00:00L'empereur, c'est Johnny, et moi, quand je ne veux pas faire quelque chose, j'invente, je mens.
00:08Aujourd'hui peut-être...
00:23Johnny, qu'est-ce que vous ressentez juste avant le mariage de Michel ?
00:26C'est un moment émouvant, je trouve.
00:27Très bien, je suis content pour lui.
00:29Vous êtes heureux ?
00:30Bien heureux.
00:52Monsieur Michel Sardou, consentez-vous à prendre pour épouse à demain, j'ai perdu ici présent.
00:59Oui.
01:01Anne-Marie Carrier, consentez-vous à prendre pour épouse Michel Sardou qui s'y présente.
01:09J'ai le grand plaisir de vous déclarer unie par les liens du mariage, en conséquence de quoi je vous
01:14autorise à vous en ce moment.
01:17C'est le temps de l'avenir, le temps des copains et de l'aventure.
01:24Quand le temps va et vient, on ne pense à rien, malgré ses blessures.
01:45Marie-toi, mon vieux, Marie-toi, puisque tu l'aimes, puisque tu le dis, puisqu'elle est la moitié de
01:54toi, de ton travail et de ta vie.
01:57Marie-toi, mon vieux, Marie-toi, mais tu ne m'empêcheras pas de penser, je ne suis pas célibataire.
02:05Une fois que la foule t'aura passée, ta femme ne sera pas passagère.
02:10Si je ne veux pas, si tu ne veux pas, si tu ne veux pas, si tu ne veux pas,
02:15ta femme ne t'embête, marie pas.
02:18Si tu préfères ta liberté, c'est pas le moment d'avoir des chaînes un peu fouillées.
02:26Mais ta valise, au revoir, Clara, fais bien la bise à ton tonton, à ta ta ta.
02:35Si tu ne veux pas, si tu ne veux pas, si tu ne veux pas, ta femme ne t'embête,
02:41bonsoir, Clara.
02:45Je ne veux pas la chanter, quand même.
02:47Moi, non, non, non.
02:49C'est son métier, ce n'est pas le mien.
02:51Elle couvre, elle couvre, la maladie d'amour.
02:54Mais moi, je suis un gros d'art.
02:57Je trouve ça formidable, moi, il m'a bluffé.
02:59Je trouve que c'est un formidable comédien.
03:01Il est vraiment un enfant de la balle, donc c'est normal, c'est presque psychanalytique aussi.
03:07Je sais que s'il a acheté un théâtre à Paris et qu'il veut s'en occuper,
03:12c'est parce que c'est quelque chose qui est au fond de lui-même, c'est son truc, il
03:16aime ça, ça se sent.
03:18Qu'est-ce qui te pousse à acheter un théâtre, à t'occuper ?
03:20Écoute, Michel, c'est mon vieux pote, c'est mon vieux pote depuis les années 68, 69.
03:27Toute la musique que j'aime.
03:42Je dis, par exemple, c'est un ami extrêmement fidèle, extrêmement gentil, profondément gentil d'ailleurs.
03:54Ce que les gens peut-être ne savent pas, très intelligent, ce que les gens ignorent, instinctif à mort.
04:04Ils sentent qu'on est mal, ils sentent qu'on est bien, ils disent le mot qu'il faut quand
04:10on n'est pas bien.
04:11Le bleu, ça veut dire que je t'aime
04:16Et que j'ai mal à en crever
04:20Je pleure, mais je chante quand même
04:24C'est ma vieille pour te garder
04:29Tout de la musique que j'aime
04:45Est-ce qu'il y a un moment inoubliable que tu as partagé avec Michel, que tu aimerais nous évoquer
04:57?
04:57Ah oui, nous avons fait la descente en radeau du Colorado, en s'envole.
05:09Bon, c'était une expérience formidable, ça a duré trois jours
05:13Trois jours dans les rapides, bon, c'est vrai que c'est assez impressionnant quand on a jamais fait ça.
05:31Et le soir, on l'accostait sur la rive
05:36Oh, c'est délivrance !
05:42Ça commence !
05:43Ils étaient très angoissés par les bêtes qu'ils pouvaient y avoir dans le Grand Cagnole
05:48Alors je m'apprends toujours, après avoir dîné, parce qu'on dînait au feu de bois
05:53Et puis, on avait des couchettes pour se mettre par terre, dans des sacs de couchage
05:58Et puis je le vois mettre plein de bouteilles, des canettes de bière, de Coca-Cola, tout autour de sa
06:02tête
06:02Je me dis, qu'est-ce qu'il fait ?
06:04Je me dis, on sait jamais, ici il y a des serpents, des trucs, au moins la voix de ton
06:09bras
06:10Et je l'entendrai, je serai averti
06:12Je dis, bon, et puis Sacha Roux qui était avec nous, qui était mon secrétaire à l'époque
06:19De collivance avec moi, pendant toute la nuit on lui a lancé des brindilles sur les boîtes
06:25A chaque fois il se réveille en disant, vous avez pas entendu ? Vous avez pas entendu ? Non quoi
06:29?
06:30Ah, je suis sûr que j'ai entendu quelque chose
06:31Puis il se rendormait en attendant qu'il se rendorme et on recommençait
06:34Le matin il était cassé de fatigue, il avait pas dormi de la nuit
06:38Enfin bon, ça fait partie des petits souvenirs qu'on a ensemble
06:41L'aventure, c'est l'aventure !
06:44Souvent on parle de deux sardous, un qui fait un petit peu la gueule, un petit peu froid, un petit
06:48peu bougon
06:49Et l'autre qui est plus artiste, plus impulsif, tendre et romantique
06:55Moi je pencherais plus vers le côté tendre et romantique
06:58L'idée que les gens se font de nous quand ils ne nous voient qu'à la télévision ou dans
07:02nos spectacles
07:03Il y a une femme avec qui l'heureux qui est merveilleuse ?
07:06Bravo Michel !
07:07Ça fait déjà longtemps
07:12Il reste comme il est surtout
07:15Oui c'est ça, je te promets que je bougerais pas mon grand
07:18Je bougerais pas
07:19Euh, David, ton fils donc ?
07:22Eh ben j'espère...
07:23Charles Azdavour au Palais des Congrès de Paris, production Musarme
07:26C'est parti !