- il y a 3 jours
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- #surf
- #photographie
- #hawai
- #sport
Du skate hardcore aux vagues d’Hawaï, découvrez le parcours fou d’Arto Saari : chutes, blessures, amitiés et renaissance derrière l’objectif. Une histoire inspirante sur l’art de suivre sa passion, même quand la vie change de direction. Lancez la vidéo et embarquez avec lui !
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#Skate #Surf #Photographie #Hawaï #Sport
👉 Cette chaîne est réalisée en collaboration avec https://www.youtube.com/@vice et localisée dans votre langue par https://www.linguana.com
0:00 - Le skate, entre passion et blessures
1:55 - L’ascension d’Arto dans le skate
7:16 - Gloire, blessures et fin de carrière
16:55 - Arto découvre la photographie
26:02 - Deuil, famille et départ pour Hawaï
35:10 - Nouvelle vie, surf et photographie
44:36 - Reconnaissance et renaissance artistique
Nous sommes désormais disponibles sur Spotify ! Écoutez maintenant https://open.spotify.com/show/033mOFz0OcW8BG61FSClpE
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SportTranscription
00:00Ok.
00:04Ok.
00:08Je veux dire pour résumer,
00:12le skate m'a énormément apporté.
00:15Mais il a vraiment fallu me tuer.
00:17Et ça, plusieurs fois, dès le début.
00:25Artho est un fonceur.
00:27Certains des plus grands le sont.
00:29Genre, il est venu de Finlande pour
00:34faire ça.
00:41Et ça l'a détruit.
00:43Ça détruit son corps si rapidement.
00:51Je veux dire, il se blessait pas mal à l'époque.
00:54Il partait en voyage.
00:58Et il se blessait peut-être, ou alors il l'était déjà.
01:01Et donc je pense qu'on en est tous arrivés là.
01:04Quand tu peux réussir absolument tout, tu vois, tout ce qui te passe par la tête sur un skate,
01:09avec une grande facilité, et puis d'un coup peut-être à cause des blessures, et bien ton
01:13corps ne te laisse plus faire tout ça.
01:14Ça peut vraiment être très dur, mentalement.
01:22Il a vraiment lutté avec le skate, ce qui arrive à beaucoup de pros quand ils approchent de la fin
01:29de leur carrière.
01:32Tu vois, il pouvait plus tenter de leapslide sur un rail de 13 mètres, peu importe son audace et la
01:38folie de ce qu'il faisait.
01:40Il ne pouvait plus se surpasser à ce point.
01:43Pendant longtemps, je me suis dit que ce mec voulait mourir.
01:45Genre, c'était flippant, tu vois.
01:47Et je crois qu'il est en train de dépasser ça.
01:49Tu sais, je pense qu'il aime flirter avec la limite, c'est sûr, et je crois que c'est
01:52aussi pour ça que les surfers adorent Artho en retour.
01:54Tout le monde apprécie et connaît Artho.
01:57Il n'a pas peur d'être photographe.
02:00Et il ne craint pas d'aller vers les gens.
02:02Il fonce, tout simplement.
02:05Et c'est comme ça qu'il faisait du skate.
02:09J'ai l'impression que Artho est très bien accueilli ici, tout simplement grâce à son amour pour les gens
02:16et la communauté en général, sans qu'il semble avoir d'arrière-pensée.
02:20Il était simplement là et trouvait intéressant ce qu'on fait sur les îles.
02:24Ça le passionnait. Et il trouvait que c'était une belle histoire à raconter à travers son moyen d'expression
02:29actuelle, la photo.
02:47J'ai emménagé à Ventura il y a environ 5 ans.
02:50Et depuis, j'avais repéré cet endroit parce qu'il est à moitié vide, à moitié occupé.
02:54Je me suis dit que je pourrais fabriquer un truc ici en utilisant ce qui s'y trouvait déjà.
02:59Ce banc, par exemple, était déjà là.
03:01J'ai juste ajouté des pavés sur le côté pour en faire un genre de Wally to Bench.
03:05Guy Mariano a déposé ça hier et je l'ai scellé dans le sol hier.
03:09Et je me suis dit, bordel, ça pourrait vraiment marcher.
03:15Regarde, regarde ça. C'est du travail de pro.
03:18Si je m'y connais un peu, je pense que ça va rendre super bien.
03:23J'ai deux de ces gros blocs.
03:36Youpi !
03:37Ouais, c'est parfait. On en a un.
03:40Regarde dans le viseur pour voir de plus près.
03:43Mec, cet endroit a l'air cool avec tous ses piliers.
03:46Et les arbres, une tuerie.
03:49Et j'aime bien celui-là.
03:49Comment j'ai rencontré Artho ?
03:51Je pense que c'était en 2003, 2004, peut-être 2002, vers ces années-là.
03:56L'histoire qu'il m'a raconté, c'est qu'il venait d'arriver à Californie.
03:59Il parlait pas anglais. Il est genre allé à un contest.
04:02Et puis, sans créer gare, il est parti directement.
04:05Tu sais, il a quitté sa ville pour Helsinki.
04:07Il est allé à un contest dont je crois me souvenir.
04:09C'était l'un de ces contests, genre quatre en un, qu'ils organisaient tout le temps en Europe.
04:13Et il rentrait genre un kickflip actel slide en travers d'un genre de fun box pyramidale.
04:18Il y avait juste trop la classe.
04:24Two street yoga.
04:26Fait chier, je skittais moi aussi avant.
04:34D'accord Stéphane, je suis chaud pour prendre une photo.
04:48Il a fait sensation dès ses premières compétitions.
04:51C'était un vrai tueur en compète, mais évidemment, il avait un style vraiment solide.
05:00Il a été propulsé au sommet assez rapidement en ce qui concerne les sponsors et tout ça.
05:06Et son nom était bizarre, mais pas au point que les Américains ne puissent pas le prononcer.
05:11Il était plutôt réservé. Tu vois ce que je veux dire ?
05:14Il n'était ni sociable, ni exubérant. Il était juste Artaud.
05:18Il était très raffiné, même à cette époque, tu sais.
05:20Ça n'avance pas du tout, bordel de merde, cette pause café fait chier.
05:24Il se démarquait parce qu'il avait un style incroyable.
05:27Et tout le monde se disait, c'était marrant parce qu'il changeait de sponsor.
05:31Genre d'un événement à l'autre, il débarquait à l'un d'eux en ridant pour une marque.
05:35Et au suivant, il se pointait et ridait pour une autre.
05:38Et puis, il est parti s'installer en Californie pour Flip.
05:42Et il vivait à Huntington.
05:43J'adorais sa façon de skater.
05:46Tu vois, son style était putain d'incroyable.
05:49Et rien que ce qu'il faisait, c'était tellement brutal.
06:06F*** !
06:07Artaud, Artaud est un skater exceptionnel.
06:10Genre les gros sets d'escaliers, des trucs jamais faits auparavant,
06:14du super skate de brut, du très haut niveau, le sommet,
06:18du skate super viril et hardcore que personne n'avait jamais fait auparavant.
06:21On ne peut pas vraiment forcer un style, pas vrai ?
06:24Chacun a son propre style.
06:26C'est comme la façon dont bouge ses bras, sa manière de faire les figures.
06:29Et il se trouve qu'il avait énormément de style sur un skate.
06:32Et il était tellement technique aussi.
06:34Il ne se contentait pas d'être imposant en mode brut de décoffrage.
06:38Il était vraiment gracieux.
06:49Les skateurs regardent tous ces trucs.
06:51Ils regardent ses couvertures et ses apparitions dans les magazines.
06:55Et encore une fois, ce mec était tout simplement incroyable.
06:58Et puis je pense aussi qu'il est grand, bien bâti.
07:01C'est un beau gosse.
07:03Il a ce truc bien à lui.
07:05Et je pense qu'il avait vraiment ce pouvoir d'attraction.
07:11Réussir à quitter la Finlande et se faire sponsoriser en Amérique,
07:14c'est vraiment un long chemin à parcourir pour y arriver.
07:17Mais bon, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire,
07:19c'est à la fois une malédiction et une bénédiction.
07:21J'ai l'impression de n'avoir qu'une seule idée en tête.
07:23Dès que je m'y mets, si quelque chose m'intéresse,
07:26tout le reste ne compte tout simplement plus.
07:33C'est parti.
07:35Ouais, ça... ça ressemble bien à ça.
07:39Toute ma vie a vraiment été une grande tournée.
07:41Alors, prendre des photos, ça coulait de source
07:44parce que j'étais entouré de trucs géniaux en permanence, mec.
07:47Partout dans le monde.
07:48Tu sais, partout où j'allais, j'emportais mon appareil photo avec moi.
07:52Oh la vache.
07:54Ouais, on dirait que j'ai fait de l'art.
07:55Mais ce qu'on a là, c'est une putain de tête de chameau.
07:59Et puis là, on a les pyramides.
08:02Tu sais, je faisais juste des essais.
08:03Si vous cherchez la perfection, alors allez vous faire foutre.
08:08Vers 17 ou 18 ans, Artho était déjà en Californie.
08:11Il était déjà sur le devant de la scène.
08:13C'était genre, le nouveau gars chez Flip.
08:15Tout le monde savait qui il était.
08:16Et j'ai reçu un appel impromptu, et c'était Artho.
08:19Et j'étais là, merde, Artho.
08:21Je sais, ouais, bien sûr, ouais.
08:23Et ils voulaient qu'on traîne ensemble et voir ce qu'il se passe.
08:25Peut-être rejoindre Flip ou un truc du genre.
08:28Alors je me suis dit, d'accord.
08:29Et j'y suis gardé, et j'ai skaté avec eux.
08:32Et le courant est tout de suite passé.
08:34Et on était tous, on était tous de purs skateurs à l'époque, mec.
08:37Il n'y avait pas grand chose d'autre dans la vie à part tout déchirer, putain.
08:41Et point barre.
08:53Artho, réveille-toi, réveille-toi, viens, on va skater, mec.
08:56D'accord.
08:59Artho, Artho, réveille-toi.
09:02Viens skater, viens skater.
09:04Enfin, on me crie ça depuis les fenêtres des voitures.
09:06On me le sort partout où je vais.
09:08Je reçois sur Instagram, c'est juste que pour je ne sais quelle raison,
09:12cette réplique est restée gravée dans le cerveau de tout le monde.
09:14Tout était absolument parfait dans cette histoire.
09:17Le spot, la manière dont il l'a fait, le morceau sur lequel il a skater.
09:22Je veux dire, c'est probablement en partie de la faute d'Artho
09:25si tout le monde s'est mis à faire des handwails aussi énormes et tout ça.
09:28Tu vois ce que je veux dire ? C'est dingue.
09:30Au début des années 2000, quand on tournait toutes ces vidéos,
09:35j'étais tellement jeune. J'avais juste la dalle, spot après spot, peu importe où.
09:40Barcelone, SF, LA, envoyez-moi n'importe où tant qu'il a des spots.
09:44C'était tellement excitant.
09:45Genre, c'est dangereux, c'est tous les tricks les plus récents,
09:49tous les plus gros spots.
09:51Les tricks qui pouvaient sortir en compétition,
09:53ils pouvaient sans doute les faire sur les rails les plus connus du sud de la Californie.
09:57C'était tellement excitant d'être avec les gars de Flip
10:00parce qu'on avait l'impression que c'était les meilleurs.
10:04C'est Geoff qui a été élu skateur de l'année en 2000,
10:07et puis Artho en 2001.
10:09Et en 2003, c'était moi.
10:11Ça faisait trois gars de chez Flip en quatre ans environ.
10:15Donc, on assurait un maximum.
10:21Allez.
10:22Montrez-moi.
10:23Mac.
10:24Montrez-moi.
10:25Combien d'essais?
10:26Deux.
10:27Il y a eu différentes générations géniales.
10:29Des âges d'or ou peu importe.
10:32Et elles culminent toujours avec quatre, cinq, peut-être dix mecs
10:36au sommet de leur forme au bon moment et bien au-dessus du lot.
10:41Être capable sans être égocentrique,
10:43mais en sachant au fond d'eux, en regardant les autres de haut,
10:47que personne ne nous arrive à la cheville.
10:49On savait qu'on assurait vraiment un max.
10:51On le savait.
10:52Mais on n'a pas pris la grosse tête pour autant.
10:54C'était juste ça.
10:55Voilà ce qu'on allait faire.
10:56On était tellement déterminés à juste être aussi bon que possible en skate,
11:02à repousser nos limites.
11:04Et l'industrie était géniale.
11:05Et cette époque était la meilleure.
11:07C'était tout simplement ce qu'il y avait de mieux à faire pour nous tous.
11:10Ces mecs étaient des malades.
11:12Ils risquaient leur peau pour une vidéo.
11:19Et il y a eu un gros pic de gros contrats de chaussures,
11:24où ils ont probablement été les premiers groupes à pouvoir carrément y consacrer trois ans,
11:30s'esquinter la santé et changer le monde et changer le skateboard.
11:34Tellement hardcore, ils ont fait ça.
11:37Ce groupe de mecs a fait ça.
11:42Fini.
11:43Fini.
11:44Je peux rentrer maintenant.
11:46S'il vous plaît, rammez-moi chez moi.
11:48Tu risques vraiment ta vie pour deux secondes et demie d'image.
11:53Deux secondes et demie et demie ou trois secondes,
11:56le temps qu'il faut pour plaquer une figure, peu importe.
11:59Ouais, c'est assez génial, si tu veux mon avis.
12:11Je veux dire, avant même de filmer la moindre vidéo,
12:13j'ai été assommé deux fois, je me suis réveillé à l'hôpital
12:15et j'étais sûr qu'on allait me renvoyer chez moi avec un billet d'avion allé simple.
12:18Tu sais, je venais juste de signer avec Flip à l'époque.
12:20Je ne gagnais pas d'argent, pas de contrat.
12:22Et en l'espace d'un mois et demi, j'ai été assommé deux fois.
12:25Je me suis réveillé à l'hôpital et je me suis juste dit
12:28ces gars vont me renvoyer chez moi par le prochain vol, c'est sûr.
12:32Tu vois.
12:32Je regarde mes notes ici et je suis surpris qu'Arto Sahari
12:36ait failli mourir deux fois en faisant ce film pour vous, bande d'ingrats.
12:50Ça y est, je me suis niqué.
12:52Je me suis cassé la cheville.
12:54C'était ça.
12:54Tu en as un orteil ou ta cheville ?
12:56Je ne sais pas.
12:58Les deux me font un mal de chiant.
12:59Genre, c'est juste toute la journée.
13:01Ce truc entier me fait péter un câble.
13:03Bordel.
13:04Bonjour, bonjour.
13:04Je vais me mettre dans ce putain de putain.
13:09C'est cassé Fred.
13:10Ça fait trop mal.
13:11Faut que je mette de la glace dessus.
13:12Je veux dire, il y avait des voyages où ce qu'il tentait était tellement fou que peut-être la
13:17première fois qu'il essayait, il se prenait une chute si violente qu'il se retrouvait.
13:21Il restait dans le van à traîner avec des poches de glace sur tout le corps pendant les cinq jours
13:25suivants.
13:26Ouais, je veux dire, je l'ai vu faire des hubba et des rails géants où je me disais juste,
13:30tu sais, fais gaffe à ce genou, tu vois.
13:32Et lui, c'est juste non, parce que tu vois, dans sa tête, il y est déjà, il peut rentrer
13:36un switch trop flip, tu vois, sur des trucs géants.
13:38Fred, je déteste mon putain de boulot.
13:42En fait, tu sais quoi ? Non.
13:44J'adore mon putain de boulot.
13:46C'est pour ça que je vis.
13:48Merci.
13:49Pour la douleur.
13:50C'est de ça que je me nourris.
13:54Cette putain de frustration.
13:55La douleur, c'est ce qui me pousse à me jeter du haut, des trucs comme ça.
14:00Et voilà ce qui arrive.
14:02Voilà ce qui arrive.
14:04Ouais, j'aurais juste dû rester à la putain d'école.
14:06Tout avait l'air sympa et amusant.
14:08Tu te dis ce sont ces divinités infaillibles.
14:14Mais j'imagine que se cogner la tête autant de fois, c'est comme avoir le cerveau qui tape contre
14:21le crâne encore et encore.
14:24Genre.
14:25C'est, tu vois, ça va forcément t'affecter.
14:35Je crois que j'ai subi six opérations en l'espace de sept ans.
14:42Et au final, pour ma dernière part vidéo, je me suis littéralement bousillé le ligament croisé antérieur.
14:48Complètement, pendant les six derniers mois de tournage.
14:59Je me suis dit, d'accord, j'ai fini ma part dans la vidéo.
15:02Je vais aller la refaire.
15:03Et les médecins m'ont dit, eh bien, vous avez 29 ans.
15:06Vous avez déjà subi six opérations.
15:09Votre genou ressemble à du gruyère.
15:12Et il vous faut une prothèse totale du genou.
15:15Et on ne fait pas ça à quiconque de moins de 30 ans.
15:18Alors fichez le camp.
15:20Et moi, genre, c'est tout ?
15:22Et eux, genre, ouais.
15:24Et moi, d'accord, qu'est-ce que je fais ?
15:26Et eux ?
15:28C'est dur.
15:29Je veux dire, le skate, ce qu'il craint là-dedans, c'est que c'est difficile mentalement, c'est
15:34difficile physiquement.
15:36Tu sais, la fin est proche.
15:37Tu vois, la pancarte, le gars avec la pancarte, la fin est proche.
15:41C'est un peu comme si tous les skateurs pro avaient ce gars-là sur l'épaule.
15:45Si tu investis ton énergie dans quelque chose, cette énergie créative, tu peux devenir le meilleur skater.
15:54Mais quand tu ne l'es pas, si tu es blessé, cette énergie peut partir dans la drogue et l
16:00'alcool, putain,
16:01ou dans une carrière de photographe, ou encore dans la musique.
16:05Et j'ai vu Artaud péter un câble, putain.
16:17C'est génial !
16:20Même quand je l'ai connu et qu'il traversait une période difficile, c'était forcément lié à des commotions
16:26cérébrales.
16:26Et j'ai remarqué qu'ils avaient tous des troubles émotionnels au moment de passer de pro à non pro.
16:33Et qu'ils avaient du mal à s'adapter, avec quelques difficultés au passage.
16:37Mais je ne fais que spéculer.
16:38Mais je me disais qu'une partie de tout ça devait forcément être liée aux commotions cérébrales.
16:55J'avais complètement perdu de vue le fait que la skateboard était devenue une industrie absolument gigantesque.
17:00Et puis, tout d'un coup, ce magnifique petit jeune de 19 ans, aux cheveux noirs et ténébreux, a commencé
17:07à débarquer dans notre milieu, dans les clubs de nos amis.
17:09Et enfin, tu vois le genre, qui est ce gamin que je n'arrête pas de croiser ?
17:13Et mon ami Jen m'a dit, c'est Dylan Reader, tu sais, je vais vous présenter.
17:17Il vient à peu près du même coin que toi, tu vois ?
17:19Et Dylan et moi, on est devenus les meilleurs amis du monde.
17:22Dylan a rencontré Mimi, et ensuite j'ai rencontré Mimi par l'intermédiaire de Dylan.
17:26Et puis, Mimi venait de vivre une rupture à cette époque et se disait, il faut que je rencontre quelqu
17:31'un.
17:32Et je lui ai dit, il faut que tu rencontres Artaud.
17:38Et Ablo disait qu'il parlait six langues. Il était là, Artaud est le meilleur.
17:42Tu vois, et le premier soir où je l'ai rencontré, je me rappelle, je lui ai dit, alors comme
17:46ça, t'étais en France, et genre ton genou.
17:49Et j'étais là. Tu sais, Ablo a dit que tu parlais toutes ses langues.
17:52Et lui, tu sais, Artaud était là, c'était un peu un demi-néandertal.
17:54Il était littéralement en train de grogner, et il a juste fait, non.
17:58Et moi, je me suis dit, ce type ne parle pas six langues. Mais bon, c'est pas grave.
18:01Je devais avoir mon premier rendez-vous avec Mimi.
18:03Elle me préparait un repas fait maison.
18:06Elle m'a invité chez elle.
18:08Tu vois, elle m'a dit, hé, je cuisine à la maison, passe donc.
18:10Et j'étais genre, d'accord, je vais juste filmer cette figure, ou peu importe.
18:13Et c'est comme ça qu'on a commencé, tu vois, à sortir ensemble.
18:16Et je me suis dit, un repas fait maison.
18:19Genre, c'est un grand pas, tout ça.
18:21Et la dernière figure que j'essayais de filmer pour la part Alien,
18:25qui a fini par être le clip d'intro,
18:28c'était deux semaines avant l'avant-première.
18:30Grosse gamelle, la tête la première.
18:37J'ai pas été assommé, mais je me suis dit, mon visage était tellement amoché
18:42que je ne voulais pas essayer de le nettoyer moi-même.
18:45J'ai juste conduit jusqu'aux urgences en me disant, est-ce que vous pouvez me nettoyer ça ?
18:49J'ai un rencard.
18:51Un repas fait maison, je dois y aller. Allez, dépêchez-vous.
18:54Ils ont pris un truc à aspiration. Ils étaient là en train d'aspirer mon visage pour enlever tous les
18:58graviers.
18:59Et puis ils m'ont juste rafistolé, recollé. Et j'étais là en mode, hé bébé, j'ai un peu
19:04de retard.
19:04Tu peux le mettre au faux ou un truc du genre, histoire de garder le plat au chaud.
19:09J'arrive. Elle me fait, qu'est-ce qui s'est passé ?
19:11Je réponds, je dois aller me faire réparer le visage. J'arrive tout de suite.
19:18Cette bande de jeunes, vous savez, Stéphane, Arthaud et Dylan, c'était des gamins vraiment spéciaux.
19:23C'était, enfin, je dis des gamins, mais certains sont plus âgés que moi, d'autres plus jeunes.
19:28Et certains ne sont plus parmi nous aujourd'hui.
19:30Ils étaient différents. Nous formions vraiment une bande de potes très soudés plutôt qu'une simple équipe.
19:35Vous voyez, avec des contrats de sponsoring ou quoi que ce soit.
19:37C'était plutôt une vraie bande de potes skaters qui avaient la chance de voyager partout
19:44et de skater ensemble, de traîner, de dîner ensemble, de rigoler et de se charrier.
19:50Et vous savez, c'était juste un super moment. C'était vraiment cool.
19:57L'exposition n'est probablement pas bonne.
20:00La mise au coin est totalement à côté.
20:03Tu te moques de moi.
20:04C'est totalement flou.
20:06Arthaud est pour, genre, 30 000 $ d'appareil.
20:09Il faut que tu saches comment utiliser ce truc.
20:12Qui dit ça?
20:15Ça a l'air plutôt sympa.
20:17Je me rappelle quand il s'est vraiment mis à la photo et on a pris des photos de skate
20:22géniales.
20:23Et les séquences, c'était un gros truc à l'époque.
20:27Il avait toujours un sac plein d'appareils photo.
20:30Genre celui qui prenait les séquences, le putain d'ex, le putain de Hasselblad avec le viseur.
20:35Ce putain de truc carré.
20:37C'est genre les petits poses maîtres.
20:39Genre il faisait tout le temps tout ce bordel.
20:41Et moi, j'étais là.
20:42Oh, c'est marin.
20:43Mais je savais qu'il prenait ça au sérieux.
20:46Et on aurait dit qu'une semaine sur deux, il avait un nouvel appareil photo bizarre.
20:51Le trépied humain.
20:53Toutes mes premières influences en photographie étaient des photographes de skate.
20:57Et j'ai eu de la chance d'avoir été photographié par la plupart d'entre eux.
21:01J'étais donc souvent avec eux.
21:02Et quand j'ai commencé à m'intéresser aux appareils photo, j'ai en gros reçu une formation accélérée de
21:08la part de chacun de ces gars.
21:10Il me disait, ouais, ça, ça sert à ça.
21:12Et c'est tel kit de pellicule.
21:14Cet appareil se déclenche comme ça.
21:15Qu'est-ce que t'en penses Fred ?
21:175, 6, 5, 6.
21:18Mais la plupart du temps, j'étais juste en tournée de skate.
21:21Et j'ai simplement développé une passion assez démesurée pour les appareils photo.
21:26Donc partout où j'allais, je passais dans un magasin photo et j'achetais un nouvel appareil pendant le voyage.
21:30Et après, je me disais, bon, comment je veux bien pouvoir caser ça dans mon sac ?
21:33Je me souviens que ça semblait même un peu bizarre, non ?
21:35Parce qu'il avait tous ses potes qui étaient d'incroyables photographes.
21:37Il faisait déjà ça.
21:38Et Artho, c'était le talent.
21:39Et puis, Artho a commencé à vouloir s'y mettre aussi.
21:41Je me souviens m'être dit, c'est bizarre.
21:44Tu vois, il y avait comme une petite tension dans l'air.
21:46J'ai toujours ressenti ça.
21:47Parce que c'est genre, tu ne peux pas tout faire.
21:48Tu vois, tu ne peux pas être skater et maintenant te mettre à shooter.
21:51Et maintenant, tu ne peux plus...
21:52Enfin, je me souviens avoir ressenti ça.
21:54Et je me souviens qu'il se sentait, je pense, un peu comme ça, un peu jugé.
21:58Et qu'on lui opposait un peu de résistance.
21:59Et c'était le cas.
22:00Genre, wow, tu ne peux pas simplement faire tout et n'importe quoi, tu vois.
22:04Mais Artho est ce genre de personne.
22:06Genre, il est vraiment comme ça.
22:08S'il se met quelque chose en tête, il a du mal et refuse vraiment de reculer.
22:13Il avait...
22:14Il était le meilleur genre de photographe amateur.
22:18Dans le sens où il ne s'inquiétait pas de montrer ses trucs aux gens,
22:21d'essayer ou d'être dans le chien, il n'avait aucun déblocage qu'ont les gens ordinaires.
22:27Et il avait un tel enthousiasme pour ça qu'on se disait simplement, bien sûr.
22:32Alors, on a développé, genre...
22:34C'était probablement quelques-unes des toutes premières pellicules qu'il ait prises.
22:44Rien que ses sujets, ses compositions et les choses qu'il voyait,
22:48voit avec son œil parce que tout est là-dedans et dans le cerveau.
22:51Genre, on peut donner un appareil photo à n'importe qui,
22:54mais tout le monde ne sait pas regarder.
22:56Et il a un regard vraiment magique et particulier.
23:00J'ai toujours été intéressé par la photo.
23:01J'ai commencé à voyager avec mes potes et aller dans tous ces endroits incroyables.
23:05Je me suis dit, achète un appareil compact, prends juste des photos de tout ça.
23:09Genre, je ne sais pas pourquoi, prends-en, c'est tout.
23:12Même si je ne pensais pas vraiment à la composition à l'époque ou quoi que ce soit,
23:15mais j'avais le pressentiment que je savais que certains de ces moments allaient être uniques.
23:20La toute première fois que j'ai vu Artho en vrai,
23:23quelqu'un d'autre skateait et il prenait en photo cette personne en train de faire une figure.
23:27Et lui était assis là, avec un appareil photo, en train de prendre la photo de skate.
23:31D'habitude, les pros, quand quelqu'un d'autre essaie une figure,
23:34ils sont plutôt du genre à fumer des clopes ou à picoler dans leur coin.
23:37Mais Artho était juste en mode, ouais, je vais prendre la photo ou filmer la vidéo.
23:42Et donc, il a toujours été passionné par la photo et le côté production.
23:48Il n'avait rien d'autre de prévu.
23:49La photo, c'était vraiment ce que je voulais faire.
23:52Et ensuite, j'ai été mis en contact avec Michael Muller.
23:55Et il m'a dit, en gros, pourquoi tu ne viendrais pas faire l'assistance sur le plateau
23:59et voir un peu à quoi ça ressemble ?
24:01Il a juste enroulé des câbles et tout ça.
24:03Et rien que sur ces quelques séances photo, j'ai tellement appris.
24:12Il n'est pas venu souvent.
24:13Et je ne voulais pas non plus qu'il vienne souvent.
24:15Parce que voilà le truc.
24:16Tu dois te lancer et le faire toi-même.
24:18Genre, tu vois, puis j'ai deux ou trois trucs et foncez.
24:21Parce que si tu tardes trop, tu te mets à douter.
24:24Enfin, voilà.
24:25Ou alors, tu commences à essayer de photographier comme moi.
24:27Et il n'a pas fait ça.
24:28Il a trouvé son propre créneau, sa propre voix et il s'est lancé.
24:31Mais ouais, tu apprends vraiment à travailler avec les gens.
24:35Quand je pense à Arto, je pense au noir et blanc.
24:38Et si tu connais un peu ces mecs, ils bougent, ils surfent, ils skatent plus vite.
24:42Tu vois, ils font des trucs de ouf.
24:45Et tu prends cet objet en mouvement rapide, cette putain de trajectoire de skate,
24:50et tu as le portrait d'Arto Sarri.
24:53C'est comme ça que je résumerais un peu Arto Sarri.
25:01Tous les skateurs se disent, mec, c'est Arto Sarri qui me shoot.
25:05Ils savent qu'ils maîtrisent son sujet.
25:07Donc, s'ils leur demandent de faire un truc, ils vont le faire.
25:13Et puis, tout d'un coup, on regarde et ces photos sont tout simplement démentes.
25:24Il a l'œil.
25:25Vous voyez, c'est pas juste banal.
25:27C'est très artistique.
25:29C'est pas comme du journalisme.
25:30Ils se contentent pas de capturer ce qui s'est passé ou le trick que quelqu'un a rentré.
25:34En fait, il...
25:35Vous voyez, il le sublime.
25:36C'est devenu une véritable œuvre d'art.
25:38On pourrait en avoir un tirage géant.
25:40Et les gens se diraient juste, waouh, quelle magnifique photo.
26:01J'ai scaté donc avec Dylan et Stéphane.
26:03Et on venait d'avoir cette incroyable session au coucher du soleil.
26:06J'ai alors appelé Lance et il m'a dit,
26:08« Hé, je crois que je veux construire un pool. »
26:13La mini rampe, ça ne me dit plus rien.
26:14Je pensais en construire une.
26:16Genre, qu'est-ce que je devrais faire ?
26:17Je veux construire un pool.
26:18Et il me répond, je serai là demain à 9h du matin.
26:21Quand il a construit son pool, il était si petit, si doux et si parfait
26:25qu'il surpassait la plupart des pools de skateparks.
26:27Parce que les gens ne comprennent même pas comment fonctionne un pool.
26:30C'est un truc qui bouge et qui change constamment.
26:32Et il a été construit comme ça.
26:33Il est arrivé le lendemain et on a juste gribouillé sur des serviettes,
26:37genre, d'accord, cette forme-ci, cette forme-là.
26:39Et on regardait mon jardin.
26:40Genre, le garage fait à peu près cette taille.
26:42Il y a un pamplemoussier, un avocatier, un ficus.
26:45Il m'a dit, je ne veux pas toucher aux arbres.
26:48Qu'est-ce qu'on peut faire ?
26:49D'accord, réduisons le garage d'un tiers.
26:52Alors, on a juste scié le mur et on l'a reculé.
26:55On en a enlevé un tiers pour ne pas avoir à toucher aux arbres.
26:58Et puis, on s'est dit, eh bien, ce sera une forme de haricot orienté à gauche.
27:03C'est ce qui rentre dans cet espace.
27:04C'est comme ça qu'il est devenu une forme de haricot orienté à gauche.
27:07Enfin, aujourd'hui encore, des gens me contactent.
27:10Eh, t'as les plans de ce pool ? On aimerait en faire des répliques.
27:12Et des gens ont fait des répliques de ce pool partout dans le monde.
27:16Au début, quand le pool a été construit, je skaitais beaucoup dedans.
27:20Et puis, c'est devenu une sorte de studio photo à ciel ouvert pour moi.
27:23Et j'ai juste plongé de plus en plus dans la photo.
27:27Et je prenais plus de plaisir à photographier les gens qui skataient
27:30que à faire du skate en soi.
27:40Ce bowl est devenu un tel lieu de rencontre, tu vois, pour tellement de choses.
27:46Donc, ça a clairement été, je dirais, la passerelle pour shooter encore et toujours plus.
27:51Un appareil photo à la main, il a dit, il est rentré et a dit,
27:55j'ai ressenti à nouveau cette sensation.
27:57Genre, quand j'ai réussi cette photo, j'ai retrouvé cette sensation que j'avais
28:00quand je réussissais une figure.
28:03Ça me rend un peu triste.
28:05Et je me suis dit, j'espère que c'est vrai ce qu'il dit.
28:08Parce que parfois aussi, genre, il y a tendance à se raconter des histoires.
28:12Et ce qui est parfois une bonne chose, genre, parfois tu dois te raconter des choses,
28:17c'est pas ce que je veux dire, pour y croire vraiment.
28:19Et je me souviens m'être dit au fond de moi, genre, j'espère que c'est vraiment vrai,
28:22parce que je savais en quelque sorte que rien ne pourrait vraiment rivaliser avec la vie qu'il avait eue.
28:37C'est quand Dylan, Artho, avait sa maison avec le pool.
28:41Dylan était toujours là.
28:42Et encore une fois, ils étaient comme grands frères et petits frères.
28:51Ils se tiraient vraiment vers le haut.
28:53Ils n'ont jamais eu ce truc négatif de se tirer dans les pattes.
28:58Genre, tu vois Artho porter les chaussures de Dylan et tout ce genre de choses.
29:01Et tu te dis, bon, ça lui va pas vraiment, tu vois.
29:04Et Artho portait parfois des tenues bizarres.
29:07Et Dylan lui disait, mec, tu peux pas porter ça, tu vois.
29:09Tu dois arrêter de retrousser ton putain de pantalon et toutes ces conneries.
29:14Et ouais, c'était plutôt cool.
29:22Je suis tombée enceinte et j'attendais un garçon.
29:25Et je ne veux pas commencer à pleurer, mais Dylan était mort.
29:33Et j'ai juste dit, genre, si tu...
29:38Je savais que tu n'allais pas vivre, genre, où est-ce qu'on vit? Qu'est-ce qu'on
29:42fait?
29:42Enfin, qu'est-ce qui compte, tu vois?
29:44Alors, la mort de Day a joué un grand rôle dans la naissance de Ragnar.
29:52Et dans notre départ de LA, c'est certain.
29:58Je veux dire, je suis ravi qu'il ait pu voir le monde
30:01et qu'il ait accompli tant de choses durant ces quelques années passées parmi nous.
30:05Franchement, il a fait beaucoup.
30:07Et évidemment, je veux dire, on peut encore constater l'impact de ce qu'il a fait dans le skateboard,
30:12l'impact qu'il a eu sur les gens, tu vois.
30:15Et je n'aurais même jamais rencontré Mini sans Dylan.
30:18En fait, c'est comme ça qu'on s'est rencontrés grâce à lui, tu vois.
30:23Alors, je n'aurais pas cette famille.
30:25Je ne serais probablement pas là aujourd'hui sans lui, tu vois.
30:56Sous-titrage Société Radio-Canada
31:08Ce sont de jeunes noix de coco, donc elles devraient être bonnes à boire.
31:12Tiens, attrape.
31:13Je plaisante.
31:14Tu peux...
31:18Tu peux prendre ces deux-là.
31:20Tiens, on peut aller par là.
31:25J'ai l'impression qu'ils se sont juste dit
31:26« On part s'installer à Hawaï, puis on va vendre notre maison. »
31:30Et là, elle est vendue.
31:32« Bon, salut, on part à Hawaï. »
31:34Et après, ils sont juste allés à Hawaï,
31:35et ils ont eu un bébé,
31:37et ils ont construit une maison à partir de zéro.
31:42Ouais, ça vient de notre arbre.
31:46C'est la toute première récolte, les premières noix de coco de notre arbre.
31:50C'est quand même spécial, non ?
31:52On peut partager celle-ci.
31:55Toi et moi, on peut partager.
31:57Voilà.
31:57À demain, s'il te plaît.
31:58Ça glisse.
32:01Rags, comment trouves-tu la vie sur l'île ?
32:05J'avais l'impression de devenir tellement en mauvaise forme et amorphe,
32:09sans pouvoir faire de skate.
32:11Et lors des trois dernières années où j'étais à LA,
32:13je crois que j'ai fait trois séances photos à LA.
32:17Et je me suis dit, tout le reste est un travail qui implique de voyager.
32:20Alors, est-ce que ça a vraiment de l'importance où je vis,
32:23vu tout ce que j'ai fait en trois ans ?
32:25Je n'ai fait que trois séances photos à LA.
32:26Je me dis, je pourrais vivre n'importe où.
32:28Très bien.
32:29Je lui ai dit, bébé, tu veux partir ?
32:31Alors, on y va.
32:42J'ai pensé qu'on venait de faire la plus grosse erreur de notre vie.
32:46C'était tout simplement trop.
32:47C'était bien trop intimidant.
32:49On avait un nouveau-né.
32:50Les coups de fil n'arrêtaient pas.
32:51Artho se faisait lâcher par ses sponsors les uns après les autres.
32:53On a appris que ma mère avait fait un deuxième en WC.
32:56Elle était à Maui.
32:57Artho n'a même pas hésité.
32:58Quand ma mère a fait ce deuxième en WC,
33:00il a tout se dit, d'accord, eh bien, elle vivra avec nous.
33:02Et je me disais, d'accord, tu n'as pas de travail,
33:04je n'ai pas de travail, bref, personne n'a d'emploi.
33:07Qu'est-ce qu'on fait ?
33:07On a cette immense propriété, on a des enfants.
33:09Enfin, qu'est-ce qui se passe ?
33:11Le monde entier était loin de se douter
33:12qu'on allait aussi être confiné à cause d'une pandémie.
33:20Les entreprises ne me mettaient aucune pression.
33:22Vraiment, je n'ai jamais...
33:24Ce n'était pas ça.
33:25C'était plutôt dans ma tête du genre,
33:28OK, je sais de quoi je suis capable,
33:30je sais à quel niveau je devrais skierter,
33:34mais mon corps n'arrive physiquement pas à se fure.
33:37Et j'ai lutté contre ça pendant des années.
33:39Mais ce n'est que lorsque je suis arrivé à Hawaï
33:41et que j'ai commencé à surfer
33:44que j'ai eu l'impression d'avoir enfin pu me libérer de ce sentiment.
33:49Tu sais, j'y étais à 95%.
33:50Mais dès que j'ai pris une planche de surf
33:53et commencer à aller dans l'océan,
33:55j'ai eu l'impression d'être enfin en paix avec moi-même
33:58à l'idée de ne plus pouvoir faire de skate.
34:07C'est parti.
34:47Mimi m'a dit
34:48« Allons fonder une famille à Hawaï. »
34:50J'ai répondu « Ouais, allons-y. »
34:52Et là, je ne faisais que surfer, surfer, surfer.
35:09Quand il s'est installé ici, je me suis dit
35:11« Artho, le skater, on va construire un skatepark. »
35:13« On va skater. »
35:14Et puis, en fait, non.
35:15Il voulait plutôt apprendre à surfer.
35:17Bon, d'accord.
35:18Alors, je l'emmène surfer sur ces spots
35:19qui ne sont pas vraiment ceux où j'ai envie d'aller
35:21parce qu'il n'est pas encore prêt pour ça.
35:23Et je fais ça, tu vois,
35:24j'appelle ça du surf par charité.
35:26Je me disais « Bon, d'accord, je vais surfer avec lui »
35:28par charité, tu vois,
35:29parce que je fais ça pour les gens,
35:31les débutants qui veulent surfer ou autre.
35:33Mais le côté skate est un peu passé à la trappe.
35:36Et puis, c'était du genre,
35:37on construisait sa maison,
35:38mais lui était à fond, en plein mode construction.
35:46Alors, quand j'ai vu ce qu'il faisait,
35:48j'ai regardé son terrain.
35:49Il y avait un vieux bâtiment existant
35:50qui comptait rénover.
35:52Ensuite, il allait construire une nouvelle maison.
35:54Je me suis dit « Hey, ce gars a sûrement besoin d'aide. »
35:57Et je ne sais pas s'il a beaucoup d'amis par ici,
35:59mais je le connais et je serai son ami.
36:02Alors, l'aide est venue petit à petit.
36:06Genre, je venais et je voyais des progrès.
36:09Genre, d'un coup, il y avait des plantes
36:10tout autour de la propriété,
36:11puis je me disais « Quand est-ce qu'il a fait ça? »
36:14Genre, comment? Combien de temps ça a pris?
36:16Tu vois, et on dirait qu'avec lui,
36:18il a juste, il se met un truc en tête
36:20et il fonce, tout simplement.
36:22Quand il s'enthousiasme pour quelque chose,
36:24quand quelque chose le passionne,
36:25ça va se faire et ça va se faire maintenant.
36:28Et si tu lui parles, il la mettra volontiers.
36:31Genre, quand il s'est mis à la construction de maison,
36:33il est allé s'acheter un putain de Bobcat.
36:35Genre, le bon modèle, il te faut le bleu, tu vois.
36:38Artho aime toujours ce qu'il y a de mieux.
36:40Il aime, c'est pas un mec branché luxe,
36:42mais il est marrant parce qu'il aime
36:43le meilleur appareil photo.
36:45Il aime ce qu'il y a de mieux.
36:46Tu vois, c'est, tu vois, pour tout,
36:49quand on a construit la maison,
36:50il fallait que ce soit les plus grosses fondations
36:51et la maison la plus solide.
36:52Et c'est vraiment tout lui.
36:54Eh bien, Mimi a toujours plaisanté en disant,
36:55hé, elle parle de ça depuis que je l'ai rencontré.
36:57C'est du genre, installons-nous à Hawaï un jour.
36:59Déménageons à Hawaï un jour.
37:01Et moi, je dis, regarde,
37:02j'ai trouvé cette propriété
37:03avec un truc qui ressemble à des toilettes extérieures dessus.
37:05Tu vas emménager là-bas?
37:06Elle a fait, mais qu'est-ce que t'as fait?
37:08C'est pas le Hawaï dont je rêve.
37:11Genre, elle est furieuse.
37:14Sa femme est enceinte.
37:16Il a donc énormément de pain sur la planche.
37:18Il doit lui construire un endroit
37:19pour vivre avec leur nouveau-né,
37:22sa fille et sa mère.
37:23Donc, en gros, tout ça repose sur ses épaules.
37:26Il n'a jamais rien construit de sa vie.
37:28Il s'est lancé à fond,
37:30a bâti cet endroit
37:31sans aucune expérience en bâtiment.
37:33Et puis, partir vivre
37:35dans un endroit totalement différent
37:37et faire un truc pareil,
37:40c'est de la folie, tu vois,
37:41genre, c'est assez dingue.
37:48J'ai un peu lâché prise en me disant
37:50voilà, où la vie me mène,
37:51je vais simplement suivre le mouvement.
37:53J'avais donc genre deux mois et demi
37:55pour mettre la maison en état
37:58pour qu'elle puisse accoucher.
38:00Et elle a vraiment,
38:01on a fini par faire un accouchement
38:02à domicile ici.
38:03Ragnar est né directement dans la maison.
38:16En Finlande,
38:17ils ne construisent pas
38:17une maison d'habitation sans sauna.
38:19Je crois que le plus chaud
38:21où je sois jamais allé
38:21était à environ 124 degrés Celsius.
38:24Je ne sais pas ce que c'est,
38:25genre, ça fait peut-être
38:26dans les 250, 255 degrés Fahrenheit,
38:29quelque chose comme ça,
38:30ou 240,
38:31un truc du genre.
38:32C'était chaud,
38:34c'est presque comme...
38:36C'est réservé uniquement aux vrais pros.
38:44Il y a quelques règles d'or
38:46pour le sauna.
38:47On n'ouvre jamais la porte
38:48en pleine bouffée de vapeur.
38:50On ne parle ni de religion
38:51ni de politique dans le sauna.
38:53Et on met toujours une louche pleine.
38:59Il a évidemment fait ça toute sa vie.
39:01Il est né,
39:02je ne sais pas s'il vous a dit
39:03qu'il était né dans un sauna,
39:05pour de vrai,
39:06mais s'il y a quoi que ce soit
39:07qui puisse vous aider dans le sauna
39:08avec Arthaud,
39:09il va vous le cacher,
39:10c'est sûr.
39:17Je ne sais pas ce que c'est.
39:19La façon dont il verse l'eau
39:21sur les pierres.
39:23C'est comme si
39:24il est comme le volcan
39:25qui déverse sa lave
39:27sur ses pierres.
39:27Ce qui rend la chose
39:29un milliard de fois plus intense
39:31que n'importe qui d'autre
39:32qui prendrait simplement la louche
39:34pour verser l'eau sur les pierres.
39:35Je ne sais pas ce qu'ils ont fait.
39:37Mais ces gars-là,
39:39là d'où ils viennent,
39:40on ne rigole pas
39:41avec le sauna.
39:42Genre,
39:42je suis prêt à abandonner.
39:44Mes oreilles brûlent.
39:46Alors qu'Arthaud,
39:47il en redemande.
39:48C'est presque comme
39:49s'il ne regardait même plus.
39:51Il faisait juste ça
39:52tout en te parlant normalement.
39:54Et toi,
39:54tu es juste là
39:55à te tenir la tête,
39:57à te cacher les oreilles.
39:59Et il me piège là-dedans.
40:05C'est pratiquement devenu
40:07le sauna public du North Shore.
40:09Tout le monde passe
40:10et s'éclate.
40:11Mais ouais,
40:12le gamin,
40:12mon fils adore le bain de glace.
40:14Le sauna lui importe peu,
40:15mais il adore juste
40:16sauter dedans,
40:18flipper complètement.
40:20Et puis,
40:21il adore la glace.
40:31Les sept premières années
40:33ont été incroyables.
40:34Ella avait 6 ou 7 ans
40:35quand on est arrivé ici.
40:37Alors,
40:37vous savez,
40:38elle devient une adolescente maintenant.
40:39Elle en a donc bien profité.
40:41Ragnar est évidemment né ici.
40:43Mais ensuite,
40:44ce n'est que lorsque
40:45j'ai commencé à rouler
40:46sur la piste cyclable,
40:47à emmener les enfants à l'école,
40:49à aller surfer,
40:50à regarder les vagues.
40:52Genre,
40:52je suis sur la piste cyclable
40:54une quinzaine de fois par jour.
40:55Et j'ai un peu
40:57commencé à voir
40:57ces petits moments
40:58et la lumière
40:59et différentes choses
41:00qui se passaient.
41:01Je me suis dit,
41:02allez,
41:03je vais tenter le coup
41:03et commencer à prendre
41:04quelques photos.
41:10J'adorais n'avoir
41:11qu'un seul appareil
41:12sur moi.
41:13Pas de bouchon d'objectif.
41:15L'appareil
41:15toujours allumé,
41:17prêt à shooter.
41:17Et puis,
41:18j'ai commencé à photographier
41:19tous les locaux,
41:20juste l'action
41:21sur la piste cyclable.
41:22Et ensuite,
41:22j'allais shooter à Pipeline
41:23quand ça envoyait du lourd,
41:24prendre quelques photos
41:25de surf juste pour le plaisir,
41:26sans vraiment savoir
41:28quoi en faire.
41:29J'ai juste
41:30eu l'impression
41:31que je devais commencer
41:32à prendre des photos.
41:33Et tout à coup,
41:34c'est devenu tout ça.
41:40Et j'ai commencé
41:41à faire des petits tirages.
41:42J'aime bien cette photo.
41:43J'ai l'imprimé,
41:44je l'épinglé au mur.
41:45et c'est comme ça
41:46que c'est devenu
41:47le monde de la piste cyclable.
42:00Artho a été très bien accueilli ici
42:02simplement parce que,
42:04selon moi,
42:05le skateboard n'est de toute façon
42:07pas un milieu
42:08où il est facile de s'intégrer.
42:09Il faut faire ses preuves,
42:11vous voyez,
42:12bosser dur
42:12pour gagner le respect.
42:15Et c'est pareil
42:15dans n'importe quelle culture
42:16ou endroit.
42:17Tu fais ce qu'il faut,
42:19tu t'investis,
42:20tu te mets au service des gens
42:21et tu gagnes ce respect
42:23de la bonne façon.
42:25C'est aussi génial
42:26de voir sa perspective originale
42:28et fraîche
42:29dans sa façon
42:29de photographier l'eau,
42:31les surfers
42:31et cette espèce
42:33de culture balnéaire.
42:34Donc,
42:35c'est sympa
42:36d'avoir un regard neuf
42:37sur quelque chose
42:38qu'on a toujours vu.
42:40Mais lui,
42:40il vient de Finlande
42:41et se retrouve
42:42un jour à Hawaï.
42:44C'est vraiment
42:44un regard neuf
42:45sur sa perception
42:46du surf
42:47et de sa culture
42:48à travers son objectif.
42:53Ces photos d'océan
42:55sont juste dingues
42:56pour moi.
42:57C'est comme si
42:58les photos de surf
43:00et de waterman
43:01rencontraient
43:01Game of Thrones.
43:04Genre,
43:04c'est quoi ce truc ?
43:06Genre,
43:06c'est complètement dingue.
43:10Ce qui fait
43:10shooter tout ce délire
43:12sur le North Shore,
43:14tout le truc de surf,
43:15pour moi,
43:16c'est l'équivalent
43:17de ce qu'il faisait
43:18dans le skate.
43:19Genre,
43:19le côté gigantesque
43:21est au même niveau
43:22que le côté hardcore
43:23qu'il y avait
43:23en tant que skater.
43:25Rien de cool
43:25ou de révolutionnaire
43:26n'est jamais venu
43:28en restant prudent.
43:30Tout ce qu'il a été
43:31venait de quelqu'un
43:32qui a pris un risque
43:32et les gens se sont dit
43:34« Wow, c'est cool ! »
43:40Pipeline est l'une des vagues
43:41les plus redoutables au monde,
43:42si ce n'est
43:43la plus dangereuse.
43:44Et elle tue plus de personnes
43:45que n'importe quelle autre vague.
43:47Ce ne sont que des blessures
43:48causées par Pipeline.
43:50C'est un peu tordu
43:50de photographier
43:51ce genre de choses,
43:52mais j'ai l'impression
43:52que ça doit être documenté.
43:56En fin de compte,
43:57en tant que photographe,
43:58j'ai l'impression
43:59qu'une partie de mon...
44:00Ce n'est pas mon travail,
44:01une partie de mon...
44:02Tu vois,
44:03de ton devoir
44:03en tant qu'être humain
44:04est d'utiliser cet outil
44:07pour documenter
44:09le bon,
44:09le mauvais,
44:10tu vois.
44:11Choisir une cause
44:12pour mettre en lumière
44:14quelque chose
44:15qui n'aura peut-être
44:15jamais l'occasion
44:16d'avoir une voix.
44:17Être la voix des sans voix,
44:19tu vois,
44:19être un créateur d'images
44:20pour les personnes
44:21qui ne peuvent pas raconter
44:22leur histoire.
44:22Et c'est en quelque sorte,
44:24je pense,
44:25une éthique
44:25qui, si tu es photographe,
44:26que tu le veuilles ou non
44:27est quelque chose
44:28que tu dois savoir.
44:30Quitter de brader
44:31un tain qu'être humain.
44:36Évidemment,
44:37emmener les enfants
44:38à la plage
44:38comme le jour
44:39où j'emmenais Ragnar
44:40nager avec son copain.
44:41J'allais juste faire
44:41des photos le soir
44:42pendant les deux dernières
44:43heures de la journée
44:44et j'avais mon téléobjectif
44:46avec moi.
44:46En fait,
44:47j'y étais allé
44:47pour photographier
44:48des vagues vides
44:49parce que je savais
44:50que c'était assez gros.
44:51Et puis je vois
44:52ces types surfaient
44:53et je me suis dit
44:53« Waouh, c'est du lourd,
44:54c'est qui ça ? »
44:55Et au bout d'un moment,
44:57j'ai compris
44:57que c'était évidemment John
44:58parce que personne
44:59ne sort ce spot comme lui.
45:00Il dominait complètement
45:01ce mur géant
45:04de 4 à 6 mètres
45:06comme si c'était
45:06un petit quarter pipe.
45:15J'ai pris cette photo
45:16de lui en train de surfer.
45:17On dirait que c'est pris
45:18dans l'eau
45:18mais en fait,
45:19je suis debout
45:19en pleinement de shore break
45:21et je shoot.
45:22C'est pour ça
45:23qu'on a la vague
45:23au premier plan
45:24juste là.
45:25Et puis,
45:25The Surfer's Journal
45:26m'a contacté.
45:26Genre,
45:27« Salut,
45:27on aimerait vraiment voir
45:28la photo que t'as prise
45:29de John.
45:29Tu pourrais nous l'envoyer ? »
45:31et plus de nouvelles
45:32pendant genre 6 mois.
45:33Je me suis dit
45:34« Ils n'ont pas dû la retenir. »
45:38Je suis rentré d'Europe
45:39et j'ai reçu
45:40un carton de magazine
45:41et en fait,
45:42ils l'ont mise en couverture.
45:44Et c'était ma toute première
45:45photo de surf publiée.
45:47Et ils l'ont mise
45:48directement en couverture.
45:49Il y a quelque chose
45:49de vraiment génial
45:51chez quelqu'un
45:51qui a été
45:51de l'autre côté
45:53de l'objectif,
45:54qui arrive à s'identifier
45:55à son sujet.
45:57Vous voyez,
45:59l'appareil
45:59n'est jamais intrusif.
46:01quand il shoot.
46:02Et je lui ai dit
46:02« Mec, tu devrais shooter
46:03des trucs pour nous
46:04avec John. »
46:06Et c'est une caractéristique
46:07déterminante
46:07de l'ADN de notre marque.
46:09Tu vois ?
46:09C'est tout à fait en phase
46:10avec la personnalité de John
46:11et la marque que nous construisons.
46:13Cette photo,
46:14j'ai l'impression
46:15qu'elle m'a aussi
46:16donné confiance en moi
46:17mais qu'elle m'a
46:18comme ouvert
46:19tout un monde ici.
46:20Et cela a mené
46:21à d'autres projets,
46:22des shootings pour des marques,
46:23toutes sortes de choses.
46:24Et maintenant,
46:25ça devient un livre.
46:26Genre, j'ai un livre
46:27qui sort cet automne.
46:28Donc voilà,
46:28j'imagine que je n'ai pas
46:30gaspillé tout ce papier
46:31pour rien.
46:38Photographier les gens d'ici,
46:40photographier le surf
46:41et simplement
46:42photographier la communauté locale.
46:43Ça m'a rendu encore
46:44plus passionné
46:45par la photographie
46:46que jamais.
46:47Tu vois ?
46:47Ça m'a redonné
46:48cette étincelle
46:48et maintenant,
46:49j'ai juste...
46:51C'est juste...
46:52Ça semble tellement juste.
46:53C'est ce que je dois faire.
46:55Je ne sais pas pourquoi.
46:56Je dois juste
46:56faire des photos.
47:07Hawaii est un endroit
47:08très sauvage.
47:09Et je pense que c'est
47:11un peu ce qui l'a attiré ici.
47:13Se reconnecter
47:14avec mer nature,
47:15la terre,
47:16les vagues
47:16et la sauvagerie
47:17de l'océan.
47:18Et il est tellement
47:19en profonde connexion
47:20spirituelle avec tout cela,
47:21vous savez,
47:22parce que c'est vraiment
47:23le même genre de personne.
47:30Vous savez,
47:31l'océan est une force
47:33de guérison
47:35pour beaucoup
47:35d'entre nous autochtones.
47:36Nous y allons
47:37simplement
47:38pour guérir
47:40et pour réfléchir
47:41et méditer
47:42quoi que ce soit
47:43ou même
47:43le mouvement répété
47:44des vagues
47:45qui arrivent
47:46et cette énergie.
47:47et je pense
47:48qu'après
47:48toute une vie
47:49de skateboard
47:50intense
47:51et effrénée,
47:52c'était probablement
47:53l'endroit parfait
47:54pour lui,
47:55pour guérir
47:56de tout ce qui a pu
47:57se passer
47:57au fil de la vie
47:58et des expériences,
47:59pour simplement
48:00trouver un véritable
48:01havre de paix
48:02stoïque
48:03dans son existence,
48:04ce qui lui a
48:05vraiment réussi.
48:10Je suis tellement fier
48:12de ce qu'il fait
48:15et de ce qu'il a accompli.
48:17C'est dingue
48:17le chemin
48:18qu'il a parcouru
48:18quand on sait
48:19d'où il vient
48:19et le nombre
48:20d'obstacles
48:21qu'il a eu
48:21sur sa route,
48:22tu vois.
48:22Mais pour Artaud,
48:24comme n'importe quel obstacle,
48:26il va le franchir,
48:27il va l'apprivoiser,
48:28il va triompher
48:30et le surmonter,
48:31tu vois.
48:32Donc,
48:32je n'ai que du respect
48:33et de l'amour
48:34pour ce mec.
48:39Le fait qu'il arrive
48:40encore à réussir
48:41et à gagner sa vie
48:43après une carrière
48:44de skate
48:45aussi dingue,
48:47je pense que ça témoigne
48:48de ce qu'ils ont
48:49en eux,
48:50ce qui les motive
48:51et ce qui les a poussés
48:52à devenir
48:53de grands skateurs.
48:59Il faut être
48:59un peu psychopathe
49:00pour se mettre
49:00au skate à la base
49:01parce que ça fait mal,
49:02c'est difficile
49:04et le monde entier
49:05et liguer contre toi.
49:07Mais au fil du temps,
49:08j'ai simplement
49:08lâché prise.
49:09Je me suis dit
49:11laisse-toi porter
49:11par le courant.
49:13Suis juste
49:13là où la vie
49:14te mène,
49:15tu vois.
49:17Je veux dire,
49:17même les mauvaises idées
49:18ont l'air bonnes
49:19sur le cours.
49:46Sous-titrage Société Radio-Canada
50:18Sous-titrage Société Radio-Canada
50:29Sous-titrage Société Radio-Canada
50:39Sous-titrage Société Radio-Canada
50:42Sous-titrage Société Radio-Canada
50:44Sous-titrage Société Radio-Canada
50:45Sous-titrage Société Radio-Canada