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  • il y a 3 minutes
Ce jeudi 1er octobre, réécoutez en podcast le replay du Monde qui bouge : le parti pris présentée par Mathieu Jolivet.

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00:00Welcome back, c'est ce qu'a lancé Emmanuel Macron hier depuis Madrid, après qu'Andy Burnham a évoqué un
00:05retour du Royaume-Uni dans l'Union Européenne.
00:07Une première pour un chef de gouvernement britannique depuis le Brexit. Alors votre parti pris Mathieu Jolivet, welcome back c
00:13'est bien sympa mais bonjour le casse-tête.
00:15Oui parce que si les Britanniques reviennent un jour, difficile d'imaginer qu'ils retrouvent leur ancien statut et bonjour
00:22le chemin de croix.
00:22Avant le Brexit, Londres s'était construit une Europe à la carte. Pas d'euro, on garde la livre, pas
00:28d'espace Schengen, on garde ses contrôles aux frontières.
00:31Dans la police et la justice, on choisit aussi les textes qui nous arrangeaient. Surtout il y avait le fameux
00:36rabais qu'avait négocié Margaret Thatcher.
00:39Une partie de la contribution britannique au budget européen revenait chaque année à Londres, c'était le fameux I want
00:44my money back.
00:45Ce menu-là, personne sur le continent n'a envie de le resservir. Macron le dit à sa manière, on
00:51ne peut pas prendre dans l'Union ce qui nous arrange et laisser le reste.
00:54D'ailleurs, au sein de l'Union, les opinions publiques suivent. L'an dernier, une majorité de Français, d'Allemands
00:59et d'Espagnols voulaient que les Britanniques reviennent
01:01mais en participant cette fois à toutes les grandes politiques communes. Attention quand même, la monnaie n'est pas le
01:08seul verrou.
01:08Tout nouveau membre promet de l'adopter mais sans date fixe. La Suède a fait cette promesse en 1995 mais
01:15paye toujours en couronne.
01:16Le vrai prix pour Londres, en cas de retour, ce serait vraiment cette fin du rabais.
01:21Sans rabais, le Royaume-Uni redeviendrait l'un des plus gros contributeurs nets du budget européen.
01:27Alors en fait, Andy Burnham ne promet rien, Mathieu. Il n'y a pas qu'une réintégration complète.
01:31Il y a d'autres options à mettre sur la table d'ici au prochain sommet avec l'Union européenne
01:35et c'est en novembre.
01:36Oui, il y a par exemple le modèle norvégien. Londres rejoindrait l'espace économique européen.
01:41Donc retour dans le marché unique avec un gain potentiel estimé à 2 à 3% de PIB selon un
01:47think tank britannique.
01:48Mais pour ça, il faut accepter la libre circulation des Européens.
01:52Autre option, le modèle suisse avec un accès très large au marché européen.
01:55Mais en échange, il faut s'aligner sur certaines règles de Bruxelles et mettre la main à la poche.
02:00Troisième piste, une forme de membre associé, une relation beaucoup plus étroite avec l'Union européenne sans redevenir membre à
02:08part entière.
02:09Un peu comme ce que Bruxelles propose en ce moment au Canada.
02:12Bref, welcome back, mais reste à savoir par quelle porte.
02:14Et puis il y a un autre casse-tête, c'est-à-dire que pour revenir au sein de l
02:17'Union européenne, il faut quand même convaincre les 27 capitales.
02:19Oui, et là-dessus, juridiquement, le traité est très clair.
02:22Un pays sorti repasse par la procédure d'adhésion classique, candidature, unanimité des 27, ratification dans chaque pays.
02:29Et déjà, les tons divergent.
02:31Paris dit welcome back.
02:32La Commission, elle, répond sobrement que c'est au gouvernement britannique de dire quelle sorte de relation il veut.
02:39Surtout Londres, l'Europe que Londres avait quittée en 2016 n'attend pas en renserrer.
02:44Regardez, l'Europe, elle se déchire en ce moment sur son budget.
02:47Elle se déchire sur la dette commune.
02:49Le grand emprunt post-Covid reste une exception.
02:51Elle se déchire sur l'Europe de la défense.
02:54Et sur l'Ukraine, on voit bien qu'un seul veto suffit à tout geler.
02:57Dans une union où l'unanimité reste très difficile à trouver, chaque capital pourrait tenter de négocier ses intérêts avec
03:05Londres.
03:05La pêche pour la France, par exemple.
03:07Bref, 27 feux verts à obtenir.
03:09Vous imaginez le chemin de croix.
03:11On risque aussi d'enflammer le débat en interne avec des Britanniques.
03:15Il reste une fois de plus de se fracturer sur le sujet.
03:17Oui, une majorité de Britanniques veut revenir, selon l'Institut YouGov.
03:21Mais quand on leur précise qu'il faudrait peut-être renoncer aux anciennes exceptions, tout bascule.
03:26Le soutien tombe alors à 36% et le non passe devant.
03:30Quant au parti d'extrême droite Réforme UK, le parti de Nigel Farage, il reste autour de 25% dans
03:35les sondages.
03:35Et il a le vent en poupe.
03:37Le camp eurosceptique n'a pas disparu en Grande-Bretagne, loin de là.
03:41Et alors pourquoi Burnham rouvre-t-il ce dossier maintenant ?
03:44D'abord parce qu'il le peut. Le Labour vient de repasser devant Réforme UK pour la première fois depuis
03:48un an et demi.
03:49Ensuite parce que la croissance britannique reste à tonnes et que Burnham répète que le Brexit a fait plus de
03:54mal que de bien.
03:55Enfin, parce que le monde de 2016, au moment du Brexit, n'existe plus.
04:00À l'époque, Londres pouvait s'éloigner de Bruxelles en comptant sur Washington.
04:04Mais avec l'Amérique transactionnelle, brutale et imprévisible de Donald Trump, ce pari-là, il ne tient plus.
04:11Merci Mathieu Jolivet pour ce parti pris qui est à retrouver bien sûr en podcast et en replay sur l
04:17'application BFM Business.
04:19Merci Mathieu Jolivet pour ce parti pris.
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