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  • il y a 11 minutes
TPE : «Les pouvoirs publics n'ont pas l'air de prendre la mesure de la situation», souligne Marc Sanchez

Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des Indépendants et des TPE, répond aux questions d'Alexandre Le Mer.

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Transcription
00:00A tous, 5h, 7h, Europe 1 bonjour, Europe 1 il est 5h43, votre invité Alexandre Lemaire c'est Marc Sanchez,
00:08secrétaire général du syndicat des indépendants et des TPE.
00:12Bonjour Marc Sanchez, bonjour à vous.
00:15Vous représentez les petites entreprises, les commerçants, les artisans directement exposés bien sûr à la flambée des prix de l
00:23'essence alors qu'une grande partie de ces artisans indépendants dépendent de leur véhicule pour leur travail.
00:29Faut-il le rappeler, 98% la quasi-totalité des entreprises en France sont des petites entreprises.
00:36Vous en représentez quant à vous 25 000 je crois Marc Sanchez, comment vont-elles ?
00:43Écoutez, aujourd'hui la situation est encore compliquée et devient franchement préoccupante.
00:51Au premier semestre de cette année, on avait près de 37 700 entreprises qui s'étaient engagées dans une procédure
00:59de liquidation judiciaire.
01:03Ça correspond à peu près à 1500 de plus par rapport à l'année dernière.
01:07Et ça concernait effectivement des très petites entreprises qui sont le plus exposées effectivement.
01:14Alors aggravées par la situation de la crise énergétique, je vous dirais que l'année dernière était déjà une année
01:20record, l'année d'avant aussi.
01:22Et malheureusement nous continuons dans cette logique.
01:25Puis je pense en fait d'ici à la fin de l'année qu'on arrivera à dépasser malheureusement le
01:31seuil des 70 000 défaillances.
01:33Donc on est dans une situation qui, à ce stade, est vraiment très très préoccupante.
01:39Et c'est ce qu'on essaye effectivement de mettre en avant auprès du gouvernement et des pouvoirs publics
01:43qui n'ont pas l'air à ce stade de prendre réellement conscience de cette situation, en tout cas au
01:49niveau des TPE.
01:50Et l'exemple effectivement des mesures qui ont été mises en avant à travers la crise énergétique est quand même
01:58de ce point de vue-là assez affligeant.
02:00Bon alors effectivement vous avez eu ces mots que je relis sur le réseau X, Marc Sanchez.
02:06Vous dites il faut arrêter d'attendre que les entreprises soient au bord du tribunal de commerce pour s'intéresser
02:11à elles.
02:12C'est ça votre sentiment ? Vous avez l'impression d'être les oubliés de cette crise ?
02:16Alors ce n'est pas que mon sentiment, c'est le sentiment aujourd'hui de nombreux entrepreneurs qui prennent soit
02:23contact avec nous ou qui réagissent sur ces thématiques.
02:25Et je pense que de ce point de vue-là effectivement il y a un vrai ras-le-bol, on
02:29constate une inadaptation.
02:31Alors on connaît le contexte politique, économique, compliqué, l'exercice n'est pas simple au niveau du gouvernement en longtemps.
02:40Le débat notamment sur le PLF ou le PLFSS s'annonce compliqué.
02:44Mais c'est vrai que nous ce qu'on m'attend effectivement c'est des choses qui soient concrètes, qui
02:49répondent à des réalités économiques et sociales que nous vivons voire même que nous subissons.
02:54Et donc forcément face à ça et aux réponses qui sont données, il y a une vraie incompréhension et une
02:59vraie colère.
03:00Bon, je reprends quand même parce que vous l'évoquiez, on va en parler bien sûr, les nouvelles aides annoncées
03:05par le gouvernement qui a quand même mis en place une enveloppe de 450 millions d'euros,
03:10ce qui n'est pas rien dans le contexte budgétaire que l'on connaît.
03:13Elles vous concernent directement, en tout cas en partie ces aides, puisque l'aide aux grands rouleurs dans un cadre
03:19professionnel, c'est notamment vous, les artisans, Marc Sanchez ?
03:25Écoutez, c'est vrai, on peut se dire effectivement que cette situation ou cette action gouvernementale, c'est 450 millions
03:33d'euros de plus,
03:35puisque sur le premier, si on cumule en fait les deux périodes qu'on a eues par rapport à la
03:39crise énergétique,
03:40on est à à peu près, je crois, 1,4 milliard d'euros de fonds publics qui aujourd'hui effectivement
03:46sont accordés,
03:49même s'ils ne sont pas utilisés dans leur intégralité à ce stade.
03:54pour effectivement aider nos entreprises.
03:56Alors, on peut dire qu'on va mobiliser de l'argent public pour compenser effectivement la hausse qui pèse sur
04:03la consommation,
04:04les marges et l'activité, mais combien allons-nous encore dépenser,
04:08alors qu'on sait effectivement que les finances publiques sont plutôt à l'agonie,
04:12pour pouvoir réparer les conséquences si on refuse en fait d'avisir davantage sur la cause,
04:18et la cause aujourd'hui, c'est le prix à la pompe.
04:20Mais de votre point de vue, ça vous soulage ?
04:22Ça vous soulage ou c'est un coup d'épée dans l'eau ? C'est ça que vous dites
04:25?
04:25Écoutez, d'un point de vue média, annonce, effet que c'est un, ça peut paraître effectivement intéressant
04:32quand on regarde les enveloppes globales,
04:35mais qu'est-ce qu'on constate en fait ?
04:37On constate qu'on a mis en place effectivement une politique de guichet.
04:42Vous avez 100 euros pour les grands rouleurs, vous avez des dispositifs spécifiques et sûrement complexes,
04:48même si on nous explique qu'ils ont été simplifiés,
04:50ce qui veut dire entre parenthèses qu'il s'était déjà complexe à l'allumage,
04:54pour les infirmiers libéraux, pour les pêcheurs, pour les agriculteurs,
04:58mais on a aussi avec ce système des oubliés, je pense par exemple aux entreprises d'auto-école,
05:03qui elles ont complètement été écartées, et ces entreprises-là, effectivement,
05:08le carburant pour elles, c'est vraiment un outil de travail.
05:11C'est le principe des aides ciblées, en tout cas c'est la limite des aides ciblées,
05:13c'est-à-dire qu'on ne peut pas viser tout le monde par principe.
05:16Bien sûr, aller expliquer à un dirigeant d'auto-école qui a deux ou trois voitures,
05:21effectivement, que lui il est exclu du dispositif.
05:24Pour les entreprises de plus grande taille ou moyenne en tout cas,
05:28on a maintenu le fameux pré-flash, c'est-à-dire en fait le concept aujourd'hui,
05:33qui veut qu'on puisse s'endetter pour payer le carburant plus cher.
05:37Alors effectivement, ponctuellement, on peut dire que ça peut soulager une trésorerie,
05:42mais il faut quand même essayer d'expliquer à un entrepreneur aujourd'hui
05:45que pour pouvoir payer ou maintenir son outil de production et son travail,
05:49il va devoir effectivement engager un prêt qu'il va falloir qu'il rembourse avec intérêt.
05:55Ça, ça vous met en colère je crois, Marc Sanchez,
05:57c'est un petit peu reculer pour mieux sauter en fait, si l'on vous suit.
06:00Oui, il n'y a pas que moi qui s'aime en colère.
06:04Quand je dis vous, c'est les artisans, les indépendants,
06:07toutes les entreprises que vous représentez ce matin sur Europe 1, Marc Sanchez.
06:10Oui, oui, complètement, on est vraiment dans cette logique,
06:13on est dans une aberration.
06:15En plus, les chiffres sur le succès, entre guillemets,
06:19et j'en mets deux d'ailleurs, sur le pré-flash en l'occurrence,
06:24il est quand même plus que relatif.
06:26Très peu de TPE ont sollicité effectivement ce type de solution.
06:30Donc forcément, on vous explique d'un côté, on est sur les guichets,
06:34et puis en même temps, sur les aides ciblées et le pré-flash.
06:38Et en fait, dans ce que nous, nous demandions initialement,
06:42et qu'on demande toujours d'ailleurs,
06:44c'est qu'on soit en fait beaucoup plus simple.
06:46Il faut qu'on agisse aujourd'hui directement sur le prix à la pompe.
06:50Il y a des solutions pour ça.
06:52On les a évoquées avec le gouvernement,
06:54notamment en utilisant temporairement
06:56ce qu'on appelle les certificats d'économie d'énergie,
06:59qui sont en fait une taxe payée par les distributeurs,
07:02qui sert à la transition écologique.
07:04L'idée, c'était de se dire,
07:07et qui ne concerne pas d'ailleurs les comptes publics,
07:09on va suspendre temporairement effectivement ces dispositifs-là
07:12pendant six mois, un an, même s'il faut,
07:16parce que l'urgence aujourd'hui, elle est là,
07:18il faut facilement faire baisser les prix des carburants à la pompe.
07:22Ça représente à peu près 17 centimes d'euros pendant au litre.
07:28Le gouvernement est sourd,
07:30et il n'y a pas que nous qui le proposons.
07:31Alors nous, on avait été effectivement les premiers en début d'année
07:34à mettre en avant cette solution.
07:36Même les distributeurs, aujourd'hui,
07:38ils évoquent et plus que de manière insistante.
07:41Et on est, c'est une espèce de sourdité totale
07:45en mettant en avant toujours la même chose,
07:47c'est-à-dire ce système de guichet et d'être ciblé.
07:50En tout cas, nous vous avons entendu ce matin sur Europe 1,
07:52Marc Sanchez, vous nous l'avez dit,
07:54augmentation du nombre de défaillances de très petites entreprises
07:56qui avaient commencé avant la guerre au Moyen-Orient,
07:59mais qui est amplifiée par cette flambée des prix du carburant.
08:01Marc Sanchez, secrétaire général du syndicat des indépendants et des TPE.
08:05Merci d'avoir été avec nous sur Europe 1.

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