- il y a 6 minutes
Budget 2027 : le Rassemblement national propose dans son contre-budget 15 à 20 milliards d'économies sur les retraites et 12 milliards sur l'immigration. Et rappelle qu'il ne votera pas « en l'état » le budget proposé par le gouvernement. Les chiffrages sont-ils réalistes ? Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, est l'invité de Céline Landreau.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Céline Landreau du 07 octobre 2026.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Céline Landreau du 07 octobre 2026.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:04L'invité d'RTL Matin à 7h43, bonjour Sébastien Chenu.
00:07Bonjour Madame.
00:08Vous êtes député du Nord, vice-président du Rassemblement National.
00:10Avant de revenir avec vous sur la mobilisation lycéenne qui secoue le pays,
00:14on va parler de ce projet de budget qu'évoquait François Langlais,
00:17que le Rassemblement National a présenté hier,
00:19avec donc cet objectif de 140 milliards d'économies sur 5 ans.
00:23Il y a quand même beaucoup de paris dans ce budget, vous venez d'entendre François,
00:26sur la croissance notamment. Vous êtes très critique sur les prévisions du gouvernement
00:30qui visent 1% de croissance l'an prochain, mais vous visez presque deux fois plus dès 2028.
00:36C'est bien sérieux un tel optimisme ?
00:38Oui Madame, parce qu'en fait nous ne comptons pas réformer la France à périmètre constant.
00:43Nous sortons des logiques macronistes et c'est la raison pour laquelle nous n'aurons pas le même type de
00:47résultat.
00:47Nous on est guidé par quoi ? Par l'idée de redresser les comptes publics,
00:50de réparer les erreurs macronistes. Je ne vais pas revenir sur le bilan d'Emmanuel Macron,
00:54je crois que maintenant tout le monde a compris que c'est une catastrophe économique et financière,
00:59et puis protéger aussi l'épargne des Français et leur pouvoir d'achat.
01:02Vous avez d'ailleurs, M. Langley, omis de dire que nous faisons tout ça
01:06en faisant adopter par référendum, si les Français le veulent bien, une règle d'or.
01:11C'est-à-dire que nous considérons qu'il y a un cadre dans lequel il faut limiter le déficit,
01:15parce que sinon la machine s'emballe,
01:17et vous ne pouvez à la fin évidemment plus payer non seulement vos intérêts de dette,
01:22mais également demain, à un horizon très court, les fonctionnaires, en tous les cas le fonctionnement de l'État.
01:28Donc un optimisme raisonné, c'est ce que vous nous dites ?
01:30Oui, avec, je dois quand même le dire, un accueil des marchés aux propositions de Marine Le Pen qui n
01:35'a pas été négatif.
01:37En tous les cas, s'il l'avait été, ça se serait vu immédiatement, et vous nous l'auriez dit
01:41ce matin.
01:42Vous vous êtes un peu réjoui justement d'une baisse du taux d'intérêt qui n'était pas vraiment liée
01:46à l'intervention de Marine Le Pen,
01:47parce que ça avait commencé avant même qu'elle n'ouvre la bouche.
01:49Non, parce que les coûts d'endettement qui baissent plus vite que les voisins, c'est propre aux dispositions.
01:55C'est le cas aussi dans d'autres pays, Sébastien Chenu, hier matin.
01:58Oui, mais c'est propre aux dispositions que nous prenons,
01:59mais en tous les cas, l'inverse aurait été noté, que vous m'auriez dit ce matin,
02:02les marchés se sont affolés suite aux déclarations de Marine Le Pen, ce qui n'est pas le cas.
02:07Sur les économies que vous proposez, Sébastien Chenu, 20% du plan sont directement liés à l'immigration.
02:13Vous estimez notamment que la baisse de l'immigration va se traduire naturellement par une moindre insécurité
02:17qui générera une économie de 2 milliards d'euros.
02:20Comment vous arrivez à un tel chiffrage ?
02:23Madame, nous ce que nous considérons, c'est qu'il faut faire baisser un certain nombre de dépenses.
02:26Là, vous parlez de l'immigration, mais il n'y a pas que les dépenses.
02:28Vous avez, François Langlais l'a très bien dit, expliqué qu'il fallait rationaliser les dépenses de l'État.
02:33C'est-à-dire le train de vie de l'État, les collectivités locales, le millefeuille.
02:37Il y a l'immigration.
02:38Il y a également les dépenses, la contribution à l'Union Européenne que nous baissons.
02:42Et c'est tout ça qui nous permet de faire des baisses de dépenses considérables.
02:45Ça, c'est pour les chiffres que vous affichez, l'intention qui est la vôtre.
02:48Mais je n'ai pas tout à fait la réponse, Sébastien Chenu.
02:51Comment vous estimez ce chiffrage ?
02:53Ces 2 milliards d'euros qui seraient liés à une baisse d'insécurité,
02:56directement liés à une baisse de l'immigration ?
02:59Non, mais ce n'est pas exactement ça.
03:00C'est le coût de l'immigration.
03:01Le coût de l'immigration dans notre pays, c'est à la fois des allocations,
03:05c'est à la fois du logement.
03:06Ces 2 milliards-là, c'est directement lié à la sécurité, Sébastien Chenu ?
03:08Ces 2 milliards-là, mais madame, parce que le coût de l'immigration dans notre pays,
03:12il est très important.
03:13Il est très important socialement, il est très important dans la dépense publique,
03:16il est très important dans les formes d'insécurité.
03:20Je n'arrive même pas à comprendre, en fait, là où vous voulez en venir.
03:22C'est juste que je ne comprends pas ces 2 milliards.
03:25Comment vous les justifiez ?
03:26Comment vous dites que la baisse de l'immigration va provoquer une économie de 2 milliards en termes de sécurité
03:31?
03:31Je voudrais juste comprendre comment vous arrivez à un tel chiffrage.
03:33Madame, la baisse de l'immigration, vous l'avez bien vu, dans tous les faits d'insécurité,
03:39il y a une surreprésentation de la jeunesse, une surreprésentation de l'immigration.
03:42Donc à partir du moment où vous attaquez, et à la problématique de la jeunesse,
03:45on le voit d'ailleurs dans les lycées, et à la problématique de l'immigration,
03:48et que vous faites baisser cette insécurité, vous faites un certain nombre d'économies.
03:51Et pourquoi 2 milliards, pas 4, pas 1 ?
03:53Parce que c'est calculé sur 5 ans, madame.
03:55Parce que ce sont les chiffres des agences qui nous sont communiqués aujourd'hui sur le coût de l'immigration.
03:59Et vous avez notamment cette structure dont le nom m'échappe,
04:03qui s'occupe du coût de l'immigration dans notre pays.
04:06Je ne sais plus comment ça s'appelle, peut-être François Langlais s'en souvient,
04:09qui en a fait le calcul.
04:10Donc ça c'est, mais ça c'est, j'allais dire, un des éléments de la baisse de la dépense
04:14publique.
04:15Il y a la baisse de la dépense, il y a la baisse ou la réorientation de la fiscalité.
04:18Parce que vous l'avez dit, on fait baisser des impôts, des impôts pour les entreprises.
04:21Mais on a aussi une réorganisation de la fiscalité,
04:23puisqu'il y a aussi un certain nombre d'impôts, ou en tous les cas de taxes.
04:27Taxes, par exemple, sur l'éolien, par exemple, que nous mettons en place,
04:32qui permettent de faire rentrer des recettes.
04:34Et puis, de l'autre côté, vous avez des nouvelles dépenses, des nouveaux droits.
04:37Parce que là aussi, on ne réforme pas le pays.
04:40Quand on a besoin de finances publiques, c'est pour mener d'autres politiques publiques
04:44qui auront des effets également.
04:45Des effets de croissance, des effets dynamiques.
04:48Vous parliez des violences dans ce pays.
04:50La violence, en ce moment, elle est visible dans les manifestations lycéennes.
04:54Encore près de 500 interpellations hier.
04:56Plus de 6500, pardon, depuis le début du mouvement, depuis une semaine en France.
05:01C'est du jamais vu.
05:02Est-ce qu'on est vraiment face au mouvement social le plus dangereux de ces dernières années ?
05:05Ou est-ce qu'on est en droit, selon vous, de s'interroger sur la mesure de cette répression ?
05:09Non, on est en tous les cas face à un mouvement social de grande ampleur,
05:13qui est manipulé, qui est organisé, qui est sous-tendu par des objectifs politiques
05:19que mène l'extrême-gauche de déstabilisation du pays.
05:24Et de l'autre côté, il y a des revendications auxquelles il faut être attentif.
05:27Mais pour être attentif à ces revendications, il ne suffit pas d'ouvrir des cahiers de doléances
05:32ou d'organiser des débats, comme ils l'ont fait pendant les Gilets jaunes, pour mieux les enterrer.
05:36Il faut d'abord anticiper les choses.
05:38Ce gouvernement est là depuis 10 ans.
05:39Ils n'ont rien anticipé non plus sur la question éducative.
05:41Et puis, il y a un certain nombre de réponses concrètes à apporter.
05:43Nous, nous le faisons.
05:44Et d'ailleurs, c'est aussi dans notre projet de budget.
05:46La revalorisation du métier d'enseignant, par exemple, plus 3% par an sur 5 ans, ça fait plus 15%.
05:51Ça fait partie, c'est l'une des réponses.
05:54Et une des autres réponses, c'est la suppression de Parcoursup.
05:57Vous allez le remplacer par quoi, cette plateforme qui gère, on le rappelle, aujourd'hui, les admissions post-bac ?
06:02Oui, mais là aussi, c'est une logique avec laquelle il faut rompre.
06:05Nous, nous considérons qu'il faut...
06:07Et d'ailleurs, c'est peut-être le seul bon point que je pourrais donner à ce gouvernement,
06:10qu'il faut aller beaucoup plus vers l'apprentissage.
06:12Mettre les jeunes gens, orienter les jeunes gens le plus tôt possible,
06:15et sortir du dogme dans lequel on envoie tous les bacheliers en études supérieures,
06:21en tout cas en fac.
06:22Sortir de cette logique-là.
06:24Sortir de cette logique pour faire...
06:25Et valoriser l'apprentissage et les métiers.
06:26Oui, et de l'orientation beaucoup plus tôt.
06:29Là encore, pourquoi ?
06:30Pour faire entrer plus de jeunes sur le marché du travail,
06:32qui permettront là aussi de faire entrer des cotisations sociales,
06:35et qui permettront de nourrir un nouveau projet de réforme des retraites.
06:39Et de réduire les déficits, on y revient.
06:40Sébastien Chenu, Jordan Bardella, une nouvelle fois,
06:42a formellement contesté les accusations de Mediapart hier.
06:44Il répète qu'il n'a pas tenu les propos antisémites que lui prête le journal,
06:48malgré ce que Mediapart présente comme des preuves.
06:50Ses conversations extraites des fichiers de métal à Maison-Mère de Facebook
06:53et authentifiées par Huissier.
06:55Est-ce que vous savez si ça y est,
06:56la plainte pour faux dont il menace Mediapart depuis plusieurs jours
06:59a bien été déposée ?
07:00Bon, écoutez, si elle n'a pas été déposée au moment où nous nous parlons,
07:03elle le sera dans les heures qui viennent,
07:04parce que ce que nous voyons,
07:06c'est que Mediapart est en train de se prendre un retour de boomerang.
07:11Le témoin de, entre guillemets,
07:13moralité auquel il faisait référence pendant des semaines,
07:17s'est rétracté, indiquant que Mediapart...
07:18Alors, ce témoin, il a témoigné sur CNews,
07:20c'est un ancien responsable du Front National de la Jeunesse,
07:22qui est un des témoins,
07:24mais qui n'est pas directement lié aux écrits.
07:27On nous l'a présenté pendant des jours et des jours,
07:30comme étant la pierre angulaire du fait que Jordan Bardella
07:34aurait dit, aurait fait des choses répréhensibles.
07:37La réalité, c'est qu'il dit, j'ai été manipulé par Mediapart.
07:40Mediapart est en train de reprendre...
07:41Mais ce n'est pas par lui que viennent les écrits...
07:43Écoutez, en tous les cas, ça montre,
07:45et je crois que je l'avais dit,
07:47peut-être pas chez vous, mais en tous les cas,
07:49sur d'autres médias,
07:49que les sources de Mediapart
07:51sont souvent aussi inavouables qu'infréquentables.
07:54Sur ces propos, quand même, Sébastien Chenu,
07:57le plus simple pour Jordan Bardella
07:59aurait évidemment été d'extraire lui-même des conversations.
08:02Simplement, il explique qu'il n'a plus de compte Facebook,
08:04qu'il les a supprimés,
08:05et donc qu'il ne peut pas faire cette demande auprès de Meta.
08:08On peut le croire sur parole,
08:09quand il dit qu'il n'a pas prononcé, écrit ces mots,
08:11c'est ce que vous décidez de faire.
08:13Mais ces propos, authentifiés par Meta,
08:15ils ont bien été écrits par quelqu'un en 2013.
08:17Oui, mais ça ne veut pas dire que c'est par Jordan Bardella.
08:19Et qui a pu se faire passer pour Jordan Bardella,
08:21il y a 13 ans, tenir de tels propos,
08:24et dans quel but ?
08:25Vous pensez qu'il y a eu usurpation d'identité,
08:27c'est ce que vous dites ?
08:27Oui, mais d'ailleurs, ce sont des faux grossiers,
08:29c'est ce que dit Jordan Bardella.
08:30Et ces faux grossiers,
08:32Mediapart ou les a sciemment...
08:33Des faux qui auraient été écrits il y a 13 ans.
08:35Oui, mais vous savez,
08:37que ce soit il y a 13 ans, 5 ans,
08:39ou aujourd'hui,
08:39il y a des gens qui veulent du mal
08:41à des gens qui s'engagent dans l'action politique.
08:42Quelqu'un qui pariait sur le fait que Jordan Bardella,
08:4513 ans plus tard, puisse défendre un Matignon ?
08:47Quelqu'un qui a pris son identité,
08:49en tous les cas,
08:49qui a ouvert un compte à son nom,
08:51et qui a tenu un certain nombre de propos
08:53ou de conversations.
08:53Mais le lien avec Jordan Bardella,
08:56la personne, n'est évidemment pas prouvé.
08:58Et d'ailleurs, Mediapart est assez disqualifié
09:01en la matière.
09:02Mais moi, ce que je vois,
09:03c'est qu'on a face à nous...
09:05Mais ce ne sont pas des faux,
09:07si vous dites que c'est quelqu'un d'autre
09:08qui a usurpé l'identité ?
09:09Ces propos ont bien été tenus, selon vous,
09:12par quelqu'un d'autre ?
09:12L'authentification dit qu'il y a eu
09:15un certain nombre de messages
09:16qui ont existé.
09:17Mais on ne vous dit pas que c'est Jordan Bardella
09:18qui les a tenus.
09:20Voilà ce que ça dit, l'authentification.
09:22Mais ce qu'on voit, c'est que Mediapart,
09:23en réalité, qui mène un combat politique,
09:25il ne s'en cache pas d'ailleurs
09:27depuis des années contre le Rassemblement National.
09:29Plus on avance,
09:30plus on voit que leurs sources
09:32sont à la fois infréquentables,
09:35inavouables et en toque.
09:37C'était le cas des témoignages.
09:39Plus on voit qu'ils s'enfoncent
09:40dans des diffamations pour lesquelles
09:42un certain nombre de médias, d'ailleurs,
09:43ont déjà été condamnés de par le passé.
09:45Et plus on voit la faiblesse de Mediapart
09:47qui, ou, je vous le dis,
09:49l'a fait siemment,
09:49où c'est fait en fait enfumer
09:50par des témoins inacceptables.
09:54Merci Sébastien.
09:54Merci d'avoir regardé cette vidéo !