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  • il y a 20 minutes
Que reste-t-il du macronisme à l'approche de la fin du quinquennat ? C'est le sujet du livre Le Crépuscule des princes. Ses dauphins veulent le trône... mais pas son héritage ! (ed du Rocher) qui revient sur les dernières années du pouvoir d'Emmanuel Macron, la dissolution et les ambitions de ceux qui pourraient lui succéder. La dissolution a-t-elle accéléré la fin de règne du président ? Qui sont ses héritiers politiques et que veulent-ils conserver ou, au contraire, abandonner du macronisme ? Pauline Théveniaud, journaliste au service politique de RTL et Jérémy Marot, chef adjoint du service politique de l'AFP sont les invitées d'Anne-Sophie Lapix dans RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 22 septembre 2026.

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Transcription
00:07Nous accueillons une voix que vous entendez régulièrement sur notre antenne Pauline Tevignot,
00:11grand reporter au service politique de RTL et Jérémy Marot, chef adjoint du service politique de l'AFP.
00:17Bonsoir.
00:18Bonsoir.
00:19Vous venez nous parler de ce livre que vous co-signez, Le Crépuscule des Princes.
00:23Ces dauphins veulent le trône mais pas son héritage.
00:27Aux éditions du Rocher, on aura compris que vous nous parlez d'une fin de règne, celle d'Emmanuel Macron.
00:32Une fin de règne qu'il a accélérée, précipitée avec la dissolution, Pauline ?
00:36Bah oui, en prenant cette décision, il a tout perdu.
00:39Il a perdu sa majorité, la capacité d'agir.
00:42Et d'ailleurs, pendant de longues semaines, il a essayé de rationaliser,
00:46de se dire qu'il n'avait pas d'autre choix que de prendre cette décision.
00:50Et puis après, il a quand même eu clairement un passage à vide.
00:53À l'automne 2024, ça ce sont de proches amis qui nous le racontent.
00:58Et en même temps, il se dit qu'il peut quand même garder la main.
01:02Il y a un échange assez rigolo avec son ancien Premier ministre, Jean Castex,
01:05où il lui parle de ses projets de réforme.
01:07Et puis Jean Castex lui répond,
01:10mais tu sais que tu n'auras aucune majorité pour les voter, ces réformes.
01:14Oui, ça va être dur. 80 députés en moins sur 250 à l'issue de la dissolution.
01:21Et il a dû se résigner à une alliance avec les LR.
01:24Alain Minc explique que le gouvernement aurait pu avoir leur soutien pour un plat de lentilles en 2022,
01:29pour un prix correct en 2024.
01:33Là, il n'a pas eu le choix.
01:34Il a dû nommer le chef d'un groupe de 40 députés, Michel Barnier à Matignon.
01:39Ça, c'est un prix fort.
01:39Oui, ça aurait été plus simple s'il avait accepté de partager le pouvoir un peu plus tôt,
01:43comme il l'avait promis dès son arrivée, en fin de compte.
01:46Donc, en repoussant au plus tard cette échéance-là, en 2024,
01:50il se trouve à payer le prix fort.
01:51Donc, avec Michel Barnier, tout de suite, il y a une ambiance un peu de cohabitation.
01:55Oui, c'est pas simple.
01:56Il n'a pas l'habitude.
01:57Non, il n'a pas l'habitude.
01:58Il dit qu'il a l'impression, avec Michel Barnier,
02:01comme s'il jouait au tennis face à un mur.
02:04Voilà, il a un Premier ministre qui...
02:06Qui fait ce qu'il veut, qui ne l'informe pas.
02:08Exactement.
02:08Alors qu'il l'informe, mais qu'il l'informe une fois que les choses sont faites
02:10et les décisions sont prises.
02:12Fatalement, il n'a pas l'habitude, Emmanuel Macron.
02:14Et d'ailleurs, il jubilera quand Michel Barnier tombera.
02:19Disons qu'il n'était pas mécontent.
02:21Oui, c'est ça.
02:21Ça se passe mieux avec François Bayrou,
02:23même s'il y a une faute originelle,
02:25puisque le patron du Modem a tordu le bras du président pour obtenir Matignon.
02:30Ah oui, c'était une scène complètement ahurissante.
02:33C'est-à-dire qu'il faut se rappeler, on est en décembre 2024.
02:38Le jeudi soir, Emmanuel Macron a décidé de nommer Sébastien Lecornu.
02:43Et il convoque le vendredi matin à l'Elysée François Bayrou pour lui dire.
02:50Et là, François Bayrou lui fait un grand numéro.
02:55Et il le dit d'ailleurs, puisqu'il sort de l'Elysée.
02:58Il appelle tout de suite Richard Ferrand, un lieutenant d'Emmanuel Macron,
03:01et qui est en train de s'installer dans un appartement un peu vide,
03:05avec plein de cartons.
03:06Et quand il ouvre la porte, François Bayrou dit à Richard Ferrand
03:10« J'ai fait le grand numéro avec beaucoup de force ! »
03:12Et là, Richard Ferrand se dit « Oh là, ça ne sent pas bon du tout ! »
03:15Ça sent le pâté, oui.
03:16Mais il tiendra sa vengeance d'ailleurs, Emmanuel Macron, d'une certaine manière.
03:19– Quelques mois plus tard, effectivement, François Bayrou décide de se soumettre à un vote de censure.
03:24Une idée en fait, tout le monde savait que le vote était perdu d'avance.
03:27D'ailleurs, François Bayrou lui-même le savait probablement,
03:29mais il avait préparé sa sortie.
03:31Et à ce moment-là, quand il lui présente son plan,
03:34quand François Bayrou présente son plan durant l'été à Emmanuel Macron,
03:37il ne lui dit pas « Non, tu vas dans le mur ! »
03:39Il dit « Ok, vas-y, tu as sans doute préparé la chose ! »
03:43– C'est Tara Kiri.
03:44Il y a ensuite le psychodrame du premier gouvernement, Le Cornu.
03:49C'est à cause d'Emmanuel Macron que ça n'a pas marché,
03:51que ça a duré un peu plus de 13 heures, je crois ?
03:53– Oui, on l'appelle le grand crash, nous, dans notre livre, ce psychodrame.
03:57Est-ce que c'est à cause d'Emmanuel Macron ?
03:59Disons qu'en fait, la péche originale de ce gouvernement, Le Cornu,
04:02il faut se remettre en contexte,
04:03Le Cornu, ça fait trois semaines qu'il consulte tout le monde
04:05et qu'il dit « Vous allez voir ce que vous allez voir, il va y avoir une rupture. »
04:08Ça ne va pas être comme avant.
04:09Et le gouvernement qui sort, c'est exactement les mêmes têtes qu'avant.
04:12Donc, il n'y en a pas un pour être content dans la classe politique
04:15et ça porte les traces de droit d'Emmanuel Macron, ce gouvernement.
04:20Et puis, il y a cette idée un peu farfelue de mettre Bruno Le Maire au gouvernement.
04:24– Qui était radioactif pour la droite ?
04:26– Complètement, à ce moment-là.
04:28– Le budget…
04:28– Et qui était accusé d'être l'homme aux mille milliards de dettes.
04:32– Alors, outre le fait que la dissolution mène au blocage de l'action du gouvernement,
04:36elle a pour conséquence de lancer la course à la présidentielle 2027
04:41et de fâcher Emmanuel Macron avec à peu près tous les futurs candidats,
04:45tous ses anciens premiers ministres au moins.
04:47– Oui, à commencer par Gabriel Attal, puisque de facto, la dissolution l'éjecte de Matignon.
04:52Et ça, il l'a raconté à plein de fois, puis il en a encore parlé cette semaine.
04:57Vraiment, il ne le digère pas.
04:58Non, ce n'est pas digéré.
05:00Et puis, Édouard Philippe, de son côté, lui, il trouve que c'est une très très lourde erreur.
05:05Il nous le raconte dans le livre.
05:07Dès ce moment-là, il se dit qu'Emmanuel Macron, ayant perdu sa capacité à agir,
05:13eh bien, devrait s'en aller, quitter l'Elysée précocement.
05:17Et donc, effectivement, ça acte une rupture.
05:21Et dans le même temps, ça lance la course à sa succession.
05:24– Il voulait précisément retarder.
05:26– Il vous le dit à cette époque, et puis il le dira à l'antenne un peu plus tard.
05:30Ce qui est assez violent pour Emmanuel Macron.
05:33À ce moment-là, il se tire une balle dans le pied.
05:35– Édouard Philippe, oui, d'une certaine manière,
05:39puisqu'il l'appelle au départ d'un chef de l'État,
05:42il est dépositaire d'une partie de l'héritage.
05:44Ce qui est intéressant de voir, c'est qu'effectivement,
05:47c'est Édouard Philippe qui tient les propos les plus virulents,
05:49mais finalement, c'est à Gabriel Attal qu'il en veut le plus.
05:52Il y a un sentiment de trahison qui est beaucoup plus fort.
05:55– Et qui remonte à loin, en fait.
05:57Qui remonte au salon de l'agriculture,
06:00lorsqu'il est Premier ministre.
06:01C'est ça, ça se passe bien pour lui,
06:03alors que ça s'est très mal passé pour Emmanuel Macron, c'est ça ?
06:05– Oui, c'est une scène qu'on raconte, effectivement,
06:07qui semble être, alors ça semble minuscule comme épisode,
06:10mais parfois la politique, ça se tient à des petites choses comme ça.
06:13Effectivement, Emmanuel Macron, ça se passe très mal au salon de l'agriculture.
06:16Il est invectivé.
06:17Il y a même un moment des craintes sur sa sécurité.
06:19Et puis Gabriel Attal, il passe quelques jours après.
06:21et il dit, excusez-nous pour le dérangement,
06:23j'espère qu'on ne trouble pas trop votre salon.
06:28Et pour mieux souligner, en fait, la différence d'ambiance entre les deux visites.
06:34– Il appelle d'ailleurs les gens qui travaillent,
06:36enfin, oui, les communicants de Gabriel Attal,
06:39les sales types, c'est ça ?
06:40– Oui, c'est le surnom qu'il leur donne.
06:43Et la Ve République est faite de grandes batailles comme ça entre les présidents et leurs premiers ministres.
06:50Celle-ci, elle va vraiment rentrer au panthéon des grandes détestations.
06:55Ce qui est assez rigolo, c'est que ça dit aussi sur l'incapacité d'Emmanuel Macron à laisser de
07:01l'espace
07:01et à laisser de la lumière autour de lui.
07:04Ce qu'on raconte dans le livre, par exemple, quand il nomme Gabriel Attal,
07:07il dit à ses proches,
07:08« J'ai soigné mon égo, je vais le laisser prendre toute la lumière,
07:12ça tombe bien, il adore ça. »
07:15Gabriel Attal adore ça.
07:17Tout de suite, dès les premières semaines,
07:18il prend toute la lumière sur ce sujet de l'agriculture.
07:22Et tout de suite, ça part en conflit, en coulisses.
07:25Emmanuel Macron dit qu'il se comporte avec une part d'immaturité,
07:29qu'il a un comportement puéril,
07:31parce qu'il trouve qu'il ne pense qu'à soigner son image
07:34plutôt que de gérer la crise agricole.
07:36Et puis surtout, péché qu'il ne parle pas assez du bilan de ce qui a été fait jusqu'à
07:40présent.
07:40– Oui, forcément.
07:41On va voir que Gabriel Attal, il va très vite partir en campagne.
07:45Et puis à la conquête du parti,
07:47il a eu raison, parce que le parti, c'est aussi le pactole.
07:50– Il y a un gros trésor de guerre,
07:52il y a plus de 20 millions d'euros par an de financement public à Renaissance.
07:57Et puis il y avait cet immeuble rue du Rocher,
08:00qui est un actif incroyable.
08:01Bref, il y a tout ce qu'il faut pour partir mener une campagne présidentielle.
08:05On le voit à l'heure actuelle où beaucoup de partis cherchent de l'argent.
08:08Celui qui en a, c'est Gabriel Attal, grâce à Renaissance.
08:11Et ça lui donne tous les outils pour partir en campagne.
08:14– Si Emmanuel Macron a tant de mal avec ses héritiers,
08:16c'est qu'il compte revenir en 2032 ?
08:18– C'est la question que vous l'avez posée.
08:21– C'est la grande question.
08:22Je crois que c'est d'abord une béquille psychologique pour lui,
08:26pour tenir sur cette fin de règne la possibilité de revenir.
08:29En 2032, il aura quoi ? 54 ans ?
08:32– C'est jeune.
08:33– Bien sûr, c'est très jeune.
08:35– 54 ans, donc on peut toujours revenir.
08:36Et puis, ce dont on s'aperçoit aussi,
08:40c'est que tous ses prédécesseurs ont essayé de revenir.
08:43Regardez François Hollande, par exemple, Nicolas Sarkozy avant lui.
08:46– Oui, il joue beaucoup avec cette idée.
08:49Emmanuel Macron, par exemple, en réunion de cabinet,
08:52il lui arrive assez régulièrement de lui dire,
08:54sur le ton mi-plaisanterie, mi-je mette cette idée en l'air.
08:58Bon, ça, ce sera sûrement pour quand on reviendra.
09:00– Voilà, comme ça, ça laisse des petits cailloux.
09:04– Merci, Pauline Thévenu et Jérémie Marot.
09:06Le Crépuscule des Princes est aux éditions du Rocher
09:08et il paraît demain.
09:09Et vous restez avec nous, il y a la petite bande qui arrive.
09:12L'info qu'on a failli manquer, Florian Gazan,
09:14c'est la vente d'une mèche de cheveux aux enchères,
09:16mais pas n'importe laquelle.
09:17Le petit phénomène des magues et celles, ça se mange.
09:19C'est le salt bread.
09:20Et puis Tanguy Pastureau défait l'info à tout de suite.
09:22– Toute la journée, RTL vous accompagne.
09:26– Sous-titrage Société Radio-Canada
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