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ÉducationTranscription
00:12Bonjour et bienvenue sur Destin d'entrepreneurs, le magazine de cette info qui met en lumière les bâtisseurs de l
00:19'Afrique d'aujourd'hui et de demain.
00:21Je suis ravie de présenter mon invitée d'aujourd'hui. Elle allie la rigueur des plus grands cabinets mondiaux à
00:27une énergie chaleureuse et contagieuse.
00:30Après avoir passé plus de 20 ans aux Etats-Unis, elle est rentrée en Côte d'Ivoire et est actuellement
00:34associée chez Deloitte et également présidente de la Chambre américaine de commerce Amcham.
00:40Je vous prie de bien vouloir accueillir avec moi Félicia Djibo.
00:45Bonjour Félicia, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
00:48Bonjour Héloïne, merci de m'en recevoir.
00:51Ça va aujourd'hui ?
00:52Très bien.
00:53On sait que vous êtes une femme occupée.
00:54Donc on va revenir sur tout votre parcours.
00:58Mais avant les conseils d'administration, les investissements, il y avait Félicia Enfant.
01:03Je voudrais savoir comment ça se passait à la maison.
01:05Vous avez grandi où, avec qui, dans quel environnement ?
01:09Racontez-nous.
01:11Alors, wow, une marche arrière très longue.
01:15J'ai grandi à Abidjan, née et grandi à Abidjan, d'abord aux deux plateaux et ensuite à la rivière
01:22à Golfe.
01:23Je suis d'une fratrie de quatre, trois filles et un garçon.
01:28Et donc six au total dans la maison, jusqu'au bac.
01:32Jusqu'au bac.
01:34Parent très, très ouvert, qui stimulait beaucoup la curiosité intellectuelle.
01:41Très strict et rigoureux avec l'académique.
01:45Donc on n'avait pas vraiment de marge de manœuvre et d'erreur.
01:48Il fallait avoir de bonnes notes.
01:49Voilà, il fallait toujours avoir de bonnes notes.
01:51Et quand les notes n'étaient pas assez bonnes, il fallait expliquer et trouver la solution qu'on allait proposer
01:57pour remonter la barre.
01:59Donc c'était à vous de proposer les solutions pour vous améliorer.
02:02Voilà, donc très tôt, ça a été une aptitude qui a été inculquée en nous.
02:09Donc voilà, une compétition, mais une compétition aussi saine entre les frères et sœurs, entre les cousins.
02:15Parce que la rigueur académique, en fait, venait de la génération antérieure, donc de mes grands-parents, des deux côtés.
02:22Voilà, donc Noël, les cadeaux étaient déterminés en fonction du classement.
02:29En fonction du carnet de notes.
02:32Carnet de notes, classement, classement aussi de classe, parce que quand on n'était pas premier, il fallait expliquer qui
02:37était premier et pourquoi.
02:38Qu'est-ce qui n'a pas marché.
02:42Et même pendant qu'on voyageait, tout se transformait en fait en exercice académique.
02:50Donc par exemple, si on prenait la route pour la Yamsoukro ou Bouaké, on parlait de géométrie, on faisait des
02:57mathématiques en comptant les arbres.
02:59Et puis au fur et à mesure qu'on évoluait dans la scolarité, les formules devenaient un peu plus complexes.
03:04Donc beaucoup de calculs mentaux, très tôt, dans l'âge et de concepts très scientifiques.
03:11Mais en fait de manière ludique, très amusante.
03:15Et donc apprendre pour nous, ce n'était pas une charge.
03:18C'était quelque chose d'amusant tout en étant sérieux.
03:21On reproche souvent à l'éducation en ce moment d'apprendre de façon un peu trop abstraite.
03:27Donc ça, c'est une façon intelligente d'apprendre aux enfants en comptant les voitures.
03:32Voilà, voilà.
03:32Très pratique.
03:34Et même quand on allait au cinéma, il fallait qu'on vienne faire des résumés, des films écrits.
03:40Écrits.
03:41Je suis fatale avec les enfants.
03:44De ce qu'on avait vu.
03:45Donc je pense que c'est là aussi qu'on apprend à synthétiser les concepts, les histoires et aller droit
03:52au but.
03:53Et donc effectivement, ma mère mettait ses commentaires sur les écrits.
03:58Et vous vouliez quand même aller au cinéma ?
03:59Voilà, à un moment, c'était un peu…
04:01Quand on devient adolescence, c'est…
04:02Je ne vais pas aller au cinéma.
04:04Peut-être que c'est mieux de ne pas faire ça.
04:06Donc c'était la condition.
04:07La condition.
04:08Donc voilà, je me rappelle toujours de cet adage entre l'apprentissage qui est sérieux,
04:14mais en fait curieux, qui est égayant.
04:17Et en fait, savoir même qu'apprendre, c'était positif.
04:21Ça rendait la personne meilleure.
04:23Bien sûr.
04:24Donc une enfance plutôt heureuse.
04:26Oui, beaucoup.
04:27Beaucoup de rire.
04:29J'en doute pas.
04:31Beaucoup de rire, beaucoup de découvertes.
04:33Et ensuite, vous avez fini votre bac, vous avez passé votre bac.
04:36Et là, départ, grand départ.
04:38Grand départ aux États-Unis.
04:42Donc j'ai eu mon bac à 17 ans.
04:44Et j'étais la première femme de ma famille aussi jeune à aller aux États-Unis seule.
04:51Et bon, les parents avaient quand même préparé.
04:54On avait passé des étés dans des familles d'accueil, dans d'autres parties du monde et même aux États
05:00-Unis antérieurement.
05:01Mais se lancer comme ça, échanger de système éducatif, donc de passer du français 100 % à l'anglais 100
05:09%, ça a été un défi.
05:11Mais bon, à cet âge, on ne pense pas trop à ces challenges, puisque c'est l'aventure qui a
05:19trait.
05:19Donc j'ai fait ça.
05:21Je suis allée au Wisconsin, à Market University.
05:24Donc là, vous habitiez sur le campus ?
05:26Donc l'université est jésuite.
05:29Donc campus obligatoire, les deux premières années, en dorme.
05:33Et après, on pouvait être off campus, mais off campus, c'était quand même dans l'entourage, autour du campus.
05:41Deux années de plus.
05:43Après, j'ai commencé à travailler au Wisconsin pour une société de trade show exhibit.
05:47Donc j'ai monté leur département IT pendant quatre ans.
05:50Et c'est de là-bas que Deloitte m'a débouchée.
05:53Comment ça s'est passé, cette première aventure ?
05:55Donc déjà, vous finissez vos études et là, vous rentrez dans Corporate America.
06:00Comment c'est ?
06:02Alors, Corporate America, pour les entreprises familiales, c'est intéressant en fait.
06:10C'est très créatif.
06:12C'est un peu comme ici.
06:13C'est un peu comme ici, pour la structure familiale.
06:16Après, Corporate America, de grandes firmes, de grandes marques globales, ça effectivement, on rentre dans une machine, dans une ADN
06:24totalement différente.
06:27Où on a des règles pour tout.
06:29On a des règles pour tout.
06:31Et c'est de savoir en fait à qui poser les questions quand on a des questions, à qui va
06:37donner les bonnes réponses.
06:39Parce qu'il y aura aussi des réponses qui ne seront pas trop bonnes.
06:42Et donc en fait, créer son environnement, son entourage, trouver ses mentors et pouvoir évoluer.
06:50Donc savoir en fait qui va donner le bon exemple, qui n'est pas trop l'exemple à suivre et
06:56qui en fait a une vision de carrière et d'évolution personnelle qui est la plus proche de la vôtre.
07:03Oui, qui est inspirante.
07:04Voilà, inspirante c'est un bon bon.
07:06Et au niveau, parce que je me dis, bon, enfant ivoirienne, arrivée aux États-Unis, parcours excellent, en fac, tout
07:16a l'air de rouler.
07:18Mais est-ce qu'il y a eu quand même des moments un peu compliqués sur la voie ?
07:22Est-ce qu'il y a eu des moments de doute où vous vous êtes dit je rentre au pays
07:25?
07:26Comment est-ce que vous avez surtout géré ces échecs-là ?
07:30Alors, le doute tout le temps, quand n'étant pas chez soi, c'est déjà aussi un pari sur soi
07:38-même de vouloir et de savoir évoluer à l'étranger.
07:44Ce qui a marché côté États-Unis-Amérique, c'est qu'en fait la valorisation se faisait au mérite très
07:53tôt dans la carrière.
07:54Donc, ça donnait envie en fait de continuer à évoluer.
07:57Et une fois qu'on commence à atteindre certaines échelles, bon, ok, je vais aller pour l'étape de plus.
08:02Et ça, c'est l'esprit compétitif en moi.
08:06Les échecs, tout le temps, tous les jours, je pense qu'il y a eu des bémols.
08:13Peut-être qu'en tant que fait marquant, on a perdu notre père très tôt, donc il y a 23
08:19ans.
08:20Et à l'époque, j'étais la seule de notre fratrie qui commençait à travailler, donc très tôt en carrière.
08:27Et donc, je pense que même mentalement, je me suis donné le défi de ne pas trop avoir le choix
08:32d'échouer.
08:34Voilà, parce qu'il fallait me montrer l'exemple et puis il fallait tirer le reste de la fratrie vers
08:39le haut.
08:41Donc, mentalement, oui, mais je pense que dans mes échecs, très tôt, j'ai compris en fait que je n
08:47'étais pas parfaite.
08:48Et ça, c'est l'éducation d'enfance que nous avons reçue.
08:52De savoir qu'il y a des jours où on peut être très bon et des jours où ça peut
08:59ne pas aller.
09:00De savoir qu'il y aura des gens qui seront mieux que nous dans certaines choses, pas dans tout, mais
09:06dans certaines choses.
09:07Et de savoir aussi gérer ça et de s'en inspirer pour devenir meilleur, si c'est ce qu'on
09:12voulait faire.
09:14Mais nos parents ont toujours aussi insisté à dire qu'une fois qu'on s'engageait dans quelque chose, il
09:23fallait aller jusqu'au bout.
09:25Et il fallait en fait y mettre le meilleur de soi.
09:28Donc, quand on gère l'échec, on gère l'échec avec beaucoup de recul.
09:33Il faut, on a une expression en Côte d'Ivoire qui dit « Gros cœur, ne mange pas de riz
09:37chaud ».
09:38Donc, il faut laisser le riz refroidir pour pouvoir après avoir l'esprit d'analyse et savoir comment on va
09:43rebondir.
09:44Comment on tire les leçons.
09:45Voilà, tirer des leçons, tirer ses apprentissages, aller trouver ses solutions.
09:49Donc, on revient sur le concept de solution de l'enfance et savoir qu'en fait, voilà, tout peut se
09:59passer mieux demain.
10:00Donc, je voudrais revenir sur l'arrivée à l'université.
10:04Est-ce qu'au niveau de votre intégration, des gens avec lesquels vous avez évolué,
10:08les choses que le système américain éducatif vous ont appris, on peut revenir là-dessus ?
10:12Comment c'était ?
10:15C'était nouveau.
10:17C'était nouveau. Donc, on ne connaissait pas, on n'avait pas en fait de point de repère en particulier.
10:26L'université, mon école avait 10 000 personnes.
10:30Donc, c'était quasiment petit pour une université américaine.
10:34Et donc, l'encadrement y était.
10:35Les étudiants internationaux étaient sectionnés.
10:38Donc, on était tous ensemble.
10:40Et c'est comme ça en fait que j'ai développé mon réseau global d'amis.
10:44Donc, les gens de quel pays ?
10:45Alors, il y avait de tout.
10:47Ma colocataire était indonésienne, beaucoup de Moyen-Orient.
10:54Donc, Jordanie, Égypte, Liban, Saoudie, Maroc.
11:02Donc, on avait dans l'Asie, Indonésie, Malaisie, Vietnam, Japon, on avait en Amérique latine tous les pays et en
11:19Europe aussi quasiment tous les pays.
11:20Donc, c'était les Nations unies réunies en plus peu.
11:25C'était une rencontre.
11:26Oui, on condensait.
11:26On condensait.
11:27Donc, à chaque fois qu'une classe arrivait, ils venaient dans la section aussi des internationaux.
11:32Parce qu'après, on s'est organisé, on s'est organisé socialement et tout ça.
11:35Donc, on avait aussi des générations futures qui arrivaient.
11:38On n'avait pas énormément d'Africains.
11:40Donc, dans les francophones, j'étais quasiment la seule pendant longtemps.
11:44On avait du Kenya, des anglophones du Kenya, du Ghana, du Libéria.
11:50Et puis, voilà, de l'Afrique du Sud, oui, de l'Afrique du Sud aussi.
11:56Voilà, mais plutôt Afrique anglophone.
11:59Oui, parce que la trajectoire naturelle de l'Afrique francophone, c'était encore la France.
12:03La France ou bien le Canada francophone.
12:06Voilà.
12:07Et donc, on nous faisait passer des tests, des tests d'anglais pour savoir dans quelle classe ils allaient nous
12:13mettre,
12:13si on pouvait faire l'anglais avec les Américains ou bien il fallait rester en anglais, en deuxième langue pendant
12:20quelques années,
12:22enfin pendant une année, c'était deux semestres ou un semestre, avant de basculer dans les cours.
12:27Donc, cet accompagnement et puis aussi les tests d'aptitude en science.
12:30Donc, moi, quand j'ai passé le test de maths, on m'a en fait dit que je n'avais
12:34pas besoin de prendre le cours de maths en anglophones, en undergrad.
12:38J'étais déjà au niveau master.
12:39Donc, je crois que ça a fait très plaisir à mes parents.
12:43Ah oui, donc toutes ces années, à la fin du calcul montel, on payait.
12:47C'est super.
12:48Bon, j'ai quand même eu 20 sur 20 au bac en maths, avant de partir, pour leur donner leur
12:52crédit.
12:53Wow.
12:53Donc, voilà, c'était ça.
12:56Et la manière même d'apprendre était très intéressante, parce qu'on avait beaucoup de responsabilités sur nous-mêmes,
13:03de faire nos leçons, de faire nos recherches.
13:06En 97, on venait d'avoir les ordinateurs en Côte d'Ivoire, donc en fait, je ne tapais pas assez
13:12vite.
13:13Et j'étais la seule à la bibliothèque qui faisait encore le un doigt, deux doigts, un doigt.
13:17Mais à la fin de l'année, j'ai commencé à faire les deux mains et puis ne plus regarder
13:20l'écran, en fait, en tapant.
13:23Voilà, donc beaucoup aussi de travail en groupe.
13:25Donc, c'est là-bas que le team playing s'apprend.
13:29La collaboration.
13:30Voilà, parce qu'on est plus faible que le plus faible de nos liens, c'est ça, non ?
13:35Et voilà, et donc ce concept-là de faire tout en groupe, les travaux en groupe, je n'avais pas
13:41ça de mon côté francophone.
13:42Francophone, oui.
13:43Et après, je suis sociale, donc ça…
13:45Oui, ça a dû bien passer.
13:46Donc, l'intégration, ça a été tranquille.
13:49Tranquille, tranquille.
13:51Après, j'ai pu coacher un peu les autres parce qu'en fait, ce qui s'est passé avec le
13:55calendrier international, c'est que ça overlaps.
13:59Donc, c'était par-dessus, en fait, le calendrier de test des sports.
14:03D'accord.
14:04Donc, je n'ai pas pu faire partie d'une équipe sportive dès le début parce qu'en fait, je
14:09ne savais pas que ça se faisait comme ça, des choses comme ça.
14:12Mais après, on a rattrapé.
14:13Tranquille.
14:14Donc, oui, je vois, les États-Unis ont été bénéfiques.
14:18En fait, vous étiez prêtes de par votre éducation, l'excellence qu'on vous avait inculquée, l'esprit de compétition
14:25à rentrer dans cette société qui est fondée là-dessus.
14:29Voilà.
14:30OK.
14:31Et comment Deloitte vous trouve ? Est-ce que c'est ça ? C'est Deloitte qui est venue vous
14:35chercher ?
14:36Oui.
14:37Alors, ma deuxième année, j'étais resident advisor sur un étage.
14:44Et donc, une de mes residents, donc, enfin, resident advisor, c'est un peu un conseiller, le conseiller, le surveillant
14:52de l'étage.
14:53Voilà, c'est le surveillant de l'étage.
14:55Et donc, les voisines, donc, on était, comme c'est jésuite, c'était les étages de filles et les étages
15:01de garçons.
15:02Donc, mes voisines étaient, avaient un an de moins que moi.
15:09Et une de mes voisines est rentrée à Deloitte juste après l'université.
15:14D'accord.
15:15Et donc, c'est elle qui a pensé, ah, voici le profil qu'on cherche et c'est elle qui
15:20m'a contactée.
15:20D'accord.
15:21Et c'est comme ça qu'ils m'ont retrouvée.
15:22Donc, c'est vraiment cette construction du réseau.
15:25Voilà.
15:25Toujours.
15:27Ces opportunités qui peuvent être présentes dans beaucoup de contextes.
15:31Voilà, voilà.
15:31Même en dehors du contexte professionnel.
15:33Ok, très bien.
15:34Très bien.
15:34Parce qu'après, il fallait que je sois, je suis restée en contact avec elle toute.
15:38Donc, effectivement, ça se fait.
15:40Un réseau, ça se nourrit.
15:41Ça se nourrit, ça s'entretient.
15:43Ouais, c'est sûr.
15:44On peut en parler pour toute une journée.
15:45Oui, mais c'est vrai qu'il y a l'expertise et le réseau qui va faciliter l'expertise.
15:53Voilà.
15:54Sans un réseau, on peut être le meilleur, mais c'est un peu compliqué d'être propulsé, quoi.
16:00Voilà.
16:00Et après, le facteur chance, parce qu'il faudrait aussi que la personne se souvienne que quelqu'un a cette
16:05expertise et que la personne, enfin, que vous soyez top of mind.
16:08Oui, c'est vrai.
16:09Vers cette personne.
16:09Et donc, ça, pour moi, c'est la chance, parce que que ce soit passé à ce moment, à cette
16:14heure-ci, c'est le facteur chance.
16:17Très bien.
16:20Et donc, du coup, vous partez, parce que je veux parler de l'arrivée à New York aussi, parce que
16:26là, on est dans une Milwaukee, ensuite Chicago, et cette arrivée à New York City.
16:32Comment cette intégration s'est faite ?
16:35Parce que Chicago est quand même une grande ville, mais New York, c'est encore une autre dimension.
16:38Ça vous a plu tout de suite ? Vous vous êtes sentie chez vous ?
16:42Alors, je crois que j'ai eu plus de difficultés à m'adapter au changement Midwest East Coast, donc Midwest
16:51Coast, que le changement Abidjan Midwest.
16:55Ah oui !
16:56Parce que le Midwest est quand même... Enfin, à l'époque, j'ai trouvé beaucoup de similarités entre notre éducation,
17:03qui est très traditionnelle, un peu conservatrice.
17:07Et puis après, oui, effectivement, New York, beaucoup plus individualiste, moins famille, et tout le monde doit nager seul.
17:20Donc, et comme il y a énormément de monde à New York, chacun cherche en fait son groupe, son réseau,
17:28son network, et sa petite bulle, crée une petite bulle.
17:31Et c'est à New York que j'ai pris conscience qu'en fait, j'étais différente.
17:38Donc, la question de la diversité s'est vraiment manifestée quand je suis arrivée sur la côte Est, parce qu
17:42'il faut catégorier les gens, il faut les classer, il faut les organiser, il faut savoir sur quel programme les
17:50mettre.
17:50Je veux impérativement qu'on revienne sur ce que vous venez de dire, mais on va marquer une courte pause
17:55et on sera de retour tout de suite.
17:57Vous êtes sur cette info et vous regardez Destin d'entrepreneur, et je suis toujours avec Félicia Djibaud.
18:02Félicia, je voudrais revenir sur ce que vous disiez, et ce qui est étonnant d'entendre que vous vous êtes
18:07sentie différente au moment où vous êtes arrivée à Manhattan.
18:10Parce que ce n'est pas quelque chose qu'on s'imagine, voilà, New York City, la ville du melting
18:15pot, mais en définitive, pas tant que ça.
18:18Qu'est-ce qui s'est passé ?
18:19Alors Manhattan et Corporate America, donc il y a des questionnaires, il faut remplir un questionnaire, et puis du coup,
18:26je ne sais pas si je dois tiquer Noir, African-American, Uber, parce qu'en fait je suis africaine, mais
18:36je n'étais pas encore américaine, donc on commence à se poser des questions.
18:40On fait partie des clubs d'entreprises sur la diversité et l'inclusion, on entend les plaintes des uns et
18:47des autres qu'on n'a jamais en fait pris en compte dans nos vies, parce que nous on faisait
18:52partie de la majorité.
18:54Donc on n'était pas des minorités en grandissant, on n'a pas trouvé que les minorités étaient différentes de
19:00nous, selon notre éducation, parce qu'on valorisait la différence, on valorise l'étranger, et on sait qu'en fait
19:06tout le monde a sa place.
19:08Et donc, concepts multiples comme ça, et ça m'a pris un peu de temps de savoir en fait que
19:15la personne en face de moi pouvait me juger en fonction de ses critères et de ses non-dits.
19:24Donc en fait, il faut apprendre à réfléchir comme la personne qui est en face pour savoir en fait comment
19:31se positionner.
19:33C'était très intéressant.
19:36Oui, et au niveau du travail, parce que le travail du conseil, on sait que c'est quelque chose de
19:45très rigoureux.
19:47Est-ce que ces deux choses juxtaposées, le fait d'essayer de trouver sa place dans ce monde de perception,
19:54plus un travail intense, ça a été rapidement, vous avez dû trouver un rythme ?
20:00Comment vous avez fait-vous ? Vous avez trouvé des mentors ? Comment ça s'est passé ?
20:04Oui, j'ai trouvé des mentors très vite. En fait, c'est moi qui suis allée vers eux, les mentors
20:08que j'avais identifiés, parce que j'ai aimé, par exemple, la manière dont ils ont conduit une réunion,
20:14la manière dont ils interagissaient avec le client, et identifier certaines aptitudes chez des personnes qui disent « Ok, est
20:23-ce que tu peux me mentorer, s'il te plaît ? J'aimerais savoir faire comme toi. »
20:28Donc, elle est demandée. Vous êtes allée demander.
20:30J'ai demandé. Et en fait, je ne demande pas, je n'ai pas demandé sur tout. J'ai demandé
20:34sur des choses très, très précises.
20:36Et à la fin, on me disait « Mais de quoi tu parles ? Tu le fais très bien. »
20:40Et quand on a des accents qui ne résonnent pas comme les autres, on prend ça aussi sur nous.
20:47De dire « Ah, il faut que j'articule mieux, il faut que je dise ça. »
20:51Parce qu'en fait, quand on a un accent, on a tendance à penser que c'est péjoratif.
20:56Alors que l'accent montre la différence et montre surtout l'étendue intellectuelle d'une personne,
21:03parce que ça veut dire que la personne est déjà, par définition, polyglotte.
21:06Voilà.
21:06Et donc, voilà. Donc, renverser toutes ces tendances-là.
21:10J'ai eu des mentors de toutes sortes de « creed », comment on dit en anglais,
21:17que ce soit en âge, en genre, en background et ethnique,
21:24parce qu'il y avait certaines aptitudes que je voulais qu'ils m'apprennent
21:28et qu'ils me fassent part de leur apprentissage.
21:32Donc, vous avez grandi comme ça, de façon intelligente et structurée.
21:35Ouais.
21:36OK. Super.
21:38Et pour vous, l'avantage de la langue de l'anglais ?
21:44C'est vrai que souvent, quand on parle du monde francophone,
21:47les gens sont… même s'ils peuvent être curieux,
21:51il y a cette barrière automatique, parce qu'on parle français
21:56et que la langue du business est l'anglais.
21:59Qu'est-ce que vous pensez qu'il faut qu'on garde le français comme étant notre identité
22:04ou que ça serait plus intéressant de voir une forme de bilinguisme
22:08être instaurée en Afrique francophone ?
22:11Alors, je suis de nature à garder l'authenticité.
22:18Donc, il faut toujours rester soi, rester comme on est
22:21et surtout de ne pas effacer les racines.
22:26Après, on est quand même dans un monde qui est global et qui va très vite.
22:30Et c'est à chacun de savoir ce qu'il veut faire.
22:33Donc, si la langue est un point de blocage pour l'évolution de la carrière,
22:38prenons les cours.
22:40Ça se voit, en fait, mais personne n'a demandé à être dénaturée.
22:43Ce n'est pas la majorité qui va faire ce que la minorité fait.
22:47Donc, dans le monde des affaires, si la majorité parle anglais,
22:50ce n'est pas eux qui vont aller apprendre le français ou d'autres langues.
22:55Et le français n'est pas une langue minoritaire dans le monde.
22:59Mais il y a quelques décennies,
23:00l'anglais a commencé à apprendre le dessus et c'est resté comme ça.
23:05Et surtout que l'anglais est beaucoup plus facile à apprendre
23:07que le français dans les autres géographies.
23:11Que ce soit en Asie, que ce soit en Asie, je dirais en Asie.
23:17Après, les Asiatiques sont les plus nombreux.
23:19Ça se voit même sur le continent.
23:21On a tendance aussi à aller vers l'Afrique anglophone
23:24parce que c'est plus facile d'intégrer avec la langue,
23:29avec le savoir, avec tout ce qu'on veut.
23:32Et donc, je pense que si on veut faire partie d'une équation,
23:36ça, c'est dans tous les domaines,
23:38il faut aller avec le mouvement et se mettre à niveau.
23:43Si on veut.
23:43Si on veut.
23:44Je crois qu'il est toujours là.
23:46Oui.
23:47Donc là, vous passez plus de 20 ans.
23:50C'est ça, aux États-Unis.
23:52Et à un moment donné, vous rentrez.
23:54Pourquoi ?
23:54Vous avez l'appel du pays.
23:59Bon, oui, l'appel du pays parce que,
24:01donc à ce stade,
24:03ma mère est seule en Côte d'Ivoire.
24:06Je suis très attachée à ma famille.
24:08On a grandi en voyant les oncles, les tantes et tout ça.
24:11Et donc, j'ai pensé que c'était le bon timing.
24:14Mais j'avais commencé en fait la réflexion
24:16huit ans en amont
24:18où j'avais déjà demandé à Deloitte
24:21de me spécialiser sur les pays africains
24:24et les pays du Moyen-Orient.
24:25Donc, j'étais sur des missions déjà sur le continent.
24:28C'est comme ça que j'ai développé mon réseau
24:30Deloitte Afrique et Deloitte Moyen-Orient.
24:34Je faisais aussi pas mal de missions en Europe.
24:37Donc, j'étais dans la zone
24:39et je voulais, j'avais déjà émis le souhait
24:42de rentrer en fait dans un de ces pays-là.
24:44Vous avez déjà créé ce pont-là.
24:46Voilà, le pont naturel, ça s'était fait.
24:49Après, c'était le pont corporel
24:50qui ne se faisait pas trop bien
24:52parce qu'on est un réseau de firmes indépendantes.
24:55Donc, ce n'est pas un Deloitte Côte d'Ivoire
24:57qui n'a pas les mêmes règles qu'un Deloitte New York
24:59ou un Deloitte Afrique du Sud.
25:01Donc, c'est un peu plus compliqué de manière
25:03qu'on pourrait être à faire ces transferts-là.
25:06Mais j'avais le réseau.
25:07Et après, du coup, comment ça se fait ?
25:09Parce que vous êtes quand même rentrée
25:11et vous êtes rentrée en Côte d'Ivoire.
25:13Donc là, comment ça a été architecturé ?
25:17Architecturé.
25:17Donc, voilà, j'arrive en Côte d'Ivoire.
25:21Là, je ne deviens plus la personne
25:23qui est là pour une semaine, deux semaines.
25:26À faire des missions.
25:27Je suis là, je reste.
25:27Ça devient différent parce que le concept même du Ripat,
25:33je pense que c'est un livre psychologique
25:35qui doit être écrit dessus.
25:38Parce que le référentiel, en fait, n'est pas pareil du tout.
25:42Je n'ai pas eu d'expérience professionnelle
25:44en milieu francophone,
25:45à part les missions que je faisais.
25:47Mais quand on fait une mission en venant de la maison mère
25:51chez nous, ce n'est pas la même chose
25:53qu'être chez nous et faire les missions localement.
25:56Ce n'est pas du tout le même concept,
25:58ce n'est pas le même référentiel.
26:02Et les comportements sociaux aussi
26:04ne sont pas du tout pareils.
26:06Donc, il a fallu que j'apprenne, en fait,
26:07à m'intégrer de nouveau chez moi.
26:11Oui, chez moi.
26:13Oui, chez vous, différent.
26:14Voilà.
26:15Chez vous, adulte, chez vous, femme professionnelle.
26:18La période d'adaptation a pris combien de temps ?
26:21Trois ans.
26:22Ah oui !
26:23Et je dis ça comme si c'était...
26:25Oui, c'était vraiment...
26:26Trois ans, c'est long.
26:27Trois ans, c'est long.
26:29Quand on vient, effectivement, des autres géographies,
26:31ça passe très vite à Vigean, effectivement aussi.
26:35Parce qu'on n'est pas outillé pareil.
26:37On fait beaucoup plus manuellement.
26:39Donc, le rapport même avec le temps
26:41est différent pour les tâches.
26:43Donc, une tâche que je pouvais faire en demi-journée,
26:45ça pouvait me prendre un jour et demi, voire deux jours.
26:48Parce qu'il faut aller chercher ces informations.
26:51Les bases de données ne sont pas disponibles.
26:54Donc, en fait, c'est ça.
26:55C'est la relation avec le temps dans le travail
26:57qui fait que l'adaptation est un peu plus...
26:59Elle a été plus allongée.
27:01Voilà.
27:02Et on est quand même une société orale
27:04de culture traditionnelle.
27:08Les gens aiment parler.
27:09Bien sûr.
27:10Ils aiment aller voir.
27:11Donc, ce n'est pas la même chose
27:13que de prendre son téléphone et dire
27:14« Bon, voici, voici, Teams Meeting ».
27:16Et d'ailleurs, même, tout ce qui est réunion,
27:19virtuel, visio, on l'a vraiment développé pendant COVID.
27:22Oui, bien sûr, on a été forcés.
27:24Voilà.
27:25Donc, c'est à partir de COVID.
27:27Donc là, je suis à l'année 3 ou 4
27:29que je reprends mes habitudes digitales des États-Unis.
27:33Donc, le COVID vous a arrangé.
27:34Oui, moi, ça m'a arrangé.
27:36Télé-travail.
27:37Ah, c'est obligatoire ?
27:38Ah, on ne sait pas.
27:39Non, moi, je ne sais pas télétravail.
27:42Et donc, voilà.
27:43Et mes enfants sont nés aussi pendant la période de COVID.
27:45Donc, télétravail forcé, tout ça,
27:48ça a été parfait pour le congé maternité.
27:51Voilà.
27:51Et si on devait faire un…
27:53Donc là, on a l'expérience américaine
27:54et on comprend le retour, l'adaptation un peu compliqué,
27:57mais c'est quoi le meilleur des deux mondes ?
28:00Et est-ce que vous l'avez trouvé, là ?
28:01Est-ce que pour vous, votre équilibre en ce moment,
28:03c'est un peu « best » votre expérience américaine
28:07plus le retour à vos racines ?
28:09Oui, en fait, là, je pense que je suis un point d'équilibre
28:13entre l'accès au global
28:16et les apprentissages que j'ai reçus du global
28:18et l'apport de cet apprentissage au local
28:24en aidant les générations futures aussi à grandir
28:27dans certains états d'esprit.
28:30Donc, la manière que je gère mes équipes,
28:33mon style de leadership,
28:34ça peut plaire, ça peut déplaire,
28:35mais ceux qui peuvent se retrouver en moi,
28:37je trouve que c'est bien pour eux,
28:40c'est ce qu'ils veulent faire
28:41et que je puisse leur apporter ce que je sais faire.
28:46Le meilleur des deux mondes,
28:48c'est maintenant où je suis proche de ma famille
28:51tout en ayant accès au monde entier.
28:53C'est aussi l'opportunité de faire grandir mes enfants
28:57dans l'environnement culturel que je connais
29:00et que j'aime
29:01et que je trouve que c'est le meilleur environnement culturel du monde.
29:07Tout en leur donnant aussi l'accès à être bilingue.
29:10Donc, mes enfants sont bilingues.
29:12Depuis la naissance, on parle anglais et français à la maison.
29:16Qu'est-ce que je peux dire depuis sur le meilleur des deux mondes ?
29:19C'est de savoir relever le pied.
29:21Donc, les mille à l'heure que je faisais à New York,
29:26c'est pas mal de dire que le week-end,
29:29on va se reposer, on va déconnecter
29:32et j'arrive à plus déconnecter ici que là-bas, effectivement.
29:36L'environnement est plus propice à ça.
29:38Mais je blâme tout sur les enfants.
29:40Bien sûr, c'est eux qui épuisent.
29:42On est d'accord.
29:44Mais du coup,
29:46vous savez lever le pied,
29:48mais vous êtes devenue présidente du Amcham l'année dernière quand même.
29:51Donc, il y a eu comme rajouter cette charge-là professionnelle.
29:56Pourquoi ce choix de gérer Amcham pour nos téléspectateurs ?
30:02C'est la chambre américaine de commerce.
30:03C'est pas une petite charge.
30:06Donc, qu'est-ce qui vous a motivé ?
30:08À le faire,
30:10à l'époque,
30:14je n'avais jamais besoin d'un truc différent.
30:16Donc, ce n'était pas nécessairement quitter la firme,
30:19mais il y a quelque chose qui manque
30:22et je ne savais pas trop le définir.
30:26Et j'arrive en fait à trouver mes idées
30:29en faisant beaucoup de sport.
30:31Donc, un jour, comme ça,
30:32j'ai un ara sur le troisième pont où je courais
30:35et je me dis,
30:36peut-être que c'est le challenge intellectuel
30:38qui doit être revisité
30:39parce que j'avais l'impression d'être dans un engrenage
30:42qui n'arrêtait pas de se répéter.
30:44Des automatismes.
30:45Voilà, les automatismes.
30:46Appel d'enfin.
30:47On répond, on attend,
30:48on est stressé,
30:49on est choisi.
30:50Youpi, on n'est pas choisi, on pleure.
30:52Donc, ça commence à être un peu rébarbatif
30:57dans ce sens-là.
30:58Et je me suis dit
31:00qu'avoir un rôle comme ça
31:02qui pouvait me bénéficier personnellement
31:04et aussi bénéficier ma carrière
31:05parce que maintenant,
31:07j'ai accès à plus d'informations macro
31:10qui m'aident en fait à orienter moi-même
31:14mes stratégies personnelles
31:15et mes stratégies de développement d'affaires aussi.
31:19Ça aurait été une bonne idée.
31:22Et je ne me suis pas trop présentée,
31:25mais ce sont mes membres qui m'ont dit
31:26« Mais toi, vas-y ! »
31:28« Tu vous êtes sûre ? »
31:29Parce que le doute, on l'a toujours.
31:31À chaque moment de notre carrière,
31:34on a toujours le doute.
31:35Et donc, je me suis dit
31:36« Bon, écoutez, pourquoi pas ? »
31:38Et puis, voilà.
31:39Et la route est comment ?
31:41La route, au début,
31:43voilà, c'était le challenge intellectuel
31:45qu'il me fallait.
31:46C'est ça.
31:46Il me fallait.
31:51On a…
31:52La chambre est relativement neuve
31:55dans la vie d'une chambre de commerce.
31:58Donc, il y a beaucoup à faire.
32:00Il y a beaucoup à faire de manière structurelle,
32:04organisationnelle, marketing,
32:06savoir communiquer sur la chambre
32:08et continuer sur les acquis de la leadership
32:13ou des leaderships précédentes.
32:14Donc, il y a tout ça qui est très important.
32:16Pour moi, la legacy ne peut pas s'arrêter
32:19en fait avec la fin d'un mandat d'une personne.
32:21Il faut savoir…
32:23Une continuité.
32:24Voilà, continuer et puis embrasser de manière pérenne.
32:28Donc, Félissa, vous êtes dans le secteur de l'énergie.
32:32C'est votre spécialisation.
32:35Et vous avez mené des projets majeurs dans ces secteurs
32:39qui sont des secteurs qui sont compliqués sur le continent.
32:43Quand il s'agit d'optimiser la performance,
32:46comment vous arrivez à convaincre une institution traditionnelle
32:51d'adopter des transformations vraiment profondes ?
32:55Alors, dans les secteurs complexes,
32:59en fait, je dirais même dans tous les secteurs d'activité,
33:03il ne faut surtout pas prétendre qu'on connaît plus
33:05que les personnes qui sont là et qui n'ont fait le job
33:08depuis des décennies.
33:11Donc, il faut savoir s'entourer d'experts
33:13qui ont le même parcours et qui ont vu plus.
33:17Donc, ça, c'est l'accès au réseau global de Deloitte.
33:20Il faut aussi savoir convaincre les gens,
33:24comme vous l'avez dit,
33:25parce qu'en fait, toutes les transformations
33:26viennent du capital humain.
33:28Donc, chaque entreprise a son ADN.
33:31Donc, comprendre l'ADN de l'entreprise,
33:33savoir positionner notre réseau d'experts
33:36vers cette entreprise
33:37et qui vont, eux, pouvoir convaincre
33:41de la conduite du changement du capital humain en interne.
33:44Parce que c'est ça.
33:44Donc, ça prend du temps.
33:46Ça prend du temps.
33:46Il faut être patient.
33:47Il ne faut pas pousser.
33:49Il faut écouter.
33:51Et on va parler de l'IA, forcément.
33:54Ha ha !
33:54Mon meilleur ami.
33:56Notre meilleur ami, on est d'accord.
33:57Je vois ça.
33:58Pour moi, c'est un outil qui est vraiment très efficace
34:01et qui nous aide à aller un peu plus vite.
34:03Comment ça perturbe votre entreprise
34:05ou votre travail quotidien ?
34:07Comment ça l'aide ?
34:08Comment ça l'aide ?
34:09Enfin, moi, personnellement,
34:11j'adore ce que l'IA...
34:14Enfin, nous, outils...
34:15Nous avons à Deloitte des outils
34:16qui sont internes à Deloitte.
34:18Donc, on n'est pas autorisé à utiliser
34:20les outils IA de l'Internet.
34:23Mais déjà, les corrections d'email,
34:25les corrections de rapport,
34:26le formatting des PowerPoint,
34:29ça aide parce qu'après,
34:31le temps peut être alloué à faire autre chose
34:34qui est du B2B, du client business,
34:37du relationnel, écouter, écouter tout,
34:40écouter le staff, écouter les clients.
34:46Après, c'est en train de shifter notre profession.
34:50Au lieu d'être une pyramide,
34:52donc avec une base de juniors beaucoup plus élargie,
34:54on commence à être plus des diamants
34:56ou des entonnoirs.
34:57parce que c'est l'expérience professionnelle
35:01qui peut challenger ce que l'IA va nous donner.
35:04Surtout sur notre continent
35:05où l'accès aux données n'est pas aussi étendu
35:10et pas cross-sectoriel.
35:13Donc, certains secteurs sont beaucoup plus avancés
35:15que d'autres.
35:16Et parfois, quand on reçoit des informations,
35:19il faut pouvoir les challenger.
35:21Et tous nos clients veulent qu'on utilise le B2B.
35:24Donc, comme ça, ça va réduire les fils.
35:26Je dis non, pas forcément,
35:27parce que là, vous mettez plus de temps de mon temps
35:29sur le dossier.
35:30À vérifier.
35:31Voilà.
35:31C'est ça.
35:32Mais je pense qu'on va arriver à un bon mix
35:35dans quelques années.
35:36Oui, certainement.
35:37OK, très bien.
35:40Je voudrais qu'on parle de l'excellence entrepreneuriale.
35:45Donc, cette émission, c'est vraiment mettre en valeur
35:47des leaders, des dirigeants qui sont inspirants.
35:50Qu'est-ce qui sépare, selon vous,
35:52un bon dirigeant d'un dirigeant d'exception ?
35:59La vision.
36:00La vision à long terme.
36:02Donc, avec la vision à long terme,
36:04vient l'organisation de comment on va laisser sa legacy.
36:10Et surtout, avoir une gouvernance
36:12qui va rendre cette organisation pérenne.
36:15Et le leader d'excellence, pour moi,
36:18c'est qu'en fait, aujourd'hui, c'est déjà demain.
36:22Donc, ce qu'on fait aujourd'hui,
36:23c'est pour dans 5 ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans,
36:26qu'on soit là ou pas.
36:27Donc, c'est la transmission, c'est ce qui est important.
36:32Quand on pense au Big Four, quand on pense au conseil,
36:35on s'imagine quelque chose de très austère.
36:37Ce n'est pas du tout l'image que vous donnez.
36:41Comment c'est fondamentalement le travail
36:43au sein d'un Big Four, tous les jours, au quotidien ?
36:47Qu'est-ce qui vous challenge ?
36:49Racontez-nous l'envers, le derrière de la scène.
36:53Le derrière de la scène.
36:54Alors, effectivement, je pense que globalement,
36:56seulement 1% de la population sait ce que c'est du conseil.
37:00Et nous-mêmes, en tant que Big Four,
37:03Deloitte est particulier parce qu'on a gardé tous nos métiers.
37:05Donc, on ne fait pas juste du conseil,
37:08on fait aussi de l'audit,
37:09on fait de l'assistance,
37:11de l'accompagnement juridique fiscal,
37:12on fait de l'expertise comptable.
37:14Donc, c'est vraiment une pluridisciplinarité de métiers
37:19qui, vrais, ne sont pas très connus,
37:22à part des gens qui veulent s'orienter vers ces professions-là.
37:26Et je dirais, pour le conseil, même,
37:29notre vie, il faut savoir que ce n'est pas ce qu'il y a.
37:32Donc, chaque matin, on ne sait pas comment la journée va se passer
37:36et comment elle va se terminer.
37:37Donc, ça, déjà, c'est ça.
37:39On a des plans de travail, bien sûr,
37:41on a des réunions qu'on doit faire.
37:43Mais la manière dont tout s'agence est toujours une surprise.
37:46Et donc, c'est comme si chaque jour était nouveau dans ce qu'on faisait.
37:50Donc, hyper passionnant, l'apprentissage.
37:52On apprend de tout le monde,
37:53que ce soit du stagiaire ou de l'associé.
37:57Donc, toute cette chaîne de commandes, en fait,
37:59est très, je dirais, brillante.
38:02Mais brillante parce qu'ils partagent, en fait, leur savoir-faire
38:04et ça nous permet, nous-mêmes, en interne,
38:06d'avoir toujours des accélérateurs et de rester jeune.
38:09Eh oui.
38:10Jeune mentalement, jeune intellectuellement.
38:12Et moi, c'est la semaine dernière que j'ai appris
38:14que je pouvais enregistrer avec Microsoft Word
38:17parce que mon staff m'a montré.
38:19Et qu'après, mon ami IA pouvait m'aider
38:21à formater mon enregistrement en documents.
38:24Donc, voilà, ça, c'est la semaine dernière.
38:26Donc, c'est une évolution de ça.
38:28Et bien sûr, ce sont des journées de résolution de problématiques
38:31en étant opérationnel.
38:33Donc, la différence du conseil, c'est que c'est du conseil opérationnel.
38:37Donc, quand on voit une entreprise,
38:39pensez à des postes dans l'entreprise
38:41et le conseil sur la fonction de la personne dans l'entreprise.
38:44Pour résumer.
38:45Et pour vous, donc, le profil idéal de quelqu'un
38:50qui rentrerait chez Deloitte, c'est quelqu'un qui a quoi ?
38:52Comme attribut ?
38:53Attribut soft skills, la soif d'apprendre,
38:57la détermination, l'engagement
39:01et la rigueur, la rigueur de travail.
39:04Et bien sûr, le sens du partage.
39:07Super.
39:09Merci beaucoup, Félicia, d'avoir été présente aujourd'hui.
39:12Merci.
39:12Mais je sais que vous, avant qu'on se quitte,
39:14je sais que vous aimez jouer.
39:15D'accord.
39:15On va jouer.
39:17On a un petit quiz pour vous.
39:21Alors, c'est un choix.
39:24Milwaukee ou Boakye ?
39:26Boakye.
39:28Couleur préférée, bleu ou jaune ?
39:30Les deux.
39:32Ah non.
39:33Je ne peux pas choisir les deux.
39:34En fait, bleu et jaune, c'est la couleur de mon université
39:36et j'ai choisi l'université parce que c'était bleu jaune.
39:38De couleurs réunies, c'est ça.
39:41Et là, vous avez dit à vos parents,
39:42papa, maman, je vais aller parce que c'est bleu et jaune.
39:45C'est bleu jaune.
39:46C'est bien de faire ses choix comme ça.
39:48Travailler en équipe tôt le matin
39:50ou au lever du soleil
39:52ou session de stratégie tard le soir ?
39:55Non, midi de journée pour moi.
39:57Le midi.
39:58Ouais.
39:59Quand on a faim, on devient très crâne.
40:01C'est vrai.
40:02Et on dit qu'il faut travailler le ventre vide.
40:04Donc, en parlant de nourriture,
40:05atyéqué ou mac and cheese ?
40:07Atyéqué.
40:08Gluten free.
40:10Gluten free, c'est vrai.
40:11Fat free.
40:12Ouais.
40:13Et fermenté.
40:14C'est tout ce qu'il y a de bon.
40:15Tout ce qu'il y a de bon pour notre soir.
40:17Danser ou courir ?
40:19Aïe, aïe, aïe.
40:23Danser pour la bonne humeur, courir pour la balance.
40:28Et la clarté d'esprit aussi.
40:30La clarté d'esprit surtout.
40:33Café ou thé ?
40:36Pour quoi ? Le matin ?
40:38De manière générale.
40:39Allez, on va dire pour une session de travail.
40:42L'eau glacée avec des glaçons.
40:46Votre style de communication.
40:48Extraverti assumé ou stratège réservé ?
40:52Fausse extraverti.
40:54Stratège le week-end.
40:56Quand je dors.
40:57C'est là où tout se met en place.
40:59Tout se met en place.
40:59Oui, oui.
41:01Est-ce que vous préférez prendre des décisions financières tranchées ou gérer les émotions des gens ?
41:08Prendre des décisions financières tranchées et me cacher dans les toilettes pour pleurer.
41:16Et on se remet comment ?
41:18Avec une séance de sport intense ou une soirée tranquille en famille ?
41:23Sport intense les matins et soirées en famille les vendredis soirs.
41:29Movie night.
41:31Pizza movie night.
41:32Pizza movie night.
41:33Super.
41:35Merci beaucoup.
41:36Merci.
41:37Et bravo pour la route accomplie.
41:39Merci beaucoup.
41:40Merci pour la confiance.
41:54Merci à vous.
41:54Merci à vous.
41:54Merci à vous.
42:01Merci à vous.