00:00Heure 14h, Europe 1 Info.
00:02Avec Maëlle Hassani sur Europe 1, c'est le moment d'accueillir vos deux chroniqueurs.
00:05Maëlle, avec vous aujourd'hui l'avocat essayiste Gilles-William-Golnadel
00:08et le directeur de la rédaction du journal du dimanche, Raphaël Stenrida.
00:12Oui, bonjour messieurs, merci beaucoup d'être avec nous dans Europe 1 Info.
00:15Évidemment, on va parler de cette réunion qui vient de se terminer à l'Elysée.
00:19Il a été question de la situation internationale, de la crise énergétique.
00:22Emmanuel Macron doit prendre la parole dans les prochaines minutes.
00:25Mais justement, je voulais quand même revenir avec vous sur un rapport peut-être déterminant.
00:30On est à quelques mois d'élections présidentielles.
00:32Les Français vont être appelés à faire des choix, notamment sur l'immigration.
00:36Et cette fois, l'Observatoire de l'immigration et de la démographie nous apprend dans une étude
00:42que si le nombre d'entrées légales sur le territoire français reste à peu près stable,
00:46les personnes ayant une ascendance extra-européenne deviendraient majoritaires en France dans les années 2070.
00:53Écoutez, juste avant de réagir, écoutez à ce sujet les explications du directeur de l'OID,
00:58Nicolas Pouvromonti, invité de l'heure des pros tout à l'heure.
01:01La statistique publique, l'INSEE en l'occurrence, produit tout un appareil de données
01:05sur les origines migratoires des populations, sur plusieurs générations.
01:09Et ce sont sur ces données publiques, institutionnelles, les moins contestables qui soient,
01:13que nous avons construit ces scénarios de projection.
01:15Ce que cette étude démontre, c'est que dans les scénarios de la continuité,
01:18la France est engagée, serait engagée, dans un basculement démographique
01:23qui est sans précédent dans son histoire,
01:25qui pose des questions importantes sur sa cohésion de long terme
01:28et qui pose des questions aussi sur la capacité à intégrer ou à assimiler les Français les plus récents.
01:34Voilà, donc pour faire simple, les Français de souche,
01:36possiblement minoritaires sur leur sol dans les années 2070,
01:39qui veut réagir en premier ?
01:41Raphaël Stainville.
01:41Pourquoi ce rapport de l'Observatoire de la démographie et de l'immigration est important ?
01:48Parce que selon justement les trois hypothèses retenues et étudiées par l'OID,
01:53on voit que les politiques qui sont menées pour, d'un côté,
01:59essayer de contrôler les flux migratoires et de l'autre, de relancer la natalité,
02:05ont un impact sur la population et la démographie.
02:10Dans un scénario, dans le premier scénario retenu par l'Observatoire,
02:15on voit que si rien n'est fait, effectivement, dès 2040,
02:20les naissances d'enfants d'origine étrangère seront majoritaires dans le pays dès 2040.
02:28Et le changement ou le fait que les Français d'origine étrangère soient plus nombreux que le peuple historique
02:35serait aux alentours de 2070.
02:37A l'inverse, d'autres scénarios montrent que si l'on commence à vouloir maîtriser,
02:45ralentir ces flux migratoires, on arrive à des situations très différentes
02:50avec une immigration qui est maîtrisée.
02:54Donc c'est là où c'est, je pense, absolument crucial à l'aune des échéances qui nous concernent,
03:00notamment la présidentielle.
03:01C'est qu'on voit que les politiques, les choix politiques que nous faisons
03:04auront un impact sur le visage que la France aura dans les années à venir.
03:08Et au regard de ces chiffres, maître Gilles-William Golnadel,
03:11la question qui est posée et que Raphaël Stainville vient de résumer,
03:14elle est la suivante.
03:15Est-ce qu'on veut que la France reste la France ?
03:18Je ne suis pas un franchet de souche.
03:23Mon père était polonais, ma mère était russe.
03:26Et pourtant, cette nouvelle pour moi est un crève-cœur.
03:30C'est un véritable crève-cœur parce que, comme vous le résumez très bien,
03:34la France ne serait plus la France.
03:37Il ne faut pas que la crise économique, notamment dont est responsable M. Macron,
03:44cache la crise migratoire dont est également partiellement responsable M. Macron.
03:49Ce qui était terrible, c'est d'abord parce qu'une partie de l'immigration dont nous parlons
03:54est imposée aux Français,
03:57et d'autre part parce qu'une partie des nouveaux arrivants,
04:01malheureusement, n'aiment pas la France.
04:04Ils arrivent, mais ils n'aiment pas la France.
04:06Et d'ailleurs, ils ne sont pas les premiers responsables de ne pas aimer la France
04:09parce que vous avez notamment un parti politique
04:12qui leur explique que les Français sont des salauds de racistes.
04:15Donc c'est dans ce cadre psychologique-là
04:18qu'on nous explique que les Français de souche vont être bientôt dépassés.
04:23Vous comprenez pourquoi, effectivement, ça me fait mal au cœur.
04:26Alors, vous avez dit qu'Emmanuel Macron est en partie responsable de ce basculement.
04:31Bon, Emmanuel Macron, c'est vrai que les records en matière d'entrée légale
04:34ont atteint des pics ces dernières années.
04:38Et c'est vrai que je suis retombé, il y a quelques temps, sur une archive.
04:41Emmanuel Macron, dans un débat, c'était en 2017, juste avant son élection,
04:44il était face à Bruno Retailleux à l'époque.
04:45Et il disait très clairement, mais il le disait texto, il l'a assumé devant les Français.
04:49Moi, ça ne m'intéresse pas de revenir à la France des années 50-60.
04:53Raphaël Stainville, son logiciel, il était exposé.
04:55Oui, mais vous avez raison.
04:57Je pense qu'Emmanuel Macron a une vision de l'immigration
05:01qui consiste à penser qu'un immigré, c'est un travailleur, un travailleur potentiel.
05:07Et donc, pour les besoins de l'économie, il est sage, sinon nécessaire,
05:11que la France se montre ouverte et généreuse.
05:15Il refuse de prendre en considération, dans l'immigration,
05:19le fait que ces étrangers ne sont pas des travailleurs sans bagage,
05:23qu'ils arrivent avec une culture, parfois avec une religion,
05:26avec des différences qui, finalement, contribuent à fragmenter la France.
05:30Donc, c'est ce refus de considérer les changements,
05:34même qui se sont opérés dans la nature de l'immigration,
05:37qui conduisent à cette espèce de vision extrêmement naïve du chef de l'État,
05:41et auquel, je pense, il n'a pas renoncé totalement.
05:45Et c'est bien ça le plus grave aujourd'hui.
05:49Alors même qu'avant lui, un François Hollande,
05:53dans le silence de conversations privées avec des journalistes,
05:58reconnaissait que la partition était en cours.
06:01Raphaël Stainville, on va évidemment continuer à parler de ces sujets migratoires
06:04dans un instant, avec un tabou qui est levé face à cette situation absolument accablante,
06:09le tabou de la remigration.
06:11Éric Zemmour, qui a officialisé sa candidature hier,
06:14en a parlé, on va l'entendre dans quelques instants.
06:16Il est 13h28, vous écoutez Maëlle Hassanis sur Europe 1.
06:2013h, 14h, Europe 1 Info.