00:00Laurence Ferrari.
00:01Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNU et sur Europe 1, c'est Sébastien Chenu.
00:05Bonjour à vous.
00:06Bonjour madame.
00:07Député du Rassemblement National du Nord, vice-président de l'Assemblée Nationale.
00:10Les autorités ont peur d'un mardi noir aujourd'hui avec des scènes de chaos, de guérillas urbaines,
00:15puisqu'il y aura dans la rue non seulement les lycéens mais aussi les étudiants, les fonctionnaires, les syndicats et
00:20même des agriculteurs.
00:22Alors que, évidemment, il y a une forme de convergence des luttes.
00:26Est-ce que vous redoutez un scénario noir ?
00:28Est-ce qu'on peut se dire aujourd'hui que les revendications de base des lycéens sont oubliées et qu
00:33'on bascule dans autre chose, Sébastien Chenu ?
00:35Ce qui est à craindre, c'est qu'on passe des revendications, justement, qui peuvent être intéressantes à entendre
00:40et qu'il faut prendre en considération, à des émeutes.
00:43Et en réalité, tout converge à ce que ces revendications soient transformées en émeutes,
00:48puisqu'un certain nombre de partis politiques ou d'acteurs de ces mouvements ne souhaitent qu'une chose,
00:52s'est cassée, abîmée, renversée parfois même les institutions, au détriment des revendications de base.
00:59Là, vous portez votre regard sur qui ? Sur la gauche radicale ? Sur la France insoumise ?
01:04Oui, alors, vous savez, il y a plusieurs responsabilités dans ce que nous traversons aujourd'hui.
01:09D'abord, moi, je pense que le gouvernement a une responsabilité énorme.
01:12Il n'a rien anticipé. Ça fait dix ans que ce gouvernement, ces gouvernements macronistes...
01:18Mais vous l'avez vu dire, vous, la colère des lycéens ?
01:20Mais ça fait dix ans, madame, ces quarante ans d'échec du système éducatif,
01:24aujourd'hui, qui sont mis dans la lumière, mais enfin, on ne découvre pas ça.
01:28Les problèmes de Parcoursup, on ne les découvre pas.
01:30Les problèmes de locaux ou d'absence de professeurs ou de mauvaise rémunération des professeurs,
01:34on ne les découvre pas.
01:35Vous supprimez, vous, Parcoursup ?
01:36Oui, nous, on supprime Parcoursup. Mais on a un certain nombre de propositions, d'ailleurs, à faire.
01:40Mais ce que je veux dire, c'est que le gouvernement n'a jamais anticipé.
01:42Vous savez, c'est un peu comme sur la canicule.
01:44Ils n'ont jamais rien anticipé, alors qu'on parle du réchauffement climatique depuis des années,
01:47et on s'aperçoit qu'il n'y a rien éclimatisé.
01:49C'est un peu comme sur les incendies.
01:51On s'aperçoit qu'il n'y a pas un Canadair au moment où des incendies commencent.
01:54C'est-à-dire qu'en fait, il faut un fait d'actualité pour mettre dans la lumière
01:58le fait que notre pays est en train de s'effondrer de l'intérieur.
02:01Donc, d'abord, les premiers responsables, c'est ce gouvernement qui est là depuis dix ans.
02:04Et quand M. Lecornu, qui lui est là depuis le premier jour de la Macronie avec Édouard Philippe,
02:08il était ministre, il a été ministre de tous les gouvernements,
02:11donne à ses ministres une feuille de route en disant, une feuille de course, une liste de course à faire.
02:15Écoutez, il est à six mois de partir. Dans six mois, il est dehors. Dans six mois, il fait ses
02:18bagages.
02:19Est-ce que ces gens-là sont bien responsables ?
02:21Ça, ce sont les premiers responsables de la situation.
02:23Merci.