- il y a 2 heures
Des villages sans eau courante... des restrictions sur la quasi-totalité du territoire... des pollutions qui rendent l'eau non potable... L'été 2026 a marqué une prise de conscience chez beaucoup de Français : l'eau, indispensable à la vie, à notre vie, est une ressource en danger. Et si elle manque déjà épisodiquement aujourd'hui, qu'en sera-t-il dans 25 ans ? La ressource risque-t-elle de s'amenuir ? Comment arbitrer les usages ? Chacun sera-t-il un jour obligé de filtrer l'eau de pluie qu'il récupérera ?
Dans ce premier numéro d'Agenda 2050, nouvelle émission de Public Sénat présentée par Marie Drucker, politiques, scientifiques et experts posent les enjeux actuels de la ressource, et réfléchissent à ce qu'il faudrait faire tous ensemble, dans les décennies qui viennent, pour la préserver et éviter le scénario catastrophe de la panne sèche.
Autour de Marie Drucker et d'Éric Chol, directeur de la rédaction de l'Express :
Cécile Cukiermann, sénatrice (groupe Communiste) de la Loire et auteure d'un rapport sur l'eau en 2050 intitulé « Comment éviter la panne sèche ? »
Christophe Mori, hydrobiologiste, chercheur au CNRS
Gaspard Lemaire, chercheur en Sciences politiques à l'université d'Angers et auteur d'une publication sur la contamination des réseaux français d'eau au chlorure de vinyle monomère et Thierry Carlin, ingénieur, PDG d'Helio water, qui a inventé un système pour rendre l'eau potable grâce au soleil. Année de Production :
Dans ce premier numéro d'Agenda 2050, nouvelle émission de Public Sénat présentée par Marie Drucker, politiques, scientifiques et experts posent les enjeux actuels de la ressource, et réfléchissent à ce qu'il faudrait faire tous ensemble, dans les décennies qui viennent, pour la préserver et éviter le scénario catastrophe de la panne sèche.
Autour de Marie Drucker et d'Éric Chol, directeur de la rédaction de l'Express :
Cécile Cukiermann, sénatrice (groupe Communiste) de la Loire et auteure d'un rapport sur l'eau en 2050 intitulé « Comment éviter la panne sèche ? »
Christophe Mori, hydrobiologiste, chercheur au CNRS
Gaspard Lemaire, chercheur en Sciences politiques à l'université d'Angers et auteur d'une publication sur la contamination des réseaux français d'eau au chlorure de vinyle monomère et Thierry Carlin, ingénieur, PDG d'Helio water, qui a inventé un système pour rendre l'eau potable grâce au soleil. Année de Production :
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00:00Les bonnes idées méritent les bons financements.
00:04Agenda 2050 vous est présenté par la Banque des Territoires.
00:09Notre futur se décide aujourd'hui.
00:12Bienvenue dans Agenda 2050, l'émission de Public Sénat qui réfléchit dès maintenant à la France de demain.
00:40Merci de nous accueillir chez vous. Je suis très heureuse de vous proposer cette nouvelle émission
00:44où nous allons voir comment notre pays va se transformer et comment nous allons devoir vivre autrement
00:49en se fondant sur ce que projettent les scientifiques.
00:52Alors on va s'intéresser à un sujet vital, l'eau.
00:56Pour en parler avec moi, j'accueille sur ce plateau Cécile Kuckerman. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous.
01:02Sénatrice de la Loire, présidente du groupe communiste au Sénat, co-auteur d'un rapport sur l'eau en 2050
01:09intitulé « Évitez la panne sèche », dont vous êtes la bonne personne pour être ici aujourd'hui.
01:13Ça je ne sais pas, nous allons le voir dans le débat.
01:15À vos côtés, Christophe Maury. Bonjour, vous êtes hydrobiologiste. C'est quoi un hydrobiologiste ?
01:21Un hydrobiologiste ? Alors je suis maître de conférence à l'Université de Corse au CNRS
01:24et je travaille sur la qualité des eaux. J'évalue la qualité des eaux à travers ce qu'on y
01:29trouve de vivant.
01:30Votre spécialité, ce sont les eaux douces. À ma gauche, Éric, Éric Scholl.
01:34Bonjour. Bonjour. Je rappelle que vous êtes journaliste, directeur de la rédaction de L'Express.
01:40Et tout au long de l'émission Agenda 2050, vous m'accompagnez pour apporter des éclairages,
01:45des analyses chiffrées et nous dire comment les autres pays aussi prennent à bras le corps
01:49les sujets qui nous occupent. Et ce soir, donc l'eau.
01:51Oui, et vous avez tout à fait raison de rappeler que c'est vraiment un problème mondial
01:55puisque près d'un habitant sur deux dans le monde subit déjà ce qu'on appelle un stress hydrique élevé
02:00pendant au moins un mois par an.
02:02On accueillera tout à l'heure aussi d'autres invités, d'autres intervenants sur des sujets un peu plus spécifiques.
02:07Mais pour le moment, nous sommes au complet.
02:10Que dit la science ? Que peuvent les politiques ? Que pouvons-nous faire, nous, chacun à notre niveau,
02:14pour infléchir notre destin en route vers le futur ?
02:19Regardez.
02:20Nous sommes au mois d'août 2050 à Besançon, dans l'est de la France.
02:24Terrible épisode de canicule.
02:26Depuis une semaine, il fait 48 degrés.
02:28Quand on ouvre le robinet de la cuisine, pas une goutte d'eau.
02:31C'est la même chose dans la salle de bain.
02:33Les rivières et les lacs sont à sec.
02:35Les piscines vidées, les paysans ne peuvent plus arroser leur culture.
02:39Et la mairie organise des distributions d'eau en bouteilles, rationnées pour chaque habitant.
02:45Alors voilà ce qui pourrait se passer dans 25 ans.
02:48Pourquoi d'abord c'est un sujet aussi central, l'eau ?
02:51C'est vrai qu'on peut se retrouver à Besançon en 2050 avec 48 degrés.
02:58Mais préalablement, je pense qu'on aura des difficultés concernant les usages.
03:03On aura des guerres de l'eau, très probablement.
03:05Peut-être en Espagne, peut-être en Provence.
03:07Puis après, on aura peut-être des barrages militarisés.
03:11Peut-être un état d'urgence hydrique de l'Union européenne.
03:15Et puis, quand on va se balader à Besançon en 2050, on verra un cours d'eau à sec.
03:21Je crois que c'est le doux qui nous envoie la facture.
03:24Non pas par la poste, mais par le robinet.
03:26Cécile Kuckerman, alors une réaction déjà.
03:28Parce que je le rappelais au début d'émission, vous êtes co-auteur d'un rapport sur la disponibilité de
03:32l'eau en 2050, justement.
03:34Oui, je crois que le mot a été posé.
03:36Nous avons un défi dans les années qui viennent, qui est celui de la gestion de la ressource.
03:42Mais finalement, nous avons un défi qui n'est pas si moderne que cela.
03:45Qui est le fruit de ce qui a fait l'humanité depuis maintenant plusieurs millénaires.
03:49C'est-à-dire que nous, croire, et peut-être parce qu'à un moment donné, nous en avions régulièrement.
03:56Je ne parle pas de quantité, mais de régularité.
03:59Nous n'avions pas besoin de gérer l'eau.
04:01Et c'était une hérésie.
04:03Et je crois que l'été vient de nous le démontrer.
04:05L'eau, elle se gère.
04:07Dès lors qu'elle se gère, ça veut donc dire que la place des citoyens,
04:12la place des différents acteurs de l'usage de l'eau.
04:15Parce que, bien évidemment, j'ai besoin de l'eau pour m'hydrater.
04:20Mais j'ai besoin de l'eau aussi pour manger.
04:22Donc déjà, je ne vais pas opposer l'eau pour m'hydrater à l'eau agricole.
04:26Parce qu'en fait, sinon...
04:28Et pourtant, on le fait souvent.
04:29On oppose toujours.
04:29Ça se fait souvent parce que c'est très facile.
04:31Parce que dans un pays où on se fracture,
04:34on préfère tous s'opposer que d'essayer de trouver des solutions complexes.
04:37Et je n'ai pas forcément toujours les bonnes réponses.
04:39Là, tout de suite.
04:40Mais on a besoin de gérer.
04:42Alors avant d'aller plus loin, on va justement faire un point sur la situation.
04:46Où en sommes-nous aujourd'hui ?
04:48C'est la première partie de cette émission.
04:53Eric, vous avez dégagé les grands enjeux et chiffres qui concernent l'eau en France.
04:58Alors j'en profite pour rappeler à nos téléspectateurs
05:01que le QR code qui s'affiche à l'écran vous permet d'avoir accès aux sources,
05:06jeu de mots, des informations et des chiffres que nous vous donnons dans l'émission.
05:11Alors Eric, pour l'eau, pour commencer.
05:12Alors je vais vous résumer rapidement la situation.
05:14D'abord, on fait un petit zoom sur la consommation.
05:17Alors bonne nouvelle de ce côté-là, puisqu'après avoir fortement augmenté,
05:21la consommation d'eau est en baisse depuis une vingtaine d'années
05:24pour atteindre aujourd'hui autour de 148 litres par an par habitant,
05:28grâce notamment à la mise sur le marché d'appareils électroménagers
05:31qui, eux, ont permis cette baisse, cette réduction de l'eau.
05:36Mais ce qui est plus préoccupant, et on va le voir sur ce graphe,
05:39c'est que la ressource d'eau diminue.
05:41Nos réserves sont fragiles et même si elles restent très importantes,
05:44puisqu'on a en stock 2 000 milliards de mètres cubes d'eau douce en France,
05:48eh bien ces réserves, elles ont quand même baissé de 14% depuis 1990,
05:52sous l'effet notamment du changement climatique.
05:54Alors même que, quand on regarde les précipitations,
05:56eh bien celles-ci n'ont pas diminué, mais on verra tout à l'heure que la pluie tombe.
06:00Toujours autant, mais pas aux mêmes endroits et pas aux mêmes périodes.
06:03Enfin, Marie, je ne vous apprendrai rien en vous disant que les épisodes de sécheresse
06:07se multiplient deux fois plus en ce moment par rapport aux années 60.
06:12Et comme on l'a vu cet été, ces sécheresses s'allongent dans la durée.
06:16Et ce que l'on peut déjà prédire, c'est que le réchauffement climatique
06:20va rendre ces épisodes de plus en plus fréquents dans les années à venir.
06:23Alors c'est un bon point de départ, tout ce que vous venez de nous dire, Eric,
06:26pour commencer cette discussion.
06:29Christophe Morin a l'impression que la France a été très longtemps bénie des dieux,
06:31comme on dit, pour les ressources en eau.
06:34D'abord, est-ce que c'était le cas ?
06:35Est-ce que ça ne l'est plus ? Pour quelles raisons ?
06:37Alors on est passé de l'abondance, on est en train de passer à la rareté
06:41et on va passer à la disponibilité.
06:43En fait, la France reçoit à peu près 550 milliards de mètres cubes d'eau par an.
06:50On en prélève 30, on en consomme 4.
06:55Qu'est-ce que vous voulez nous dire ?
06:56Alors ce que je veux dire, c'est que la disponibilité en eau,
07:00vous le rappeliez tout à l'heure, les différents scénarios vont nous montrer
07:03que peu ou prou, d'ici 30 ans, on aura à peu près le même équivalent en eau,
07:07plus ou moins 5%.
07:09Ça veut dire qu'il va pleuvoir moins en été, mais un petit peu plus en hiver,
07:13ça va se compenser.
07:14Donc le problème, ce n'est pas tant combien on va avoir d'eau,
07:18c'est est-ce qu'elle va être disponible là où il faut, quand il faut.
07:21Mais quand vous parlez de disponibilité d'eau,
07:24là, on parle d'un bien qui ne s'exporte pas aussi.
07:27Est-ce qu'on peut imaginer qu'il y ait de l'eau qui vienne,
07:30qu'on puisse faire venir de l'eau douce, d'ailleurs, de l'étranger ?
07:33Ce qui est important, c'est de se dire que, en fait, l'eau, on en a.
07:36Pourquoi on le ferait venir d'ailleurs ?
07:38C'est vrai qu'on a des grands gazoducs qui traversent l'Europe,
07:40mais on n'a pas besoin de l'équivalent en eau,
07:44puisqu'on l'a sur place.
07:46Je pense qu'on évoquera dans les solutions
07:48ce qu'on peut faire sur l'ensemble du territoire.
07:50Eric, les différents usages de l'eau aujourd'hui ?
07:52Oui, c'est intéressant.
07:52Si on s'intéresse à l'eau qui n'est pas restituée à la nature,
07:56voici comment se répartit la consommation.
07:58Donc, 58% pour l'agriculture, 26% pour l'eau potable,
08:0312% pour le refroidissement des centrales nucléaires
08:06et 4% aussi pour l'industrie.
08:08Voilà la répartition actuelle de la consommation d'eau.
08:11Je reviens à vous, Christophe Maurice, sur les usages de l'eau, alors.
08:13Alors, concernant l'eau potable, vous avez dit 12%,
08:16mais le chiffre brut, c'est 1 milliard.
08:19On reçoit, sur l'ensemble du territoire français,
08:22560 milliards de mètres cubes.
08:24Je veux dire, au niveau utile, on en a à peu près 300.
08:28Donc, vous voyez, on ne devrait pas manquer d'eau
08:30dans les années à venir.
08:31Donc, quel est le problème ?
08:32Alors, si on n'a plus d'eau au robinet,
08:34ça veut dire que ça a commencé bien en amont.
08:36Alors, en amont, j'allais dire géographiquement parlant,
08:39dans la vallée, avec nos territoires,
08:41avec des sols qui sont de plus en plus artificialisés,
08:44avec le problème majeur des zones humides.
08:46Qu'on a perdu la moitié des surfaces, en fait.
08:50Alors, c'est catastrophique, les zones humides.
08:52On a perdu, depuis les années 50-60,
08:5450 à 60% des zones humides.
08:56Et depuis l'an 1500, à peu près, François 1er,
09:00on a perdu 90% des zones humides.
09:03Ces zones humides, c'est du stockage de l'eau,
09:05c'est de l'infiltration d'eau,
09:07c'est surtout de la filtration d'eau,
09:09parce qu'en fait, elles agissent comme des reins.
09:11Elles stockent l'eau, elles la restituent.
09:13Donc, ce sont des éléments essentiels.
09:15– Mais on les a perdus à cause de l'action de l'homme
09:17ou aussi par le réchauffement climatique ?
09:19– Essentiellement, l'action de l'homme.
09:20Et quand vous me parlez de réchauffement climatique,
09:22permettez-moi de dire que c'est aussi l'action de l'homme.
09:24Parce que si on regarde, ici, on n'est pas très loin de la Seine,
09:28on a l'habitude de dire que la Seine fait 775 km de linéaire.
09:32Mais la Seine, c'est 55 000 km avant d'arriver au Havre et aux Fleurs.
09:3855 000 km de chevelus, de tout petits cours d'eau.
09:42Et on perd énormément de petits cours d'eau.
09:44Et sur l'ensemble du territoire…
09:47– De toute façon, il suffit de se déplacer un peu
09:49et de voir tous les cours d'eau à sec qu'on croise tout le temps.
09:52– Mais moi, si tu peux me permettre,
09:53sur cette notion des zones humides,
09:55parce que je rencontre régulièrement des élus locaux,
09:59parfois des agriculteurs.
10:01Cette question des zones humides, parfois,
10:03c'est un peu le truc pénible, on ne sait pas à quoi c'est.
10:05Je crois qu'il faut que les téléspectateurs comprennent
10:07que la préservation des zones humides,
10:09c'est le principe de l'éponge.
10:12Et en fait, j'invite chacune et chacun à faire le test chez lui.
10:15Voilà.
10:16Le soir, avant de vous coucher,
10:18vous faites couler votre eau sur une éponge,
10:21vous coupez, vous allez vous coucher,
10:23le lendemain matin, vous vous réveillez
10:24et vous pressez l'éponge et vous avez de l'eau.
10:26Vous en avez forcément un tout petit peu moins,
10:28tout petit peu moins, que si vous aviez récupéré la veille
10:32le même volume d'eau tombé dans l'éponge.
10:35Et donc, en fait, je prends cet exemple-là
10:37parce qu'il faut qu'on comprenne tous
10:39ce que nos actes font.
10:41Et donc, la préservation des zones humides,
10:43ce n'est pas enquiquiner les gens,
10:45ce n'est pas empêcher d'eux.
10:47La préservation des zones humides,
10:49c'est nous permettre d'avoir,
10:50partout dans le territoire national,
10:52des éponges qui font que,
10:54comme vous le disiez très bien tout à l'heure,
10:56il va pleuvoir.
10:57On va beaucoup plus fortement
10:58à un instant T qu'hier
11:00et dans un endroit que nous ne maîtrisons pas.
11:02Mais si à cet endroit-là,
11:04à l'instant où il pleut,
11:06l'éponge permet de stocker,
11:09elle rendra et elle nous facilitera
11:12la multiplicité des zones humides.
11:13Est-ce qu'aujourd'hui, c'est une bonne répartition,
11:15c'est les chiffres évoqués par Eric ?
11:17Est-ce que ça va évoluer ?
11:20Est-ce que ça doit évoluer ?
11:22Est-ce que les agriculteurs vont être en droit
11:26de réclamer davantage d'eau ?
11:27Vous savez, moi, je suis une femme
11:28qui croit profondément dans le progrès,
11:30dans la science et dans l'industrie.
11:32Donc, je pense qu'en plus,
11:33nous avons un défi,
11:34c'est que dans les dix ans qui viennent,
11:36et c'est, alors là, après,
11:37nous avons un débat politique,
11:38est-ce que c'est le rôle de la puissance publique,
11:40est-ce que c'est le rôle uniquement
11:41d'initiative privée ?
11:44Ce sont d'autres débats.
11:45Je crois que nous pouvons faire des gaps.
11:47Mais donc, je fais confiance,
11:50mais pas aveuglément.
11:52Il y a besoin d'améliorer,
11:55en matière agricole,
11:57en matière industrielle,
11:58en matière énergétique,
12:00l'utilisation d'eau
12:01pour que, à rendement équivalent,
12:04nous puissions en consommer moins
12:06sans fragiliser les dispositifs.
12:08Donc, voilà,
12:10poser, et cette émission le fait très bien,
12:12poser la question de l'eau en 2050.
12:14Ce n'est pas dire, en 2050,
12:16on gardera l'eau que pour boire,
12:18parce que, je le redis,
12:19si nous gardons l'eau que pour boire,
12:21nous ne vivrons pas.
12:22Donc, moi, ce n'est pas mon projet de société.
12:25Donc, nous avons besoin de nous poser en 2050,
12:28et à partir de là, oui,
12:29si nous ne faisons rien,
12:30nous n'aurons pas assez d'eau pour boire,
12:32nous n'aurons pas assez d'eau pour produire du vivant,
12:34l'agriculture,
12:35ni la...
12:36Donc, sachons anticiper.
12:39Alors, Christophe-Maurie,
12:39je pense que vous voulez réagir
12:41sur la gestion de l'eau, justement.
12:42Sur la gestion et sur le partage.
12:43D'abord, on a pris l'exemple de Besançon,
12:45c'est un très bon exemple.
12:47Dans le département du Doubs et dans le Jura,
12:48vous avez énormément de tourbières.
12:50Les tourbières sont des vraies éponges.
12:51En fait, à l'avenir,
12:52il va falloir faire des territoires des éponges,
12:55en fait, de grandes éponges.
12:56Vous avez tout à fait raison.
12:57Mais qu'est-ce qui va le faire ?
12:58C'est les agriculteurs ou c'est...
13:00C'est qui l'eau ?
13:01Justement, justement.
13:02Et c'est là qu'on en vient au partage de l'eau.
13:04Comment on va pouvoir essayer de partager cette eau ?
13:08Partager cette eau,
13:10c'est rendre la gestion
13:11et les politiques de l'eau plus démocratiques.
13:13Parce que pour avoir des arbitrages,
13:15il faut que la population l'accepte.
13:17Et pour moi, ça ne va pas se faire
13:19dans les agences et dans les comités de bassin.
13:21Il faut que ce soit au plus près des territoires.
13:23L'eau est une ressource,
13:24ce n'est pas une infrastructure.
13:26Exactement.
13:27L'eau, c'est une ressource,
13:28je rajouterais, vivante, si vous le permettez.
13:30Et ce n'est pas une infrastructure comme une autre.
13:32Donc, ce qu'on a besoin,
13:33c'est d'avoir des arbitrages
13:34au plus près des citoyens.
13:36Moi, je suis tout à fait pour
13:38ce qu'on appelle des votations.
13:40Je vais prendre l'exemple local,
13:41l'exemple de la Suisse, l'exemple local,
13:43où les citoyens sont impliqués
13:45avec des vrais comités de l'eau locaux,
13:48des petits parlements de l'eau,
13:50à l'échelle, par exemple,
13:51à des échelons pertinents,
13:52comme la communauté de communes,
13:53où on mettrait ensemble
13:55les différents acteurs
13:56et où on agirait en disant
13:57on va faire un barrage ou le reste.
13:59Bon, peut-être un système à méditer,
14:01Cécile Kuckerman.
14:02Quand on parle d'eau,
14:03on pense évidemment d'abord à l'eau potable,
14:04celle qu'on consomme au quotidien
14:05et qui est indispensable à notre vie.
14:08Cet été, alors que la canicule faisait rage,
14:11une de nos équipes est partie tourner en Vendée.
14:14Vous allez voir que dans ce département
14:16où la ressource est particulièrement sous tension,
14:18la gestion de l'eau est un défi quotidien.
14:24C'est un geste quotidien, naturel,
14:27auquel aucun de nous ne prête attention.
14:32Elle est bonne ?
14:33Elle est bonne, elle est bonne.
14:35Je vous en sers un verre ?
14:37Mais qui pourrait devenir de moins en moins anodin.
14:40Voilà.
14:41C'est en tout cas ce qu'a découvert Sophie
14:43il y a quelques jours.
14:45Eau du robinet impropre à la consommation
14:47pour les enfants jusqu'à 3 ans inclus.
14:50Distribution d'eau en bouteille par votre commune
14:52à partir de 18 heures.
14:54Ce jour-là, l'eau présente un taux trop important de manganèse.
14:58Conséquence de la sécheresse qui sévit dans la région
15:00depuis plusieurs semaines.
15:01Elle n'est plus potable.
15:03On ne sait pas combien de temps ça va durer.
15:06Donc mon fils, il m'appelle pour me dire
15:08si tu veux, je vais au supermarché acheter des bouteilles d'eau.
15:11Il nous en restait 3, 4.
15:13Donc je lui dis oui, vas-y, prends un bidon.
15:17Il arrive et il nous envoie une vidéo en disant
15:19bah désolé, mais le rayon est vide.
15:21Il n'y a plus rien.
15:22Il n'y a que de l'eau pétillante.
15:23Alors on lui dit, bah, prends de l'eau aromatisée
15:26à ce moment-là.
15:28L'alerte n'aura duré que 48 heures.
15:30Mais Sophie, comme des milliers de Français cet été,
15:32a fait une découverte qui pour elle tenait jusque-là
15:35de la science-fiction.
15:36Notre eau du robinet est en péril.
15:40Été 2026.
15:41Des records de chaleur et de sécheresse pulvérisés.
15:44Et plus de 40 000 Français confrontés
15:46à des problèmes d'approvisionnement
15:47ou de qualité de l'eau.
15:50Parmi les départements les plus touchés,
15:52la Vendée, qui cumule historiquement
15:54des ressources très dépendantes des eaux hivernales
15:56et un afflux important de touristes pour les vacances.
15:59Alors comment faire face à cette menace ?
16:02Ici, tous les étés,
16:03c'est mobilisation générale.
16:07A commencer par Frédéric,
16:08avec ce drôle de balai au milieu des rues
16:10de la Roche-sur-Yon.
16:13Et pourquoi vous collez votre tête comme ça à l'outil ?
16:17Parce que ça va générer un bruit dans la vanne
16:19qui va résonner dans ma clé.
16:21Tous les jours, ce technicien en recherche de fuite
16:24écoute les canalisations souterraines
16:25des villes de la région.
16:27Donc là, ce que je fais, c'est que j'ai fermé la...
16:28Moi, j'ai presque fermé la vanne
16:31pour écouter s'il y a du passage d'eau ou pas.
16:34S'il y a du passage d'eau, ça veut dire que potentiellement,
16:36il y a une fuite après.
16:38Donc c'est ce qui va déterminer si je fais une recherche
16:40sur cette ligne-là.
16:42Et là, en l'occurrence ?
16:44Et là, en l'occurrence, il y a du passage.
16:46Donc je vais faire une écoute sur la ligne
16:48pour savoir où va être la fuite, à quel endroit.
16:52Une fois la fuite localisée,
16:54la canalisation sera réparée dans les prochains jours.
16:59Jacqui Dallet est le président du syndicat
17:02qui gère les ressources du département.
17:04J'ai déjà trouvé une fuite après compteur,
17:06la résidence au-dessus.
17:08En France, 20% de l'eau potable est perdue
17:10à cause des fuites.
17:11C'est 12% en Vendée, plutôt bonnes élèves,
17:14mais toujours trop pour Jacqui,
17:16surtout avec la sécheresse de cet été.
17:19On est déjà en alerte renforcée.
17:21On peut imaginer si ce temps se poursuit,
17:25cette météo se poursuit,
17:27arriver en crise.
17:28Et donc là, on va franchir encore une étape
17:30dans les interdictions d'utilisation de l'eau potable.
17:34La politique du syndicat d'eau,
17:35c'est d'abord les économies d'eau.
17:37Et donc les fuites peuvent représenter
17:39des parts importantes
17:40si on ne s'intéresse pas tout d'abord.
17:42Économisez l'eau.
17:44Économisez l'eau à tout prix,
17:45d'autant plus que moins il y en a,
17:47plus le risque de pollution augmente.
17:50S'assurer qu'elle est bien potable,
17:52c'est le job de Valérie Vial,
17:53ingénieure à l'Agence régionale de santé.
17:55Bonjour.
17:56Bonjour.
17:57Vous allez lancer l'analyse microbio ?
17:59Oui, tout à fait.
18:00Je vais lancer les micro-organismes
18:02à 22 et 36 degrés.
18:04Avec ses équipes,
18:04elle réalise plus de 2500 analyses par an.
18:07Recherche de bactéries,
18:09pifas ou pesticides,
18:10quand un taux est anormal,
18:12c'est elle qui donne l'alerte.
18:13La crainte pour les années qui viennent,
18:15c'est que si le volume d'eau diminue,
18:17les concentrations pourraient augmenter.
18:19Il est possible qu'avec le changement climatique,
18:21on voit apparaître de nouveaux facteurs,
18:24de nouveaux paramètres
18:25qui peuvent ponctuellement,
18:27en fait,
18:28avoir des concentrations plus élevées.
18:30Là où ça devient difficile,
18:32c'est quand on n'est plus en capacité
18:34de pouvoir faire venir de l'eau d'ailleurs
18:37pour pouvoir répondre à la demande en eau.
18:39Parce qu'en fait,
18:40il y a ce jeu un peu d'interconnexion.
18:43Une usine qui peut prendre la place d'une autre
18:46pour pouvoir répondre à la population.
18:48Et ça, ça marche
18:49si on a une eau de qualité et de quantité partout.
18:53Préserver la ressource
18:54pour assurer une eau de qualité.
18:56Voilà donc tout l'enjeu.
18:57En Vendée,
18:59comme partout en France.
19:01Et quand on parle d'eau potable,
19:03on ne parle pas seulement du volume de la ressource,
19:06on parle aussi de sa qualité.
19:07Gaspard Lemay, on nous a rejoint.
19:09Bonjour.
19:09Bonjour.
19:10Merci d'être avec nous.
19:11Vous êtes chercheur en sciences politiques
19:13à l'Université d'Angers,
19:15enseignant à Sciences Po Paris.
19:17Vous travaillez alors, vous,
19:18sur les liens entre l'eau,
19:21la santé et l'environnement.
19:23Tout à fait.
19:24J'ai notamment mené une enquête
19:25sur une pollution spécifique
19:28qui est celle du chlorure de vinyle monomère.
19:30C'est un gaz cancérogène
19:32qu'on retrouve aujourd'hui dans l'eau
19:34sur tout le territoire français.
19:35Alors, on va y revenir,
19:36mais est-ce que la qualité de l'eau potable
19:38se dégrade aujourd'hui, globalement ?
19:41En fait, c'est une réponse
19:42à laquelle il n'est pas possible de répondre
19:46parce que les paramètres
19:48qui sont analysés changent tout le temps.
19:49C'est-à-dire ?
19:51On étudie de plus en plus de substances.
19:53Par exemple, en 2020,
19:56il y avait autour de 6% des Français
19:58qui étaient exposés à une eau
19:59non conforme aux limites de qualité,
20:01c'est-à-dire une eau qui n'était pas considérée
20:02comme potable.
20:03En 2024, on passe à 30%.
20:06L'eau, elle n'est pas devenue
20:07cinq fois moins potable.
20:08C'est les critères qui ont changé ?
20:10Exactement.
20:10Ça veut dire que quelques années avant,
20:13elle était encore pire que ce qu'on pensait ?
20:14Elle n'était pas forcément encore pire,
20:16mais on cherchait moins de choses.
20:17On cherche de plus en plus de choses.
20:19Depuis 2026, par exemple,
20:20on cherche des pifas dans l'eau.
20:22C'est des polluants qu'on appelle éternels.
20:24Avant, on ne regardait pas ce qui se passait.
20:25On cherche de plus en plus de métabolites.
20:27Les métabolites, c'est des résidus de pesticides
20:29qui se sont transformés au contact
20:32de diverses substances.
20:34On en étudie un certain nombre.
20:35La liste s'accroît parce qu'on s'aperçoit
20:37que les risques sanitaires, ils existent.
20:40Mais est-ce qu'il y a un consensus européen
20:42ou mondial sur les recherches ?
20:44Ce qui fait la qualité de l'eau.
20:45Sur la qualité de l'eau, oui.
20:47Non, il n'y a pas de consensus.
20:48C'est pour ça qu'on est tout le temps
20:49en train de rajouter des paramètres.
20:51Et puis surtout, il y a énormément d'incertitudes.
20:53C'est là que réside la difficulté.
20:55Aujourd'hui, il y a beaucoup de métabolites
20:57qu'on identifie, qu'on quantifie.
20:59Et on ne sait pas très bien
21:00est-ce que ça va provoquer des cancers ?
21:02Est-ce que ça va provoquer des troubles
21:04de la reproduction ?
21:05Est-ce que ça va transformer
21:06notre système hormonal ?
21:08On ne peut pas se prononcer.
21:09Et c'est ça qui est extrêmement embêtant.
21:11Est-ce qu'on a une idée un peu précise
21:13des raisons de cette pollution ?
21:14Les raisons, elles sont nombreuses et multiples.
21:17Moi, je vois une raison de fond, en fait,
21:20qui est assez profonde.
21:21C'est qu'aujourd'hui, il semblerait
21:23que les sociétés humaines
21:25n'aient absolument pas prise
21:26sur les dispositifs techniques
21:28qu'elles mettent en place.
21:29C'est-à-dire qu'on invente, par exemple,
21:30les pifaces.
21:32C'est une substance qui est très solide,
21:34très résistante,
21:35qui a plein de propriétés intéressantes
21:37pour les industries.
21:38On peut faire beaucoup de choses avec.
21:40On invente ça, il y a une cinquantaine d'années.
21:43On en met partout.
21:44On déverse ça dans nos os,
21:47dans nos sols, etc.
21:49Et 50 ans plus tard,
21:50l'information devient publique.
21:52Ah oui, effectivement,
21:52cette substance est extrêmement dangereuse.
21:54Elle pose des problèmes très graves
21:56pour la santé humaine.
21:57Elle provoque des cancers.
21:58Elle transforme notre système hormonal,
22:00etc., etc.
22:01Est-ce que la raréfaction de l'eau
22:05entraîne naturellement
22:06sa qualité vers le bas ?
22:08Alors, une difficulté qui est réelle,
22:10c'est qu'effectivement,
22:13moins l'eau est abondante,
22:14plus un polluant à quantité stable
22:16va poser des problèmes.
22:18D'ailleurs, une solution
22:19pour rendre l'eau potable,
22:20c'est de la diluer.
22:22S'il y a un contaminant
22:22qui est présent à un niveau trop élevé,
22:24on va mélanger cette eau
22:25avec une eau plus potable
22:26jusqu'à ce que la limite baisse.
22:27Évidemment, ça ne fait jamais
22:28complètement disparaître.
22:29Les risques, ce type de méthode,
22:31puisque le polluant est toujours présent,
22:32bien qu'à une quantité moindre.
22:33Tout ce que vous nous dites,
22:34je ne vous cache pas,
22:34c'est quand même très angoissant.
22:38Mais on se dit aussi
22:39que c'est très compliqué
22:40puisque l'eau est officiellement déclarée
22:42comme propre à la consommation,
22:44potable.
22:45En même temps,
22:46on est tenté de se dire,
22:47oh là là,
22:47il vaut mieux boire de l'eau en bouteille,
22:49comme ça, on n'est plus sûr.
22:50Sauf que boire de l'eau en bouteille,
22:52c'est non seulement extrêmement coûteux,
22:53mais au fond,
22:54est-ce que c'est vraiment plus sûr
22:55l'eau qu'on consomme en bouteille ?
22:56Alors, une difficulté
22:58qui a été révélée assez récemment
23:00avec ce qu'on a appelé
23:01l'affaire Nestlé,
23:02c'est qu'en réalité,
23:03une eau qui est vendue
23:04comme de l'eau en bouteille,
23:06c'est de l'eau du robinet.
23:07Pourquoi ?
23:08Parce que cette eau en bouteille,
23:09elle est censée être
23:10une eau de source extrêmement pure
23:11qui n'est pas traitée.
23:13Et comme les pollutions
23:14se généralisent,
23:15eh bien,
23:16même cette eau de source
23:17qui était auparavant
23:17effectivement très pure,
23:19il devient nécessaire
23:20de la traiter
23:22avec des rayons UV,
23:23par exemple,
23:24pour faire disparaître
23:25certaines formes de pollution.
23:26Donc déjà,
23:28il n'y a pas de certitude
23:28de boire une eau plus pure
23:30parce qu'il y a un mensonge
23:31des industriels
23:32qui aujourd'hui est avéré
23:33et qui, en l'occurrence,
23:34a été couvert
23:35par l'État français
23:37puisque le gouvernement français
23:39a laissé Nestlé
23:41traiter son eau
23:42en connaissance de cause
23:43en sachant que c'était illégal.
23:44Cécile Kuckerman,
23:45vous n'êtes pas
23:45le gouvernement français,
23:47mais est-ce que...
23:48Non, je confirme.
23:49Mais vous êtes spécialiste
23:50du sujet.
23:51Comment vous réagissez
23:52à ce que dit Gaspard Lemaire ?
23:53Alors, tout d'abord,
23:54moi, j'ai toujours
23:55défendu la science
23:56et je pense que notre société
23:57souffre foncièrement
23:59d'une crise
24:00à l'égard du pouvoir scientifique.
24:02Cependant,
24:03attention,
24:04j'entends ce que vous avez dit.
24:06Je crois que
24:06ne faisons pas dire
24:08à la science
24:08d'il y a 50 ans
24:09ce qu'elle ne savait pas
24:10et ce que nous savons aujourd'hui.
24:12Et je crois
24:13qu'il y a un écueil,
24:15peut-être d'ailleurs
24:16un débat de société à avoir.
24:18vivre
24:19n'est pas
24:20un risque zéro.
24:21Donc, je vous ai entendues.
24:22Tout ceci est très angoissant.
24:23Excusez-moi,
24:24vivre est angoissant.
24:25En fait,
24:26moi, je ne sais pas
24:27ce qui se passe aujourd'hui
24:28et les incidences
24:29que ça aura dans 20 ans.
24:30Donc, bien évidemment,
24:31nous avons une responsabilité
24:32de faire en sorte.
24:33Mais je pense que nous sommes...
24:36Nous avons peut-être
24:36franchi un cap
24:38entre une société protectrice
24:40et une société hygiéniste.
24:42Avant de vous remercier,
24:43Gaspard Lemaire,
24:44un mot pour conclure.
24:46Si vous aviez trois grands points
24:48à mettre en avant
24:49qui vont faire
24:50les 25 prochaines années
24:51en ce qui concerne l'eau.
24:52Je pense que le premier point,
24:54c'est qu'il va falloir renforcer
24:55la transparence
24:57de la parole publique
24:57sur les risques
24:59associés à la pollution de l'eau
25:01parce qu'on a des contaminants
25:02qui sont aujourd'hui,
25:03dont la toxicité
25:06est avérée
25:06sur le plan scientifique.
25:07C'est le cas, par exemple,
25:09du chlorure de vinilmonomère.
25:10C'est le cas d'épiface.
25:12Et il peut être très tentant
25:13de minimiser ces risques
25:16parce qu'effectivement,
25:17la dépollution est coûteuse
25:18et complexe à mettre en place.
25:20Je crois que le premier point
25:22le plus essentiel,
25:23à mes yeux,
25:23c'est de reconnaître
25:25les nombreux dysfonctionnements
25:26qui ont pu avoir lieu
25:28pour demain,
25:29peut-être changer aussi
25:31les manières de faire.
25:32Au lieu d'installer
25:32des infrastructures en PVC
25:34qui relarguent un gaz cancérogène,
25:36au lieu de produire des poils
25:37qui vont faire s'écouler dans l'eau
25:39des substances reprotoxiques,
25:41il faut agir en amont.
25:43Et c'est très difficile
25:43de contrôler la technologie en amont,
25:45mais je crois que ce serait
25:46le deuxième point essentiel,
25:48c'est de contrôler avant,
25:51avant de mettre sur le marché
25:52toutes sortes de substances,
25:54de comprendre ce qu'on est
25:55en train de faire collectivement.
25:57Le chlorure de vinyle monomère,
25:58il contamine comment l'eau ?
26:00En fait, c'est un gaz
26:01qui est dans les tuyaux en PVC
26:04sous forme de résidus
26:05dans tous les tuyaux en PVC
26:06installés avant 1980
26:08et il se libère dans l'eau
26:09et notamment dans les zones
26:11où la demande en eau
26:12est assez faible,
26:13dans les zones rurales notamment.
26:14L'eau stagne dans le tuyau,
26:16elle s'imprègne de ce gaz cancérogène
26:18et il se retrouve aujourd'hui
26:19dans notre organisme.
26:21Et d'ailleurs,
26:21il y a des changements
26:22de canalisation qui sont faits.
26:23C'est extrêmement coûteux,
26:24c'est jusqu'à 100 000 euros
26:25par kilomètre
26:26et on parle de plus
26:27de 250 000 kilomètres
26:29de canalisation contaminée.
26:30Heureusement,
26:30il ne faut pas tous les changer.
26:32Mais voilà,
26:32c'est un vrai problème
26:33de santé publique.
26:34Les données sont là.
26:36Le risque est connu
26:37depuis les années 70.
26:39Les premiers prélèvements
26:41systématiques,
26:41c'est en 2012.
26:43Et donc, je crois que c'est peut-être
26:44le troisième point aussi.
26:46C'est de ne pas attendre 50 ans
26:48quand on sait qu'il y a un risque
26:49avant de mesurer
26:50ce qu'il se passe dans notre eau.
26:52C'est une infrastructure souterraine,
26:54loin des yeux,
26:55loin du cœur.
26:55Il faudrait peut-être aussi,
26:56en tant que citoyen,
26:57peut-être être plus attentif
26:59à ce qui se passe sous nos pieds.
27:01Merci beaucoup,
27:01Gaspard Le Maire,
27:02d'avoir été avec nous.
27:04Merci.
27:04Alors, qu'arrivera-t-il demain
27:05si on ne fait rien ?
27:07Éric,
27:07les projections des scientifiques
27:09ne sont pas très optimistes.
27:11Oui, effectivement.
27:12Si on regarde,
27:13la ressource en eau,
27:14d'abord,
27:14elle pourrait diminuer
27:16de 20 % en moyenne
27:17par rapport à aujourd'hui,
27:18alors que les besoins,
27:19eux,
27:19devraient être supérieurs
27:20de 7 %.
27:2288 % du territoire français
27:24pourrait être en tension hydrique
27:25pendant l'été,
27:26contre 60 % en moyenne
27:28au cours des dix dernières années.
27:30Et puis,
27:30on prédit une eau plus polluée,
27:32synonyme de danger
27:33pour la santé humaine,
27:35pour la biodiversité.
27:36Le prix de l'eau potable
27:38pourrait exploser
27:39de 20 à 75 %
27:41plus cher,
27:43selon évidemment les régions.
27:44Alors,
27:44ce n'est pas très encourageant,
27:46mais il existe des solutions
27:47et c'est ce qu'on va voir
27:48tout de suite
27:49dans la seconde partie
27:49de cette émission.
27:54Nous sommes toujours à Besançon,
27:55mais cette fois-ci,
27:56la réalité est très différente.
27:58Regardez.
27:59Dans le ciel de la ville,
28:01un balai de drones
28:02au milieu des nuages,
28:04ils sont là
28:04pour provoquer des orages.
28:07Sur les toits,
28:08des immeubles,
28:09des récupérateurs d'eau de pluie.
28:12automatiquement filtrés
28:13et rendus potables.
28:15Alors,
28:15plus de pommes de terre
28:16dans les champs,
28:17mais des lentilles,
28:17qui est une culture
28:18qui nécessite moins d'irrigation.
28:20Et à côté,
28:21de curieuses bulles
28:22sur des dizaines d'hectares.
28:24Elles rendent l'eau potable
28:25grâce au soleil.
28:27Alors,
28:28comment faire
28:28pour rendre cela possible ?
28:30Bienvenue Thierry Carlin,
28:31merci d'être avec nous.
28:32Bonjour.
28:33Vous êtes le patron
28:34d'Elio Water,
28:35c'est votre entreprise
28:35et vous êtes l'inventeur
28:36des bulles
28:37que l'on vient de voir.
28:38Vous êtes ingénieur
28:39en génie maritime,
28:39c'est-à-dire ?
28:40C'est-à-dire ?
28:40En fait,
28:41c'est la capacité
28:42à étudier
28:43toutes les technologies
28:44qui attraient
28:45à l'environnement marin,
28:46à la fois de la construction
28:47mais l'étude des océans également.
28:49Alors,
28:49ces bulles,
28:49elles permettent
28:50de produire de l'eau
28:51et de l'eau saine
28:52grâce au soleil.
28:54Approchez votre matériel,
28:56expliquez-nous
28:56comment ça fonctionne
28:57et comment c'est possible.
28:58Alors ça,
28:59c'est un modèle d'exposition,
29:00c'est dix fois plus petit
29:01que ce que ça représente
29:04en réalité.
29:05Alors,
29:06tout d'abord,
29:06on s'est inspiré
29:07de la nature.
29:08L'invention là-dedans,
29:10ce n'est pas nous
29:10qui l'avons eue,
29:11c'est la Terre
29:11il y a 4 milliards d'années
29:12puisqu'on reproduit
29:13le cycle naturel
29:15de l'eau,
29:15ce qu'on apprend
29:16à l'école.
29:16Vous savez,
29:17le soleil chauffe la mer,
29:19ça s'évapore,
29:20ça fait des nuages
29:21et puis ça précipite.
29:22On pourrait résumer ça
29:23comme un piège à nuages.
29:25Comment ça marche ?
29:26C'est très simple,
29:26on fait rentrer
29:27un liquide
29:28qui n'est pas potable
29:28au départ,
29:29de l'eau de mer
29:30mais des eaux grises,
29:32une eau de rivière,
29:33des eaux polluées,
29:34on la fait rentrer
29:35à l'intérieur
29:35au milieu de cette sphère
29:37et puis le soleil
29:37fait le reste.
29:39Qu'est-ce qu'il fait ?
29:39Et où est-ce qu'elle est
29:40positionnée cette sphère ?
29:41Elle est positionnée
29:42à l'endroit
29:42où vous voulez produire
29:43de l'eau,
29:44c'est-à-dire près
29:45d'une ressource
29:45qui n'est pas potable
29:46au départ,
29:48sur un littoral,
29:50près d'un lac,
29:52près d'un forage,
29:53sur le toit d'une maison,
29:54parce qu'on travaille
29:55maintenant pour récupérer
29:56les eaux grises,
29:57donc vous savez ce que c'est
29:57que les eaux grises,
29:58ce sont les eaux des lavabos,
30:00des machines à laver,
30:00pas les eaux des toilettes,
30:02donc sur le toit d'une maison
30:03pour récupérer ces eaux grises
30:04et séparer les polluants
30:06qu'il y a dans ces eaux
30:07et récupérer
30:08qu'une molécule ultra pure.
30:10Donc ça,
30:11c'est le premier stade,
30:11c'est ce que fait le système.
30:13Donc on va produire
30:13ce qu'on appelle
30:14de l'eau distillée,
30:15donc il ne faut d'abord
30:15pas la boire tout de suite,
30:16mais après le système
30:17va permettre
30:18de la reminéraliser
30:20et ce qui va faire
30:20qu'on va pouvoir contrôler
30:21la qualité de l'eau
30:22puisqu'en remettant
30:23des minéraux,
30:24essentiellement du calcium
30:25et du magnésium,
30:26on va pouvoir mettre
30:27juste les quantités nécessaires
30:28dans une eau ultra pure,
30:30débarrasser de ces polluants
30:31et refabriquer son eau.
30:33Elles sont déjà opérationnelles,
30:34vos bulles ?
30:34Alors,
30:35on a travaillé
30:35pendant près de 8 ans
30:38sur le développement
30:39d'un système
30:40que j'ai voulu
30:41le plus simple possible.
30:43Pourquoi ?
30:43Parce que l'objectif,
30:44c'est d'apporter
30:45une solution locale,
30:46peu chère,
30:47à des populations
30:48qui manquent d'eau
30:49et qui ont certainement
30:50d'autres problèmes à gérer
30:51que des systèmes ultra coûteux
30:53avec de la filtration
30:54où il faut apporter
30:56un réseau électrique.
30:58Là,
30:58il n'y a rien.
30:58Donc,
30:58à la limite,
30:58on l'implante,
30:59je ne sais pas comment vous dites,
31:00on la place quelque part
31:01et ça fait le travail.
31:02Exactement.
31:03Où sont-elles mises en place
31:04déjà aujourd'hui ?
31:06Alors,
31:06d'abord,
31:06on a commencé par tester
31:07sur les 5 continents
31:08la résistance du système
31:10au temps
31:10parce que j'ai voulu
31:11qu'on ait un système
31:12qui résiste
31:13le plus longtemps possible.
31:15Donc,
31:15aujourd'hui,
31:15ces sphères,
31:15elles résistent plus de 30 ans.
31:17Donc,
31:17on en a installées
31:17dans le désert,
31:18au sultanat d'Omane.
31:19Mais alors,
31:20tous les jours,
31:20ça brûlit de l'eau ?
31:21Alors,
31:22à chaque fois qu'il y a du soleil,
31:23donc tous les jours,
31:24heureusement,
31:25ça produit de l'eau.
31:26Ça coûte combien ?
31:27J'allais lui poser la question.
31:28Mais ça ne m'étonne pas
31:29parce qu'on est,
31:30Eric,
31:30on est complètement aligné.
31:32Écoutez,
31:32aujourd'hui,
31:33un système,
31:34donc il faut l'imaginer,
31:35elle fait ma taille,
31:36un mètre de diamètre,
31:37ça fait à peu près…
31:38Vous ne faites pas
31:38un mètre de diamètre,
31:39Thierry Carlin ?
31:40Pas encore.
31:42Pas encore.
31:44Déjà,
31:44on va peut-être parler
31:45de la performance
31:45pour voir déjà
31:46ce que ça produit.
31:48Une sphère comme ça,
31:48elle occupe un mètre carré au sol.
31:50Et pour une journée
31:51d'ensoleillement,
31:52on va dire six heures
31:52parce que les deux heures
31:53du matin,
31:54les deux heures du soir,
31:55elle va produire
31:55dix litres d'eau,
31:57dix bouteilles d'eau
31:57par mètre carré.
31:58Votre eau de départ,
31:59vous l'injectez comment ?
32:00Ah ben vous voyez…
32:01Parce que quand il ne pleut pas
32:02pendant deux mois ?
32:03On prend de l'eau de mer.
32:04D'accord.
32:05On prend l'eau d'un forage,
32:06on prend quelque chose
32:07que tout le monde a abandonné.
32:08Au sultanat d'Omane,
32:09on a fait un forage,
32:10on est loin de la mer,
32:11on a pris de l'eau fossile,
32:13ultra salée.
32:14Aucun industriel
32:15ne peut la traiter.
32:16Plus de 100 grammes
32:16de sel par lit,
32:17quatre fois l'eau de mer.
32:19Elle rentre là-dedans,
32:19ça fait huit ans
32:20que ça marche
32:21et ça produit de l'eau.
32:21Thierry Carlin,
32:22combien ça coûte ?
32:23Alors aujourd'hui,
32:24ça coûte 3000 euros.
32:26Une bulle ?
32:27Une bulle,
32:2830 ans de production.
32:30Une bulle,
32:31elle va faire
32:31dix litres par jour
32:33d'enseignement,
32:33cinq bouteilles de deux litres,
32:35une famille de cinq personnes,
32:36on sécurise déjà.
32:37Ça, c'est le modèle
32:38aujourd'hui
32:39qui est disponible
32:40pour des particuliers.
32:41Vous êtes obologué
32:43en termes d'ARS
32:44et de normes françaises ?
32:46Alors ça, c'est un sujet
32:47sur lequel...
32:48Agence régionale de santé.
32:49Oui.
32:49Je reviens à la discussion
32:50que nous avions tout à l'heure.
32:52Et je pense que
32:54ces expériences-là
32:55sont tout autant
32:55qu'elles sont
32:56à développer et à inciter.
32:57On en revient
32:58au débat
32:59de la place de la science,
33:00des initiatives,
33:01des uns et des autres.
33:02Ça se fait
33:03et donc ça fonctionne
33:04dans certains endroits.
33:05Ce n'est pas uniquement ça
33:06qui réglera
33:07la problématique évoquée.
33:08Mais ma question,
33:10c'est en France,
33:11est-ce que ça,
33:12vous pouvez le commercialiser
33:14et que ce soit utilisé,
33:16reconnu comme utilisation
33:17d'eau potable ?
33:17Alors, c'est peut-être
33:18l'une des plus grandes difficultés
33:19qu'on a eues.
33:20Parce que la science,
33:21nous, on a travaillé
33:22avec le CNRS là-dessus.
33:23J'ai travaillé avec...
33:24C'est ma question,
33:25mais je vous la laisse faire.
33:26Un jour,
33:26je l'ai présenté
33:27à une émission de télé.
33:28Le lendemain,
33:28j'ai une lettre de l'ARS
33:29qui me dit
33:29que vous n'avez pas le droit
33:30de vendre de l'eau en France.
33:31Alors, je lui ai dit
33:31pourquoi ?
33:32Parce que vous prenez
33:33de l'eau de mer.
33:33Je lui ai dit
33:33qu'on ne fait pas
33:34d'unité de dessalement en France.
33:36Il n'y a pas d'unité
33:36de dessalement en France.
33:37Quand il y en a,
33:38dans le sud de la Corse,
33:39c'est par dérogation préfectorale.
33:41Ou dans les Outre-mer.
33:42Comment voulez-vous
33:43qu'une PME comme la mienne
33:44se développe sur un modèle
33:46où il faut demander
33:46des dérogations aux préfets ?
33:48Donc, qu'est-ce qu'on a fait ?
33:49On a pris les standards
33:51des qualités de l'eau.
33:52On a pris les standards
33:53de l'OMS.
33:54Et puis après,
33:54je suis allé regarder
33:55les standards européens.
33:56Et dans les standards européens,
33:58j'allais regarder
33:58les plus contraignants.
33:59Mais figurez-vous
33:59que c'est la France
34:00qui est numéro un contraint.
34:01Et bien, je me suis conformé à ça.
34:03Pendant 18 mois,
34:04je me suis conformé
34:05à ce qu'il fallait faire.
34:06J'ai stoppé la commercialisation
34:07et j'ai fait,
34:08sur des démonstrateurs,
34:12forme aux normes de potabilité françaises.
34:13Donc, ça y est, c'est acquis.
34:15Ce qui nous a pas empêché
34:16de commercialiser
34:17dans des pays
34:17qui avaient des normes.
34:18Parce qu'on fait
34:19des analyses d'eau.
34:20On passe à l'île près d'un peu.
34:21Finalement,
34:22c'est quand même
34:22la réglementation.
34:23La réglementation.
34:24Parce qu'à 5 000 euros,
34:25combien la bulle ?
34:263 000 euros, la bulle ?
34:283 000 euros,
34:29ça va vous produire
34:30pendant 30 ans
34:31quand vous divisez
34:32ne serait-ce que par 10 ans.
34:33Ça vous fait l'eau
34:34la moins chère au monde.
34:35Aujourd'hui,
34:35je ne suis pas là
34:35pour vous vendre une sphère,
34:36mais il n'y a pas moins.
34:38Et puis, nous,
34:39notre modèle,
34:39il n'est pas simplement
34:41d'adresser des particuliers.
34:43Mais c'est ce que vous avez montré,
34:46Besançant 2050,
34:47c'est des fermes entières.
34:48Et là, on n'est pas
34:49dans ces prix-là.
34:50Christophe Mori,
34:51je ne vous ai pas abandonné.
34:52La science au secours de l'eau,
34:54c'est possible ?
34:55C'est souhaitable ?
34:56Est-ce qu'il faut aller chercher
34:58toutes les bonnes initiatives ?
35:00Il faut absolument
35:01diversifier les ressources.
35:02Et un des moyens,
35:03c'est ce que vous présentez là.
35:04Moi, je me posais la question,
35:05est-ce que c'est utilisable
35:06à la sortie d'une station
35:06d'épuration, par exemple ?
35:08Est-ce que c'est utilisable
35:09à la sortie d'une station
35:10d'épuration ?
35:10Nous, on a fait des...
35:11Alors, dans toute la démarche,
35:13l'approche scientifique qu'on a eue,
35:14parce qu'on n'a pas fait ça seul,
35:15je vous disais qu'on a fait ça
35:17avec des universitaires.
35:17Actuellement, on est sur
35:18un projet européen
35:19avec des universités européennes
35:20pour traiter ce que vous avez appelé
35:22tout à l'heure
35:22des polluants éternels.
35:24Donc, le modèle Helio
35:25est utilisé par des scientifiques
35:26pour voir si on peut résoudre
35:28le problème des polluants lourds,
35:30de l'arsenic,
35:31du plomb dans les eaux,
35:32en attendant les résultats
35:33des universités italiennes,
35:34notamment.
35:36Mais nous, par contre,
35:36ça nous a permis de faire des tests
35:37avec différents types
35:38d'eau polluée,
35:40pas que de l'eau de mer,
35:41mais on a fait des tests
35:42où on a même
35:42injecté de l'acide chlorhydrique.
35:44Vous pouvez le faire
35:45en laboratoire,
35:45c'est la chimie de l'eau,
35:47l'acide chlorhydrique,
35:48il n'y aura que l'H2O
35:49qui s'évaporera.
35:50Donc, ça, oui,
35:51ça marche avec la sortie
35:53d'une unité de salle.
35:55Justement, en Vendée,
35:56on a inventé un système
35:57unique en France,
35:58unique en Europe aussi,
35:59pour rendre à nouveau potables
36:01les eaux usées.
36:02Et c'est ce qu'on va voir
36:03dans ce reportage
36:04signé Maxime Coltier.
36:04Regardez.
36:06L'eau de votre vaisselle,
36:09celle de votre lave-linge
36:10ou même l'eau de vos toilettes.
36:12Et si, en 2050,
36:13toutes ces eaux usées
36:14revenaient dans votre verre ?
36:17Pas très engageant
36:18à première vue,
36:19et pourtant,
36:20ça pourrait être
36:20une solution d'avenir.
36:22En Vendée,
36:23c'est même déjà testé.
36:25Elisabeth Massé
36:26est géologue.
36:27OK.
36:28Allons voir
36:29ce qu'il se passe.
36:30Avant,
36:31elle travaillait
36:31pour l'industrie pétrolière.
36:33Aujourd'hui,
36:33elle s'occupe d'un projet
36:34unique en France
36:35et en Europe.
36:36Le programme Jourdain,
36:38un prototype
36:38de réutilisation
36:39des eaux usées.
36:43Donc là,
36:43en fait,
36:44on est vraiment
36:44au centre de l'usine
36:47qui est aujourd'hui
36:48en activité
36:49et qui fonctionne
36:50depuis mars 2025
36:53en récupérant
36:54en fait les eaux
36:55qui sortent
36:55de la station
36:56d'épuration
36:57des Sables d'Olonne.
36:58Avant,
36:58voilà comment ça se passait.
37:00Les eaux usées
37:01étaient traitées
37:01dans la station d'épuration
37:02puis rejetées
37:03dans l'océan tout proche.
37:05Mais depuis un an et demi,
37:06on les détourne
37:07pour les envoyer ici.
37:10Dans l'usine d'affinage,
37:11ces grandes cuves
37:12où elles sont lavées
37:13et filtrées
37:13par des tamis
37:14de plus en plus fins.
37:15Au fur et à mesure
37:17des étapes,
37:18en fait,
37:18la maille va diminuer
37:19et on va pouvoir
37:20récupérer en fait
37:21des éléments
37:22tellement petits
37:23comme des virus,
37:24des bactéries,
37:25des éléments pathogènes
37:27jusqu'à enlever
37:28en fait
37:29quasiment tous
37:30les sels d'issous,
37:31les minéraux.
37:32Donc dans le barrel
37:33que vous voyez ici,
37:34ça c'est le cœur
37:35du réacteur
37:35de notre usine
37:36et qui permet vraiment
37:38d'enlever
37:39tous les éléments
37:40de cette eau
37:42qui pourrait être
37:43néfaste en fait
37:44pour le milieu naturel
37:45dans lequel après
37:46on va renvoyer
37:46cette eau traitée.
37:482000 mètres cubes
37:49d'eau usée
37:50sont ainsi traitées
37:51chaque jour,
37:52l'équivalent
37:52de la consommation
37:53de 13 000 personnes.
37:56Mais que ces dernières
37:57se rassurent,
37:58l'eau n'est pas renvoyée
37:59tout de suite chez elles.
38:01Pour la suite du processus,
38:03il faut prendre la voiture
38:06et suivre en surface
38:0727 kilomètres
38:08de canalisation souterraine
38:10jusqu'à une zone
38:11de transition.
38:16Et donc vous voyez,
38:18l'eau arrive
38:19au bout des 27 kilomètres
38:21de canalisation.
38:22Donc on a une première étape
38:23ici dans les deux bassins.
38:25C'est une zone tampon.
38:26En fait,
38:26l'eau,
38:27on va la laisser reposer.
38:28Elle vient de passer
38:29deux jours
38:29dans la conduite.
38:31En transitant
38:32dans différents bassins,
38:33l'eau va ensuite
38:34naturellement s'oxygéner,
38:35s'enrichir en minéraux
38:37et regagner le bon pH.
38:39Là,
38:40on va essayer
38:41de créer une dynamique
38:42de renaturation.
38:44On l'envoie
38:45en fait
38:45dans des milieux
38:46entièrement créés
38:48de toutes pièces.
38:50C'est des noues
38:50en fait
38:52végétalisés,
38:52donc avec des plantes
38:54aquatiques
38:54ou des planques terrestres
38:55pour être renaturés
38:57avec la faune
38:58et la flore existantes
39:00avant de transiter
39:02vraiment
39:02dans le lac du Genet.
39:04Une fois dans le lac,
39:06l'eau pourra de nouveau
39:07être puisée
39:07et potabilisée.
39:09Le processus entier
39:10dure 4 jours.
39:11Le programme a coûté
39:1228 millions d'euros.
39:13Mais Elisabeth en est sûre,
39:15c'est une solution d'avenir.
39:16Aujourd'hui,
39:17on a besoin
39:18d'une nouvelle ressource.
39:19Eh bien,
39:19c'est dans ce type de projet
39:20qu'on va chercher
39:21des nouvelles ressources.
39:22On ne prélève plus
39:24dans le milieu.
39:25On prélève en fait
39:26dans des eaux
39:26qui étaient censées
39:28être rejetées en mer.
39:29Elles n'étaient pas perdues,
39:30elles étaient rejetées en mer.
39:32Eh bien, nous,
39:33on va la recycler.
39:34pour revenir
39:36à son état naturel.
39:37Et franchement,
39:38oui,
39:38c'est plutôt valorisant
39:40comme projet.
39:41Encore en test,
39:42le programme Jourdain
39:43devrait à terme
39:44se développer
39:45pour traiter
39:45des volumes d'eau
39:46plus importants
39:47et pourquoi pas
39:48inspirer
39:49d'autres politiques publiques.
39:52Alors ici,
39:53ce qu'on vient de voir,
39:53c'est un projet pilote.
39:55C'est une initiative
39:56du département
39:57qui a coûté,
39:58Cécile Kuckerman,
39:5928 millions d'euros.
40:01Est-ce que vous pensez
40:02que c'est généralisable ?
40:03Et en plus,
40:04est-ce que c'est une solution
40:05qui vous semble intéressante
40:06pour 2050 ?
40:07Est-ce que ce projet
40:08est généralisable
40:09à l'ensemble du territoire ?
40:11Certainement pas.
40:13Est-ce que ce type
40:14d'innovation
40:15doit être encouragé
40:17pour que chaque territoire
40:18produise
40:19ce qui répond
40:19prend à ses besoins ?
40:21Certainement.
40:21Voilà.
40:22Non mais je préfère
40:23le préciser
40:24parce que,
40:24bien évidemment,
40:25mais en tout cas,
40:25ce sont,
40:26comme ce que monsieur
40:27a présenté,
40:27comme ce que vous venez
40:28de voir dans le reportage,
40:30ce sont autant
40:31d'innovations,
40:32d'abord,
40:32sur lesquelles nous devons
40:34insister.
40:34Et je vous le disais
40:35tout à l'heure,
40:36la science,
40:37la science a toujours
40:38aidé l'humanité
40:40à progresser.
40:41Et je veux le redire
40:42parce que je sais
40:42qu'aussi nous sommes
40:43dans une société
40:44où de nos jours,
40:45y compris un certain nombre
40:45des téléspectateurs,
40:46on est toujours
40:47de plus en plus défiants
40:48et je crois que nous avons
40:49besoin de redonner
40:50non pas une parole
40:51comment un peu
40:53officielle,
40:54bien évidemment,
40:54tout peut être contesté
40:55dans ce pays,
40:56c'est le problème d'une démocratie.
40:57Mais sachons aussi
40:58reprendre confiance
41:00dans l'innovation scientifique,
41:02dans l'innovation industrielle,
41:03etc.
41:03Après, la question du coût,
41:05je ne sais pas,
41:05moi, depuis le début
41:06de cette émission,
41:07nous faisons tous le constat
41:09que l'eau est vitale.
41:11Donc, moi,
41:12je ne sais pas
41:12à combien on évalue
41:13une vie humaine.
41:14Si, comme d'autres
41:15malheureusement pays
41:16sur d'autres continents,
41:18je déclenche des guerres civils
41:19parce que je n'ai plus
41:20accès à l'eau,
41:21ça va coûter combien
41:22à la société ?
41:22Donc, si vous voulez,
41:23moi, je veux bien
41:24qu'on se renvoie tous
41:25des additionnels.
41:26Je pense que l'eau
41:26est une priorité.
41:27L'eau est un bien essentiel,
41:28l'eau est un bien vitale,
41:29l'eau est un bien public,
41:31l'eau est un bien rare,
41:32tout comme l'énergie
41:34l'a été au lendemain
41:34de la guerre,
41:35tout comme un certain
41:36nombre d'enjeux,
41:37donc on ne va pas
41:37les énumérer ici.
41:38Donc, je ne vais pas
41:39vous donner la solution
41:40de 1 plus 1 égale 2
41:41et comme ça,
41:42demain dans le budget
41:43de la France.
41:43Oui, ça doit être
41:44une prise en compte
41:45de la dépense publique.
41:46Je vous ai dit
41:4675% d'augmentation
41:48du prix de l'eau,
41:49c'est les prévisions.
41:49Qu'est-ce que ça veut dire ?
41:50Non, non, non,
41:51nous n'allons pas faire payer
41:52et ce serait une hérésie
41:53à nos concitoyens
41:55la charge du coût de l'eau.
41:57Nous ne sommes pas
41:57dans un pays pauvre.
41:59Je sais que ce n'est pas
41:59le débat de ce soir,
42:00mais nous sommes
42:01dans un pays riche.
42:03Donc, un budget
42:04de la France,
42:05qui est l'eau des riches
42:05et l'eau des pauvres.
42:06Pas du tout.
42:07Non, non, nous sommes
42:08dans un pays
42:09où au fronton de nos mairies,
42:10le mot au milieu de la devise,
42:12ça s'appelle l'égalité.
42:13Nous sommes dans un pays
42:14qui dispose de richesse,
42:15nous avons un débat budgétaire.
42:17Le débat budgétaire,
42:17ça se construit
42:18avec des recettes
42:18et avec des dépenses.
42:19Oui, c'est une dépense.
42:20Je suis pour que nous trouvons
42:21les recettes suffisantes
42:23qui justifient de l'égalité
42:24et qui permettent
42:25l'accès à toutes et à tous
42:26à l'eau demain
42:28dans notre pays
42:28parce que c'est un enjeu vital.
42:30Au-delà de l'argent,
42:32oui, on est dans un pays riche,
42:34on est dans un pays démocratique.
42:35Donc, quels sont
42:37les grands chantiers
42:38à lancer,
42:39en trois mots,
42:40les grands chantiers
42:41à lancer aujourd'hui
42:42pour que tout le monde
42:43ait accès à l'eau
42:44de façon démocratique
42:46en 2050 ?
42:47D'abord, le sujet de l'eau
42:48doit envahir notre actualité.
42:51Nous devons,
42:52dans un second temps,
42:53réimpliquer,
42:54vous l'avez très bien dit,
42:54M. le soutien,
42:55les citoyens
42:56dans cette question-là.
42:57Ce n'est pas un sujet
42:58de spécialistes,
42:58c'est un sujet vital.
43:00Il nous impacte tous.
43:01Et troisièmement,
43:02nous devons avoir
43:03une politique
43:04de prospective
43:05de long terme
43:06qui associe le grand cycle
43:07et le petit cycle de l'eau.
43:09Et nous devons avoir
43:10une nouvelle grande loi
43:12sur l'eau,
43:12pas pour énumérer
43:13des grands principes
43:14et des grands blablas,
43:15mais pour redonner
43:16les moyens
43:17de la capacité
43:18à la fois de la gestion
43:19en amont des zones humides,
43:21comme nous l'avons expliqué,
43:22des éponges, etc.
43:23Je ne reviens pas.
43:24De la problématique
43:25du recyclage de l'eau.
43:26Non, mais je fais court.
43:28Pour assurer,
43:29parce que finalement,
43:29de tout ce que nous venons de parler,
43:31quel est l'enjeu
43:31pour tout un chacun ?
43:32C'est demain
43:33de pouvoir allumer son robinet,
43:35d'avoir de l'eau potable
43:36et de pouvoir
43:37se nourrir à sa faim.
43:39Eh bien,
43:39nous devons concilier
43:41ces deux choses.
43:41C'est un défi,
43:42c'est compliqué,
43:43mais ne pas croire
43:44en la capacité
43:45à résoudre ce défi
43:46serait une forme
43:47de défaitiste
43:48que je laisse
43:49aux populistes.
43:49et en tout cas,
43:50moi,
43:50je ne me résigne pas
43:51à combattre
43:53cette vision de 2050
43:55présentée au début
43:56qui est une vision catastrophique
43:57parce que je crois
43:58que l'être humain
43:59est intelligent,
44:00nous la dépasserons
44:01et nous ne vivrons pas ça
44:02en 2050.
44:03Donc, pour vous,
44:03parce que nous,
44:04ça s'appelle Agenda 2050,
44:05mais avant,
44:05il y a Agenda 2027,
44:07donc là,
44:07ce que vous dites,
44:08c'est pour Agenda 2027.
44:10Vous savez,
44:10il y a plusieurs élections
44:11d'ici 2050.
44:1227.
44:13Ah oui,
44:14il y en a une très importante
44:15dans quelques mois.
44:15Oui, mais vous savez,
44:17ce n'est pas le président
44:18de la République
44:18qui va régler
44:19le problème du climat
44:20et de l'eau
44:21aux robinets
44:22de chacune et de chacun.
44:23Christophe Mori,
44:24quel serait-vous
44:24en tant qu'hydrobiologiste
44:26votre Agenda 2027 ?
44:28Parce que,
44:29voilà,
44:29les citoyens que nous sommes,
44:30on s'accroche
44:31à ces dates comme ça
44:32qui sont importantes
44:33et qui peuvent faire
44:33changer les choses.
44:34Alors,
44:34un mot sur l'aspect démocratique.
44:362050,
44:38trois jours sans eau,
44:39je vous laisse imaginer
44:40la cohésion sociale.
44:42dans la ville de Besançon.
44:44Donc,
44:44il y a un aspect démocratique
44:45et donc un partage de l'eau
44:46qu'il faut faire très rapidement.
44:48Concernant l'aspect solution,
44:50tout à l'heure,
44:50on parlait des zones humides.
44:52Alors,
44:52c'est vrai qu'il y a
44:53des infrastructures
44:54qui sont classiques,
44:55réutilisation des eaux usées,
44:56barrages,
44:57retenues collinaires.
44:57Et puis,
44:58vous avez l'infrastructure
45:01stratégique
45:02de sécurité hydrique
45:03par excellence,
45:04c'est la nature.
45:06C'est pour ça qu'aujourd'hui,
45:07il faut s'y mettre.
45:08Il n'y a pas que les zones humides,
45:09il y a les forêts,
45:09il y a les sols,
45:10– Il y a,
45:11pardon,
45:11je vous coupe,
45:12il y a la mer,
45:12parce que quand tout à l'heure,
45:13Thierry Carlin disait,
45:15on fait ça par exemple
45:18dans les pays du Golfe,
45:19vous parlez du sultananoman,
45:21pardon,
45:21il disait,
45:22on fait des forages,
45:23etc.,
45:24il y a de l'eau douce
45:25au fond des océans,
45:27c'est bien ça ?
45:27– Oui,
45:27on peut trouver de l'eau douce
45:28au fond des océans,
45:29on peut dessaler aussi l'eau de mer
45:31avec des conséquences aussi,
45:32il faut bien s'imaginer,
45:33dans le milieu marin,
45:34puisqu'on peut relarguer une saumure
45:35un petit peu moins
45:36dans le cas de monsieur,
45:37d'ailleurs,
45:37d'après ce qu'il nous a présenté,
45:38qui est beaucoup plus efficace,
45:40donc on va vers justement
45:42une multiplicité de solutions,
45:43mais absolument liées à la nature,
45:45et c'est ça qui est important,
45:46donc liées à la nature,
45:47ça veut dire avec les agriculteurs,
45:48je crois que le demain,
45:50ça va être,
45:51les agriculteurs vont être
45:52une pièce maîtresse,
45:53incontestablement,
45:54il va falloir,
45:54j'allais dire,
45:55mettre des financements
45:56sur les agriculteurs
45:57qui vont rétablir des zones humides,
45:58qui vont recomposer
46:00ce qu'on appelle
46:00des bras secondaires
46:01dans les rivières,
46:02des zones alluviales,
46:03et j'allais même presque dire
46:04des particuliers
46:05qui vont favoriser
46:07ces zones humides,
46:08il faut prendre en compte
46:09cet aspect financier
46:10qui est stratégique,
46:11me semble-t-il.
46:12– Et si on s'inspirait
46:13d'autres exemples,
46:15d'autres pays,
46:16Eric,
46:16dans chaque émission,
46:18vous nous parlez
46:19d'une initiative
46:19ou d'une politique
46:21menée à l'étranger
46:22qu'on pourrait prendre
46:23en exemple,
46:24et aujourd'hui,
46:25vous nous emmenez
46:26en Afrique du Sud
46:27au Cap,
46:28et on va parler
46:29d'économie d'eau,
46:31c'est notre chronique
46:32Ailleurs,
46:33c'est déjà demain.
46:34– Sous-titrage Société Radio-Canada
46:36– Sous-titrage Société Radio-Canada
46:37– Sous-titrage Société Radio-Canada
46:38– Oui, effectivement,
46:39Marie,
46:39je vous emmène au Cap,
46:40on revient huit ans en arrière,
46:42la ville du Cap,
46:43ce jour-là,
46:43n'est pas passé loin
46:45de ce qu'on appelle
46:45le jour zéro.
46:46Le jour zéro,
46:47c'est ce moment critique
46:48où les réserves d'eau
46:50tombent si bas
46:50que les autorités locales
46:52sont contraintes
46:52de couper le robinet
46:53aux habitants
46:54et aussi aux entreprises.
46:56Alors,
46:56en février 2018,
46:57les 4,5 millions d'habitants
46:59de Cape Town
46:59ont vraiment cru
47:00qu'ils n'allaient pas pouvoir
47:01échapper à ce fameux jour zéro.
47:03À l'époque,
47:04la métropole sud-africaine
47:05venait de subir
47:06trois années de sécheresse
47:07très historiques
47:08et les bassins
47:09qui alimentent la ville
47:10étaient quasiment tous à sec.
47:12Ces bassins sont remplis
47:14par l'eau de pluie
47:15mais les précipitations
47:16au cours des derniers mois
47:17avaient été extrêmement rares.
47:18Donc,
47:18en février 2018,
47:19le niveau des bassins
47:20est passé sous le seuil
47:21des 20%
47:22et là,
47:23les autorités locales
47:23ont été obligées
47:24de tirer le signal d'alarme.
47:26Un vaste plan de mobilisation
47:27a été déployé
47:28avec une campagne
47:29de communication
47:30qui a été,
47:30elle,
47:31très efficace.
47:31Les autorités locales
47:33ont commencé à publier
47:33des cartes
47:35de public
47:36de consommation
47:36par foyer.
47:37Elles ont affiché
47:38sur les autoroutes
47:39notamment des panneaux
47:40d'information
47:40qui montraient
47:41le compte à rebours
47:42avec ce fameux jour zéro.
47:43Les entreprises,
47:44les hôtels,
47:45les restaurants,
47:46les citoyens
47:47et même d'ailleurs
47:47les touristes,
47:48tout le monde a été mobilisé
47:49pour économiser l'eau
47:50avec un rationnement
47:52extrêmement strict,
47:5350 litres par jour
47:54et par personne.
47:55Je rappelle que
47:56c'est à peu près
47:56le tiers de la consommation
47:58quotidienne en France
47:59et pour gagner cette bataille
48:01de l'eau,
48:01la ville du Cap
48:02a aussi adopté
48:03des solutions pérennes,
48:04par exemple en nettoyant
48:05les bassins de rétention
48:07dans lesquels prospèrent
48:08des plantes invasives.
48:09Au plus fort de la crise,
48:10ces plantes absorbaient
48:11150 millions de litres
48:13d'eau par jour,
48:14c'est-à-dire un cinquième
48:15de la consommation locale.
48:17Alors il y a eu aussi
48:17des réponses techniques
48:18pour empêcher les fuites
48:20dans le réseau,
48:21pour éviter les gaspillages
48:22et au final,
48:23toutes ces mesures
48:24ont permis de réduire
48:25la demande en eau
48:26de plus de moitié.
48:27Avant la crise,
48:28la ville consommait
48:29entre 1,2 et 1,5 milliard
48:32de litres par jour,
48:33un volume qui est tombé
48:33pendant la crise
48:34à environ 500 millions
48:36de litres quotidiens.
48:38L'arrivée,
48:38quelques mois plus tard,
48:40des pluies
48:40a permis finalement
48:41un retour progressif
48:42à la normale.
48:43La ville du Cap
48:43a évité le fameux
48:45jour zéro,
48:46mais si les habitants
48:47le savent,
48:47cette menace,
48:48elle existe toujours aujourd'hui.
48:49Bien sûr,
48:49elle existe toujours.
48:50Alors diviser la consommation
48:51d'eau des Français
48:52par trois,
48:53comme pour les Sud-Africains,
48:54est-ce que ça pourrait
48:56nous arriver ?
48:58Il y a plein d'initiatives.
48:59Est-ce qu'il faut
49:01s'en inspirer ou pas,
49:02Christophe Maury ?
49:03Je pense qu'il faut
49:04incontestablement
49:04aller vers de la sobriété.
49:06Donc quand on peut
49:07éviter de consommer,
49:08la meilleure eau,
49:09c'est celle qu'on ne consomme pas,
49:11par définition.
49:11Mais sauf qu'on est
49:12tellement habitués
49:13à ouvrir un robinet
49:14et ça coule tout seul,
49:15qu'il n'y a aucune raison
49:16finalement que chacun
49:18d'entre nous se régule.
49:19Est-ce qu'il faut prendre
49:19une douche deux fois
49:20moins longue le matin ?
49:22Pas moins de douche.
49:24Pas moins de douche.
49:25Non, mais on en revient
49:26en termes de consommation
49:28au potentiel
49:29qu'on a sur le territoire.
49:30On a du potentiel
49:31sur le territoire.
49:32Encore faut-il pouvoir
49:32le stocker.
49:33C'est une question
49:33de disponibilité
49:35au bon moment,
49:35au bon instant.
49:37Donc,
49:39c'est toute une histoire
49:40de stockage,
49:41mais une fois de plus,
49:43je dis,
49:43c'est la nature,
49:44laissons la nature
49:45faire le travail.
49:46Favorisons la nature.
49:48Je pense que même
49:49l'eau,
49:49elle est à la croisée
49:52des chemins,
49:52à la confluence,
49:53je dirais,
49:53sans mauvais jeu de mots,
49:54de trois crises.
49:55Vous avez la crise du climat,
49:57la crise du vivant
49:58et évidemment,
50:00la crise démocratique
50:01qui pointe.
50:03Donc,
50:03si on veut résoudre
50:05ce type de crise,
50:07il faut retisser du lien
50:09entre la nature,
50:11l'homme,
50:12le citoyen
50:12et j'allais dire
50:13intercaler les territoires
50:14et les territoires
50:15les plus proches possibles
50:16en termes de gestion.
50:17Avant de conclure
50:17cette émission,
50:18je vous propose
50:19un retour dans le passé.
50:21Regardez,
50:21nous sommes en 1965.
50:24Voici ce qu'on proposait
50:25à l'époque.
50:26Alors que la Terre
50:27est en train de se parsemer
50:28de réservoirs à ciel ouvert,
50:29il n'est pas interdit
50:30de penser que l'homme
50:31saura un jour
50:32faire pleuvoir
50:33là où il le voudra.
50:34Au-dessus de ses réservoirs,
50:36par exemple.
50:37Et pourquoi pas
50:37en fabriquant lui-même
50:39son cumulus.
50:40N'est-ce pas
50:40ce qu'a réussi en 1961
50:42sur le plateau
50:43de l'Anne-Mesan,
50:44un Français,
50:44le professeur De Sainz,
50:45à l'aide d'une centaine
50:46de brûleurs
50:47et de trois tonnes
50:48de gasoil ?
50:49Vous disiez,
50:50Cécile Kukerman
50:51en off,
50:51autre époque,
50:52mais on parlait déjà
50:54de pénurie.
50:55Les solutions proposées
50:57ne sont pas très souhaitables.
50:59Ça fait un peu relativiser
51:00tout ce qu'on vient de dire.
51:02Mais eux,
51:03ce serait trompé.
51:04Et nous,
51:05aujourd'hui,
51:05nous aurions raison
51:06pour 2050 ?
51:07Ouh là !
51:08Alors moi,
51:08je n'ai pas raison
51:09et je reste très humble
51:10sur un sujet
51:11d'un climat
51:12qui, comme il se dérègle,
51:14nous n'avons que les règles
51:15de l'été
51:16que nous venons de connaître
51:17et nous ne connaissons pas
51:18ce qui est demain.
51:19L'exemple d'Afrique du Sud
51:20est intéressant.
51:21Il demande des efforts individuels
51:23tout en faisant des travaux
51:25et des infrastructures collectives.
51:26On peut réduire
51:27notre consommation.
51:28Mais vous savez,
51:29moi,
51:29je me résigne,
51:30en tout cas,
51:31à annoncer aujourd'hui,
51:32à chacun de faire un effort
51:33et la collectif
51:35n'en ferait pas.
51:36On a besoin
51:37d'avancer ensemble.
51:38Et je le redis,
51:38oui,
51:40sachons réduire les usages.
51:41Mais pour réduire les usages,
51:43il nous faut
51:44un débat démocratique.
51:46Il faut que nous puissions
51:47mettre autour de la table
51:48les différents acteurs,
51:50les différents usagers de l'eau.
51:52Dans les usagers de l'eau,
51:52il y a vous, moi,
51:54les citoyens,
51:56il y a les différents acteurs
51:57économiques
51:57que nous avons évoqués,
51:58etc.
52:00Et définissons ensemble.
52:02C'est exigeant,
52:03c'est compliqué,
52:03mais on ne va pas
52:05se taper dessus
52:06pour l'eau demain.
52:08Donc,
52:09c'est un défi,
52:10relevons-le
52:11et créons les conditions
52:13pour que 2050
52:16soit certes,
52:17peut-être,
52:17un peu moins humide
52:18que ce qu'il y a eu
52:20en 1950,
52:21mais en tout cas,
52:22nous permettent
52:22de continuer
52:23de bien vivre ensemble
52:24sur notre planète.
52:25Christophe Maurice,
52:26c'est le mot de la fin.
52:26L'eau sera un révélateur,
52:28positif ou négatif,
52:29de la réconciliation
52:31entre le climat,
52:32l'homme et la nature.
52:33Merci à tous
52:34d'avoir été avec nous
52:36dans Agenda 2050.
52:37Merci à vous
52:38de nous avoir accueillis
52:39chez vous.
52:40Vous pouvez nous retrouver
52:41en replay
52:42sur publicsena.fr
52:43et sur nos réseaux sociaux.
52:45Quant à moi,
52:46je vous donne rendez-vous
52:46avec Éric dans le futur,
52:48c'est-à-dire dans un mois.
52:49On vous emmènera
52:50dans la ville de demain.
52:52Merci à vous
52:52d'avoir été avec nous.
52:53à bientôt.
53:16Sous-titrage Société Radio-Canada
53:18Agenda 2050
53:20vous a été présenté
53:22par la Banque des Territoires.
53:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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