00:00Évidemment le président Macron qui est un chef de parti finalement, le président Macron.
00:04Il ne doit jamais parler de politique intérieure en dehors de France.
00:10Non seulement il parle de politique intérieure, mais il se conduit comme un chef de parti et il dit ce
00:13qu'il faut penser.
00:15Il s'est mis dans la campagne très clairement, alors qu'il avait promis il y a quelques jours à
00:19peine qu'il ne le ferait pas.
00:21Écoutez, la parole d'Emmanuel Macron, souvent Emmanuel Macron varie.
00:26Voilà, on est habitué à cela.
00:29Donc écoutez ce qu'il a dit, parce qu'il a pris comme argent comptant finalement les propos attribués à
00:35Jordan Bardella par Mediapart.
00:37Et lui, il demande une clarification. Écoutons le président de la République.
00:41La lutte contre l'antisémitisme est une des priorités de la République. Je l'ai constamment rappelé.
00:47Les propos qui ont été rapportés sont évidemment gravissimes et inacceptables.
00:52Et ils ne souffrent pas quelques commentaires que ce soit. Ils appellent à la condamnation la plus extrême.
00:57Ce n'est pas la République. Et la deuxième chose, ils impliquent que les responsables clarifient.
01:04Voilà. C'est le rôle des responsables politiques.
01:07Qu'ils clarifient la ligne, les mots et les gens qui sont dans leur parti peuvent prononcer telle chose.
01:15Il y a eu une réponse assez longue d'ailleurs de Jordan Bardella, mais il y a eu une réponse
01:18également assez courte.
01:20Après le 7 octobre 2023, j'ai marché dans les rues de Paris et me suis rendu en Israël.
01:25Pas lui a répondu Jordan Bardella directement à Emmanuel Macron.
01:30Et c'est vrai qu'on est étonné de la prise de parole d'Emmanuel Macron.
01:35D'abord dans la forme, puisque c'est à l'étranger, c'est en Espagne.
01:38Alors qu'a priori, il dit toujours « je n'ai pas l'habitude de commenter la politique étrange française
01:42en dehors de Paris ».
01:43Là, il déroge à cette... Et puis sur le fond également.
01:47Et puis sur le fond, parce que là, il s'exprime par rapport à un article de Mediapart où il
01:53n'y a aucune preuve apportée.
01:55Et pour le moins, en termes de communication, c'est très étonnant.
01:57Et ce matin même, vous parliez de l'ambassadeur d'Israël, Joshua Jarka, qui était sur ce plateau.
02:02Il est interrogé par Romain Desarbres par rapport à cette polémique.
02:06Quelle est la réaction de l'ambassadeur d'Israël ?
02:09C'est-à-dire aucune, pas de réaction, tant qu'il n'y a pas de preuves, pas de faits,
02:13avancés, ce n'est pas à moi de commenter.
02:17Et pour le coup, ça aurait pu être d'autant plus à l'étranger, la réaction d'Emmanuel Macron.
02:22Et il ne l'a pas fait, et on comprend bien pourquoi.
02:25Ce qui est paradoxal dans cette affaire, c'est que Mardella est défendu par les Juifs.
02:30Le ministre israélien contre l'antisémitisme.
02:35Et il est défendu également plutôt par les Français juifs.
02:39Il est attaqué.
02:40Alors le CRIF a une position quand même différente.
02:42Le CRIF, mais bon, traditionnellement, le CRIF peut avoir sur ces sujets-là des positions différentes.
02:48Mais en revanche, il est fortement attaqué par tout l'établissement français.
02:52Oui, ce qui est intéressant, c'est que de quelle clarification le président souhaite-t-il ?
02:59Parce que la clarification, M.Bardella, il l'a donnée.
03:02Son avocat a déposé plainte pour diffamation.
03:04Il n'y a aucun élément, il n'y a aucune preuve.
03:06D'abord, il est présumé innocent, ça c'est le premier point.
03:09Deuxièmement, ils ont porté atteinte à l'honneur et à la considération de M.Bardella,
03:14en lui imputant des faits précis.
03:17C'est la définition de la diffamation.
03:19Et celui-ci a immédiatement clarifié, puisqu'il a dit c'est faux, et je porte plainte.
03:23Donc il ne peut pas quitter votre...
03:24Donc dans ces cas-là, si par exemple, Mediapart n'apporte pas les preuves de ce qu'est le média
03:32avance,
03:33Mediapart est condamné pour diffamation ?
03:36Mediapart va tenter de dire qu'il l'a fait dans l'intérêt général,
03:40qu'il n'y avait pas une intention de nier, que c'était dans son rôle.
03:44Mais le tribunal va quand même demander des éléments,
03:46parce qu'on ne peut pas se contenter de faire un écrit, un article,
03:51en mettant en italique des propos qui auraient été rapportés par une source,
03:55et en disant, moi je veux protéger ma source, donc je ne donne pas d'éléments de preuve,
04:00ce n'est pas suffisant.
04:01Il faut quand même, à un moment donné, apporter l'écrit de ce que l'on prétend.
04:05Donc là, il y a une jurisprudence très claire sur ces sujets-là.
04:08Oui, oui.
04:09Ce qui me semble intéressant, c'est d'essayer de comprendre
04:12pourquoi Emmanuel Macron réagit, parce qu'après tout,
04:14il n'a aucun intérêt à le faire, puisqu'il ne se représente pas,
04:17donc il n'est même pas en campagne.
04:19On sait qu'Emmanuel Macron a à l'esprit, déjà en 2032,
04:22il se murmure auprès de ses conseillers,
04:23qu'il cherche à exister dans les années qui viennent.
04:26Et pour ce faire, non seulement il ne faut pas qu'il ait d'héritier,
04:29aujourd'hui il n'en a pas, parce qu'on sait bien qu'il a désavoué
04:32Gabriel Attal, Édouard Philippe,
04:35et ceux-là s'effondrent dans les sondages.
04:37En tout cas, il n'augmente pas, il stagne.
04:40Gabriel Attal monte légèrement et Édouard Philippe baisse encore.
04:45Non, pas dans le sondage de ce matin.
04:47On peine à voir ce qu'ils ont à proposer,
04:49et ils ne sont pas les héritiers directs d'Emmanuel Macron,
04:52eux aussi veulent assumer une rupture.
04:53Ce qui est intéressant, en revanche, c'est qu'Emmanuel Macron sait
04:56que le Rassemblement National risque de gagner,
04:58et là ce serait un désaveu pour lui,
05:00parce qu'il a depuis toujours dit que c'était son premier ennemi,
05:03et ce serait beaucoup plus difficile pour lui de revenir après.
05:06Écoutons, Édouard Philippe, justement, dont vous disiez,
05:08il y a un sondage ce matin qui est plus positif pour lui.
05:10Oui, il y a un fil du ciel dans le Figaro,
05:12qui est intéressant, parce qu'il intervient après l'affaire Bardella,
05:15quand même.
05:16Marine Le Pen reste très haut dans les sondages,
05:18elle, ça ne bouge pas.
05:20Deuxième, c'est plus Mélenchon,
05:21c'est à nouveau Édouard Philippe qui est un peu en hausse,
05:24et Gabriel Attal, lui, décroche par rapport à Édouard Philippe,
05:27si je dois vous la résumer vraiment à la louche.
05:31– Écoutons, Édouard Philippe sur Jordan Bardella, il s'est exprimé.
05:35– D'abord, il y a une vieille règle que je m'appliquais
05:38quand j'étais Premier ministre,
05:40qui consiste à dire que lorsqu'on représente la France
05:42et qu'on est à l'étranger, on ne commande pas la vie politique intérieure.
05:45Je pense que c'est une bonne règle.
05:47La deuxième chose, c'est que je ne sais pas si M. Bardella a tenu ses propos.
05:50Je ne sais pas si c'est vrai.
05:51Je ne dis pas que c'est faux, je ne sais pas si c'est vrai.
05:53Comme je ne sais pas si c'est vrai, je ne commande pas.
05:55Je me permets de dire que si ces faits sont vrais,
05:59et encore une fois, je ne le sais pas,
06:01s'ils sont vrais, ils sont sérieux, ils sont graves.
06:04Il faudra que M. Bardella s'en explique, il les nie aujourd'hui.
06:07Il faudra qu'il s'en explique et que le casier chéri, il en tire les conséquences.
06:09– Extraordinaire déclaration d'Édouard Philippe.
06:11Il a 100% raison.
06:14C'est-à-dire qu'il dit exactement ce que nous avons dit ici,
06:16ce que j'ai dit hier matin, qu'aucun journaliste ne dit.
06:21Aucun journaliste ne dit ça.
06:22Quasiment, on l'a dit ici, si ces mes propos sont vrais,
06:25effectivement, il renvoie Emmanuel Macron dans son camp,
06:29et ça a un peu plus de force que lorsque c'est un journaliste qui le dit.
06:33Donc il a parfaitement raison, Édouard Philippe.
06:36En fait, tout le monde devrait réagir comme ça.
06:38Et tout le monde devrait dire à Mediapart,
06:40vous êtes gentil Mediapart,
06:42mais vous mettez en France, comment dire,
06:47des accusations extrêmement graves sur un homme
06:49qui peut avoir un destin national,
06:52pour des raisons démocratiques, politiques,
06:54que vous devez apporter vos preuves.
06:56Ou alors, n'en parlez pas.
06:58Mais comme l'État...
07:00Il y a 80% de journalistes...
07:02Mais 95% !
07:04... qui haïssent le Rassemblement national.
07:06Donc là, ça a agi comme l'amour l'État du...
07:09Mais ils foncent, ils foncent !
07:11Oui, mais ce que je veux dire, c'est qu'ils ont tort,
07:13parce que le public, ils disent,
07:15mais qu'est-ce que c'est que ces gens-là ?
07:17En fait, c'est contre-productif.
07:19C'est pour ça qu'Édouard Philippe, il a raison d'être en...
07:22Comment dire ?
07:22Sur cette déclaration, il a raison d'être avec la réalité.
07:27Je me demande si la déclaration de M. Macron
07:29n'a pas deux objectifs.
07:30La première, c'est d'essayer d'un peu faire oublier
07:33qu'il a reconnu l'État terroriste de la Palestine.
07:36Et deuxièmement, d'appuyer sur le champignon,
07:39de voyer que la dédiabolisation du RN est impossible.
07:43La preuve, c'est peut-être M. Bardella.
07:45Non, non, mais excellente déclaration d'Édouard Philippe.
07:49Quand Édouard Philippe dit des choses...
07:51Il va neiger, là, Pascal.
07:52Mais non, mais...
07:56Mais tout le monde...
07:59L'honnêteté intellectuelle, on peut se tromper,
08:01mais on doit être honnête intellectuellement.
08:04Ce qu'il dit est tout à fait vrai.
08:05Tous les journalistes disent ça, mais aucun journalistes ne dit ça.
08:07Est-ce que je peux ajouter quelque chose ?
08:09Oui, mais avançons vite.
08:11Moi, ce qui me...
08:12J'ai lu, bien évidemment, l'article,
08:14et moi, ce qui me surprend, c'est qu'on donne pas les noms,
08:17on donne juste les prénoms avec l'initial du patronyme.
08:22Et ensuite, on dit M. Bardella, dit ça, dit ça, dit ça.
08:27Moi, ce que je voudrais dire, c'est qu'on sait très bien
08:30que dès que Marine Le Pen a pris la présidence du RN,
08:35elle a exclu toutes les personnes
08:37qui avaient des relents d'antisémitisme et qui le proclamaient.
08:40Et que par conséquent, on ne sait pas si les personnes
08:43qui ont déclaré auprès de Mediapart cela
08:46ne sont pas des personnes qui sont instrumentalisées.
08:49Avançons. Mme Aurore Berger a pris la parole également sur ce sujet.
08:51Nous l'écoutons.
08:54Le Rassemblement national est un parti politique
08:57qui est autorisé à exister.
08:59Mais nous, nous avons le devoir de le combattre.
09:01Nous avons le devoir de créer une alternative.
09:04Nous avons le devoir de ne pas laisser comme seul choix aux Français
09:06un choix mortifère entre l'ERN et la France insoumise
09:09dans quelques mois à l'élection présidentielle.
09:11Et ces révélations, si elles venaient à être avérées,
09:13puisqu'il les dément encore une fois,
09:16démontreraient que tout simplement,
09:18le Rassemblement national est intrinsèquement antisémite.
09:20Vous avez un parti passionnément antisémite
09:22qui est à la France insoumise
09:23et un autre qui l'est intrinsèquement
09:24avec le Rassemblement national.
09:26Ce qui est extraordinaire,
09:28Mme Berger, évidemment,
09:29elle a aussi raison de défendre son camp.
09:32Israël ne condamne pas Jordan Bardella.
09:35Ça devrait quand même les interpeller.
09:38Vous avez l'ambassadeur d'Israël
09:42et vous avez le ministre de la Diaspora
09:44qui a apporté son soutien à Jordan Bardella.
09:47Mais ça, c'est le bon sens.
09:48On n'est pas dans le bon sens.
09:49On est dans une campagne électorale
09:50où tous les coups vont être permis.
09:52Tous les coups vont être permis.
09:54J'entends bien.
09:57Mais comprenez que tu traites un parti d'antisémite
10:01alors qu'Israël le défend
10:02et que vous avez même Serge Klarsfeld
10:05qui le défend aussi
10:07sur ce sujet uniquement de l'antisémitisme.
10:09Uniquement sur ce sujet-là.
10:10Donc, il me semble que...
10:13Je ne suis pas sûr que ce soit tout à fait productif
10:15les attaques contre le RN,
10:17les attaques sur ce sujet-là, je le répète,
10:19d'antisémite.