00:00C'est une séquence qui m'a fasciné cette semaine.
00:02Donc, on apprend, je vois dans les journaux, ça passe,
00:06Marion Maréchal fait sa rentrée politique
00:08à travers un événement pro-vie, anti-avortement apparemment,
00:12et ça mettrait dans l'embarras le Rassemblement national.
00:15Je me dis, quête, d'autant qu'elle est réintégrée en ce moment
00:17dans la structure de la présidentielle.
00:19Je me dis, qu'est-ce que c'est que ça?
00:21Donc, je fouille un peu, et voilà comment ce récit,
00:24puis ensuite, je précise que c'est une nouvelle
00:25qui circule dans la presse de gauche, le service public.
00:28Voilà les événements, et voilà comment ça nous est raconté.
00:31Marion Maréchal est députée au Parlement européen.
00:34Elle est de passage, vous savez, quelquefois,
00:35dans des bâtiments publics, vous avez des expositions de photos.
00:38Il y a une exposition, un truc qui est effectivement
00:40une exposition pro-vie.
00:42Elle croise là un de ses collègues.
00:44Elle croise un de ses collègues, elle lui parle.
00:46Vous savez, de temps en temps, en société, on parle à ses collègues.
00:49Une députée de LFI voit la scène, filme,
00:54et diffuse sur des réseaux sociaux en disant,
00:57« Ah, Marion Maréchal présente un événement pro-vie
01:00au Parlement européen, elle qui est réintégrée en ce moment
01:03par Marine Le Pen dans la structure de la présidentielle.
01:06Est-ce que ce n'est pas honteux, finalement, cette présence?
01:09On voit bien quelle est la véritable logique
01:12du Rassemblement national. »
01:14Étape qui suit, des titres de presse,
01:16la politesse m'interdit de les nommer,
01:18décide de s'emparer de l'histoire.
01:20Donc, par exemple, là, on dit, l'un d'entre eux,
01:22« Marion Maréchal fait sa rentrée politique
01:25sous le signe de la lutte contre l'avortement. »
01:28C'est faux.
01:29Ce n'est pas un petit peu vrai.
01:31Ce n'est pas un tout, tout, tout petit peu vrai.
01:33C'est tout simplement faux.
01:34Mais on lance l'histoire.
01:35Un autre titre, et ça, c'en est presque amusant,
01:38un autre titre commence à aller téléphoner
01:40aux différents députés du RN en disant,
01:43« Excusez-moi, que Marion Maréchal fasse sa rentrée politique
01:46sous le signe de la lutte contre l'IVG.
01:48Qu'est-ce que vous en pensez? »
01:50Il répond, « Bon, on est plutôt mal à l'aise. »
01:51On ne le savait pas, mais on est plutôt mal à l'aise.
01:53On publie ensuite un article là-dessus pour dire
01:55« Malaise créé par Marion Maréchal
01:57autour de sa prise de position contre l'IVG à la rentrée. »
02:01Tout ça, vous l'aurez compris, n'est pas un petit peu vrai.
02:05On est dans une logique de fabrication du faux.
02:07Et ça, ça va circuler dans tout un environnement médiatique
02:10au point où on cherchera même à utiliser ça
02:14pour mettre en scène la rivalité réelle ou supposée,
02:16ça, j'en sais rien, entraîne Jordan Bardella
02:18sur le mode « Voilà, deux lignes qui se confrontent. »
02:20Donc, on est ici devant une séquence intégralement fausse
02:25pour disqualifier un personnage.
02:26Alors, vous me direz, oui, mais ça arrive peut-être une fois.
02:28Non, c'est une méthode à gauche
02:30quand on voit le traitement médiatique des uns des autres.
02:33Je vous raconte deux autres histoires
02:34qui touchent le camp national aussi.
02:36Rappelez-vous Éric Zemmour, son meeting du Trocadéro en 2022.
02:39Il est là.
02:40Et là, c'est un meeting assez impressionnant quand même.
02:42On en pense ce qu'on veut.
02:43On peut ne pas aimer, mais c'est un meeting impressionnant.
02:45Et là, il y a dans l'assistance une trentaine de types,
02:49une dizaine de types, j'en sais rien,
02:50qui disent « Macron, assassin, Macron, assassin. »
02:53Zemmour ne l'entend pas.
02:53Il y a des milliers de gens devant lui.
02:55On sait c'est quoi un meeting, mais il dit ça.
02:58Un journaliste du service public, je crois,
03:00ou non, c'était d'une chaîne privée, pardonnez-moi,
03:02l'entend à ce moment-là.
03:04Apparaît le bandeau sur cette chaîne privée.
03:06« Macron, assassin, scandé au meeting de Zemmour. »
03:10Donc, le meeting n'existe plus.
03:11Ce qui existe, c'est l'écrit de 30 zozos
03:13qui hurle ça dans le meeting.
03:15Ensuite, qu'est-ce qu'on voit à ce moment-là?
03:16Eh bien, les journalistes vont voir les politiques
03:18en disant « qu'est-ce que vous pensez de ce meeting ? »
03:21On dit « Macron, assassin. »
03:22Tout le monde dénonce les uns les autres
03:23avec raison de dire « c'est scandaleux, ta ta ta ».
03:25Et à terme, le meeting n'existe plus.
03:27Et ce qui existe, c'est le récit alternatif
03:30qui est créé autour de cela
03:32à partir d'un journaliste qui prend une phrase
03:34complètement décontextualisée,
03:35qui n'était pas entendue par le candidat
03:37pour discréditer l'événement,
03:39le rassemblement du Trocadéro.
03:41Ou autre exemple, dernier en la matière de RN,
03:44en 2024, rappelez-vous, j'en avais parlé ici,
03:47Joseph Martin, ce candidat du Rassemblement national,
03:49qui s'était réjoui de la mort de Forisson,
03:52l'historien négationniste,
03:53et dit « c'était réjoui de sa mort ».
03:55Eh bien, on avait trouvé le moyen, dans l'Ibée,
03:57de faire croire que c'était un négationniste lui-même.
04:00Et on a détruit sa réputation.
04:01L'ERN, à ce moment-là, a été obligé de le liquider
04:03avant de le réintégrer,
04:05parce qu'on a compris que c'était faux.
04:06Mais le faux, donc on avait créé du faux
04:09à partir d'une information tronquée.
04:11Qu'est-ce que je vois à travers cela ?
04:13C'est tout simplement que nous sommes devant
04:14une falsification du réel,
04:16où un récit idéologiquement orienté
04:19se substitue à la réalité des faits
04:21dans un monde qui, apparemment, pour des médias
04:22qui se soucie officiellement de la vérité.
04:24Cette falsification des faits,
04:25qu'entendez-vous par là, Mathieu Bocoté ?
04:27Alors, le système médiatique est d'une force redoutable.
04:30Vous prenez un tout petit élément,
04:32vous l'enrobez,
04:33vous le densifiez médiatiquement, idéologiquement,
04:36et le réel, à l'origine, ne compte plus.
04:38Ça ne compte plus.
04:39Donc, vous basculez dans un monde parallèle,
04:41construit par des journalistes militants,
04:43construit par des gens qui cherchent
04:45à détruire les réputations,
04:46et de cette manière,
04:48le réel n'a plus le droit de citer.
04:49Vous basculez dans un monde parallèle,
04:51et trop souvent, quand je regarde les grands médias,
04:53services publics, un peu dans le privé, quelquefois,
04:55je vois cette espèce d'univers parallèle
04:57où le récit médiatique se substitue
04:59à la vérité des faits.
05:00Or, pourquoi les grands médias
05:01veulent-ils qu'on les défende si souvent ?
05:03Parce qu'on le dise, nous,
05:04on a le souci de la vérité,
05:05on n'est pas des idéologues.
05:06Regardez ce qui s'est passé avec Ceuta.
05:08On a eu l'occasion d'en dire un mois avant l'émission.
05:11Quand on va parler sur...
05:13Je crois que c'était hier ou avant-hier, Zemmour.
05:16Il dit, ah, non, ça, non,
05:17il n'y a plus personne,
05:17rien ne s'est passé à Ceuta.
05:19À l'origine, on nous disait
05:19de 15 à 30 personnes cherchent à rentrer.
05:22Ils étaient des dizaines de milliers.
05:23Ensuite, on nous dit, ils sont tous repartis.
05:25C'est faux, ils restent encore.
05:26Par ailleurs, on nous dit, ça s'est bien passé.
05:28Ce n'est pas exactement le cas.
05:30Négation du réel, falsification du réel,
05:32falsification des faits.
05:33Tout comme il y a, de la même manière,
05:35vous le noterez, des méthodes interdites
05:36pour disqualifier quelqu'un,
05:382019, rappelez-vous ce qu'on faisait à Bellamy
05:39pendant les Européennes.
05:41On lui pose une question sur l'IVG.
05:43Il répond.
05:44Et là, à partir de là,
05:44on lui pose sans arrêt la question sur l'IVG,
05:46à laquelle il répond chaque fois en disant,
05:47« Mais l'instant, la chose européenne,
05:48ce n'est pas le sujet, de quoi parlez-vous? »
05:50Et là, dans les médias, on disait,
05:51François-Javier Bellamy,
05:52obsédé par la question de l'IVG.
05:53Donc, on est vraiment devant des méthodes
05:55de falsification du réel
05:56qui m'exaspèrent profondément.
05:58Je l'avoue, je pense que les médias
06:00ont un travail de description des faits
06:01avec un angle, certes,
06:03mais certainement pas de fabrication
06:04d'une réalité alternative.
06:05Ça fait un peu URSS.
06:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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