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**Cet ancien dĂ©tenu raconte ce qu’il a VRAIMENT vĂ©cu pendant 3 mois en prison – ITW avec Le Gaulois**

⚠ Oubliez les sĂ©ries Netflix et les clichĂ©s sur la taule.

Dans cette interview sans filtre, **Le Gaulois** revient sur ses trois mois passĂ©s derriĂšre les barreaux et raconte sa vision de la **rĂ©alitĂ© carcĂ©rale** : enfermement, pression, promiscuitĂ©, rapports de force, tensions et quotidien entre quatre murs. đŸ”đŸ˜±

💀 Quand la porte de la cellule se referme
 tu n’es plus dehors.

🚹 **LA TAULE VUE DE L’INTÉRIEUR**
🔒 PrivĂ© de libertĂ©
đŸ˜€ Des nerfs mis Ă  rude Ă©preuve
👀 Toujours regarder ce qui se passe autour de soi
🧠 Une pression psychologique permanente
⛓ Des journĂ©es qui semblent interminables
đŸ”„ Des rapports humains qui peuvent devenir explosifs

đŸŽ™ïž **Le Gaulois balance son tĂ©moignage sans langue de bois.**

Comment tient-on mentalement quand on se retrouve enfermé ?
Comment se passe réellement la vie entre détenus ?
Qu’est-ce qu’on ne montre jamais de la prison ?
Et surtout : **est-ce qu’on ressort vraiment le mĂȘme aprĂšs avoir connu les barreaux ?** 😳

đŸ”„ **PAS DE CINÉMA. PAS DE ROMANTISATION. JUSTE LE RÉCIT D’UN HOMME QUI RACONTE CE QU’IL DIT AVOIR VÉCU.**

👉 Regardez l’interview jusqu’au bout et faites-vous votre propre opinion.

đŸŽ„ https://youtu.be/9t1ZYk-950s

💬 **Vous tiendriez combien de temps derriĂšre une porte verrouillĂ©e 24h/24 ?**
Dites-le en commentaire. đŸ‘‡đŸ”„

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00:00Bienvenue sur Nexus, merci d'ĂȘtre avec nous et le dernier magazine Nexus est disponible prĂšs de chez vous en
00:05kiosque, n'hĂ©sitez pas Ă  aller le trouver et bien sĂ»r les cafĂ©s Nexus, vous ĂȘtes tous les bienvenus tous
00:10les premiers samedis du mois de 14h à 18h aux 14h de Pathé, on fait des cafés philo, on pense
00:15le monde de demain, tous ensemble et voilĂ , nous on n'a pas Ă  se plaindre, tout le monde met
00:19une belle énergie pour arriver justement à penser comment est-ce qu'on pourrait vivre dans un meilleur monde politique
00:26demain, dans une société plus harmonieuse, etc.
00:29Mais aujourd'hui on est là pour parler avec une seconde fois un invité qu'on avait eu la derniÚre
00:34fois, le Gaulois qui nous avait parlé de son histoire fascinante, il a brûlé des antennes 5G avec quelques-uns
00:39de son collectif, il avait raconté pourquoi il l'avait fait, on vous invite à aller regarder cette vidéo.
00:44Et donc lĂ  et en mĂȘme temps on s'est dit, ben voilĂ , il est passĂ© par les prisons françaises
00:49et comment c'est aujourd'hui de passer dans justement ces institutions 2020, enfin dans les années 2020 et voilà.
00:59Alors le Gaulois, je te laisse te représenter trÚs rapidement et parle-nous, voilà comment était ton expérience là-dedans,
01:06oĂč en sont les prisons françaises ?
01:09Moi voilà, suite aux actes de résistance pour libérer le vivant, pour sauver le vivant, pour secourir la population, on
01:18a brûlé des antennes, on a été incarcéré à notre grande surprise, on ne pensait pas qu'on serait incarcéré
01:24avant mĂȘme d'ĂȘtre jugĂ©, c'est-Ă -dire condamnĂ© avant mĂȘme d'ĂȘtre jugĂ©,
01:27alors que les violeurs et les pĂ©dophiles en France, ils ont tapis rouge, ils peuvent mĂȘme partir en vacances, comme
01:33Montréal par exemple.
01:36Et donc du coup, j'ai eu la malchance d'ĂȘtre incarcĂ©rĂ© dans une de ces poubelles d'État, en
01:48Savoie, la prison de Hétan, pour la nommer, parce qu'elle existe.
01:54Et j'ai fait trois mois, j'ai été incarcéré trois mois, pour rien, juste pour me terroriser.
02:02Et effectivement, on bascule dans un univers que je n'imaginais pas.
02:08J'avais déjà eu moi, alors pour le coup, j'avais déjà eu l'occasion, en tant qu'éducateur de
02:14prévention, j'étais éducateur de rue,
02:16donc j'avais eu l'occasion d'aller visiter des jeunes incarcérés.
02:21Voilà, j'avais déjà eu l'occasion d'entrer dans deux, trois prisons.
02:25Mais quand on est visiteur, c'est rien Ă  voir, c'est pas le mĂȘme monde que quand on est
02:30incarcéré, quand on est prisonnier.
02:34Et là, la bascule, ça a été sidérant, pas la premiÚre semaine.
02:42La premiĂšre semaine, on est dans un quartier qui s'appelle le quartier des arrivants.
02:47Donc moi, j'ai eu la chance d'y rester un peu plus que les autres, parce que j'avais
02:51fait appel,
02:52l'avocate avait fait appel de mon incarcération, qui était aberrante.
02:57Donc je pensais sortir au bout de 15 jours, ce qui a été le cas de mes autres collÚgues d
03:01'ailleurs.
03:05Mais moi, du coup, j'ai acheté deux semaines à peu prÚs.
03:09LĂ , dans la cellule, la cellule, j'en ai deux, il y avait quoi ?
03:14Il y avait 10, 11 mÚtres carrés.
03:17Il y avait une douche.
03:19Donc c'est la cellule des arrivants.
03:22Donc voilà, il y avait douche équipée.
03:23Donc on est en prison, mais on peut se laver Ă  peu prĂšs comme on veut.
03:28Donc ça va.
03:29Et bien par contre, 15 jours aprĂšs, on passe, on est transfĂ©rĂ© en maison d'arrĂȘt.
03:34Ah, c'est.
03:35Et là, ça change tout.
03:37Là, ça change tout.
03:38Là, ça change tout.
03:40La bascule a été violente.
03:45C'est incroyable.
03:46C'est déjà, il n'y avait personne pour...
03:48On nous a emmenés dans un couloir face à la porte de la cellule qui était fermée.
03:53Et il n'y avait personne pour nous ouvrir.
03:55On a attendu dans le couloir.
03:56On était avec mon co-détenu.
03:57On était tous les deux avec à la main.
03:59On avait la poubelle.
04:01On avait le PQ.
04:02On avait...
04:03C'était...
04:03Enfin, c'est déjà, en termes de logistique, c'est...
04:09C'est le chaos.
04:11C'est n'importe quoi.
04:13Et la cellule, un gardien arrive, la cellule de...
04:17La nouvelle cellule qu'on devait intégrer, la porte s'ouvre.
04:20Et lĂ , il faut un transfert, mais en quelques secondes, le mec, il sort, il va rejoindre une autre cellule.
04:26Il change de cellule.
04:28Et on rentre dans une cellule qui n'a mĂȘme pas Ă©tĂ© nettoyĂ©e, qui Ă©tait dĂ©gueulasse.
04:32Il y avait une fuite d'eau.
04:34Il y avait un centimĂštre de flotte dans les chiottes.
04:38C'était dégueulasse.
04:40Ça puait.
04:40C'était crado.
04:42Normalement, entre deux transferts, il y a une équipe qui vient passer un petit coup dans la cellule, quoi.
04:48Ben lĂ , que dalle.
04:49Et mĂȘme, je me rappelle, mĂȘme la jeune gardienne, qui visiblement Ă©tait Ă  l'Ă©cole, c'est une stagiaire,
04:55elle a ouvert la porte.
04:56Quand elle a vu, elle a mis le nez dans la cellule, elle a dit, c'est pas possible.
04:59Elle a fait un mouvement de retrait, elle a dit, non, c'est pas vrai.
05:01Parce qu'en fait, il faut savoir que dans les prisons françaises, au moment oĂč on parle,
05:07enfin au moment oĂč on parle, il y a deux ans en arriĂšre,
05:09il manquait déjà entre 2500 et 3000 gardiens.
05:16Donc, il manque de personnel, terriblement.
05:21Et ça explique que les détenus se retrouvent dans des situations sanitaires et sécuritaires,
05:29j'y viendrai juste aprÚs, qui sont déplorables.
05:32Mais c'est le tiers-monde.
05:34Les prisons françaises, en tous les cas, celles de Savoie oĂč j'Ă©tais, lĂ , c'Ă©tait le tiers-monde.
05:42Et on s'est installés dans cette poubelle en espérant qu'on vienne réparer la fuite d'eau
05:48parce qu'on marchait dans un centimĂštre de flotte.
05:51Et puis, l'autre surprise, c'est qu'on rentre dans une cellule qu'on pensait équipée d'une douche,
05:57et bien, il n'y a pas de douche.
05:59Il n'y avait pas de douche.
06:00Donc, on passait d'une cellule qui avait 11-12 mÚtres carrés pour deux,
06:03c'est déjà pas bien grand.
06:05Mais on est en prison, je ne suis pas en train de dire qu'il faut mettre des lofts de
06:0820 mÚtres carrés.
06:09Moi, je ne suis pas contre les prisons, je vous le dis tout de suite.
06:11Il faut des prisons, je suis désolé, mais il faut des prisons.
06:14Quand on voit le niveau de criminalité aujourd'hui, heureusement qu'il y a des prisons.
06:17mais avec un minimum de sécurité et de dignité.
06:21C'est tout ce que je dis.
06:23Et là, ce n'était pas le cas.
06:25Et donc, la prison, on est passé de 11 mÚtres carrés à 9 mÚtres carrés.
06:28On n'avait plus que 9 mÚtres carrés.
06:30C'est minuscule, c'est dégueulasse.
06:32Tout est dégueulasse.
06:33Tout est dégueulasse.
06:35L'odeur, comment est-ce qu'il y a une odeur ?
06:43L'odeur, il y a des odeurs de bouffe, des odeurs de tabac, des odeurs de shit.
06:49Parce que du coup, je pense que les mecs, ils filment plus en prison que à l'extérieur.
06:55Il faut arrĂȘter, c'est bon.
06:59Et puis, bon, les odeurs, ça pue.
07:01Et puis, c'est surtout, moi, ce qui m'a choqué, avant que j'oublie, je vais le dire tout
07:05de suite, c'est le bruit.
07:06En fait, tu ne te reposes jamais.
07:09Ce qui est incroyable, c'est qu'il te donne, quand tu arrives, il te donne un livret.
07:13Et c'est le code de bonne conduite, c'est le rÚglement intérieur.
07:17Et tu le feuillettes.
07:18Et dedans, en gros, tu as un chapitre, interdiction de faire du bruit sous peine de sanction.
07:25Parce qu'on vit en collectivité, normal en fait.
07:29Et tu sais quoi ?
07:30Là-bas, il y a un systÚme, parce qu'en fait, les prisons, c'est un supermarché géant.
07:35Il faut bien comprendre ça.
07:36C'est-à-dire que la consommation, on est dans un systÚme de consommation à l'extérieur.
07:41Mais on pourrait croire qu'à l'intérieur, les détenus n'ont plus rien.
07:45Mais c'est le contraire.
07:46Ils ont encore plus à l'intérieur, pour certains, pas pour tous.
07:50Mais pour certains, ils ont encore plus de capacité de consommation de merde qu'à l'extérieur.
07:56Ah mais absolument, il y a tout.
07:58Et accroche-toi, incroyable.
08:02Dans le catalogue, parce qu'il y a un catalogue.
08:05Comme dans ta boĂźte aux lettres, on te met des catalogues de produits Ă  acheter en promotion.
08:10Tu as un catalogue de tout ce que tu peux acheter.
08:13Mais vraiment, ça s'appelle la cantine.
08:16Vraiment, ça s'appelle cantiner.
08:17Le verbe cantiner.
08:19LĂ -bas, tu cantines.
08:21Et donc, tu as tout.
08:22Mais tu as tout.
08:23Tout.
08:23Et tu as mĂȘme, incroyable, des chaĂźnes IFI.
08:29Tu peux t'acheter une chaĂźne IFI Ă  50 balles.
08:33C'était 50 balles, la chaßne IFI.
08:36Alors, qu'est-ce qui se passe ?
08:37Parce que les mecs, ils ont de l'argent.
08:39Ils disent qu'il y a du trafic.
08:40Mais c'est la mafia.
08:42La prison française, c'est la mafia à l'intérieur.
08:44Donc, ils ont du fric.
08:46Tous, plus ou moins.
08:47Plus ou moins.
08:48Mais ils ont tous quasiment du fric.
08:51Et qu'est-ce qu'ils font ?
08:52Eh bien, ils achĂštent des chaĂźnes IFI.
08:54Donc, ce qui se passe, c'est quand tu arrives le soir
08:58et que tu te dis, il y a du bruit toute la journée.
09:00Les portes, elles claquent.
09:02Les bruits de serrure, les grands coups de...
09:06Les grosses clés dans les portes.
09:08Ça n'arrĂȘte pas.
09:09Et ça résonne.
09:11Et tu te dis, peut-ĂȘtre que le soir, je vais me poser.
09:14Et puis, je vais pouvoir m'en poser.
09:15Mais qu'est-ce qui se passe ce soir ?
09:17Mais les mecs, ils mettent la musique.
09:19Mais mettre la musique Ă  fond.
09:23Et tu veux que je te dise ?
09:24Il y a un moment donné, je me suis demandé
09:26si je n'allais pas devenir fou.
09:28Je te promets.
09:30Et à un moment donné, du coup,
09:33il y a un service médical.
09:35Donc, quelques jours aprĂšs, j'ai eu rendez-vous avec...
09:37C'était obligatoire.
09:38J'ai eu rendez-vous avec une infirmiĂšre.
09:41Et je lui dis Ă  l'infirmiĂšre, putain, faites quelque chose.
09:44Appelez le chef et dites-lui de faire respecter la rĂšgle
09:47d'un minimum de silence, de respect.
09:52Elle me dit qu'on n'arrĂȘte pas et ils ne peuvent pas.
09:55Parce que ce n'est pas les gardiens qui tiennent les prisons.
09:58C'est une poignée de détenus qui tiennent les prisons.
10:03Ça, je l'affirme, je l'ai vu.
10:06Il y a des détenus, les gardiens, certains gardiens, la plupart,
10:10leur cirent les pompes.
10:11Mais parce que ce sont des trafiquants.
10:13Et ils le savent.
10:15Et que s'ils n'obéissent pas, d'ailleurs, la prison de Eton,
10:20six mois aprĂšs que je sois sorti,
10:22que les gens qui nous écoutent aillent vérifier ce que je dis,
10:24sur Internet, il y a eu une enquĂȘte,
10:28il y a eu un scandale de corruption de gardiens avec des détenus.
10:33Il y en a eu.
10:35Bon, bref.
10:36Donc, les mecs, ils mettent la musique Ă  fond.
10:39Et donc, tu as encore plus de bruit.
10:40Tu as encore plus de bruit la nuit que le jour.
10:43Donc, l'infirmiÚre, quand je suis allée la voir,
10:44je lui ai dit, à un moment donné, donnez-moi des boules qui es.
10:49Elle me dit, accrochez-vous.
10:51Vous allez pas, vous allez, vous allez, elle a été super gentille.
10:55Elle était super gentille, vraiment.
10:57Et elle me dit, mais accrochez-vous dans les prisons.
11:00Je peux vous donner tant que vous voulez des capotes,
11:03mais pas de boules qui es.
11:07C'est texto, texto.
11:09C'est-Ă -dire, tout est fait, texto, texto.
11:13Il y a des couples qui se forment et tout est fait
11:15pour que les prisonniers deviennent pédés.
11:19Je le dis.
11:21C'est pareil qu'à l'intérieur.
11:22C'est pareil qu'à l'extérieur.
11:24Le mouvement LGBT, il est à l'intérieur des prisons.
11:28Elle m'a dit, des capotes.
11:29Je vous en donne tant que vous voulez.
11:31Des boules caisses.
11:32Des boules caisses, je ne peux pas.
11:34Il faut les cantiner, il faut les payer.
11:37Je lui ai dit, mais je ne vais pas payer des boules caisses.
11:38Vous faites de ma gueule.
11:41Et puis, en plus, je n'avais pas accĂšs Ă  mon argent.
11:43Je venais d'arriver.
11:43Enfin bref.
11:45Et du coup, qu'est-ce que j'ai fait, moi ?
11:47Je suis rentré dans ma cellule et j'ai pris du papier
11:52et je me suis fabriqué des boules caisses.
11:55En bouillant un peu le papier, je me suis fabriqué des boules caisses.
11:58Mais des boules caisses qui n'étaient pas adaptées.
12:00Donc, la nuit, ça tombait.
12:03Et aprĂšs, arrive un truc.
12:05Il se passe un truc.
12:06Comme le corps humain est un fruit du divin.
12:09Nous sommes des enfants du divin.
12:11Le corps humain est parfait.
12:13Il s'adapte.
12:15Au bout d'un moment, je n'entendais plus les bruits
12:18tellement que c'était devenu un supportage.
12:20J'avais passé le cap.
12:21Et c'est ce qu'on appelle la résilience.
12:24C'est ça, la résilience.
12:26C'est quand la torture est trop permanente
12:31et que tu n'as pas d'échappatoire
12:33et que tu sais que tu vas ĂȘtre torturĂ©
12:34de jour aprĂšs jour aprĂšs jour aprĂšs jour.
12:38Ton corps, ton psychisme intÚgre cet élément
12:42et tu entres en résilience.
12:44C'est-Ă -dire que tu souffres.
12:47C'est toujours horrible,
12:48mais tu t'habitues.
12:50C'est une forme d'accoutume.
12:51Tu te protĂšges.
12:53Parce qu'autrement, tu deviens fou.
12:54Tu te suicides.
12:56Oui, tu te suicides.
12:58Et Ă  propos de suicide,
13:01je vais t'en raconter une.
13:04La veille de mon transfert
13:07du quartier des arrivants
13:09Ă  la maison d'arrĂȘt,
13:10d'accord ?
13:12C'est-Ă -dire que
13:13de l'enfer
13:15Ă  l'enfer poubelle.
13:18Ok ?
13:20Écoute bien ce que je vais te dire.
13:22Tu es resté combien de temps
13:23dans l'enfer poubelle, justement ?
13:25Trois mois.
13:26Trois mois, oui.
13:27Ok.
13:29Alors, je n'avais rien Ă  y faire.
13:31C'est des antennes que j'ai tramées.
13:33J'ai agressé personne.
13:34J'ai violé personne.
13:35Non, mais tu imagines
13:36celui qui reste dix ans lĂ -dedans.
13:38Enfin, bref, c'est une discussion.
13:39Alors, quand ta peine est longue,
13:42quand ta peine est longue,
13:43j'ai appris parce que tu apprends tout lĂ -bas.
13:44Quand ta peine est longue,
13:45c'est quand ta peine,
13:46quand tu arrives, on va dire,
13:47aux deux ans,
13:48un an et demi, deux ans.
13:49Quand tu as une peine longue,
13:51un an et demi, deux ans,
13:52tu es transféré
13:54dans un autre bĂątiment.
13:59Et c'est ce qu'ils appellent
14:00le centre pénitentiaire.
14:03Quoi ?
14:03Il y a trois niveaux.
14:05Quartier des arrivants,
14:06maison d'arrĂȘt
14:07et je crois que c'est centre pénitentiaire.
14:09C'est un mot comme ça.
14:11Et lĂ , tu as une chambre individuelle.
14:14Tu as une cellule individuelle, pardon.
14:16Tu as une cellule individuelle.
14:17Et ça change tout.
14:18Parce que moi,
14:19j'ai eu trois co-détenus.
14:21Dans les trois,
14:21j'ai eu deux tarés.
14:25« Va cohabiter, va cohabiter,
14:27va cohabiter neuf mÚtres carrés
14:29avec un mec
14:30qui ne peut pas te voir
14:31et que tu n'as pas envie de voir. »
14:35À partir de là,
14:37j'arrive du coup,
14:37ça me permet de

14:38C'est encore fluide du coup, ça va.
14:40Ça me permet d'enchaüner
14:42et d'arriver sur la violence
14:44qui est omniprésente.
14:46Et je reviens Ă  mon histoire.
14:51La veille de mon transfert,
14:52c'est-Ă -dire pendant la nuit,
14:53pendant la nuit de mon transfert
14:56Ă  la maison d'arrĂȘt,
14:57dans le mĂȘme quartier,
14:59donc dans le mĂȘme bĂątiment
15:01oĂč j'ai eu ma cellule,
15:05il y a eu un meurtre.
15:08Tout ce que je te dis,
15:09tout ce que je vous dis,
15:10vous pouvez le vérifier sur Internet.
15:12À HĂ©ton,
15:142023-2023-2024,
15:17à Héton,
15:20meurtre dans une cellule,
15:22il y a un co-détenu
15:24qui a péter un cùble
15:26et a poignardé.
15:28Il avait récupéré un petit ciseau.
15:30Non, mais il faut que les gens
15:31entendent la réalité.
15:32Avec un petit ciseau,
15:34un petit ciseau pour bricoler.
15:35Je ne sais pas ce qu'il avait fait.
15:37Peut-ĂȘtre qu'il avait,
15:37en frottant,
15:39aiguisé,
15:40c'est des ciseaux Ă  bout rond.
15:42Il avait peut-ĂȘtre aiguisĂ©,
15:43je n'en sais rien.
15:45Il a poignardé son co-détenu
15:47une partie de la nuit.
15:50Il a été retrouvé le lendemain
15:51Ă  l'autopsie.
15:53Je l'ai su parce qu'aprĂšs,
15:54j'ai vu des gendarmes
15:55parce que j'étais sorti
15:55de ma cellule pour le tribunal
15:57et j'ai discuté avec douté
15:58parce que j'ai fait
15:59des promenades tous les jours.
16:02Une centaine de coups de ciseau.
16:06Les gars qui étaient là avant moi,
16:08que j'ai vus en cours de promenade
16:09parce que j'ai fait la promenade
16:10deux fois par jour,
16:12tous les jours,
16:14et j'ai discuté,
16:15ils m'ont raconté
16:15et ils ont entendu l'agonie
16:18du mec qui était en train
16:19de se faire massacrer.
16:21Ils ont entendu
16:22ses gémissements,
16:24ses plaintes.
16:24Il a appelé à l'aide.
16:26Il a appelé à l'aide
16:27et aucun gardien n'est intervenu.
16:30Ils l'ont laissé
16:31se faire massacrer
16:33parce que les gardiens
16:34ont une consigne abjecte,
16:37abjecte, abominable.
16:39C'est du terrorisme ça encore.
16:42Ils ont la consigne
16:43de ne pas intervenir.
16:45Tu entends ce que je te dis ?
16:46Comme ça,
16:47ils ont la conscience
16:48de ne pas intervenir.
16:49Tu te fais fracasser la gueule,
16:51tu te bats dans ta cellule,
16:53tu entends des bruits,
16:54des cris.
16:55J'ai entendu,
16:55mais au moins 3-4 fois,
16:57des mecs se taper dans les cellules.
16:593-4 fois,
17:00tu n'entends que ça,
17:01tu n'entends que ça.
17:04Et ils n'ont pas le droit,
17:07les policiers,
17:07les gardiens ?
17:08Non,
17:09ils n'ont pas le droit.
17:11Alors,
17:11je ne sais pas pourquoi
17:12ils n'ont pas le droit,
17:12si c'est une consigne
17:14de sécurité pure et dure
17:15ou si c'est parce qu'il leur manque.
17:17Je l'ai dit tout Ă  l'heure,
17:18il manque 3 000.
17:203 000,
17:20ben voilĂ ,
17:21ben voilĂ .
17:22Ben voilĂ .
17:23Les portes sont fermées,
17:25ils ne peuvent pas ouvrir les portes.
17:27Donc,
17:28tu es
17:29mille fois plus en insécurité
17:31dans une prison française
17:32au 21e siĂšcle
17:33que dans un des pires
17:35quartiers
17:36de Marseille
17:37ou de Paris.
17:39On est d'accord ?
17:40C'est la vérité,
17:41ce que je dis.
17:43Et puis aprĂšs,
17:44la violence,
17:44elle est partout.
17:45Donc,
17:45je viens de le dire
17:46dans les cellules,
17:47elle est dans les couloirs.
17:48Moi,
17:48j'ai entendu des mecs
17:48se taper dans les couloirs
17:51des rĂšglements de comptes
17:52parce qu'ils savent se croiser.
17:54Tu sais,
17:55ils savent tout,
17:55les détenus.
17:56C'est incroyable.
17:57Tu crois que rien ne sait ?
17:59Tout se sait.
18:00Tout se sait.
18:02Donc,
18:02il y a des bagarres
18:02dans les couloirs,
18:03des rĂšglements de comptes,
18:04mais il y a des rĂšglements de comptes
18:05surtout,
18:06c'est dans la cour
18:06pendant les promenades.
18:09Et il y a des caméras partout
18:10au-dessus de la promenade,
18:12de la cour de promenade.
18:13Donc,
18:13tu as trois ou quatre caméras
18:14qui filment la bagarre,
18:15qui filment l'agression
18:17et tu n'as pas
18:20un gardien
18:21qui intervient.
18:22LĂ  encore,
18:23ils n'ont pas le droit
18:23d'intervenir ?
18:24Non,
18:25ils n'interviennent pas.
18:27Et moi,
18:28elle me l'avait bien dit.
18:29L'infirmiĂšre
18:29qui était adorable,
18:31elle me l'avait bien dit.
18:32Elle m'avait dit,
18:32mais surtout,
18:33parce que moi,
18:34tu vois Ă  peu prĂšs
18:34le profil que j'ai.
18:35Moi,
18:36j'ai passé ma vie
18:36à défendre les gens
18:38et Ă  me battre.
18:39Tu m'as arrivé
18:39de me battre dans la rue
18:40pour séparer
18:41des gens qui se battaient.
18:42Tu comprends ?
18:43À l'Ă©cole,
18:44je faisais,
18:44j'ai pris des coups comme ça.
18:45Mais c'est ma nature,
18:46c'est comme ça.
18:48Donc,
18:48moi,
18:48elle avait compris
18:49un peu mon profil.
18:50Elle m'avait dit,
18:50mais je vous préviens,
18:51n'intervenez pas
18:52parce que si tu interviens,
18:54effectivement,
18:54c'est bien d'intervenir.
18:55Mais en prison,
18:57tu peux te faire lyncher
18:58direct
19:00parce que tu ne sais pas
19:00sur quoi tu interviens.
19:02Tu ne sais pas
19:03sur quoi tu interviens.
19:04Donc,
19:06j'ai vu
19:06deux,
19:07trois,
19:07quatre,
19:08alors que je n'ai pas vu
19:08des bagarres
19:09oĂč les mecs
19:11mais j'ai vu des bagarres
19:12et ils n'interviennent pas.
19:14Les gardiens
19:15n'interviennent pas.
19:18Donc,
19:18du coup,
19:18quand tu es détenu,
19:20ce que tu dis lĂ ,
19:21c'est que
19:21que tu sois en promenade
19:23ou que tu sois
19:24dans ta cellule,
19:26c'est que tu es
19:27en insécurité,
19:28tu es en stress,
19:30tu ne sais pas
19:30sur qui tu peux tomber.
19:32Tout le temps.
19:33Tout le temps.
19:35MĂȘme toi,
19:36potentiellement,
19:37en y repensant,
19:38tu te dis,
19:39désolé de poser la question,
19:40mais c'est pour qu'on aille
19:41au bout du sujet,
19:41mais tu te dis,
19:42tu aurais pu tomber
19:42sur un vrai malade
19:44par un coup de malbol ?
19:46Romain,
19:46je m'étais préparé.
19:48Je m'étais préparé.
19:49Je m'étais préparé
19:50Ă  me battre.
19:52Alors,
19:52encore une fois,
19:53j'ai de la chance.
19:55Je ne fais pas 1m50.
19:56Je suis plutĂŽt sportif.
19:59Je suis éducateur sportif aussi.
20:00J'ai fait de la boxe française.
20:02VoilĂ .
20:02Je sais un peu me défendre.
20:04Mais je m'étais préparé
20:06Ă  me battre.
20:06Je voyais le moment
20:07oĂč j'allais me faire brancher
20:08par un taré
20:11dans la cellule
20:12ou en promenade.
20:15Pour le coup,
20:16ce n'est pas parce que
20:17tu sais te défendre
20:17que tu vas avoir
20:18le dernier mot.
20:19Ce n'est pas ça
20:19que je suis en train de dire.
20:21tu peux te faire péter la gueule.
20:25Alors lĂ ,
20:25je vais te dire,
20:26ça,
20:26je n'en sais rien aprĂšs.
20:27Mais je m'étais préparé.
20:30Bon,
20:30ben voilĂ .
20:31Quand est-ce que ça

20:32En fait,
20:32je m'étais dit
20:33mais c'est quand ?
20:34Ça va arriver quand ?
20:37Du coup,
20:38tu vas vivre constamment
20:39avec ce stress-lĂ .
20:40Oui,
20:41absolument.
20:43Et si tu ne veux pas
20:44rentrer dans ce stress-lĂ ,
20:46il faut rentrer
20:46dans le réseau.
20:48C'est-Ă -dire ?
20:49Le réseau de trafiquants
20:53dans la prison.
20:55C'est-Ă -dire que moi,
20:56j'ai été approché
20:57plusieurs fois
20:58pour faire passer du shit.
21:00Et si tu le fais,
21:02tu es protégé
21:03par ce réseau ?
21:04Ben oui.
21:06Ben oui.
21:07Ben évidemment.
21:07Mais c'est évident.
21:10LĂ -bas,
21:11c'est la guerre du tabac
21:12et de la drogue.
21:13Mais du coup,
21:15si tu

21:16Moi,
21:16j'aime bien réfléchir
21:18aux institutions,
21:19aux systĂšmes,
21:19etc.
21:20Mais lĂ ,
21:21ça veut dire
21:21que tout le systĂšme
21:22de fonctionnement
21:23des prisons
21:23est basé sur

21:25La peur.
21:27Sur

21:28Les gens n'ont plus le pouvoir.
21:29Enfin,
21:29je ne sais pas comment ça n'a.
21:31C'est-Ă -dire que le systĂšme
21:33est fait pour laisser la main
21:34aux

21:35Oui.
21:35C'est institutionnalisé.
21:36Oui,
21:37mais aprĂšs,
21:38quand tu as compris,
21:39tu vois bien,
21:40je pense avoir décrypté,
21:41compris un petit peu
21:42la matrice.
21:43On peut quand mĂȘme
21:44Ă  peu prĂšs,
21:45pas tout,
21:45mais quand mĂȘme Ă  peu prĂšs.
21:47Quand tu sais que
21:47ceux qui nous dirigent,
21:48ce sont les francs-maçons,
21:49ce sont les pédocriminels satanistes,
21:52francs-maçons,
21:52il faut les nommer.
21:53Non,
21:53mais c'est

21:53La peur doit changer de camp.
21:55Donc,
21:55demain,
21:55si les gens doivent faire des actions,
21:57tu me demandais ça,
21:57c'est aussi d'aller repérer
21:59oĂč sont ces pourris.
22:00VoilĂ .
22:02la devise des francs-maçons,
22:04tu la connais ou pas ?
22:05J'y rappelle, lĂ  ?
22:07Ordo ab chaos.
22:09L'ordre par le chaos.
22:14Tout ce que je dis,
22:15ça se vérifie.
22:16Donc,
22:17le chaos,
22:17il est à l'extérieur,
22:19tu vois bien,
22:20l'Europe,
22:21la France,
22:22c'est le chaos.
22:22Partout en Europe,
22:23il n'y a pas que la France,
22:24partout en Europe,
22:25c'est l'Utah,
22:25enfin voilĂ ,
22:26c'est le chaos,
22:27mais y compris
22:28à l'intérieur des prisons.
22:30Et donc,
22:30il te pousse,
22:32ta seule porte de sortie,
22:34c'est soit tu essayes de rester,
22:35ce que j'ai essayé de faire,
22:37intĂšgre,
22:38c'est-Ă -dire courage,
22:39honneur et dignité,
22:41adossé à mes valeurs gauloises,
22:43celtes,
22:44vikines,
22:46soit tu n'as pas ces valeurs-lĂ 
22:47ou tu n'as pas suffisamment de force
22:49et tu rentres dans le systĂšme,
22:50c'est-Ă -dire que tu baisses ton froc.
22:52Alors pour le coup,
22:53ça peut ĂȘtre aussi,
22:54je n'ai pas vu d'histoire de viol,
22:55je l'ai dit tout de suite moi,
22:56je n'en ai pas vu,
22:57je n'en ai pas entendu.
22:58Par contre,
22:59des histoires de trafic,
23:01de tabac et de shit,
23:03il n'y a que de ça.
23:04Et moi,
23:05j'ai été approché
23:06pour faire passer
23:07des bouts de machin,
23:08mais j'ai toujours refusé.
23:10Ah oui.
23:11Donc,
23:12tu as refusé
23:12d'ĂȘtre protĂ©gĂ©
23:13par le réseau alors ?
23:14Évidemment.
23:18Évidemment.
23:19Le gaulois,
23:20je ne suis pas la pute.
23:23Mon pseudo,
23:23ce n'est pas la pute,
23:24ce n'est pas le collabo,
23:25c'est le gaulois.
23:26Tu as le choix.
23:27Oui,
23:28parce que tout Ă  l'heure,
23:28je me demandais
23:29si j'avais cru
23:31comprendre la version.
23:33Pardon.
23:34Non,
23:34je me posais cette question-lĂ ,
23:36est-ce que tu étais obligé,
23:37sinon tu te faisais massacrer
23:38par le réseau ?
23:40On n'est jamais obligé,
23:42encore une fois,
23:42on a toujours le choix.
23:43Il n'y a pas de souci,
23:44ok.
23:45Je te dis juste
23:46qu'il y a des gens
23:47qui achÚtent leur sécurité
23:48en participant au truc
23:50et puis voilĂ ,
23:50c'est tout.
23:51Mais c'est pareil
23:52à l'extérieur.
23:53C'est pareil à l'extérieur.
23:55Quand on parle
23:55des faux dissidents,
23:57des faux résistants
23:58qui pullulent,
23:59qui se fument,
23:59qui se fument les tournées,
24:00qui disent des inepties
24:01ou qui passent leur temps
24:03Ă  enfoncer des portes ouvertes,
24:04ah ben oui,
24:05c'est bien,
24:06tu as raison d'ouvrir cette porte,
24:07elle a déjà été ouverte
24:088500 fois.
24:09Ça va sĂ»rement aider
24:10la révolution
24:10ou la résistance.
24:12Mais bref,
24:13ces gens-lĂ ,
24:15ils participent aussi,
24:16ils ne seront jamais emmerdés
24:17comme moi.
24:17Ils ne seront jamais
24:18emmerdés comme moi.
24:19comme les gens comme moi,
24:20je ne suis pas tout seul.
24:21Ou les gens comme toi,
24:23si tu es dans la mĂȘme intĂ©gritĂ©,
24:25on est des vrais ennemis
24:27du systĂšme.
24:28Mais le systĂšme est corrompu.
24:29Et moi,
24:30je ne vendrais pas
24:30mon Ăąme au diable.
24:32Mon ùme est innégociable.
24:35VoilĂ .
24:37C'est extrĂȘmement intĂ©ressant.
24:39Je notais plein de questions,
24:40mais il y a des trucs
24:41qui remontent Ă  plus longtemps.
24:43Quand tu disais,
24:43mĂȘme les matons
24:44en sous-effectif,
24:45est-ce que,
24:46comment est-ce que
24:47tu les...
24:49Parce qu'on se dit,
24:50du coup,
24:50s'ils sont en sous-effectif,
24:51c'est que aussi,
24:52mĂȘme les gardiens de prison
24:54doivent ĂȘtre maltraitĂ©s.
24:56Du coup,
24:56ils n'ont pas envie
24:56d'aller faire ce métier-là.
24:58Comment est-ce qu'on peut aussi
24:59améliorer le métier
25:00de gardien de prison ?
25:00Tu vois,
25:01si on regarde aussi
25:02de l'autre version
25:05de la boule.
25:07Mais je pense
25:08que c'est toujours
25:09la mĂȘme rĂ©ponse.
25:09c'est Ă  partir du moment
25:11oĂč on rĂ©tablit
25:14l'honneur,
25:14enfin,
25:14la vérité,
25:16l'honnĂȘtetĂ© intellectuelle.
25:17Mais c'est toujours
25:18la mĂȘme rĂ©ponse.
25:19Si tu purifies le systĂšme,
25:22on a eu une discussion
25:23un jour tous les deux
25:24sur l'étymologie
25:25du sens des mots.
25:28Démocratie,
25:29et puis,
25:30c'était quoi le mot
25:31qu'on avait dit ?
25:32C'était politique.
25:33C'était la vie de la cité.
25:34La vie de la cité.
25:36Ben voilĂ .
25:36Mais si on rétablit,
25:38si on restaure
25:40l'humanité
25:40du cÎté du vrai,
25:42si on arrive
25:43à défoncer
25:44la gueule du mensonge
25:45et des pervers
25:46qui nous dirigent,
25:47tout en haut,
25:48jusqu'en haut,
25:48jusqu'Ă  Macron,
25:49cette espĂšce de traĂźtre,
25:51de pervers de Macron,
25:53si on arrive
25:54à rétablir la vérité,
25:55le bien,
25:56à défendre la vie
25:58et pas l'inverse,
25:59ce qui est le cas aujourd'hui,
26:00c'est l'inverse.
26:01C'est un systĂšme de mort
26:02et corrompu,
26:04et de corruption,
26:04systĂšme criminel.
26:05Si on arrive
26:06Ă  restaurer
26:07la bienveillance,
26:08la vérité,
26:09le courage,
26:10l'honneur,
26:10la dignité,
26:11mais les gens
26:12n'auront pas de mal
26:13Ă  aller travailler
26:14n'importe oĂč en fait.
26:16Mais n'importe oĂč.
26:17Mais aujourd'hui,
26:18c'est le chaos partout.
26:20Partout.
26:21Tout est corrompu.
26:22Tout est corrompu.
26:23Donc,
26:24ça l'arrange le systÚme.
26:26Ils nous contrÎlent comme ça.
26:27Ils nous tiennent
26:28avec le chaos.
26:29Ils achĂštent les gens en fait.
26:30L'argent sert
26:31Ă  acheter les gens.
26:34Un politique,
26:35un franc-maçon,
26:36c'est quoi un franc-maçon ?
26:37Un franc-maçon,
26:38c'est quelqu'un
26:39qui au départ
26:39a peut-ĂȘtre cru
26:40que la franc-maçonnerie,
26:42c'était le club des saints,
26:43le truc sympa,
26:44et qui à un moment donné
26:46se rend compte
26:46que c'est Satan,
26:48c'est le club des traĂźtres,
26:49c'est la secte des traĂźtres.
26:50Et on lui dit,
26:51soit tu restes avec nous,
26:53mais si tu restes avec nous,
26:55demain,
26:55on va mettre un petit chef
26:57d'entreprise
26:58Ă  50 000 euros
27:02de chiffre d'affaires par an.
27:03Si tu restes avec nous,
27:04demain,
27:04ton chiffre d'affaires,
27:05dans un an,
27:06c'est 500 000.
27:07Il fait quoi ?
27:09Mais tu achĂštes les gens.
27:10Et c'est ce qui se passe.
27:11Les gens sont tous achetés.
27:13Et ils sont achetés
27:14à l'extérieur,
27:15chez les francs-maçons,
27:17comme ils sont achetés
27:17dans les prisons,
27:18du gardien,
27:19du maton,
27:21jusqu'aux plus petits,
27:23misérables détenus.
27:24C'est un systĂšme.
27:25C'est le fric.
27:26Le fric,
27:27c'est Satan.
27:28C'est un démon.
27:29Il s'appelle Maman.
27:30C'est pas moi qui l'ai inventé.
27:32Et moi,
27:32je ne vendrais pas
27:33mon Ăąme au diable.
27:34Donc, aprĂšs,
27:35qu'est-ce que je te dis ?
27:35Il m'arrive ce qui m'arrive.
27:38C'est tout.
27:38C'est clair.
27:39Allons sur une autre thématique
27:42qui peut amener
27:42une question un peu candide,
27:44mais c'est...
27:45On peut imaginer,
27:46moi, je suis d'accord avec toi,
27:47il y aura toujours
27:48des prisons
27:49dans le monde,
27:50a priori.
27:52Par contre,
27:52ce qui peut ĂȘtre intĂ©ressant,
27:53il y a toujours
27:53ce faux débat
27:54oĂč on comprend...
27:55LĂ , quand tu nous racontes
27:56de l'intérieur comment c'est,
27:57on comprend que tous les débats
27:58sur les prisons
27:59sont complÚtement faussés
28:00parce que les gens
28:01essaient d'avoir des débats
28:02en imaginant
28:02qu'à l'intérieur des prisons,
28:04il y a des systĂšmes
28:05qui peuvent aller
28:06assez droits, etc.
28:07LĂ , toi, tu nous racontes
28:08que c'est le complet chaos,
28:10etc.
28:10Et on le comprend bien.
28:12On imagine que les prisons,
28:13dans un monde idéal,
28:15si on se permet de rĂȘver
28:16un monde sans les francs-maçons,
28:19sans tout ce que tu veux,
28:19comme ce que tu es en train de dire,
28:21on imagine que la prison,
28:23il y aurait forcément
28:24une forme d'éducation.
28:25Comment est-ce que tu rentres
28:26en prison
28:26et que tu arrives
28:27Ă  sortir un meilleur ĂȘtre ?
28:28Je suis dans une forme d'utopie,
28:29là, on s'autorise ça.
28:31Non, non, t'as raison.
28:32Et du coup, voilĂ .
28:33Donc, je vais poser
28:33une question candide,
28:34mais pour, tu vois,
28:35qui amÚne à ta réponse.
28:37C'est-Ă -dire que,
28:38est-ce qu'aujourd'hui,
28:39il y a des choses
28:39qui sont faites
28:40pour s'élever en conscience,
28:41comme on le fait,
28:42voilà, avec des cafés philo,
28:44nous,
28:45comment on va faire
28:45avec les cafés nexus ?
28:46Est-ce qu'il y a des trucs
28:47pour s'élever spirituellement,
28:48pour essayer, voilĂ ,
28:50est-ce qu'il y a des psychologues
28:51qui sont mis en place ?
28:52Est-ce qu'il y a quelque chose
28:53pour faire en sorte
28:54que tu ressortes,
28:55voilĂ , un petit peu plus fort
28:58intérieurement
28:58que tu n'es rentré en prison ?
29:00Alors, ce qui existe en prison
29:01que j'ai vu,
29:02parce que je n'ai pas tout vu
29:03en trois mois,
29:03mais ce que j'ai vu,
29:04il existe des infirmiĂšres
29:06et des infirmiĂšres psy.
29:08Donc, voilĂ ,
29:09il y a le cÎté un peu plus
29:12fonctionnement cognitif,
29:13affect,
29:14les affects.
29:17Moi, la solution,
29:18je l'ai radicale,
29:19direct.
29:19Je te le dis,
29:20tu changes les prisons
29:21du jour au lendemain,
29:23mĂȘme s'il n'y a pas
29:24plus de gardiens.
29:25Je te le dis tout de suite.
29:26Sauf que ce que je veux dire,
29:27ça impose plus de gardiens.
29:29En mĂȘme temps,
29:29je viens de me contredire,
29:31mais bon,
29:31ce n'est pas grave,
29:31je le reconnais.
29:34Tu mets les cellules individuelles.
29:38Direct.
29:40Direct,
29:41tu casses,
29:42tu casses
29:43ce que tu as
29:44trĂšs vite
29:45et beaucoup relevé
29:47tout Ă  l'heure,
29:49l'espĂšce de traumatisme
29:51quotidien permanent,
29:52l'angoisse quotidienne permanente
29:53liée à l'insécurité.
29:55C'est quelque chose
29:56que tu as relevé.
29:57Beaucoup.
29:59Je l'ai senti.
30:00Et moi,
30:02dans ma tĂȘte,
30:03pas dans ma tĂȘte,
30:04à un moment donné,
30:05j'ai changé de détenu.
30:07Et je me suis retrouvé
30:08pendant quelques jours
30:09tout seul.
30:10Et comme je venais
30:11de passer un moment
30:11difficile avec,
30:13pas physiquement,
30:13il ne m'avait pas touché,
30:14pas de problĂšme,
30:15mais moralement,
30:18l'atmosphĂšre
30:18était intenable.
30:19Dans les 9 mÚtres carrés,
30:20c'était devenu
30:22invivable,
30:22intenable.
30:23Quand tu ouvrais la porte,
30:24ça me laisse sentir.
30:25C'était horrible.
30:26Horrible.
30:28Et j'avais demandé
30:29au chef des gardiens,
30:30au chef des gardiens,
30:31au chef du bĂątiment,
30:33je lui ai demandé,
30:33écoutez,
30:33est-ce que vous pouvez me laisser
30:35quelque temps tout seul ?
30:38Et il m'avait éclaté de rire
30:40Ă  la gueule.
30:41Il m'avait répondu,
30:42et il y avait d'autres gardiens,
30:43il y avait d'autres personnes
30:45autour.
30:45Il m'avait répondu,
30:46seul,
30:47mon cul.
30:50Je te jure que c'est vrai.
30:51Je te jure que c'est vrai.
30:54Et en fait,
30:55mais je savais
30:56que ce que je demandais
30:57était utopique.
30:58Les prisons sont remplies,
31:00elles débordent à 150%.
31:03Il y en a 150% en trop.
31:05Il y a des cellules,
31:06les mecs,
31:07moi,
31:07je n'ai mĂȘme pas Ă  me plaindre.
31:08On était deux pour deux lits.
31:10Tu as des cellules,
31:11ils sont trois,
31:12voire quatre.
31:15D'accord ?
31:16Notamment au Boumet Ă  Marseille,
31:17je crois que c'est pas mal lĂ -bas.
31:19Elle est réputée.
31:20Elle est réputée.
31:21Donc,
31:22du coup,
31:23quand moi je demande,
31:24parce que je viens de passer trois,
31:25un mois avec un...
31:27En fait,
31:27il avait pété les plombs,
31:29il avait basculé
31:30dans une espĂšce de suicide,
31:32il voulait plus s'alimenter,
31:33bref.
31:33Et moi,
31:34j'avais alerté les gardiens,
31:36j'ai mis « attendez,
31:36il ne va pas bien ».
31:37J'essayais de lui tendre la main,
31:38de lui dire « mec,
31:40ressaisis-toi,
31:40si tu as besoin d'un coup de main,
31:41je suis là ».
31:42Tu vois,
31:42j'avais vraiment été éducateur
31:43jusqu'au bout,
31:44quoi.
31:45Et en fait,
31:46il avait...
31:47Non,
31:47il était parti.
31:48Il commençait à partir
31:49dans sa tĂȘte.
31:50Donc,
31:51à vivre 9 mÚtres carrés,
31:5424 heures sur 24,
31:55je te garde...
31:55En plus,
31:56il ne sortait plus,
31:56il ne faisait plus de promenade.
31:58Il se lavait précisément...
31:59Enfin,
31:59excusez-moi.
32:01Et j'avais demandé
32:02d'ĂȘtre seul.
32:02Mais je savais
32:03qu'il allait me dire non.
32:04Donc,
32:04non,
32:05je n'ai pas été seul.
32:06Donc,
32:06c'est pour ça
32:06qu'une des réponses
32:09concrĂštes
32:09qui change
32:11le quotidien
32:12de plein
32:13de détenus,
32:15mais peut-ĂȘtre mĂȘme 50%,
32:17je ne dis pas tous,
32:18mais au moins 50%,
32:19j'en suis sûr
32:19de ce que je dis,
32:21c'est lui seul
32:23et plus de musique.
32:25Tu supprimes
32:26les chénifis.
32:27C'est quoi cette connerie ?
32:28C'est quoi ce délire
32:29d'avoir une chénifie
32:31en prison ?
32:34D'oĂč ça sort ?
32:36Mais tu as une chénifie
32:37si tu as un appartement
32:40insonorisé
32:41Ă  l'autre bout
32:41de je ne sais pas d'oĂč.
32:43Mais pas dans un bĂątiment
32:45oĂč tu as des cellules
32:47tous les 20 centimĂštres,
32:49tu as une cellule.
32:49C'est quoi ces conneries ?
32:51Donc,
32:51tu ramĂšnes du silence
32:54et de l'isolement.
32:56Et le fait d'avoir,
32:58le silence,
32:59et c'est rigolo
33:00ce que je dis,
33:00parce que tu vois,
33:01je n'avais mĂȘme pas pensĂ©
33:01de me dire comme ça,
33:02c'est deux valeurs,
33:03deux éléments essentiels
33:04qui t'amĂšnent
33:05à la spiritualité.
33:09Isolement,
33:10la priĂšre,
33:11tu vois,
33:12et le silence.
33:14Les moines,
33:15ils fonctionnent,
33:16isolement,
33:17silence.
33:19Eh bien,
33:19si tu ramÚnes ça,
33:20tu sauves,
33:21tu sauves des
33:22milliers de détenus,
33:24c'est certain,
33:25du jour au lendemain.
33:27C'est extrĂȘmement intĂ©ressant
33:29ce que tu révÚles là,
33:30parce qu'en fait,
33:31plus tu parles,
33:32plus je me dis Ă  chaque fois
33:33qu'il y a des débats
33:34dans les médias
33:35sur les prisons,
33:36c'est jamais par des gens
33:37qui sont passés
33:38par les prisons.
33:39Donc,
33:39en fait,
33:39c'est complĂštement stupide.
33:40Parce que lĂ ,
33:41tu donnes une toute autre lecture
33:42que ce qui est,
33:43parce que ce que tu dis lĂ ,
33:44mais ça ne pourrait mĂȘme pas
33:46ĂȘtre un propos tenu
33:47sur un média,
33:51un média public
33:52ou je ne sais pas quoi.
33:53Et pourtant,
33:54il faut commencer
33:55par voir la réalité
33:56en face à un moment donné.
33:57Je reviens sur ma question
33:58de tout Ă  l'heure.
34:00Tu as répondu,
34:01c'est trÚs intéressant
34:02ta réponse,
34:02mais je vais la reposer
34:03différemment.
34:04Ma question de tout Ă  l'heure,
34:05c'est est-ce que des fois,
34:06il y a des ateliers
34:08ou des trucs
34:08ou est-ce que tu as parlé
34:10des infirmiĂšres psychologues,
34:11est-ce qu'il y a des trucs
34:11qui sont faits
34:12pour un petit peu
34:13que les gens puissent
34:14s'élever un peu,
34:15s'éduquer, etc.
34:17Il y a beaucoup de choses.
34:19Alors, pour le coup,
34:19j'allais zapper, pardon.
34:22Oui, oui, si, si.
34:23Il y a beaucoup de choses.
34:24Il y a du sport.
34:25Je m'intéresse
34:25au sport,
34:26je faisais du sport.
34:27Deux fois par semaine,
34:28il y avait une petite heure,
34:30trois quarts d'heure,
34:31une heure de sport.
34:32Ce n'est pas beaucoup
34:33de fois par semaine.
34:35Deux fois.
34:36Deux fois.
34:37Deux fois par semaine,
34:39il y avait des cours
34:40de français,
34:42des cours d'écriture
34:45auxquels j'ai participé.
34:48Aussi,
34:50il y a pour certains,
34:52pas tous,
34:52mais il y a des sorties
34:53qui sont programmées,
34:54mais pas tous.
34:55Ça dĂ©pend du profil.
34:57Je pense que ça dépend
34:58du profil psychologique
34:58et de la peine,
34:59de la nature de la peine.
35:03Et il y a du travail.
35:05En fait,
35:06la prison,
35:06elle est tenue par les détenus.
35:10C'est-Ă -dire que
35:11toutes les cuisines,
35:13le nettoyage extérieur,
35:17l'entretien des bĂątiments
35:19est fait par des détenus.
35:22VoilĂ .
35:23Donc, il y a des...
35:24Alors,
35:24pour le coup,
35:25merci de...
35:26VoilĂ ,
35:26tu m'y fais penser.
35:28Tu sais combien c'est
35:29le tarif horaire
35:33d'un travailleur prisonnier ?
35:35Pas du tout.
35:37Entre 3 et 5 euros
35:39de l'heure.
35:42Et en fait,
35:43ça sert à une seule chose.
35:45Ce n'est pas Ă  ce qu'ils gagnent
35:46de l'argent,
35:46parce que...
35:47VoilĂ .
35:49C'est...
35:49Ça sert à ce qu'ils puissent
35:51améliorer l'ordinaire,
35:54le quotidien.
35:56Oui.
35:57Le fameux cantinet,
35:59le catalogue de consommation,
36:01le catalogue Carrefour.
36:03Et lĂ ,
36:04quand tu gagnes un petit peu d'argent,
36:06du coup,
36:07tu peux t'acheter
36:08des biscuits,
36:09du chocolat,
36:09du poulet,
36:12des fruits,
36:13des légumes.
36:16Oui.
36:17VoilĂ .
36:18Et donc,
36:18il y a des activités,
36:19oui.
36:20Mais attends,
36:21je suis en train de tilter,
36:22j'ai juste de tilter un truc,
36:23c'est-Ă -dire que
36:24quand tu disais
36:26la chaĂźne NIFI
36:27quand il est,
36:27c'est dans le catalogue légal
36:29donné par...
36:30Oui.
36:31Oui.
36:32Moi,
36:32j'ai cru que c'était un catalogue
36:33de détenu de mon chaßne.
36:35Non,
36:35ce n'est pas du trafic,
36:36pas du tout.
36:37Non,
36:38non,
36:38non,
36:38non,
36:38non,
36:39non,
36:39non,
36:39non,
36:40tu peux légalement
36:41acheter une chaĂźne NIFI
36:42qui n'a aucune limite
36:44de son.
36:46C'est des petites,
36:47c'est des petites,
36:48mais peu importe,
36:49mais quand tu mets
36:51une petite chaĂźne Ă  fond,
36:52tu l'entends,
36:53mais tu l'entends
36:53tous les bĂątiments.
36:55Donc,
36:55non,
36:56c'est légal,
36:57ça fait partie du catalogue.
36:59Ça fait partie du catalogue
37:01de consommation.
37:02Mais bien sûr,
37:04bien sûr.
37:05Et le dernier truc que je...
37:06Pas le dernier truc,
37:07c'est des questions,
37:08il n'y a pas de souci,
37:09mais un truc que je veux dire,
37:10c'est lĂ  oĂč on se rend compte
37:12qu'on est dans un...
37:14dans un systĂšme de fou,
37:16c'est que dĂšs la premiĂšre semaine
37:18quand je suis arrivé,
37:19j'ai fait les promenades
37:20et j'ai vu des drones.
37:24Ok.
37:25J'ai vu des drones.
37:26J'ai vu des drones livrés,
37:28livrés de la marchandise
37:30Ă  la prison
37:32et personne pour l'empĂȘcher.
37:35Personne.
37:36Pas un flic,
37:37pas un gardien,
37:39personne.
37:40Et il y a le drone,
37:42déjà ça s'entend,
37:44tu vois le drone
37:44et sous le drone,
37:46tu as une chaussette
37:50pleine de...
37:51je pense que c'est de la drogue
37:53ou de téléphone portable.
37:54À la fin de ma peine,
37:58c'Ă©tait peut-ĂȘtre 8 jours avant,
38:00je ne sais plus,
38:02c'était la promenade du matin,
38:04donc des fois les promenades
38:05elles étaient tÎt,
38:058 heures,
38:06je crois qu'elles étaient tÎt,
38:07c'était il y a 2h à 8 heures,
38:09donc il n'y avait pas
38:09beaucoup de prisonniers
38:10le matin Ă  8 heures,
38:11les mecs ils faisaient
38:12plutĂŽt la promenade
38:12de l'aprĂšs-midi.
38:14Donc on était quoi,
38:15je crois en 2012,
38:155 ou 6,
38:17et on commence,
38:18moi j'étais le premier,
38:20donc je commence
38:20Ă  rentrer dans la cour
38:22et Ă  faire le tour,
38:24et tu ne diras jamais
38:25ce que j'ai trouvé par terre.
38:29un portable d'un écrit.
38:35Je te jure que c'est vrai,
38:37il y avait un portable,
38:38je l'ai vu,
38:39j'étais le premier,
38:40on était 5 ou 6,
38:41j'étais le premier à le voir,
38:42et volontairement,
38:44je ne l'ai pas touché,
38:45je ne l'ai pas allé,
38:46je ne l'ai pas ramassé.
38:48Parce que j'ai trĂšs vite compris
38:53que tout ce que tu pouvais trouver
38:54ou trafiqué en prison,
38:57c'était une source d'emmerde potentielle.
39:02Et comme moi j'avais assez,
39:04j'avais compris que j'avais déjà,
39:06j'avais déjà suffisamment à faire
39:07avec mon dossier,
39:09je n'ai pas touché,
39:10je n'ai pas ramassé.
39:11Et du coup,
39:12le collÚgue qui était derriÚre moi,
39:14a vu,
39:15aprĂšs il me l'a dit,
39:16il m'a raconté,
39:17il me dit,
39:17mais j'ai vu que tu l'avais vu.
39:19Je me suis dit,
39:20pourvu qu'il n'y aille pas.
39:21Et donc je ne suis pas allé,
39:22lui l'a ramassé,
39:25il l'a ramassé,
39:26mais lui c'était un mec
39:27qui avait déjà plus habitude
39:28que moi de la prison.
39:32Et il a su le revendre,
39:34il l'a revendu dans les bĂątiments,
39:36lĂ ,
39:37quelques jours aprĂšs,
39:38il l'a revendu,
39:39il l'a revendu,
39:40c'était un truc qui valait 1400 balles,
39:42il l'a revendu 700 balles.
39:48VoilĂ .
39:50Donc des drones,
39:51je les ai entendus,
39:52enfin je les ai vus,
39:52il y a des drones,
39:53enfin voilĂ .
39:54Non, non, non,
39:54mais les prisons,
39:55c'est des pĂąques tournantes.
39:59ComplĂštement,
39:59c'est ce qu'on comprend bien
40:01avec ce que tu dis.
40:03C'est trÚs intéressant,
40:04en tout cas,
40:04je suis ravi qu'on ait pu faire
40:05cet entretien
40:06qui n'était pas prévu à la base,
40:08mais quand tu commençais
40:09Ă  me raconter un petit peu,
40:10je me suis dit
40:10que ce serait nécessaire
40:12de pouvoir faire une émission
40:13lĂ -dessus,
40:13parce que c'est important
40:14que les gens entendent
40:15la réalité des faits,
40:17et surtout,
40:17il faut arrĂȘter les dĂ©bats
40:18oĂč en fait on parle
40:20de trucs utopiques
40:21oĂč on essaie
40:23de rester consensuel
40:24et en fait on ne rentre pas
40:25dans le vif du sujet
40:25comme tu l'as fait aujourd'hui.
40:28Je te remercie encore.
40:29C'est moi, merci.
40:31Tu veux rajouter
40:32un dernier élément important
40:33ou c'était,
40:35voilĂ ,
40:35je pense que c'est déjà
40:35bien complet,
40:36on pourra en reparler
40:37dans le futur éventuellement ?
40:38Non, non,
40:39je dis la seule chose
40:40pour conclure
40:41le mot que j'ai Ă  dire,
40:43c'est les trois mĂȘmes.
40:45Entrer en résistance
40:46nécessite simplement
40:47trois petites valeurs
40:49qui ne sont peut-ĂȘtre
40:49pas trĂšs hautes,
40:50mais qui doivent commencer
40:51Ă  vibrer en chacun d'entre nous.
40:53Courage,
40:54honneur
40:55et dignité.
40:56Et on reprend le pouvoir,
40:58on reprend le pouvoir.
40:59Opération Gergovie.
41:02Et on rappelle ton mouvement
41:03l'Opération Gergovie
41:04pour tous ceux
41:05qui veulent le rejoindre.
41:06Il y a le mail
41:07qui est en description
41:08pour ceux qui veulent
41:08contacter directement
41:09le Gaulois.
41:10Merci encore
41:10d'avoir pris le temps
41:11aujourd'hui.
41:13Merci Ă  toi.
41:14Le magazine Nexus
41:15est disponible,
41:15n'hésitez pas à aller
41:16le trouver,
41:16le dernier numéro
41:17est prĂšs de chez vous.
41:18Plus vous ĂȘtes d'abonnĂ©s,
41:19plus on peut mettre
41:19d'actualités alternatives
41:22et on voit la portée
41:23de ce qu'on fait aujourd'hui
41:24parce qu'ici,
41:25on peut avoir justement
41:26un débat
41:27à cƓur ouvert
41:29en sortant de
41:30on peut dire
41:31si on ne peut pas dire ça.
41:31Non, ici on a cette liberté,
41:33on en profite tant
41:34qu'on peut le faire.
41:34Et les Cafés Nexus,
41:36tous les premiers samedis du mois,
41:3714h, 18h,
41:3814h de Pathé,
41:39Paris 13Ăšme.
41:40VoilĂ , vous pouvez venir
41:41faire des tablés,
41:42faire des Cafés Filo,
41:43penser le monde de demain
41:44et voilĂ .
41:45Et tant qu'on peut le faire,
41:47tant qu'on peut encore
41:48se réunir,
41:49profitons tous ensemble.
41:50Merci encore le Gaulois,
41:51c'était vraiment touchant
41:53comme entretien
41:54et on espĂšre te revoir
41:55trĂšs prochainement.
41:56Merci Ă  toi.

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