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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud revient sur les propos de Jean-Luc Mélenchon sur la police qu'il accuse de violences volontaires et de racisme.

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Transcription
00:00Vous parlez de ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon, et ce qui est incroyable, ce n'est pas tant
00:03ce qu'il dit d'ailleurs,
00:04c'est l'écho qui est donné ou pas donné à ce qu'il dit.
00:08Écoutez ce qu'il a dit hier soir, l'insupportable violence policière, cette troupe, comment il cible un matin,
00:15comme une séquence, comme nous vivons actuellement. Écoutez Jean-Luc Mélenchon.
00:21L'insupportable violence policière, vous ne m'avez pas écouté quand je vous ai dit.
00:25Pourquoi j'ai dit un jour, la police tue ? Il n'y a pas un mec plus tranquille que
00:28moi.
00:28Mais je ne crois pas à des gens qui abattent quelqu'un d'autre parce qu'ils refusent d'obtempérer.
00:34Cette troupe n'est plus tenue, elle n'en fait qu'à sa tête, et dans sa tête, il y
00:39a des idées pourries, racistes.
00:42Rendez compte la violence de ce qui est dit sur la police.
00:45Personne dans le monde intellectuel, médiatique, mais aussi artistique, artistique,
00:53ces gens dont nous parlons régulièrement, qui font parfois des pétitions,
00:59qui délivrent aussi.
01:00J'ai vu que Mme Bachelot avait fait un livre pour que le RN ne passe pas.
01:07Pourquoi pas d'ailleurs ?
01:07On ne les entend pas sur Jean-Luc Mélenchon.
01:11C'est sidérant.
01:13Il pourrait faire les fabrications intellectuelles pour dire que Marine Le Pen cible les journalistes.
01:16Vous savez, il y a eu cette montée au créneau absolument ridicule
01:19puisque c'était une phrase sortie de son contexte, etc.
01:22Sur Jean-Luc Mélenchon, en revanche, il n'y aura pas de prise de parole,
01:24alors que la menace, elle est quand même très parlante.
01:27Sur la police, mais tout le monde devrait être scandalisé de ce qu'il dit sur la police.
01:30Des policiers, les policiers sont en première ligne aujourd'hui.
01:33Ils sont sur le terrain.
01:35Et qui va réagir ?
01:36Alors peut-être des gens de droite, Charles Aloncle.
01:38On aura sans doute des réactions à droite.
01:39Mais est-ce qu'il n'y en aura d'autres ?
01:41Et c'est tout le système dans lequel nous vivons aujourd'hui.
01:43Le système médiatique, au sens le plus large, me sidère chaque matin.
01:49Moi, j'ai beaucoup de mal à admettre en plus la réaction de Jean-Luc Mélenchon.
01:53Parce qu'on voit que les premières victimes de toutes ces violences,
01:56ce sont les policiers.
01:57Je crois qu'il y a des centaines aujourd'hui de policiers blessés.
01:59Ce sont les pompiers.
02:00On voit des camions de pompiers incendiés.
02:02Ce sont des proviseurs, des surveillants, des professeurs.
02:04Je voyais par exemple, vendredi dernier,
02:07que la proviseure du lycée Victor Hugo à Marseille,
02:10ses adjoints et un certain nombre de personnes de son équipe
02:12ont été aspergés d'essence,
02:13se sont réfugiés dans le lycée.
02:16La porte a été incendiée.
02:18Donc moi, j'aimerais en tout cas que Jean-Luc Mélenchon
02:21fasse preuve un peu plus d'objectivité
02:22et se rendre compte de l'état de violence.
02:25Mais Charles Aloncle, il ne le fera pas lui.
02:27Lui, il veut la révolution.
02:29Parce qu'il a compris qu'il n'aurait pas le pouvoir par les urnes.
02:32Lui, j'ai envie de dire, le problème,
02:34ce n'est même plus Mélenchon.
02:36Mélenchon, il veut la révolution.
02:38Donc il veut que l'état soit par terre.
02:42C'est un trotskiste.
02:43C'est son rêve.
02:45Mais en revanche, moi, ce que je pointe comme responsabilité,
02:48d'abord, c'est Emmanuel Macron.
02:49Je ne sais pas où il est, Emmanuel Macron, dans cette séquence.
02:51On ne l'entend pas.
02:52Pour le coup, il est dans la rue.
02:54Tout est en train de cramer.
02:55Mais il nous fait quelques petites sorties dans les médias
02:57en nous expliquant que pourquoi pas, en 2032,
02:59il pourrait revenir.
03:00Ça, c'est le rôle du président de la République en ce moment.
03:02Le président de la République, on ne l'entend pas.
03:04Mais surtout, qui fabrique parfois l'opinion ?
03:07Ça peut être les médias, ça peut être des artistes,
03:09ça peut être des intellectuels.
03:10Mais ces gens-là, je ne les entends pas sur ce danger Mélenchon.
03:15Parce qu'ils considèrent qu'il n'y a pas de danger Mélenchon.
03:17En fait, ils le soutiennent.
03:19C'est simple.
03:20Ils le soutiennent.
03:20C'est la première fois dans l'histoire de la Ve République
03:24qu'un leader d'un mouvement politique de cette importance
03:30cible la police.
03:31C'est la première fois.
03:32Même dans les moments les plus durs de mai 68,
03:34à ce moment-là, le PC accusait l'exécutif.
03:37Mais ne disait pas que les policiers étaient pourris dans leur tête.
03:42C'est la première fois.
03:43Mais ça devrait faire réagir.
03:45Le fait que ce soit la première fois dans l'histoire de la Ve.
03:47Ce n'est pas quelque chose de neutre quand même.
03:50Autrefois, je rappelle quand même qu'il y a eu un temps
03:52où la police était l'institution derrière laquelle
03:55la gauche se réfugiait.
03:57C'est terminé.
03:58Alors, évidemment, ce qui nous intéresse aussi
04:00des passages sur un certain climat,
04:02hier, il y a un militant, par exemple de la France Insoumise,
04:04sur un plateau de télévision qui tutoie un policier.
04:08Il n'est pas la France Insoumise,
04:09mais bon, il s'en rapproche dans les idées.
04:11C'est le point levé, je crois.
04:12Le point levé, d'accord.
04:13Mais ça traduit aussi un état d'esprit
04:17et il n'y a personne qui dit à ce jeune homme,
04:20même le présentateur,
04:21mais vous allez parler autrement ?
04:23Le présentateur.
04:23Vous allez parler autrement ?
04:24Vous allez modérer ?
04:25Mais qui vous êtes ?
04:27Vous avez 16 ans, 17 ans, vous faites quoi ?
04:29Vous êtes un super élève ?
04:31Qu'est-ce qui vous permet de parler comme ça ?
04:33Donc, voyez cette séquence.
04:35Mais pas du tout.
04:36Moi, j'appelle au contraire à se révolter aujourd'hui, madame.
04:38Moi, je suis profondément élu, monsieur,
04:40et profondément hypocrite.
04:42Je veux dire, il y a un enfant.
04:43Laisse-moi parler, s'il te plaît.
04:44Je t'ai laissé écouter.
04:45C'est vous, monsieur.
04:46Parce qu'on ne s'en est pas amis, je pense.
04:48On n'a pas gardé les pochets ensemble, monsieur.
04:50Vous n'êtes pas en service de police, monsieur.
04:56Voilà, vous avez cette jeunesse qui, effectivement, paraît plutôt mal élevée.
05:04On va le dire comme ça.
05:06Et ça serait intéressant de connaître les parents de ce monsieur, d'ailleurs.
05:09Moi, je voudrais bien les connaître.
05:10Vraiment.
05:10Je ne sais pas s'ils sont fiers ou pas de leur fils,
05:12mais ça m'intéresserait.
05:13Comment ?
05:14Je disais, on les plaint.
05:16Oui, c'est possible.
05:16Alors, écoutez ce que dit Jean-Luc Mélenchon sur les jeunes.
05:19Parce que, par exemple, il leur dit « Parcoursup sera supprimé ».
05:22En fait, il ne veut aucune sélection.
05:24C'est intéressant.
05:25Donc, si tu dis ça à des jeunes « Aucune sélection »,
05:28des jeunes peuvent être sensibles à ça.
05:30Donc, il leur dit ça.
05:31Écoutez ce que dit Jean-Luc Mélenchon auprès des jeunes.
05:34Je n'aime pas cette vision de mon pays.
05:37Pas celle de mes jeunes, qui, bien sûr, font des conneries.
05:41Et alors, c'est quoi le sujet ?
05:43Parce qu'ils n'ont pas moyen de se faire entendre autrement.
05:45Donc, tout ce discours n'est évidemment insupportable.
05:48Je ne sais pas ce que vous en pensez, d'ailleurs.
05:50Je ne sais pas ce que vous en pensez,
05:52vous qui connaissez ce monde de la jeunesse.
05:54Comment écouter les jeunes sans tomber dans la démagogie ?
05:57Voilà.
05:58Comment leur donner des règles d'autorité,
06:01tout en entendant ce qu'ils peuvent dire ?
06:04Mais, en fait, les parents sont là pour élever les enfants.
06:07Oui, mais, Pascal, là, vous voyez bien
06:09qu'il y a quelques semaines,
06:11les résultats du classement PISA de la France
06:14étaient encore plus désastreux que ceux de 2022,
06:17où, à l'époque, le ministre de l'Éducation nationale
06:19nous disait que la priorité, c'était l'éducation sexuelle à l'école.
06:24Et donc, on escamote la réalité de notre responsabilité
06:28quant à l'effondrement de l'instruction.
06:30C'est-à-dire que ça fait 40 ans
06:31qu'on a sapé la figure du père, symbolique.
06:35Symboliquement, le père, c'est celui,
06:37c'est l'adulte qui donne l'exemple
06:38en respectant la loi qu'il transmet,
06:40en transmettant les interdits.
06:41On l'a mise par terre.
06:42On a transformé les profs en animateurs.
06:43On a laissé l'idéologie rentrer à l'école.
06:46On a les profs qui démissionnent.
06:47567% d'augmentation des démissions.
06:49On a des profs en arrêt maladie.
06:51On a des établissements qui sont dans un état lamentable
06:53parce que l'argent public est dilapidé.
06:57Donc, cet échec cuisant,
06:58aujourd'hui, le problème,
06:59c'est qu'il est escamoté par des violences.
07:02Des violences qui ne sont pas les violences
07:04d'élèves qui veulent travailler, bien évidemment.
07:06Ceux qui veulent travailler,
07:08qui veulent être instruits,
07:09qui veulent des profs remplacés quand ils sont absents,
07:11ce n'est pas ceux qui crament les poubelles.
07:12Le problème, c'est que là,
07:13on a des adultes qui font l'inverse
07:15de leur devoir d'exemplarité,
07:16c'est-à-dire qu'ils transforment ces jeunes
07:18pas éduqués, pas instruits,
07:20donc avec trois mots de vocabulaire,
07:22donc totalement impulsifs,
07:23qui n'existent qu'en détruisant,
07:24en idiots utiles d'un système électoral.
07:27Les uns vont tirer leur épingle du jeu
07:28en allant chercher des primo-votants
07:30pour gagner les 400 000 voix
07:31qui leur manquent pour être au deuxième tour.
07:33Et le camp du bien,
07:35qui est au-dessus de tout ça,
07:36va se présenter comme le camp raisonnable
07:38qui va ramener l'ordre.
07:39Et donc, on va arriver à la situation
07:40que je prédisais il y a 5-6 ans
07:42et je me faisais traiter d'alarmiste
07:43et de complotiste,
07:44à savoir que les honnêtes gens
07:45vont d'eux-mêmes supplier
07:47une société de contrôle
07:48parce qu'on aimerait bien
07:49que nos mômes aillent à l'école
07:50dans des conditions possibles
07:52et de ne pas se faire
07:53un autoconfinement sécuritaire à Paris.
07:56Et donc, ils vont se présenter
07:57comme le camp du raisonnable,
07:58alors que ce sont les mêmes
07:59qui, depuis 40 ans,
08:00font tout pour que le chaos arrive.
08:02Donc, une fois de plus,
08:03on est dans une fuite en avant
08:04du chaos et de la crise
08:05et de la crise
08:05et de la crise et de la crise.
08:06et aucun adulte
08:08ne prend ses responsabilités.
08:09Les parents, les premiers d'ailleurs.
08:11Julia Ferrand est avec nous.

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