00:00Nous recevons Jean-Christophe Fromentin, bonsoir.
00:02Bonsoir.
00:02Vous êtes le maire d'hiver droite de Neuilly-sur-Seine.
00:05Qu'est-ce que vous retenez de ces quatre jours de déambulation papale ?
00:10Un autre univers qui vient percuter un peu la politique du quotidien
00:15telle qu'on la vit maintenant depuis quelques années.
00:18Il y a trois mots, je me disais en revenant,
00:19trois mots qui...
00:21Il y a le silence, vous voyez, les moments de silence
00:23qui ont été pleins d'enseignements
00:26alors qu'on est habitués à un bruit totalement désordonné.
00:30Il y a cette vision, cette inspiration
00:35alors qu'on est habitués à une improvisation.
00:39Et puis il y a un climat de sérénité
00:42qui a traversé toute la France, croyant ou non-croyant,
00:45quels que soient les moments.
00:47Et là aussi qui s'oppose à finalement une espèce d'emballement,
00:51de surenchère, d'injonction, de punchline.
00:55Et je pense qu'autour de ce silence,
00:56cette sérénité et cette vision,
00:59on découvre finalement que la politique mérite
01:02de retrouver cette inspiration
01:04que le pape a si bien posée dans le débat public.
01:06Est-ce que cette grandeur que vous décrivez
01:08à la fois dans le discours,
01:10dans la force aussi des silences,
01:11de la présence même du pape,
01:12détonne complètement avec un agenda
01:14qu'on peut dire loupé du président de la République ?
01:18Je ne sais pas.
01:19Rendons à César ce qui est à César
01:20et à Dieu ce qui est à Dieu.
01:21Gardons cette ligne parce que c'est très dur de...
01:24Et puis ça n'a pas de sens, vous voyez,
01:25d'aller chercher chez l'autre.
01:25Ça a du sens de voir un président de la République
01:27qui accueille le pape,
01:28ce n'est quand même pas tous les jours,
01:29une fois tous les 18 ans,
01:30si j'en vois les dernières statistiques,
01:33et qui, parce qu'il n'y a pas eu dîner d'État,
01:36parce qu'il n'y a pas eu ceci,
01:37parce que cela finalement ne vient pas à la messe,
01:38puis finalement au dernier moment vient à la messe,
01:40puis finalement a un discours en disant,
01:43ben voilà, nous sommes là,
01:44nous sommes l'Europe aussi pour faire la guerre.
01:47Le pape qui lui répond,
01:48ben non justement, il ne faut pas faire la guerre.
01:49Il y a quand même eu plusieurs points,
01:50je ne vais pas tous les citer,
01:52où on est en total,
01:54on est sur deux lignes parallèles en fait.
01:55Chacun l'aura vu, chacun en sera aperçu.
01:57Je pense qu'il y avait justement une hauteur
02:00par rapport au débat politique
02:02qui était au-dessus de ça,
02:05qui dépassait ça.
02:05Et c'est bien d'ailleurs qu'il ait terminé
02:07avec cette figure de Schumann,
02:09qui était vraiment dans l'appel de l'IF 150,
02:11dans l'inspiration de toute cette carrière politique,
02:14qui savait marquer cette distance
02:16entre une politique contingente
02:18des tactiques contingentes
02:20des intrigues contingentes des coups bas.
02:22Et finalement, une inspiration,
02:24Schumann était l'illustration
02:25par son parcours
02:27et par les défis qu'il a embrassés.
02:29Donc voilà, je pense que les réglages politiques,
02:32de toute façon,
02:32ils ne pouvaient pas fonctionner.
02:33On est sur de tels univers différents
02:36que notre petit contingent quotidien politique
02:39par rapport au message d'un pape,
02:41c'est deux registres différents.
02:44On peut espérer que l'inspiration
02:49que chacun, y compris nous,
02:50les acteurs politiques pour en retenir
02:52de la visite du pape,
02:53donneront au débat,
02:55peut-être,
02:56c'est ce que le pape appelle
02:58cette source créative,
03:00dont notre débat public a tant besoin.
03:02C'est bon.