00:00Quand j'ai vu ces images à Lens, j'étais infurieuse de voir qu'il y a des armes, des
00:04grenades de désencerclement, des LBD qui sont utilisées en France alors qu'elles sont interdites partout ailleurs en Europe sur
00:09le maintien de l'ordre.
00:11Deuxièmement, qu'on a un ministre de l'Intérieur qui refuse de s'excuser, qui refuse d'appeler à la
00:17retenue des forces de l'ordre alors que, excusez-moi, n'importe lequel d'entre vous, vous seriez ministre de
00:21l'Intérieur.
00:22Un truc comme ça arrive, que ce soit ce qui est arrivé à Lens ou la mâchoire arrachée ou le
00:26jeune homme qui a perdu son oeil, vous seriez décomposé, mortifié, en train de vous confondre en excuses, de dire
00:34que vous alliez prendre des mesures fortes pour que ça n'arrive plus.
00:36Et là, on a une décontraction au sommet de l'État, never explain, never complain alors que c'est la
00:42sécurité de nos enfants qui est en jeu.
00:44Et donc, je trouve ça sidérant. On a des rapports à tous les niveaux, y compris la défenseur des droits,
00:49mais aussi au niveau européen, internationaux, qui rappellent que l'usage de la force de l'ordre doit être proportionné,
00:54qu'elle doit être encore plus proportionnée quand il s'agit de mineurs, évidemment.
00:58Et donc, je ne sais pas ce qui s'est passé dans ce pays pour que les images qu'on
01:01voit défiler sur les réseaux sociaux ne suscitent pas d'excuses chez les représentants ministériels de l'éducation ou à
01:09l'intérieur.
01:11Et c'est une faute politique lourde, mais c'est aussi un manque cruel d'humanité.
01:16Et je le dis, on a aujourd'hui un pouvoir macroniste qui ne peut même pas dire « je retire
01:20ma réforme » puisque ces manifs ne sont pas comme à l'époque elles étaient sur une réforme où il
01:24suffisait quelque part de retirer la réforme pour que le calme revienne.
01:27Là, c'est pour toute leur œuvre.
01:29Donc c'est compliqué et c'est compliqué aussi de se dire qu'un pouvoir macroniste est dans une telle
01:34inertie par rapport au dérapage qu'on est en train de vivre et la sécurité de nos enfants qui est
01:38menacée.
01:39Et on se dit, mais si en 2027 l'extrême droite gagne, ça va être quoi les manifestations dans ce
01:43pays ?
01:44Donc le sens de notre présence ici, c'est un soutien total à la revendication des disséants.
01:47C'est aussi évidemment un cri d'alerte sur la manière dont est organisé le maintien de l'ordre dans
01:52ce pays.
01:52« Maintien de l'ordre », les mots ont un sens et je ne pense pas que c'est ce
01:55qui est fait aujourd'hui.
01:56Le rôle du ministre de l'Intérieur, c'est qu'on puisse exercer notre droit à manifester et qu'on
01:59puisse le faire en sécurité.
02:01Et puis en réalité, s'ils ne sont pas capables de comprendre tout ça, il faut qu'ils démissionnent.
02:04À un moment, la question se pose vraiment fort et en tout cas pas à nous, mais à eux.
02:08Donc voilà le sens de notre présence aujourd'hui et aussi, je pense, une présence qui vise à apaiser les
02:13choses, à s'assurer que les choses se passent bien.
02:15Sous-titrage Société Radio-Canada
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