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Transcription
00:12L'Afrique est un continent de talent, d'énergie et de vision.
00:15L'Afrique est un continent de leader.
00:17Bienvenue dans Destin d'entrepreneur, le nouveau magazine de cette info
00:21qui met en lumière les bâtisseurs de l'Afrique d'aujourd'hui et de demain.
00:25Mon invité d'aujourd'hui dirige l'un des groupes agro-industriels les plus puissants du continent.
00:3062 ans d'existence, 3 filières stratégiques, plus de 30 000 collaborateurs,
00:35un groupe qui nourrit, qui emploie, qui structure des économies entières.
00:39Je suis heureuse d'accueillir aujourd'hui Alassane Doumbia,
00:42le président du conseil d'administration du groupe SIFCA.
00:46Alassane Doumbia, merci infiniment d'être l'invité de Destin d'entrepreneur aujourd'hui sur cette info.
00:51Vous allez bien ?
00:51Très bien, c'est moi qui vous remercie de m'inviter sur ce plateau magnifique.
00:57Merci d'avoir pensé à moi et au groupe SIFCA.
01:01C'est un grand plaisir, vraiment.
01:03Donc quand on parle du groupe SIFCA, je voudrais qu'on...
01:06On ne va pas parler de la pluie et du beau temps, on va parler directement de ce qui est
01:09important.
01:11Le terme famille, c'est quelque chose qui revient, ça revient auprès de vos équipes,
01:16ça revient dans votre façon de parler.
01:17Qu'est-ce que c'est qu'une entreprise familiale comme le groupe SIFCA ?
01:20Qu'est-ce que ça représente ?
01:21Alors une entreprise familiale, c'est des fondateurs, un fondateur qui a eu l'idée
01:27et des groupes de personnes qui ont cru à cette idée-là
01:31et qui ont développé ces idées, qui se sont associées pour développer et pour créer
01:37quelque chose aujourd'hui qui est devenu quelque part, je dirais, une référence dans notre région.
01:46Un groupe qui peut être fier parce que d'abord numéro 1 dans tout ce que nous faisons, ou numéro
01:552 dans certaines activités,
01:57mais globalement qui peut être fier pour ce qu'il est devenu.
02:01Alors groupe familial, ça veut dire, c'est pas forcément...
02:04pas avoir de l'accès en arrière familial, mais la gestion peut être ouverte à toutes les personnes
02:09ou l'ensemble des talents.
02:11Donc finalement, lorsqu'on parle de groupe familial, il faut plutôt parler de cette réussite, je dirais,
02:18ouest-africaine dont on devrait être fier parce que d'abord qui emploie 33 000 personnes
02:23et puis qui porte l'étendard de cette région africaine.
02:28C'est plus ça.
02:29Absolument, absolument. Et vous êtes le premier employeur privé de Côte d'Ivoire.
02:33Tout à fait. En tout cas, on revendique ce titre-là.
02:36Oui, mais c'est remarquable. OK. Je voudrais revenir en arrière.
02:40Donc, on connaît votre poste actuel. Vous avez quand même commencé votre carrière en Europe,
02:48banque d'affaires. Comment... Qu'est-ce que vous avez gardé de cette expérience-là ?
02:52Beaucoup de choses. C'est vrai qu'en étant ancré africain d'abord,
02:59le fait d'avoir travaillé en Europe a permis de pouvoir, à la fois avec cette rigueur que nous avons
03:06en Afrique,
03:06on a beaucoup de rigueur contrairement à ce qu'on croit dans l'éducation et le respect des aînés,
03:12le respect des autres, mais ça m'a pris aussi à pouvoir être international quelque part.
03:17Cette rigueur africaine qui s'ouvre vers ce monde occidental permet de faire un pont
03:23entre à la fois cette tradition que nous avons, du respect des choses bien faites et la structuration des choses.
03:30Et bien faire ce que l'on doit faire. Et la responsabilité des choses.
03:35C'est vrai que le fait d'avoir travaillé en Europe m'a permis d'embrasser beaucoup d'autres cultures
03:46que celles que j'avais ici.
03:49Et qui permet aujourd'hui de pouvoir, encore une fois, être ce pont entre ces différentes cultures
03:56et pour pouvoir gérer les problématiques de ce monde qui sont malheureusement de plus en plus complexes.
04:00C'est sûr. Donc du coup, vous êtes imprégné et d'avoir du coup un parcours professionnel assez hybride
04:08avec ces racines africaines, cette discipline et cette...
04:11Absolument. Non, je dirais même au-delà de ça, parce que finalement, on a la même rigueur
04:14que ce soit en Afrique, en Europe ou en Asie dans ce que nous faisons.
04:17Mais c'est cette culture-là. Ça forme un homme. Ça forme... Je dirais que ça permet de construire quelque
04:27chose
04:28qui, à la fois, peut se retrouver à la fois bien chez nous, ici, et aussi très bien dans d
04:35'autres pays,
04:36sans avoir à rougir quelque part, je dirais.
04:39Donc en 2016, vous prenez la présidence du conseil d'administration du groupe SIFCA.
04:45Là, qu'est-ce qui se passe ? Tout seul, quand vous êtes seul. Qu'est-ce qui se passe
04:49?
04:50Bon, il faut être modeste par rapport à ce poste, mais je voudrais quand même dire que j'ai...
04:57Avant d'avoir eu ce poste comme président de SIFCA, j'ai quand même parcouru l'ensemble des fonctions.
05:05D'abord, dans le middle management, avant de grimper petit à petit.
05:10Vous avez été parachuté.
05:12Ah non, du tout. En tant que directeur général à juin, ensuite en tant que vice-président.
05:17Et puis, en tant que président... D'abord, la première chose, c'est remercier mes frères, d'abord, qui ont
05:25une confiance
05:26et qui ont voulu que je puisse les représenter quelque part en tant que président de ce groupe.
05:33Mais aussi, c'est une grosse responsabilité, évidemment.
05:37Il voit de soi qu'en étant président d'un groupe comme SIFCA, il faut pouvoir habiter, il faut pouvoir
05:42habiter cette fonction.
05:45Et puis, il faut pouvoir aussi se montrer, comment dire, responsable et puis reconnaissant.
05:52Et donc, ça demandait quelque... Je dirais, malgré le fait d'avoir passé du temps dans le groupe,
05:58ça demandait de changer un peu de paradigme, d'évoluer dans ce qu'on fait au quotidien, d'être aussi
06:07à l'écoute.
06:08Mais il faut savoir que chez nous, chez SIFCA, bien qu'étant président, nous jouons collectif.
06:15Donc, on a un comité exécutif qui fonctionne très bien et qui permet à la fois de pouvoir asseoir l
06:24'ensemble de nos décisions.
06:25Et donc, c'est quelque chose de...
06:27Donc, en tout cas, j'étais très reconnaissant le jour où j'ai été nommer président.
06:31Je sens beaucoup de modestie, d'humilité. On sait que vous n'êtes pas un homme médiatique.
06:37Vous êtes assez discret. C'est une philosophie de vie. Est-ce qu'on... Pour vivre heureux, il faut vivre
06:43caché.
06:44Qu'est-ce que...
06:45Alors, c'est les deux. Je pense que quelque part, on n'a pas besoin forcément d'être médiatique pour
06:50bien faire les choses.
06:53Pour nous, ou entre pour moi, je pense que ce qui est le plus important, c'est l'impact qu
06:59'on a sur notre société.
07:01Qu'est-ce que... Tous les matins, lorsqu'on se lève, qu'est-ce qu'on réalise à la fin
07:06de la journée ?
07:07Et je pense que ça, ça n'a pas besoin d'être médiatisé forcément. L'impact parle pour nous.
07:12Et donc, pour moi, je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'être particulièrement médiatisé,
07:19même si de temps en temps, les fonctions que j'occupe m'obligent à le faire.
07:24Mais bon, ça fait partie de notre ADN aussi au sein du SIFCO.
07:27D'accord. Et la preuve du travail, la preuve du travail accomplie, vous l'avez tous les jours.
07:31Absolument. Et c'est ce qu'il faut.
07:33Pour nous, notre fierté, et pour moi encore plus, c'est les 33 000 collaborateurs,
07:41les 200 et quelques mille compagnons de route, les petits planteurs que nous avons,
07:48qui nous accompagnent. C'est ça, notre fierté. Et c'est ça, la mienne.
07:51Et donc, ça parle déjà. Je pense qu'au-delà de ça, on n'a pas forcément besoin d'être
07:57forcément médiatisé.
07:58D'être sur les plateaux télévisés.
08:00Pas tout le temps.
08:03Je voudrais qu'on parle de la vision et de l'héritage.
08:07Le groupe SIFCO a maintenant 62 ans. C'est un bel âge mature.
08:13Comment est-ce qu'on préserve l'âme d'une maison historique comme ça, tout en la transformant pour qu
08:18'elle reste compétitive ?
08:21Alors, je pense que SIFCO, c'est une histoire, comme je disais au début, d'hommes, donc de continuité.
08:29Préserver l'âme d'un groupe comme ça, on nous a transmis un flambeau.
08:35On a de la chance, sommes la génération suivante.
08:38Et nous, j'adore une publicité que certains reconnaîtront, mais comme on est sur un plateau, je ne l'ai
08:45pas cité,
08:45mais qui disait qu'on n'est pas propriétaire d'un certain nombre de trucs, mais on ne fait que
08:50le transmettre.
08:51Et je pense que le fait d'avoir ça en tête permet de donner, je dirais à chacun, de pouvoir
08:59construire,
09:01de participer à la construction de ce groupe à sa manière et en fonction de la place où il est,
09:06pour pouvoir le transmettre à la génération future.
09:08Et donc pour nous, 62 ans, c'est une année, je dirais une année de maturité, c'est bien au
09:16-delà,
09:16parce qu'il y a très peu de groupes quand même africains qui atteignent ça.
09:19C'est aussi beaucoup de reconnaissance vis-à-vis des gens qui ont travaillé pour que ce groupe arrive à
09:28ce niveau.
09:29C'est aussi les salariés tous les matins qui se lèvent, qui ne sont pas forcément dans les villes,
09:35au fond de la brousse, dans nos villages et tout ça.
09:39C'est vraiment à ceux-là qu'il faudrait rendre, enfin je ne dirais pas grâce parce que ce n
09:45'est pas ça,
09:45mais qu'il faudrait remercier pour se lever tous les matins, pour pouvoir arriver à nous permettre,
09:51nous, de continuer à diriger ce groupe-là.
09:55Donc quelque part, c'est une aventure humaine qui arrive à maturité et que nous continuons à bâtir tous les
10:03jours
10:03pour que la génération future puisse poursuivre cette œuvre magnifique.
10:08Si on revient à Alassane Zumbia, l'homme.
10:11Oui.
10:12Quelle est selon vous la décision que vous ayez prise, dont vous êtes le plus fier ?
10:20Je fais une boutade, mais je ne le ferai pas là.
10:23Non, non, non.
10:23Mais en réalité, ce n'est pas une décision unique.
10:27Une personne qui dit qu'elle a pris une décision unique et que les choses ont réussi,
10:31même il y a un président qui ne fait pas très longtemps, qui a pris une décision,
10:34mais qui est revenu là-dessus et qui pense tous les matins qu'il va réussir un truc, il n
10:39'arrive pas.
10:39Mais non, non, on n'a pas de décision unique.
10:42La bonne décision, je pense, c'est lorsqu'on s'est trompé, c'est de savoir qu'on s'est
10:46trompé
10:47et de revenir assez rapidement sur ses pas et d'apprendre de nos horreurs.
10:51D'apprendre de la leçon.
10:52Absolument.
10:53Je pense que ça, c'est l'élément fondamental.
10:54Et c'est aussi le fait de penser plutôt pour le futur que dans l'immédiatité.
11:02Et dans certaines cultures, le côté immédiat reste important alors qu'il faut mieux penser sur le long terme.
11:12Donc pour moi, vraiment, la bonne et la vraie décision, c'est lorsqu'on a fait une erreur,
11:18c'est reconnaître et revenir en arrière pour pouvoir avancer très vite.
11:21Et c'est là où on apprend.
11:22C'est une belle leçon d'entrepreneur, c'est sûr.
11:26Je voudrais qu'on parle de la pression des filières.
11:28Donc vous êtes dans le caoutchouc, l'huile de palme, le sucre.
11:32Ce sont trois filières qui sont sous une forme de pression mondiale.
11:35Vous êtes un peu victime des cours mondiaux.
11:38Comment une entreprise ivoirienne continue à tenir debout ?
11:41Je sais qu'il y a toujours des cycles, mais comment ça se passe fondamentalement ?
11:45Très, très bonne question.
11:47C'est vrai que nous sommes dans des activités qui dépendent des cours mondiaux,
11:50donc des volatilités que nous ne maîtrisons pas.
11:54Nous avons une chance, nous maîtrisons une chose.
11:56C'est notre efficacité, c'est notre stratégie, notre structure.
12:04Donc pour nous, il était important d'être sur toute la chaîne de valeur.
12:11Ce qui permet de, je ne dirais pas d'être 100% protégé,
12:14mais en tout cas de pouvoir maîtriser une partie des éléments qui sont à notre portée,
12:19à savoir les coûts, à savoir l'optimisation d'un certain nombre d'éléments,
12:25dans nos plantations.
12:26Je ne dis pas qu'on passe à travers l'ensemble des gouttes,
12:32mais quand même, en ayant la main sur ce que nous savons bien faire
12:36et en étant très strict sur ça,
12:39je pense qu'on arrive plus ou moins à s'en sortir dans ce monde-là.
12:46Dans ce monde un peu, tout bouge un peu, un peu partout.
12:51On parle de durabilité.
12:53Souvent, la durabilité, ça sonne un peu comme cette injonction qui vient du monde occidental.
13:01Mais pour Sifka, c'est quoi concrètement la durabilité dans votre business ?
13:05Alors, la durabilité est devenue une mode depuis un certain temps.
13:13Tout le monde en parle.
13:14C'est quoi concrètement ?
13:16Nous, on le vit, c'est de notre ADN.
13:18Nous sommes dans des métiers qui nécessitent d'être dans des zones où il n'y a personne.
13:24qui nécessitent de s'occuper des populations qui sont dans ces zones-là,
13:29qui nécessitent de créer des routes,
13:32qui nécessitent d'éduquer aussi en ayant des écoles, de soigner.
13:40Et en même temps, que nous soyons, c'est d'apporter l'autosuffisance alimentaire,
13:46aussi les aider à se nourrir pour certains.
13:50Donc, pour nous, le développement de la durabilité dans nos activités,
13:54ce n'est pas un comportement, je dirais, quelque part,
13:57puisque nous le vivons et nous le vivions exactement.
14:01C'est totalement imbriqué dans nos activités.
14:03D'ailleurs, nous avons été les premiers à avoir créé un département de développement durable
14:08au sein de notre groupe, assez tôt.
14:12Ce n'était pas encore la mode.
14:14Donc, le développement durable, c'est quelque chose que nous faisons.
14:15C'est vrai qu'il ne faut pas précipiter les choses non plus.
14:20On parle de développement durable, on le fait, mais il ne faudrait pas que des normes
14:25qui viendraient d'ailleurs, qui ne correspondent pas forcément à nos réalités,
14:30nous soient imposées.
14:32Parce que nous le vivons, on s'adapte, nous avançons, nous faisons les choses,
14:38nous tentons de faire les choses comme il faut.
14:40Et c'est un devoir pour Sifka, je dirais, en étant un des leaders dans ce domaine-là,
14:48d'être un exemple dans ce domaine-là aussi.
14:51Parce que c'est comme ça qu'on construit le monde, on a une responsabilité.
14:54Bien sûr.
14:55On va marquer une courte pause et nous serons de retour dans quelques instants.
15:00Vous suivez Destin d'entrepreneur sur cette info et je suis toujours avec mon invité du jour,
15:05Alassane Doumbia.
15:06Bon retour.
15:07Merci.
15:08D'accord, mais est-ce que faire preuve de responsabilité, est-ce que ça empiète sur la rentabilité ?
15:17Ça c'est une question excellente.
15:19Parce que la durabilité, forcément c'est un coût.
15:21C'est cher.
15:22Il va falloir que quelqu'un le paye à la fin du jour.
15:28Aujourd'hui on parle d'électricité verte, mais c'est un coût ça.
15:35C'est un coût.
15:36Est-ce qu'on peut se l'offrir ?
15:39C'est une question qu'on peut se poser.
15:40C'est vrai, c'est un coût.
15:41C'est peut-être plus cher que d'autres.
15:43Mais est-ce qu'on a le droit, pour autant, de ne pas le regarder ?
15:47Et je pense que c'est plutôt là où se trouve notre responsabilité.
15:51Notre, ce que j'appelle notre legacy sur la génération future.
15:56Si nous ne le faisons pas, qu'il ne le fera pas ?
15:58Donc quelque part, c'est un coût, c'est vrai.
16:00La profitabilité peut être un peu touchée.
16:04Mais à un moment donné, il faut que des leaders commencent à le faire
16:09pour pouvoir attirer les autres, petit à petit, vers la bonne gouvernance,
16:15vers la gestion de la durabilité, etc.
16:18Donc c'est plus qu'une question de responsabilité,
16:21c'est une question de responsabilité, je dirais,
16:25que nous avons vis-à-vis de la société,
16:27vis-à-vis des pays qui nous accueillent,
16:31vis-à-vis des populations qui nous accueillent, etc.
16:36L'Afrique, c'est, bon, exporte depuis des décennies,
16:40ça c'est vraiment le sujet,
16:42l'Afrique exporte ses matières premières,
16:44laisse l'argent sur la table,
16:45SIFCA transforme.
16:47Tout à fait.
16:48Comment vous expliquez que ce modèle,
16:50ça ne soit pas devenu,
16:52que votre modèle soit toujours l'exception sur le continent ?
16:56C'est de moins en moins l'exception,
16:57mais c'est vrai que la question est juste.
17:01Je pense que c'est une...
17:05Il faut avoir une vision, quelque part.
17:07Et nos prédécesseurs ont eu cette vision,
17:09à un moment donné,
17:10de se lancer dans les activités que nous renforçons.
17:15Ensuite, face à cette vision,
17:17il faut avoir un peu de chance,
17:19nous le disait quelqu'un,
17:22pour pouvoir implémenter cette vision et aller plus loin.
17:25On a eu la chance de pouvoir avoir l'ensemble des activités
17:32que nous avons et de continuer à renforcer.
17:33Mais pour que les autres puissent le faire,
17:38il faut qu'on aille au-delà des choses.
17:40Il faut qu'il y ait une vision globale,
17:43je pense, une vision politique,
17:46qui dit, moi, je veux mes champions nationaux.
17:49Les champions nationaux, il faut qu'ils puissent transformer.
17:52L'Afrique ne pourra jamais réussir
17:54si nous n'ajoutons pas de valeur sur nos produits.
17:58Donc, une vision,
18:02une volonté politique,
18:04le financement.
18:07Et bien sûr,
18:08les hommes,
18:10je dirais,
18:11la formation, etc.
18:13Tout ça réunit, forcément,
18:15forcément, forcément.
18:17On va y arriver.
18:20Qu'est-ce qui manque ?
18:21Pour que certains y soient,
18:23je pense qu'il y en a qui y sont,
18:24qui commencent.
18:26Il faudra encore plus de coups de pouce.
18:29Dans certains cas,
18:30que ce soit sur le plan financier,
18:32que ce soit sur le plan,
18:34je dirais,
18:36la réglementation.
18:38et je disais il n'y a pas très longtemps à quelqu'un,
18:45on peut,
18:46dans beaucoup de pays développés
18:48où on parle de libéralisme économique,
18:52les secteurs les plus protégés
18:54sont les secteurs liés à l'alimentation.
18:55Le circo, par exemple.
18:57C'est le secteur le plus protégé,
18:58que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe.
19:01Donc,
19:01il nous faut un peu
19:02de ces volontés-là
19:03pour que
19:04nous puissions construire
19:06des entreprises,
19:07des PME
19:08qui deviennent grandes
19:09et après,
19:09petit à petit,
19:10qui sont assez fortes
19:11et qui vont pouvoir,
19:13petit à petit,
19:14défendre
19:16les intérêts
19:16de nos continents.
19:18On parle de terreau fertile,
19:19c'est ça ?
19:20Absolument.
19:20De créer les fondations
19:22pour pouvoir construire
19:23des entreprises pérennes.
19:25Absolument.
19:25Vous parlez de champion,
19:27donc le groupe SIFK,
19:28c'est un champion.
19:29Ça, c'est clair.
19:31On parle souvent,
19:32on dit que l'Afrique
19:32peut nourrir le monde.
19:35Qu'est-ce qui manque ?
19:36Donc, outre cet écosystème-là,
19:39est-ce qu'il y a d'autres choses
19:40que vous voyez
19:40qui empiètent
19:42sur ce développement
19:43d'autres champions
19:44sur le continent ?
19:45Évidemment, oui.
19:47Lorsqu'on parcourt
19:48les forums, etc.,
19:52j'adore écouter
19:54écouter les gens.
19:55On dit toujours
19:56la même chose,
19:57il n'y a pas
19:57d'action.
20:01Talk only,
20:02no action,
20:02comme dirait quelqu'un.
20:06Mais,
20:08j'entends aussi dire
20:09qu'il y a beaucoup
20:10de financements,
20:10qu'il y a de l'argent
20:12un peu partout.
20:14Moi, je n'en vois pas.
20:15On dit,
20:16il ne manque
20:16que des projets.
20:18quand on parle
20:19de financement,
20:20il faut un financement
20:20adapté
20:22à nos réalités,
20:23un financement adapté
20:24à nos besoins.
20:26Et ça,
20:28il manque
20:29à notre truc
20:29en Afrique.
20:30C'est l'épargne
20:32que nous pourrons
20:32nous-mêmes lever
20:33pour pouvoir
20:34financer notre développement.
20:35Comment voulez-vous
20:37financer un développement
20:38sur le long terme
20:39si le risque
20:40tel que nous le percevons
20:41n'est pas le même risque
20:43que celui
20:43qui nous finance ?
20:44Donc, finalement,
20:45on se retrouve
20:46avec de l'argent
20:48trop cher
20:50ou pas disponible
20:51pour ce que
20:52nous souhaitons faire.
20:53Donc, on reste
20:53toujours à la traîne.
20:55Donc, il faut
20:56que l'Afrique
20:56se réveille un jour
20:58et qu'on crée
20:59cette épargne.
21:01Et, encore une fois,
21:02le privé peut le faire,
21:04mais on a besoin
21:04d'un appui
21:05de tout le monde.
21:08Oui, certains mécanismes
21:09au niveau
21:09des fonds de pension.
21:10Un vrai écosystème
21:11qui permettrait
21:13de...
21:13Sinon, l'Afrique,
21:14effectivement,
21:14peut nourrir le monde.
21:15Et l'Afrique
21:16va nourrir le monde.
21:17À quelle horizon ?
21:19Dans pas très longtemps.
21:20Parce que j'ai vu...
21:21La Côte d'Ivoire
21:22est en train de prouver
21:23aussi que les choses
21:24fonctionnent
21:24et ça bouge,
21:25vraiment.
21:25La preuve...
21:26Sifka, on arrive
21:27à faire...
21:28Nous, nous sommes
21:29les plus gros producteurs
21:30d'huile raffinée
21:32dans cette zone
21:33de l'Afrique.
21:34Nous sommes
21:35les premiers producteurs
21:36de caoutchouc.
21:36La Côte d'Ivoire
21:36va devenir
21:37le deuxième producteur
21:37de caoutchouc mondial.
21:40Et nous,
21:41on fait partie
21:41des premiers.
21:42Donc, ça veut dire,
21:42vous voyez,
21:43c'est déjà ce que...
21:44Non, on a...
21:44Il y a beaucoup de potentiel.
21:46On a la capacité
21:46de le faire
21:47et je vois que
21:48l'État fonctionne.
21:50J'ai vu d'autres États
21:51autour de nous,
21:52mais aussi du côté Est
21:54qui ont une vraie volonté,
21:56qui sont business-oriented.
21:58Et je pense que
22:00l'Afrique va surprendre.
22:01OK.
22:02Très, très bientôt.
22:02Dans les modèles politiques
22:04que vous admirez un peu,
22:05vous pouvez en parler.
22:09On ne parle pas de politique.
22:11C'est pas mal de politique.
22:13Très bien.
22:14C'est pas mal de politique.
22:16À ceux qui disent
22:17que le vrai pouvoir économique
22:19en Afrique
22:19reste entre les mains étrangères,
22:21vous leur dites quoi ?
22:22Non, je dis
22:23qu'il ne faut pas
22:25opposer
22:27ces deux visions-là.
22:28Il est vrai
22:29qu'il y a des étrangers,
22:31mais il y a des locaux aussi.
22:32C'est le plus important
22:33pour nous.
22:34C'est de transformer
22:36notre économie.
22:37C'est d'ajouter
22:38de la valeur
22:39et que les locaux
22:39puissent à un moment donné
22:41prendre
22:43ce qu'ils estiment
22:44ne pas avoir.
22:47Mais pour cela,
22:47il faut qu'on puisse
22:48travailler ensemble
22:49et que ce soit
22:49un win-win.
22:52Donc,
22:53pour moi,
22:54il ne faut pas opposer
22:54les deux.
22:55C'est pas
22:56les étrangers ont l'économie
22:58et les locaux
22:59n'en ont pas.
23:00C'est pas vrai.
23:00qu'il faut arriver
23:01à travailler
23:01de telle sorte
23:02à ce que
23:05le mélange
23:06de l'ensemble
23:07de ces cultures-là
23:07donne quelque chose
23:09qui puisse être bénéfique
23:10pour tout le monde.
23:11Et je pense
23:12qu'il y a suffisamment
23:13de place
23:13pour tout le monde.
23:14Je vous assure.
23:16Alazane Boumia,
23:17qu'est-ce qui vous
23:20tient réveillé la nuit ?
23:23Quels sont les soucis ?
23:24Parce qu'on parle
23:25de ce groupe.
23:27La responsabilité
23:28est énorme.
23:29Qu'est-ce qui vous
23:30tient réveillé la nuit ?
23:32Beaucoup de choses.
23:36On en parlait
23:36tout à l'heure
23:37avec les autres membres
23:38du comité exécutif
23:40des SIFCA.
23:40On regardait.
23:41On a cette chance
23:42qu'il y a cette montre-là
23:43où, etc.,
23:45qui permet
23:46de déterminer
23:48le temps de sommeil.
23:50On dort en moyenne
23:50trois ou quatre heures
23:51ces derniers temps.
23:54Qu'est-ce qui nous tient réveillé ?
23:55Non, c'est surtout
23:57je dirais
23:57la responsabilité
23:58que nous avons
23:59vis-à-vis
24:00de nos collègues,
24:02de nos collaborateurs
24:03et des gens
24:04qui sont autour de nous.
24:05Et puis,
24:06aussi,
24:07de la génération future.
24:10Encore une fois,
24:10je disais,
24:11nous,
24:13on transmet.
24:14On est là
24:14pour transmettre.
24:16Et tant qu'on peut
24:17transmettre,
24:18c'est ce qu'il faut.
24:19et c'est ce qu'à un moment donné,
24:21lorsque les cours baissent
24:22et qu'on a du financement
24:24à l'éveu,
24:25comme c'est le cas en ce moment,
24:26on a des sujets
24:27qui sont liés à une usine
24:29qui est en panne.
24:30Oui, tout ça,
24:31évidemment,
24:33on ne peut pas dormir
24:34tranquillement
24:34puisque le lendemain,
24:36il faut que nos collègues
24:38puissent repartir,
24:39retrouver leur emploi
24:40et que demain,
24:41ils puissent aussi
24:42nourrir leurs enfants,
24:43etc.
24:43donc c'est à la fois
24:47une énorme chance
24:48de pouvoir
24:49être là où je suis.
24:52Donc Alassane,
24:53je voudrais revenir
24:54sur les leçons de vie.
24:56Vous parlez de leçons,
24:58pour vous,
24:59vous apprenez
25:00de potentielles erreurs.
25:03Est-ce qu'il y a une leçon
25:03que vous avez apprise
25:04de façon complètement inattendue ?
25:07Oui.
25:09Oui, oui.
25:10Forcément.
25:13Après 25 ans
25:15d'activité
25:17dans cette zone
25:19du monde,
25:21non, forcément,
25:23souvent,
25:24on fait des investissements
25:25qui sont
25:28rentables
25:28sur papier
25:30parce qu'on est souvent
25:31très pressés
25:32parce qu'on est
25:33on estime
25:34qu'on a couché
25:36l'ensemble des cases.
25:38Nous, notre métier
25:39fait qu'on est très modeste
25:41vis-à-vis
25:42parce que le métier,
25:42on vit ça.
25:43d'âme nature
25:45est maître.
25:47Effectivement,
25:47on a fait des investissements
25:49dans des activités
25:51assez nantes.
25:52On y croyait vraiment.
25:54Et puis,
25:54malheureusement,
25:55lorsqu'on s'engage
25:57dans les plantations,
25:59c'est 10 ans,
26:0015 ans.
26:01Et là,
26:04on apprend de ses horreurs.
26:07mais on fait tout.
26:08L'avantage,
26:09c'est ça,
26:09l'équipe.
26:10C'est ça,
26:10lorsqu'on est nombreux,
26:12lorsqu'on a des gens
26:13qui sont là
26:14pour nous accompagner
26:17et qu'on accompagne aussi,
26:20ça permet
26:21de trouver des solutions.
26:22Vraiment.
26:23Vraiment.
26:25il y a des moments
26:26où on pense bien
26:28faire des choses
26:28et puis on est plus
26:32royaliste que le roi.
26:33Ça arrive dans certains cas.
26:34mais bon,
26:35c'est ça aussi la vie.
26:36C'est ça la vie,
26:36c'est sûr.
26:39Qu'est-ce que vous dites
26:40à un jeune Africain
26:42qui rêve de bâtir
26:43quelque chose
26:45de grand,
26:46parce que je pense
26:46qu'il y a plein
26:46de jeunes Africains
26:47qui ont de grandes ambitions,
26:49mais qui n'a ni votre trajectoire
26:50ni votre réseau ?
26:53Alors,
26:54j'ai dit d'abord,
26:55il faut parier sur du réel.
26:59Il faut,
27:00effectivement,
27:00il faut vouloir
27:03rêver grand,
27:05mais pas rêver seulement.
27:08Rêver sur du réel,
27:10travailler,
27:11la rigueur,
27:12la rigueur,
27:13la rigueur.
27:14Et puis,
27:17le manque de réseau
27:18ne veut pas dire
27:20fortement les portes clos.
27:22Lorsqu'on est sur lieu
27:23et qu'on est capable
27:23de faire les choses,
27:25les portes s'ouvrent
27:26et les réseaux aussi,
27:27automatiquement.
27:28Donc, quelque part,
27:29ce n'est pas juste
27:30qu'être là,
27:33en train de rêver,
27:33il faut oser.
27:35Oser.
27:36Oser ouvrir les portes.
27:38Taper.
27:39On dit d'ailleurs,
27:42être toi et le ciel
27:43t'aidera.
27:43C'est vrai.
27:44Ou taper,
27:45on vous ouvrira.
27:46Donc,
27:46non, non,
27:47il faut vraiment oser.
27:49Vraiment,
27:49et avec beaucoup de rigueur.
27:50Et ce qui manque un peu
27:52chez nos jeunes,
27:53c'est de précipiter les choses.
27:54C'est de confondre
27:56l'immédiatité
27:57avec ce qu'on a envie de faire.
28:00la rigueur.
28:01Et je suis sûr,
28:02et ce n'est pas que je suis sûr,
28:03c'est comme ça,
28:04qui lui crut que,
28:05je peux me permettre
28:06de dire ça,
28:06le président Macron
28:09serait président de la France
28:11s'il avait juste rêvé
28:13dans le coin de sa maison
28:14et qu'il n'avait pas bougé.
28:16Il a fait ce qu'il fallait.
28:18Donc,
28:18il faut oser.
28:19Oui,
28:20l'audace,
28:21le travail.
28:21Le travail.
28:23Et le travail comme religion.
28:24Absolument.
28:25Vraiment.
28:26Vraiment,
28:26vraiment.
28:27Et la rigueur.
28:28Vraiment.
28:28Il faut,
28:29lorsqu'on fait les choses,
28:30on les fait bien.
28:30On ne les fait pas.
28:31On les fait bien.
28:33C'est un bon rappel.
28:34Parce que c'est vrai
28:35qu'on a tendance
28:35à l'immédiateté en ce moment.
28:36C'est ça.
28:37Malheureusement.
28:37Beaucoup trop.
28:39Je crois que c'est votre anniversaire bientôt.
28:44Un bel anniversaire.
28:46Merci.
28:47Par avance.
28:48Par avance,
28:49voilà.
28:49Quel serait votre bilan ?
28:52Vous vouliez être pilote
28:53quand vous étiez enfant.
28:54Mais quel serait votre bilan ?
28:55Vous vous êtes informé
28:55sur beaucoup de choses.
28:57Je voulais être pilote.
28:58J'adorais,
29:00j'adore l'aviation.
29:01J'adore toujours.
29:02Même si on commence à me dire
29:06de moins regarder
29:07ce côté-là.
29:09Non, non.
29:10Le bilan,
29:11ça peut être...
29:12Non.
29:13J'ai eu beaucoup de chance.
29:15Beaucoup, beaucoup de chance.
29:17Pas que.
29:18J'ai contribué aussi
29:19à beaucoup de choses.
29:23Et puis,
29:24je pense que
29:25ce qui reste,
29:26c'est la fraternité,
29:27les liens
29:28qu'on peut tisser
29:29autour de nous
29:30et qui finalement
29:33forment
29:33le plus beau moment
29:34et le plus beau cadeau
29:35de la vie.
29:36La famille.
29:37La famille.
29:38Absolument.
29:40Merci beaucoup.
29:42Alors,
29:42je pense que vous aimez jouer.
29:44Nous,
29:45on aime bien jouer.
29:46Alors,
29:46je suis moins joueur,
29:48mais je veux
29:49m'y prêter au jeu.
29:50C'est un petit quiz.
29:51Il y a quelques pièges.
29:52D'accord.
29:54à la Sainte-Doumbia,
29:56Abidjan ou Paris?
29:57Abidjan.
29:59Caoutchouc,
30:00palme ou sucre?
30:01Le 3.
30:05Héritage ou innovation?
30:07Innovation.
30:10Les plantations
30:10ou les salles de réunion?
30:14Bonne question.
30:15Mais je pense qu'il faut combiner
30:17les deux
30:17pour que les choses fonctionnent.
30:19Le silence
30:20ou la parole?
30:21Le silence
30:22vaut parfois mieux.
30:25signer un deal
30:26ou planter un arbre?
30:28Alors,
30:29souvent,
30:30les deals
30:30permettent de planter des arbres.
30:34Monsieur Doumbia
30:35ou Alassane?
30:36Alassane.
30:38Construire seul
30:39ou bâtir en équipe?
30:40En équipe.
30:40Facile.
30:41Of course.
30:42L'Afrique dans 20 ans,
30:43optimiste
30:44ou lucide?
30:46Je suis un optimiste
30:47lucide.
30:51Je pense que l'Afrique
30:52sera là où on voudrait
30:54qu'elle soit,
30:55mais en condition
30:56qu'on y mette
30:56les moyens de maintenant.
31:00Wilmar
31:00ou Olam?
31:03Waouh!
31:04Mais je suis...
31:05J'adore
31:06les deux,
31:06mais Wilmar
31:07est mon partenaire.
31:08Donc,
31:08Wilmar.
31:10Attique et poisson
31:11ou Aloko poulet?
31:14Poulet et loco?
31:15Là,
31:16c'est le...
31:17La question piège.
31:19La question piège.
31:21L'attique,
31:22le poisson.
31:23Attique et poisson.
31:24Ou Attique et poulet.
31:26Non,
31:27il faut choisir.
31:28Il faut que je choisisse.
31:29Attique et poisson,
31:29je prends.
31:31Ça fait un plaisir.
31:33Merci infiniment.
31:34Merci infiniment
31:35d'avoir été notre invité
31:36d'aujourd'hui.
31:38Merci à vous,
31:39téléspectateurs,
31:40de nous avoir suivis.
31:41C'était Destin d'entrepreneur
31:43sur cette info.
32:00Sous-titrage Société Radio-Canada
32:03Sous-titrage Société Radio-Canada
32:05Sous-titrage Société Radio-Canada
32:07Sous-titrage Société Radio-Canada
32:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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