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  • il y a 27 minutes
Présentée par Mélanie Bénard-Crozat, cette nouvelle édition de 56 Minutes Cyber by CESIN décrypte les grands enjeux qui façonnent l’avenir numérique de nos sociétés : cybersécurité, intelligence artificielle, désinformation, souveraineté, résilience et coopération internationale.

Pendant 56 minutes, experts, décideurs et acteurs de terrain partagent leurs analyses et leurs retours d’expérience pour comprendre, anticiper et agir face aux nouvelles menaces.

Au programme :
00:00 Introduction
01:36 Au coeur de l'actualité Cyber
03:46 Baromètre du CESIN avec Fabrice BRU, Président du CESIN
09:35 Géopolitique avec Jérôme QUÉRÉ, Délégué général chez Confrontations Europe
17:21 Table Ronde autour du financement et de l'investissement dans le Cyber
37:56 La séquence Intelligence Économique avec François JEANNE-BEYLOT
42:35 Grand Témoin avec la Vice-procureure Johanna BROUSSE
52:25 Conclusion

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Technologie
Transcription
00:21Bonjour à toutes et à tous, ravie de vous retrouver pour 56 minutes cyber en ce début d'année 2026.
00:27Une année qui s'annonce à riche et animée à n'en pas douter, mais elle sera surtout ce que
00:33nous allons décider d'en faire.
00:35Le World Economic Forum l'a rappelé il y a quelques jours, le risque cyber est un risque systémique mondial
00:42amplifié par l'intelligence artificielle et la fragmentation géopolitique.
00:47À cela, la réponse ne peut donc être que collective, coordonnée et souveraine, au-delà évidemment des problématiques purement techniques.
00:55C'est évidemment une très bonne nouvelle que les différents dirigeants des États s'accordent aujourd'hui sur ce que
01:02nos experts appellent de leurs voeux depuis plusieurs années.
01:05La prise de conscience est donc là. Qu'en est-il donc de l'action à venir pour cette année
01:102026 ?
01:11Contexte national, géopolitique et atout de l'Europe, autonomie stratégique et clé de succès, intelligence économique au service de la
01:20décision ou encore justice sur le terrain.
01:24Sept invités à mes côtés pour faire rimer réflexion et conviction avec action.
01:3056 minutes à passer ensemble pour décrypter l'actualité cyber.
01:36Deux annonces en ce début d'année 2026.
01:40La présentation de la stratégie nationale en matière de cybersécurité en France
01:45et le nouveau train de mesures voulu par la Commission européenne, toujours en matière de cybersécurité.
01:51Au niveau national, c'est notre ministre Anne Le Hénanf qui vient de présenter cette stratégie tant attendue
01:58avec cinq piliers et 14 objectifs qui devront être atteints.
02:02Reste à savoir, au-delà de cette volonté politique affirmée, les moyens qu'ils vont être mis en place pour
02:10pouvoir atteindre ces objectifs.
02:12On rappelle qu'il faudra attendre près de six mois pour que les nouvelles feuilles de route ministérielles soient présentées.
02:20Au niveau de la Commission européenne, il s'agit notamment de la révision du règlement en matière de cybersécurité
02:28avec de nombreuses actions voulues là encore et notamment donner à l'ENISA les moyens de renforcer la résilience de
02:35l'Europe en matière de cybersécurité.
02:37Nous serons donc très attentifs aux moyens et aux actions qui seront recommandées.
02:42Le World Economic Forum avec le PDG a rappelé notamment que nous étions à un moment d'incertitude,
02:50mais aussi de possibilité, non pas un moment pour se replier, mais bien pour s'engager.
02:57Alors à celles et ceux qui pourraient aussi douter du pouvoir de l'Europe,
03:01qui mieux finalement qu'un Américain, pour nous rappeler toutes nos forces.
03:05Et je vous invite donc à relire les quelques mots prononcés par le prix Nobel américain de l'économie en
03:122008.
03:13Je parle évidemment de Paul Krugman qui s'est exprimé en ces termes
03:18« Le monde a plus besoin d'Europe que des États-Unis »
03:22et d'ajouter « Trump n'a pas les cartes »
03:25et l'accord signé entre l'Union européenne et l'Inde le confirme.
03:29L'Europe est une puissance, certes imparfaite, mais qui doit aujourd'hui s'affirmer
03:34et peut-être devrions-nous nous-mêmes nous en convaincre.
03:38L'année 2026 sera donc celle de l'action.
03:42À nous d'agir.
03:46Revenons à présent sur le contexte national.
03:49Quels sont les moyens dont nous disposons aujourd'hui pour passer à l'action ?
03:54Sommes-nous enfin prêts ?
03:55Élément de réponse avec notre premier invité et j'ai l'immense plaisir d'accueillir Fabrice Brut,
04:00le président du CESA à mes côtés, pour tenter de répondre à cette première question.
04:05Cher Fabrice, merci d'être notre invité aujourd'hui.
04:09Alors Fabrice, il y a quelques jours, le baromètre a été présenté par le CESA.
04:13Quels sont les éléments, les informations qui nous permettent de comprendre que c'est possible ?
04:18Alors en fait, si effectivement le rythme des attaques s'intensifie,
04:21si le nombre d'attaques globalement grandit, on s'aperçoit en revanche que le nombre d'attaques
04:27qui ont un impact significatif sur les organisations lui diminue.
04:30Et c'est une tendance de fond puisqu'on le constate depuis plusieurs années.
04:34Alors évidemment, le CESA regroupe des 800 entités et organisations
04:38qui disposent d'un RSSI et d'une organisation cyber.
04:43Donc effectivement, ce qu'on voit, c'est que forcément, quand on s'en équipe, ça fonctionne.
04:48Donc ça, c'est déjà une première très bonne nouvelle.
04:51Et puis effectivement, on pourrait dire que c'est aussi normal
04:55puisque si les entreprises qui investissent dans la cyber,
04:58qui investissent des ressources, des moyens financiers,
05:00n'avaient pas de résultats, ce serait effectivement un petit peu compliqué.
05:04Alors ce qu'on voit d'assez positif aussi, finalement, c'est cette continuité.
05:07On avait beaucoup misé sur les JO, les Jeux olympiques et paralympiques,
05:11où on a eu des résultats très probants.
05:13Et finalement, ça s'inscrit donc dans le temps
05:15puisqu'on voit que ces actions perdurent et aujourd'hui portent leurs fruits.
05:19Exactement. En fait, ce qu'on voit bien, c'est qu'effectivement,
05:22ce qu'on avait constaté en 2024 avec l'organisation des Jeux olympiques,
05:26finalement, ça n'était pas qu'un événement spontané.
05:29C'est vraiment une tendance de fond et que ça fonctionne quand on s'en occupe.
05:33Donc ça, c'est une très très bonne nouvelle.
05:35L'autre sujet aussi qu'on a regardé au sein du baromètre
05:39et qui est un enseignement intéressant,
05:41c'est que, mine de rien, lorsque ces attaques réussissent,
05:45leurs impacts sont parfois plus importants.
05:49Donc ça, c'est ce qu'on a aussi relevé au sein du baromètre.
05:53Et enfin, le troisième sujet, c'est finalement la nouvelle problématique
05:58liée à la supply chain numérique.
06:00Alors en tant que retailer, je ne suis pas toujours très à l'aise avec ce terme,
06:03mais parlons plutôt de la sous-traitance numérique,
06:06où on voit que pour un tiers des RSSI,
06:1050% de leurs incidents de cyber significatifs
06:12ont pour origine un fournisseur de la chaîne de sous-traitance.
06:16Et effectivement, on constate que lorsque les entreprises
06:19ont mis en place une organisation cyber,
06:21elles se sont dotées de moyens, ça fonctionne.
06:23Et donc, forcément, les attaquants aujourd'hui vont essayer de passer
06:27par cette chaîne de sous-traitance, c'est-à-dire le fournisseur
06:30de l'entité qui, potentiellement, n'aurait pas le même niveau
06:33de maturité cyber, pour essayer de trouver un moyen détourné
06:37d'atteindre les intérêts de l'entreprise.
06:39Donc là, effectivement, à la fois, les entreprises agissent
06:42pour mieux sécuriser cette chaîne de sous-traitance,
06:44ce qui est absolument, évidemment, essentiel dans la délivrance
06:47des différents services qui vous concernent.
06:50C'est aussi un enjeu fort en matière de réglementation.
06:52On l'a vu, que ce soit au niveau européen ou au niveau national.
06:57Finalement, cette réglementation, c'est aussi une formidable opportunité
07:00plutôt qu'une contrainte.
07:01Oui, alors tu vois, Mélanie, moi, j'aimerais bien vivre en théorie.
07:04Parce qu'en théorie, tout va bien.
07:06C'est-à-dire, les entreprises disposent de l'ensemble
07:08des moyens financiers, des ressources, pour mettre en place
07:11tous les processus qu'il convient pour protéger
07:14le patrimoine informationnel.
07:15Bon, la réalité, c'est qu'on ne vit pas en théorie
07:17et qu'effectivement, sans aucune réglementation,
07:20on aurait du mal à faire monter le niveau cyber des entités.
07:24Et donc, en ça, on trouve, enfin, le Cézain considère
07:26qu'effectivement, la réglementation est une excellente réponse.
07:30Ça va nous permettre de faire monter le niveau global
07:34de maturité en cybersécurité.
07:36Tant sur le tissu économique au sens NIS2,
07:41c'est-à-dire les entités essentielles et les entités importantes
07:44vont devoir effectivement respecter un certain nombre de contraintes,
07:47que dans l'univers financier avec le règlement DORA,
07:50ou voire même également dans l'univers de la fabrication du logiciel
07:55avec le Cyber Resilience Act,
07:57qui va exiger des fournisseurs de logiciels
08:00de nous fournir des outils plus sécurisés.
08:03Un autre sujet important, évidemment, la géopolitique,
08:07qui s'invite dans le quotidien des RSSI.
08:11Aujourd'hui, on le sait, c'est avéré, ça n'est donc plus une surprise.
08:14Comment est-ce qu'on utilise ce moyen,
08:16cette fragmentation géopolitique dont je parlais tout à l'heure,
08:19pour finalement se réinventer et travailler encore mieux ensemble ?
08:23Comment on en fait une force ?
08:24Alors, on en fait une force parce que, déjà,
08:27d'un point de vue de l'intelligence économique,
08:29plus on connaît ses adversaires, plus on connaît la menace,
08:33mieux on est capable de se protéger.
08:35Et ensuite, ce que l'on peut voir aussi,
08:37c'est qu'on pourrait penser qu'on a une certaine dépendance numérique,
08:40qui est vraie, est assez incontestable,
08:42mais le CESA a par exemple collaboré avec Exatrust
08:45pour fournir le panorama des solutions françaises de cybersécurité.
08:50C'est quand même un panorama de 320 sociétés,
08:53donc ce n'est pas non plus négligeable.
08:55Alors, elles ne sont peut-être pas toutes encore passées à la chaise,
08:58mais ça veut dire que ça existe,
09:00et ça veut dire que ça, c'est très positif.
09:02Donc, on voit bien quand même que ces solutions arrivent.
09:05Dans l'univers plus global du numérique,
09:07je sais que des travaux sont en cours,
09:09qui vont nous permettre également d'avoir une vision
09:12un petit peu plus européenne des solutions numériques
09:15qui pourraient être proposées aux différentes entités.
09:18Merci beaucoup Fabrice d'avoir été notre invité
09:20et de nous éclairer sur cette actualité en matière de cybersécurité.
09:24La géopolitique, on l'a compris,
09:26c'est un sujet à part entière au cœur de la cybersécurité.
09:29On va faire le point tout de suite avec notre prochain invité.
09:34Quelle force pour l'Europe ?
09:36Quelles actions majeures ont ce début d'année 2026
09:39en matière de géopolitique ?
09:40Et que je vous propose de faire le point tout de suite
09:42avec notre invité, Jérôme Quéré, qui nous attend,
09:44qui est déjà là.
09:45Cher Jérôme, merci d'avoir accepté notre invitation.
09:48C'est un plaisir de vous accueillir
09:49pour faire un peu ce décryptage en matière de géopolitique.
09:52Alors, vous êtes, si je puis me permettre,
09:54un Européen convaincu.
09:58Comment percevez-vous la posture de l'Europe
10:00dans cette fragmentation géopolitique dont on parlait ?
10:03Est-ce que, finalement, on s'affirme enfin ?
10:06Oui, alors, l'Union européenne s'affirme, enfin,
10:08parce qu'on la traite souvent de naïve,
10:11c'est en train de changer.
10:12Il y a des notions comme la politique industrielle,
10:15la souveraineté, l'autonomie stratégique
10:16qui étaient taboues auparavant.
10:18Et aujourd'hui, c'est des notions qui reviennent
10:20plus naturellement à Bruxelles et à Strasbourg.
10:23Alors, il ne faut pas que la France se montre trop parrogante
10:26en disant que nous avions raison avant les autres.
10:28C'est un peu ce qu'on reproche souvent à la France.
10:31On n'avait pas toujours raison,
10:32notamment au début de la guerre d'invasion russe en Ukraine.
10:34Donc, il faut être assez prudent,
10:36même s'il faut amener les autres vers nous.
10:38Il faut aussi faire un pas vers eux.
10:40Il faut que les pays nordiques soient un peu plus aventureux.
10:42Et c'est une nécessité pour eux,
10:44comme les Danois le savent très bien, malheureusement.
10:46Alors, aujourd'hui, on a clairement besoin
10:48à la fois de visibilité,
10:50mais on a besoin de cohérence.
10:51On a besoin de stabilité dans ce monde chahuté.
10:55Est-ce qu'on a des éléments qui nous permettent
10:56d'avoir confiance dans cette voie de la cohérence ?
10:58Oui, c'est un peu le discours d'Emmanuel Macron à Davos,
11:01qui d'ailleurs a été repris de façon humoristique
11:03par le ministère allemand des Affaires étrangères.
11:05L'Union européenne, c'est la stabilité.
11:07On nous reproche souvent d'être lent,
11:09d'être très très long à prendre des décisions,
11:11d'avoir trop de normes.
11:12Mais au moins, on est un espace de stabilité.
11:14On ne va pas se réagir à chaque tweet
11:16d'un chef d'État étranger.
11:19On est stable,
11:20mais on sait aussi se projeter vers l'avenir.
11:23Et c'est ça qui est important.
11:24Pas seulement d'être en réaction par rapport aux autres.
11:26Il faut l'être quand c'est nécessaire,
11:28et en ce moment, c'est nécessaire.
11:29Mais il faut se projeter sur ce qu'on veut faire ensemble
11:31en tant qu'Européens.
11:32Et c'est ce qu'on fait à travers le cadre financier
11:34pluriannuel sur les sept prochaines années.
11:36Alors pour l'instant, c'est au stade de la proposition
11:38de la Commission européenne.
11:39Mais il y a une place de la défense,
11:41de la sécurité beaucoup plus importante,
11:43vraiment sans commune mesure
11:44par rapport au précédent cadre financier pluriannuel.
11:47Et une place aussi plus importante
11:49pour les investissements en termes d'innovation,
11:51parce que c'est un secteur qui en a besoin,
11:53notamment à travers le programme Horizon Europe.
11:55– Alors, est-ce que ces éléments sont faits
11:57pour nous rassurer aujourd'hui ?
11:59Est-ce qu'il y en a d'autres ?
12:00– Alors oui, comme je disais,
12:02il y a des mentalités qui évoluent.
12:03Il y a même des pays qu'on n'attendait pas particulièrement.
12:06Il y a un député européen irlandais
12:08qui au Parlement européen a dit
12:09qu'il fallait faire beaucoup plus
12:10sur la sécurité et la défense,
12:11qu'il fallait qu'on apprenne ce sujet en commun entre Européens.
12:14Et vraiment, Irlande, c'est un peu le dernier pays
12:16sur lequel on attend des positions fortes.
12:19Donc ça, c'est vraiment des choses intéressantes.
12:21Tout le monde bouge en même temps.
12:23Un chef d'État slovaque qui va critiquer les discours américains.
12:27En ce moment, sur la Slovaquie,
12:28ce n'est pas forcément une évidence.
12:30Donc on est tous plus ou moins raccords
12:32sur les différentes menaces.
12:33Et il y a même des pays comme l'Allemagne
12:35qui maintenant souhaitent aller de l'avant
12:37avec certains qui souhaitent aller plus rapidement.
12:40Et voilà, certaines fois,
12:41c'est les choses qu'on entendait un peu plus de la France.
12:43Là, il y a d'autres pays comme l'Allemagne,
12:45comme la Pologne ou l'Espagne qui se disent,
12:46« D'accord, si on n'est pas tous prêts à y aller en même temps à 27,
12:49on va pouvoir y aller à certains,
12:51notamment les gros États en termes de superficie, de population. »
12:54Et donc c'est ça qui est intéressant.
12:56On n'est pas obligé d'attendre l'unanimité
12:58sur cette question-là, elle est nécessaire à Bruxelles.
13:00Mais on peut aussi faire des coopérations renforcées et structurées.
13:03Vous parlez de coopération,
13:04ça nous fait forcément penser à cette logique de partenariat
13:07qui est très importante.
13:08Alors il y a des États, des pays avec lesquels ça paraissait évident.
13:11Et puis il y a finalement de nouveaux partenariats
13:13que l'on voit peut-être émerger,
13:15je pense au Canada ou peut-être notamment l'Afrique du Sud.
13:18Qu'est-ce qu'on peut en dire aujourd'hui
13:20de ces véritables partenariats ?
13:22Qu'est-ce qui pourrait changer dans la donne actuelle ?
13:24Alors justement, la position des États-Unis
13:26nous a forcé à diversifier nos partenariats.
13:28C'est quelque chose qu'on faisait déjà avant.
13:30Les accords commerciaux extérieurs de l'Union européenne,
13:32ça fait des décennies qu'on les négocie.
13:34Certains sont plus longs que d'autres.
13:36Mais en tout cas, il faut savoir que ce n'est pas uniquement
13:38sur l'abaissement des tarifs douaniers.
13:40C'est bien plus.
13:41On le voit avec l'Inde dont l'accord a été signé récemment.
13:43C'est aussi sur la cybersécurité,
13:47sur la lutte contre le terrorisme,
13:48contre la piraterie ou le spatial,
13:50notamment avec l'Inde.
13:52Et donc, on se dit comment faire en sorte
13:54d'être moins dépendant d'un seul acteur,
13:56d'un seul allié historique,
13:58qui était très porté au nu par tout un tas
14:00de pays européens, dont le Danemark,
14:03les pays nordiques de manière générale,
14:05les Pays-Bas.
14:05Et donc là, on va aller un peu plus diversifier,
14:08notamment avec le Canada,
14:09avec qui on a des relations fortes,
14:10mais aussi avec d'autres pays,
14:11comme l'Afrique du Sud ou l'Inde.
14:13Si vous aviez trois forces maîtresses
14:16à mettre en valeur de l'Europe,
14:17quelles seraient-elles ?
14:18Alors, l'effort, c'est...
14:20Alors, ça peut être contre-intuitif en ce moment,
14:22mais c'est des normes.
14:23C'est des normes qu'on a en commun,
14:26parce qu'un marché fragmenté,
14:2727 pays, 27 normes différentes,
14:29voire plus dans certains pays,
14:30comme la France,
14:30on aime aussi beaucoup la norme.
14:32C'est plus simple aussi pour les entreprises.
14:34C'est plus simple, plus sûr,
14:35et on peut plus facilement se projeter.
14:37Donc, les normes à travers Nice 2 pour la sécurité cyber
14:41dans des secteurs stratégiques,
14:43comme le transport, la santé, l'énergie ou la finance.
14:46Le règlement dit DORA,
14:48qui se concentre sur les acteurs de la finance,
14:50avec les banques, les assurances,
14:52mais aussi les producteurs de crypto-monnaies.
14:55Donc ça, ces normes, c'est vraiment une force pour nous.
14:57Et c'est des normes aussi qui poussent à des partenariats entre nous,
15:00notamment entre l'ANSI et ses homologues européens,
15:03puisqu'on est confronté à des menaces similaires,
15:06pas identiques, mais similaires.
15:08Donc, on peut regarder les réponses des uns des autres
15:10pour s'en inspirer.
15:11Ce n'est pas forcément un copier-coller,
15:12mais au moins, on peut voir ce qui a été fait en Estonie,
15:15par exemple,
15:16où ils sont très embassés sur le sujet
15:18parce qu'il y a des menaces très prégnantes
15:20de leurs voisins russes.
15:21Et si vous aviez finalement une attente de 2026,
15:26qu'est-ce qu'on peut en attendre collectivement de cette année ?
15:28Alors, 2026, pour l'Union européenne, en tout cas,
15:31c'est des négociations sur le cadre financier pluriel
15:33dont j'ai parlé,
15:35vraiment qui se projettent
15:37et qui soient à la hauteur des ambitions
15:39des uns et des autres et de l'ambition collective.
15:41Certes, ça coûte de l'argent, bien sûr,
15:43donc il faudra des nouvelles ressources propres,
15:45mais il faut que les États membres
15:46ne soient pas uniquement sur une logique comptable,
15:48mais vraiment pensent à cette sécurité collective.
15:52Et pour cela, il y a aussi ce qu'on appelle
15:54l'union de l'épargne et l'investissement.
15:55On en parle depuis longtemps.
15:56On parlait avant de l'union des marchés de capitaux.
15:58On a changé le nom, mais le problème reste identique.
16:01Il faut vraiment que notre épargne,
16:03des Européens, des Français,
16:04puissent servir nos intérêts avant tout,
16:07puisqu'il y a beaucoup de demandes
16:10au niveau des investissements
16:11dans le secteur de la cyber, notamment,
16:14mais pas que.
16:14Donc, on a besoin vraiment d'avancer.
16:16Même l'Allemagne est allant sur le sujet.
16:18Il faut que ça se transforme en 2026.
16:20Eh bien, merci beaucoup, Jérôme Quéré,
16:22d'avoir éclairé un peu ce panorama 2026 à venir
16:26avec, évidemment, l'Europe puissance qui s'assume
16:29et un certain nombre d'actions que nous suivrons.
16:32Merci beaucoup, Jérôme Quéré, d'avoir été notre invité.
16:34Merci à vous.
16:35L'autonomie stratégique et ses actions clés,
16:40quels sont les facteurs de succès ?
16:42Au nombre de quatre, il s'agit évidemment
16:45de gouvernance, mais aussi de collectif.
16:50Nous parlerons de financement et d'investissement.
16:52Nous en avons parlé à l'instant en matière d'Europe.
16:56Comment aujourd'hui prendre en compte
16:58l'intelligence artificielle,
17:00mais aussi maîtriser l'ensemble des technologies
17:02et des technologies émergentes ?
17:05Et enfin, les enjeux de compétences.
17:07Alors, pour atteindre cette autonomie stratégique,
17:11quels sont les choix que nous allons faire
17:14et quelles sont nos forces ?
17:15On répond tout de suite avec nos invités.
17:17Ils nous attendent.
17:21Je vous le disais, nos invités sont déjà là
17:23et ils m'attendent pour parler autonomie stratégique
17:26et deux piliers essentiels.
17:28Geoffrey Célestin-Urdin, Général Perrot, merci beaucoup.
17:32On parle gouvernance et collectif,
17:35un des piliers évidemment incontournables
17:37en matière d'autonomie stratégique.
17:39On est ici évidemment au cybercampus,
17:41un lieu emblématique, une nouvelle feuille de route
17:43que vous venez de présenter
17:45et qui a évidemment cette ambition de rassembler,
17:48cette ambition du collectif
17:49et donc de replacer la gouvernance
17:52avec aussi un maillage territorial fort.
17:54Et là, je fais référence évidemment
17:55aux campus cyber régionaux.
17:58Comment ambitionnez-vous de, finalement,
18:02de renforcer cette gouvernance numérique
18:04au service de la cybersécurité ?
18:06On joue en collectif, tout simplement.
18:07L'ADN du campus cyber, c'est par essence
18:09de regrouper les principaux acteurs
18:11de la cybersécurité et du numérique de confiance.
18:14C'est vraiment l'ADN du campus depuis le début.
18:16Donc on a des acteurs publics, des acteurs privés.
18:18On a exactement la même approche
18:20avec les campus cyber territoriaux.
18:21On n'a pas tout décidé depuis Paris
18:23ou depuis la Défense.
18:24Et donc on a la chance d'avoir
18:25ces campus cyber territoriaux.
18:26On a sept actuellement qui sont labellisés,
18:29qui entrent dans le réseau,
18:30qui est animé par le campus cyber national.
18:31Donc une des premières choses que j'ai faites,
18:34c'est effectivement prendre la tâche de ces campus
18:36pour faire une feuille de route commune,
18:37histoire qu'on n'ait pas sept feuilles de route différentes
18:39et qu'on bosse dans le même sens.
18:41Sinon, on aura du mal à relever les défis
18:43de la cybersécurité qui nécessitent
18:45de travailler tous ensemble.
18:47Pour travailler tous ensemble,
18:48il y a aussi cet enjeu de réglementation.
18:51Alors souvent, on le perçoit comme une contrainte.
18:53Vous, vous pensez que c'est une véritable force.
18:56Comment vous saisissez de ce sujet
18:57pour faire émerger cette économie européenne
19:00de la cybersécurité ?
19:02Alors oui, la réglementation,
19:03c'est quand même une opportunité,
19:05effectivement, de prise de conscience.
19:06Et puis, ça fait bouger les acteurs.
19:08Les acteurs qui, bien souvent,
19:09en l'absence de réglementation,
19:10hésiteraient à se lancer dans ce qui peut être perçu
19:13comme un investissement un peu coûteux,
19:14alors même qu'il est rentable fondamentalement.
19:16Se protéger, c'est une bonne chose.
19:18Donc oui, la réglementation d'Aura, Nice 2,
19:20pour nous, c'est un tremplin, effectivement.
19:23Et justement, elles apportent une certaine massification
19:26de la cyber résilience en Europe.
19:28Et donc, nous, notre rôle au campus,
19:29c'est d'accompagner cette massification
19:30en faisant en sorte que toutes les entités
19:33qui, aujourd'hui, sont loin de la cybersécurité,
19:35mais qui vont devoir rentrer dans cette mécanique réglementaire,
19:39un bon paquet de PME, d'entreprises de taille intermédiaire,
19:42des collectivités locales,
19:43que tous ces acteurs-là utilisent le campus
19:46et les campus cyber territoriaux
19:47comme des endroits qui facilitent un peu
19:49leur montée en puissance sur la cybersécurité.
19:51Votre feuille de route, il y a plusieurs piliers,
19:54un certain nombre d'objectifs et d'actions,
19:56puisqu'il y a un plan d'action aussi qui a été édité.
19:59Et quelles sont les deux actions principales,
20:02les deux actions majeures de 2026 ?
20:04Je m'attendais à ces questions,
20:06mais elle n'est pas évidente
20:07parce que c'est vraiment une feuille de route
20:08qui est extrêmement riche.
20:09Alors, si je devais en retenir,
20:13peut-être la première, c'est déjà de faire en sorte
20:15que nos résidents et nos membres soient heureux,
20:17qu'ils aient un taux de satisfaction très élevé,
20:19qu'ils soient ravis d'être sur le campus,
20:21qu'ils y trouvent de la valeur.
20:23Et donc, action numéro un,
20:24c'est vraiment de faire émerger un écosystème,
20:26réellement une communauté d'acteurs ici.
20:29qui va au-delà de leur simple réunion physique.
20:32Donc ça, c'est le premier aspect.
20:33Et le deuxième aspect, je dirais,
20:35c'est justement de faire en sorte
20:36d'interconnecter davantage
20:37les écosystèmes cyber européens.
20:40Et là, il n'y a pas vraiment aujourd'hui d'acteurs
20:41qui arrivent à fédérer les énergies
20:42par-delà les frontières.
20:44Donc, on a la chance en France
20:45d'avoir un petit temps d'avance
20:46par rapport à nos amis européens.
20:48et donc d'utiliser le campus cyber
20:50comme une plateforme
20:51qui permet de connecter nos start-up,
20:52nos PME,
20:53à des grands acheteurs,
20:54des grands comptes polonais,
20:56italiens, espagnols, allemands et autres.
20:58Ça, c'est une vraie valeur ajoutée
20:59qu'on veut apporter dès 2026 au campus.
21:02Merci beaucoup, Geoffrey Sébastien et Urbain,
21:04d'avoir partagé avec nous
21:06quelques-uns des éléments
21:08de cette feuille de route.
21:09Évidemment, une actualité qu'on va suivre
21:10tout au long de l'année 2026 à vos côtés.
21:13Général Perrot, on parle avec vous
21:15évidemment de l'un des autres piliers essentiels
21:18pour cette autonomie stratégique.
21:19On parle évidemment de technologie.
21:21Alors, on parle de technologie émergente.
21:23On parle évidemment de technologie de rupture aussi.
21:26Évidemment, derrière cela,
21:27l'intelligence artificielle, ça va sans dire.
21:29C'est une véritable opportunité
21:31pour nos institutions,
21:33pour nos entreprises,
21:34pour nos organisations.
21:35Il faut donc investir, miser dessus
21:37en quoi c'est une véritable opportunité pour vous.
21:40L'atout principal de l'intelligence artificielle,
21:42c'est la performance.
21:43La réponse est assez simple.
21:44Ça permet d'être plus performant
21:46pour les institutions publiques
21:47comme pour les entreprises privées.
21:50Et performant sur les différentes strates
21:52que sont la stratégie
21:53pour satisfaire aux besoins d'anticipation
21:56par la capacité prédictive de l'IA,
21:58sur le besoin tactique
21:59pour être capable de concevoir les actions
22:01par la capacité de simulation
22:03de l'intelligence artificielle.
22:04Et sur le besoin opérationnel
22:06ou le besoin métier
22:07par l'exécution de l'action
22:09et notamment la capacité de célérité
22:12de l'intelligence artificielle.
22:13On est ici au campus cyber.
22:15Faire face aux attaques cyber,
22:17il n'y a pas mieux que l'intelligence artificielle,
22:19tout au moins dans la partie défensive.
22:21Mais il y a certaines conditions à cela.
22:24Les conditions, elles sont déjà
22:25d'avoir une vision,
22:26de savoir où l'on va
22:27en matière d'intelligence artificielle,
22:28pour éviter les mésusages,
22:30pour éviter les atteintes
22:31aux libertés individuelles.
22:32Il faut être capable
22:34de disposer de compétences réelles.
22:36Parce que là encore,
22:37les compétences ne doivent pas être artificielles,
22:38elles doivent être bien réelles
22:40et s'appuyer sur ce socle
22:41de compétences réelles,
22:42là encore,
22:43dans les institutions publiques
22:44comme dans les entreprises.
22:46Et la troisième condition,
22:47elle a été énoncée,
22:49c'est effectivement
22:49un jouet collectif.
22:50On peut mutualiser aujourd'hui
22:52un certain nombre d'infrastructures,
22:54on peut mutualiser certains besoins
22:56pour effectivement
22:57travailler tous ensemble.
22:58Je crois que sur ces trois points-là,
22:59ça pourrait largement
23:00nous aider à progresser en IA.
23:01À progresser en IA,
23:03également la réglementation.
23:04On sait que nous aimons ça
23:06en Europe et en France notamment.
23:08Il y a l'AI Act,
23:09notamment,
23:10dont on parle beaucoup.
23:11Alors, il y a à la fois
23:12une opportunité,
23:13on l'évoquait à l'instant,
23:15derrière la réglementation.
23:16Et puis,
23:16il y a aussi cette notion
23:18d'être en capacité
23:19quand même de pouvoir
23:20prendre des risques
23:20et donc de ne pas freiner
23:21l'innovation.
23:23Vous l'évoquiez à l'instant.
23:24Comment est-ce qu'on arrive
23:25à placer l'équilibre
23:26entre les deux,
23:27faire que la réglementation
23:28est une opportunité
23:29et ne nous freine pas
23:30dans cet élan ?
23:31C'est le double objectif
23:32de la réglementation européenne
23:33en IA.
23:34C'est quoi une réglementation ?
23:35En fait,
23:36une réglementation,
23:37c'est une capacité
23:38à protéger nos valeurs.
23:39Vous savez, en IA,
23:40il y a une réglementation
23:41aux États-Unis,
23:42il y a une réglementation
23:43en Chine,
23:43il y a une réglementation
23:44en Inde.
23:45Et ce ne sont pas
23:46les mêmes réglementations.
23:47Tout simplement
23:48parce que nous ne partageons
23:48pas forcément
23:49les mêmes valeurs.
23:50Et donc,
23:50cette notion,
23:51elle participe
23:52à la souveraineté,
23:54la souveraineté européenne.
23:55Ça ne veut pas dire
23:55que toute la souveraineté
23:56doit être européenne,
23:57mais en IA,
23:57mais il y a une grande partie
23:59qui peut l'être.
24:00Mais là encore,
24:01cette réglementation,
24:02elle doit être applicable.
24:03C'est-à-dire qu'elle doit
24:04embrasser les usages présents
24:06comme à venir.
24:07Se limiter aux usages présents,
24:09c'est ne pas être capable
24:11d'anticiper
24:11les world models
24:12de Yann Lequin,
24:13l'autonomie générée
24:15par les large action models,
24:17donc ces agents de l'IA.
24:19Donc là aussi,
24:20c'est un point important
24:22de cette réglementation.
24:24Et cette réglementation,
24:25elle doit être lisible,
24:26c'est-à-dire compréhensible.
24:28Compréhensible,
24:29ça veut dire quoi ?
24:29Ça veut dire que
24:30la réglementation
24:31en intelligence artificielle,
24:32ce n'est pas la réglementation
24:33de type RGPD.
24:34L'IA,
24:35elle est extrêmement évolutive.
24:37Et donc,
24:37il faut avoir...
24:38Cette réglementation,
24:39elle a été construite comme telle.
24:40C'est une réglementation
24:41ouverte à l'interprétation.
24:43Et on doit l'exploiter comme telle.
24:45Si on s'enferme
24:46dans une réglementation
24:46plus propre au RGPD
24:48qui est très procédurière,
24:50on risque de freiner l'innovation.
24:51Donc vous voyez,
24:52on est quand même
24:52sur un fil d'équilibre
24:55qui n'est pas toujours facile
24:56à tenir.
24:57Et c'est aussi ce qui fait
24:58qu'on est dans une époque charnière
24:59où beaucoup d'entreprises attendent,
25:01beaucoup d'entreprises regardent.
25:03Et je crois qu'il faut
25:04en fait arrêter de regarder
25:06et passer à la vitesse supérieure
25:08et accélérer.
25:08On accélère
25:09et on passe à l'action.
25:10S'il y en avait deux
25:11à mettre en œuvre en 2026,
25:13quelle serait-elle ?
25:14Alors,
25:15je dirais que la première action,
25:16c'est de passer au stade
25:17de la maturité.
25:19C'est-à-dire qu'il faut agir différemment.
25:21Je vais vous prendre
25:22un exemple concret.
25:23Aujourd'hui,
25:24on s'embarque tous
25:24vers les larges modèles de langage,
25:26ces IA génératives,
25:28fondées sur énormément de données.
25:31Et on prend des modèles
25:32faits par des entreprises américaines,
25:34Meta, OpenAI.
25:36On les internalise dans nos systèmes.
25:38Je préférerais qu'en 2026,
25:41on adresse les petits modèles de langage
25:43bien plus adaptés à nos besoins.
25:45Dans le domaine de la sécurité intérieure,
25:47on a des besoins judiciaires.
25:48On a des besoins de sécurité publique.
25:51Dans le domaine de l'entreprise,
25:52on peut avoir des besoins
25:54en termes de logistique.
25:56Eh bien,
25:56on peut avoir des modèles
25:57adaptés à tout cela.
25:58L'avantage de ces modèles,
25:59c'est que la facture RSE,
26:01elle est moindre.
26:02L'avantage de ces modèles,
26:03c'est qu'ils sont beaucoup plus accessibles
26:05en termes de coûts
26:06parce qu'ils nécessitent
26:07moins d'investissement
26:08en termes de capacité de calcul.
26:10Première action,
26:11gagner en maturité.
26:12Et la deuxième action
26:13qui rejoint un peu cela,
26:15investir.
26:16Et ça, c'est un peu
26:17que la difficulté aujourd'hui,
26:18c'est investir en IA,
26:20c'est nous rendre souverains,
26:21non pas en IA,
26:22nous rendre souverains tout court
26:24parce que l'IA
26:25irrigue tous les domaines d'activité
26:26en médecine,
26:28en finance,
26:28en sécurité,
26:29en défense.
26:30Ne pas être souverain en IA,
26:32c'est oublier sa souveraineté
26:34pour demain.
26:35Et je crois que c'est un enjeu essentiel
26:37de prendre conscience
26:38de cette nécessité
26:39d'orienter les investissements
26:41dans la bonne direction,
26:43notamment vers les infrastructures.
26:44Bien, Général,
26:45merci beaucoup
26:46d'avoir été notre invité,
26:47Geoffrey Célestin-Urbain.
26:48Merci également
26:49d'avoir été à nos côtés.
26:51C'est un plaisir
26:51de vous accueillir
26:52et de parler
26:53autonomie stratégique
26:54avec vous.
26:55Très belle journée,
26:55merci beaucoup.
26:56Merci.
26:58Nous venons de parler
26:59financement et investissement.
27:01On continue
27:02et on revient
27:02sur cette dimension
27:03évidemment stratégique,
27:04tout comme les compétences
27:06pour conquérir
27:06ou reconquérir
27:07notre souveraineté
27:08et notre autonomie stratégique.
27:10Et je vois
27:10que mes deux invités
27:11sont déjà là
27:12et me rejoignent
27:13pour poursuivre
27:14cette séquence.
27:15Merci beaucoup
27:16à tous les deux.
27:18François Lavast
27:19et Pierre Perrant,
27:20merci beaucoup
27:20d'être avec nous
27:21sur cette séquence.
27:23François Lavast,
27:24on débute avec vous.
27:25Alors on en parlait
27:26avec le général Perrant
27:27à l'instant,
27:27on parlait d'investissement,
27:29on parlait évidemment
27:30envers l'intelligence artificielle.
27:32Nous, on va parler
27:32plus globalement
27:33de la cybersécurité
27:35mais les financements
27:36aujourd'hui
27:36sont absolument clés
27:37pour pouvoir adresser
27:39cet enjeu de souveraineté,
27:40cette autonomie stratégique.
27:42On a besoin de moyens,
27:44les a-t-on aujourd'hui
27:45pour accompagner
27:46les entreprises
27:47et notamment
27:48les ETI et les PME
27:50pour qu'elles puissent
27:50passer à l'échelle ?
27:51Alors je pense
27:52qu'on est dans une situation
27:53qui est bien meilleure
27:54que celle dans laquelle
27:56on était
27:57il y a 5 ou 6 ans.
27:58En fait, en 2019,
28:00Tikeo Capital a lancé
28:01le premier fonds
28:02dédié à l'investissement
28:03en capital
28:04dans la cybersécurité
28:05en France.
28:06C'est devenu
28:06le plus gros fonds
28:07en Europe
28:08dans le domaine
28:09mais à l'époque,
28:10on était les premiers,
28:11on était vraiment pionniers
28:12et depuis,
28:13l'écosystème du financement
28:15de la cybersécurité
28:15en Europe
28:16s'est structuré
28:16de façon spectaculaire.
28:18Ça a commencé en France
28:18avec le lancement
28:20d'Orega Cyber Venture,
28:21la levée de fonds
28:22d'accès Léo Capital
28:23pour la cyber en particulier
28:25et puis l'année dernière,
28:27Saigo,
28:27un startup studio
28:28dédié à la cybersécurité
28:30qui a été lancé
28:30et qui a levé
28:315 millions d'euros.
28:32Ça a été le cas
28:32dans d'autres pays
28:33en Europe aussi
28:34avec Osni Capital
28:36qui a été le premier fonds
28:37d'amorçage
28:38en Angleterre
28:39lancé l'année dernière
28:40avec 50 millions
28:40de livres, sterling.
28:42Donc on voit
28:43que l'écosystème
28:43se structure,
28:44que le financement
28:46aux différents stades
28:47de maturité
28:47des entreprises,
28:48de la création
28:49aux startups
28:50et aux scale-ups
28:51se structure.
28:52Maintenant,
28:52Tikeo Capital par exemple
28:54a plus de 500 millions
28:55d'euros sous gestion
28:55dans cette stratégie
28:56cybersécurité
28:57destinée à accompagner
28:58les entreprises européennes
28:59du domaine.
29:00Donc ça,
29:00ce sont des volumes
29:01qui permettent
29:02d'adresser
29:02cette maturité
29:03du marché ?
29:04Oui,
29:04alors on voit
29:05que le marché
29:06a évolué aussi,
29:07donc la chaîne
29:09du financement
29:09a évolué
29:10et s'est amélioré,
29:11s'est structuré.
29:12Au niveau des entreprises,
29:14on a publié depuis,
29:15ça va être la 7e édition
29:17cette année,
29:18le baromètre
29:19de l'investissement
29:20européen
29:20en cybersécurité
29:21en partenariat
29:23avec le forum
29:23InCyber
29:24et donc publié
29:25par Tikeo Capital.
29:27Les quelques chiffres,
29:28je ne vais pas
29:29révéler les tendances
29:30parce qu'on publie
29:31le baromètre
29:31à l'occasion
29:32du salon
29:32du forum international
29:34à Lille.
29:35Et nous y serons.
29:37Mais quelques chiffres
29:37quand même
29:38qui sont de notoriété publique.
29:40Donc on a eu
29:41une stabilité
29:42du nombre
29:42de tours de table
29:43en France,
29:4425 tours de table
29:45et de financement
29:46d'entreprises cyber
29:47l'année dernière.
29:48On a un montant total
29:50de financement
29:51qui dépasse
29:52les 250 millions d'euros.
29:53Donc ça,
29:54c'est une légère baisse
29:54par rapport à 2024,
29:55mais malgré tout,
29:56une tendance intéressante.
29:58Et puis,
29:58une autre tendance
29:59qu'on suit
29:59et qui est très intéressante,
30:01c'est la consolidation
30:02du marché.
30:02Donc on a un marché,
30:04historiquement,
30:04c'est bien connu,
30:05très fragmenté,
30:06beaucoup de toutes petites
30:07sociétés innovantes,
30:08mais pour répondre
30:09aux besoins des clients
30:10qui veulent parfois
30:11acheter des solutions
30:13souveraines
30:13ou des solutions
30:14de résilience européennes
30:15et pas seulement
30:16des solutions internationales,
30:18il faut que les fournisseurs
30:19eux-mêmes soient dimensionnés
30:20pour accompagner
30:22les grands groupes
30:22ou les grandes entreprises
30:23ou les grandes administrations.
30:24Et donc on a un mouvement
30:25de consolidation
30:26qui s'est accéléré.
30:27L'année dernière,
30:28il y a eu 18 acquisitions
30:29en France,
30:30c'est 50% de plus
30:31que l'année précédente.
30:32C'est essentiellement
30:33des acquisitions
30:34qui ont été réalisées
30:35en France.
30:3556% de ces 18 acquisitions
30:38ont été faites
30:39par des sociétés françaises,
30:4136% par des sociétés européennes
30:42et 11% par des sociétés américaines.
30:44Donc on garde
30:45une notion
30:46de consolidation européenne
30:47qui s'accélère
30:48dans un marché du financement
30:50qui est stable
30:51en termes de nombre de levées,
30:52en légère baisse,
30:53mais c'est ponctuel,
30:54je pense,
30:55sur la France l'année dernière.
30:56Alors cette consolidation,
30:57cette mutualisation,
30:58c'est évidemment
30:59un appel à vœu important
31:01en matière de,
31:01derrière cette solidarité européenne
31:03qui est aujourd'hui
31:05érigée comme essentielle.
31:07Est-ce qu'on peut dire
31:08un mot notamment
31:09de cette fameuse plateforme
31:10européenne de financement
31:12dont on a entendu parler ?
31:13On en est où ?
31:14Alors, je fais partie
31:15de l'association
31:16de la cybersécurité européenne,
31:17de EXO,
31:19European Cyber Security Organization,
31:21qui est la voie
31:22de l'écosystème européen
31:24dans la cyber.
31:24Donc il y a différents membres
31:26qui viennent d'universités,
31:27de laboratoires de recherche,
31:28les autorités nationales,
31:29les grands groupes,
31:30des startups
31:31et une communauté
31:32du financement
31:32qui s'est structurée
31:33au cours des dernières années,
31:35reflétant ce que je disais
31:36sur la maturité du marché.
31:38Depuis à peu près
31:38trois ans maintenant,
31:40EXO fait la promotion
31:41d'une idée
31:42qui est toute simple,
31:43c'est de dire
31:43que l'Europe doit mutualiser
31:45ses moyens
31:45en termes de financement,
31:47lancer une initiative
31:48qui s'appelle donc,
31:49qu'on a baptisé
31:50European Cyber Security
31:51Investment Platform,
31:53EZIP,
31:54une notion de fonds de fonds,
31:56donc un fonds européen
31:57qui alimenterait
31:58les fonds nationaux
31:59dédiés à la cybersécurité.
32:01On a depuis quelques années,
32:03comme je le mentionnais,
32:04une structuration du marché
32:05avec des banques nationales
32:06qui ont souvent aidé,
32:08comme BPI France,
32:09souvent financer
32:10des fonds d'investissement.
32:12Ça a été le cas
32:12pour Ticket au Capital
32:13et les autres acteurs
32:15de la chaîne de valeur français.
32:16Et puis en Allemagne,
32:17c'est la même chose,
32:18aux Pays-Bas,
32:18c'est la même chose.
32:19Mais on a besoin
32:20d'une structure
32:21de fonds de fonds européens
32:22qui va ensuite,
32:23par capillarité,
32:24alimenter les fonds nationaux
32:25qui eux-mêmes
32:26vont finalement investir
32:27dans l'écosystème
32:28des startups,
32:28des scale-ups européennes,
32:30de la cyber
32:30et de la résilience numérique,
32:32terme qui convient bien
32:34à l'influence
32:35qu'a le sujet de la défense
32:39qui a été très clairement
32:40un sujet porteur
32:41au cours de l'année dernière
32:42en termes d'investissement
32:43et où on retrouve
32:45la cybersécurité
32:45puisque défense
32:46et dualité
32:47dans la cybersécurité,
32:49c'est quasiment naturel.
32:50On reviendra évidemment
32:51tout au long
32:52de cette année 2026
32:53sur ce sujet,
32:54notamment de la plateforme
32:55et puis de la consolidation
32:56et de cette montée
32:57en maturité
32:58du marché.
32:59Merci beaucoup François Lavaz
33:01d'avoir répondu
33:01à mes questions.
33:02Derrière ce sujet
33:05des financements,
33:06derrière cette notion
33:07de maîtrise
33:08des technologies,
33:09on l'a évoqué,
33:10puis de cet enjeu
33:10de gouvernance
33:11et de collectif,
33:12il y a évidemment
33:12un fil conducteur
33:13qui sont les compétences,
33:15sans compétences,
33:15difficiles de pouvoir
33:17performer en matière
33:18de cybersécurité.
33:19Alors on le sait,
33:20il y a un constat,
33:21Pierre Parence,
33:22c'est effectivement
33:22une pénurie de talents.
33:24Alors ce n'est pas propre
33:25à la France,
33:25c'est propre à l'ensemble
33:26du monde,
33:27mais au-delà
33:28de cette pénurie,
33:29on a aussi besoin
33:30de nouvelles compétences
33:32parce qu'on l'a compris,
33:33le monde de la cyber
33:34évolue très vite,
33:35on a beaucoup parlé
33:36de géopolitique,
33:37on parle d'intelligence
33:37économique,
33:38et on voit
33:39qu'effectivement
33:39l'ensemble
33:40des compétences,
33:41des savoir-faire
33:42et des savoir-être
33:42de ces futurs RSSI
33:45doivent évoluer.
33:46comment est-ce que vous
33:47adressez cet enjeu
33:48de compétences
33:48au sein de l'Épita ?
33:49Oui, effectivement,
33:50la stratégie nationale
33:51cyber a été publiée
33:53la semaine dernière
33:54et elle se base
33:56sur cinq piliers,
33:57dont le premier,
33:57effectivement,
33:58l'ambition d'être
33:59vraiment en France
34:01pilier en termes
34:02de vivier
34:03de compétences
34:03en cybersécurité.
34:05Les quatre autres piliers
34:06étant de protéger
34:07les entreprises,
34:08la nation,
34:09et d'apporter la sécurité
34:10en Europe
34:11et à l'international,
34:12tout en gardant
34:12la maîtrise vraiment
34:13de la technologie
34:14et de la sécurité
34:15des technologies
34:15qu'on déploie.
34:18Les deux grands axes
34:20de compétences
34:21qui sont indispensables,
34:22c'est effectivement
34:23à la fois
34:24cette maîtrise
34:25de la technologie
34:26et la capacité
34:28à maîtriser les menaces,
34:30maîtriser l'évolution
34:31des menaces
34:31et c'est pour ça
34:33qu'on va travailler
34:33à l'Épita,
34:34à la fois pour former
34:34des gens qui sont
34:35vraiment des spécialistes
34:36du logiciel
34:37et qui vont connaître
34:38ces logiciels
34:40qui sont vraiment
34:40l'endroit
34:41où vont se situer
34:43les vulnérabilités
34:44les plus critiques
34:44et tout en apportant
34:46les compétences
34:46aux étudiants
34:47et aux jeunes diplômés
34:49de manière
34:50à ce qu'ils soient capables
34:50de suivre les menaces,
34:52de maintenir à jour
34:53ces bases de menaces
34:55et d'y répondre
34:55au travers de compétences
34:57autour de ce qu'on appelle
34:58la threat intelligence,
34:59donc le renseignement
35:00sur les menaces,
35:00le renseignement
35:01en source ouverte,
35:02la gestion de crise.
35:03Est-ce qu'aujourd'hui
35:04ou est-ce que ça pourrait
35:05être en devenir
35:06d'ajouter par exemple
35:08des travaux pratiques
35:09en matière
35:09d'intelligence économique,
35:11est-ce qu'il y a aujourd'hui
35:12des unités de valeur
35:13ou des cours dédiés
35:15à la géopolitique
35:16par exemple
35:16ou encore est-ce qu'on
35:17intègre des notions
35:18de business
35:19dans les parcours
35:21des futurs ingénieurs
35:22qui pourraient
35:22effectivement leur permettre
35:24de mieux adresser
35:25les enjeux stratégiques
35:26qu'ils vont devoir gérer
35:26dans leurs entreprises
35:27ou institutions à venir ?
35:29Oui tout à fait,
35:29c'est des choses
35:30qui sont déjà en place
35:30à la fois sous forme
35:32de mineurs
35:32parce qu'il y a des mineurs
35:33qui sont proposés
35:33en parallèle
35:34des majeurs
35:35cybersécurité
35:36ou autres
35:37aux étudiants
35:38de l'EPITA
35:38en particulier
35:39pour les filières ingénieurs
35:40sur l'intelligence économique,
35:42sur la géopolitique,
35:43sur différents aspects
35:45de la responsabilité sociétale
35:46et qui vont renforcer
35:47ces compétences
35:50technologiques.
35:50Quels sont aujourd'hui
35:52les nouveaux profils
35:54vers lesquels
35:54vous pourriez vous diriger
35:56vous et les différentes écoles
35:57pour permettre aux entreprises
35:59de bénéficier
36:01de ces futurs experts
36:03en matière de cybersécurité,
36:04alors experts protéiformes
36:06si je puis dire
36:07puisqu'ils ont
36:07de multiples compétences
36:09à leur actif
36:11mais aussi peut-être
36:12comment mieux irriguer
36:13ces enjeux de cybersécurité
36:14auprès de l'ensemble
36:16des collaborateurs
36:16dans les entreprises ?
36:17Oui on va vraiment travailler
36:18sur le couplage
36:19entre les compétences,
36:21la maîtrise
36:22de l'infrastructure technique
36:23et la capacité à déployer
36:24en responsabilité
36:25pour répondre
36:26à ces enjeux
36:27d'autonomie stratégique.
36:29Par exemple
36:30la majeure système
36:31réseau de sécurité
36:32qui est l'une des majeures
36:33historiques de l'EPITA
36:34travaille vraiment à la fois
36:35sur le pilotage
36:36de bout en bout
36:37d'une infrastructure complète
36:38en apportant
36:39des capacités
36:41et des compétences
36:41opérationnelles
36:42à la fois en défense
36:43et en attaque
36:43parce qu'il faut bien connaître
36:44les menaces
36:45pour être capable d'y répondre
36:46et la majeure
36:48cybersécurité et système
36:49dont je m'occupe
36:49qui en alternance
36:50a ouvert cette année
36:51vraiment à la fois
36:53les missions
36:53et les recrutements
36:54à des profils
36:55issus de la gouvernance
36:56de manière à être capable
36:58vraiment de coupler
36:58l'alignement
37:00avec la gouvernance.
37:01On aime bien être aligné
37:02avec les référentiels
37:02mais il faut que ça serve
37:03les enjeux économiques
37:04des organisations
37:05de manière à pouvoir
37:06déployer de manière pragmatique
37:08les solutions techniques
37:09dans les organisations.
37:11Et on comprend aujourd'hui
37:12que les formations
37:14sont au plus près
37:15des exigences
37:16de réalité
37:17du monde
37:18de l'entreprise
37:18et des institutions
37:20qui vont accueillir
37:21ces jeunes étudiants
37:22que vous formez.
37:24Merci beaucoup
37:25Pierre Parent,
37:25François Lavaste
37:26merci également
37:27d'avoir été notre invité
37:28c'était un plaisir
37:29de vous accueillir
37:30à mes côtés
37:31dans cette émission
37:3256 minutes cyber
37:34on suivra bien sûr
37:35votre actualité
37:36tout au long
37:36de l'année
37:372026.
37:38Je vous laisse
37:38continuer à échanger
37:39peut-être tous les deux
37:40je vais retrouver
37:42notre prochain invité
37:43et je parle évidemment
37:45de François-Jeanbello
37:46qui nous attend
37:46pour parler
37:47d'intelligence économique
37:48puisque pour comprendre
37:49le monde qui nous entoure
37:50c'est un atout redoutable.
37:55Connaître le monde
37:56qui nous entoure
37:57connaître son environnement
37:59est absolument essentiel
38:00pour adresser cet enjeu
38:01de l'autonomie stratégique
38:03et de la souveraineté
38:04que nous venons d'aborder.
38:06Alors évidemment
38:06l'intelligence économique
38:08est un atout essentiel
38:10pour y parvenir
38:11et on fait le point
38:12évidemment
38:13avec notre expert
38:14intelligence économique
38:15François-Jeanbello
38:16Bonjour Mélanie
38:17Alors François
38:18on me fait le point
38:18cette année 2026
38:20on l'a dit
38:20c'est l'année de l'action
38:21concrètement
38:22comment est-ce qu'on fait
38:23de l'intelligence économique
38:25une véritable force
38:26pour l'entreprise ?
38:27Je crois qu'il faut
38:28dépasser en fait
38:29l'aspect défensif
38:31purement défensif
38:32de l'intelligence économique
38:33rappelons-le encore une fois
38:35l'intelligence économique
38:36c'est collecter
38:37traiter
38:37diffuser
38:38de l'information utile
38:38en vue d'action
38:39donc c'est le thème de l'année
38:41on pourrait dire autrement
38:42c'est d'abord
38:44connaître
38:44comprendre
38:45et anticiper
38:46mais ça
38:47on pourrait le faire
38:48justement
38:48que en restant
38:49dans la phase défensive
38:51le connaître
38:51éventuellement le comprendre
38:52pour être véritablement
38:54un atout
38:55pour aller
38:55pourquoi pas même
38:57gagner des points de croissance
38:58pour l'entreprise
38:58et bien
38:59il faut passer
39:00l'étape d'après
39:01c'est d'anticiper
39:02l'action
39:02justement faire quelque chose
39:04de cette information
39:05sinon on reste dans la curiosité
39:07j'ai envie de dire même
39:07la curiosité mal placée
39:09non il faut dépasser ça
39:10pour faire de l'intelligence économique
39:11au sens littéral francophone
39:13du terme
39:14comprendre
39:15c'est vraiment
39:15faire le lien
39:16entre les différents éléments
39:18et mettre du sens
39:19derrière les informations
39:20qu'on va collecter
39:21donc ça
39:21c'est valable bien évidemment
39:23pour l'aspect cyber
39:24c'est
39:25nos auditeurs doivent se poser
39:26la question
39:27effectivement de se dire
39:27dans mon métier
39:28de DSI
39:29dans mon métier
39:30de responsable cyber
39:31dans mon métier
39:33quel que soit le métier
39:35finalement
39:35mais plus particulièrement ceci
39:36comment je vais pouvoir
39:37transformer l'information
39:38que je collecte
39:39en quelque chose d'actif
39:41en quelque chose
39:42de réalisable
39:43l'intelligence économique
39:45c'est aussi un atout
39:46formidable
39:47essentiel
39:48pour cet enjeu
39:49de souveraineté
39:50mais aussi pour conquérir
39:51ces marchés
39:52aujourd'hui
39:52comment est-ce qu'on fait
39:53comment est-ce qu'on y parvient
39:55c'est quoi les actions
39:56les étapes
39:57les étapes
39:58c'est justement
39:59de passer à l'action
40:00alors
40:02ça va mieux en le disant
40:03mais c'est
40:05pas simplement
40:06de s'informer
40:07donc c'est de se dire
40:08comment l'information
40:09elle va être utile
40:10comment je vais pouvoir
40:12la transformer
40:13en interne
40:14pour en faire quelque chose
40:15comment
40:16dans mon métier
40:18je vais
40:19dépasser
40:20ce stade informatif
40:21pour anticiper
40:23par exemple
40:24comment on pourrait
40:25sur
40:26la transformation numérique
40:27sur l'intelligence artificielle
40:29on peut s'informer
40:30ou on peut se dire
40:31comment je vais profiter
40:32de ces informations collectées
40:34pour
40:35transformer l'essai
40:36pour
40:37gagner
40:38en compétitivité
40:39pour être
40:40meilleur
40:41pour être différent
40:42de nos concurrents
40:43ou de nos partenaires
40:44s'il y avait
40:45une action
40:46à mettre en oeuvre
40:47en 2026
40:48ce serait quoi ?
40:50j'ai envie de me répéter
40:51passer à l'action
40:51alors c'est facile
40:52mais c'est effectivement
40:53dépasser la curiosité
40:55c'est véritablement
40:57d'aller chercher
40:58l'information utile
40:59l'information dont on a besoin
41:00et je pense que c'est un point
41:01important
41:02on en discutait
41:03avec un autre invité
41:04tout à l'heure
41:04c'est de se dire que
41:05l'intelligence artificielle
41:07aujourd'hui
41:07plus encore
41:08que les moteurs de recherche
41:09elle nous pousse
41:10à moins réfléchir
41:12elle nous pousse
41:12à oublier
41:13ce qu'on est venu chercher
41:15oublier l'information
41:16dont on a besoin
41:17parce que c'est un peu
41:18elle qui décide
41:18de quoi on aurait
41:20plus besoin
41:21que finalement
41:22ce qu'on est venu chercher
41:22c'est reprendre peut-être
41:23les choses en main
41:24pour savoir ce dont on a besoin
41:26aller chercher cette information
41:28et surtout
41:28la transformer en action
41:30et aussi peut-être
41:31dans cette recherche
41:32d'information
41:33c'est de la faire soi-même
41:34c'est aussi pouvoir
41:35trouver des informations
41:36que l'on n'attendait pas
41:37et qui peuvent parfois
41:38être différenciantes
41:39plutôt que se laisser imposer
41:40des résultats
41:41qu'un outil aurait bien
41:42voulu nous donner
41:43il faut rester effectivement
41:44curieux
41:45et rester alerte
41:47pour ne pas s'enfermer
41:49dans ce qu'on est venu chercher
41:51donc c'est un juste équilibre
41:52un point d'équilibre
41:53en fait
41:53entre un certain nombre
41:55de choses
41:55entre l'automatisation
41:56et du manuel
41:57entre la place
41:58qu'on va laisser justement
41:59à la découverte
42:00et pas s'enfermer
42:02dans un biais cognitif
42:03donc beaucoup d'humains
42:04en fait finalement
42:04beaucoup d'humains
42:05au cœur de la cybersécurité
42:07on ne le rappellera
42:07jamais assez
42:08et l'intelligence économique
42:09qui est un atout majeur
42:11aussi pour les directeurs
42:13responsables
42:14sécurité
42:15cybersécurité
42:16dans les entreprises
42:17et les institutions
42:18merci beaucoup François
42:19d'avoir été avec nous
42:20et d'avoir fait
42:21ce point
42:22intelligence économique
42:23avec nous
42:24et nos auditeurs
42:25au cœur de 56 minutes cyber
42:27c'était un plaisir
42:28comme toujours
42:28de vous avoir avec nous
42:29merci Mélanie
42:30le plaisir a été partagé
42:35notre dernière invitée
42:36aujourd'hui
42:37agit sur le terrain
42:38elle aussi
42:39avec l'ensemble
42:40de son équipe
42:41elle lutte
42:42sans relâche
42:42contre les cybercriminels
42:44et les infractions numériques
42:46qu'il s'agisse de la criminalité organisée
42:48des grandes plateformes
42:49ou encore des hackers mineurs
42:51la proc ne redoute rien
42:54ni personne
42:55Johanna Brousse
42:56merci beaucoup
42:57d'être notre invitée
42:59vous êtes vice-procureure
43:00en charge de la cybercriminalité
43:02au parquet de Paris
43:03c'est un immense plaisir
43:04de vous avoir à nos côtés
43:06alors si je dis J3
43:07de quoi parle-t-on ?
43:09Bonjour
43:10merci beaucoup
43:10déjà de m'avoir invitée
43:11donc J3
43:12c'est une petite section
43:13de six magistrats
43:15deux assistants spécialisés
43:16une attachée de justice
43:17et on est rattaché
43:19au parquet de Paris
43:20on a une compétence
43:21toutefois nationale
43:22pour lutter
43:22contre toute la cybercriminalité
43:24en France
43:24alors vous dites
43:25toute la cybercriminalité
43:26de quel type d'instruction
43:28est-ce qu'on parle ?
43:29alors on va traiter
43:30d'un côté
43:30les cyberattaques
43:31du haut du spectre
43:32donc ça va être
43:33les cyberattaques crapuleuses
43:34donc ça peut être
43:34des piratages suivis
43:35de vols
43:36de plusieurs centaines
43:37dizaines de millions d'euros
43:38en crypto-monnaies
43:39ça peut être également
43:40des cyberattaques
43:41qui portent atteinte
43:42aux intérêts fondamentaux
43:43de la nation
43:44dans ce cas-là
43:44on va travailler
43:45avec la DGSI
43:46et puis comme vous l'avez dit
43:47on a également
43:48une compétence
43:49sur tout ce qui est
43:50grandes plateformes
43:51puisque en 2023
43:52a été créé
43:53le délit d'administration
43:54de plateformes illicites
43:55quels sont les moyens
43:56d'entrave
43:57dont vous disposez ?
43:58alors nous
43:59notre première mission
43:59c'est évidemment
44:00de mener des enquêtes
44:01de récolter des preuves
44:03et de pouvoir ensuite
44:04arrêter les cybercriminels
44:05s'ils sont en France
44:07on procède
44:08comme n'importe quelle enquête
44:09et si par contre
44:10ils sont situés à l'étranger
44:11on peut envoyer
44:12des mandats d'arrêt
44:13internationaux
44:14avec l'aide
44:15de nos collègues
44:15de l'instruction
44:16pour pouvoir
44:18les arrêter
44:18on a ce premier moyen-là
44:20on fait aussi
44:20beaucoup de démantèlement
44:22d'infrastructures
44:23cybercriminelles
44:23donc on va aller démanteler
44:24des bottes nettes
44:25dans le cadre
44:25d'opérations internationales
44:26on fait de la saisie
44:27d'avoirs criminels
44:28ça c'est indispensable
44:29si on veut être efficace
44:30dans la lutte
44:31contre la cybercriminalité
44:32il faut taper au portefeuille
44:34généralement on dit
44:36qu'il faut saisir
44:37les avoirs
44:37pour que le crime
44:37ne paie pas
44:38ça c'est un peu
44:39le dicton dans la magistrature
44:40et puis on fait beaucoup
44:41de partage de renseignements
44:42judiciaires
44:43qu'on va collecter
44:44dans nos dossiers
44:44au profit des autres
44:45services de l'état
44:46donc ça peut être
44:47la DGSI
44:47la DGSE
44:48l'ANSI
44:48le com cyber des armées
44:50voilà
44:50donc c'est vraiment
44:51un travail d'équipe
44:52qui va s'inscrire
44:53dans une stratégie
44:53de riposte
44:54plus globale de la France
44:55combien est-ce que
44:56de dossiers
44:57vous traitez actuellement
44:58est-ce que c'est
44:59en forte croissance
45:00alors c'est
45:02le nombre de dossiers
45:03est à peu près stable
45:04c'est à dire
45:05qu'on va prendre
45:05à peu près
45:06500 dossiers par an
45:07au titre de la compétence nationale
45:08après on a tous nos dossiers parisiens
45:09qu'on garde
45:10ça quel que soit
45:11le niveau d'intensité
45:12par contre
45:13ce qu'on remarque
45:13au-delà du nombre
45:14c'est la spécificité
45:15des dossiers
45:16c'est à dire
45:17qu'on va avoir
45:17des dossiers
45:17de plus en plus techniques
45:18des dossiers
45:19de plus en plus volumineux
45:20avec des enjeux
45:21beaucoup plus forts
45:22alors on l'a vu
45:23à travers l'actualité
45:24vous avez notamment
45:25lancé un mandat d'arrêt
45:28contre notamment
45:28le cofondateur de Telegram
45:30et puis vous poursuivez aussi
45:31des hackers mineurs
45:33quel est le message
45:34que vous souhaitez faire passer
45:35finalement
45:35plus personne ne peut se jouer
45:37de la loi
45:38mais la loi va s'appliquer
45:39pour tout le monde
45:40et de la même façon
45:41c'est à dire que
45:41si on a des mineurs
45:42à prendre en charge
45:43on va les prendre en charge
45:45comme n'importe quel mineur
45:46avec un suivi éducatif
45:47un travail éducatif
45:48on a des juges des enfants
45:49spécialisés en matière cyber
45:50pour nous aider
45:51et puis évidemment
45:52on travaille aussi
45:53sur la délinquance
45:54du haut du spectre
45:55ça peut être des hackers
45:57avec une grosse assise financière
45:58à l'étranger
45:59et on a également monté
46:01comme vous venez de le dire
46:02des dossiers aussi
46:03contre les plateformes
46:04contre les plateformes
46:04ça veut dire
46:05contre ceux
46:05qui créent ces plateformes
46:06et qui ne se soumettent pas
46:07à la loi française
46:08alors il y a eu plusieurs affaires
46:10et notamment celle
46:10de la fédération française de tir
46:12avec un vol de données
46:13qui finalement cachait
46:14un certain nombre
46:16d'objectifs
46:17beaucoup plus opaques
46:18qu'est-ce qu'on peut retenir
46:19quels sont les enseignements
46:20de cette attaque
46:21alors à mon sens
46:23deux grands enseignements
46:24le premier déjà
46:25c'est qu'il faut arrêter
46:25de considérer
46:26qu'il y a les hackers
46:26de l'un côté
46:27et les autres criminels
46:28de l'autre
46:29les écosystèmes criminels
46:30se parlent aujourd'hui
46:31et nos criminels
46:33de la criminalité organisée
46:35ont bien compris
46:35l'intérêt
46:36d'avoir dans leurs équipes
46:37des hackers
46:38donc ils constituent
46:39des équipes pluridisciplinaires
46:40et l'autre point
46:42sur lequel je veux insister
46:43c'est que
46:43nos criminels
46:44ont eux aussi compris
46:45la valeur stratégique
46:46de nos données
46:47de vos données
46:48et ils vont pouvoir
46:50récupérer des données
46:51à travers ces fuites de données
46:52et ces reventes
46:53sur des forums spécialisés
46:54pour après
46:55cibler plus précisément
46:57les victimes
46:57dans le cas
46:58de la Fédération française
46:59de tir
46:59tout part
47:00d'un piratage
47:01de l'AFF tir
47:02un vol de données
47:03et derrière
47:04les malfaiteurs
47:05récupèrent la base
47:06et vont pouvoir aller
47:06voler directement
47:07les armes
47:08chez les particuliers
47:09qui possèdent
47:10des armes
47:11des munitions
47:11donc ça va être
47:12des vols
47:13des cambriolages
47:13des vols aussi
47:14par fausse qualité
47:15il y a des faux policiers
47:16qui se présentent
47:16et qui sous prétexte
47:17de faire un contrôle
47:18vont s'emparer de l'arme
47:19et on a eu aussi
47:20des vols beaucoup plus violents
47:22où les personnes
47:22ont été agressées
47:23à leur domicile
47:24Vous parlez beaucoup
47:25de collectifs
47:26vous avez cité
47:27les différentes institutions
47:29et organisations
47:29avec lesquelles vous travaillez
47:30vous travaillez aussi
47:31beaucoup avec le monde privé
47:33le monde de la recherche
47:34aussi
47:35en quoi est-ce que ça aide
47:36la justice aujourd'hui ?
47:37Si on veut être efficace
47:38il faut véritablement
47:41travailler tous ensemble
47:42main dans la main
47:43et sortir
47:44de son couloir de nage
47:46créer des ponts
47:47donc ça veut dire
47:47créer des ponts
47:48avec la recherche
47:48on a pu le faire
47:49notamment Lauria
47:50nous a aidé
47:51pour essayer
47:52de créer des dispositifs
47:54de captation
47:55on a travaillé aussi
47:56avec différentes sociétés
47:57que ce soit
47:58des sociétés spécialisées
47:59dans la cybersécurité
48:00comme Sequoia
48:01grâce à qui on a fait
48:02le dossier PlugX
48:03on a pu démanteler
48:04un botnet chinois
48:06utilisé à des fins d'espionnage
48:07mais ce n'est pas
48:08la seule société
48:08qui nous aide
48:09il y en a qui souhaitent
48:10rester plus anonymes
48:11mais on reçoit régulièrement
48:11des rapports
48:12ou même
48:14des identifications
48:15qui peuvent être faites
48:16par le secteur privé
48:17pour nous aider
48:18dans notre travail au quotidien
48:19donc c'est un partenariat
48:21Est-ce qu'on peut dire un mot
48:22sur les procès
48:23qui vont avoir lieu
48:24en 2026 ?
48:26Ah mais ça
48:26c'est notre principale mission
48:27interpeller les gens
48:28et les faire juger
48:28il y a pour le début de l'année
48:30des procès assez intéressants
48:31on a déjà jugé
48:33le concepteur
48:34du ransomware
48:36Umbrella
48:37arrive un autre procès
48:38sur un autre ransomware
48:39Phobos
48:40et puis vous avez
48:41un procès
48:42qui va être intéressant
48:43celui des IMSI catchers
48:45alors les IMSI catchers
48:46vous savez
48:46c'est des matériels
48:48qui sont utilisés
48:50soit par les services
48:51de renseignement
48:51soit par la justice
48:52en matière de lutte
48:53contre la criminalité organisée
48:54qui servent à capter
48:54les numéros IMSI
48:55et là on a des criminels
48:57présumés
48:58qui ont décidé
48:59de faire venir
48:59des IMSI catchers
49:01de Chine
49:02pour les utiliser
49:03dans Paris
49:04circuler dans Paris
49:05avec les IMSI catchers
49:06ils captaient
49:06les numéros IMSI
49:07ils leur renvoyaient
49:08un SMS de phishing
49:09et donc derrière
49:10à la clé des escroqueries
49:11Des procès
49:12notamment
49:13que vous voulez
49:14ouverts
49:15pourquoi à ce choix ?
49:17Alors déjà
49:17c'est la loi
49:18qui prévoit
49:18que les procès
49:20sauf cas particulier
49:22doivent être ouverts
49:23c'est la publicité
49:24de ce débat
49:25voilà
49:25mais nous on fait
49:26on va un peu au-delà
49:27c'est-à-dire qu'on invite
49:28les écoles
49:29ça peut être des écoles
49:30d'ingénieurs
49:30on invite
49:32les universitaires
49:33on invite un peu
49:34tout le monde
49:34à venir à l'audience
49:35et lorsqu'on est prévenu
49:36en amont
49:36on essaye d'organiser
49:37un petit temps d'échange
49:38pour expliquer un peu
49:39comment fonctionne la justice
49:41quel est le rôle
49:41du procureur à l'audience
49:42voilà
49:43on estime que ça fait partie
49:45du travail de pédagogie
49:47une question peut-être
49:48un peu plus personnelle
49:49sur votre parcours
49:50pourquoi avoir choisi
49:51à la fois le droit
49:52mais aussi cette spécialité
49:54dans le monde cyber
49:55alors ça s'est
49:57un peu imposé à moi
49:58j'étais longtemps
49:58à la permanence générale
50:00permanence criminelle
50:00du parquet de Paris
50:01puis il y a un moment
50:02où vous levez
50:03à deux heures du matin
50:04pour aller sur des scènes
50:04de crime
50:05ça use
50:06et j'ai réfléchi
50:08à ce que je voulais faire
50:09il y avait cette toute petite section
50:10qui avait été créée
50:10par François Molins
50:11le procureur de l'époque
50:13et je me suis dit
50:14il y a tout à construire
50:15c'est le champ des possibles
50:16la société se digitalise
50:18le crime va se digitaliser
50:19donc allons-y
50:21une question évidemment
50:22sur les mineurs
50:23les hackers mineurs
50:24vous en avez parlé
50:25il y a d'ailleurs des procès
50:26qui auront lieu
50:27cette année
50:27en 2026
50:28qu'est-ce qu'on a envie
50:30de leur dire
50:32à quoi ça invite
50:33aujourd'hui
50:34la procureure que vous êtes
50:35de voir ces jeunes
50:36qui suivent
50:36cette voie
50:37de la cybercriminalité
50:38malheureusement
50:38alors nous on a beaucoup
50:39travaillé sur ça
50:40sur le volet de prévention
50:41notamment
50:42vous en avez peut-être
50:43entendu parler
50:43il y a eu un projet
50:44qui s'appelait Cactus
50:45avec Cybermalveillance
50:46la gendarmerie
50:47la CNIL
50:48et surtout l'éducation nationale
50:49ce projet c'était quoi ?
50:51c'était d'envoyer
50:51à travers les espaces
50:52numériques de travail
50:54un lien de phishing
50:56en invitant les collégiens
50:58et les lycéens
50:59à cliquer dessus
50:59et donc quand ils cliquaient
51:00ils tombaient sur une petite
51:01vidéo de sensibilisation
51:02d'une minute
51:03et le but c'était
51:04de leur faire comprendre
51:04qu'en un clic
51:05on peut devenir auteur
51:06ou victime
51:07d'une infraction cyber
51:08et derrière en classe
51:10les professeurs reprenaient
51:12cette séquence
51:12et les faisaient travailler
51:13pendant une heure
51:14deux heures
51:14le temps qui avait été
51:16prévu sur ce sujet là
51:17on a touché à peu près
51:192,5 millions
51:20de collégiens
51:20et de lycéens
51:22cette opération
51:22moi j'aime bien le dire
51:23ça a réuni
51:25beaucoup de bonne volonté
51:26un collectif
51:27et ça n'a pas coûté
51:28grand chose
51:28parce que ça a coûté
51:28zéro euro
51:29et donc effectivement
51:30important
51:31pour que nos jeunes
51:32maîtrisent aussi
51:33l'ensemble du spectre
51:34et de ce qui se passe
51:35derrière ce monde cyber
51:382026
51:39évidemment de nouveaux procès
51:40on n'en saura certainement
51:41pas plus
51:42mais en tous les cas
51:42de nouvelles enquêtes
51:43et notamment
51:44cette actualité
51:45avec cette information judiciaire
51:46qui vient d'être ouverte
51:47contre la plateforme Kik
51:49tout à fait
51:50on a ouvert
51:50la semaine dernière
51:52une information judiciaire
51:54contre les gérants
51:56de faits et de droits
51:57de la plateforme Kik
51:59alors comme ça a été indiqué
52:00dans le communiqué de presse
52:01du Parquet de Paris
52:02ils avaient été convoqués
52:03ils ne sont pas venus
52:04à leur convocation
52:05donc on a saisi
52:06un juge d'instruction
52:07et on a pris des réquisitions
52:08de mandat d'arrêt
52:09et bien merci beaucoup
52:11madame la vice-procureure
52:12d'avoir été avec nous
52:13c'était un plaisir
52:14de vous accueillir
52:15de mieux comprendre
52:16ce que fait aujourd'hui
52:17la justice
52:18pour aider à la lutte
52:19contre la cybercriminalité
52:21merci d'avoir été notre invitée
52:22merci pour votre invitation
52:2556 minutes cyber
52:26c'est à présent terminé
52:28j'espère que cette émission
52:29vous a plu
52:30j'espère également
52:31que nos invités réunis
52:33et je pense qu'ils me rejoignent
52:34oui
52:34ils sont avec nous
52:35j'espère qu'ils vous auront permis
52:37de mieux comprendre
52:38le monde
52:39qui nous entoure
52:40de comprendre
52:41ce qui se passe
52:42et ce qui se joue
52:43parce que comme j'ai souvent
52:44coutume de le dire
52:45comprendre
52:46c'est déjà agir
52:482026
52:48à n'en pas douter
52:49sera l'année de l'action
52:50et avec un peu de courage
52:51nous devrions
52:52y parvenir
52:53j'espère que cette émission
52:55vous a plu
52:56je vous donne rendez-vous
52:57très prochainement
52:58pour un nouvel épisode
52:59de 56 minutes cyber
53:00très belle journée
53:01à toutes et à tous
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