble que c'est cette attitude-là qu'il faut tenir,
11:42qu'il faille réguler, enfin, la comparaison avec l'automobile
11:47et le fait qu'il a fallu un côté de la route n'est pas complètement déplacé.
11:52Et en tout cas, que l'IA soit une espèce de facilitateur incroyable,
12:00par exemple pour la recherche scientifique,
12:02sans parler de l'enseignement, c'est une évidence,
12:06vous vous souvenez, c'était Steve Jobs qui disait,
12:10finalement, l'humain, c'est un des mammifères les plus lents à se déplacer sur la planète,
12:16bon, enfin, si vous lui donnez une bicyclette, il bat à tout le monde.
12:20Et à ce moment-là, il parle de l'ordinateur, il dit,
12:22l'ordinateur, it's a bicycle for the mind.
12:24Bon, là, on a un outil qui va nous permettre, d'une certaine manière,
12:30de prendre un niveau d'altitude, par exemple, si on parle de maths,
12:33on va pouvoir voir le champ de bataille d'assez haut.
12:36Avec quand même cette logique qu'on appelle, ou qu'on commence à appeler l'imbrication,
12:40c'est-à-dire, est-ce que l'humain, qui va devenir peut-être de plus en plus efficace grâce
12:44à IA,
12:45sera obligé d'avoir une IA, et ne pourra plus s'en passer ?
12:48Alors, il y a des problèmes politiques, des problèmes de pouvoir,
12:51des problèmes de modification de ce que c'est que l'humanité,
12:54de modification de ce que c'est que le savoir et sa diffusion,
12:57donc ça va extraordinairement vite,
12:59et qui suis-je pour prédire l'avenir ?
13:03Évidemment, non, et pour avoir l'équilibre fin
13:07entre les précautions qu'il faut prendre et les opportunités,
13:11en tout cas, nous, notre attitude, c'est une attitude de scientifique
13:15et une attitude rationnelle, c'est-à-dire que,
13:18et c'est d'une manière générale, d'ailleurs,
13:19c'est l'attitude qu'on cherche à donner à nos élèves,
13:21c'est-à-dire leur donner les outils pour maîtriser les choses.
13:24Vous le disiez tout à l'heure, vous présidez l'Eurotech University's Alliance,
13:29est-ce qu'il y a une vision européenne, justement, de cette IA ?
13:34Alors, est-ce qu'il y a une vision européenne de ce que c'est que le savoir ?
13:39Bon, d'une certaine manière, là aussi, sur ma carrière,
13:44qui maintenant commence à devenir assez longue,
13:46j'ai vu une évolution incroyable.
13:48Les Français, il y a quelques années,
13:49connaissaient assez peu les outils européens
13:51et finalement s'intéressaient à l'Europe à travers Arasmus,
13:54bon, c'est sympathique,
13:56puis ensuite à travers l'ERC, European Research Council,
13:59parce que ça donne des financements, etc., etc., c'était intéressant.
14:01Bon, là, à nouveau, le monde a complètement basculé,
14:04c'est-à-dire que du point de vue géopolitique,
14:07la construction de l'Europe,
14:09en particulier dans le champ de l'enseignement supérieur de la recherche,
14:12reprend une actualité extrêmement forte.
14:14Alors, quand je parle à mes amis de l'ATUM,
14:17la Technische Universität München,
14:19de l'EPFL, parce que c'est une alliance européenne au sens large,
14:22donc vous avez la Suisse et Israël,
14:24qui sont représentés par le Technion,
14:26vous avez aussi les Danois de la DTU,
14:28à Eindhoven,
14:30et puis on a fait rentrer récemment
14:33Taltek de Tallinn,
14:34ils sont, j'ai autant vous dire qu'en cybersécurité,
14:37ils sont assez affûtés,
14:38et puis la Czech Technologie Université.
14:41Et c'est facile de parler le même langage ?
14:44C'est assez évident.
14:45Alors, je vais même être plus précis.
14:48Si vous parlez
14:49des grands défis,
14:52on travaille sur quoi ?
14:53On travaille tous sur l'IA,
14:55on travaille tous sur le quantique,
14:56les questions climatiques,
14:57les semi-conducteurs,
14:59enfin, toutes ces questions-là sont communes.
15:02Alors, il y avait une question qui n'était pas commune,
15:04et c'est très intéressant,
15:06parce qu'il y a deux ans,
15:08quand j'arrive au sein d'Eurotech,
15:09il y a un débat sur les programmes européens,
15:12est-ce qu'il faut que la recherche duale,
15:14enfin, disons, la recherche militaire,
15:15et la recherche civile,
15:16à travers ce qu'on appelle la recherche duale,
15:19et bien, est-ce qu'il faut que ces programmes,
15:20est-ce qu'il y ait une porosité ?
15:22Et je suis le seul de mon espèce,
15:24parce que, évidemment, les Suisses et les Allemands,
15:28pour des raisons historiques,
15:29bien qu'on y dise,
15:30niettes,
15:30surtout pas,
15:31il faut bien séparer les deux.
15:33Alors moi, je leur dis,
15:34excusez-moi,
15:34vous comprendrez qu'avec les tutelles que j'ai,
15:37bon, là,
15:37c'est pas comme si c'était depuis hier
15:40que Polytechnique et que l'Ensta
15:42font de la recherche duale,
15:43et d'une certaine manière,
15:44enfin, les télécoms,
15:46non, enfin, c'est tout ça.
15:47D'ailleurs, aujourd'hui,
15:48bien malin,
15:49qui distingue
15:51ce qui a une application civile
15:52est-ce qu'il y a une application militaire ?
15:54Voilà, si vous faites de la robotique,
15:56bon,
15:58et on en reparle
16:00il y a quelques mois,
16:02et tout a changé.
16:03Le contexte géopolitique fait que
16:04c'est devenu une évidence.
16:05Il est bien clair
16:06qu'il va falloir travailler là-dessus,
16:08qu'il va y avoir des opportunités
16:09de financement
16:10et que c'est une responsabilité.
16:11Donc, oui,
16:12on parle le même langage,
16:13y compris là-dessus maintenant.
16:14Un dernier mot,
16:14il nous reste le temps,
16:15file vite,
16:15mais je voudrais quand même
16:16une dernière question sur l'IA,
16:17parce que ça questionne aussi
16:19toute la chaîne éducative.
16:20Oui.
16:21C'est-à-dire comment
16:23les établissements
16:24de l'Institut géopolitique de Paris
16:26adaptent leur cursus,
16:27c'est-à-dire est-ce que
16:28vos étudiants doivent
16:29ou sont déjà en train
16:30d'apprendre différemment ?
16:31Bien sûr,
16:32bien sûr,
16:32et ça va aller très vite.
16:35Alors,
16:36d'une certaine manière,
16:39d'abord,
16:40depuis toujours,
16:41on donne des outils
16:42de très haut niveau
16:43aux étudiants,
16:44c'est pas une question
16:44de contenu,
16:46c'est plutôt une question
16:46de méthode
16:48et de beaucoup de pédagogie
16:52par projet,
16:52beaucoup de pédagogie
16:53par la recherche,
16:54etc.
16:55Donc,
16:55je pense que l'utilisation
16:57maîtrisée de l'IA
16:58et intelligente de l'IA
16:59sera assez naturelle.
17:01Mais effectivement,
17:01ça va nous bouleverser.
17:02Et tel qu'on se parle,
17:05je ne suis pas sûr
17:05que l'année académique
17:06se termine de la même manière
17:07qu'elle a commencé,
17:07d'une certaine manière,
17:08parce qu'il y a des choses
17:09qui vont apparaître.
17:10Alors,
17:11la question,
17:12ce n'est pas l'évaluation
17:13et est-ce qu'ils vont rédiger
17:15leur devoir de maths
17:15avec de l'IA,
17:16parce qu'évidemment,
17:17on va être un peu plus à l'oral,
17:18on va être un peu plus en présentiel,
17:19on va essayer quand même
17:20de stimuler ces capacités humaines
17:22qui sont essentielles,
17:23même et surtout
17:24si on veut faire de l'IA.
17:25Mais oui,
17:26la pédagogie va changer,
17:28mais plus profondément,
17:29c'est le rapport au savoir
17:30qui va changer.
17:31C'est-à-dire,
17:31non seulement les labos
17:32se servent de l'IA
17:33dès qu'ils ont beaucoup
17:34de données à examiner,
17:37et c'est souvent le cas,
17:39mais au fond,
17:40une fois de plus,
17:41même les disciplines théoriques
17:44vont évoluer.
17:45ça va être passionnant.
17:47Alors parfois,
17:47c'est un peu angoissant aussi.
17:49Effectivement.
17:50Allez,
17:50on parle un peu plus,
17:51il nous reste dix minutes,
17:51on va parler
17:53d'enjeux environnementaux
17:55et énergétiques.
17:57Vous avez mis en place
17:57un écosystème scientifique
17:59pour repenser,
18:01transformer la production,
18:03la consommation d'énergie.
18:04De quoi il s'agit ?
18:05Alors,
18:06un de nos centres
18:08interdisciplinaires,
18:09ceux dont je vous parlais
18:09tout à l'heure,
18:10s'appelle
18:11E4C,
18:12Energy for Climate.
18:13Alors,
18:14ces gens,
18:15ils viennent d'un univers
18:17qui s'appelle
18:18le laboratoire
18:19de météorologie dynamique,
18:20qui d'ailleurs
18:21implique d'autres institutions,
18:24et ce sont des gens
18:25qui prédisent
18:25l'évolution de l'atmosphère.
18:26Ils ont des instruments
18:27assez fabuleux,
18:30des lidars
18:31et toutes ces sortes de choses
18:32qui leur permettent
18:32de regarder l'atmosphère
18:34et de faire des prévisions
18:35climatiques
18:35à toutes les échelles,
18:36assez fines, etc.
18:37Bon,
18:38ça intéresse beaucoup de gens,
18:39évidemment.
18:40Et alors,
18:41il y a cette base scientifique,
18:45et puis,
18:46il y a quelque chose
18:47de très intéressant,
18:48d'assez particulier,
18:49c'est l'idée
18:50d'avoir des démonstrateurs
18:52sur le campus,
18:52parce qu'après,
18:53un campus,
18:54c'est un lieu de vie,
18:55il se trouve qu'on a
18:56un certain nombre
18:57de bâtiments,
18:58alors,
18:58l'école polytechnique
18:59est en train de rénover
19:00son bâtiment central,
19:01elle l'a fermé pour trois ans,
19:02il y a une superbe rénovation,
19:03il y a de nouveaux bâtiments
19:04qui ont été construits,
19:05mais enfin,
19:06il y a des bâtiments
19:06qui logent
19:08des étudiants,
19:08les étudiants
19:09du bachelor
19:10de l'école polytechnique,
19:11alors ça,
19:11c'est un bâtiment
19:11très récent,
19:12puis il y a des bâtiments
19:13plus anciens
19:14qui logent des familles,
19:15des familles de militaires,
19:16de personnes
19:18qui sont sur le campus.
19:19On a équipé ces,
19:21enfin,
19:22ils ont,
19:23les scientifiques,
19:24ont équipé
19:24ces bâtiments
19:26de capteurs
19:26qui permettent
19:27à la fois
19:28d'avoir
19:29une évaluation fine
19:30des comportements
19:32de consommation,
19:32mais aussi des effets,
19:34par exemple,
19:35du stockage
19:35d'énergie solaire,
19:36de différents types
19:37de stockage.
19:38Donc,
19:38ce sont des labos aussi.
19:39C'est un labo.
19:40Les bâtiments de vie
19:41deviennent des labos.
19:41C'est ça.
19:42C'est un labo,
19:43c'est effectivement
19:44un démonstrateur
19:45in vivo.
19:46Bon,
19:46il y a un autre démonstrateur
19:48qui est sur le,
19:49qu'on va mettre en place,
19:50enfin,
19:50il est en train
19:51d'être mis en place,
19:52on le voit,
19:53sur le lac
19:54de l'école polytechnique
19:54qui extrait le CO2
19:56et le réutilise
19:58pour faire un carburant
19:58de synthèse.
20:00Donc,
20:00on a ce genre de choses.
20:01On a aussi une ferme
20:02agrivoltaïque.
20:03Bon,
20:03donc,
20:03c'est assez passionnant
20:05de voir
20:07comment ce grand thème
20:10impacte la recherche,
20:13impacte le lien
20:14avec l'entreprise
20:15et puis la vie quotidienne
20:16sur le campus
20:17et aussi impacte
20:18la formation.
20:19Parce qu'il y a
20:19un grand cours,
20:21le premier grand cours
20:24auquel sont confrontés
20:25les étudiants
20:26d'école polytechnique
20:26quand ils reviennent
20:27sur le campus
20:27en deuxième année.
20:28C'est un campus
20:29qui a,
20:30c'est un cours
20:30qui est fait par
20:31Céline Guivarge
20:32qui est chercheuse
20:33à l'école nationale
20:33des ponts et chaussées
20:35et qui a impliqué
20:37toutes les disciplines
20:39sur les enjeux
20:40de la transition
20:42écologique,
20:42climatique,
20:43énergétique,
20:44etc.
20:45Si vous connaissez
20:45l'école polytechnique
20:47elle est sur un plateau
20:47où on vient du chemin
20:48de la station
20:50RER de Lozère
20:51et il y a un chemin
20:52qui monte dans les bois.
20:53Ils ont un casque audio
20:54et on leur fait
20:55le premier cours
20:57commence là
20:57et on leur fait
20:58une sensibilisation
20:59à travers le campus
21:00à la transition écologique
21:01et l'école nationale
21:02des ponts et chaussées
21:02elle aussi
21:03dès la première année
21:06les sensibilise à ça.
21:07Est-ce que ça,
21:08Thierry Coulon,
21:08ça répond aussi
21:09à une demande
21:10des étudiants ?
21:11Je crois que c'est
21:12lors de la dernière
21:12mais il y en a eu d'autres
21:13cérémonies de remise
21:14des diplômes
21:16et un certain nombre
21:16d'étudiants
21:17qui se disent
21:17c'est quoi notre rôle ?
21:19Quel va être le rôle
21:19des ingénieurs
21:20face à ces défis
21:22climatiques,
21:23énergétiques,
21:23même géopolitiques ?
21:25C'est une demande
21:26qui s'exprime
21:26de plus en plus fortement ?
21:27Oui, bien sûr.
21:28Il y a des éléments
21:29d'éco-anxiété
21:30mais enfin
21:31la peur n'exprime pas
21:32le danger
21:33et il y a des éléments
21:34d'intérêt.
21:35Si vous voulez,
21:36quand vous prenez
21:38ces promotions
21:40d'école d'ingénieurs
21:41mais aussi des masters
21:42et des doctorats
21:43puisqu'on attire
21:43on a 40%
21:44d'internationaux
21:45donc on attire
21:46beaucoup
21:47dans nos masters
21:48et nos doctorats
21:49ces jeunes gens
21:52cherchent du sens
21:53alors
21:54ils auront
21:55des trajectoires
21:56très différentes
21:57les gens
21:57qui seront intéressés
21:59par effectivement
22:00la transition écologique
22:01d'autres par la défense
22:02et la sécurité
22:03d'autres iront
22:04dans l'IA
22:05en tout cas
22:05tous ont
22:06d'une part
22:07des outils
22:09de très haut niveau
22:10et d'autre part
22:10une sensibilisation
22:13aux enjeux écologiques
22:14d'une part
22:15à l'IA
22:15d'autre part
22:16et ensuite
22:18ils peuvent faire
22:18leur chemin
22:20est-ce que ça répond
22:21à un souhait
22:22d'une grande partie
22:23des élèves
22:24oui
22:24évidemment
22:25et alors là
22:25vous nous parliez
22:26de ces grands cours
22:27arrivés
22:28deuxième année
22:29est-ce que ça essaine
22:31dans un peu
22:31tous les cursus
22:32aussi
22:33l'enjeu
22:34et la transition
22:35environnementale
22:36bien sûr
22:37cet enjeu là
22:38mais les autres aussi
22:40il y a une richesse
22:41ça pourrait être
22:42un silo
22:42pardon de vous interrompre
22:44mais un cours
22:45sur la transition
22:45environnementale
22:46et puis partout ailleurs
22:47on n'en parle plus
22:47oui ce serait un peu
22:48absurde
22:48si on est
22:49bien sûr
22:51les grands défis
22:54infusent
22:55dans toute la formation
22:56cela dit
22:57il faut
22:57comment dire
22:58ne pas être
22:58pas s'asseoir
23:00sur ses lauriers
23:00il va falloir
23:01faire évoluer
23:02sans cesse
23:02l'offre de formation
23:03et la graduate school
23:05qui propose
23:07les masters
23:08et les doctorats
23:09évolue sans cesse
23:10la semaine dernière
23:12on a regardé
23:13comment dans le prochain
23:14conseil d'administration
23:15on va présenter
23:15les évolutions
23:16de l'offre de formation
23:17c'est une matière vivante
23:18évidemment
23:19vous travaillez aussi
23:20sur le bilan carbone
23:21alors vous avez en partie
23:22répondu en disant
23:22qu'il y avait
23:23ces démonstrateurs
23:25ou ces laboratoires
23:26vivos
23:27mais si je regarde
23:28je pense que c'est seulement
23:29l'école polytechnique
23:31mais ce plan climat
23:32qui affiche une réduction
23:33de 20% des émissions
23:34de gaz à effet de serre
23:35par usager
23:3650% des commandes
23:37intégrant des critères
23:38environnementaux sociaux
23:39baisse de 30%
23:40des repas
23:41à base de bœuf
23:42etc.
23:44dans les 6 écoles
23:45il y a cette volonté
23:47vous avez fait un audit
23:48une sorte d'audit
23:50carbone
23:51pour dire
23:51voilà où on veut aller
23:52la manière dont on fonctionne
23:54c'est que
23:55quand quelqu'un est en avance
23:57et fait quelque chose de bien
23:58on diffuse
23:59et on imite
24:00donc il y a un plan climat
24:01de l'X
24:02qui est remarquable
24:03il faut qu'on fasse
24:04effectivement
24:06un bilan
24:07de l'impact carbone
24:09des labos
24:09il y a une association
24:10qui s'appelle
24:11Labo 1.5
24:13qui travaille là-dessus
24:14et qui peut nous fournir
24:15des outils
24:16oui on va généraliser ça
24:17c'est très important
24:19avec
24:20j'imagine
24:21les déplacements
24:22des étudiants
24:23des intervenants
24:23qui pèsent
24:24pour une partie importante
24:25les chercheurs
24:25on y réfléchit tous
24:26on se demande tous
24:28est-ce qu'il y a des cycles
24:30dans ces défis
24:31là on parle
24:32si je regarde
24:33là je parle
24:34du prisme médiatique
24:35mais
24:36on parle
24:37IA
24:37partout
24:37ça fait la une
24:39de nombreux magazines
24:39et peut-être
24:40un peu moins
24:41à tort à mon avis
24:42des défis
24:43et des enjeux
24:44environnementaux
24:44est-ce que vous voyez
24:45ces cycles
24:46vous à l'oeuvre
24:46pour des grandes écoles
24:47comme les vôtres
24:48on les voit
24:49parce qu'on lit
24:49on les voit
24:53parce qu'on lit
24:54les journaux
24:56on est
24:57sensible
24:58non pas
24:58à des cycles
24:59de mode
24:59mais à des
25:01grandes évolutions
25:01effectivement
25:02l'enjeu géopolitique
25:04enfin il y a encore
25:06quelques années
25:06il n'a pas la même
25:07la même acuité
25:09il y a quelques années
25:09on peut se dire
25:10dites donc
25:10avoir des écoles militaires
25:12est-ce que c'est
25:12une rémanence du passé
25:14est-ce que c'est du folklore
25:15est-ce que ça a un sens
25:16ben oui
25:16il se trouve que ça
25:18ça a un sens parfait
25:19mais là on parle
25:20de grandes évolutions
25:22qui ne sont pas
25:23qui ne sont pas vraiment
25:24cycliques
25:25enfin à moins que le monde
25:26dans dix ans
25:27rentre dans une
25:28ère de paix
25:31inespérée
25:32alors
25:32en revanche
25:33je pose la question
25:34parce que
25:34quand on prépare
25:36des cycles
25:39d'investissement
25:41de cursus scolaire
25:42etc
25:43on ne peut pas suivre
25:44comme ça
25:44les modes
25:45mais les modes
25:47on y est moins sensible
25:48c'est-à-dire que
25:49alors
25:49il y a une question politique
25:51une question d'arbitrage
25:52qui est
25:52on nous parle du backlash
25:54à propos des questions
25:56environnementales
25:56nous on reste très calme
25:58par rapport à ces questions-là
26:00il y a un mouvement de fond
26:02il suffit
26:03il suffisait d'être en France
26:05cet été
26:05pour avoir
26:06le sentiment
26:07qu'il y avait
26:08une certaine urgence
26:10donc
26:10de toute façon
26:11à la fois
26:13c'est intéressant
26:14parce qu'on cherche
26:14à être connecté
26:16au grand défi
26:16connecté à l'économie
26:18mais d'un autre côté
26:19ce qu'on fait
26:20c'est de fournir
26:21des méthodes
26:22scientifiques
26:23de fournir
26:23une espèce
26:24de souplesse
26:25quand même
26:25de capacité
26:26d'adaptation
26:27aux étudiants
26:28et puis
26:29et puis
26:30on fait aussi
26:31de la recherche fondamentale
26:33une fois de plus
26:35voilà une opposition
26:36qui est difficile
26:38sur laquelle
26:39il n'est pas très utile
26:40d'insister
26:40on fait des lasers
26:42les lasers
26:42ça peut servir
26:43à beaucoup de choses
26:43alors ça c'est des installations
26:45très lourdes
26:45on ne va pas défaire
26:46en cinq minutes
26:46et sur lesquelles
26:47on va continuer
26:48à travailler
26:52et oui
26:53on a l'impression
26:54que ces grands investissements
26:56de recherche
26:56ils resteront
26:57de toute façon pertinents
26:58merci beaucoup
26:59Thierry Coulon
27:00d'être venu nous présenter
27:01les six grandes écoles
27:04d'ingénieurs
27:04de l'Institut Polytechnique
27:05de Paris
27:07à bientôt
27:07sur Vsmart4Channel
27:08voilà c'est la fin
27:09de cette émission
27:10merci de votre fidélité
27:12à très bientôt
27:13sur la chaîne des affaires
27:14sur la chaîne des audacieuses
27:15et des audacieux
27:16salut
27:16merci d'avoir regardé cette vidéo !
27:20merci d'avoir regardé cette vidéo !
27:25merci d'avoir regardé cette vidéo !

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