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Avec Gilles Furigo, Ancien directeur du Service de Protection des Hautes-Personnalités

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##SUD_RADIO_PRES_DE_CHEZ_VOUS-2026-09-26##

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Transcription
00:00...
00:03Allez, nous évoquons cette visite de 4 jours du pape Léon XIV en France.
00:10Bonjour à vous, Gilles Furigo.
00:13Oui, bonjour.
00:14Bonjour, vous êtes l'ancien directeur du service de protection des hautes personnalités, le SPHP.
00:21Oui, tout à fait.
00:22Vous savez que j'ai eu souvent à être au contact avec les femmes et les hommes qui composent le
00:29SPHP pendant divers déplacements de personnalités.
00:32Je tiens à saluer le professionnalisme de ceux qui composent ce service très performant.
00:38Gilles Furigo, quand on vous annonce 600 000 personnes autour de la Concorde, votre premier réflexe de professionnel de la
00:46sécurité, quel est-il ?
00:48Là, nous avons en fait deux points qui sont importants.
00:52C'est-à-dire déjà une personnalité menacée qui va arriver sur un site avec beaucoup de monde.
00:56Et ensuite, on a un événement qui reçoit du public et qu'on va devoir sécuriser.
01:01Et ça, c'est vrai que c'est un challenge qui est énorme.
01:04Qui est considérable, parce qu'il y a des masses populaires.
01:08Bien sûr, bien sûr.
01:09Donc, vous avez un périmètre de protection à mettre en place.
01:12Et ça, ça va être le rôle de la préfecture de police avec les unités de force mobile, donc CRS
01:17et gendarmes mobiles.
01:20Et donc, parce qu'il va falloir, il faut sanctuariser un site.
01:23Donc, le sanctuariser, ça veut dire quoi ?
01:25Ça veut dire interdire la circulation, interdire le stationnement, neutraliser les lignes de bus, les stations de métro,
01:32mettre en place des zones de couleur rouge, jaune, verte.
01:36Vous voyez, avec différents niveaux de protection.
01:40Des points d'accès pour les piétons.
01:42Parce que là, en plus, la messe est quasiment ouverte au public.
01:47Donc, il faut quand même faire des contrôles.
01:49Ça veut dire qu'en fait, les accès sont ouverts dès 9h.
01:52Donc, nous sommes très en amont de cette messe qui est prévue à 15h.
01:56Il faut pouvoir contrôler les points d'accès, en réalité.
01:59Bien sûr, parce que vous avez au moins un contrôle visuel.
02:02Parce qu'on ne sait pas qui peut arriver.
02:04Parce qu'en fait, vous avez des gens, vous avez des familles, vous avez du grand public, vous avez des
02:10jeunes,
02:10vous avez des handicapés, des personnes malades.
02:12Donc, vous voyez, c'est toute une infrastructure qui est vraiment très lourde à mettre en place.
02:18Est-ce que le Vatican a son mot à dire sur le dispositif ou est-ce qu'il est 100
02:22% national ?
02:23Alors, l'insécurité appartient au pays qui reçoit, donc à la France.
02:28En revanche, vous avez plusieurs étapes.
02:31Vous avez eu en premier lieu la mission préparatoire qui a eu lieu peut-être un mois avant.
02:36Donc là, vous avez les services du Vatican qui viennent en France.
02:40Et là, ce n'est pas seulement au niveau de la sécurité, c'est le protocole, c'est la presse
02:45et la sécurité.
02:47Et donc, on met en place le programme et comment les choses vont se dérouler.
02:55Ensuite, vous avez une deuxième étape qui est la mission précurseur de sécurité, là, une semaine avant,
03:01où la sécurité vaticane, donc à la fois les gardes suisses et la gendarmerie vaticane, viennent sur place,
03:08s'entendent avec le SDLP et là, on tape dans le bois dur.
03:11Là, vous voyez, c'est les places dans les voitures, les places autour de la Papa Mobile, les accès, les
03:17lieux d'évacuation.
03:18Enfin, vous voyez, et ensuite, il y a la mission proprement dite.
03:21Ce pape, s'il veut aller au contact de la foule, c'est vrai qu'il y a la Papa
03:24Mobile,
03:25c'est son, on va dire, sa bulle de protection.
03:27Mais s'il veut aller au contact de la foule, est-ce que c'est ce qui rend la protection
03:31encore plus complexe ?
03:36Dès qu'il y a contact avec la foule, c'est là où c'est très compliqué.
03:39Et c'est vrai, et c'est pour ça qu'il faut qu'il y ait une organisation en amont.
03:44Et c'est, vous voyez, le rôle du renseignement, que ce soit bien en amont, mais aussi pendant la visite,
03:51parce que c'est ce qui va permettre aussi d'adapter le dispositif en permanence.
03:54Donc, ce renseignement, si par exemple le pape veut aller faire un bain de foule,
04:01bon, ben là, on fera le bain de foule avec lui, en sachant qu'il y aura quand même un
04:06dispositif.
04:06En général, ce n'est pas décidé au dernier moment.
04:10On sait quand même un peu avant qu'à tel endroit, il peut s'arrêter.
04:15Ça m'étonnerait, descendre de la pape au mobile, par exemple, pour aller faire la foule.
04:19Mais ça, ça m'étonnerait.
04:20Oui, oui, ce serait étonnant.
04:21C'est plutôt déconseillé, même Gilles Furigo.
04:24Il y a le souvenir de ce coup de feu, ces coups de feu sur les Champs-Elysées
04:28avec le passage de Jacques Chirac.
04:30Tout est possible, en réalité.
04:33Tout est possible.
04:33Il faut partir du principe en matière de protection rapprochée, il faut s'attendre à tout.
04:37Tout est possible.
04:38Et vous prévoyez, parce que vous faites tout un tas de prévisions,
04:44ça ne se passe jamais comme vous l'avez prévu.
04:47Et c'est pour ça qu'un dispositif doit être adaptable en permanence.
04:51Vous qui avez dirigé ce SPHP, ce service chargé de protéger les hautes personnalités,
04:56je le rappelle, je le souligne, je tiens à vous le dire,
04:59un service de grande qualité, de très grande qualité, qui fait référence.
05:02Dans une journée comme celle-là, Gilles Furigo, qu'est-ce qui vous empêcherait de dormir ?
05:06Si vous me permettez la question.
05:09Tout.
05:10Si vous voulez, ce sont des périodes de grand stress, parce qu'il faut penser à tout,
05:18et attendre l'imprévisible.
05:20Et vous voyez, on a aussi aujourd'hui une menace particulière que moi je n'ai pas connue à l
05:24'époque,
05:25même si on faisait des bulles aériennes, c'est les éventuelles attaques de drones.
05:31Donc vous voyez, là, c'est quelque chose de nouveau.
05:35Nous, on mettait en place des dispositifs avec l'armée de l'air, de bulles aériennes,
05:40mais vous voyez, c'est plus contre les attaques missiles ou les avions qui pouvaient intervenir.
05:44Tandis que là, maintenant, on est quand même sur autre chose, sur des drones,
05:48des drones que vous pouvez acheter dans le commerce,
05:50et avec une autre difficulté, c'est que vous avez une discrimination à faire entre les drones,
05:56parce que tout le monde utilise des drones.
05:57La sécurité, la presse, donc ce sont des drones autorisés,
06:00et puis vous pouvez avoir des drones interdits qui vont venir dans cette bulle.
06:05Et ça, c'est quelque chose de nouveau auquel on doit faire face.
06:11Et il faut faire face, effectivement, à ces données nouvelles.
06:13Merci infiniment pour votre regard, Gilles Furigo.
06:15Sous-titrage Société Radio-Canada

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