00:00Avec Romain Rond ce soir, bonsoir Romain.
00:04Salut tout le monde.
00:05Ça va bien ?
00:05Oui, ça va, mais je suis venu pour réveiller les traumas.
00:08Peut-être le pire trauma de l'histoire de l'équipe de France de foot avec Séville 82, pour ceux
00:13qui l'ont vécu.
00:13Et la finale, il a connu en 2022 ?
00:15Aussi.
00:15Et c'est même, parlez-vous.
00:16Ou France-Portugal 2016, on peut en mettre plein.
00:18On peut apprendre aux jeunes, un peu.
00:18Moi, j'ai l'impression que c'est l'un des pires, en tout cas.
00:20Bon, peu importe.
00:21On va parler donc de la finale 2006.
00:23Le coup de boule de Zinedine Zidane, on était obligé la veille de France-Italie.
00:26On replonge 20 ans en arrière, pourquoi on n'oubliera jamais ?
00:30Et on les connaît par cœur, évidemment, ces images.
00:32Alors, même 20 ans après, il y a toujours une forme de sidération face à ce geste.
00:37Oui, vous vous souvenez déjà de ce geste, tout simplement.
00:39On ne le voit pas en direct, puisque l'action se passe assez loin, tout simplement.
00:43Donc, on ne voit pas vraiment ce qui se passe.
00:45En plus, on se demande un petit peu pourquoi.
00:47On voit le ralenti derrière.
00:48Bref, c'est un peu flou.
00:50Tout le monde est sous assistance respiratoire, évidemment.
00:52Prolongation d'une finale de Coupe du Monde, c'est assez dramatique.
00:55Et sur le banc, non plus, les acteurs n'avaient pas vu.
00:57C'est Robert Duvernes, l'ancien préparateur physique de l'équipe de France, qui nous raconte ça.
01:01C'est dans un document, l'équipe explore.
01:04On essaye de comprendre, qu'est-ce qu'il y a, qu'est-ce qu'il y a ?
01:06Le banc italien est sorti, ils ont la caméra du quatrième orbite qui est là.
01:10Donc, ils peuvent voir, nous, on est là.
01:13Ils me font comprendre, comme s'ils étaient un peu désolés.
01:16Ne crient pas, tu vois, ne crient pas.
01:17Viens voir l'image, elle est terrible.
01:19Et là, je comprends qu'à l'image, ils ont quelque chose.
01:21Et là, j'essaye, on essaye.
01:23On crie toutes nos forces auprès du quatrième orbite.
01:26Mais quelle image ?
01:27Quelle image ?
01:27On ne peut pas regarder l'image.
01:29Est-ce que vous avez vu quelque chose ?
01:30Nous, on se rebelle, on est énervé.
01:33On comprend qu'il va être sanctionné parce que le quatrième arbitre a vu l'image que les Italiens ont
01:38montrée sur l'écran.
01:39Mais viens voir.
01:40Alors, c'est crucial, cette histoire d'écran, parce qu'on rappelle qu'à l'époque, il n'y a
01:44pas l'avare.
01:45Donc, les arbitres, théoriquement, n'avaient pas le droit de prendre une décision par rapport à ce qu'ils avaient
01:49vu sur une image.
01:50Or, c'est le quatrième arbitre qui a dit à l'arbitre principal, Oration Elisondo,
01:53il s'est passé ça, je l'ai vu à l'image, parce que les Italiens l'ont montré.
01:58Et surtout, ça veut dire qu'il n'y aurait pas dû avoir carton rouge.
02:00Raymond Domenech, d'ailleurs, il a souvent dit que c'était la première intervention du Var dans l'histoire du
02:04foot.
02:05Bref, Zidane, du coup, est exclu à la 110e minute, on s'en rappelle.
02:08Il y a cette photo, aussi célèbre que dramatique, de Zidane qui passe tête basse à côté de la coupe.
02:13Il va au vestiaire, ensuite les Bleus s'inclinent au tir au but, évidemment.
02:16Vicache Dorasso, notre consultant, y était et il nous raconte l'après-match dans les vestiaires.
02:21Quand on est arrivé, il était en train de s'habiller et puis on est tous dans le vestiaire.
02:25Il s'est excusé, il a pris la parole pour s'excuser.
02:28Et Raymond a pris la parole aussi pour lui dire à quel point il avait été un joueur important de
02:32l'équipe et de la France.
02:35Et il a tenu à le remercier.
02:37Alors, rapidement, on va s'installer à un débat qui tient toujours, d'ailleurs.
02:40Faut-il en vouloir à Zidane ?
02:42Oui, à l'époque, on ne sait pas ce que Materazzi a dit à Zizou.
02:45On saura après qu'il avait insulté sa sœur.
02:47Mais sur le moment, c'est flou.
02:48On devine que c'est grave.
02:50Mais on va dire qu'il est déjà une icône, Zinedine Zidane.
02:53Donc, on a confiance en lui.
02:54Globalement, c'est dur de l'accabler.
02:56D'ailleurs, les Bleus en zone mixte après le match ont immédiatement pris sa défense.
02:59Archive.
03:00Moi, tout ce que je voulais dire à Zizou, et je pense que la France devrait lui dire,
03:03et que le monde du football, j'ai dit ça un peu à tout le monde en passant dans la
03:06mixte zone, là, c'est merci.
03:09Et merci, c'est tout.
03:10Tout le monde connaît le joueur.
03:12C'est un grand bonhomme aussi.
03:13Donc, voilà ce que j'ai envie de dire, surtout.
03:15Il faut se rappeler tout ce qu'il a fait du bien.
03:19Et ça n'enlève rien du tout à rien.
03:22Et au contraire, il faut même lui dire merci.
03:24Parce que s'il n'était pas revenu, on ne serait pas là ce soir.
03:28Alors ça, évidemment, c'est la réaction à chaud.
03:30Peut-être que les joueurs avaient été briefés par les services de communication aussi.
03:34Mais après coup, il y a quand même quelques langues qui se sont déliées un petit peu.
03:37On a vu Willy Sagnol qui défendait Zizou.
03:39Il a dit par la suite quand même, c'est la prolongation.
03:42On se retrouve à 10 alors qu'on pouvait encore pousser et essayer d'aller marquer.
03:45Oui, je lui en veux un peu.
03:47Claude Makelele aussi.
03:48Je lui pardonne parce que c'est humain.
03:49Je ne sais pas comment j'aurais réagi.
03:51Mais d'un autre côté, je ne lui pardonne pas.
03:52Car avec lui, on aurait gagné la coupe.
03:54Et ça m'a fait chier.
03:55Ça m'a fait chier.
03:56Et je lui ai dit, putain Zizou, le gardien italien d'ailleurs, Gigi Buffon,
03:59qui dira aussi qu'il pensait qu'il n'allait pas gagner la coupe
04:02et qu'il ne l'aurait pas gagnée sans cette sortie
04:03et qu'il attendait un fait de jeu comme celui-ci.
04:05Merci.
04:06En tout cas, là, vous êtes en train de faire remuer toute la haine qui est là, dans ce ventre
04:10-là.
04:10Mais globalement, la France avait choisi son camp.
04:13C'était Marco Materazzi et non Zizou, le méchant.
04:15Absolument.
04:16Et d'ailleurs, à titre personnel, ce n'est pas prêt de changer.
04:18Figurez-vous, j'ai une petite anecdote à vous raconter.
04:20On a contacté Marco Materazzi hier pour participer à cette chronique, pour l'interviewer.
04:24Il nous a demandé 25 000 euros pour répondre à l'interview.
04:27Et vous ne l'avez pas donné ?
04:28Ce n'est pas une blague.
04:29Non, malheureusement, c'était ça où virait Greg Hachère.
04:31Bon, il fallait le garder quand même.
04:32Normalement.
04:3325 000 euros, vous savez.
04:34TVA plus facture.
04:35TVA plus facture, bien sûr, c'est important.
04:36Il l'a précisé quand même.
04:38On rappelle qu'un journaliste n'a pas à payer quoi que ce soit
04:40pour obtenir une information ou une interview.
04:42C'est important de le rappeler.
04:43Sinon, on disait donc que les Français s'étaient engagés à fond derrière Zizou.
04:47Il y avait un sondage CSA pour le Parisien aujourd'hui en France.
04:50Seulement deux jours après le coup de boule,
04:5161% des Français pardonnaient son geste,
04:5452% des Français le comprenaient dans la même veine.
04:57Sondage dans l'équipe le lendemain de la finale,
05:0061% des Français qui estiment que sa carrière
05:02ne restera pas marquée par ce coup de boule.
05:04Encore aujourd'hui, d'ailleurs, quand on en parle,
05:06beaucoup le défendent à l'image de Vikash Dorasso.
05:09Je ne comprends pas qu'on puisse lui mettre la défaite sur le dos.
05:13Ça n'existe pas.
05:14On est allé au pénalty.
05:16Des joueurs ont tiré leur pénalty.
05:17C'est sûr que Zidane qui tire un pénalty,
05:19on a beaucoup de chances de marquer.
05:21Mais voilà, on n'a pas sombré après son expulsion.
05:24Donc voilà, ce sont des faits de jeu très importants
05:28mais qui auraient pu ne pas nous empêcher d'être champions.
05:30Bon, ça a quand même été un événement majeur en France.
05:32Pas que pour les suiveurs de sport.
05:34Ah bah c'est un sujet totalement national pour le coup.
05:37Tout le monde n'a parlé que de ça pendant des semaines, des mois.
05:39C'est pour ça aussi qu'on dit qu'on n'oubliera jamais.
05:42Le président Jacques Chirac, il avait été interrogé.
05:44Il disait, on ne peut pas accepter,
05:45mais c'est vrai qu'on peut comprendre la réaction d'un homme.
05:47Un journaliste le relance.
05:48Il vous est déjà arrivé d'avoir envie de donner un coup de boule ?
05:50Réponse, j'essaie de me retenir.
05:52Bon, c'était plutôt rigolo.
05:53À part ça, donc il y a eu des débats.
05:55Il y a eu des jeux sur Internet qu'on pouvait mettre des coups de boule à Materazzi.
05:58Il y a eu une chanson aussi qui avait fait le buzz,
06:00qui avait vraiment été beaucoup écoutée tout l'été.
06:03Et il y avait même eu une statue.
06:04Et ça, c'est raconté dans l'équipe Explore.
06:26C'est étonnant de voir qu'un enfant de 6 ans sait que la sculpture représente Zinedine Zidane.
06:31Ce geste est vraiment rentré dans l'inconscient collectif et dans la culture générale de notre pays.
06:38Alors, pour l'anecdote, Zizou a dit par la suite qu'il n'avait pas aimé cette statue,
06:42qu'il n'avait pas donné son accord.
06:43Marco Materazzi, lui, il a été prendre une photo devant, évidemment,
06:47pour continuer encore à entretenir le truc.
06:49Mais voilà, comme c'est dit dans l'Explore,
06:51c'est vraiment un geste qui est dans la culture générale de notre pays.
06:53La phrase de Thierry Gillard dit aussi sur TF1,
06:55« Passa, Zinedine », ça aussi, c'est une phrase culte, évidemment.
06:58Et puis, il ne faut pas oublier que la dernière image de Zidane sur un terrain de foot,
07:01eh bien, c'est ça.
07:02Et ça, l'équipe Explore le raconte très bien aussi.
07:05Une fois au vestiaire, il demande à ce qu'on le laisse seul.
07:08On ne le reverra plus, ni pendant la séance de tir au but,
07:11ni pour la remise des médailles.
07:19Après 18 ans de carrière et tant de gloire,
07:22le joueur vient de raccrocher définitivement le maillot.
07:26Sans montrer à personne le t-shirt blanc
07:28sur lequel il avait écrit en lettre capitale,
07:32« Merci ».
07:36Je vous invite vraiment à aller regarder cet épisode de l'équipe Explore.
07:39Il est vraiment très, très bien fait, très qualitatif sur le site de l'équipe.
07:42Un dernier mot, là, c'était en fin d'après-midi.
07:44Zizou face à la presse, le sélectionneur des Bleus,
07:46évidemment, il a eu des questions là-dessus.
07:49En 2006, je ne savais pas que j'allais devenir entraîneur.
07:52Pour moi, c'était la fin et je ne savais pas comment.
07:55Donc, ça a été très, très compliqué.
07:57Ça, je peux vous le dire.
07:59Bon, heureusement que je n'ai pas fait que ça et qu'il y en a d'autres plus sympas.
08:02Donc, je pense plutôt à celles qui sont positives.
08:06Ce ne sont pas des regrets parce que ça fait partie de ma carrière.
08:09Je ne suis pas fier de ce qui s'est passé.
08:11Je l'ai dit, j'ai redit, je l'ai redit encore aujourd'hui.
08:14Et ça fait partie d'un parcours.
08:16Vous ne pouvez pas faire que des belles choses.
08:18Je crois qu'on est tous dans un parcours de vie où on fait des choses qui ne sont pas
08:22top.
08:24Bon, voilà, c'est le discours qu'il a toujours tenu globalement.
08:27C'est assez surprenant, presque, parce que ce geste aussi répréhensible soit-il,
08:31il fait partie de sa légende, de son aura, du mythe Zidane, tout simplement.
08:35C'est l'avantage quand on est une icône.
08:36On vous pardonne tout, peut-être même à tort.
08:38Merci beaucoup, Romain Aron, avec vous aujourd'hui.
08:40À l'heure du start-sure.
08:42Évidemment.
08:43Je précise juste qu'à l'issue de nos échanges sur le coup de boule,
08:46il y a une autre forme de coup de boule qui arrive.
08:48Tom Chiaravino sans abonnement.
08:50Là, va sniper, évidemment, avec Tom.
08:53Olivier Rouillet, quand on est joueur, tout ça,
08:56ou spectateur, fan de l'équipe de France,
08:59c'était quoi votre réaction à ce moment-là et aujourd'hui, 20 ans après ?
09:03J'étais démoli.
09:06Parce qu'on ne s'y attend pas.
09:08Parce que je me rappelle cette finale,
09:10je ne veux pas décrire l'endroit où j'étais,
09:12mais il y avait énormément de monde.
09:14Mais on a été tous...
09:15T'as l'impression que t'as eu la montagne qui te tombait sur la tête.
09:18Alors qu'il faisait le jour-là grand soleil,
09:19on était heureux d'être tous en train de regarder ce match.
09:22Et là, t'es resté...
09:23Mais excusez-moi l'expression, mais t'es comme un con.
09:25T'es désorienté.
09:27Tu comprends rien, en fait.
09:28Tu crois que c'est du trucage, en fait.
09:30Parce que t'y crois pas.
09:31On était sereins, on était bien.
09:33On se dit, ça y est, c'est pour nous.
09:34Puis là, tu dis, mais qu'est-ce qu'il nous montre ?
09:37Mais il faut rappeler qu'à cette époque, vous l'avez bien fait,
09:39mais je le redis,
09:40pour les plus jeunes qui ont grandi avec le Var,
09:42ça n'existe pas.
09:42Il n'y a pas d'arbitrage vidéo.
09:44Les réseaux sociaux n'existent pas.
09:46Donc, vous ne pouvez pas, derrière, avoir toutes les images en boucle.
09:49On prend ça, pleine tronche.
09:50Ah, mais complet, mais complet.
09:52T'es un truc que tu sens pas, tu vois pas, tu comprends pas.
09:55C'est dingue.
09:56Il aurait dû être expulsé, Alison, pour vous, ou pas,
09:58si c'est pas dans le règlement de regarder les images ?
10:01Parce que, moi, c'est une question que je me suis toujours posée.
10:03Est-ce que, réglementairement, ils ont le droit de le sortir ?
10:06Ils l'ont fait.
10:07Apparemment, oui, puisqu'ils l'ont fait.
10:08Moi, j'ai déjà vécu...
10:10C'est pas une injustice, c'est pas le même fait de jeu.
10:12Mais prendre un carton rouge, alors que la règle n'est pas respectée,
10:17c'est blessant, c'est un fait de jeu.
10:18Donc, tu pénalises ton équipe, t'es puni.
10:22Moi, je sais pas quoi penser de tout ça.
10:24Parce que c'est vrai qu'on a à NR,
10:25où le trash talk, ça fait partie du sport.
10:27C'est quelque chose qui est né aux US, en NBA.
10:31Ça faisait partie du jeu, déjà, à l'époque.
10:33Et c'est vrai que dans le foot, c'est pas quelque chose qu'on voyait.
10:35Des insultes sur les mamans et les sœurs,
10:37les joueurs, ils en entendent tous les...
10:38Voilà, des tribunes.
10:39Mais d'un joueur qui est à côté quand même de toi
10:41et que tu peux, entre guillemets, excusez-moi du terme,
10:43boxer, si ça te plaît pas,
10:45ça t'arrive quand même pas tous les jours.
10:48Je sais pas, ça vous arrive souvent ?
10:49Ça vous est arrivé souvent de nous faire trash talker ?
10:51Je reprends le terme d'Alison.
10:52Oui, quand même, oui.
10:54Vous n'avez jamais craqué ?
10:55Ce n'est pas d'un match avec les espoirs ?
10:56Ah, il a fait un 1 !
10:57Oui, il y en a un contre les espoirs.
10:58Moi, j'ai une petite mémoire, je m'en souviens.
11:00Ça m'est déjà arrivé, donc...
11:01Oui !
11:02Mais moi, ces images, elles me font mal.
11:06Ah oui ?
11:06Moi, je suis là, je suis censé être dans l'équipe.
11:09Je me blesse quelques semaines avant.
11:13On m'invite, la FED m'invite,
11:16donc je suis sur le banc additionnel,
11:18donc le petit banc à côté du banc.
11:20Tout le monde sait l'amour que j'ai pour Zinedine.
11:23Donc, de le voir double peine et de perdre la coupe.
11:27Là, j'ai pris trois bastos, j'ai rien compris.
11:31Parce que vous n'étiez pas en short,
11:33mais vous étiez comme si vous aviez perdu.
11:34J'étais avec eux.
11:35Donc, tu étais en colère ?
11:36Un peu, oui.
11:37Ah, voilà.
11:38Mais toi, tu ne le vois pas ?
11:39Tu ne vois pas l'action non plus ?
11:40Moi, si, je suis sur le côté.
11:41Tu vois ?
11:42Vous le voyez mettre le coup de boule ?
11:43Oui, oui.
11:44Et j'ai un souvenir aussi d'être rentré dans le vestiaire
11:47après que tout le monde soit parti
11:48et qu'il était assis seul dans le vestiaire.
11:51C'est des souvenirs qui font mal.
11:54En parlant de souvenirs,
11:56c'est typiquement ce genre d'image.
11:57Tu sais exactement où tu étais,
11:59à quel moment, ce que tu faisais,
12:00ça marque à vie.
12:01Et moi, comme je suis encore jeune...
12:04Comme je suis encore jeune, fraîche et pimpante.
12:07Plus vraiment, mais c'est mon premier souvenir traumatisant de foot.
12:11Je me rappelle, je savais exactement où j'étais.
12:13Et là, on était tous sidérés devant l'écran géant.
12:16C'est normal, c'est normal parce que, d'abord,
12:18mais c'est un cataclysme.
12:21C'est un truc...
12:23T'es obligé de te souvenir.
12:24C'est presque trop gros pour être vrai.
12:25Pour nous, les 12 millions de téléspectateurs.
12:29Je ne sais pas combien, mais ce n'est pas grave.
12:31Mais t'es obligé de te souvenir ce que tu faisais le jour-là.
12:34On était tous avec un barbecue avec 25 potes.
12:37Comment ?
12:37A priori, quand même.
12:38Mais au moins, c'est ça.
12:41Mais quand même, c'était tellement la chose...
12:44Il faut remettre aussi dans le contexte
12:48qu'il marque, il y a la barre transversale
12:49et après, il y a cette action.
12:51Oui, mais moi, je ne peux pas m'empêcher
12:52de me dire qu'on aurait gagné le match.
12:54Ça aurait fait 4 buts en finale de Coupe du Monde.
12:57Ça aurait été extraordinaire.
12:59Du coup, c'est Baffet qui l'a fait.
13:01Ce qui est fou, c'est qu'on en parle évidemment
13:02encore 20 ans après.
13:04Mais moi, j'aime ces moments de légende.
13:07Parce que c'est un moment de légende,
13:08tu le disais très justement, Romain.
13:10Maradona à la main en 86,
13:11c'est un moment de légende et c'est une tricherie.
13:13Zizou, son coup de boule,
13:15c'est un moment de légende.
13:16En fait, ce sont des moments qui restent
13:17dans l'histoire de la Coupe du Monde.
13:18La main de Thierry Henry pour la qualité.
13:19Alors, ce n'est pas dans un match de Coupe du Monde,
13:21mais c'est pour une qualité de Coupe du Monde.
13:22On n'allait pas mettre l'agression de Schumacher
13:23sur Baptiste.
13:24Non, mais ça reste...
13:27C'était trop bien.
13:28Patrick, on vous embrasse bien.
13:30Le pénalty de Platoche au-dessus
13:32alors qu'on se qualifie derrière 86.
13:34En fait, ces moments-là,
13:35ce sont des moments d'histoire.
13:36On n'est même pas sûr que tu gagnes la Coupe derrière
13:38si Zidane ne se fait pas exclure.
13:40Et peut-être que ce match-là, finalement,
13:41on a une grosse blessure
13:42sans se souvenir vraiment de la rencontre.
13:44Là, tu t'en souviens tellement
13:45parce qu'il y a eu ce geste-là.
13:46Et moi, c'est le moment de légende.
13:47Je pense que c'est important.
13:48Tu t'en souviens à bien des égards.
13:49C'est aussi par le contexte.
13:50C'est aussi parce que c'est un moment
13:51en mondiovision avec un suspense insoutenable.
13:53La dernière danse exceptionnelle,
13:55tu le rappelles, c'est vrai,
13:55de Zinedine Zidane juste avant ça.
13:57Et un moment finalement qui est hors du temps,
13:59hors de tout pour ceux qui aiment le foot.
14:01Et Zizou qui est dans un moment
14:02qui rend profondément humain et terre à terre.
14:10Il a mis des mots dessus
14:10et il le fait encore aujourd'hui, on l'a vu.
14:12Et parce que peut-être qu'on aurait eu tous
14:13la même réaction à sa place.
14:15Si Deschamps aimait le coup de boule,
14:16vous auriez dit quoi ?
14:18Je lui aurais pardonné.
14:19Allez, merci Romarro pour ce pourquoi.
14:22Allez, filer.
14:23Voici Tom Chéravino, sans abonnement.