00:00Je voulais poser une question à Pierre Vermeuren, parce que vous parlez dans votre ouvrage de ventripotence de l'État,
00:06vous expliquez en effet qu'il y a 6 millions de fonctionnaires, que beaucoup de travailleurs dépendent de lui,
00:13de l'intermittent du spectacle au médecin, qu'il y ait une inflation normative, donc l'État est présent,
00:18mais il est incapable de déployer son autorité. Comment est-ce que vous expliquez ce paradoxe ?
00:23Vous savez, c'est plus difficile d'avoir de l'autorité quand on est très ventripotent peut-être.
00:30Non, il y a effectivement un État qui est devenu tentaculaire, colossal, qui dépense plus de la moitié de la
00:35dépense publique,
00:36qui a besoin de la dette pour fonctionner, et qui en même temps n'a jamais eu autant de fonctionnaires,
00:42et qui subventionne, je ne sais pas, dans le désordre, le cinéma, la presse, la culture, les associations, les ONG,
00:52etc.
00:54Donc c'est un État qui est partout, qui soigne, qui guérit, qui donne des subventions,
01:00qui fait vivre plus de la moitié de la population du pays de ses rentes,
01:03mais qui en même temps, dans ce temps-là, a vu ses fonctions régaliennes s'effondrer.
01:07On dit souvent, à juste titre, que sous De Gaulle, 6% des dépenses de l'État étaient consacrées aux
01:13fonctions régaliennes,
01:13on est tombé à 3%.
01:14Alors là, on vient de remonter, grâce à l'augmentation, ou à cause de l'augmentation du budget des armées,
01:19à 3,5%.
01:20Mais c'est-à-dire que cet État qui a grossi dans les proportions gigantesques,
01:23il est de moins en moins concentré sur la justice, la police, et la défense intérieure-extérieure.
01:29C'est peut-être une des explications.
01:31Pierre Vermeuren est avec nous, le grand dérèglement, ce que la France refuse de voir.
01:34Alors, en tout cas, vous êtes là pour nous dire ce que nous refusons de voir.
01:40Je voulais qu'on écoute Emmanuel Macron sur l'état d'urgence possible.
01:42Je voulais qu'on écoute Emmanuel Macron sur l'état d'urgence possible.