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  • il y a 9 minutes
Tous les matins à 7h42, l'invité qui fait l'actualité. Un acteur incontournable, un expert renseigné... 10 minutes d'interview sans concession avec Apolline de Malherbe et les témoignages des auditeurs de RMC au 3216.

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Transcription
00:00Le ministre de l'éducation nationale est notre invité ce matin.
00:03Bonjour Edouard Geffray.
00:04Bonjour.
00:05Ministre de l'éducation nationale, je le disais,
00:07mais d'une éducation nationale qui doit faire face à des mouvements,
00:10des mouvements qui pour l'instant étaient à peu près contenus,
00:13mais qui pourraient prendre de l'ampleur.
00:14Des dizaines de lycées qui ont été bloqués en fin de semaine dernière en région parisienne.
00:19On vous révélait sur RMC dès hier que l'union syndicale lycéenne,
00:23qui est le premier syndicat lycéen,
00:25appelle carrément au blocage de tous les établissements de France demain,
00:28à l'occasion de la journée sociale, à l'appel notamment de la CGT.
00:32Est-ce que vous craignez la contagion ?
00:34Moi je ne crains pas forcément la contagion au sens noble du terme, je dirais.
00:39Parce qu'il y a différents phénomènes.
00:41Vous avez des lycéens qui ont des revendications et qui parfois sont tout à fait légitimes.
00:46J'ai eu le cas par exemple au lycée Saint-Exupéry,
00:47qui est le premier où il y a eu des mobilisations,
00:50parce qu'il y avait des professeurs non remplacés.
00:53Et évidemment on le savait, il y avait un travail qui a été fait,
00:55depuis une semaine, la quasi-totalité des postes a été pourvue.
00:59Derrière ça, vous avez aussi d'autres personnes qui sont violentes,
01:05qui arrivent masquées, cagouées à la serre du matin,
01:07qui arrivent avec des palettes et des matelas.
01:09Donc là on s'éloigne un peu de la mobilisation spontanée d'élèves sur la pause du midi,
01:14qui allument des feux ou qui enfoncent des grilles,
01:16et qui poussent les lycéens à se mobiliser de manière violente.
01:19Et là pour le coup on a un problème, c'est qu'on met en danger nos élèves.
01:22Et ça c'est un truc que je ne peux pas accepter.
01:23Ils viennent d'où ces dizaines, dites-vous, d'individus masqués qui viennent devant les lycéens ?
01:29Ils sont clairement extérieurs.
01:31J'ai un proviseur qui a été agressé la semaine dernière,
01:33l'individu qui l'a frappé n'était pas un lycéen de l'établissement,
01:36donc ce sont des gens qui sont extérieurs qui n'ont rien à voir avec les lycéens.
01:38D'ailleurs que l'intérêt des lycéens n'intéresse absolument pas,
01:41qui sont clairement là pour être violents et s'en prendre aux institutions en général,
01:46et à l'institution scolaire en particulier.
01:47Vous venez de nous dire, Édouard Geffray, qu'un proviseur avait été agressé ?
01:52Un proviseur a été agressé la semaine dernière,
01:53une CPE a été piétie dans un mouvement de foule,
01:56un élève a été blessé à cause d'intérêts mortiers,
01:58il est hospitalisé depuis cinq jours, il devrait sortir aujourd'hui.
02:02D'autres élèves ont été légèrement blessés.
02:04Il y a un moment, si vous voulez, l'intérêt des élèves,
02:07c'est non seulement d'aller en cours, mais c'est d'y aller en sécurité.
02:09Et il est hors de question qu'on mette collectivement la vie de nos élèves en danger,
02:13et leur santé en danger, pour des raisons politiques ou idéologiques.
02:16– Politiques ou idéologiques, qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
02:20C'est-à-dire que si ce sont des individus masqués qui viennent à 6h du matin,
02:25si je comprends bien, attisés en quelque sorte,
02:28ou soufflés sur les braises d'une colère,
02:30que vous-même vous estimez pour certaines légitimes,
02:33pourquoi le font-ils et de qui s'agit-il ?
02:36– Alors d'abord, dans certains cas, il faut effectivement…
02:38Je dirais que c'est important,
02:39quand des élèves ont des revendications,
02:41par exemple parce qu'il y a eu des postes non pourvus,
02:43enfin plus simplement des enseignants malades non remplacés,
02:45ça, il faut y travailler, c'est clair,
02:47et j'y travaille tous les jours, et tous mes services y travaillent.
02:50Quand par contre, très clairement, on a des membres,
02:51alors, qui a priori, moi je suis toujours très prudent,
02:54parce que je ne suis pas ministre d'intérieur,
02:56mais qui sont de la mouvance dite ultra-gauche,
02:58et qui ont des actions violentes,
03:01quand on a aussi des personnalités politiques,
03:03qui dans ce contexte-là, dans ce contexte-là,
03:05incitent à généraliser le blocage,
03:08alors même qu'on sait que nos élèves sont en danger,
03:11quand des individus cagoulés, armés de mortiers,
03:13se pointent dans l'establissement,
03:15là, on est sur une forme de responsabilité.
03:16De qui parlez-vous ?
03:16Est-ce que vous parlez des ministres ?
03:19Deux députés LFI,
03:20deux députés de la France dite insoumise,
03:22qui, ce week-end, ont clairement incité au blocage.
03:26Pas que ce week-end, d'ailleurs.
03:26Deux députés qui appelaient au blocage,
03:28Louis Boyard, député du Val-de-Marne,
03:30Thomas Porte, député de la Seine-Saint-Denis.
03:32Pas que, Clémence Guettet,
03:34Éric Coquerel, la semaine dernière, je crois,
03:35de mémoire aussi sont venus sur des établissements
03:38pour inciter les élèves au blocage.
03:39Mais une fois encore,
03:40qu'on se batte pour des revendications légitimes,
03:42enfin, qu'on se mobilise pour des revendications légitimes dans le calme,
03:44il y a des instances pour ça.
03:46Il y a des conseils de vie lycéenne, etc.
03:47Mais sachant que le lycée est quand même...
03:49C'est presque le parent pauvre, aujourd'hui, le lycée, finalement.
03:52Il n'a pas bénéficié des mêmes intentions que les collèges ?
03:55Qu'est-ce que vous comptez ?
03:57Alors, là, pour le coup, pardonnez-moi,
03:58je ne suis pas forcément d'accord avec vous.
04:00Ce n'est pas le parent pauvre.
04:01Et d'ailleurs, il y a quelque chose qui est intéressant,
04:03c'est que dans plus de la moitié des établissements
04:04qui ont été la cible de blocage ou autre,
04:08les dotations sont largement supérieures à la moyenne nationale.
04:12Parce que je suis allé regarder les fiches des établissements pour comprendre.
04:15Combien d'établissements, pardon ?
04:17Donc, il y a 58 établissements.
04:1958 établissements qui ont été touchés par ces colères.
04:20Qui ont fait l'objet de différentes tentatives
04:23et une dizaine qui ont fait l'objet de blocages sur ces 58.
04:26Ailleurs, les choses ont pu se résoudre heureusement différemment.
04:29Et donc, il y en a 58 en tout qui ont été concernés la semaine dernière.
04:33Et sur ces 58, il y en a majorité qui sont, j'allais dire, dans la dotation,
04:39dont le nombre d'heures ou le nombre d'adultes par élève est supérieur à la moyenne nationale.
04:42Ça ne veut pas dire que tout s'y passe bien.
04:44Il faut encore que quand un professeur est absent
04:46et qu'on n'arrive pas à le remplacer relativement rapidement,
04:48on a un problème.
04:49Mais ça, ça se traite.
04:50Ça se discute.
04:51Je n'ai jamais vu un mortier recruter un professeur.
04:53Alors justement, monsieur le ministre, la hausse de la violence,
04:56c'est quand même un phénomène significatif.
04:57Ce que je veux dire par là, c'est que je vous entendais décrire les blocus tout à l'heure.
05:00J'ai moi-même mené une grande carrière de bloqueur étant lycéen.
05:03Ça ressemble très pour très à ce que c'est aujourd'hui.
05:05La chose n'a pas beaucoup changé.
05:06En revanche, qu'il y ait des tirs de mortier devant les établissements.
05:11Ça, c'est totalement nouveau.
05:13Donc ma question est très simple.
05:14Pourquoi est-ce que cette violence-là qui existe aujourd'hui n'existait pas avant ?
05:18Chez les élèves ?
05:20Ils ne sont pas devenus idiots ?
05:23Qu'est-ce qui s'est passé entre-temps ?
05:25D'abord, il faut respecter les élèves et il faut encore les écouter.
05:29Et c'est ce que je fais et j'en rencontre d'ailleurs tous les jours.
05:31Mais là, on est sur autre chose.
05:33On est encore sur...
05:34Alors d'abord, il y a un effet réseau-sociaux.
05:36Vous avez des tracts sur les réseaux sociaux qui circulent en ce moment
05:38avec une incitation à ramener des mortiers.
05:40Avec des revendications d'ailleurs qui n'ont absolument rien à voir avec l'intérêt des élèves.
05:43Une fois encore, c'est assez intéressant de les regarder.
05:46Et puis par ailleurs, on est sur un phénomène effectivement de...
05:48Enfin, on a eu d'augmentation des tensions sociales que personne n'ignore.
05:51Et quand dans ce contexte-là, vous avez un peu des professionnels de l'agitation
05:54qui débarquent cagoulés et qui distribuent ce qu'on appelle des chandelles romaines maintenant
05:58et qui les font tirer par les élèves ou qui les tirent eux-mêmes en direction des élèves,
06:02là, vous avez un problème.
06:04Monsieur le ministre, il y a aussi depuis cette rentrée un certain nombre de cas inquiétants
06:09de professeurs qui se retrouvent parfois menacés par des élèves.
06:13Et c'est là-dessus que vous vouliez alerter, Muriel.
06:15Bonjour, Muriel.
06:17Oui, bonjour.
06:18Muriel, vous nous appelez de Pau et vous vouliez revenir aussi sur l'incident
06:22qui est arrivé en fin de semaine dernière.
06:24Voilà, parce qu'en fait, moi, je voulais...
06:27Ce qui m'énerve, c'est qu'il y a beaucoup d'incidents depuis pas mal de temps
06:33sur... qu'on entend parler pour des enfants en situation de handicap.
06:38Et en fait, il y a un gros problème de recrutement des AESH.
06:41Oui.
06:43Les parents, moi-même, ma fille est en situation de handicap.
06:46Donc, on monte des dossiers MDPH.
06:49On a des notifications pour avoir des AESH, pour avoir une place en Ulysse,
06:53pour que nos enfants puissent avoir une scolarité la plus...
06:58Normale ?
06:59Normale possible, malgré leurs difficultés, malgré leurs besoins spécifiques.
07:06Et pourtant, je déteste ce terme.
07:09Et en même temps, en face, l'éducation nationale, il n'y a pas de réponse.
07:13Moi, ma fille, elle a dû attendre la cinquième pour avoir une place en Ulysse.
07:19Pas d'AESH.
07:21Donc, en fait, c'est moi qui l'ai fait.
07:23C'est moi qui a...
07:26qui a...
07:27qui a pallié pour limiter le retard.
07:30Évidemment, il n'y a plus de redoublement,
07:32parce que c'est un échec de l'éducation nationale.
07:35Et après, on s'étonne qu'un petit enfant de 8-9 ans
07:40agresse son institutrice.
07:42Ça, ça s'est passé effectivement à la fin de la semaine dernière dans l'Essonne.
07:45Un enfant polyhandicapé qui n'aurait pas dû être dans cette classe sans accompagnement
07:50ou sans AESH, qui en effet a blessé sa professeure Muriel.
07:53Votre témoignage, je voudrais que le ministre puisse répondre.
07:56D'abord, ce que vous décrivez, madame, est évidemment et insupportable à vif pour vous
08:01et anormal.
08:03Ce qu'il faut savoir, c'est qu'en fait, on a effectivement un nombre très important
08:06et croissant d'élèves.
08:07C'est plus de 10% par an.
08:08Le nombre de...
08:09Ce qu'on appelle le notification d'AESH sur le nombre d'élèves qui...
08:12Qui auraient besoin.
08:13Qui auraient besoin d'un accompagnement d'enfants en situation de l'éducation.
08:15C'est plus de 10% par an.
08:18On essaie de suivre, c'est-à-dire qu'on essaie de recruter des gens.
08:22Cette année, par exemple, à la rentrée, on avait un taux de couverture.
08:24C'est un taux de recrutement qui était en sensible amélioration par rapport à l'année
08:28dernière.
08:28Mais le fait est qu'on a du mal aussi à trouver des AESH.
08:31On a du mal à les recruter.
08:32Ils sont quand même payés de misère par rapport à l'investissement qu'ils donnent.
08:36La difficulté, en fait, c'est qu'effectivement, pour la part, ils ne sont pas à temps
08:38plein.
08:39Et que du coup, ils ont une rémunération mensuelle qui tourne à 1000-1100 euros.
08:43Ce qui, objectivement, n'est pas suffisant.
08:46Et donc, on y travaille.
08:49Leur rémunération a été mis au 13% en deux ans.
08:51Donc, on continue à y travailler.
08:53Mais c'est un sujet extrêmement complexe.
08:55Et avec des enfants qui, effectivement, pour certains d'entre eux, comme celui que
08:57vous mentionnez tout à l'heure, devraient être dans l'institut spécialisé et pas
09:00en école.
09:00Une dernière question.
09:01Grève, appel à la grève, en tout cas, demain, dans le service public et notamment
09:05dans l'éducation nationale.
09:06Est-ce que vous savez si tous les enfants vont pouvoir être accueillis demain ?
09:09Alors, en principe, dans le premier degré, il y a effectivement un service d'accueil
09:13minimal qui est assuré par les collectivités locales.
09:15Donc, tout ça est organisé.
09:17Et normalement, oui, en tout cas, je le souhaite.
09:20Merci.
09:20Le taux de grévistes, vous savez déjà ?
09:22Le taux de grévistes, je ne le sais pas.
09:24Et on verra, évidemment, ça demain.
09:26Quoi qu'il arrive, une fois encore, les revendications, elles doivent être entendues
09:29parce qu'elles sont exprimées dans un cadre, justement, organisé et légitime.
09:31Mais il faut qu'on retrouve une forme de paix civile quand on a besoin d'exprimer
09:34ces choses-là.
09:34Et je le rappelle à nous laisser un ce matin pour ne pas qu'il se fasse manipuler
09:37par des gens qui ne cherchent pas la paix civile.
09:38Merci beaucoup d'avoir choisi RMC pour venir répondre ce matin.
09:42Edouard Geffrey, ministre de l'Éducation nationale, et un grand merci à Muriel pour son témoignage.

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