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Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national et député du Nord, était l’invité du Face à Face sur BFMTV ce vendredi 25 septembre.
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00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chenu.
00:04Bonjour Madame.
00:04Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes vice-président du Rassemblement National, vous êtes député du Nord.
00:09D'abord, retour sur Emmanuel Macron hier, qui dans le contexte international, on va évidemment y revenir,
00:16et quel est le rôle et quelle est la position du RN vis-à-vis notamment de la Russie,
00:22mais sur la question du prix du carburant pour la première fois.
00:25Alors, un peu poussé dans ses retranchements, il finit par dire qu'il faudra peut-être baisser les taxes.
00:32C'est bienvenu, j'imagine, pour vous.
00:34Alors, est-ce que ça veut dire qu'Emmanuel Macron va se résoudre à appliquer le programme de Marine Le
00:38Pen ?
00:39Est-ce qu'Emmanuel Macron va venir sur les positions que nous défendons depuis si longtemps ?
00:44Puisque je rappelle que Marine Le Pen porte cette baisse de TVA sur les énergies depuis déjà plusieurs années,
00:51et qu'Emmanuel Macron, en ne l'écoutant pas, en ne nous entendant pas, a perdu du temps.
00:57Marine Le Pen, elle avait anticipé la colère des Français, puisque ça fait cinq ans qu'en réalité, elle porte
01:03cette proposition.
01:05Donc, si Emmanuel Macron vient sur nos positions, nous en serons ravis, mais que de temps perdu.
01:11Mais je note que ce n'est pas ce qu'il a dit exactement tout de même aujourd'hui.
01:14En effet, il dit qu'il faudra peut-être en arriver là, mais ça n'est pas son souhait.
01:19Et surtout, il rappelle que ça coûte très cher.
01:21Une baisse de 20 centimes, c'est un milliard d'euros pour les finances de l'État.
01:25Oui, madame, mais les gestes que nous allons faire aujourd'hui, nous allons probablement les récupérer demain.
01:30Je vais m'expliquer.
01:31Vous savez, lorsqu'une crise est courte, les Français n'ont pas le temps de changer leurs habitudes de consommation.
01:38Là, nous avons une crise qui est longue, qui s'installe, qui empire.
01:41C'est-à-dire, nous approchons, nous tutoyons bientôt les 3 euros du litre, que ce soit gasoil ou sans
01:48plomb.
01:48Et donc, dans ces cas-là, les Français changent leurs habitudes de consommation.
01:53C'est-à-dire qu'ils commencent à arbitrer entre aller conduire les gamins à l'école en prenant la
01:57voiture,
01:59ou ne pas l'utiliser, à sortir ou à faire des économies, à ne pas aller au cinéma ou au
02:05récent.
02:05Ils arbitrent.
02:06Et donc, ça veut dire que c'est de la TVA qui va finir par entrer en moins dans les
02:10caisses de l'État.
02:10Et à partir du moment où l'État choisit de ne pas baisser, de façon pérenne en plus,
02:17évidemment, cette TVA, et pas seulement la TVA, mais aussi la TICP, enfin, ce qu'on appelle l'assise,
02:22qu'on pourrait geler pendant les crises internationales,
02:25eh bien, le gouvernement va se retrouver perdant sur tous les tableaux.
02:29C'est-à-dire, chute de la consommation, baisse de rentrée de TVA dans les caisses.
02:33Donc, nous, nous disons depuis longtemps, et c'est ce que font les partenaires européens,
02:37quelles que soient les économies, d'ailleurs, des pays qui sont autour de nous,
02:41l'Espagne ou l'Allemagne n'ont pas exactement...
02:43Oui, de gauche comme de droite.
02:44Voilà, les mêmes économies, les mêmes dirigeants.
02:46Mais ils n'ont pas non plus le même état de finances.
02:49D'accord. Enfin, l'Allemagne, on peut regarder.
02:52Il y a quand même, c'est souvent un peu le modèle qu'on prend en exemple.
02:55Ce sont des gens qui sont plutôt rigoureux dans leur façon de gérer les comptes publics.
02:59Ils ont considéré que la baisse des taxes de la TVA, de 20 à 5,5 en ce qui concerne
03:05la TVA en France,
03:06était une solution.
03:08Le ministre de l'Économie, ce matin, précise un petit peu le calendrier
03:12et il repousse en effet l'échéance d'une baisse de taxes.
03:16Il dit que ce sera, en tout cas, pas avant l'année prochaine.
03:19Il dit, en attendant, les aides ciblées, c'est vraiment le choix du gouvernement.
03:24Mais les aides ciblées, vous l'avez bien vu, elles touchent finalement assez peu de Français.
03:28Même s'ils élargissent un peu, à la fin, ça touchera 14% des 40 millions d'automobilistes.
03:34Tous ne le demanderont même pas.
03:36Donc si vous voulez, on est sur des cycles et sur des nombres de Français touchés
03:41qui seront tellement faibles par rapport aux besoins
03:44qu'il faut des politiques qui soient non seulement ambitieuses, mais pérennes.
03:49Si on avait des politiques qui étaient pérennes, cette baisse de TVA dans le temps
03:53qui était installée, ce serait des amortisseurs formidables par rapport aux crises géopolitiques.
03:57Je note aussi quand même que M. Macron et ses premiers ministres,
04:01M. Philippe en particulier, ont été les artisans de cette gabegie.
04:05Quand Édouard Philippe a augmenté la TICPE les premières années,
04:09ça a créé les gilets jaunes en réalité.
04:10– Globalement, Emmanuel Macron d'ailleurs, hier, dit au fond,
04:14il y a trois tiers dans le dérapage du déficit et de la dette.
04:19Il dit, il y a une partie qui est en effet le quoi qu'il en coûte, mais il assume.
04:24Il y a une partie qui est l'accompagnement des Français dans les crises.
04:28Et il y a une partie qui est effectivement de ne pas avoir réussi à changer le modèle en quelque
04:32sorte.
04:32Et c'est sur cette seule partie-là qu'il exprime un mea culpa.
04:36– Emmanuel Macron fait l'impasse sur les économies, les réformes profondes dont notre État a besoin.
04:42La réalité, c'est que notre pays a besoin de réformes profondes,
04:45de revisiter évidemment sa fiscalité, mais également de redessiner des priorités budgétaires pour notre pays.
04:51– Mais vous, par exemple, si vous faites baisser les taxes et vous persistez à estimer que c'est la
04:55bonne solution,
04:55vous le redites ce matin, quand il dit une baisse de 20 centimes, c'est un milliard d'euros,
05:00ça veut dire qu'il faut trouver ce milliard ailleurs.
05:03– Bien sûr. – Donc vous, vous faites quoi ?
05:04– Bien sûr, madame. – Vous le trouvez où ?
05:05– Et nous avons nous-mêmes validé le fait que c'était un coût de 14 milliards d'euros.
05:10Eh bien, au global. Mais nous avons évidemment de l'autre côté imaginé des recettes
05:14et des baisses de dépenses qui permettraient cela.
05:17Je vous donne un exemple. Évidemment, c'est le tabou suprême dans le monde politique français.
05:22C'est on ne touche pas à la dépense sociale qui concerne les étrangers.
05:26Elle représente 25 milliards d'euros.
05:28Je vais même vous donner une chose très précise que j'apprenais la semaine dernière.
05:31Le nombre de nuitées en Ile-de-France pour héberger des étrangers,
05:36vous savez, dans les hôtels type Formule 1, etc.
05:37– Donc c'est toujours la faute des étrangers.
05:39– Non mais j'y viens, c'est une des sources en tous les cas.
05:41C'est quelque chose qui pèse beaucoup sur les finances publiques.
05:43C'est que c'est 1,6 milliard par an juste pour l'île de France.
05:47On se rend compte que ce sont quand même des priorités budgétaires
05:52qu'a l'État français que d'accueillir des bergers, de nourrir,
05:55de mettre un toit sur la tête à des gens qui viennent du bout du monde
05:58que nous n'avons pas les moyens d'assumer.
06:01Il n'y a pas que ça.
06:02J'entendais Bruno Le Maire qui, après nous avoir insulté pendant des années
06:05quand on disait « il faut faire baisser la contribution de la France à l'Union européenne »,
06:09et bien dit « finalement, c'est peut-être une bonne idée ».
06:11Donc à la fin, ils viennent tous sur ce que nous proposons.
06:15Baisse de TVA, pourquoi pas, dit finalement le président de la République.
06:19Baisse de la contribution à l'Union européenne, pourquoi pas, dit Bruno Le Maire.
06:23Donc finalement, ces solutions que nous proposons,
06:25elles sont de bon sens, elles sont concrètes, elles sont applicables,
06:29elles ne sont pas pratiquées ailleurs,
06:30et ils nous ont fait perdre énormément de temps.
06:33Parce que quand bien même l'État aurait récupéré quelques dividendes,
06:38ou les a-t-il utilisés, tous nos services publics sont exsangues,
06:41la réalité, c'est que la gestion des comptes publics par la Macronie en dix ans,
06:46Philippe, Attal, Borne, Castex, Barnier, Bérou,
06:50tout ça sous l'autorité de Macron est une catastrophe pour notre pays.
06:54Sébastien Chenu, on va parler aussi des conséquences en France,
06:57de la question de la colère, des manifestations aussi de la semaine prochaine,
07:00mais si on tire, j'allais dire, presque le chemin géographique de tout ce problème-là,
07:05avec le pétrole, l'annonce hier d'Emmanuel Macron d'envoyer des moyens militaires
07:11pour protéger le port saoudien, qui est un site énergétique clé de la mer Rouge,
07:17pour permettre au pétrole de sortir de cette région.
07:21Le fait d'y aller militairement, est-ce que vous estimez que c'est une bonne chose et que c
07:26'est notre rôle ?
07:26Moi je suis très réservé, on est très réservé sur ça.
07:28Alors évidemment, il faut trouver, et il y a d'autres moyens évidemment,
07:31d'essayer de trouver, à travers notamment notre diplomatie,
07:34de trouver des voies pour sortir de ces conflits, qui sont des conflits,
07:38mais le fait d'envoyer des militaires français en Arabie Saoudite,
07:42un pays avec lequel nous n'avons pas d'accord de défense,
07:44nous avons des accords de défense par exemple avec les Émirats Arabes Unis,
07:48donc il est normal, ou avec d'autres pays, vous avez raison,
07:51nous avons des intérêts économiques avec quasiment le monde entier,
07:54il y a des intérêts économiques français, mais ils en ont déjà des accords de défense,
07:59notamment avec la Turquie et le Pakistan,
08:01donc la question c'est peut-être de leur demander,
08:03pourquoi ne se tourne-t-il pas vers leurs partenaires naturels,
08:06Turquie et Pakistan, pour se protéger, pour permettre d'ouvrir ce débat ?
08:10Quand vous dites, je ne trouve pas que c'est une bonne idée,
08:11est-ce que ça veut dire que vous vous y opposez, vous ne souhaitez pas l'envoi ?
08:15Oui, aujourd'hui nous considérons que ce n'est pas la bonne idée,
08:18ce n'est pas la bonne voie.
08:19Il ne faut pas envoyer de militaires ?
08:20Non, il ne faut pas envoyer de militaires aujourd'hui, dans cette zone de la planète.
08:24Est-ce que vous iriez jusqu'à dire que ça nous entraîne dans une forme de co-béligérance ?
08:30Je recite Jean-Luc Mélenchon, qui hier réagit en disant
08:34des troupes en Arabie Saoudite, c'est s'installer sur un théâtre de guerre,
08:37si la base est frappée, que ferons-nous ?
08:38Pas question de devenir belligérants, donc l'Assemblée doit voter sur le sujet,
08:42article 35 de la Constitution, il appelle à un vote,
08:45et à ce que l'Assemblée dise non.
08:46C'est en tous les cas nous engager dans une situation,
08:49dans un coin du monde dont la situation n'est pas stabilisée.
08:52Et donc c'est prendre un certain nombre de risques,
08:54que nous ne voulons pas prendre,
08:56et que nous n'avons pas à prendre, encore une fois,
08:58parce que nous n'avons pas ces accords de défense
09:01qui nous lient et qui font de l'Arabie Saoudite un partenaire.
09:04Est-ce que vous estimez qu'il faut qu'il y ait un vote ?
09:07Que l'Assemblée nationale se prononce ?
09:09Oui, mais à partir du moment où on n'a pas d'accord de défense,
09:11j'allais dire le vote est un peu superfétatoire.
09:14On pourrait considérer que si...
09:15Mais s'il y avait un vote, vous diriez non ?
09:16Mais s'il y avait un vote, on ne serait pas d'accord.
09:18L'autre théâtre des opérations qui ont des conséquences
09:22sur évidemment les cours du pétrole,
09:26c'est la Russie et l'Ukraine.
09:28Emmanuel Macron qui hier a parlé de cette menace,
09:31il en avait parlé déjà vendredi lors de cette réunion
09:34où était présent Jordan Bardella.
09:35La nature et l'agressivité russe des menaces en Europe changent,
09:40le tableau est sombre, voilà ce que dit Emmanuel Macron.
09:43Comment est-ce que vous estimez que la réponse,
09:46que doit être la réponse de la France ?
09:48La menace de la Russie, elle est multidimensionnelle,
09:52comme l'a dit Jordan Bardella,
09:53et elle est effectivement de plus en plus intense.
09:56C'est une réalité.
09:57Nous en avons bien conscience et nous ne sous-estimons pas,
10:00nous ne négligeons aucun des dangers,
10:02dans aucun des conflits qu'il y a actuellement sur la planète.
10:06La menace russe, c'est une menace qui existe.
10:09Que faut-il faire ? Est-ce qu'il faut ne plus parler ?
10:12Elle existe cette menace ?
10:13Non, parce que j'ai regardé les messages d'un membre de votre parti,
10:19Thierry Mariani, qui est député européen RN,
10:22qui, je crois, a toujours l'étiquette RN,
10:24lui, il estime que c'est une diversion.
10:26Écoutez, moi, je pense que la menace, je le répète,
10:28c'était les propos de Jordan Bardella, et moi, j'y souscris,
10:30elle a de multiples dimensions,
10:32et elle est intense.
10:34Non, mais ça, j'ai bien compris votre position,
10:36j'ai d'ailleurs compris, je crois, celle de Marine Le Pen,
10:39qui dit, nous ne tolérerons jamais qu'une puissance étrangère,
10:42en l'occurrence la Russie,
10:43puisse espérer dicter directement ou indirectement
10:45la politique de notre pays par l'intimidation,
10:47la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique.
10:50Mais alors, que faites-vous de Thierry Mariani ?
10:52Écoutez, vous lui poserez la question, mais je crois que...
10:54Non, non, mon problème, ce n'est pas de savoir ce qu'il pense,
10:56parce que lui, j'ai bien compris ce qu'il pensait, Thierry Mariani.
10:59Mon problème, c'est de savoir ce que vous, vous pensez de Thierry Mariani.
11:01Non, mais je pense qu'il fait erreur lorsqu'il dit
11:03qu'effectivement, c'est sous-estimé.
11:06Il ne dit pas que c'est sous-estimé, il dit que c'est de la diversion.
11:08Oui, alors, je lui laisse ce propos,
11:11parce que moi, je crois qu'il faut voir les choses telles qu'elles sont,
11:13avec beaucoup de froideur.
11:15Il a une menace, elle a de multiples dimensions,
11:17et il faut la prendre au sérieux.
11:19Une fois qu'on a dit ça, est-ce que ça veut dire qu'on ne parle plus aux russes
11:21?
11:21En fait, je vais vous reposer la question.
11:22Thierry Mariani a-t-il encore sa place au RN ?
11:24Oui, mais Thierry Mariani est un patriote qui défend...
11:26Oui, il n'y a pas de problème.
11:27Non, mais qui défend les intérêts de la France.
11:30Il a une appréciation...
11:31Il défend les intérêts de la France ?
11:32Ah oui, je pense que Thierry Mariani est un honnête patriote
11:34qui défend les intérêts de la France.
11:35Quand il estime que qualifier la menace
11:39et prendre le temps hier de s'adresser aux Français
11:40pour leur dire que la menace est importante,
11:42ou réunir, comme il l'a fait vendredi,
11:45les chefs de parti avec les services de renseignement,
11:47comme l'ont fait à peu près d'ailleurs
11:48tous les autres chefs d'État européens
11:50et les autres services de renseignement européens,
11:53c'est faire de la diversion ?
11:54Non, je crois que là où il est d'accord
11:56et là où il nous rejoint
11:56et là où il a évidemment sa place dans le combat patriote,
11:59c'est qu'il dit qu'il faut aller vers la paix
12:00et qu'en fait, la nécessité de prendre des initiatives de paix
12:04dont nous voyons que la France,
12:06à laquelle la France n'est pas associée,
12:08Trump associe assez peu la France aux initiatives de paix
12:11et le président de la République,
12:12et on peut le regretter,
12:13car Marine Le Pen a fait des propositions
12:14en disant qu'il faut mettre,
12:16que ce soit dans le conflit Russie-Ukraine
12:19ou que ce soit dans le conflit au Moyen-Orient,
12:21les parties prenantes autour d'une même table
12:24et c'est à la France de prendre ces initiatives
12:26parce que nous avons une position d'équidistance entre chacun,
12:30et bien je pense que cela,
12:31évidemment nous y souscrivons tous.
12:32Vous ne pensez pas parfois
12:35que Thierry Mariani est en quelque sorte
12:37partie prenante aussi
12:39d'une sorte de bienveillance au minimum
12:41vis-à-vis de la Russie ?
12:42Non, je ne crois pas.
12:43Je pense que Thierry Mariani est guidé toujours
12:45par l'idée de savoir comment on arrive à la paix,
12:48comment on défend les intérêts de la France,
12:50et je crois que la ligne que développent Marine Le Pen
12:52et Jordan Bardella est la bonne
12:54et sur celle sur laquelle nous sommes tous alignés.
12:56Ce matin, Gabriel Attal dit
12:57que Marine Le Pen agit comme un proxy
12:59du régime du Kremlin depuis le début de cette guerre.
13:01Écoutez, Gabriel Attal
13:03qui ne veut pas aider les Français,
13:04Gabriel Attal qui a fait exploser le déficit,
13:07Gabriel Attal qui nous a montré l'étendue de sa nullité
13:09pendant les six mois où elle était à Matignon,
13:11heureusement qu'il n'a pas été là plus longtemps d'ailleurs,
13:13n'a pas beaucoup de leçons à donner.
13:15Gabriel Attal, c'est vraiment l'empire de la fake news,
13:17essayer de faire peur aux autres.
13:18Quand on a laissé une ardoise pareille,
13:20on s'abstient de commenter les autres.
13:22Nous, ce que nous vous disons...
13:23Marine Tondelier ce matin, elle dit
13:24« Voter Marine Le Pen, c'est voter Poutine ».
13:27On s'enfonce.
13:28Non mais à un moment,
13:29la situation est si grave,
13:32si angoissante pour beaucoup de Français,
13:34si on pouvait s'abstenir de déclarations de politique
13:37qui n'arriveront jamais aux responsabilités.
13:39Madame Tondelier, elle ne va pas devenir présidente de la République demain,
13:41donc elle peut raconter n'importe quoi,
13:43elle peut essayer de faire peur,
13:44quelles solutions elle propose.
13:46Nous, ce que nous proposons,
13:47et ce que Marine Le Pen propose par exemple,
13:48c'est qu'on mette les belligérants
13:50dans le conflit russo-ukrainien autour de la table.
13:52Mais il ne le fait pas ?
13:53Pas uniquement d'ailleurs la France,
13:55mais aussi avec l'Allemagne,
13:57avec la Pologne,
13:58avec la Turquie,
13:59de prendre des initiatives qui vont vers la paix.
14:01Pourquoi ?
14:01Parce que Marine Le Pen l'avait très bien dit
14:03il y a longtemps où cette guerre,
14:05on fait entrer l'ONU dedans
14:07et c'est la Troisième Guerre mondiale,
14:08ou alors c'est la guerre de Cent Ans,
14:10on s'enlise et on n'en sort pas
14:12et on a des conséquences
14:13que payent très chèrement les Français.
14:15Il y a une dernière option,
14:15des initiatives de paix.
14:17Il y a une dernière option
14:18pour obtenir aussi la paix,
14:19c'est d'obtenir une victoire de l'Ukraine.
14:23Or, dans le contexte actuel,
14:25Marine Le Pen a insisté hier,
14:27nous n'avons plus les moyens d'aider l'Ukraine.
14:29Vous reconnaîtrez que ce serait aussi une des solutions
14:32pour sortir de cette guerre ?
14:33Non, ce que nous on veut,
14:33c'est créer les conditions d'une négociation
14:36qui amène la paix.
14:37Et les négociations qui amènent la paix
14:39au bénéfice évidemment de l'Ukraine.
14:41Au bénéfice de l'Ukraine ?
14:42Bien sûr, au bénéfice de l'Ukraine.
14:43Mais vous imaginez, dans le moment actuel...
14:45Qui est le peuple agressé.
14:46Mais maintenant...
14:47C'est une utopie ?
14:48Non, ce n'est pas une utopie.
14:50Parce que Marine Le Pen a rappelé une chose,
14:52nous soutenons l'Ukraine,
14:55matériellement, financièrement,
14:56à travers la formation,
14:58à travers les engagements qui ont été passés,
14:59ce soutien n'est pas remis en cause.
15:01Il coûte aujourd'hui aux Français 8 milliards d'euros.
15:04Même un peu plus si on ajoute la cote-part
15:07que la France prend via l'Union européenne.
15:09Si on ajoute la cote-part que la France prend
15:11via l'Union européenne,
15:12on en est à plus de 25 milliards d'euros
15:14d'aide à l'Ukraine.
15:15Est-ce que demain, nous avons les moyens
15:17de faire de nouveaux chèques
15:19ou des prêts qui ne seraient pas remboursés ?
15:21La réponse est non.
15:22Et c'est même honnête de le dire à l'Ukraine.
15:24Si c'est pour balader l'Ukraine,
15:26Nézelinski, en lui disant
15:27« Vous pouvez attendre que nous déversions
15:30des milliards d'euros supplémentaires
15:32au-delà des engagements que nous avons pris
15:34et qui seront respectés,
15:35continuité de l'État républicain »,
15:37eh bien, si c'est lui faire croire cela,
15:39c'est le tromper.
15:39Nous sommes des gens honnêtes.
15:41Nous disons la réalité.
15:42Nos efforts, nous les porterons vers la paix.
15:44Sébastien Chenu,
15:45vous avez toujours dans le programme du RN
15:47de sortir du commandement intégré de l'OTAN ?
15:49Oui, mais pas en période de conflit.
15:51Donc, ce ne serait pas le cas ?
15:52Pas en période de conflit.
15:54Mais c'est toujours dans notre programme.
15:55Mais pas en période de conflit.
15:56Ça veut dire que si Marine Le Pen
15:57arrivait au pouvoir au printemps prochain,
16:01elle ne sortirait pas immédiatement
16:03si les conflits perdurent.
16:05Mais quand on dit pas en période de conflit,
16:06c'est quel conflit ?
16:07De quel conflit on parle ?
16:08Il y aura toujours un conflit sur la planète,
16:09si je peux me permettre.
16:10Pour l'instant,
16:10celui dans lequel nous sommes très partie prenante,
16:13nous ne sommes pas qu'au belligérant,
16:14mais nous sommes partie prenante,
16:15c'est le conflit russo-ukrainien
16:17dans lequel l'Ukraine a été agressée.
16:20Et donc, nous considérons que
16:21tant que nous ne sommes pas arrivés
16:22à des solutions qui amènent vers la paix
16:25au bénéfice, évidemment,
16:27de l'entité de l'Ukraine,
16:29eh bien, effectivement,
16:31nous n'allons pas sortir
16:32du commandement armé de l'OTAN
16:34pendant ce temps-là.
16:35Mais nous n'y avons pas renoncé.
16:36C'est toujours dans notre programme,
16:38tout comme est dans notre programme
16:39le fait que la France bénéficie
16:42uniquement de sa dissuasion nucléaire
16:44et de la stratégie de celle-ci.
16:46Quand j'entends le président de la République
16:48nous raconter
16:48« On va ouvrir un parapluie
16:50avec la Lituanie,
16:51on n'a pas bien compris
16:52ce qu'il voulait faire.
16:52On va sans arrêt apporter... »
16:54Il n'a jamais dit que la Lituanie
16:55allait appuyer sur le bouton nucléaire.
16:56D'accord, mais on ne comprend pas bien
16:58ces histoires de partage
16:59de la dissuasion nucléaire.
17:00La dissuasion nucléaire,
17:02les Français l'ont payée,
17:03ce sont des choix politiques très forts,
17:05elle appartient aux Français,
17:06à la France,
17:07son outil appartient...
17:08Ce que vous voulez dire,
17:08c'est que vous ne voulez pas
17:09que potentiellement on utilise
17:11l'arme atomique
17:13pour protéger les Lituaniens.
17:15En tout cas, aujourd'hui,
17:16nous considérons que la stratégie
17:18qui doit être imaginée,
17:19elle est au bénéfice uniquement
17:21et dans les mains de la France.
17:23Mais je ne sais pas bien
17:23ce qu'il fait avec la Lituanie.
17:24Si la Pologne est attaquée,
17:26et si la Pologne estime
17:27qu'il ne s'agit plus de provocation
17:28mais de véritable attaque,
17:29faut-il que la France soit en soutien ?
17:31On verra, je crois qu'on n'en est pas là.
17:33Et moi, je crois que...
17:34Si vous voulez,
17:34je ne me lance pas
17:35dans des politiques de fiction.
17:36Moi, je pense que...
17:37Et je vous le redis,
17:38parce qu'on en parle assez peu,
17:39prenons des initiatives
17:41pour essayer d'aller vers la paix
17:42plutôt que d'imaginer des initiatives
17:44qui soient des initiatives d'escalade.
17:46Moi, je ne vois pas...
17:47Et j'ai été déçu
17:48dans le discours d'Emmanuel Macron.
17:49Vous me direz,
17:50ça, c'est normal
17:50que je fais déçu d'Emmanuel Macron,
17:51comme 84% des Français
17:53qui sont déçus d'Emmanuel Macron
17:55dans les sondages aujourd'hui.
17:57Je considère que je n'entends pas
17:59un président de la République français
18:00qui prend des initiatives
18:02pour aller vers la paix.
18:04Et ça, ça me choque profondément.
18:05Parce que la guerre,
18:06c'est des morts.
18:07Parce que la guerre,
18:08ça nous coûte très cher.
18:08Parce que la guerre,
18:09ça abîme notre économie.
18:11Je l'ai dit pour commencer,
18:12ce sont des victimes,
18:13des civils aussi,
18:14en Ukraine.
18:16Donc, moi, j'attends
18:17d'Emmanuel Macron
18:18et nous attendons
18:19d'Emmanuel Macron
18:19des initiatives fortes.
18:21Sébastien Chenu,
18:23retour en France,
18:24mais tout est lié
18:24avec la question du budget.
18:28Est-ce qu'il y a un scénario
18:30dans lequel vous pourriez
18:31voter le budget ?
18:33Ah non, voter le budget
18:34n'est pas une possibilité.
18:36Quand j'entends hier
18:37le ministre du Travail
18:38et nous dire qu'il va geler
18:40ou sous-indexer
18:41la prime d'activité
18:42qui touche 4 millions
18:43de foyers français,
18:44qui est à peu près
18:45de 183 euros
18:46la prime d'activité,
18:48qui touche 21%
18:50de familles monoparentales
18:51et qui est un encouragement
18:52à l'activité,
18:53au travail,
18:54et qu'ils sont,
18:55comme pour les retraites,
18:56dans l'idée de geler
18:57ou de sous-indexer
18:58un certain nombre de retraites
19:00à partir de petites retraites,
19:01à partir de 1260 euros,
19:03ils veulent déjà
19:04sous-indexer les retraites.
19:06Il ne faut pas compter sur nous
19:07pour voter un budget pareil.
19:08Alors, le voter non,
19:09mais est-ce que vous pourriez
19:10vous abstenir ?
19:11Alors après, c'est autre chose.
19:12Ah non, s'abstenir non.
19:14S'abstenir non,
19:14on va voter contre un budget
19:16à partir du moment
19:16où il touche aux retraites,
19:18où il touche à la prime d'activité,
19:19où il touche aux abattements
19:20fiscales des retraités,
19:21où il touche aux APL.
19:22Vous nous dites ce matin,
19:23on va voter contre.
19:23On n'est pas du tout
19:24en capacité de voter ce budget.
19:26Donc, il n'y aura pas d'abstention,
19:26vous voterez contre.
19:27Pour autant,
19:28vous n'irez pas jusqu'à censurer.
19:29On attend de voir la feuille de route.
19:31Mais là, ce que je vois,
19:32je vous rappelle
19:32que le gel des APL,
19:34en tous les cas,
19:34ou la baisse des APL,
19:35je ne sais pas ce qu'ils feront exactement,
19:36c'est toujours très trouble,
19:37ça nous ramène au début
19:40du premier quinquennat Macron,
19:42Édouard Philippe.
19:43Ils sont obsédés
19:44par l'idée
19:47de taper
19:48les aides au logement
19:50des Français.
19:51Donc, nous,
19:52qui ne comptent pas sur nous
19:53pour aller faire les poches
19:54des retraités,
19:55des Français qui travaillent,
19:56des Français qui ont besoin
19:57de ces d'applés nationales.
19:58Je vous pose la question différemment.
19:59On a bien compris.
19:59Vous ne voterez pas pour,
20:00vous voterez contre.
20:01Pour autant,
20:02au moment où l'on se parle,
20:03envisagez-vous de le censurer ?
20:05Eh bien, ensuite, on verra.
20:06Parce que le gouvernement
20:07aura plusieurs possibilités.
20:08Une loi spéciale,
20:09ce serait épouvantable.
20:10Pourquoi ?
20:11Parce qu'une loi spéciale,
20:12ça va nous enfermer.
20:13Ça veut dire que si demain,
20:15au mois de mai,
20:15le 2 mai,
20:16au soir du second tour,
20:18les Français choisissent
20:19que Marine Le Pen
20:20redresse le pays,
20:21eh bien,
20:21si elle est bloquée
20:22par une loi spéciale,
20:24elle ne pourra pas changer
20:25ce budget.
20:26Nous, nous voulons faire
20:27évoluer ce budget.
20:29On ne veut pas réparer
20:30simplement les erreurs
20:32d'Emmanuel Macron.
20:32Nous avons besoin,
20:33non seulement,
20:34de faire des économies,
20:34mais aussi de mener
20:35d'autres politiques économiques,
20:37fiscales et sociales
20:38au bénéfice des Français.
20:40Et par conséquent,
20:40il nous faudra
20:41des marges de manœuvre.
20:42Donc,
20:42il vaut mieux,
20:43peut-être,
20:44comme l'a dit Marine Le Pen,
20:45un mauvais budget,
20:46qu'on peut changer,
20:47qu'on peut faire évoluer,
20:48qu'on peut radicalement,
20:51oui, changer, modifier,
20:52plutôt qu'être enfermé
20:54dans un carcan budgétaire
20:56qui empêcherait tout changement
20:58comme nous le souhaitons
20:59et comme les Français le souhaitent.
21:00Donc,
21:00l'enjeu aujourd'hui,
21:01ce n'est plus la censure
21:03en tant que telle,
21:04c'est est-ce qu'on pourra
21:05changer la trajectoire budgétaire
21:07si on arrive aux responsabilités.
21:09C'est bien le but.
21:10Merci beaucoup Sébastien Chenu
21:11d'avoir répondu
21:12à mes questions ce matin.
21:12Vice-président du Rassemblement National
21:14et député du Nord,
21:15il est 8h50 sur RMC et BFM TV.
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