00:00Je ne vis pas dans la peur, quoi.
00:02Je sais juste que je peux mourir et que j'aime bien la vie.
00:05Je préférerais rester en vie.
00:07Oui, et poser des questions, et que je sais que je leur donne la main
00:12pour qu'ils descendront d'un fil d'estable.
00:14Est-ce que tu crois que c'est un sujet pour vous,
00:20que vous avez parlé, ou est-ce que c'est quelque chose qui existe ?
00:24Ou est-ce que tu es plutôt confiante ?
00:26Il y a une certaine solitude, il y a aussi ce choc post-traumatique
00:32de revenir sur tout ce qu'on a vécu,
00:34d'avoir vraiment les sentiments complètement à l'envers,
00:37de ne pas réagir aux bonnes choses.
00:43Je n'arrivais plus à être contente pour les choses sympas,
00:47et j'avais des réactions très excessives pour des petites choses pas sympas.
00:50Il faut revenir dans une vie qui est extrêmement rapide,
00:53qui est dynamique, avec un quotidien très lourd,
00:57alors qu'on a été dans une certaine lenteur.
00:59Il y a un traitement qui peut continuer, qui s'appelle l'hormonothérapie,
01:03qui en fait est un traitement pour les cancers qui ont été hormonodépendants,
01:07et qui est un médicament qui est assez horrible,
01:09qu'on nous demande de prendre pendant 5 à 10 ans,
01:12et qui a des effets secondaires de l'enfer,
01:15et sur lequel on est très peu suivi.
01:16Et d'aller vraiment dans le profond, dans l'intimité,
01:34dans des choses qu'on n'ose pas dire forcément à haute voix,
01:36à travers non pas la parole, mais coucher sur le papier,
01:39ça permet de se distancer,
01:41et je pense que de nombreuses patients et patientes
01:45ont utilisé mes ouvrages pour parler de choses compliquées à leur entourage,
01:50parce qu'ils n'arrivaient pas à le dire eux-mêmes,
01:53et ça a aidé un peu tout le monde,
01:55de ne pas se sentir tout seul.
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