00:00La porte-parole de l'Union étudiante, Sabrine Carbach, bonsoir.
00:03On a l'impression que ce blocage des lycées a tourné aujourd'hui aux émeutes urbaines.
00:08Est-ce que c'est un mouvement qui est hors de contrôle désormais ?
00:12Premièrement, on aimerait dire qu'on se réjouit du nombre de lycées et du nombre de facultés qui ont été
00:18bloquées aujourd'hui.
00:20C'est le début d'un mouvement lycéen et étudiant large qui n'a rien été...
00:24Globalement, ça fait quoi à peu près ?
00:25C'est beaucoup plus que, par exemple, le CPE, la dernière réforme des retraites.
00:29Il y a 3700 lycées, savoir combien sont bloqués, puisque vous réjouissez ?
00:32Vous avez 700 lycées bloqués et à peu près 40 universités, centres universitaires qui ont été bloqués.
00:39Pour comparer, par rapport à 2023, la réforme des retraites, c'est de 7 universités qui étaient bloquées à la
00:46première vague.
00:46Donc on a 20% des lycées à peu près.
00:49Exactement. Aujourd'hui, c'est un appel qui a pris écho, qui a rencontré écho auprès des étudiants et des
00:54lycéens.
00:54On s'en réjouit, puisque ça montre que la colère des étudiants et des étudiantes, des lycéens et des lycéennes,
01:00elle est réelle et elle ne va pas s'arrêter pour autant.
01:04Mais d'accord, il y a une mobilisation, mais il y a aussi beaucoup de violence.
01:07Un lycée brûlé à Nantes, on va y revenir dans un instant.
01:10Des établissements dégradés, des professeurs agressés, des pompiers, des policiers également touchés.
01:17Je repose ma question, est-ce que ce mouvement n'est pas hors de contrôle ?
01:21Ce qu'on dit, c'est que la violence, en réalité, n'est pas celle des jeunes.
01:24Elle est celle de, malheureusement, la police qui agresse les étudiants.
01:28C'est la police qui a mis le feu au lycée de Nantes ?
01:29En tout cas, les cas qu'on nous montre, ce sont des cas de...
01:33Vous nous citez à chaque fois, ça a été le cas ce matin, on a fait un plateau, on nous
01:37cite des faits divers.
01:38Mais j'aimerais bien faire la liste des violences policières qu'il y a eu ces deux jours.
01:42Donc il y a eu le lycée du Val-d'Oise, où un étudiant a eu les dents cassées suite
01:46à un tir de lance-grenade dans la mâchoire.
01:49À Tours, hier, un lycéen a reçu un tir de LBD dans l'œil.
01:52À Saint-Ouen, un tir de grenade lacrymo à bout portant dans la tête.
01:56La liste est longue, je peux continuer encore comme ça pendant un moment.
02:00C'est hier, plus de 1065 arrestations qui ont été...
02:03D'accord, et pourquoi les policiers tirent, à votre avis ?
02:05Parce qu'ils ne savent pas réagir autrement que par la violence face à des étudiants en colère,
02:09face à des lycéens en colère qui veulent faire entendre leurs revendications,
02:12qui après des années et des années de mépris de la part de ce gouvernement...
02:15Mais quand il y a une dégradation des lycées, quand on agresse des professeurs du personnel éducatif,
02:21comment on doit réagir ? On doit laisser faire ?
02:23Non, non, évidemment, nous on n'appelle pas la jeunesse à la violence.
02:26C'est parce qu'on dit, en contraire, on ne veut pas donner...
02:28Est-ce que vous condamnez par exemple à Nantes, le lycée qui est incendie, vous le condamnez ?
02:32Non, on ne veut pas donner les billes à nos ennemis pour nous taper dessus.
02:36Qui sont vos ennemis ?
02:37Ceux qui sont au pouvoir actuellement, qui sont les responsables de cette politique de casse des services publics...
02:43Ce sont des ennemis ?
02:44Je pense à Macron et ses gouvernements, en tout cas des ennemis.
02:45Donc si vous dénoncez le fait qu'on a mis le feu à lycée, vous faites le jeu de vos
02:49ennemis, c'est ce que vous dites ?
02:50Non. Je dis qu'il y a une violence qui est faite de la part de l'État et de
02:54la police,
02:55et en réaction, il y a de la colère de la part des lycéens, des lycéennes, des étudiants, des étudiants.
02:58Donc c'est la violence par la violence ?
03:00C'est une violence, c'est une colère qui est légitime, c'est une violence qu'on ne veut pas.
03:06Et que vous ne dénoncez pas ?
03:08Qu'on ne veut pas. On n'appelle pas les jeunes et les étudiants...
03:10Oui, mais vous ne dénoncez pas celle qui s'est manifestée aujourd'hui ?
03:13On attend surtout que la police et que l'État rendent compte des violences qu'ont subi les étudiants et
03:20les lycéens.
03:20On parle quand même de personnes qui ont été éborgnées.
03:22Chaque jour, des jeunes de quartier populaire, chaque jour, des jeunes noirs et arabes de ce pays se font tabasser,
03:29se font tuer.
03:30On a une police chaque jour ?
03:31Oui, une police. En tout cas, un gouvernement qui permet une attaque, une guerre sociale et raciste.
03:37La police mène une guerre sociale et raciste ?
03:39L'État mène une guerre sociale et raciste.
03:40Et la police et son bras armé.
03:42Oui, c'est vrai.