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1 100 femmes ont investi dans la traite britannique.

Un nouveau registre historique identifie 1 100 femmes ayant investi dans les compagnies au cœur de la traite transatlantique britannique.

Veuves, célibataires, héritières ou aristocrates : certaines achetaient, vendaient et négociaient des actions de la Royal African Company, une entreprise ayant déporté environ 150 000 personnes africaines esclavagisées.

Cette histoire révèle comment la traite était devenue un véritable système financier jusque dans les foyers britanniques.

Est-ce que vous connaissiez cette partie de l’histoire ?

Source : Register of British Slave Traders / The Guardian, septembre 2026.

#Histoire #HistoireEsclavage #TraiteTransatlantique #HistoireBritannique #FemmesDansLHistoire

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Le financement de la traite britannique ne venait pas seulement d'hommes sur des navires.
00:05Il venait aussi de femmes qui achetaient des actions.
00:08Un nouveau registre, j'en ai déjà fait une vidéo,
00:11Historique vient d'identifier 1100 femmes, écoutez bien,
00:14parmi les investisseurs de la traite britannique.
00:16Et ce chiffre est probablement sous-estimé.
00:19Ces femmes achetaient, vendaient et négociaient des actions
00:23de la Royal African Company ainsi que de la South Sea Company
00:28et d'autres encore entreprises indiquées dans la déportation de personnes africaines esclavagisées.
00:34Certaines prêtaient de l'argent, d'autres fournissaient des marchandises
00:37comme par exemple des barils ou des armes qui étaient utilisées lors des échanges sur les côtes africaines.
00:44En 1752, environ 10% des actionnaires de la Royal African Company étaient des femmes.
00:51Or, cette compagnie avait déporté environ 150 000 personnes africaines esclavagisées.
00:57Mais comment pouvaient-elles investir alors que, comme nous le savons,
01:01elles avaient beaucoup moins de droits économiques que les hommes ?
01:04Pour le comprendre, en droit anglais, les femmes célibataires et aussi les femmes veuves
01:09pouvaient contrôler leurs biens et agir juridiquement en leur propre nom.
01:14Les femmes mariées, elles, ne le pouvaient généralement pas indépendamment de leur époux.
01:19Et les chiffres sont révélateurs.
01:20Parmi les 457 investisseurs dont le statut matrimonial a été retrouvé,
01:26près de la moitié étaient veuves.
01:29Un peu plus de 42% étaient célibataires.
01:32Et seulement 7% étaient mariés, principalement des aristocrates.
01:36Certaines aussi avaient hérité de leurs actions.
01:39D'autres les négociaient si activement, écoutez bien,
01:42que cela ressemblait à un véritable métier.
01:46Helen Gladman a même demandé à la Royal African Company
01:49de transporter une jeune africaine de Sherbro Island jusqu'en Angleterre
01:55pour servir dans son foyer.
01:56Le plus glaçant encore, certaines veuves réclamaient devant les tribunaux
02:01le ce qu'on appelait « head money » dû à leur mari,
02:04c'est-à-dire des primes calculées selon le nombre de personnes africaines qu'ils avaient déportées.
02:08Voilà la contradiction la plus brutale, je pense.
02:10Ces femmes utilisaient les profits de la traite pour protéger leur propre famille,
02:17alors que cet argent provenait de la destruction de familles africaines.
02:21Le sujet n'est donc pas de se demander si les femmes étaient aussi méchantes, j'ai envie de dire.
02:26Le véritable choc, c'est de comprendre que la traite était devenue un placement
02:32comme si c'était un placement en bourse financier ordinaire jusque dans les foyers britanniques.
02:38Est-ce que vous connaissiez cette histoire ?
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