- il y a 40 minutes
L'acteur et humoriste Kev Adams à l'occasion de la sortie de son nouveau film "La maison de nos rêves" de Claude Zidi Jr, en salles le 7 octobre. Il nous confie ce que son cinéma raconte de sa grande sensibilité aux enjeux de générations, en particulier la fragilité des aînés.
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00:08Une nouvelle semaine qui démarre, le Mac de la Grande Matinale vous promet des rencontres,
00:12des humeurs et des personnages haut en couleur. Ce matin, deux invités qui consacrent leur vie au
00:17rire, l'un très célèbre, il est déjà en face de moi, l'autre médecin psychiatre qui débute sur
00:22scène et que nous présentera tout à l'heure Daphné Burki. Entre les deux, la discute,
00:27des spectacles sur l'histoire de France en Seine-Saint-Denis pour contrer l'influence de
00:31grands chaux face au Puy-du-Fou. Ma question est la suivante, est-ce que le spectacle historique
00:36est devenu le lieu d'une bataille politique à ciel ouvert ? On en parlera tout à l'heure,
00:41mais tout de suite, le grand portrait.
00:51Il a tout fait avant tout le monde, Kev Adams, joué chez Ruquet avec un t-shirt sur lequel
00:56il était inscrit « I love Kev Adams », cartonné dans une série pour ados « Soda »,
01:01remplir l'Olympia, remplir Bercy avec Gad Elmaleh, se manger une énorme polémique sur sa caricature
01:06d'asiatique, faire 4 millions d'entrées au cinéma quand il joue dans Prof et faire 2 millions
01:11quand il écrit et produit une comédie sur une maison de retraite. Il y retourne au scénario
01:16et à la production avec un film intitulé « Viager ». C'est drôle, ce garçon connu longtemps
01:23pour être le jeune de service, raconte encore une histoire de personnes âgées. Il faut dire
01:28que Kev n'est plus tout à fait un minot. Parions qu'à 35 ans, il cherche son personnage d
01:34'adulte.
01:35Portrait numéro 185.
01:39« Bonjour Kev Adams ». « Très heureux de savoir que c'est le 185. »
01:42« Ouais, ça compte dans une vie d'être le 185ème. » « Je suis très heureux d'être le
01:46185ème. »
01:48« Alors, La maison de nos rêves », c'est le film dont on va parler ce matin. C'est
01:51Claude Zidi Junior
01:52à la réalisation. C'est vous au scénario. C'est Chantal Latsou. Bon bref, on va raconter ça tout à
01:58l'heure. »
01:59« Chantal Latsou est la star de ce projet. » « La méga star de ce projet. »
02:02« Et co-écrit le scénario, c'est important de préciser. J'ai co-écrit Antonin Fourlon, qui est d
02:07'ailleurs un des réalisateurs de Chasse Gardée, entre autres. »
02:09« Très bien, monsieur. Tout ça sera au cinéma le 7 octobre. Mais d'abord, on va revenir sur un
02:14petit épisode très récent.
02:15Un matin, sans crier gare, la France se réveille et les réseaux sociaux sont envahis de vous dans un énorme,
02:25énorme talent show américain.
02:27C'est arrivé sans prévenir. Vous avez fait un carton phénoménal. La séquence a fait le tour du monde. »
02:32« Hello. Hi. How are you doing? »
02:36« I'm fine. I'm doing great. What a great crowd. Hello, people. »
02:39« They are amazing. »
02:42« And your name is? »
02:43« Kev. Kev Adams. »
02:45« Okay, Kev. Tell us about you. »
02:47« So, I come from Paris. I've been doing stand-up comedy in France for like 15 years.
02:52But it's like, I just learned English. And this is one of my first time in a big stage, so
02:57I'm glad to be here. »
02:58« Wait, you just learned English? »
03:00« You sound pretty good to me, but what do I know ? »
03:05« You know what you've got to do. You've just got to make people laugh, right ? »
03:09« Yeah. Okay, let's do it. »
03:11« America's Got Talent », c'est l'énorme machine télévisée. En France, c'est connu sous le nom de
03:16« La France a un incroyable talent ».
03:18« Tout à fait. » « Donc, c'est des numéros de gens qui défilent les uns derrière les autres
03:24sur une scène face à quatre jurés et un public chauffé littéralement à blanc. »
03:30« C'est tourné où ? À Los Angeles ? »
03:32« À Los Angeles, dans la bord-lieu de Los Angeles. »
03:33« Voilà, il y a des caméras absolument partout. C'est hyper impressionnant. »
03:38« C'est un truc de dingue. C'est un théâtre où il y a 3000 personnes à peu près.
03:41Un théâtre avec plusieurs balcons qui montent très très haut. »
03:44« Et effectivement, c'est ce talent show, peut-être un des talent shows les plus connus, les plus célèbres
03:48aux Etats-Unis. »
03:50« Et qui mélange en fait toute forme d'art. C'est ça qui est hyper intéressant. »
03:54« Des danseurs, des acrobates, des chanteurs. Les humoristes d'ailleurs sont assez rares finalement dans l'émission. »
04:00« Alors, comment vous vous retrouvez là ? »
04:02« C'est un peu une histoire hors du commun. »
04:06« C'est-à-dire que moi, j'adore faire du stand-up là-bas depuis quelques années. Depuis 4
04:10-5 ans. Peut-être même un petit peu plus. »
04:12« J'ai toujours adoré aller à Los Angeles. C'est une ville qui me fait rêver depuis des années.
04:16»
04:17« Elle cristallise tellement de choses. »
04:20« C'est Hollywood. C'est cette montagne avec les lettres. »
04:23« Et puis quand vous vous baladez là-bas, il y a tous les studios évidemment. »
04:25« Warner Bros, Universal. »
04:27« Donc depuis quelques années, ça me fait évidemment rêver. »
04:29« Donc vous mentez. Donc en fait, ça fait quelques années que vous parlez vraiment très très bien d'anglais.
04:33»
04:33« Non, c'est bien la nuance. »
04:34« C'est-à-dire que j'ai commencé à y aller sans parler bien anglais. »
04:37« J'y allais comme un touriste et comme beaucoup de touristes français, vous savez, on adore aller là-bas
04:41et dire
04:42« Oui, c'est où Hollywood Boulevard ? Boulevard ? Boulevard ? »
04:47« Oh putain, il ne comprend pas, il fait chier quoi. »
04:51Et puis petit à petit, effectivement, me voyant limité par certaines choses,
04:56j'ai commencé à apprendre des cours d'abord dans un premier temps là-bas, des cours à plusieurs.
04:59Donc c'est vraiment la classe d'anglais comme on pourrait l'apprendre ici en France.
05:01Et puis ensuite, j'ai eu un coach, une super coach en l'occurrence,
05:05qui a commencé à travailler avec moi dans le but de faire du stand-up là-bas.
05:10Et ça pour le coup, c'est beaucoup plus récent.
05:11Et donc, elle m'a appris, et j'ai aussi appris à mes dépens,
05:16que parfois, quand on ne prononce pas bien une phrase, aussi drôle la blague puisse être,
05:22vous allez l'envoyer dans le mur complètement.
05:24Parce que le public là-bas, et d'ailleurs ils ont raison, ne fait aucun effort de compréhension.
05:28Ils sont là, ils boivent un verre, ils se détendent.
05:30Si vous voulez être drôle en anglais, vous avez plutôt intérêt à mettre l'accent
05:35et les mots, les formuler de la bonne manière.
05:38Sinon, vous allez passer à côté.
05:41Et j'en ai fait les frais.
05:43Vous êtes pris des bides ?
05:44Bien sûr, évidemment.
05:45De toute façon, on ne peut pas faire n'importe quel métier, j'ai l'impression, sans rater.
05:51C'est ce qui apprend le mieux et ce qui apprend le plus.
05:53Et donc, j'ai commencé à faire des Comédie Club, et puis prendre des cours.
05:56Comédie Club, prendre des cours.
05:58Mais attention, quand je dis des Comédie Club...
05:59Et c'est là que le téléphone sonne.
06:01Vous ne viendriez pas faire un tour dans America's Got Talent ?
06:04Ça ne s'est pas exactement passé comme ça.
06:05Ça a été une rencontre dans un Comédie Club.
06:07Quand je dis Comédie Club, c'est important pour les gens de visualiser.
06:10C'est tout petit de salle ?
06:11C'est tout petit, mais vraiment tout petit.
06:12Il y a 30 personnes ?
06:13Il y a 30, parfois il y a 5, parfois il y a 7.
06:15J'ai joué parfois à Venice Beach, dans un endroit que je réflexionne beaucoup d'ailleurs,
06:19où vous êtes en extérieur, dans une cour d'immeuble un peu, puis ils sont 7-8.
06:24Puis c'est très particulier, mais c'est très plaisant aussi.
06:27Moi, j'adore cette énergie du début, cette énergie de...
06:30Il faut tenter de convaincre.
06:31La réalité, Kev Adam, c'est que vous l'aviez complètement...
06:33Est-ce que vous ne l'avez pas complètement perdue en France ?
06:35C'est-à-dire que vous êtes le propriétaire d'un Comédie Club qui s'appelle le Fridge.
06:40Mais vous, aujourd'hui, avec votre niveau de célébrité, votre niveau de notoriété,
06:44vous ne pouvez plus arriver dans un Comédie Club devant 30 personnes et tester réellement une vanne.
06:48Dès que vous mettez les pieds quelque part en France, il y a tout de suite de l'électricité.
06:53On peut toujours tester une blague, mais oui, il y a un a priori, bien sûr.
06:56C'est ça.
06:57Alors, plus devant 5 personnes à Venice Beach, il n'y en a pas.
07:01Et puis l'énergie, vous avez raison, quand vous parlez d'électricité, l'énergie est très différente.
07:05C'est-à-dire que l'énergie du début est une énergie qui est fantastique.
07:08Cette espèce d'ignorance à la fois et un peu d'intérêt du public, c'est génial.
07:12Alors, donc, on reprend l'histoire.
07:13C'est une rencontre dans un Comédie Club minuscule.
07:16De quelqu'un qui me dit, je ne suis pas seulement le patron de ce Comédie Club,
07:19je suis aussi casting pour cette émission.
07:21Et il se trouve qu'on m'a demandé de trouver des humoristes.
07:24Et il se trouve que j'ai glissé ton nom.
07:25Ok.
07:26C'est génial.
07:27C'est génial.
07:28C'est génial, merci.
07:29Vous pouvez être totalement kamikaze.
07:31Merci.
07:32Franchement, la première fois qu'on m'en parle, je ne réalise pas du tout l'impact et la portée
07:35de cette émission.
07:35Elle est mondiale.
07:37Là, pour le coup, ça a été mondial.
07:38Pourquoi ils vous ont éliminé après ?
07:39Parce que vous avez fait un tel carton.
07:41Ils ont tous voté pour vous, les quatre.
07:43Pour être honnête, je n'ai pas tous les tenants et les aboutissants.
07:45C'est tellement d'énormes productions.
07:46Déjà, à la base, je ne sais pas vraiment pourquoi ils m'ont choisi.
07:49Je ne sais pas vraiment non plus pourquoi ils ont...
07:51Et dans votre sketch, vous faites tout un délire sur l'expression américaine Hangout.
07:55Oui, tout à fait.
07:57Qui est une émission qui me fascine là-bas parce que tout le monde l'utilise.
07:59Oui, la traduction littérale serait traîner, passer un moment ensemble.
08:03Mais ils l'utilisent tellement pour tout que je joue sur ce double sens.
08:07Voilà, et donc, vu le carton de l'extrait vidéo sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron,
08:13président de la République, fait un tweet dans la foulée et il reprend une vanne avec Hangout
08:20pour promouvoir son sommet Choose France.
08:22C'est quand même la première fois de votre vie que vous êtes tweeté par le président de la République,
08:27non ?
08:27Mais je crois que pour n'importe...
08:30Je ne sais pas quoi dire à ça, ça n'a aucun sens.
08:31Encore aujourd'hui, je ne le réalise pas vraiment, c'est complètement fou.
08:33Et quand vous démarrez le sketch en disant je m'appelle Kevin, Kev, parce que ma mère adorait Kevin Costner,
08:41ça, c'est pour le sketch ou c'est vrai ?
08:43C'est vrai, c'est une vraie histoire.
08:45Ah non, c'est totalement vrai.
08:46Ah, parce que vous étiez en face de Kevin Dufraîche et on aurait dû lui demander si lui aussi c
08:51'était pour Kevin.
08:52Mais je crois que beaucoup de gens de ma génération s'appellent Kevin pour cette raison.
08:54Mais ça veut dire que vos frères, ils s'appellent Bruce comme Bruce Willis.
08:59Non, non, non, mais mes frères pour le coup n'ont pas du tout des prénoms affiliés à des films.
09:02Mais c'est vrai que c'est dingue, ma mère m'a toujours dit, elle m'a dit que j
09:05'étais fan de lui dans Bodyguard.
09:06Et Adams ?
09:07Et Adams, c'est mon nom de famille, je m'appelle Smadja, c'est mon nom de famille à l
09:10'envers.
09:10C'est un anagramme, c'est aussi simple que ça.
09:11Ah, c'est un anagramme ?
09:12Oui.
09:12Sauf que c'est un anagramme à l'américaine, Adams.
09:15Bah parce que j'adore.
09:16Vous vous êtes auto-engendré, vous vous êtes auto-américanisé.
09:19Bien sûr, mais je crois que parfois dans la vie, il faut se projeter.
09:22Je crois que je me suis toujours un peu projeté là-bas quelque part.
09:25Allez, la bande-annonce de la maison de nos rêves.
09:29C'est quoi cette maison ?
09:31Vous savez ce que c'est un viagé ?
09:32Vous achetez une maison, mais vous ne pouvez l'habiter que lorsque la personne qui vend la maison en viagé
09:37me...
09:37C'est trop beau.
09:39C'est trop beau.
09:40Normalement, ça n'est pas l'usage, mais elle est d'accord pour vous rencontrer.
09:43C'est bien.
09:44On l'achète.
09:45C'est la maison de nos rêves.
09:46Vous ne savez pas depuis combien de temps on attend cette maison ?
09:47Et on signe.
09:49Félicitations.
09:52Toutes mes félicitations.
09:54Oh, j'ai besoin de m'étirer un peu.
10:03Bon, manifestement, Kev Adams, vous avez un truc avec les maisons et vous avez un truc avec les vieux.
10:09Je ne sais pas pourquoi, mais vous avez un truc avec les maisons, puisque le précédent énorme sujet, c'était
10:16la maison de retraite.
10:16Vous avez un truc avec l'immobilier, a priori.
10:18Voilà, il a un truc avec l'immobilier.
10:20Et on va commencer avec les vieux, parce que d'abord, beaucoup, on s'en souvient de vos premiers sketchs,
10:26notamment à l'époque de Ruquier, on ne demande qu'à en rire.
10:29C'était beaucoup sur le choc des générations.
10:31Nous, les jeunes, vous, les vieux.
10:33Tout ce que nous, on fait, est-ce qu'eux, ils ne comprennent pas ?
10:35Non ?
10:36C'était un...
10:36C'est vrai ?
10:37Ouais.
10:38C'est tout, je confie en ce que vous dites.
10:40Forcément.
10:42Donc, vous, vous êtes l'acteur humoriste qui est connu pour avoir percé plus jeune que tous les autres.
10:47Ceci étant dit, ça faisait sens.
10:48J'avais 17-18 ans, donc je parlais finalement de ce que je vivais, tout simplement.
10:51C'est-à-dire que c'était mon quotidien.
10:53De la même manière que quand on écrit Soda, ce n'est pas une projection sur ce que peut être
10:57la vie d'un jeune.
10:57C'était une grande, grande série à succès sur W9.
11:02W9, tout à fait.
11:03Ouais, voilà.
11:03Donc, d'ailleurs, quand on démarre si jeune, on met les pieds au lycée ou on s'arrange pour s
11:11'en échapper le plus souvent possible et aller faire d'autres choses ?
11:15J'ai commencé à faire l'émission de Laurent Ruquier, On ne demande qu'à en rire, sur France 2.
11:18J'étais déjà en deuxième partie de l'année de terminale.
11:21En deuxième partie de l'année de terminale.
11:22En deuxième semestre.
11:24Et donc, effectivement, ensuite, quand Soda a commencé à être tourné, puis quand j'ai commencé vraiment à faire des
11:28spectacles, j'étais déjà plus au lycée.
11:30Je m'étais inscrit en fac de droit.
11:32J'avais été deux mois en fac de droit, à peine.
11:34Et puis, je n'allais plus en cours.
11:37C'était déjà terminé.
11:38C'est ça.
11:38Et j'ai essayé de le retrouver, je ne l'ai pas retrouvé.
11:39Vous n'aviez pas un sketch sur les profs de langue ?
11:41Si, bien sûr.
11:42Ah, ben voilà.
11:43Comme d'allemand, le prof d'espagnol.
11:44C'est ça.
11:44Et le prof d'anglais ?
11:45Qu'est-ce qu'on dirait au prof d'anglais aujourd'hui qu'il fait America's God's Land ?
11:49Mais ce qui est dingue, c'est que je crois que j'ai eu genre neuf au bac en anglais.
11:52C'est vrai.
11:53C'est vrai, véridique.
11:54Comme quoi, comme quoi, ne faites pas comme moi.
11:56Travaillez en anglais, vous avez gagné du temps.
11:58C'est ça.
12:00Non, plus sérieusement, vous avez créé un festival d'humour, Kev Adams.
12:04Et vous l'avez dédié à l'un de vos grands-pères.
12:07Dans ce mélange des générations et ce choc des générations que vous adorez mettre en scène.
12:12On va en reparler là, dans La Maison de nos rêves.
12:14Parce que La Maison de nos rêves, c'est l'histoire d'un jeune couple, un peu fauché, qui n
12:18'a pas les moyens d'acheter.
12:19Mais qui rêvent de mieux, d'une plus grande vie.
12:21Voilà, comme beaucoup d'entre nous, mais surtout des jeunes aujourd'hui.
12:26Et qui acceptent un vieillager.
12:27Parce qu'ils vont se faire, mais alors arnaquer de chez arnaquer.
12:31Et après, il faut sortir de cette histoire.
12:35Donc, il va falloir cohabiter avec la vieille, en gros.
12:38Si Chantal était là, elle n'aurait pas du tout aimé cette formulation.
12:41Ben non, mais c'est la formulation qu'on a dans le film.
12:43C'est vrai.
12:44Oui, vous avez monté un festival d'humour en hommage à l'un de vos grands-pères.
12:48Tout à fait.
12:48Pourquoi l'un de vos grands-pères ?
12:50Tout simplement parce qu'il était très fier de nous emmener en vacances chaque été dans cette ville.
12:53En l'occurrence, c'est Juin-les-Pins.
12:55Et donc, c'était sa fierté à lui que d'amener tous ses petits-enfants l'été dans l'appartement
13:01qu'il avait à Juin-les-Pins.
13:03Qui existe encore, qui est un appartement où il y a une chambre.
13:06Donc, autant vous dire que tous les cousins dormaient les uns sur les autres dans le salon.
13:09Et c'était les plus belles années de mon enfance.
13:11J'en garde un souvenir absolument magique, merveilleux.
13:13Et je garde de lui cette immense fierté que de nous emmener nous balader à Juin-les-Pins
13:18aux abords du festival de jazz, qui est un des festivals les plus connus du monde.
13:21Et mon grand-père n'achetait pas de billets pour ce festival de jazz, faute de moyens.
13:26En revanche, il emmenait ses huit ou neuf petits-enfants aux abords.
13:29On passait la soirée à écouter les jazzmans.
13:31L'avantage du jazz, c'est que vous n'avez pas besoin d'avoir un billet pour entendre ce qui
13:34est joué.
13:35Et donc, c'est des soirées dont je garde encore jusqu'à aujourd'hui,
13:3930 ans, enfin, on va dire 25 ans plus tard, je garde un souvenir très précis
13:42et magique, je me rappelle, la fierté dans ses yeux.
13:45Et je me dis, mais depuis tout petit, je me suis dit,
13:47imagine si toi, tu arrives à créer un festival à toi dans cet endroit-là,
13:51la fierté qu'aurait ton grand-père.
13:52C'est aussi simple que ça.
13:53C'est ça, et vous êtes monté sur scène avec votre grand-mère pour ouvrir le festival.
13:58Alors, cette vieille dame indigne, donc Chantal Latsou, qui est absolument, elle est démente.
14:03Pour vous répondre simplement, parce qu'on disait les ados d'abord et puis maintenant les personnes plus âgées,
14:07je crois aussi qu'on écrit un peu ce qu'on est.
14:09C'est-à-dire que moi, je ne fais pas exprès quand on écrit des histoires.
14:11Souvent, parfois, quand on relie, on se rend compte de certaines choses sur nous, sur soi.
14:15Et il se trouve que j'ai quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup passé du temps avec mes grands-parents.
14:19J'ai été élevé en partie par mes grands-parents, je l'ai expliqué quand je faisais maison de retraite.
14:23Et celui-là, la maison de nos rêves, il aborde plusieurs sujets que je serais ravi de discuter,
14:29mais le sujet principal, un des sujets principaux, c'est aussi la solitude.
14:32Et il se trouve qu'aujourd'hui, mes deux grands-mères vivent toutes seules.
14:34Je les ai au téléphone régulièrement.
14:36Et je sais que pour elles, d'être seule, donc non pas dans une maison de retraite,
14:39mais bien chez elles, c'est une grande souffrance.
14:41C'est-à-dire que ce qu'elles cherchent souvent, c'est de la compagnie, c'est une activité,
14:44c'est quelque chose qui se passe.
14:45Et c'est ce que j'ai tenté de raconter avec ce personnage de Nicolette dans la maison de nos
14:48rêves.
14:49Ce n'est pas une femme qui va être méchante gratuitement,
14:51ou qui va leur taper dessus pour rien.
14:53Elle tente de lutter contre cette solitude qui est bel et bien réelle, malheureusement,
14:56et qui existe grandement dans notre pays aujourd'hui.
14:59Le cœur, c'est quand même une affaire immobilière.
15:01À la base.
15:02À la base.
15:02Ça en dit long d'ailleurs sur l'époque, parce qu'il n'y a pas très longtemps,
15:06il y a un autre film qui raconte un peu le même genre d'affaires.
15:09Le même point de départ.
15:10Le même point de départ.
15:11L'arnaqueuse avec Josiane Balasco.
15:13Et ça raconte quand même l'histoire d'une France qui n'a plus les moyens d'accéder à la
15:16propriété.
15:17Bien sûr, bien sûr.
15:18Aujourd'hui, on a une génération qui ne peut plus être primo-accédant.
15:21C'est connu.
15:22On n'est pas les premiers à en parler.
15:24Vous avez raison.
15:25Et c'est vrai que c'est important d'en parler,
15:26parce que je crois que les prix explosent à tous les endroits, à tous les niveaux.
15:29Qu'aujourd'hui, même bien gagner sa vie ne suffit plus pour s'offrir certains rêves.
15:33Et puis, on parle d'autre chose aussi dans notre film.
15:37Je ne sais pas si c'est traité dans l'autre.
15:38D'ailleurs, je ne l'ai pas vu.
15:39Mais on parle d'un truc qui est très important.
15:40C'est la comparaison non-stop.
15:43C'est les réseaux sociaux qui ont amené ça.
15:44C'est un mal de l'époque.
15:45Moi, j'ai grandi avec une phrase que mes parents me disaient pendant toute mon enfance.
15:48C'est « Le mieux, c'est l'ennemi du bien ».
15:50Ça veut dire « Quand c'est bien, c'est déjà bien ».
15:52Et c'est une phrase qui va un peu à l'inverse de tout ce que j'ai voulu dans
15:54ma vie.
15:56Mais en même temps, je comprends parfois ce qu'elle veut dire.
15:59C'est-à-dire qu'on se compare tellement tout le temps aux autres.
16:03Instagram, eux, ils sont partis en vacances là-bas.
16:05Ils ont une meilleure voiture, ils ont une meilleure maison.
16:06Et c'est ce qu'on a essayé de raconter avec ce couple, avec Amélie et Benjamin.
16:09Ils se comparent tellement constamment qu'ils oublient de voir que leur vie n'est pas si mal.
16:12Par ailleurs, vous êtes quand même fils d'agent immobilier.
16:15Oui, tout à fait.
16:16Vous êtes fils d'agent immobilier.
16:18Ça fait quand même le deuxième film qui s'intitule « Maison ».
16:22Je crois que ce n'est pas pour rien.
16:23On écrit ce qu'on est, je vous l'ai dit.
16:24Mais c'est ça, c'est ça.
16:26Vous l'épargnez d'ailleurs l'agent immobilier dans votre scénar, Kev Adams.
16:30Alors, non, ce n'est pas pour l'épargne.
16:31Alors, c'est Jonathan Lambert, il est très drôle, il a des mimiques.
16:34Ah quand même, oui, il est bien caricatural.
16:36Oui, mais ce n'est pas un escroc.
16:38Non.
16:39Donc, c'est bien un scénario de fils d'agent immobilier.
16:42Écoutez, je n'aurais absolument aucun problème à écrire un agent immobilier escroc.
16:46Sans aucun problème.
16:47C'est vrai ? Pourquoi votre père était un agent immobilier qui a escroqué le banc et l'arrière-band
16:52de sa clientèle ?
16:52Je ne crois pas qu'il ait escroqué qui que ce soit.
16:54Ce que je veux dire, c'est que c'est du cinéma et que pour faire rire, il faut être
16:57prêt à tout
16:58et ne pas vouloir absolument préserver ses personnages.
17:00En revanche, là-dessus...
17:01Il ne faut pas vouloir préserver ses parents.
17:03Oui, en plus.
17:04Je croyais que c'était ça que vous avez dit bien.
17:05En tout cas, Jonathan Lambert, qui pour moi est vraiment un de nos meilleurs comédiens de comédie,
17:10il est trop fort.
17:11Déjà à l'époque où il créait les personnages chez Laurent Ruquier, il me faisait rêver.
17:14Et on lui a laissé un peu carte blanche avec Claude.
17:18On voulait qu'il crée l'image qu'il avait d'un agent immobilier.
17:21Et il se trouve qu'il est un peu trop bronzé.
17:24Il a une espèce de touffe sur la tête.
17:27Une espèce de touffe, il dodoline non-stop.
17:29Et il est très drôle.
17:31Et pour le coup, non, on ne l'a pas fait arnaqueur,
17:35mais on n'épargne pas quand même le cliché qu'il a des agents immobiliers.
17:37Je voudrais qu'on redise un dernier mot sur ses débuts chez Ruquier,
17:42puisque là on vient de parler de Jonathan Lambert et de ses personnages.
17:47On a l'impression que vous êtes la dernière génération qui a explosé à la télé.
17:53À la télévision.
17:55Comme vos aînés, comme Jamel, comme Gad.
17:59Et qu'après vous, terminez.
18:01Ce n'est plus à la télé qu'on a grandi, ce n'est plus à la télé qu'on
18:04a explosé.
18:04C'est très vrai.
18:05C'est très vrai ?
18:06Oui, c'est vrai.
18:07C'est ça.
18:18C'est ça, parce que votre arrivée chez Ruquier, vos premiers sketchs font le trou comme jamais.
18:24C'est-à-dire qu'ils sont vus des centaines de milliers de fois en replay, on en parle tous
18:28azimuts et tout.
18:29Aujourd'hui, pour les humoristes, et je rappelle que vous êtes patron de salles,
18:32et qu'en plus vous avez ouvert des salles pas qu'à Paris, aussi partout sur le territoire.
18:37C'est très gentil d'en parler parce que c'était une vraie volonté.
18:40Le Comédie Club aujourd'hui est une sortie qui explose à Paris et tant mieux d'ailleurs.
18:44Je trouve ça super qu'il y en ait de plus en plus.
18:45Ça permet de plus en plus de talent de pouvoir s'exprimer.
18:47Mais dans ces Comédie Club-là, parfois, il y a beaucoup de gens qui n'ont pas les moyens de
18:51monter à Paris,
18:52qui n'ont pas les moyens ou les connaissances suffisantes pour venir exprimer leur talent.
18:55Et là, vous ne parlez pas que du public.
18:56Vous parlez aussi des talents.
18:58Des apprentis humoristes, des aspirants humoristes, ou même des amis humoristes
19:01qui ne peuvent pas se produire s'ils ne viennent pas à Paris.
19:04Mais je parle aussi du public d'ailleurs.
19:06Je parle des talents, bien sûr, mais je parle aussi du public.
19:08Le public, nous, on s'est rendu compte au fridge à Paris, qui est ouvert maintenant depuis six ans,
19:11que pendant les vacances scolaires, les billets explosaient.
19:14On était complets très à l'avance.
19:15On s'est dit, mais il y a plein de gens, en fait, qui rêvent de vivre cette expérience-là.
19:18Et donc, effectivement, on en a ouvert un à Rouen, un à Bruxelles, un à Montpellier.
19:21Et là, on ouvre très bientôt à Bordeaux et à Troyes.
19:23C'est ça.
19:23Et on est hyper heureux.
19:24Et l'invité d'Avenée Burki tout à l'heure est marseillais.
19:27Donc, je voudrais qu'on dise un dernier mot sur Instagram,
19:29parce que c'est devenu la vitrine.
19:31C'est vrai.
19:32C'est plus la télé.
19:33C'est devenu la vitrine des humoristes qui veulent percer, qui veulent se maintenir, etc.
19:37Le problème, c'est qu'est-ce qu'on poste sur Instagram ?
19:40Je crois qu'il faut poster ce qu'on veut, ce qui nous rend heureux.
19:43Il faut arrêter d'être un peu dicté par « il faut que ça marche, il faut que ça marche,
19:45il faut que ça marche ».
19:46L'algorithme est incompréhensible.
19:48Les humoristes, ils disent « nous, on a un vrai problème. »
19:50C'est que comme il faut poster non-stop, si on poste tous les bouts de notre spectacle,
19:53à la fin, on n'a plus de spectacle.
19:55Il est en entier sur Instagram.
19:56Oui, c'est vrai.
19:57Je les comprends.
19:57Je les comprends.
19:58Et en même temps, il faut être plus créatif que les autres.
20:01Il faut ne pas arrêter d'écrire.
20:02À l'époque, on parlait de l'émission de Laurent Ruquier, c'est un très bon exemple.
20:06On devait écrire des sketchs sur l'actualité.
20:08Et on avait quatre jours pour les écrire.
20:10Et au bout de quatre jours, il fallait absolument qu'on passe très vite à autre chose.
20:12Ce que je veux dire, c'est que rien n'empêche aujourd'hui d'être créatif pour Instagram,
20:16tout en préservant un spectacle qui va être plus travaillé, plus profond.
20:20Mais de toute façon, je suis mal placé pour donner un conseil à des débutants.
20:23Je pense qu'on est tous des éternels débutants.
20:25Et bien voilà, c'était Kev Adams.
20:27Vous l'avez entendu en anglais au début de cette émission.
20:30Vous l'avez entendu en français.
20:31Et vous irez le voir le 7 octobre au cinéma La Maison de nos rêves.
20:34Claude Didi Jr. à la réalisation.
20:36Je suis très fier de ce film.
20:37Chantal Latsou.
20:38Ça vous a plu, vous m'avez dit.
20:39Pourquoi vous êtes partis de Masking Girls tous les deux ?
20:42Parce que je pense qu'on avait fait le tour de l'expérience, tout simplement.
20:45Ça fait neuf saisons.
20:46Je me suis écladée.
20:47Et je suis hyper heureux aujourd'hui de laisser ma place à des gens qui vont, à leur tour,
20:50s'éclater dans cette émission géniale.
20:52Merci Kev Adams.
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