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  • il y a 18 minutes
Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée nationale, député du Nord et vice-président du Rassemblement national, balaie les révélations de Mediapart concernant les propos antisémites attribués à Jordan Bardella : "nous considérons que Mediapart est un média revendiqué d'extrême gauche".

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Transcription
00:01France Inter
00:03La grande matinale
00:04Il est 7h49 et c'est à vous Benjamin Duhamel, votre invité et député du Nord et vice-président du
00:10Rassemblement National.
00:11Bonjour Sébastien Chenu.
00:12Bonjour Monsieur.
00:13Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter, près de 48 heures après la publication par Mediapart d
00:17'une enquête attribuant des écrits antisémites à Jordan Bardella datant de 2013.
00:21Je rappelle que le président du RN a démenti formellement, a dénoncé des faux, une barbouserie et a annoncé porter
00:28plainte pour diffamation contre Mediapart.
00:31Il y a quelques instants, le journaliste de Mediapart, Fabrice Arfiche et nos confrères de France Info, promet la chose
00:36suivante.
00:36La suite de nos révélations arrive.
00:39Si aujourd'hui, demain, des documents authentifiés sont publiés par Mediapart, est-ce que Jordan Bardella pourra rester président du
00:47Rassemblement National, futur Premier ministre de Marine Le Pen ?
00:50Il y a évidemment dans cette manipulation un peu lourdingue de Mediapart, un écueil pour Mediapart, c'est où Mediapart
00:58manipule l'opinion publique.
01:00On l'a déjà vu, on se souvient d'ailleurs, il y a bien longtemps même avant Mediapart, Edoui Plenel,
01:04Clouan Opilori, Dominique Baudis, tout ça vous vous rappelez ?
01:07C'était pas donc Mediapart, il était à l'époque, c'était les mêmes, c'était les mêmes.
01:12Où Mediapart se fait-il lui-même enfumer par des gens qui veulent évidemment nous nuire.
01:17Dans les deux cas, cette perturbation de la campagne électorale aura des suites judiciaires, raison pour laquelle Jordan Bardella a
01:23annoncé que tout ça se terminerait devant les tribunaux.
01:26Et nous, nous considérons que Mediapart, si vous voulez, qui est un média revendiqué d'extrême-gauche, avec des gens
01:31qui font la guerre au Rassemblement National, c'est leur ligne de conduite,
01:34n'a ni la légitimité, d'abord pour distribuer les bons points et les mauvais points sur l'antisémitisme,
01:38parce que quand on considère leurs écrits, l'euphémisation du 7 octobre, etc., on peut dire que Mediapart n'est
01:44pas un média...
01:45Et quels écrits sur l'euphémisation du 7 octobre ?
01:47Lorsqu'ils ont relativisé, lorsqu'ils ont souhaité le Hamas, oui, vous pourrez reprendre un certain nombre de déclarations qui
01:53ont été faites par des journalistes de Mediapart.
01:55Non, mais vous avez un exemple, c'est-à-dire que vous avez un exemple ?
02:08Mais moi, je le vois très bien, et puis donc, peu de légitimité sur ça, et peu de crédit, puisque
02:15c'est un média qui fait la guerre au Rassemblement National.
02:17Donc nous, on le dit, ou c'est une manip de Mediapart bien lourdingue, bien crasseuse, ou alors Mediapart s
02:24'est lui-même fait manipuler, dans les deux cas, tout ça se termine au tribunal.
02:27Alors, si on reste sur Mediapart, et je reviendrai ensuite sur les conséquences politiques de tout ça,
02:30vous avez peut-être vu hier une enquête publiée par ce site d'information sur le périscolaire à Paris,
02:36qui cible notamment l'ancien adjoint d'Anne Hidalgo, Patrick Bloch.
02:41Bon, difficile de considérer que Mediapart ne cible que la droite et le Rassemblement National.
02:45Là, dans le cas d'Espèce, c'est la gauche à la mairie de Paris.
02:47Est-ce que ce n'est pas un mauvais argument que de considérer seulement que Mediapart est un adversaire politique
02:53du Rassemblement National ?
02:53Je n'ai pas vu l'enquête auquel vous faites référence,
02:56mais que Mediapart soit un média d'opposition au Rassemblement National, c'est un fait.
03:01Je ne l'invente pas.
03:02Ça fait partie de leur ligne éditoriale.
03:05Ça ne veut pas dire qu'ils n'ont pas d'autres inimitiés ou d'autres comptes à régler,
03:12mais ils mènent depuis toujours une guerre et une hostilité au Rassemblement National.
03:17Ça, il n'empêche, cher Benjamin Duhamel, que dans ce cas de figure...
03:21Et d'ailleurs, j'ai vu hier le communiqué de Mediapart disant
03:23« On va révéler en tenant compte de la protection des sources ».
03:27Je vois bien que finalement, les affirmations de Mediapart sont peut-être un peu moins vociférantes que de par le
03:33passé.
03:33Alors, à ma question Sébastien Chenu, quand bien même des documents authentifiés seraient publiés,
03:37c'est circuler, il n'y a rien à voir, aucune conséquence politique.
03:39Mais authentifié par qui, par quoi ? Par la justice, par des experts, par qui, par quoi ?
03:43Eh bien, tout ça, je vous le dis, se terminera devant les tribunaux.
03:46Et je pense que Mediapart me semble être beaucoup moins solide dans ses affirmations ce matin qu'il y a
03:52quelques heures.
03:52Je voudrais essayer de comprendre qui peut être derrière ces révélations, puisque vous parlez d'une barbouserie.
03:58Je lis dans Le Parisien ce matin votre collègue député Franck Alizio, qui imagine que cela vient du pouvoir actuel.
04:02Je vais le citer.
04:04Les gens qui sont au pouvoir vont devoir le quitter en raison de l'alternance, donc ils deviennent très agressifs.
04:08Bon.
04:09Jean-Philippe Tanguy, lui, vise hier matin des racailles antisémites, je le cite, qui auraient été purgées par le parti.
04:15Alors, est-ce que c'est une sorte de cabinet noir qui serait à l'Elysée, ou est-ce que
04:18c'est des racailles antisémites purgées par le parti ?
04:20Il y a beaucoup de gens qui veulent du mal au Rassemblement National et à la connaîture de Marine Le
04:23Pen et à celle de Jordan Bardella.
04:25Beaucoup de gens souhaitent nous voir en échec.
04:27Ils peuvent venir de l'extrême droite.
04:29Deux lignes très différentes.
04:30Oui, ils peuvent venir de l'extrême droite, de l'extrême gauche, du pouvoir en place.
04:34Beaucoup de gens ne souhaitent pas nous voir arriver.
04:35Mais en fait, vous avez, évidemment, pour des raisons très différentes d'ailleurs.
04:39Effectivement, quand Marine Le Pen avirait un certain nombre de personnes en 2011, à son élection à la tête du
04:44Front National à l'époque,
04:45puis du Rassemblement National ensuite, elle s'est fait quelques ennemis.
04:49Quand Jordan Bardella est reçu en Israël, il se fait quelques ennemis probablement aussi.
04:54Donc oui, il y a des gens qui nous veulent du mal.
04:55Mais vous imaginez, comme Franck Aliso, que le pouvoir actuel puisse être derrière ces révélations ?
04:58Je n'ai pas dit ça, mais vous savez, en matière politique, on peut tout imaginer, mais je n'affirme
05:02évidemment pas cela.
05:03Encore un point, Sébastien Chenu, sur les arguments que vous opposez à Mediapart.
05:07Quand Mediapart pointe la proximité idéologique entre le jeune militant Jordan Bardella et l'essayiste antisémite Alain Soral, on est
05:13alors en 2013,
05:14Jordan Bardella a répondu, c'était sur CNews avant hier soir,
05:17« n'avoir, je cite, jamais eu de proximité ou de rencontre avec des personnes sulfureuses ».
05:22Quand on sait que son actuel directeur de cabinet, François Paradol, a admis lui-même avoir été membre du mouvement
05:28d'Alain Soral,
05:28ça s'appelle « Égalité et réconciliation », est-ce qu'on peut dire n'avoir jamais eu aucune proximité,
05:33relation avec des personnes sulfureuses ?
05:34Admis, elle a regretté, mais vous voyez, par exemple, David Guiraud, qui est le maire de Roubaix, qui était mon
05:39collègue de la France Insoumise,
05:40a commencé en étant lui-même, disait-il, fasciné par Alain Soral, et il l'a regretté aussi.
05:44Mais il a verre que ce n'est pas quelqu'un de la France Insoumise en France, ce matin.
05:47D'accord, mais vous voyez, et donc c'est la même chose, ça veut dire que David Guiraud, ou la
05:51personne à laquelle vous faites référence,
05:53ont eu peut-être ces proximités qu'ils ont regrettées, donc nous pouvons prendre acte de cela, mais ça n
05:58'engage pas Jordan Bardella.
05:59Je vois bien que par capillarité, vous voudriez que le voisin de la cousine du collaborateur de Jordan Bardella puisse...
06:05Sébastien Chenu, c'est pas exactement le voisin de la cousine.
06:07Si on reste sérieux et qu'on reste sur les faits, vous avez...
06:09Restons sérieux.
06:09La plume actuelle de Jordan Bardella qui, en 2012, dans ses conseils de lecture, recommandait de lire un livre d
06:15'Alain Soral.
06:16Vous avez aujourd'hui son directeur de cabinet qui a admis avoir été membre du mouvement d'Alain Soral.
06:20C'est difficile de dire qu'on n'a jamais rien eu à voir avec cette sphère-là,
06:23quand on a ses plus proches collaborateurs qui, eux-mêmes, ont tué à voir avec cet essayiste antisémite.
06:27Jordan Bardella l'a dit, ce n'est pas parce que vous citez deux personnes, enfin, quelqu'un qui vous
06:31incite à lire un bouquin.
06:33Moi, je vous incite à lire tous les livres du monde.
06:34Les livres compliqués du théoritisémite d'Alain Soral.
06:37Moi, je ne les ai jamais lus, ça ne m'intéresse pas beaucoup.
06:38Mais je pense que si j'avais la capacité de lire l'ensemble de la littérature du monde,
06:42je la lirais pour ma culture personnelle.
06:44Et probablement pour mieux la détruire et pour mieux m'y opposer.
06:47Voilà, ce n'est pas possible de vous aider.
06:48Au-delà de ça, ce que vous êtes en train de faire n'a pas beaucoup de sérieux, n'a
06:52pas beaucoup de sens.
06:53Permettez-moi de vous le dire.
06:54Où il y a des faits, non mais où il y a des faits.
06:57Et Jordan Bardella les conteste.
06:59Et nous les contestons avec lui.
07:00Et de manière formelle.
07:02Et Mediapart s'est fait ou manipuler ou a manipulé l'opinion.
07:05Et où il n'y a pas de faits.
07:07Et fermez le banc, la réalité c'est qu'aujourd'hui, il n'y a rien là-dedans.
07:10C'est une manip parce que, on voit bien, on vient de gagner les séatoriales.
07:14On vient de former un groupe.
07:16On fait la course en tête.
07:17C'est la situation la plus difficile que celle de faire la course en tête.
07:20Et si, paradoxalement, beaucoup de gens nous veulent du mal,
07:24beaucoup de gens nous veulent du bien aussi.
07:25Et donc, effectivement, tous les coups sont permis.
07:27Et les mauvais coups des loyaux, en l'occurrence, le sont.
07:30Sébastien Chenu, je voudrais qu'on parle du mouvement de blocage des lycées.
07:33Hier, 338 établissements étaient concernés.
07:36Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a fait état de 440 interpellations.
07:39L'éducation nationale parle de 10 blessés parmi les élèves et les personnels de l'éducation.
07:44Si vous étiez au pouvoir, comment est-ce que vous géreriez cette crise ?
07:48Peut-être différemment du pouvoir actuel.
07:50Et qu'est-ce que vous diriez aux forces de l'ordre ?
07:52Quelles consignes vous leur donneriez ?
07:52Plusieurs choses là-dedans.
07:53D'abord, moi, je veux condamner la violence.
07:55Et notamment, l'instrumentalisation de cette violence par la France insoumise.
07:58Quand j'entends M. Bagayoko dire que la violence peut être légitime,
08:01si un député rassemblement national, un maire rassemblement national avait dit ça,
08:04mais vous seriez en édition spéciale ici matin, midi et soir.
08:07Vous leur poserez la même question comme on a hier posé la question à Emmanuel Gompard.
08:10La question, vous seriez en édition spéciale si un maire rassemblement national légitimait la violence.
08:15Donc d'abord, condamnation de la violence, de la récupération et de l'utilisation
08:18que fait LFI de la situation de ces lycéens.
08:21Deuxième chose, on est face à 40 ans de décrochage.
08:23Si vous voulez, que ce soit en termes de niveau scolaire,
08:27que ce soit en termes de pouvoir d'achat des professeurs,
08:29que ce soit en termes de moyens.
08:31Il y a donc des problèmes de fonds qu'il faut traiter.
08:33Et moi, je commencerais, vous me disiez, qu'est-ce que vous feriez ?
08:35D'abord, par traiter, écouter les problèmes de fonds.
08:38On a des propositions.
08:39Là, sur la crise précise et sur les blocages qui sont faits par les lycéens,
08:42est-ce que vous diriez aux forces de l'ordre,
08:44attention, il faut une forme de ménagement, de tolérance,
08:47ou est-ce qu'au contraire, vous assumeriez le recours à la force
08:50pour débloquer les lycéens qui sont bloqués ?
08:52Non, mais les lycées n'ont pas à être bloqués.
08:53Nous sommes dans une démocratie.
08:55Moi, j'entends, et je vous dis,
08:57il y a des préoccupations soulignées par les lycéens
08:59qui m'interpellent, qu'on peut prendre au sérieux,
09:02qu'on doit prendre au sérieux et qu'il faut traiter.
09:04Mais les lycées n'ont pas à être bloqués, évidemment.
09:06Tout comme...
09:07Ce n'est pas une méthode légitime,
09:09s'il n'y a pas de violence, évidemment, de dire...
09:11Oui, mais le problème, c'est qu'il y a des violences.
09:13J'ai entendu qu'il y avait un million d'euros de dégâts en Ile-de-France.
09:15Il y a des violences, c'est bien ça le problème.
09:17Donc, d'abord le dialogue, toujours le dialogue,
09:20considérer les problèmes sur le fond.
09:21Le problème des professeurs est notamment leur rémunération.
09:24Nous, on a une proposition qui est d'augmenter leur rémunération
09:26de 3% par an, c'est-à-dire 15% sur 5 ans.
09:29C'est une proposition qu'on met dans le débat.
09:31Mais faire œuvre de propositions.
09:33Je vois d'un côté une instrumentalisation par l'extrême-gauche.
09:35Je vois de l'autre côté un pouvoir politique
09:37qui est totalement débordé,
09:38mais qui, comme d'habitude, n'a jamais anticipé les choses.
09:41Je vous dis, ça fait 40 ans de décrochage,
09:4340 ans, qu'on est toujours sur les mêmes problématiques
09:46et qu'aujourd'hui, entre les classes surchargées
09:47et l'absence de prof devant les élèves,
09:49on est face à un défi
09:52qui est manifeste devant nous.
09:54Donc, là encore une fois,
09:56un pouvoir politique aux abois débordés.
09:59Un tout dernier mot, Sébastien Chenu.
10:00Vous avez été interrogé la semaine dernière
10:01chez nos confrères de BFMTV
10:02sur l'eurodéputé RN Thierry Mariani,
10:04que vous avez qualifié de patriote
10:06qui défend les intérêts de la France.
10:07Il qualifie la menace russe de diversion.
10:09Il a voyagé à plusieurs reprises en Crimée
10:11après son annexion par la Russie.
10:12Est-ce qu'il pourrait être ministre des Affaires étrangères
10:14d'un gouvernement RN ?
10:15Non, je ne crois pas que ce soit son ambition.
10:17Et la diversion, c'était sur le...
10:18La sienne, je ne sais pas, mais est-ce que...
10:19Ce n'est pas la nôtre, en tous les cas.
10:21Et la diversion à laquelle il faisait
10:22était sur le débat en lui-même.
10:24Mais c'est un patriote, Thierry Mariani ?
10:26Oui, Mariani, c'est un patriote.
10:27C'est quelqu'un qui a voté contre les traités européens,
10:30qui se bat pour la souveraineté de la France.
10:31Donc, reprendre les éléments de langage
10:32de Vladimir Poutine, ça fait de...
10:34Non, non, ce n'est pas ce que je viens de vous dire.
10:36Je vous dis que, d'ailleurs,
10:42c'est un très honnête patriote.
10:43Mais pour autant, pas un ministre des Affaires étrangères
10:45du Rassemblement National.
10:45On ne peut pas tout être en même temps.
10:46Merci Sébastien Chenu d'être venu au micro d'Inter.
10:48Et merci Benjamin Diamel.
10:49On se retrouve tout à l'heure pour le grand entretien.
10:52Il est 8h sur France Inter.
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