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  • il y a 2 mois
Regardez L'édito d'Etienne Gernelle du 27 août 2026.

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Transcription
00:001, signé Gernel.
00:03Avec vous Etienne Gernel, directeur du Point.
00:05Ce matin, vous nous parlez des patrons qui vont débattre aujourd'hui avec 7 candidats à l'élection présidentielle.
00:10Ce sera lors de l'université d'été du MEDEF.
00:12Mais pour vous Etienne, ils auront beaucoup de mal à se faire entendre des politiques.
00:16C'est simple, ils ne pèsent plus.
00:17Ils n'ont jamais vraiment pesé, Céline, en France.
00:21Et d'abord pour des raisons politico-culturelles, historiques.
00:24La méfiance du catholicisme pour l'argent, vous savez, par opposition au protestantisme.
00:29L'héritage révolutionnaire français avec la haine des riches qui l'accompagne.
00:33Puis la prévalence du marxisme plus forte qu'ailleurs en Europe.
00:37Tout cela se rejoignant par exemple chez François Mitterrand qui disait que l'argent corrompt.
00:43Et oui, la gauche française est plus à gauche sur l'économie que la gauche espagnole ou la gauche allemande
00:48par exemple.
00:49Mais la droite a aussi sa méfiance pour le monde de l'entreprise.
00:52C'est, vous savez, la fameuse tirade du général de Gaulle.
00:56La politique de la France ne se fait pas à la corbeille.
00:59C'est-à-dire à la bourse.
01:00Et puis il y a aussi un sujet de culture ou d'inculture économique.
01:04C'est la deuxième grande explication.
01:07La culture économique de qui ?
01:09Alors il y a des politiques.
01:10Philippe Aguillon, prix Nobel d'économie, a été auditionné l'an dernier à l'Assemblée nationale.
01:14Il est ressorti atterré, c'est son mot, par le niveau moyen des députés en économie.
01:20Mais c'est beaucoup plus global que ça.
01:21Vous savez, l'OCDE, il y a quelques années, a posé une question simple par sondage.
01:26Vous placez 100 euros à 2%.
01:29Combien avez-vous au bout d'un an ?
01:31Bon, ça fait 100 euros, je dis ça pour Louis Baudin.
01:35Mais 102 euros, pardon.
01:36Et bien, je me suis trompé, seul 51% des Français avaient la réponse, contre 64% des Allemands et
01:4476% des Irlandais.
01:46C'est terrible.
01:46La faute, en partie, à la faiblesse de l'enseignement de l'économie dans le secondaire en France,
01:51à des programmes peu centrés sur l'entreprise et dans lesquels on évoque plus souvent Marx ou Keynes,
01:56les deux nuances de l'économie politique de gauche que des questions de compétitivité ou de concurrence,
02:01souvent bien de marché.
02:02Et puis, il y a aussi des choses beaucoup plus concrètes.
02:05Et c'est mon dernier point, les retraites.
02:08Qu'est-ce qu'elles viennent faire là-dedans ?
02:10Vous savez, ça revient dans le débat, la retraite par capitalisation.
02:14Et c'est aussi un enjeu culturel.
02:17Quand vous avez une part de retraite par capitalisation,
02:20votre pension dépend directement des succès des entreprises et, osons les gros mots, de leurs profits.
02:27Cela change un tout petit peu le regard qu'on porte sur elle et l'écoute pour les patrons.
02:31Winston Churchill, dont le pays est pourtant historiquement beaucoup plus pro-business que la France,
02:36résumait bien la question, et je le cite,
02:38« Certains considèrent l'entreprise comme un tigre prédateur qu'il faut tabattre,
02:43d'autres la voient comme une vache qu'ils peuvent traire.
02:46Seule une poignée voit ce qu'elle est réellement, le cheval qui tire toute la charrette. »
02:51Signé Gernel, Étienne Gernel, directeur du Poix.
02:54À la une de votre journal cette semaine, un homme qui n'est pas à Roland-Garros,
02:58aujourd'hui, pour débattre avec les grands patrons,
03:00puisqu'il n'est pas candidat officiel à la présidentielle pour l'instant.
03:03C'est François Hollande, l'embusqué, si la situation l'exige.
03:07C'est la citation.
03:09À la semaine prochaine ?
03:10J'espère.
03:10Sous-titrage Société Radio-Canada

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