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Jane Fonda, actrice et productrice, égérie de L’Oréal Paris. À 88 ans, elle revient sur son parcours engagé, ses combats politiques actuels et ses liens profonds avec la France. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-mardi-29-septembre-2026-8766567
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00:00Bonjour Jane Fonda. Bonjour, bonjour.
00:02Et bienvenue sur France Inter. Bonjour France Inter.
00:06Bonjour Jane. On peut peut-être rappeler, vous parlez français ?
00:11Un petit peu. Ouais, quand même.
00:13Au bout d'une semaine en France, je pars plus ou moins couramment, mais maintenant je viens des États-Unis
00:19hier.
00:20C'est difficile, mais j'essaierai. D'accord.
00:23Je suis venue ici pendant les années 60, au début des années 60, et je me suis mariée avec Roger
00:32Vadim.
00:33Et j'habitais ici à Paris et à Oudon.
00:37Où est-ce ?
00:39Entre Paris et le grand cathédral, c'est quoi ? C'est l'ouest.
00:47Chartres.
00:48Entre Chartres et Paris.
00:50D'accord.
00:50Oudon.
00:51Voilà, à la campagne.
00:52Oui.
00:52À la campagne. Vous avez été mariée 8 ans à Roger Vadim. Vous avez une fille, Vanessa.
00:58Oui, Vanessa qui est ici.
01:00Voilà.
01:00En ce moment.
01:01C'est ça. Elle, elle est française. Elle est franco-américaine.
01:03Oui.
01:04Elle a les deux nationalités.
01:05Et russe. Vadim était moitié russe. Donc ma fille est encore russe.
01:11Et j'ai regardé la date de naissance de Vanessa.
01:1568.
01:1668.
01:16Oh là là. J'étais très enceinte pendant les événements de mai.
01:22C'est ça. Donc vous n'étiez pas sur les barricades. Où est-ce que vous étiez en 68 ?
01:26Vadim ne voulait pas que je vienne à Paris. Parce que nous, on habitait dans un petit village.
01:34Non. J'étais très enceinte. Il ne voulait pas que je vienne à Paris pendant les événements de mai 68.
01:43Oui. Trop dangereux. Bon. Donc vous avez regardé ça à la télévision.
01:46À la télévision.
01:47Vous avez écouté la radio.
01:48Oui.
01:49C'est ça. Jane Fonda, il y a une figure française très importante dont vous venez juste de faire la
01:57connaissance.
01:58C'est Gisèle Pellicot que vous avez rencontrée à la Mostra de Venise. Là, il y a seulement 15 jours.
02:06Vous avez posé toutes les deux. Une photo historique.
02:09Oui.
02:10C'était important.
02:11Ça m'amouvait. J'étais très émouvée par elle.
02:14Pourquoi ?
02:14Parce que...
02:18Oh...
02:19Je ne savais pas à quoi m'attendre.
02:23Elle est pleine de joie.
02:25Oui, c'est vrai.
02:27J'ai l'impression qu'elle est pleine de joie car elle est libre.
02:34Vous savez, elle a dit, pourquoi est-ce que je devrais avoir honte, moi ? C'est à eux d
02:40'avoir honte.
02:43Vous savez, c'est à eux d'avoir honte pour ce qu'ils ont fait.
02:51Elle a vraiment pris le pouvoir sur sa vie, sur son corps, sur elle-même.
02:56Elle est incroyable, extrêmement courageuse. Vraiment, je m'incline devant elle.
02:59Et vous savez que la semaine dernière, sur France Inter, est venue la journaliste américaine,
03:05E. Jean Carroll, celle qui a fait condamner Donald Trump en justice pour une agression sexuelle.
03:12Et elle a dit que les femmes devaient beaucoup à Giselle Pellicot,
03:16mais aussi les femmes américaines devaient beaucoup à Giselle Pellicot.
03:20Vous pensez la même chose ?
03:21Oui, absolument, oui.
03:23C'est quelqu'un qui, je crois, pour les femmes du monde entier, s'est dressée.
03:33Et elle est devenue une héroïne pour nous toutes, très courageuse.
03:36Alors, il y a une immense figure du féminisme américain qui vient de mourir.
03:41C'est votre amie.
03:42C'est Gloria Astenheim.
03:44Oui.
03:45Oui, ça vous met les larmes aux yeux de parler d'elle.
03:51Elle est morte à 92 ans, il y a quelques jours.
03:53Elle est morte quand j'étais avec Pellicot.
03:56C'est vrai ? Vous étiez avec Giselle Pellicot ?
03:59Oui, et puis deux jours après, la grande poète, écrivain, féministe Robin Morgan est morte aussi.
04:07C'est difficile.
04:10Il y a trois jours, j'étais dans l'appartement de Gloria.
04:15Elle voulait que son appartement devienne un endroit où les féministes pourraient se réunir.
04:22C'était très émouvant.
04:24Et je suis en train de lire son livre.
04:27Oui, parce que ce livre, elle devait, ce livre qui raconte ses mémoires, c'est ça ?
04:32Nous ne l'avons pas encore en France, mais ce livre, elle devait accompagner la sortie.
04:37Le livre, il est prêt, il est édité, elle devait accompagner la sortie, elle est morte juste avant.
04:41C'est ça ?
04:42Oui.
04:43C'est ça.
04:45Gloria a toujours été en retard pour rendre ses livres, pour remettre le manuscrit aux agents.
04:55Je ne sais pas comment traduire ça en français, mais elle voyait les deadlines comme des suggestions.
05:05On lui disait, il faut absolument rendre le livre à cette terre.
05:10Elle se disait, bon, on me le suggère.
05:17Gloria a aidé des millions de femmes aux États-Unis.
05:27Elle a répondu à tellement de questions que ces femmes se posaient.
05:33Pourquoi est-ce que je n'ai pas le droit à ces opportunités ?
05:36Parce que je suis femme.
05:37Pourquoi je ne peux pas faire ça ou ça ou ça ?
05:42Elle était humble.
05:45Elle était généreuse.
05:47Vous l'avez connue ?
05:50Elle était drôle et belle.
05:54Elle était capable de ressortir une phrase qui ouvrait de nouveaux mondes pour les gens.
06:04Je ne cesse de repenser à une chose qu'elle a dit au moment où j'étais avec Gisèle Bellicot.
06:09Ce que j'y pensais, une phrase qu'elle a dite, c'est que nous n'avons pas besoin de
06:27prouver notre masculinité.
06:28Oui, c'est très profond.
06:32Très profond.
06:35En particulier, aujourd'hui, c'est ironique qu'elle meurt au moment où le patriarcat a l'air de reprendre
06:47le contrôle aux États-Unis.
06:48C'est parce que Donald Trump ?
06:50Oui.
06:51Mais ce qu'il n'a pas compris, c'est que nous nous sommes battus pour nos droits, les droits
06:59des femmes, les droits des personnes noires, les droits des personnes LGBTQ, les personnes porteuses de handicap.
07:08Nous nous sommes battus et nous avons gagné et nous n'allons pas revenir en arrière.
07:12Nous n'allons pas nous laisser voler ces victimes.
07:13Vraiment ? Vous pensez qu'il n'y aura pas de retour en arrière ?
07:15Non.
07:16Vous êtes sûre de ça ?
07:18Oui.
07:21Peut-être que ça prendra du temps, ça je ne sais pas.
07:28La façon dont je vois les choses, c'est qu'aujourd'hui, nous affrontons deux crises, deux crises existentielles.
07:35La crise de la démocratie et la crise du climat.
07:39Et elles sont complètement liées entre elles.
07:42On ne peut pas avoir une démocratie stable avec un climat instable.
07:47Et on ne peut pas avoir un climat stable sans démocratie stable.
07:51C'est ça que nous disons aujourd'hui et on le voit aujourd'hui aux Etats-Unis.
07:54Un jour, et nous avons un président, il est tellement blessé, son âme est blessée.
08:05Donald Trump, c'est quelqu'un qui est blessé profondément.
08:08C'est comme ça que vous décrivez Donald Trump, comme un homme blessé ?
08:11Pour vous, c'est un homme blessé ?
08:16Absolument, c'est un homme blessé qui est resté au stade de l'enfance.
08:21Et qui veut revenir à un monde que nous, nous ne laisserons pas remettre en place.
08:28Mais c'est lui qui a le pouvoir, il a l'argent, peut-être que ça prendra du temps, mais
08:31il ne gagnera pas.
08:32Parfois, on lève les yeux au ciel et si vous avez un télescope,
08:39vous pouvez voir quelque chose qui peut vous paraître immense et puissant et extrêmement lumineux.
08:44Et en fait, c'est une étoile qui est en train de mourir.
08:50C'est ça, Trump.
08:51Il représente un monde qui est en train de mourir.
08:56Et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir.
08:59C'est comme avec Le Pen en France.
09:01Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que ces gens ne gagnent pas.
09:04Donc, ça vous inquiète, la montée de l'extrême droite en France, ça vous inquiète ?
09:08Ça vous inquiète ?
09:09Partout, partout en France.
09:11Et j'adore la France.
09:14Et ça me rend tellement triste.
09:21C'était tellement important à mes yeux, même si je n'ai pas eu le droit de venir en ville,
09:29de venir à Paris.
09:33Il y avait un sentiment de tous les possibles.
09:37Les étudiants, les ouvriers, ensemble, pouvaient vaincre le gouvernement.
09:42Quand j'ai quitté la France et que je suis rentrée aux Etats-Unis pour faire participer au mouvement de
09:49lutte contre la guerre,
09:50le mouvement pacifiste, c'est quelque chose que j'ai emporté avec moi.
09:53Si on est solidaires, si on se bat ensemble, on peut gagner.
09:56Je voudrais, Jane Fonda, qu'on parle des femmes et qu'on parle du corps des femmes.
10:02Parce que vous défilez pour l'Oréal, Paris.
10:06Et l'Oréal Paris a une particularité, c'est d'inclure des femmes de tous les âges,
10:11de toutes les couleurs de peau, de toutes les morphologies.
10:16En ce moment, il y a la Fashion Week à Paris et on voit ce qui se passe à Hollywood.
10:21Il y a un retour des femmes très maigres.
10:24Elles sont très maigres, très, très maigres.
10:27C'est comme ça sur les podiums des défilés de mode.
10:30C'est comme ça les pop stars dans la pop music.
10:34C'est comme ça à Hollywood.
10:35Comment vous regardez ces femmes qui redeviennent très maigres ?
10:41Ces actrices, ces jeunes actrices qui ont arrêté de manger ?
10:45C'est triste.
10:50Je n'avais pas conscience.
10:52Non, parce que je ne regarde pas les défilés de mode.
10:57Et au cinéma ?
10:57Je ne connais rien aux mannequins, je n'ai pas suivi ça.
11:00Je sais qu'il y a des problèmes de drogue, ou en tout cas, surtout de médicaments.
11:06Mais c'est une bonne chose aussi.
11:07Les personnes obèses peuvent se soigner.
11:10Mais il y a des sujets tellement plus importants, je crois.
11:15Le corps des femmes, l'obligation d'être maigre, l'obligation d'être mince, c'est quelque chose d'important.
11:22C'est quelque chose d'important.
11:25Oui, moi j'en ai souffert aussi pendant des années de cette pression pour me pousser à être mince.
11:32Je suis très heureuse qu'il y ait cette diversité chez L'Oréal.
11:39Mais vous savez, ce qui se passe aux Etats-Unis aujourd'hui, c'est que les hommes, les techbos, les
11:46nationalistes chrétiens veulent que les femmes deviennent des tradwives,
11:50des femmes, des épouses traditionnelles qui restent à la maison et font des enfants, beaucoup d'enfants.
11:55Et ça n'arrivera pas.
11:57Pas moyen.
11:58Je voudrais qu'on reparle d'un film que vous avez produit et dans lequel vous avez joué en 1980
12:04ou 1981.
12:07Le titre en anglais, c'est 9 to 5, avec Dolly Parton.
12:12Dolly Parton, qui vient de mourir elle aussi.
12:15Oui.
12:16Mais je voudrais que vous racontiez pourquoi ce film, à ce moment-là, au début des années 80, est devenu
12:23un phénomène aux Etats-Unis.
12:27Eh bien, c'était un film qui sortait tout à fait de l'ordinaire.
12:32Je crois qu'à l'époque, les gens ne faisaient pas de films sur les femmes, tout simplement.
12:36Je ne pense pas à des films sur les femmes à l'époque.
12:38Et celui-là était entièrement centré sur les femmes.
12:42Et des femmes au travail, au bureau.
12:44Les secrétaires.
12:45J'avais une amie qui était militante en anti-guerre du Vietnam avec moi.
12:52Et elle était militante.
12:55Elle syndiquait, elle mobilisait les travailleuses justement des bureaux.
13:03Ces femmes qui travaillaient dans les bureaux.
13:04Elle-même, elle faisait ça.
13:05Et elle me racontait toutes ces histoires de sexisme, tout ce que ces femmes devaient affronter dans leur vie professionnelle.
13:12Les salaires dont elles étaient privées, les gens qui les espionnaient, les surveillaient.
13:18Au bout de quelques années à entendre ces récits, je me suis dit que j'allais en faire un film.
13:22Et au départ, c'était un film sérieux.
13:24Parce que c'est un problème sérieux.
13:27Et puis ensuite, j'ai vu Lily Tomlin.
13:29Je l'ai vue sur scène, au théâtre.
13:33Je ne l'avais encore jamais vue jouer.
13:34Coup de foudre.
13:35Coup de foudre.
13:36Elle jouait, je crois, 15 personnages.
13:40Oui.
13:41Briamment.
13:41Oui.
13:43Et je me suis dit, je ne peux pas faire un film avec les femmes qui travaillent.
13:50Secretaries.
13:51Secrétaires.
13:51Les secrétaires.
13:53Je dois le faire avec Lily Tomlin.
13:56Oui.
13:57Et puis, je suis rentrée chez moi en voiture et puis j'ai allumé la radio.
14:03J'avais un peu fumé.
14:07Et Dolly Parton chantait « Two Doors Down » à la radio.
14:12Et je me suis rentrée chez la secrétaire.
14:16Elle ne voit pas ses mains quand elle tape.
14:18Je vais vous raconter quelque chose.
14:21Son cœur était aussi gros que sa poitrine.
14:24Et son cerveau, encore plus gros.
14:30Tellement intelligente.
14:31Elle était très intelligente.
14:40Elle était capable de voir, de percer à jour l'âme des gens.
14:45Elle voyait vraiment au fond des gens.
14:48Je passais des jours avec elle.
14:50On a fait le tour du Tennessee, de l'Arkansas.
14:54Parce que je me préparais à jouer un rôle de hillbilly aussi.
14:58De paysans qui viennent des montagnes, dans des coins où il n'y a pas d'eau, pas d'électricité.
15:04Et donc, elle m'a aidé beaucoup avec son rôle.
15:13Il y a eu un moment pendant ces dix jours.
15:16Elle était toujours parfaitement maquillée.
15:19Elle avait toujours sa perruque, etc.
15:27Moi, je crois que quand les femmes sont ensemble, nous avons une façon de rire qui est différente.
15:34Par exemple, on est obligé de croiser les jambes parce que sinon, on risque de se faire pipi dessus.
15:39Si, à la fin d'une journée, vous n'aviez pas rire de cette façon-là,
15:42Dolly s'assurait qu'on avait l'occasion de bien rigoler.
15:47Un rire vraiment qui nous réunissait.
15:50Et ce qui est très beau, je crois, c'est la façon dont tout le monde l'aimait.
15:59Les gens de droite, les électeurs de Trump, les gens de gauche, tout le monde l'aimait.
16:03Et mais Dolly Parton.
16:04C'est vrai, c'est vrai.
16:06Ils ont créé 9-5.
16:099 est octobre.
16:10Et dans ce film, on se débarrasse de son patron.
16:149-5, donc c'est en réalité...
16:17Mais à l'époque, dans les années 80, l'Amérique s'est rendu compte que les entreprises reposaient sur des
16:22femmes.
16:23Sur des femmes qui avaient des postes subalternes.
16:26Et ça, ça a été une prise de conscience.
16:29Ça, ça a été une révolution.
16:34Donc ce film, 9-5, comment on se débarrasse de son patron, était un film comique.
16:40C'était complètement synthésiste.
16:42Mais c'était fondé dans la réalité.
16:45C'est pour ça que ça a touché, en particulier les femmes, parce qu'elles se sont reconnues.
16:49Et effectivement, c'était libérateur pour les femmes.
16:55Mais c'est une leçon que j'ai apprise.
17:00J'avais envie de faire des films progressistes, qui reflètent mes valeurs, évidemment.
17:06Et ce que j'ai appris, c'est qu'il y a la question, mais ensuite, il y a la
17:12question de ce qui va l'apporter.
17:14Est-ce que ça doit être drôle ? Est-ce que c'est une histoire d'amour ? Est-ce
17:17que c'est un thriller ?
17:19Pour que même les gens qui ne sont pas d'accord puissent aimer le film.
17:24Et donc, ce film est drôle, même si vous n'aimez pas les femmes.
17:27Vous allez rêver.
17:30Et je crois que c'est important.
17:31Et qu'est-ce que vous diriez aujourd'hui du dernier film que vous avez tourné avec votre père ?
17:37Aujourd'hui, vous l'avez revu, ce film ?
17:42C'est dur pour moi.
17:45Parce que ça me fait beaucoup pleurer.
17:48Ça me fait vraiment pleurer.
17:51C'était un très beau film.
17:53C'était magique de réaliser ce film.
17:56En français, ça s'appelle La maison du lac.
17:59On the golden pond, c'est ça ? En anglais.
18:02L'histoire d'un père et d'une mère et de leur fille qui se retrouvent dans une maison de
18:07campagne.
18:08Et à la fois, c'est un film léger.
18:10Et en même temps, il se dit plein de choses entre le père et la fille qui ont des relations
18:15complexes, des relations conflictuelles.
18:18Comme vous, vous aviez une histoire très complexe et parfois conflictuelle avec Henry Fonda, avec votre père.
18:25C'est vous qui l'aviez écrit, ce film ?
18:27Oh non, non, non. C'était une pièce à produire, très réussie, que j'ai achetée et j'ai produite
18:34pour mon père.
18:35C'est ça. Mais vous avez rajouté beaucoup de choses qui sont de vous.
18:39Il y a des choses qui sont de Henry Fonda, il y a des choses qui sont de Jane Fonda,
18:42il y a des choses...
18:43Non, non.
18:43C'est le scénario original.
18:44C'est le scénario...
18:45Oui.
18:46Original.
18:47Oui.
18:49Les problèmes de relations au père-fils sont universels.
18:54Dans tous les films que j'ai faits, c'est celui-ci, la conne du lac, qui fait que les
19:03gens traversent la rue pour venir me voir et me dire, j'ai emmené mon père voir ce film et
19:07ça a changé notre relation.
19:08Ça me fait très plaisir.
19:11Parce que pour vous aussi, ça a changé vos relations avec votre père, c'était...
19:17Mon père est mort juste après.
19:19Cinq mois après.
19:19Cinq mois après.
19:21Oui, il était très malade pendant le tournage.
19:23Pendant le tournage.
19:24Oui.
19:27Je ne sais pas si le film l'a changé avant sa mort.
19:33Ça m'a changé.
19:35Pourquoi ?
19:36Eh bien, parce que vous savez, je suis la fille la plus chanceuse du monde.
19:46J'ai eu un père compliqué, une relation compliquée avec lui, comme dans le film.
19:51Et j'ai eu l'occasion de produire le film pour lui et il a gagné un Oscar.
19:56C'était le seul Oscar de sa vie, c'était le premier.
19:58Il n'a jamais gagné d'Oscar pour « Douze hommes en colère » ou « Les raisins de la
20:03colère ».
20:04Et là, il a gagné pour ce film.
20:06Ah oui, c'était un cadeau.
20:08C'était un cadeau du ciel.
20:09Oui, c'était un cadeau du ciel.
20:11Je vous pose une dernière question.
20:13Un jour, vous avez dit une phrase très belle.
20:16Vous avez dit « It's never too late ».
20:19Never.
20:20Est-ce que vous le pensez ?
20:22What we just said, shows it.
20:23Mon père a gagné un Oscar cinq mois avant sa mort.
20:29Il ne faut jamais rien lâcher.
20:31Jamais.
20:32C'est ça ?
20:33Ne jamais abandonner.
20:34C'est ça que ça veut dire.
20:36Vous savez, je pense à Gloria Steinem.
20:41Sa force, c'était…
20:47Sa curiosité, elle était toujours curieuse.
20:52Elle voulait savoir qui vous étiez, qui elle avait en face d'elle.
20:56Elle s'intéressait à tout.
20:58La nature, les peuples autochtones en particulier.
21:04Et d'ailleurs, on va élire des représentants des peuples autochtones au Sénat américain.
21:11J'ai beaucoup d'espoir.
21:15Parce que je soutiens l'élection de personnes courageuses qui ne sont pas payées par les pétrodollars.
21:21Et là, je parle de personnes qui sont courageuses et fortes et qui vont gagner.
21:26Et qui vont gagner.
21:29Alors, merci mille fois, Jane Fonda.
21:33Merci d'avoir accordé cette interview exceptionnelle à France Inter.
21:38Mais ce n'est bon.
21:40Merci de l'avoir proposé.
21:43On a besoin que les Français viennent aux États-Unis maintenant et qu'ils nous aident.
22:05On a fait une grève générale.
22:11Comme en 68.
22:15Oui.
22:18On n'a jamais fait de grève générale.
22:21On n'a jamais fait de grève générale.
22:26On a vraiment besoin d'aide.
22:29Donc, venez nous aider.
22:31Vous savez faire ça.
22:34Parce qu'il va être temps, avant les mid-terms, de le faire.
22:46On verra, ça sera peut-être.
22:49Avant, après les élections, ça dépend de l'essai de tricher.
22:53Mais nous avons besoin de solidarité.
22:55C'est pour ça que moi, je n'étais au sein de l'industrie du divertissement.
23:00Dans les années 80, dans les années 80, depuis Reagan, depuis les années 80, l'individualisme règne.
23:10Il n'y a plus de sentiment de faire communauté.
23:15Et il faut qu'on retrouve ça pour gagner.
23:17C'est l'individualisme qui a gagné.
23:20Merci.
23:21Allez, bon défilé.
23:23Oh, God.
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