00:00Déjà, selon Mathieu Pigasse, CNews est une organisation politique avec des studios.
00:04Donc ce soir, l'organisation politique va lui faire un honneur rare, prendre ses idées au sérieux.
00:10Rien sur sa fortune, son travail, ses amours ou ses vacances, juste ses idées.
00:15Et une idée revient tout le temps. Ce qui nous bloque pour lui, c'est que ce n'est pas
00:19une contrainte, c'est un choix.
00:21Donc on peut tout changer. La dette, on change les règles. Les salaires, on les monte par la loi.
00:27Les impôts, on taxe les gros patrimoines. La France, on change la manière de la raconter.
00:32Et pour y arriver, d'abord gagner la bataille des mots.
00:36D'abord les salaires, il faut en finir avec la politique de l'offre.
00:39En clair, au lieu d'aider d'abord les entreprises, augmentez d'abord les salaires.
00:43Le SMIC, il propose d'augmenter d'au moins 20%.
00:47Puis tous les salaires qui montent tout seul quand les prix montent.
00:50Chez Guillaume Pley, on lui dit attention à l'inflation, attention à nos usines face à l'étranger.
00:55Il répond, je dis que tout est faux.
00:58Puis plus on paye les gens, plus ils sont motivés, donc plus ils produisent.
01:02Tout est faux.
01:04Fini l'inflation, fini la facture, fini le problème, il suffisait d'y penser.
01:09Un salarié mieux payé peut être plus motivé, d'accord.
01:12Mais produire plus, ça ne se décide pas dans un décret.
01:15Ça vient des machines, de la formation, de l'organisation, de l'investissement.
01:19Surtout, qui fabrique ce que les Français vont acheter avec cet argent ?
01:22100 euros de plus dans un foyer, ça ne fait pas 100 euros produits en France.
01:27Si nos entreprises ne suivent pas, cet argent part acheter à l'étranger.
01:31Ou alors les prix montent et l'augmentation font.
01:34Et demain, l'intelligence artificielle.
01:36Des métiers vont disparaître.
01:38On les paye comment ? Par décret ?
01:40Un salaire plus haut ne recrée pas un métier qui n'existe plus.
01:43Quelqu'un paye la facture.
01:45Soit le patron sur ce qui lui reste, soit le client à la caisse.
01:48Soit l'État avec nos impôts, soit l'emploi, et dans ce cas-là, on n'embauche plus.
01:53Il n'y a pas de cinquième solution.
01:55Personne d'autre ne paiera à notre place.
01:57Cette indexation automatique des salaires, la gauche au pouvoir, l'a elle-même arrêtée en 1982-1983.
02:04C'était à l'époque de Moroy et de l'Or.
02:06Parce que les prix poussaient les salaires et les salaires poussaient les prix.
02:09On nous propose de revenir 40 ans en arrière.
02:12Ensuite, la dette.
02:14Il dit que le mur de la dette n'existe pas.
02:16Le 20 août, sur Twitter, il disait qu'environ 20% de notre dette est détenue par la Banque Centrale
02:22Européenne.
02:23Selon lui, on peut l'annuler sans coût financier.
02:26Ensuite, congeler plus de 500 milliards à la Banque de France.
02:30Soyons justes.
02:31Il ne dit pas « Demain, la France arrête de payer ».
02:33Il dit « Cette part-là, déjà chez la Banque Centrale, on la met de côté ».
02:37Pour le faire vraiment, il faudrait que l'Europe change les règles.
02:40Le 11 septembre, le patron de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a répondu sur RTL
02:46trois mots « illégal », « dangereuse » et « inutile ».
02:51Interdite par les traités, risquée pour les prix et pour les taux d'intérêt,
02:55et inutile, ça ne réduit pas ce que l'État dépense en trop chaque année.
02:59Son image est simple.
03:00Vous enlevez 500 milliards de dettes à l'État,
03:02vous ouvrez un trou de 500 milliards à la Banque de France.
03:05On n'a pas fait disparaître la dette, on l'a changée de tiroir.
03:10Le 15 septembre, sur Twitter, Mathieu Pigasse dit
03:14« Les trois arguments du gouverneur sont, je cite, « trois mensonges »
03:19et le gouverneur doit en tirer les conséquences et partir.
03:22Le gouverneur n'est pas d'accord, solution de Mathieu Pigasse, il démissionne. »
03:27C'est une méthode, ce n'est pas une démonstration.
03:29Une banque centrale indépendante, c'est précisément celle qui peut dire au gouvernement
03:33ce qu'il n'a pas envie d'entendre.
03:34Même si l'Europe disait « oui » demain, le trou annuel, lui, reste 5,1% en 2025.
03:41Encore environ 310 milliards à emprunter cette année.
03:45La dette totale, aujourd'hui, est de 3 536 milliards.
03:48Ça fait 117,5% de tout ce que la France produit en un an.
03:53C'est comme un ménage qui dépense plus qu'il gagne.
03:56Vous lui effacez une partie du crédit, très bien.
03:59Les mois suivants, il recommence.
04:00La question n'est pas seulement combien on doit, c'est pourquoi on recreuse le trou chaque année.
04:06Et il y a quelqu'un qu'on oublie, celui qui nous prêtera demain.
04:09Lui, il regarde le taux d'intérêt avant le programme électoral.
04:13Ensuite, il y a l'impôt.
04:15Il propose donc la taxe Zuckmann, 2% par an, au-delà de 100 millions de patrimoine.
04:20Le 4 octobre 2025, sur X, il déclarait « bien plus qu'une mesure fiscale, c'est un symbole.
04:27Un symbole peut gagner une bataille d'idées.
04:29Il ne paye pas un hôpital. »
04:31Les vraies questions restent.
04:32Combien ça rentre vraiment ?
04:34Est-ce que l'argent reste en France ?
04:36Est-ce qu'on continue d'investir ?
04:38La dette ne se rembourse pas en allongeant encore la fiche d'impôt.
04:42Elle se rembourse quand quelqu'un investit, embauche, reste.
04:47Aujourd'hui, trop de jeunes rêvent d'un statut de fonctionnaire.
04:49Pas assez d'une entreprise à créer ou à reprendre.
04:52On peut monter les salaires.
04:54Encore faut-il qu'il y ait quelqu'un pour les verser.
04:57Encore une chose, une entreprise, ça se crée pour gagner de l'argent.
05:00Sinon, elle n'embauche pas.
05:01Sinon, elle ne paye pas d'impôts.
05:03En France, le profit est trop souvent une faute.
05:05C'est l'économie à l'envers.
05:07On calcule d'abord les dépenses.
05:09Ensuite, on cherche l'argent.
05:11Alors, ce projet que vous avez décortiqué politiquement, Michel, ce projet se rapproche de qui ?
05:16De la France insoumise.
05:18Fin août, à leur université d'été, il dit que leur programme est possible économiquement
05:23et que le mur de la dette n'existe pas.
05:25Manuel Bompard, le coordinateur de LFI, le dit lui-même.
05:28Quand un banquier d'affaires défend ses positions, elles paraissent beaucoup plus crédibles.
05:33Mardi, sur France Inter, aucune gauche ne gagne seule.
05:37C'est ce qu'il a déclaré.
05:38Donc, tout unir jusqu'à LFI.
05:40Un budget cherche 54 milliards d'économies.
05:43Pour lui, c'est un marche-pied au Rassemblement national.
05:46Je cite.
05:47Dépenser plus, c'est de la volonté politique.
05:50Chercher à dépenser moins, c'est faire le jeu de l'extrême droite.
05:53Au Sénat, en juin, il assume des médias engagés dans la bataille culturelle.
05:59Son groupe, dit-il, c'est, je cite, un peu le petit village gaulois d'Astérix au milieu des milliardaires
06:05conservateurs.
06:06Retenez sa référence aux Gaulois.
06:08Alors, sur La Nation, Mathieu Pigasse, banquier d'affaires d'extrême gauche, écrit que le français de souche, je cite,
06:16est un mythe.
06:17C'est de l'histoire ou bien là, c'est un projet politique ?
06:20La même idée appliquée à la France.
06:22Le 26 août sur X, donc Twitter, le français, il déclarait, je cite,
06:26« Le français de souche est un mythe. Nous sommes tous des sans-mêlés. Gaulois, Celtes, Francs, Burgondes.
06:34Au Sénat, les Gaulois sont un village qui résiste. Sur X, ils ne sont plus qu'un ingrédient du mélange.
06:40Personne de sérieux ne dit que la France est restée à l'abri du monde.
06:43Un fleuve reçoit des affluents. Ça ne veut pas dire qu'il n'a ni source, ni lit, ni nom.
06:50»
06:50Il cite Renan, Ernest Renan, « La nation, ce serait un oui renouvelé chaque jour. »
06:56Renan dit aussi, « Une nation, c'est la possession en commun d'un riche lègue de souvenirs, un héritage.
07:01»
07:02Pigasse insiste sur le consentement. Il faut lui rendre ce qui a précédé le consentement.
07:06Une langue, des frontières, une histoire, un christianisme qui a façonné ce pays longtemps avant nous.
07:13Ce qu'on reçoit, puis ce qu'on transmet à nos enfants.
07:17Ensuite, le voile. Le RN veut l'interdire dans l'espace public avec des amendes.
07:21Mathieu Pigasse répond, « Liberté de choisir, dont le voile, pas de police des religions. »
07:27Mais le texte que l'islam tient pour sacré, le Coran, ne dit pas seulement « cachez-vous ».
07:32Il dit « couvrez-vous pour être reconnus et pour n'être pas offensés ».
07:37Reconnus comme quoi ? Comme appartenant à un groupe.
07:40À la Mecque, pendant le pèlerinage, les femmes se découvrent.
07:43Un signe qui tombe là-bas et qui monte en France n'est pas seulement un choix de dressing.
07:49En janvier, sur France Inter, il dit qu'il faut parler d'insécurité, d'islam et d'immigration.
07:55Mais il accuse CNews d'en faire des fantasmes.
07:58Il a raison sur un point, il faut en parler et regarder les faits.
08:01C'est précisément ce que l'organisation politique, CNews, fait chaque soir.
08:06Sous-titrage Société Radio-Canada
08:07Sous-titrage Société Radio-Canada
08:08Sous-titrage Société Radio-Canada