00:00Tous, 5h, 7h, Europe 1 bonjour.
00:03Vous écoutez, Robert, bonjour, il est 5h40 de votre invité ce matin, c'est Fabrice Pancouc, le président LR de
00:10la région Auvergne-Rhône-Alpes.
00:12Bonjour Fabrice Pancouc.
00:13Bonjour.
00:14Entre 400 et 500 lycées vont rester en tout ou partie fermés ce lundi, 24 ont été incendiés ou saccagés,
00:22selon le décompte du ministre de l'éducation Edouard Geffray.
00:25Qui va payer la facture ?
00:27Alors cette question, je vais naturellement vous la poser. D'abord, Fabrice Pancouc, première chose, quelle est l'ampleur des
00:33dégâts dans votre région ?
00:35Les dégâts sont évidemment très importants. On les calcule de l'ordre de 25 à 30 millions d'euros de
00:40dégâts sur les établissements et ce qui les environne.
00:43Mais aussi le dégât humain, il ne faut absolument pas le minorer avec des besoins psychologiques qui ont été identifiés.
00:50Et puis il y a un vrai choc pour beaucoup, à la fois des personnels de l'encadrement, des personnels
00:55aussi de la collectivité régionale.
00:57Et je crois qu'il faut d'abord commencer par leur apporter notre soutien, tout comme d'ailleurs à beaucoup
01:02d'élèves qui en réalité subissent pleinement cette situation.
01:04Vient 25 à 30 millions d'euros, dites-vous. On est frappé de réaliser que là, on ne parle que
01:10de votre région, qui est une grande région, mais d'Auvergne-Rhône-Alpes.
01:13Ce n'est qu'une première estimation ?
01:16Oui, ce n'est qu'une première estimation. Il faut maintenant évidemment d'abord qu'on règle des sujets d
01:20'urgence, avec des endroits où tout est cassé en termes de protection, en termes d'accueil, en termes de loge.
01:26Il y a ensuite beaucoup de vitrages, évidemment, avec beaucoup de projectiles qui ont été lancés. Donc il faudra que
01:31nous affinions tout ça.
01:32Mais c'est de toute évidence très important parce qu'on a fait face à un déferlement de violence. C
01:38'est de la haine vraiment qui s'est exprimée et c'est proprement inadmissible.
01:42Bien, Fabrice Panko, qu'il faut rappeler que les régions, naturellement, sont en charge de la construction, de l'entretien
01:49des lycées, des cantines, du personnel technique également.
01:53Oui, absolument. Et avec un engagement qui est important. Je le rappelle, sur la seule année 2026, l'investissement que
02:00nous consacrons à nos lycées, c'est de l'ordre de 300 millions d'euros.
02:03C'est plus de 4 milliards depuis 10 ans. Donc c'est évidemment conséquent.
02:07En s'agissant des agents, ce sont 6700 agents de la collectivité que nous avons dans nos lycées de la
02:13région.
02:13Je disais 400 à 500 lycées fermés ce lundi en tout ou partie en France. Combien dans votre région ?
02:19130. 130 en Auvergne-Rhône-Alpes, répartis sur l'ensemble de notre territoire avec évidemment une concentration autour des villes
02:27plutôt métropoles.
02:28Mais alors fermés, dans tous les cas, pourquoi ? Parce qu'ils sont trop dégradés pour permettre une reprise des
02:33cours ou pas seulement ?
02:34Alors, il y a différentes situations et ces décisions en fermeture sont évidemment à l'appréciation d'abord de l
02:41'éducation nationale.
02:42Parfois parce que les conditions de sécurité ne sont plus aujourd'hui remplies.
02:46Parfois parce qu'il y a aussi des menaces fortes qui pèsent sur ces établissements et que nous nous devons
02:50protéger l'ensemble des personnels,
02:52qu'ils soient l'éducation nationale ou qu'ils soient ceux de la collectivité régionale.
02:56Est-ce que vous êtes conscient que ça peut, je ne sais pas, susciter des réactions chez certains de vos
03:01concitoyens du genre
03:03« Bon, là, on est en train de reculer, de démissionner d'une certaine façon face à ce mouvement en
03:08fermant les lycées ? »
03:09Ça en suscite de toute évidence et c'est pour ça que je vous dis que c'est un choix
03:12qui est d'abord à la main de l'éducation nationale.
03:15Nous, la volonté n'est pas de fermer naturellement.
03:17En revanche, nous devons protéger. Nous devons protéger les élèves, nous devons protéger les personnels.
03:21Et puis nous devons aussi prendre en considération là où les dégâts qui ont été constatés sont aujourd'hui beaucoup
03:27trop importants
03:28et que les conditions de sécurité, tout simplement face à une alarme incendie par exemple,
03:32ne peuvent plus être respectés.
03:34C'est notre rôle premier, évidemment.
03:36L'idée étant de rester très ferme et il faut que nous le soyons dans cette affaire.
03:41Nous devons faire preuve de la plus grande détermination.
03:43Ce ne sont pas les casseurs qui peuvent avoir la main sur ces sujets.
03:47C'est pour ça d'ailleurs qu'il faut, avec la même fermeté, les confondre et engager les procédures très
03:52vite.
03:53Ceux qui cassent doivent être ceux qui paient. Ceux qui cassent doivent être identifiés.
03:57Voilà. Qui va payer ? Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin en particulier,
04:01veut engager la responsabilité des parents.
04:04Alors naturellement, quand les casseurs sont mineurs,
04:06mais est-ce que c'est aux parents, Fabrice Panko, de payer le coût des réparations ?
04:10En tous les cas, ça n'est d'abord pas aux contribuables.
04:13Ça n'est d'abord pas aux citoyens de financer les dégâts.
04:17Et ce sont évidemment les auteurs qui doivent être confondus.
04:21Les auteurs et leur environnement.
04:22S'agissant d'Auvergne-Rhône-Alpes, pour nous, les choses sont simples.
04:25À chaque fois, il y a un dépôt de plainte.
04:27Un dépôt de plainte par établissement.
04:29Et nous allons poursuivre, rechercher les casseurs.
04:33tous ceux qui se sont prêtés à ce mauvais jeu de vouloir déferler de la haine
04:39et atteindre à la fois aux personnes et aux biens.
04:43Attention, derrière les questions de coût, on ne parle pas assez des personnes.
04:47Je veux ici leur dire tout mon soutien.
04:50Les scènes qui ont été vécues sont proprement inadmissibles et insupportables.
04:54En tout cas, nous explorons actuellement tout ce qui nous est donné de vidéos,
04:58à la fois des dispositifs que nous avons aux entrées et aux environnements des établissements,
05:02mais aussi toutes les vidéos privées qui ont pu être faites,
05:05ainsi que tout ce que ces casseurs et voyous mettent sur les réseaux sociaux
05:10et qui, du coup, doivent être exploités.
05:13C'est ce que nous faisons actuellement.
05:14Vous allez vous appuyer, y compris sur les vidéos privées, pour identifier les casseurs.
05:18C'est ce que vous nous dites, Fabrice Pancouk ?
05:20Rien ne doit être laissé au hasard.
05:23La détermination, c'est prendre en compte tous les moyens qui nous sont donnés
05:26pour confondre et condamner les auteurs.
05:29Bien. Combien de plaintes déposées ou qui vont l'être dans votre région ?
05:33Écoutez, on a 150 événements qui ont été recensés.
05:40Je ne veux pas vous dire qu'il y en aura une derrière chaque événement,
05:42mais en tous les cas, autant qu'il sera nécessaire partout où des dégâts auront été constatés.
05:47Après, il y a le phénomène des casseurs.
05:50Il y a aussi la responsabilisation des élèves lorsqu'ils sont liés à ces affaires.
05:55Et là, bien évidemment, les dispositifs de la région que nous leur servons,
06:00les cartes d'accès, les cartes de facilitation,
06:04eh bien, là aussi, c'est le retrait, évidemment.
06:06J'avais eu l'occasion de le dire il y a déjà deux années en arrière.
06:09Eh bien, on est ici dans un cas concret où il faut constater.
06:13Mais on ne peut pas demander à être accompagné
06:16et dans le même temps venir atteindre aux biens et aux personnes.
06:19Ça n'est tout simplement pas acceptable d'un point de vue éthique.
06:22Et donc, ceux qui se sont rendus coupables et qui bénéficient d'un soutien de la collectivité,
06:26qu'ils le sachent, le soutien de la collectivité leur sera retiré dès qu'ils auront été confondus.
06:32Donc, faire payer les parents des casseurs mineurs, vous dites oui.
06:34Et vous nous dites aussi, en effet, ce matin sur Europe 1, Fabrice Pancouk,
06:37président LR, je le rappelle, de la région Rhône-Alpes,
06:39que vous avez vos propres leviers régionaux pour sanctionner le pass-région.
06:46C'est ça, exactement.
06:49C'est le premier objet, évidemment, le transport scolaire en est un autre.
06:52En tous les cas, partout où nous avons des bénéficiaires des dispositifs de la région,
06:58eh bien, il faut qu'ils considèrent que ces dispositifs leur seront retirés.
07:02On ne peut pas demander et casser, recevoir et casser.
07:06Ça n'est pas possible.
07:07Le projet d'une nouvelle loi, Casseur-Payeur, a été présenté en Conseil des ministres,
07:11là, il y a quelques semaines.
07:12Nous le disons ce matin sur Europe 1, l'exécutif veut accélérer sur le calendrier de la mise en œuvre.
07:17Ce projet élargit la notion, en prévoyant, de faire contribuer aux réparations,
07:22y compris les participants aux attroupements violents.
07:24C'est-à-dire, même lorsqu'ils ne sont pas directement à l'origine des dégâts,
07:28le coût des réparations pourrait être retenu sur les allocations familiales, les aides au logement.
07:32Est-ce que c'est dans cette direction qu'il faut aller, Fabrice Pancoukouk ?
07:35Mais évidemment, est-ce que, je le dis pour ceux qui nous écoutent,
07:38est-ce que ça n'est pas du bon sens, finalement ?
07:41Est-ce que ça n'est pas du bon sens de considérer que ceux qui se rendent coupables
07:45de casser du bien de la collectivité, de ce qui permet de profiter à un public le plus large,
07:52dès lors qu'ils le cassent, ils se rendent coupables ?
07:55Et pourquoi la société devrait être à leur côté pour les accompagner ?
07:59Ça n'est proprement pas acceptable.
08:00Il faut que les règles soient très claires.
08:02Celui qui décide de casser, d'abord paix, et n'a plus accès aux dispositifs que la collectivité peut lui
08:08réserver.
08:09Bon, vous avez, j'imagine, commencé à faire un état des lieux, évalué, le temps qu'il faudra,
08:14établissement par établissement, pour remettre les choses en état ?
08:16Il faudra évidemment du temps. J'ai installé, depuis le début de cet événement, une cellule de crise au sein
08:21de la collectivité régionale,
08:23ce qui nous permet, jour par jour, de suivre les événements et de les partager,
08:26parce qu'il faut être dans une approche pluridisciplinaire, naturellement, et nous avons séquencé.
08:31Il y a des sujets qui relèvent de l'urgence immédiate,
08:34il y a des sujets qui seront traités dans les jours qui suivent,
08:38et notamment pendant les vacances qui arrivent d'ici maintenant deux semaines,
08:42et puis après, des aspects beaucoup plus structurants, sur lesquels il faudra à la fois des marchés publics
08:48et des commandes beaucoup plus globales, et ça attendra là, évidemment, plusieurs mois.
08:52Tolérance zéro face aux casseurs.
08:55On a entendu votre message très ferme, Fabrice Pancouk, président LR de la région Rhône-Alpes et Auvergne-Rhône-Alpes.
09:01Merci d'avoir été avec nous ce matin.