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  • il y a 26 minutes
Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, participe, lundi, à deux réunions autour de Sébastien Lecornu pour statuer sur la situation économique et décider des aides destinées à venir en aide aux Français.

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Transcription
00:00Bonjour Roland Lesbure, merci d'être avec nous ce matin sur France Inter dans un moment de grande inquiétude
00:06devant la multiplication des crises qui affectent directement la vie des français et les prix des carburants,
00:11les choix budgetaires à venir, le montant de la dette, les taux d'intérêt.
00:15Juste avant d'entrer dans le vif du sujet, monsieur le ministre, quel est votre diagnostic ?
00:20Dans quel état est notre économie dont vous avez la charge ? Est-ce que la France est malade ?
00:27Non, elle n'est pas malade, mais elle est attaquée par des vents de face et elle résiste.
00:31Mais elle résiste, pas plus, pas moins.
00:34On a une croissance qu'on a revue à la baisse cette année, on était sur 1%, on sera finalement
00:39à 0,5%.
00:40Ça, ça affecte notre budget, on y reviendra.
00:42On espère un rebond modeste l'année prochaine, 1% de croissance, ce n'est pas non plus fantastique.
00:48Et pour ça, il faut que ça se calme dans le golfe.
00:50On ne s'attend pas à la paix dans le monde l'année prochaine,
00:52mais on s'attend à ce que le trafic dans le détroit d'Harmouz,
00:56qui est un peu le nœud économique de ce conflit, reprenne, alors que là, il est quasiment arrêté.
01:01C'était le cas en juillet, il ne faut pas oublier que juillet, on était à 70 dollars sur le
01:06baril,
01:06on est aujourd'hui à 110, donc la tension, elle se voit directement sur le baril, et du coup, directement...
01:11Est-ce que vous êtes un ministre inquiet ?
01:14Non, mais je dois reconnaître que je prends le moment avec une certaine gravité.
01:20Quand j'entends parfois quelques prises de position, y compris à votre micro tout à l'heure,
01:24je me dis, je ne suis pas sûr que tout le monde réalise la gravité du moment.
01:29Moi, ce que je veux, notamment dans le budget, c'est qu'on agisse.
01:32Maintenant, j'allais dire en responsabilité, mais encore en liberté,
01:36on peut faire des choix aujourd'hui pour éviter d'être forcé à agir demain.
01:40Je vous donne un exemple très concret.
01:42On a dit, les retraites ne vont peut-être pas augmenter cette année.
01:46En Grèce ou au Portugal, quand ils ont fait face à la crise,
01:48les retraites ont baissé de 5, 10, 15%.
01:51C'est ça que je veux éviter à la France.
01:53Et donc, il faut agir.
01:54On va rentrer dans tous ces détails, mais il faut qu'on commence par cette question
01:58qui préoccupe le plus les Français, ce sont les prix des carburants.
02:02Hier, un nouveau record a été battu avec un prix du litre de gazole à 2,41 euros en moyenne.
02:06En moyenne, certains spécialistes évoquent le scénario prochain d'un litre à 3 euros,
02:12voire même à 4 euros.
02:14Est-ce que c'est une hypothèse crédible ?
02:17Écoutez, je ne suis pas Donald Trump ou le patron des gardiens de la révolution iranienne.
02:21Donc, tout ça dépend quand même beaucoup de ce qui va se passer dans le globe.
02:23Ce que je peux vous dire quand même, c'est que depuis le début du conflit,
02:27les stocks de pétrole dans le monde ont baissé de 500 millions de barils.
02:31Donc, on est en train de puiser dans les stocks.
02:33C'est-à-dire que si ça continue, on risque d'avoir un problème d'approvisionnement.
02:37Alors, je tiens à rassurer tout le monde, il n'y en a pas en France.
02:39On va y revenir ici ponctuellement du fait du plafondement.
02:4215% des stations-services ?
02:43Oui, c'est le week-end, on a un peu plus de mal à livrer.
02:46Mais globalement, on a des stocks stratégiques qui sont à plein en France.
02:51Donc, on n'a pas d'enjeu d'approvisionnement à ce stade.
02:53On a un enjeu de prix ?
02:55On a un enjeu de prix et ça, ça joue évidemment sur le porte-monnaie, sur le prix du plein.
02:58Et par ailleurs, si le conflit venait à durer, venait à s'éterniser,
03:03sachant que ce qui est nouveau depuis quelques semaines, c'est que les Ukrainiens, j'allais dire tant mieux,
03:09attaquent des raffineries en Russie, mais ça veut dire qu'il y a moins d'essence en Russie,
03:12que la Russie se met à importer.
03:14Et que par ailleurs, les outils attaquent le pipeline saoudien qui permettait d'exporter.
03:18Donc, on a moins de pétrole, moins de diesel qui circule.
03:21Roland Lescure, pour être très concret sur la question du carburant,
03:23puisque vous avez parlé des stocks d'approvisionnement,
03:25rentrons dans le vif du sujet, est-ce que vous pouvez assurer aux Français
03:28que dans les mois qui viennent, ils ne manqueront pas de carburant dans les stations essence ?
03:34Est-ce que vous pouvez leur dire qu'il n'y aura pas de problème de pénurie,
03:37il n'y aura pas de problème d'approvisionnement dans les mois qui viennent ?
03:38Ce que je peux vous dire depuis six mois, je le dis,
03:40c'est qu'on a toujours de la visibilité sur un à deux mois,
03:43parce qu'on sait où sont les tankers, on sait ce qu'on a dans les stocks.
03:48Donc, ce que je peux vous dire aujourd'hui, c'est que pour les deux mois qui viennent,
03:50on n'a pas d'inquiétude. Pourquoi ?
03:52Donc seulement à horizon deux mois, c'est-à-dire que si on dépasse cet horizon-là ?
03:55Non, ça ne veut pas dire que j'ai une inquiétude au-delà.
03:58Depuis huit mois, depuis le début de ce contrat,
04:00depuis le début de ce combat, pardon, de ce conflit,
04:03j'ai été très clair, on a été très clair,
04:05on a de la visibilité très claire sur les six à huit semaines qui viennent,
04:08et ensuite, évidemment, ça dépend de l'évolution du conflit.
04:10On n'a pas manqué d'essence.
04:12En France, on n'a pas manqué de kérosène, vous vous souvenez,
04:14on se demandait si on allait pouvoir partir en vacances,
04:16et donc nous, on continue, et c'est pour ça que le Président de la République a souhaité
04:19qu'on ait une réunion autour du Premier ministre aujourd'hui là-dessus,
04:22s'assurer que s'il y a un défi d'approvisionnement,
04:25on trouve les solutions, donc on prévoit à l'avance.
04:28Et juste Roland Lescure, pour nous faire un point d'étape ce matin,
04:31dans les stations-essence, à combien on en est ?
04:33Ce week-end, on était à 16% de stations-essence
04:35qui manquaient au moins d'un carburant.
04:37Est-ce que vous pouvez nous faire un point d'étape ce matin sur là où on en est ?
04:39Oui, donc ce matin, on est à 17%, c'est-à-dire un chiffre similaire.
04:43Ce que je peux vous dire aussi, c'est que les stations qui manquent au moins d'un carburant,
04:47à 91%, ce sont des stations Totale.
04:51C'est-à-dire que c'est le...
04:52Donc celles qui plafonnent ?
04:53C'est la conséquence directe, évidemment, du plafonnement du prix.
04:56Les gens vont chez Total faire le plein, j'allais dire, je les comprends.
05:00Et du coup, ça tourne beaucoup chez Total,
05:02et donc il faut un peu de temps pour réapprovisionner.
05:04On est lundi matin, on sort du week-end, c'est normal.
05:06Donc il n'y a pas d'enjeu systémique, stratégique d'approvisionnement.
05:10Les stocks stratégiques sont pleins, les raffineries tournent à plein.
05:13Mais évidemment, plus ce conflit risque de durer,
05:16plus on risque d'avoir des sujets, et donc il faut qu'on prévoie tout ça.
05:19Alors, vous avez annoncé la prolongation des aides ciblées pour les gros rouleurs,
05:24sans extension pour l'instant.
05:25Il va y avoir une réunion avec le Premier ministre sur le sujet aujourd'hui.
05:28Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin ce que vous allez proposer plus précisément
05:32pour aider davantage de Français qui ne s'en sortent pas,
05:35et qui font des arbitrages là, entre le supermarché, la voiture ?
05:38Donc les arbitrages ne sont pas tous pris, mais quand même ce que je peux vous dire,
05:42c'est, vous l'avez dit, on a prolongé pour les agriculteurs, les pêcheurs, le BTP.
05:46Ce que je peux ajouter, c'est qu'on a annoncé qu'au 1er octobre,
05:50les pêcheurs auront ce qu'on appelle un prêt à taux zéro.
05:53Donc c'est l'État qui va financer des prêts de trésorerie,
05:55parce que ce que nous disent les pêcheurs aujourd'hui, c'est
05:57je n'arrive pas à payer mes factures, et donc je laisse mon bateau à port.
06:02Et nous, ce qu'on veut, c'est que les pêcheurs puissent sortir.
06:04Donc ce sera disponible dès le 1er octobre,
06:06c'est la banque publique d'investissement qui le fera.
06:08Les pêcheurs peuvent d'ores et déjà se rapprocher des antennes locales de la BTP pour avoir ce prêt.
06:13Pour ce qu'on appelle les gros rouleurs, on a fait déjà beaucoup de choses.
06:17La question qui se pose, c'est est-ce qu'on est temps après le 1er octobre,
06:20puisque pour l'instant le guichet est ouvert jusqu'au 30 septembre,
06:23est-ce qu'on élarge le spectre ?
06:24On va décider de tout ça dans la journée.
06:26Mais moi ce que je peux vous dire, en tout cas ce que je vais plaider,
06:28c'est que déjà celles et ceux qui ont eu l'aide
06:31puissent avoir, si on la prolonge, une aide supplémentaire automatiquement.
06:34Donc c'est-à-dire que ce n'est pas seulement, pardon pour l'anglicisme,
06:37un one shot les 100 euros, c'est de pouvoir toucher une nouvelle fois,
06:40si vous êtes éligible, cette aide ?
06:41De manière automatique.
06:43Parce que ce que je ne veux pas, c'est que ceux qui ont déjà fait la démarche aient à
06:45la refaire.
06:46D'autant que la moitié de ceux qui y auraient droit ne l'ont pas fait de cette démarche.
06:50Alors ça c'est un paradoxe auquel à ce stade on n'a pas de réponse,
06:54puisque vous avez fait, et c'est normal, je dirais plutôt la pub de ce dispositif,
06:57c'est très bien, vos confrères l'ont fait également.
07:00On a aujourd'hui sur les quelques 3 millions de personnes qu'on avait estimées comme éligibles,
07:04à peu près 1 500 000 demandes, près d'un million 200 000 qui ont déjà été versées.
07:09Le guichet est encore ouvert.
07:10En tout cas Roland, pour ceux qui nous écoutent ce matin, vous pouvez nous dire avec certitude
07:15qu'il y aura des aides supplémentaires pour ceux qui prennent leur voie.
07:20Il y aura très vraisemblablement des aides supplémentaires à partir du 1er octobre,
07:23mais ce qu'il n'y aura pas, j'insiste là-dessus aussi, c'est une baisse de taxes généralisées.
07:27Parce que j'entends bien qu'on nous la demande, je dirais à gauche et à droite,
07:31je voudrais rappeler quand même.
07:32Pardon, je fais une incise, on vous la demande aussi,
07:34parce qu'autour de nous l'Allemagne vient de le décider,
07:37l'Espagne, le Portugal, l'Italie l'ont fait.
07:40Au fond, ce que vous dites aux Français, c'est que ce n'est pas qu'on ne veut pas,
07:44c'est qu'on n'a pas les moyens de baisser les taxes là où un certain nombre de nos
07:47voisins le font.
07:47Et on n'est pas tout à fait dans la même situation.
07:49L'inflation en Espagne aujourd'hui, elle est plus de 4%.
07:51Elle est à 2 et quelques en France.
07:53Donc on n'a pas les mêmes pressions inflationnistes.
07:55Mais effectivement, vous l'avez vu, j'en ai parlé avec mon collègue allemand,
07:58j'étais à Dublin au Conseil des ministres des Finances vendredi,
08:00ils ont décidé de baisser les taxes.
08:02Je pense que c'était en partie lié à leur calendrier électoral,
08:04on ne peut pas dire que ça leur est beaucoup réussi.
08:07Mais juste pour fixer les idées,
08:0920 centimes de baisse sur le prix de l'essence,
08:12via une baisse des assises,
08:13c'est presque 10 milliards d'euros, 9,1 pour être précis.
08:16Donc on est en train de chercher plus de 50 milliards d'euros pour l'année prochaine,
08:20et certains nous disent, allez en chercher 10 de plus,
08:23ce n'est pas grave.
08:24La réalité, c'est que ces 10 milliards,
08:26il va bien falloir que ce soit quelqu'un qui les paye.
08:28Donc soit c'est des impôts en plus ailleurs,
08:31et on aura raison, on nous le reprochera,
08:33soit c'est encore des baisses de dépenses supplémentaires.
08:36Mais c'est Roland Lescure,
08:38là encore pour ceux qui ont du mal à faire leur plein,
08:40c'est le bilan du macronisme,
08:41et votre bilan qui vous empêche de procéder à ces baisses de taxes.
08:45Donc je disais,
08:4620 centimes de baisse sur le litre,
08:49c'est 10 milliards.
08:50Nous on l'a fait pour les grands rouleurs,
08:52les grands rouleurs ils ont eu 100 euros d'aide.
08:54100 euros, 20 centimes c'est 10 euros sur un plein.
08:57Donc on a entre guillemets payé,
09:0010 pleins aux grands rouleurs,
09:02à hauteur de 10 euros.
09:04Ça veut dire qu'on a aidé ceux qui en ont le plus besoin,
09:07et je n'ai pas aidé celles et ceux qui aujourd'hui n'ont pas de problème pour faire le
09:11point.
09:11Juste avant de parler de la situation financière de la France,
09:14est-ce que vous pouvez nous dire avec certitude qu'il n'y aura pas de baisse de taxes ?
09:17Il y a les taxes sur le carburant,
09:18il pourrait aussi y avoir, et Dominique se l'évoquait tout à l'heure,
09:20les baisses de taxes sur l'énergie,
09:22sur l'énergie produite en France,
09:24par exemple sur l'électricité.
09:25Est-ce que ça aussi vous pouvez nous dire,
09:27non, ça il n'en est pas question ?
09:28Non, parce que ça, ce sera l'objet du débat parlementaire,
09:31mais ce que je veux dire quand même,
09:32c'est qu'aujourd'hui l'électricité est plus intéressante que jamais,
09:36et que la part des véhicules électriques qui sont vendus en France
09:40n'a jamais été aussi forte non plus.
09:42Les Français, ils ne sont pas bêtes,
09:43ils comprennent qu'une pompe à chaleur électrique,
09:45ça coûte moins cher qu'une chaudière à gaz,
09:47qu'une voiture électrique, maintenant,
09:49c'est 100 comme une mesure, ça vaut le coup.
09:50Et donc une baisse des taxes sur l'électricité,
09:52ça, ce n'est pas exclu.
09:52Non, mais ça, ça va faire partie du débat parlementaire,
09:54on l'a tous les ans.
09:55Le sujet, c'est évidemment combien ça coûte
09:58et qu'est-ce qu'on met en face.
09:59Parce que moi, je vais entrer en mêlée,
10:01j'ai pris cette expression,
10:02j'espère que ce sera une mêlée fermée,
10:03à peu près organisée, pas une mêlée ouverte,
10:05dans le budget,
10:06avec un déficit prévu l'année prochaine à 5%.
10:09Et je souhaite qu'on y reste.
10:12Donc si on baisse des impôts,
10:13il faudra en trouver ailleurs.
10:14Alors justement,
10:16la situation financière du budget 2027 est la suivante,
10:20la dette va dépasser les 120% du PIB,
10:23c'est un record.
10:24Les taux d'intérêt à 10 ans sont au plus haut depuis 2007.
10:28La question, elle est toute simple.
10:29Est-ce qu'on est en train de perdre le contrôle ?
10:32Non, mais il faut tout faire pour éviter d'en arriver là.
10:35C'est pour ça que j'insistais tout à l'heure.
10:37On est dans un moment où on peut encore choisir.
10:39On peut choisir de ne pas baisser les retraites.
10:42On peut choisir de ne pas baisser les salaires des fonctionnaires.
10:44On peut choisir de continuer à investir dans l'avenir.
10:47On ne fait rien de tout ça.
10:48Les Portugais, les Espagnols, les Grecs, les Italiens, les Irlandais,
10:52quand ils sont passés par la crise,
10:53ils ont été obligés de faire tout ça.
10:55Les baisses du nombre de fonctionnaires...
10:58Ce que vous dites aux Français, c'est estimez-vous heureux,
10:59on n'en est pas encore là.
11:00C'est agissons aujourd'hui avec détermination,
11:03en faisant certes des efforts,
11:04mais qui ne sont pas incommensurables.
11:06On dit les retraites ne vont pas baisser.
11:08On dit les salaires des fonctionnaires ne vont pas baisser.
11:10Ça peut paraître absurde,
11:12mais si on maintient la main,
11:15si on garde la maîtrise de nos dépenses publiques
11:17et qu'on évite que ça parte en spirale,
11:20on pourra garder la main sur notre destin.
11:22On va rentrer dans le détail, Roland Esquire,
11:23précisément, des questions des retraites
11:24et du salaire des fonctionnaires.
11:25Mais simplement, quand Florence vous pose la question
11:27de la perte de contrôle,
11:29le chiffre, là encore, on le cite beaucoup ce matin,
11:31donné par Dominique Seux,
11:32qui dit qu'en 2027,
11:33on paiera autour de 90 milliards d'euros d'intérêts.
11:3691 pour être précis.
11:37Donc le chiffre que vous nous donnez ce matin,
11:38c'est 91 milliards d'euros.
11:39Pour l'ensemble des charges de la dette.
11:40C'est-à-dire, je rappelle que le budget de l'éducation nationale,
11:43c'est une soixantaine de milliards d'euros.
11:45Et on parle des intérêts de la dette.
11:48Quand la France fait face à cette situation,
11:50et encore j'imagine que c'est calculé
11:51avec un tendanciel avec des taux à 4,5%.
11:55Oui.
11:55Donc est-ce que ça,
11:56ce n'est pas une situation d'étranglement progressif ?
11:59Alors, si.
12:01On ne perd pas la main sur nos finances publiques,
12:03donc on n'est pas dans une spirale.
12:05Il faut éviter d'y aller.
12:06Mais en revanche,
12:07tous les ans, on paye plus sur notre dette
12:09et ça nous étrangle progressivement.
12:11Ça serre la ceinture d'un trou tous les ans.
12:14Voir de deux.
12:14Et donc, pour desserrer cette ceinture,
12:17pour desserrer cet étau,
12:18il faut arriver à faire des économies
12:22acceptables,
12:23et ça va être tout le sujet du débat parlementaire,
12:25mais importantes,
12:26parce que sinon,
12:27on risque effectivement de manquer d'air.
12:29Sinon, on risque quoi ?
12:30Pour dire les choses,
12:30est-ce qu'on risque une crise financière ?
12:32Est-ce qu'on risque des créanciers
12:33qui, à un moment donné,
12:34diraient, nous, on n'a plus confiance
12:35en la signature de la France,
12:36donc on vous prêtera plus cher ?
12:37Écoutez, ce que je peux vous dire,
12:39c'est qu'on n'en est pas là.
12:39Une annonce que je vous fais aujourd'hui aussi,
12:41c'est qu'avec les missions d'obligation
12:43qu'on a faites jeudi dernier,
12:44on a complété 86% de notre programme d'émission
12:47pour 2026.
12:49Donc on arrive à prêter,
12:50on arrive à emprunter,
12:50et les prêteurs continuent à emprunter.
12:52C'est plus cher,
12:53mais il n'y a aucun problème pour couvrir.
12:55Moi, je veux préserver
12:56la stabilité financière de la France,
12:58je veux préserver la signature de la France,
13:00et pour ça,
13:00il faut agir avec détermination,
13:02aujourd'hui,
13:04pour éviter d'agir sous la contrainte,
13:06demain.
13:07Alors, pour être précis,
13:08dans le projet de budget
13:10transmis au Conseil d'État,
13:11il est prévu de geler
13:12les pensions de retraite
13:13au-dessus de 2034 euros par mois.
13:17Est-ce que ça veut dire
13:17que ce seuil des 2000 euros,
13:20c'est celui du retraité riche ?
13:23Non.
13:24D'abord,
13:24ces chiffres ont fuité,
13:26je ne sais pas par qui,
13:27je ne sais pas comment.
13:29Si vous les transmettez au Conseil d'État,
13:30ils risquent de se retrouver dans la place.
13:31Oh, c'est dur.
13:32Le Conseil d'État,
13:33il n'est pas censé,
13:34qui que ce soit,
13:35sur le chemin,
13:36se faire fuité.
13:38Mais ce que je vais vous dire,
13:39c'est que ce budget,
13:42notamment, en l'occurrence,
13:43c'est le budget de la sécurité sociale,
13:44il a été transmis au Conseil d'État,
13:46c'est la loi,
13:46il va être présenté
13:48au Conseil des ministres,
13:49ça aussi,
13:49normalement,
13:50c'est la loi,
13:501er octobre,
13:51en tout cas début octobre.
13:52Et dans la foulée,
13:53il va être débattu au Parlement.
13:55Et ce qu'on a dit,
13:55c'est que ce budget,
13:56c'est un point de départ.
13:57Et effectivement,
13:58il a fallu fixer des paramètres,
14:00à la fois sur l'indexation des retraites
14:01et sur le fameux abattement.
14:03On en a fixé,
14:04c'était un début,
14:05on va discuter avec les parlementaires,
14:08là encore.
14:09Mais est-ce que vous êtes favorable
14:10à ce seuil,
14:11ce seuil de 2034 euros,
14:12à partir duquel
14:13les pensions de retraite
14:14ne seraient plus indexées sur l'inflation ?
14:15Je ne veux en aucun cas dire
14:17qu'au-delà de 2000 euros,
14:18on est aisé,
14:19et qu'en dessous de 2000 euros,
14:20on est pauvre,
14:20parce que ça,
14:21c'est un débat
14:22qui dépasse le problème,
14:23qui déplace le problème.
14:24C'est quelle proportion
14:25de retraités les pensionnés
14:27au-dessus de 2000 euros ?
14:29Je n'ai pas le chiffre exact,
14:30mais on doit être
14:31au-delà de la moitié.
14:32La pension moyenne,
14:33elle était à peu près 1700 euros par mois.
14:34Donc, à peu près au-delà de la moitié.
14:36Mais simplement,
14:36à un moment donné,
14:37il faudra bien déterminer un seuil
14:39au-dessus duquel les pensions...
14:40Donc, est-ce que ce seuil
14:41de 2000 euros,
14:42il vous paraît...
14:43Mais est-ce que vous,
14:44comme ministre de l'économie,
14:44vous aurez un avis ?
14:45Est-ce que ce seuil,
14:46il vous paraît pertinent ?
14:47De dire environ la moitié
14:50des retraités vont faire un effort,
14:52je le répète,
14:53en n'augmentant pas les pensions,
14:56autant que l'inflation,
14:59j'allais dire,
14:59le mériterait.
15:00Donc, on n'est pas
15:00dans des baisses de retraite.
15:02Je suis désolé d'insister là-dessus.
15:04On est dans un moment grave.
15:05À partir de quel niveau
15:07la pension n'augmentera pas ?
15:08On dit,
15:08et moi j'en connais autour de moi,
15:10à des retraités
15:10qui ont des retraites correctes.
15:12Voilà, 2000 euros,
15:13c'est correct comme retraite.
15:14On vit avec 2000 euros
15:16correctement.
15:17Par ailleurs,
15:18s'ils utilisent leur voiture,
15:19etc.,
15:19il y a des aides
15:20qui ont quand même été mises en oeuvre.
15:21Donc, on est sur une population
15:23qui, en tout cas,
15:24moi je l'entends autour de moi,
15:25est consciente
15:26qu'il faut faire des efforts
15:27pour éviter la galère
15:28et que ces efforts,
15:29tout le monde peut le faire.
15:30Vous connaissez peut-être
15:31des retraités autour de vous aussi
15:32qui disent,
15:33franchement,
15:34ça ne m'enchante pas,
15:34mais moi aussi,
15:35je suis prêt à faire un effort
15:36pour aider la France
15:37à sortir d'une ornière
15:39dans laquelle elle est.
15:40Reconnaissons-le.
15:41Alors, passons par le standard
15:42de France Inter
15:44où Isabelle nous attend.
15:45Bonjour,
15:45bienvenue Isabelle.
15:46Vous avez une question
15:47à poser au ministre de l'économie.
15:50Oui, allô ?
15:51Oui,
15:52bienvenue Isabelle.
15:53Oui, bonjour.
15:53Allez-y.
15:54J'ai bien entendu
15:55ce que vous avez expliqué,
15:56monsieur,
15:58mais comment peut-on t'expliquer,
16:01alors qu'on demande
16:02à tout le monde
16:03de faire des efforts,
16:04de contribuer,
16:06comment explique-t-on,
16:07alors sur la forme,
16:08autant que sur le fond,
16:10que lorsqu'il s'agit
16:11de faire contribuer
16:12les plus riches,
16:13les ultra-riches
16:14ou même simplement
16:15les 5% les plus riches,
16:17indépendant,
16:17je ne parle pas des retraités là,
16:19ce sujet devienne tabou
16:21et toutes les mesures
16:23de taxation
16:23qui sont proposées
16:24ne passent pas,
16:26apparemment,
16:26le cap du Parlement.
16:28Comment,
16:28comment pouvez-vous l'expliquer ?
16:30Merci Isabelle.
16:32Merci Isabelle.
16:33Non mais,
16:33cette question se pose
16:34à tous les débats,
16:35donc ce n'est pas un tabou.
16:36Toutes les années,
16:37au Parlement,
16:37on a ce débat.
16:38Et le choix
16:39qu'on doit faire,
16:40collectivement,
16:41et c'est vrai
16:42que l'année dernière,
16:42le Parlement a refusé
16:44la dite taxe Zuckman
16:45qui vise notamment à ça,
16:46c'est,
16:47est-ce que cette taxe
16:48risque d'avoir
16:48un effet
16:50contre-productif
16:51sur la production,
16:52la création de richesses
16:53ou est-ce que finalement
16:54c'est juste
16:55de la taxation
16:56des ultra-riches ?
16:57Et la manière
16:57dont la taxe Zuckman
16:59est aujourd'hui pensée,
17:01elle impacte directement
17:02les entreprises.
17:02Mais Roland L'Espel,
17:03pardon,
17:03sans me faire
17:04la parole d'Isabelle,
17:05parce que la taxation
17:05des plus riches,
17:06il y a la question
17:06de la taxation du patrimoine
17:07via la taxe Zuckman,
17:08mais il y a aussi
17:10les grands équilibres
17:11de ce budget.
17:11Vous allez geler
17:12les aides au logement,
17:13vous allez geler
17:14le point d'indice
17:14des fonctionnaires,
17:15vous allez fiscaliser
17:16les indemnités
17:17de l'arrêt de travail,
17:18vous allez donc
17:19vraisemblablement
17:20plafonner l'abattement fiscal
17:21pour les retraités
17:22et dans le même temps,
17:23sur la contribution
17:24exceptionnelle
17:24aux grandes entreprises
17:25qui étaient l'année dernière
17:26de l'ordre de 7 milliards d'euros
17:27en termes de recettes,
17:28vous allez baisser
17:29cette contribution.
17:30Donc au fond,
17:31vous allez faire payer
17:32davantage tous les Français
17:33et vous allez moins faire payer
17:34les grandes entreprises.
17:35Pas tout à fait.
17:36Comprenez que certains se disent
17:37que ce budget manque de justice.
17:38D'abord,
17:38les grandes entreprises,
17:39c'est vous et c'est moi,
17:40c'est des centaines
17:41de milliers de salariés.
17:44Ça fait trois ans
17:45qu'on la prend.
17:46Donc ça fait trois ans,
17:47ça fera trois ans
17:48que les grandes entreprises
17:50françaises
17:51et internationales
17:53qui font des affaires
17:54en France
17:54vont payer plus d'impôts
17:56que toutes les autres.
17:57On va juste baisser
17:59un peu cette surtaxe,
18:00mais 8 milliards en 2025,
18:037 milliards en 2026,
18:05on verra de l'ordre
18:06de 5 milliards en 2027.
18:08C'est quand même
18:09tout ça des impôts
18:10en plus pour les grandes entreprises.
18:13Donc non,
18:14aujourd'hui,
18:15ce que j'aimerais,
18:16c'est que ce débat
18:16ne soit pas
18:17on taxe les uns,
18:18on ne taxe pas les autres.
18:19Qu'on arrive à montrer
18:20nous le gouvernement
18:21qu'on a demandé
18:22un effort justement
18:23partagé à tous.
18:24Une question d'ordre
18:24plus général,
18:25Roland Lescure,
18:26là encore sur le message
18:27que vous envoyez
18:27par rapport à ce budget.
18:28Sébastien Lecornu a dit
18:29qu'il n'y a pas de hausse d'impôts.
18:31Est-ce que vous êtes d'accord
18:31avec ça ?
18:32Alors,
18:32il n'y a pas de hausse d'impôts
18:34généralisée.
18:34Évidemment,
18:35on n'augmente pas la TVA,
18:36l'IR, etc.
18:36Ce qu'on fait,
18:37parce que j'entends
18:38votre question,
18:39on dit que ce qu'on appelle
18:40le taux de prélèvement
18:41obligatoire
18:41va augmenter de 0,3 points
18:43et par ailleurs,
18:44ça veut dire que
18:44si vous êtes en arrêt
18:45de travail,
18:46le projet de budget
18:47prévoit de fiscaliser
18:49les indemnités
18:49que vous recevez.
18:50Ça,
18:50si ce n'est pas
18:51des hausses d'impôts,
18:52je ne vois pas
18:52ce qu'est une hausse d'impôts.
18:54On supprime
18:55un certain nombre de niches,
18:56celles à lesquelles
18:57vous faites référence.
18:58Aujourd'hui,
18:58si vous travaillez,
18:59vous payez l'impôt.
19:00Si vous êtes malade demain,
19:01vous ne payez plus d'impôts.
19:02Est-ce que c'est normal ?
19:03D'accord,
19:04mais supprimer une niche fiscale,
19:05c'est augmenter les impôts.
19:05Et augmenter la lutte
19:07contre la fraude,
19:08c'est aussi de manière...
19:09Mais si !
19:09Non, ce n'est pas pareil.
19:10Excusez-moi,
19:11quand on est fraudeur,
19:11on n'est pas censé frauder.
19:13Par contre,
19:13dire qu'on va payer des impôts
19:14sur un arrêt de travail,
19:15c'est payer davantage d'impôts.
19:16C'est qu'il y a une partie
19:17de la hausse des impôts
19:18auxquelles vous faites référence
19:19qui vient de la lutte
19:20contre la fraude.
19:20Donc, nous n'augmentons pas
19:22les impôts de manière généralisée,
19:23impôts sur le revenu,
19:24TVR, etc.
19:25Mais effectivement,
19:26sur certains cas particuliers,
19:27sur un certain nombre
19:28de niches fiscales,
19:29on les supprime
19:30et donc, mécaniquement,
19:31ça augmente les impôts.
19:32Pour finir,
19:33Roland Liscure,
19:34toute la question maintenant,
19:34ça va être de savoir
19:35avec qui vous allez réussir
19:37à faire passer ce budget.
19:38En janvier 2025,
19:40vous étiez simple parlementaire,
19:42vous disiez
19:42je ne compose pas
19:44avec le RN.
19:44Est-ce que c'est valable aussi,
19:46cette fois,
19:47dans le cadre du budget 2027 ?
19:49Vous ne négocierez pas
19:50avec eux
19:51pour qu'ils évitent
19:52de vous censurer ?
19:52J'ai toujours dit
19:53que je respectais les élus
19:54quels qu'ils soient
19:55parce qu'au fond,
19:56ils sont élus comme moi
19:57par le peuple
19:58mais que je ne souhaitais pas
19:59composer avec le RN.
20:02C'est la raison pour laquelle
20:03je me suis engagé en politique
20:04il y a 10 ans.
20:05Donc, on va faire
20:05sur ce budget
20:06comme l'année dernière,
20:08défendre au banc,
20:09comme on dit,
20:10tous les amendements
20:10du gouvernement,
20:11donner notre avis
20:12sur tous les amendements
20:13des uns et des autres.
20:14Ce que j'ai vu l'année dernière,
20:16c'est que le RN
20:17votait à peu près
20:17tout et n'importe quoi,
20:18ça partait dans tous les sens.
20:20Mais hier, par exemple,
20:20Gabriel Attal,
20:21sur cette antenne,
20:21disait qu'on ne peut pas
20:22faire confiance
20:23au RN.
20:24Mais regardez
20:25ce qui se passe
20:26sur la loi Asie-Immigration
20:27il y a 4 ans,
20:28sur la loi
20:28sur la fusion
20:29de deux organismes énergétiques.
20:31Ils changent d'avis
20:32comme de chemise.
20:33Ils donnent en général
20:33un vote en fonction
20:35de leur intérêt personnel.
20:35Donc, vous ne leur faites pas confiance ?
20:37Ça a échaudé
20:38qu'on leur fraude.
20:39Merci Roland Lescure
20:40d'être venu au micro
20:41de France Inter.
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